Polemique

Quand Royal défendait le libéralisme cher à Delanoë

Difficile de marquer sa différence. Soucieuse de démontrer qu'elle n'occupe pas le même espace politique que Bertrand Delanoë, Ségolène Royal s'en est de nouveau pris mardi au positionnement libéral de son adversaire pour le poste de Premier secrétaire du PS. Devant la presse, dans son QG parisien du boulevard Raspail, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle a tenu à donner sa propre définition du libéralime, précisant à l'adresse du maire de Paris :

« Il n'y a pas besoin d'aller chercher du vocabulaire de nos adversaires politiques, on n'a pas besoin d'aller chercher des concepts qui sont à la source même des désordres du monde et des malheurs du monde, pour pouvoir redonner de l'espoir aux hommes et aux femmes. » (Voir la vidéo)



Des critiques déjà amorcées ce week-end, au lendemain de la publication du livre « De l'audace » (Robert Laffont) de Bertrand Delanoë. Ouvrage dans lequel il se dit « libéral » :

« Je ne réfute pas mécaniquement ce vocable, “libéral'. Et quand il s'applique à une doctrine politique, au sens global, je crois même qu'un militant socialiste devrait le revendiquer.”

Libéral donc, mais au sens politique, et non économique, du terme :

“Ce qui est inacceptable pour un progressiste, c'est de hisser le ‘libéralisme’ au rang de fondement économique et même sociétal, avec ses corollaires : désengagement de l'Etat et laisser-faire économique et commercial. (…) Qu'est-ce que le libéralisme ? C'est une doctrine d'affranchissement de l'homme, née dans l'Europe des Lumières. C'est, comme son nom l'indique, une idéologie de la liberté.”

Une distinction entre libéralismes politique et économique que Ségolène Royal refuse de concéder aujourd'hui à Bertrand Delanoë. Pourtant, quelques semaines avant la présidentielle, la candidate PS a elle aussi publié un livre : “Maintenant” (Hachette Littératures). Ou comment expliquer sa politique en 200 mots. Et à la lettre “L”, comme l'a relevé Alain Duhamel sur RTL, on y trouve une définition du “libéralisme” reprenant cette même distinction entre les deux acceptions du mot :

“Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques. (…) Donc, pas question de jeter l'opprobre sur le mot lui-même. (…) Mais si vous entendez par libéralisme cette conception de l'économie, je dirais même ce dogme ou cette idéologie, qui confie aux marchés, et aux marchés seulement, la régulation des sociétés, alors, oui, je pense que le libéralisme est l'ennemi de la justice sociale.”

Changement d'opinion ? Oubli ? Apparemment non. Car pas plus tard que le 27 mars dernier, Le Point a publié une interview de Ségolène Royal qui n'avait pas (encore) changé de discours sur le sujet :

“De quel libéralisme parlez-vous ? Si c'est du libéralisme politique, il est depuis l'origine indissociable du socialisme démocratique. (…) Si vous appelez libéralisme cette idéologie du laisser-faire, laisser-aller, qui, depuis l'aube du capitalisme, oppose les vertus de la main invisible du marché aux régulations de la puissance publique et l'harmonieuse convergence des intérêts particuliers à la construction volontaire de l'intérêt général, alors oui, le socialisme ne mange pas de ce pain-là.”

Une définition du libéralisme politique que Bertrand Delanoë ne renierait pas.

173 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Claude PELLETIER

à eelisa Portrait de eelisa De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 17H33 | 29/05/2008 | Permalien

@ EELISA

Quand une femme ordinaire est victime de machos, je file à ses côtés mais quand il s'agit d'élection présidentielle, ce ne serait pas raisonnable de ne prendre en compte que cette variable !

Peu influencé par le paternalisme et le machisme qui restent vivaces, j'ai voté Mme Taubira en 2002 pouis voté deux fois Mme Royal en 2007.

Dans la vie, sans être particulièrement anxieux, on s'engage rarement avec 100 % de conviction mais plus le temps passait, plus les prestations de l'ancienne candidate me chagrinaient. Je découvrais plus de cohérence et de charisme chez M. Besancenot, et plus de solidité chez Mme Laguiller.

Arrêtez de vous croire des obligations envers une politicienne
— capable de dire après les élections qu'elle ne croyait pas à certaines de ses proclamations de campagne,
— et qui vient de reprocher à M. Delanoë de tenir sur le libéralisme des discours semblables à ses propres (et récentes) déclarations publiques

( MAIS l'avez-vous LU cet extrait de son livre « MAINTENANT » qu'il suffit de télécharger ; vous n'avez qu'à cliquer dans le corps de l'article ; c'est au format pdf un sacré standard ; … lisez-le [c'est très bien écrit] ET venez m'en reparler ).

Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

18H25 | 28/05/2008 | Permalien

Le libéralisme c'est la liberté, et pour une conservatrice comme Royal le libéralisme est finalement une notion insupportable. Elle prêche pour la démocratie participative mais elle n'a cure d'impliquer la nation ni dans la réforme de la constitution, ni dans le projet de traité de l'Union. Royal est réellement n'importe quoi sauf un leader de gauche. Elle est sotte et intéressée, bassement intéressée, oui le pouvoir elle le veut, mais ce qu'elle pourrait en faire, on ne le sait pas. Il vaut mieux zapper, on perd trop de temps avec elle. Je pense qu'elle sait qu'elle est grillée dans l'opinion publique, elle en rajoute avec des pavés ponctuels dans la mare, elle se fait plaisir.

