Chaque année, le rapport d’Amnesty International offre le miroir dérangeant de notre planète imparfaite. Celui de cette année est aussi l’occasion d’un bilan, car 2008 marque le 60e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’était au lendemain de la guerre, à l’époque des "plus jamais ça" et des espoirs liés à la paix retrouvée.
La première phrase du rapport d’Amnesty est accablante :
"Les dirigeants mondiaux devraient présenter des excuses, car ils n’ont pas su tenir les promesses de justice et d’égalité contenues dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Pendant ces six décennies, nombre de gouvernements se sont centrés sur l’exercice d’un pouvoir abusif ou se sont efforcés de faire avancer leurs propres intérêts politiques, en négligeant le respect des droits des personnes placées sous leur responsabilité."
Et le rapport de le prouver. Aujourd’hui encore, il existe 81 pays, soit la moitié des Etats du monde, qui pratiquent la torture, 77 pays qui ne permettent pas la liberté d’expression, 54 pays où la justice est inique. Et ces pratiques ne sont pas l’apanage d’obscures dictatures éloignées comme la Birmanie ou le Zimbabwe.
Les Etats-Unis, la plus grande puissance mondiale, sont épinglés pour leur centre de détention de Guantanamo et l’autorisation accordée à certaines formes de torture. L’Union européenne est montrée du doigt pour ses projets de prolongation de la durée de détention des immigrants illégaux et des demandeurs d’asile.
L’organisation s’en prend particulièrement aux dirigeants politiques, ceux des puissances anciennes accusées de se désinvestir du sujet -la France, hélas, ne fait pas exception-, et ceux des nouveaux “grands”, absents ou ambivalents selon Amnesty. Elle les appelle a fixer un nouvel agenda mondial de respect des droits de l’homme, et, surtout, à le mettre en œuvre.
Plus grave encore, le débat ressurgit régulièrement sur la question de l’universalité de ces droits : cette belle déclaration de 1948, qu’on apprend fidèlement dans nos écoles, ne représenterait-elle finalement que les valeurs d’un Occident alors dominant ? Pour Amnesty,
"les droits humains ne sont pas des valeurs purement occidentales".
L’organisation a d’ailleurs évolué sur le périmètre des droits de l’homme, puisque son rapport évoque également l’impact des marchés financiers, les inégalités sociales, les émeutes de la faim et les deux milliards d’êtres humains qui vivent dans la pauvreté. Les Nations unies avaient pris des engagements en leur faveur qui ne seront visiblement pas tenus.
Amnesty conserve sa foi dans l’action des citoyens en faveur des droits de l’homme, ce qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 1977. Mais les temps ont changé et Amnesty a plus de mal à se faire entendre. Une voix pourtant indispensable au milieu des clameurs de notre vie politique.
Pierre Haski
► Edito diffusé jeudi 29 mai sur Europe1. Retrouvez l’édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.










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malheureusement nos élites ne s’occupent que du présent, et à peine du futur immédiat (la croissance).
Ce ne sont que des pauvres épiciers qui essayent de gérer au mieux en pensant détenir la vérité en vaticinant sur les soit disant lois de l’économie.
Ils ne font que faire semblant d’écouter les scientifiques qui font de l’écologie (au sens noble du mot).
Les élites manquent d’une qualité première : l’humilité devant le Dieu de Spinoza : la nature,dont on fait partie.
Ils souffrent du syndrome du petit chef.
quand on souffre de ce syndrome, l’homme et ses droits n’existe pas ,ou sont pris par dessus la jambe.
Les droits de l’homme ne sont pas un idéal incantatoire. C’est un projet de société universel qui nécessite la maturité des individus où qu’ils soient et non en fonction du hasard des naissances. Les droits de l’homme c’est le respect de l’autre comme son égal et vous, vous vivrez dans un pays « développé » économiquement etc. semblez être à l’âge de la pierre du point de vue de la réflexion et de l’analyse intellectuelle et morale.
Les droits de l’homme ne sont malheureusement pas bafoués uniquement dans les pays ravagés par la pauvreté et la corruption politique. Ils le sont également dans des pays qui maintiennent les dictateurs en poste ailleurs afin de servir les intérêts financiers de leurs castes capitalistes. Qui n’a pas siégé pour l’interdiction des bombes à sous-munitions ? Les Américains, les Chinois et les Russes. Qui produit l’armement ? Qui le commercialise ? Qui sème la mort dans les campagnes des pays en guerre interdisant toute exploitation agricole à moins d’y laisser la vie ou les membres de son corps ou de sa famille ? Qui stigmatise l’autre, le parque et le criminalise ? Qui met à bas la solidarité nationale et agit pour des discriminations régionales en fonction des richesses locales ? Qui a spolié les richesses de diverses régions du monde maintenant les populations hors de l’école, d’un système de santé et d’un aménagement harmonieux des territoires ? Qui menace le plus l’équilibre écologique de notre planète en surexploitant les richesses au risque d’accentuer les catastrophes naturelles et d’affamer des millions d’humain ?
Je n’attends pas de votre part des réponses à mes questions. Méditer les et essayer d’y répondre pour vous-même, c’est mon cadeau du jour.
Ce qu’Amnesty International n’ose pas dire, est que les grandes puissances coupables se foutent parfaitement (c’est-à-dire hypocritement) des droits de l’homme ou humains, et SURTOUT du fait que la France - patrie des droits en…question - donne l’exemple au monde, en les piètinant sans complexe ni vergogne, avec, dans le rôle de la hallebardière et du hallebardier, l’ineffable Rama Yade et l’incomparable Bernard Kourchner.
« Amnesty a plus de mal à se faire entendre » nous dit l’article. En effet, j’ai l’impression que les gouvernements et chefs d’Etat se sont habitués à cette petite tape annuelle et qu’ils ont remarqué que cela ne dérangeait pas tellement leurs petites affaires.
Quant au peuple (nous), je n’ai pas l’impression qu’il s’y intéresse plus. Zoblugubre a beau être content que l’article soit dans la colonne centrale du site, les moineaux accumulent à l’heure actuelle 5870 visites contre 1577 pour cet article. Il n’y a donc pas photo. Casaque jaune chevauchant sur moineaux des riches en disparition est toujours largement en tête. Alors pourquoi si peu d’intérêt ? Parce qu’on se fait épingler aussi et que cela chatouille notre chauvinisme ? Parce que cela dérange l’idée du monde juste dans lequel on croit vivre ?
Au vu de ce peu d’intérêt, je m’interroge alors sur la sincérité de l’intérêt soudain des gouvernants et des peuples envers les droits de l’homme lorsque ces derniers accusent un pays « pas gentils qui ne se soumet pas aux gentils capitalistes occidentaux ».
En effet, on nous sert les droits de l’homme comme le grand prétexte de telle ou telle guerre, action, punition, boycott, etc… Et nous, le peuple, nous applaudissons et lisons en masse les articles s’y rapportant, sans doute rassuré qu’il y ait pire ailleurs. Cependant, qu’il y ait pire ailleurs ne me rassure pas sur ce qui se passe chez moi (et ne le justifie pas non plus); de plus les droits de l’homme ne sont-ils pas ainsi de plus en plus instrumentalisés perdant alors de leur valeur?
C’est pourquoi j’admire ceux qui risquent leur vie, ceux qui passent du temps, ceux qui travaillent à Amnesty International (ou d’autres associations du même genre) car non seulement les droits de l’homme n’ont pas perdu de leur valeur intrinsèque mais ces gens traquent l’infraction aux droits de l’homme partout, en chine comme chez nous, indépendamment des discours anesthésiques des élites qui nous gouvernent.