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La Fifa renonce à exclure l'Irak de la planète football

La fédération menaçait de priver l’équipe irakienne des compétitions internationales après la dissolution du comité olympique local.

L'équipe d'Irak fête sa victoire en Coupe d'Asie des nations, en 2007 (Ahmed Jadallah/Reuters).

Irak 1, Fifa 0. La Fédération internationale de football (Fifa) a décidé mercredi à Sydney de lever de façon "conditionnelle et provisoire" l’interdiction faite aux fouteux irakiens de participer à toutes les compétitions internationales pendant un an.

Deux jours plus tôt, la Fifa ne voulait pas entendre parler d’un retour en grâce du pays arabe. Pour le plus malheur d’Al Hakim, que nous avons joint mercredi. Comme des millions d’Irakiens, ce Bagdadien de 45 ans a appris le jour précédent "l’attentat sportif de l’année". "C’est une catastrophe, aussi grave que l’invasion américaine. Les cadres de la Fifa n’ont rien compris. Notre équipe nationale est le dernier ciment de notre pays ", plaidait ce fonctionnaire.

La fête monstre qui avait suivi la victoire des Lions de Babylone contre l’Arabie saoudite, en finale de la Coupe d’Asie en 2007 à Jakarta, en est la preuve. "Faire cela à quelques jours de la rencontre contre l’Australie, dans le cadre des qualifications de la Coupe du monde 2010, est un sale coup de la part de la Fifa", pestait pour sa part Moundir, 25 ans. "En plus, les vilains ont décidé cela à Sydney. Et le match devait avoir lieu dimanche à Brisbane."

La déprime avait alors gagné tous les cafés des villes irakiennes. Comme si le régime de Saddam Hussein était de retour. Et tout le monde accuse les Australiens d’avoir acheté Sepp Blatter pour briser le moral des joueurs irakiens. "Cette équipe est notre seule lueur d’espoir dans un pays en proie au conflit communautaire", poursuit Moundir. "Elle regroupe des sunnites, de chiites et des kurdes. Elle nous fédère encore. C’est notre fierté."

"L’Irak n’a plus de comité national olympique"

Du côté de la Fifa, on se réfugiait encore il y a deux jours derrière le règlement. "L’Irak n’a plus de comité national olympique", explique de Sydney le porte-parole de la Fifa, Nicolas Maingot. "A partir de là, ce n’est pas un pays reconnu par les instances sportives internationales."

Le gouvernement irakien était accusé d’avoir mélangé politique et sport. "Il n’avait pas le droit de dissoudre un comité olympique par décret. C’est aux instances irakiennes du sport de prendre de telles mesures. Le règlement de la Fifa est clair à ce sujet et applicable à tous les pays." Du coup, la Fifa avait rayé l’Irak de ses championnats. Exit la Coupe d’Asie des nations, les Jeux olympiques à Pékin et, surtout, la Coupe du monde de football en Afrique du Sud.

Mais quelle mouche avait donc piqué le ministre irakien des Sports, Jasem Mohamed Jafar, pour qu’il dissolve le Comité olympique irakien et les fédérations sportives du pays ? A Bagdad, un athlète irakien répond :

"Dans notre pays, le sport est rattrapé par le communautarisme. Le ministre chiite estime que les sunnites monopolisent toutes les instances sportives irakiennes. Il a sabordé le tout pour redistribuer les cartes. Ainsi, les chiites auront dorénavant leur mot à dire."

"Si les Irakiens pensent s’en sortir avec cette pirouette, ils sont mal partis."

Saad Attiya Hafidh, joueur du club de foot Al-Zawraa de Bagdad et défenseur dans l’équipe nationale, estime que le mal est fait : "Toute l’équipe est déstabilisée par cette affaire et nous sentons la pression de nos supporters, devenus inconsolables." Face à la fronde populaire, le gouvernement a donc contesté la décision de la Fifa.

Il lui a envoyé une lettre à son comité pour lui expliquer que la fédération nationale de football n’a pas été dissoute. Et que son décret 184 ne concerne que le Comité olympique irakien et quelques fédérations. Un spécialiste du foot ironisait : "Si les Irakiens pensent s’en sortir avec cette pirouette, ils sont mal partis. N’importe quoi ! "

La lettre a-t-elle fait ses effets ? A voir. Une source diplomatique à Bagdad indique que ce sont plutôt les pressions américaines sur Sepp Blatter qui ont débloqué la situation. Leur message était clair : on ne traite pas l’Irak comme les autres pays. Le patron du foot mondial l’a entendu cinq sur cinq. Mais le mal est fait. "En vingt-quatre heures, Blatter a volé la vedette à Bush. Il est désormais l’homme le plus détesté d’Irak", conclut Al Hakim.

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Par mathieu-s2
20H04    29/05/2008

La question du foot est quand même peu importante en regard de la situation en Irak, non?
Et de toute façon, ils n’ont qu’à se mettre au football américain ou au base-ball…

En prenant garde quand même de ne pas faire d’ombre aux équipes étatsuniennes!

 
Par peut-être
07H43    30/05/2008

CITATION;

« Allez vas-y fout moi ton pied dans la geule »

Un ballon de foot-ball.

 
Par KEMEL
12H38    30/05/2008

Je vois ici que la majorité des commentaires sont faits pas des anti-foot. Je vous rassure je suis ne pas un très grand fan de foot. Mais il faut savoir qu’en Irak les trois seules choses qui permettent au peuple Irakien de tenir et d’oublier un peu la guerre sont:la musique, les séries égyptiennes et le foot.
Comme il l’est dit dans l’article, le football est le seul sport qui réussit à fédérer le pays et les éthnies qui la composent. Alors, oui, je trouve scandaleux la décision de Blatter face à un pays au bord de l’explosion totale, qui a pour seule espoir de reconstruction ce sport.
De plus,et là je m’adresse aux anti-foot (voire même anti-sports en général), que dans chaque pays en guerre le foot et le sport en général ont toujours été une forme d’oublie, pendant un moment, de la guerre et une forme d’espoir qu’elle se finisse. Donc s’il vous plaît arrêtez de cracher sur toutes formes de sports quelles qu’elles soient…

 
Par Cortex
16H31    30/05/2008

Quitte à me faire détester, je vais prendre la défense de la FIFA.

Elle a un règlement qui est plutôt clair à ce sujet et tient à le respecter, c’est tout à son honneur.

En plus, ce n’est pas la première fois qu’elle sanctionne un gouvernement et une fédération pour ce genre d’errements. Je dirais même que, en général, ce genre de sanctions a pour but de faire réagir immédiatement le gouvernement concerné. Dans la majeur partie des cas, il arrête son ingérence dans les institutions footballistiques de son pays et la fédération est réintégrée dans les plus brefs délais. Récemment, nous avons eu le cas de la Grèce, pourtant alors fraichement auréolé du titre de championne d’Europe.