Portrait de Tophee

à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 De Tophee

en haut a gauche | 08H37 | 29/05/2008 | Permalien

« Le libéralisme c'est la liberté »

Quand je parle de hold-up semantique, c'est a cela que je fais allusion. Le liberalisme, c'est la liberte pour les plus riches, l'esclavage mal deguiser pour les autres.

Quand je travaillait a Berlin, J'avais eut une longue discution avec une collegue. Elle etait, et son mari aussi, ingenieur en informatique. Elle me racontait que dans sa jeunesse, quelle a passe en allemagne de l'est, elle se plaignait du manque de liberte. Elle aurait aimer voyager me disait elle. Elle s'est marier sous un regime comunniste, elle et son maris voulaient avoir des enfants. Le premier est ne juste avant la chute du mur. Le second douze ans plus tard. Pourquoi ? Parce-que pour le premier, elle ne se posait pas de question. Les service de sante etait accessibles sans probleme, les creches gratuites, la vie organise de telle facon quelle n'avait aucun probleme pour allier vie de famille et vie proffessionelle. Avec la chute du mur, toute cette liberte c'est envole. Il lui a fallut bien longtemps, a elle et son maris pour avoir un revenu et une organisation de vie qui leur permettent d'avoir un deuxieme enfant.

Alors, liberalisme = liberte contraire du socialisme, Ce n'est pas si simple, pour le commun des mortels.

Portrait de Courageux anonyme

De stangrof

18H36 | 28/05/2008 | Permalien

Bonsoir, j'essaie d » habitude d'être argumenté malgré mes faibles moyens mais la, tout ce qui me viens c'est « QUEL BANDE DE CHARLOTS ! » désolé ,pas mieux.
A bientôt

http://www.ipernity.com/home/stangrof

Portrait de cpt.kirk

De cpt.kirk

passionné de musique et de politiqu... | 09H58 | 29/05/2008 | Permalien

100% D'accords.
Et pas nécessaire d'argumenter quand une telle évidence s'impose.

Portrait de Perjovem

De Perjovem

Antiquus facturum à Divodorum | 18H42 | 28/05/2008 | Permalien

//je pense que le libéralisme est l'ennemi de la justice sociale.//

Vache de défense du libéralisme !

Sûr que ça équivaut aux : managers, culture d'entreprise, compétitions, concurrence, de Delanoë.
y'à pas à dire le microcosme intello-politico-journalo-parigot : il l'adore son Delanoë !
Nouvel Obs, Libé, Rue89… N'ont pas digéré que Royal a fait capoter, le lancement de l'audace Delanoë ; leur reste un gros stock de cirage sur les bras !

Perjo

Portrait de frankfurt

à Perjovem Portrait de Perjovem De frankfurt

19H59 | 28/05/2008 | Permalien

Delanoë dit aussi dans son livre qu'il est « inacceptable » - le mot est suffisamment clair, non ? - pour un progressiste de faire du libéralisme un principe économique. On ne peut être plus clair, et pourtant Royal a lancé un débat purement politicien en feignant d'ignorer le sens des mots de Delanoë et en l'accusant, excusez du peu, de soutenir un « capitalisme qui fait des millions de morts. »

J'ai été très désagréablement surpris de la méthode de Royal, mais j'ai pensé qu'elle se ressaisirait, d'autant plus que les exemples ne manquent pas où elle se réclamait elle-même libérale sur le plan politique et appelait à ne pas jeter l'ostracisme sur ce mot. Mais non, depuis vendredi, chaque matin elle en rajoute une couche, va plus loin dans l'impudeur et dans la politique politicienne, et maintenant elle dit carrément que Delanoë « divise le parti. » Mais qui a monté cette affaire de toute pièces en faisant tout un pataquès parce que Delanoë se réclamait libéral en politique - le grand scoop !

Au fait, Mme Royal, c'est bien cette dame qui répète à tous les plateaux télé et sur toutes les chaînes que « je n'attaque pas les gens, moi, » « jamais vous n'entendrez de ma bouche un mot désobligeant vis-à-vis d'un autre dirigeant » ? Celle qui se dit toujours « attaquée » quand elle est critiquée ?

Ce battage médiatique mené avec autant de mauvaise foi et d'hypocrisie a fini de m'écoeurer. Mentir et désinformer avec autant d'aplomb et d'acharnement, c'est trop. Si c'est à ce niveau que ça doit se passer, vraiment, il n'y a plus d'espoir permis. Pour un Congrès Utile et Serein, déjà aurait-il fallu par être soi-même utile et sereine au lieu de provoquer un débat inutile. Le Congrès est « mal barré ».

Portrait de Perjovem

à frankfurt Portrait de frankfurt De Perjovem

Antiquus facturum à Divodorum | 21H03 | 28/05/2008 | Permalien

Je ne savais pas que libéralisme était des gens.

Quant au battage médiatique, les principaux responsables sont les médias.
En plus les articles sur Royal sont toujours à charge, que ce soit sur Le Monde, Le Nouvel Obs, Libé et cie…

Quand on lit ça par exemple, à la une du site de Libé :

http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2008/05/sgolne-vous-tes.html

On peut se poser des questions sur ce plaisir de railler et débiner quotidiennement Royal.
Aussi, quand Royal parle des petites retraites, des bas salaires, du chômage, du metissage, du remboursement des aides publiques en cas de délocalisation, de l'école, de la recherche, de l'après pétrole, d'écologie, du lien social etc… Ben les médias, même s'ils se disent et pensent de gauche : s'en tamponnent royalement l'occiput, et n'en parlent pas

Pour cet article de Rue89 : c'est depuis lundi, que les braves petits soldats du net, de l'UMP et autres barons du PS canal historique, innondent de ces extraits d'écrits, d'interviews et de discours de Royal, les forums et sites des médias.

Avec tout ce qu'elle s'est pris dans la tronche depuis la présidentielle, elle peut les titiller ces cadors du PS…
Et si on faire veut bouger le PS, elle doit continuer.
Sinon, après Reims ce sera le statu quo, un président d'opérette comme décor, avec des barons, des courants, des flingueurs, des écuries attendant fin 2011 pour s'étriper en vue de 2012.

Perjo

Portrait de Network 23

à frankfurt Portrait de frankfurt De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 21H17 | 28/05/2008 | Permalien

Soyons clair : le débat n'a rien, ne peut rien avoir avec le concept de libéralisme politique lui-même, puisqu'il est clair que le PS est libéral, en ce sens, depuis très, très longtemps.

Le PCF l'est aussi, et officiellement, depuis qu'il a abandonné (ce qui était devenu) la rhétorique de la « dictature du prolétariat ».

Alors de quoi s'agit-il ?

De la rivalité Ségo-Bertrand ?

Ou de préparer le terrain à une énième conversion du PS au libéralisme économique, elle aussi acquise depuis longtemps, entre le tournant de Fabius en 1983 et les travaux de la Fondation Saint-Simon ?

Le PS est « social-libéral » depuis belle lurette, en gros, il tempère le libéralisme du marché par un peu de justice sociale (c'est déjà mieux que rien, et mieux que de le tempérer par de la vente de centrales nucléaires à Kadhafi).

Alors s'agit-il simplement, pour Delanoë, de tester le terrain vers une droitisation de plus du parti, c'est-à-dire d'embracer les sacro-saintes lois du marché réel (« on privatise les profits et on nationalise les pertes ») ?

Bakchich n'a pas tort :

« Quand on écoute les proches du maire de Paris, on se dit que le libéralisme n'est pas le dernier “ tabou ” qu'ils veulent faire tomber.

“ Oui, on a eu un discours conservateur, reconnaît un député. On veut un parti qui n'a pas honte de son pragmatisme. C'est ce qu'on fait localement, mais nationalement, on était tétanisé, et on n'a pas travaillé.

On disait qu'on était contre la réforme des retraites, mais on était incapable de dire qu'il fallait supprimer les régimes spéciaux, qu'il fallait réformer le travail parce que les gens ne gardent plus le même boulot toute leur vie ”. »

http://www.bakchich.info/article3925.html

Réformer le travail ? oui, sûrement, c'est le boulot des députés, après tout, et puis quelques inspecteurs du travail en plus pour faire respecter la loi, ça serait utile, aussi, pas vrai ? - Mais la réforme du travail est devenu massacre du Code du travail…

Portrait de iduf91

à frankfurt Portrait de frankfurt De iduf91

22H15 | 28/05/2008 | Permalien

Vous dites : « Delanoë dit aussi dans son livre qu'il est “inacceptable” - le mot est suffisamment clair, non ? - pour un progressiste de faire du libéralisme un principe économique. »

Donc dans ce cas, Delanoë, Libé, le Nouvel Obs et j'en passe font un énorme battage médiatique sur le fait qu'il est pour le libéralisme… politique ? C'est une blague ?

A ce rythme-là, dans une semaine Moscovici va nous annoncer avec force trompettes qu'il défend la démocratie.

Portrait de frankfurt

De frankfurt

23H30 | 28/05/2008 | Permalien

Le battage médiatique a été largement lancé par Royal qui a contribué à alimenter un pseudo-débat, puisque, comme vous le dites si bien, ça n'a rien d'extraordinaire que Delanoë se dise libéral politique et que Moscovici déclare - pourquoi pas, c'est toujours bon de le dire - qu'il défend la démocratie.

Il faut placer l'intervention de Delanoë dans son contexte. Il s'agissait de faire comprendre que la droite au pouvoir n'était pas libérale au sens politique et qu'au contraire, Sarkozy, depuis le début de son élection, s'évertuait à restreindre l'espace des libertés. Il s'agissait aussi de rappeler que ces valeurs de liberté politique et sociale, si consensuelles qu'on en oublierait presque la provenance, sont bien des idées de gauche et que la gauche a été historiquement à l'avant-garde du combat pour les libertés, contrairement à ce que nous serine à la longueur de temps l'idéologie révisionniste triomphante qui voudrait que l'égalité et la liberté soient antinomiques, et donc que la droite serait le défenseur patenté des libertés face à une gauche « égalitariste » aux pulsions un tantinet totalitaires.

C'est pourquoi après avoir été consterné quand j'ai entendu la phrase de Delanoë sortie hors de son contexte, j'ai été agréablement surpris en prenant connaissance du contexte. Car reconquérir l'héritage historique de la gauche n'a rien de puéril ni de négligeable. Je pense qu'il a - avec d'autres, dont en son temps (i.e. avant d'être obnubilée par Delanoë), Royal - fait oeuvre utile. Et c'est pourquoi je désapprouve l'attitude manipulatrice de Royal qui fait mine d'ignorer que Delanoë revendique ce qui revient légitimement à la gauche du fait de son histoire et de ses valeurs.

Royal aurait dû dire en haussant les épaules : « C'est ce que je dis depuis longtemps, je suis bien aise de savoir que Delanoë me rejoint sur ce plan. Maintenant, passons à autre chose. » Là elle en aurait bouché intelligemment un coin à Delanoë. Au lieu de cela, elle nous sort des énormités du genre « libéral et socialiste, c'est totalement incompatible, » feignant d'ignorer que Delanoë revendique le libéralisme politique tout en condamnant le libéralisme économique.
Pour paraphraser Sarko qui détient la palme d'or en la matière, ie de poser des questions auxquelles il est impossible de dire non :
-Royal est-elle pour la démocratie représentative ?
-Royal est-elle pour la parité homme-femme ?
-Royal est-elle pour le suffrage universel ?
etc, etc.
A moins d'être contre tout cela, et de vouloir faire croire à nos concitoyens que le socialisme conchie les libertés, ça n'a aucun sens que de réfuter le libéralisme au sens dans auquel le défend Delanoë.

D'ailleurs, elle oublie un peu vite ses déclarations passées, sa volonté de faire de Bayrou qui se revendique ouvertement « libéral et social » son Premier Ministre, son appel à faire alliance avec le Modem contre vents et marées. Des journalises lui ont d'ailleurs posé la question : si son credo anti-libéral (puisque c'est bien ainsi qu'il faut l'appeler) n'était pas incompatible avec sa main tendue au Modem. Réponse de la dame : « Je vous répondrai. » Sacré argument s'il en est, de quoi mourir de rire si ce n'est de pleurer. Comment expliquer tant de frivolité et tant de manque de réflexion de la part d'une prétendante à l'Elysée qui a déjà mené une rude campagne ? Elle contribue à créer des divisions factices et à plomber la crédibilité du parti.

Portrait de Network 23

à frankfurt Portrait de frankfurt De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 00H03 | 29/05/2008 | Permalien

Quel rapport entre la parité homme-femme, le suffrage universel, et le libéralisme ?

Guizot, un grand libéral, était ardent opposant du suffrage universel, de même que Thiers, le massacreur de la Commune.

Le libéralisme n'est pas, par essence, démocratique. Ceci dit, le socialisme actuel est évidemment libéral, toute la question étant de savoir si l'on peut être anti-capitaliste et libéral (au sens politique, évidemment) ?

Balibar disait préférer le terme d » « anti-capitalisme » à celui d » « anti-libéralisme abstrait » (http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/245943.FR.ph…)
tandis que Daniel Bensaïd, interrogé là-dessus, se disait d'accord :

« -Etienne Balibar critique le flou du mot d'ordre antilibéral, incapable, selon lui, de saisir les évolutions du capitalisme…

- Je suis tout à fait d'accord avec lui sur le flou d'un “antilibéralisme abstrait”. Je préfère aussi parler d'anticapitalisme, à condition de ne pas se contenter d'un anticapitalisme aussi flou (et ségocompatible) que l'antilibéralisme. Au coeur de l'anticapitalisme, il y a la double question du travail et de la propriété. »

http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/245942.FR.php

Portrait de frankfurt

à Network 23 Portrait de Network 23 De frankfurt

07H05 | 29/05/2008 | Permalien

A ce jeu-là on pourrait aussi prouver que le socialisme n'a pas de vocation internationale et même a été, dans son histoire, surtout française, largement chauviniste et antisémite. Prenez Proudhon et Granger pour ne citer qu'eux. Par ailleurs, le chauvinisme des socialistes français, qui claironnaient à tout bout de champ que c'était la patrie de la Grande Révolution qui avaient « inventé » le socialisme et que donc ils n'avaient pas de leçons à recevoir de la part d'un « Juif Prussien », exaspérait copieusement Marx et Engels.

Le libéralisme dans son essence est pour l'extension des libertés à tous les hommes rationnels et responsables. Après, ce que l'on entend par un « homme rationnel et responsable » peut en effet varier selon l'époque. Si l'on en vient à considérer les femmes comme des êtres rationnels et responsables, de même que les « classes populaires », le libéralisme alors s'accommode fort bien, ou plutôt exige formellement, l'extension des droits et devoirs aux femmes et classes populaires, d'où mon raccourci entre parité, suffrage universel et libéralisme, car je tiens pour acquis que l'on considère les femmes et les classes populaires comme des êtres rationnels et responsables.

Mais vous avez raison de faire remarquer que ce n'est pas avec le libéralisme seul que peut se faire cette extension du champ des « êtres rationnels et responsables. » Il a fallu pour cela les luttes des femmes et des classes populaires contre la doxa de « conservateurs libéraux ». (N'oublions pas toutefois J.S. Mill et son combat pour l'égalité homme-femme qui a influencé les socialistes français exilés à Londres.) C'est aussi pourquoi il ne suffit pas d'être libéral, mais que le libéralisme qui protège l'individu doit s'accompagner d'une lutte pour les égalités et pour l'extension du respect à toutes les personnes et de leur droit à vivre dignement, car comme l'avaient fort bien compris Robespierre et Saint-Just quand ils avaient théorisé le « droit à la subsistance, » il n'est pas d'engagement citoyen et de jouissance des libertés possibles sans une vie décente qui puisse servir de base à cet engagement. C'est en cela qu'il faut être libéral ET socialiste et que je n'ai pas honte de l'être, quoique puissent bien faire certaines personnes pour ostraciser le mot même de libéralisme.

Portrait de iduf91

De iduf91

00H14 | 29/05/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord sur l'attitude de Royal. Mais dans l'annonce, oyez oyez bonnes gens, Delanoë est libéral, je ne vois rien d'autre qu'un coup marketing qui repose sur du vide. Car depuis que la terre est ronde, ou plutôt depuis la Révolution, le clivage gauche contre droite est fondé sur le clivage libéralisme politique (puis social) contre libéralisme économique. Delanoë qui doit connaître ses classiques le sait pertinemment, tout comme les orchestrateurs de ce battage médiatique qui est un vrai foutage de gueule.

Portrait de frankfurt

à iduf91 Portrait de iduf91 De frankfurt

07H18 | 29/05/2008 | Permalien

Je me lance, au risque de sembler être le thuriféraire de Delanoë, car j'ai trouvé sa démarche fort intéressante au contraire.

Je pense qu'il a certainement voulu un retentissement médiatique, mais qu'il n'a pas eu celui qu'il avait escompté. Le bouquin devait le placer comme candidat possible en 2008 mais aussi pour 2012, ce qui veut dire qu'il s'agissait autant de se positionner contre la droite que de prendre une position au sein même du PS.

La « nouveauté » - enfin, ce n'est pas très nouveau, mais venant d'un des dirigeants socialistes les plus en vue, ça valait son pesant de peanuts - était qu'il se déclarait libéral politique et accusait la droite de ne pas l'être et d'étouffer au contraire les libertés, ie qu'il attaquait la droite en retournant contre elle ses propres armes. Dans le livre, le passage sur le libéralisme s'inscrit dans une dénonciation du « bonapartisme » sarkozyste. Donc, c'était une démarche conçue pour titiller Sarko et l'UMP et non pas la gauche, puisqu'il pouvait légitimement escompter que toute la gauche se retrouverait dans sa défense du libéralisme politique et n'en ferait pas tout un pataquès. La prise de position de Royal dans Le Point et dans son livre Maintenant, relatés dans cet article, n'avaient pas suscité de controverse ; donc il est fort peu probable que Delanoë ait pu escompter un seul moment lancer un gros pavé dans la mare socialiste en se réclamant du libéralisme politique.

C'était donc évidemment une saillie destinée à la droite et non pas un scoop destiné à chambouler la gauche. Sauf que les médias en manque de sensationnalisme titrant « Delanoë est libéral », et les interventions à répétition de Royal déformant ses propos, en ont fait une espèce de provocation à l'égard du PS. C'est dommage, car sa démarche qui visait à tracer une ligne de démarcation entre la gauche libérale et la droite autoritaire était pertinente. Mais là le débat a été ridiculement détourné.

Portrait de iduf91

à frankfurt Portrait de frankfurt De iduf91

09H22 | 29/05/2008 | Permalien

Encore une fois, la « ligne de démarcation » que « trace » Delanoë est celle qui existe depuis toujours entre la gauche et la droite (pour faire simple, le clivage se fait sur l'inversion du curseur entre libéralisme/autoritarisme et politique/économique). Rien de nouveau donc sous le soleil…

A mon sens, un débat politique est lancé quand on lance des concepts, pas quand on utilise des mots nouveaux pour dire exactement la même chose. Là, on est à mon sens dans un illusionnisme. Je trouve ça intellectuellement malhonnête (je précise que la réaction de Royal est du même niveau, je ne me situe pas dans un débat pour ou contre l'un ou l'autre).

Portrait de frankfurt

à iduf91 Portrait de iduf91 De frankfurt

09H59 | 29/05/2008 | Permalien

Je me sens un peu exaspéré, là, je ne sais pas s'il y a mauvaise foi de votre part ou malentendu, je ne veux pas polluer le site avec des longs posts. Tant pis.

Vous dites : « Car depuis que la terre est ronde, ou plutôt depuis la Révolution, le clivage gauche contre droite est fondé sur le clivage libéralisme politique (puis social) contre libéralisme économique. »
Vous dites aussi que la ligne de démarcation gauche-libérale/droite-autoritaire « existe depuis toujours ».

Vous n'avez peut-être pas remarqué que dans mon post précédent je parlais du « révisionnisme triomphant. » Par quoi je faisais exactement allusion à la Révolution française comme lieu de naissance des clivages politiques modernes : ne vous en déplaise, le révisionnisme triomphant des années 80 a largement contribué à brouiller le clivage en faisant de la Terreur le fait le plus marquant de la Révolution et en en faisant, non pas un fruit des circonstances, mais quelque chose d'inscrit dans la logique égalitaire jacobine elle-même. « Dès 1789, le ver est déjà dans le fruit et le ronge » : voilà la thèse des révisionnistes qui triompha dans les années 80 et qui est encore majoritaire en France aujourd'hui.

Furet, le roi du révisionnisme, a d'ailleurs franchi le pas en ralliant la Terreur et la dictature stalinienne, et en présentant toutes les idéologies égalitaires comme étant PAR NATURE totalitaires. Ce qui fait que l'idée gauche = libérale / droite = autoritaire fut complètement chamboulé, retourné au détriment de la gauche, ne vous en déplaise. Nous vivons encore dans les retombées de ce cataclysme idéologique.

N'avez-vous jamais été surpris, en discutant avec les gens, de découvrir à quel point le poncif « gauche = dangereux potential autoritaire, voire totalitariste ; droite = la moins pire, défenseur des libertés individuelles contre les dérives totalitaires inhérentes à l'idéologie égalitaire » faisait fureur parmi les gens ?

Il est faux de croire que cette ligne de démarcation gauche libérale / droite autoritaire est restée fixe depuis la Révolution Française. Le révisionnisme est passé par là il y a déjà deux décennies et a brisé la confortable certitude de la gauche et la confortable ligne de démarcation, a brouillé les pistes, et oui, dans l'esprit de beaucoup de nos concitoyens, gauche rime avec égalitarisme, et égalitarisme avec potentielles dérives totalitaires.

Bon, après, si vous n'êtes pas convaincu, tant pis.

Portrait de iduf91

à frankfurt Portrait de frankfurt De iduf91

10H37 | 29/05/2008 | Permalien

De grâce, pas d'exaspération ! Nous sommes dans un débat intellectuel amical (et en plus je commence à m'amuser). Non, je ne suis pas de mauvaise foi, je ne fais juste pas la même analyse que vous du clivage gauche /droite. Comme je l'ai dit dans mon premier commentaire, et, comme je l'ai reprécisé par la suite, ce clivage repose historiquement sur libéralisme politique et autoritarisme économique pour la gauche, et inversement pour la droite. D'ailleurs, la campagne de Nicolas Sarkozy ne s'est pas jouée sur autre chose : plus de liberté économique (le fameux : libérer le travail), et moins de libertés individuelles (éloge de l'autorité, de l'ordre et de la nation). En retour, la gauche a été accusée d'angélisme et de laissez-aller sur le plan politique/sociétal (les fameux « bobos biens-pensants » qui ont été érigés pas la droite en symbole de la gauche), et de « castratrice » sur le plan économique (le « carcan » des 35 heures). J'ai donc tout simplement du mal à vous suivre quand vous affirmez que la critique de la gauche s'est jouée sur l'accusation de totalitarisme. Et j'ai encore plus de mal quand on présente comme une nouveauté un clivage historique qui n'a pas bougé d'un iota.

Portrait de jnspqd

à frankfurt Portrait de frankfurt De jnspqd

10H07 | 30/05/2008 | Permalien

Vous paraissez bien connaïtre la pensée profonde de Monsieur Delanoë ! Moi pas. J'ai du respect pour l'homme comme j'ai du respect pour tout individu que représente un nombre de citoyens avec éthique et honnêteté, c'est qui est le cas aussi de Madame ROYAL.

Vous dites, je vous cite : « …Comment expliquer tant de frivolité et tant de manque de réflexion de la part d'une prétendante à l'Elysée qui a déjà mené une rude campagne ? Elle contribue à créer des divisions factices et à plomber la crédibilité du parti. »

Rien que ça ! Je laisse à chacun interpréter les arrières pensées sur le mot « frivolité » rarement utilisé lorsque l'on parle d'uN responsable politique.
Quant à « rude campagne » oui, aussi rude que celle qui s'annonce pour elle alors qu'elle n'est prétendante pour le moment qu'au poste de première secrétaire du PS et non à l'Elysée… lapsus ou encore manip ?

Pour ce qui est de « créer des divisions » ou de « plomber la crédibilité du parti » si je voulais être insolente, je vous répondrais qu'elle a les mêmes droits à le faire que tous ces qui depuis 2006 ont initié cette decrébilisation, mais je me contenterais de vous renvoyer à la vidéo DAILYMOTION qui circule avec SAVONAROLE et TORQUEMADA en culottes courtes… et la diablesse !

Pour aider à la réflexion de tous ceux qui vous on lu, mais aussi pour compléter l'information que J MARTIN nous transmet et situer dans le contexte les dernières « bourdes » de cette responsable dévergondée politique, une partie de la réponse donnée par SR à la question suivante (copié des pages 181-182 du livre MAINTENANT) :

« Q. : Pour vous le libéralisme est-il toujours l'ennemi de la justice sociale ?

R. : Il y a bcp de “ libéralismes ” différents. Par exemple, aux Estas-Unis, libéral veut dire de gauche. Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens du libéralisme politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques, à la liberté de pensée d'expression, d'aller et de venir, d'entreprendre, de voter, de mener sa vie, etc. Nous tenons à ces libertés parce que, sans elles, l'air devient vite irrespirable et la société se fige, mais aussi parce que nous les considérons comme nécessaires au combat pour la justice sociale. C'est le débat démocratique, ce sont les libertés syndicales, le droit de grève qui ont permis de faire avancer partout le sort des salariés et des plus démunis, même s'il a fallut lutter dur et arracher chaque conquête. Donc, pas question de jeter l'opprobre sur le mot lui même et, ce faisant de jeter par-dessus bord cette part de mémoire révolutionnaire à laquelle, dans l'histoire, le concept politique de libéralisme est attaché.

MAIS SI VOUS ENTENDEZ PAR LIBERALISME CETTE CONCEPTION DE L'ECONOMIE, JE DIRAIS MEME CE DOGME OU CETTE IDEOLOGIE, QUI CONFIE AUX MARCHES, ET AUX MARCHES SEULEMENT la regulation des societes, alors, oui, je pense que le libéralisme est l'ennemi de la justice sociale. Ennemi n'est d'ailleurs pas le mot adapté. Les marchés ont leur logique, le profit maximum. Ils ne sont pas porteurs d'un projet de société fût-il inégalitaire. Ils sont “ une force qui va ”, INSENSIBLES AUX CONSEQUENCES SOCIALES OU ENVIRONNEMENTALES… »

Je vous invite également à visionner cette vidéo qui date de 1992 : http://www.dailymotion.com/video/x228q5_segolene-royal-ministre-de-lenvi…

elle infirme aussi toute la campagne de dénigrément sur la femme politique qui mène des combats, avec BRAVITUDE, je vous l'accorde, depuis des années et sur son « imcompétence » supposée.
Pour moi, avec toutes les imperfections que tout individu porte avec lui, cette responsable politique porte en elle une vision nouvelle et joyeuse de la société et des rapports entre les animaux de son espèce, les hommes et les femmes.

Amitiés socialistes et humanistes.

Portrait de affreuxjojo

De affreuxjojo

18H48 | 28/05/2008 | Permalien

Le libéralisme est indissociable de la liberté ?
Pinochet artisan d'un coup-d'état contre un gouvernement démocratiquement élu, régnant par le massacre et la torture, fossoyeur de toutes les libertés publiques était un adepte du libéralisme économique ( il s'est largement inspiré de Milton Friedman). Quelques apôtres français du libéralisme ( Minc par ex) ne voit aucun inconvénient à conseiller des entreprises investissant dans des dictatures ( Chine, Birmanie, Tunisie).

Portrait de marie 75

De marie 75

18H53 | 28/05/2008 | Permalien

encore un article anti PS….
Je ne suis pas ségolèniste, mais vous faites partie du plan comm. anti PS de Sarko ? ? ? ?

La France est à bord de la crise de nerf.
Des gens sont prêts à sortir dans la rue (à moins qu'ils n'y soient déjà) car ils n'ont plus de quoi « bouffer ».
Et vous nous filez encore ce sujet…
Ras le bol !
Redevenez un medium citoyen ! ! ! ! !

Portrait de eelisa

à marie 75 Portrait de marie 75 De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 19H02 | 28/05/2008 | Permalien

Je suis d'accord à 100% avec toi Marie !

Sans être partisane de l'un ou de l'autre, ça commence à être fatigant tous ces articles de guéguère PS !

Rue 89, vous manquez de sujets ?

Portrait de louise2

à eelisa Portrait de eelisa De louise2

22H26 | 28/05/2008 | Permalien

Je partage tout à fait vos opinions sur cette question.
Le PS essaie de se refaire une beauté, tant mieux. Pour le moment, le coup de Delanoé sur « le libéralisme » c'est un tacle contre Royal déguisé en « coming out ». Très bien. Elle répond. Très bien. S'ils doivent en passer par là pour relever la tête…Très bien. Et si j'ai bien compris, en plus ils sont d'accord ! On va pas bouder son plaisir..

Un sujet pour Rue 89 et les riverains : l'initiative de « rassembler les écologistes“dans la perspective des européennes de 2009 et plus si affinité : en gros Bové+Cohn-Bendit+Hulot : l'alter-mondialiste, le libertaire européen et l'écologiste pur jus qui a récemment reconnu l'impasse du libéralisme. Intéressant, non ?

http://www.liberation.fr/actualite/ politiques/ 328546.FR.php

Portrait de Network 23

à louise2 Portrait de louise2 De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 22H30 | 28/05/2008 | Permalien

Cohn-Bendit, « libertaire » européen, et Hulot, « écologiste pur jus » ? ? ? ? ?

Portrait de louise2

à Network 23 Portrait de Network 23 De louise2

10H39 | 29/05/2008 | Permalien

…« pur jus de chaussettes », vous croyez ? Je trouvais cette initiative intéressant et à suivre. Je me plante (verte) ?

Mais ce n'est pas le débat d'aujourd'hui. Merci en tout cas d'appeler mon attention et de freiner mes emballements. Je pensais naïvement que ce pourrait être un « sujet » pour Rue 89, il y aurait eu quelques arguments. A bientôt

Portrait de Network 23

à louise2 Portrait de louise2 De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 13H49 | 29/05/2008 | Permalien

Vous méprenez pas : je vous ai mis 5 boules, rien que pour l'info, et je ne pense pas que l'initiative soit inintéressante.

C'est un pari intéressant, rassembler des personnes qui ont pour seul point commun l'environnement (j'hésite à parler d'écologie pour Hulot, qui me paraît un nouveau-venu à la politique ; or l'écologie est un projet politique), peut-être que ça marchera.

Une chose de sûre : Cohn-Bendit est davantage libéral que libertaire, à moins d'opérer un hold-up sur le terme de « libertaire », inventé par l'ouvrier Joseph Déjacque en opposition à « libéral » (« libéral-libertaire », c'est donc un oxymore).

Et Hulot me paraît bien moins « écologiste pur jus » que Bové et Cohn-Bendit, il me paraît surtout présentateur télé qui aime les prairies vertes et les petites fleurs… et qui s'est royalement planté récemment !

Portrait de louise2

à Network 23 Portrait de Network 23 De louise2

17H01 | 29/05/2008 | Permalien

Justement, on pourrait sortir des bagarres de jeux de mots ( c'est ce qui m'agace chez Delanoé dans cette affaire ).

L'écologie politique ne peut pas ne pas être (au minimum ! ) critique au regard de l'actuel système économique et politique qui nous régit (neoliberalisme au sens où le définit Wendy Brown http://www.vacarme.eu.org/article1375.html#nb3).

L « écologie politique ne peut pas non plus éviter de placer son combat au niveau mondial et donc au niveau européen. C'est pourquoi je trouvais cette tentative de rassembler les écologistes autour de ces deux convictions (antilibérale et européenne)potentiellement fructueuse.

Après, il faut des “têtes” sinon pensantes en tout cas de référence : Bové se mettant à travailler européen, Hulot prenant au sérieux ses propres déclarations (le libéralisme,c'est fini) et Cohn-Bendit apportant ses convictions européennes, cela pouvait donner quelque chose.

Mais le plus important ce sont les gens que cela pourrait rassembler, à gauche. Et il y en à mon avis beaucoup, dispersés.

Il est tout à fait possible que je me trompe.

Portrait de louise2

à louise2 Portrait de louise2 De louise2

09H46 | 30/05/2008 | Permalien

2 poins « naze » ! !
Apparemment, je me trompe… : -)

Portrait de Network 23

à louise2 Portrait de louise2 De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 18H41 | 31/05/2008 | Permalien

Au contraire, merci pour le lien vers Vacarme, article plus qu'intéressant, et très éclairant pour ce débat sur le libéralisme (et notamment en affirmant que le sens américain du terme est loin d'être « original » ou « premier »).

Quant à cette hypothétique des unions, je reste autant, sinon plus, prudent que vous. Les écolos ont déjà essayer de s'unir par le passé, mais leurs différentes approches vis-à-vis de la régulation du marché a conduit à plusieurs scissions ; s'ils ont voulu, un temps, échapper au clivage gauche/droite, ils sont vite revenus au bercail, avec les Verts à gauche (et, à l'intérieur des Verts, plusieurs tendances, des écolos alternatifs, solidaires et auto-gestionnaires aux libéraux en passant par les environnementalistes) et les Corinne Lepage & autres à droite.

Or Hulot semble être à droite, Cohn-Bendit libéral qui fait en frémir plus d'un (à tort ou à raison) et Bové partie intégrante de ce qu'on appelle, peut-être à tort, le « camp anti-libéral » - j'incline à donner raison à Balibar et à Bensaïd qui préfèrent le terme d » « anti-capitaliste » à celui d » « anti-libéral ». Vu la controverse actuelle, il n'est pas sur qu'il ne s'agisse que d'un détail. Leur union est-elle faisable ? On verra bien…

Portrait de louise2

à Network 23 Portrait de Network 23 De louise2

19H13 | 31/05/2008 | Permalien

Moi aussi je « préfère » anti-capitaliste à « anti-libéral » mais je crois ou veux croire qu'on pourrait, dans les années qui viennent, infléchir sérieusement le libéralisme économique qui nous mène dans le mur, alors que le renversement du capitalisme me paraît moins concrètement envisageable dans le court/moyen terme.

Une action politique visant cet infléchissement (d'autres appellerait cela du réformisme) ne me paraîtrait pas, de toutes façons, diminuer les chances ni les espoirs d'un renversement du capitalisme.

C'est peut-être parce que je commence à vieillir ou parce que les choses se dégradent de plus en plus vite (du point social, environnemental…) : penser radicalement, agir réalistement (je vais me faire incendier ! )

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