Elles portent le voile et revendiquent le droit de faire ce choix sans être exclues d'une société prétendument laïque. Témoignages.
Quatre ans après la loi interdisant le port du voile à l'école, la polémique semble appartenir au passé. Mais tous les problèmes débattus au moment de son adoption sont loin d'avoir disparu.
Sur cette question du foulard, beaucoup se sont exprimés : spécialistes de la laïcité, exégètes du Coran, défenseurs du droit à l'éducation, sociologues, hommes et femmes politiques. Mais qu'en disent les jeunes filles ou les femmes qui le portent ? Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian ont eu l'idée de recueillir leurs témoignages dans un livre, « Les filles voilées parlent ». Façon de leur donner le statut de sujets et non d'objets. Elles y racontent notamment leur exclusion de l'école, mais aussi la discrimination au travail, à l'université, dans le monde militant… Les trois auteurs (deux femmes musulmanes portant le foulard et un homme non-musulman), sont venus expliquer leur démarche dans les locaux de Rue89. (Voir la vidéo)
« On parlait de nous, sans nous. »
Les trois co-auteurs se sont retrouvés notamment au sein du collectif « Une école pour tou-te-s », qui s'opposait à l'exclusion des élèves voilées, rendue obligatoire par la loi du 15 mars 2004.
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Ils sont allés rencontrer des filles exclues de l'école, mais aussi d'autres qui avaient accepté à contre-cœur de se dévoiler pour ne pas se déscolariser, afin, disent-ils de réaliser un « contre-bilan de la loi ». Mais l'ouvrage donne aussi la parole à des femmes plus âgées (de 20 à 40 ans), mères de famille impliquées tant bien que mal dans la vie de l'école de leurs enfants, travailleuses -et qui en ont parfois assez qu'on les dissèque et qu'on les stigmatise. Explication de Malika Latrèche :
« On parlait de nous, sans nous. On nous présentait soit comme des femmes soumises qui n'avaient rien à dire, soit comme de dangereuses terroristes à chasser. »
Laisser parler est donc le principe de l'ouvrage ; mais comment s'est fait le choix des femmes qui témoignent ? Pierre Tevanian raconte :
« La question de la représentativité se pose effectivement. Nous avons rencontré les femmes par des connaissances, par les réseaux associatifs, par le bouche-à-oreille, ou encore par des associations de soutien scolaire pour les lycéennes exclues de l'école. D'une certaine manière, la sélection s'est faite en dehors de nous. Certaines refusaient de parler. »
Malika Latrèche précise :
« Il faut savoir que pour une fille qui témoigne dans le livre, dix ont refusé -soit pas peur des représailles, et cela a été mon cas dans un premier temps, soit par fatalisme (la loi a été votée, nous n'allons pas la faire changer), soit par méfiance, par peur que leurs discours finissent par être utilisé contre elles. »
Dans une annexe, les auteurs reconnaissent une part d'arbitraire et de hasard dans le panel retenu, hasard qui à leurs yeux a plutôt « bien fait les choses » dans la mesure où le résultat final restitue assez bien la très grande diversité des profils d'âges, de statuts familiaux, de parcours scolaires, de professions et, disent-ils, de tempéraments existant chez les femmes musulmanes voilées vivant en France.
Et quid de celles qui portent le foulard sous la pression de l'entourage ?
Les auteurs reconnaissent qu'une voix manque dans ce livre. Voix qui pourrait faire l'objet d'un autre recueil : celle de femmes ou adolescentes qui portent le foulard à contrecœur, sous la pression de l'entourage, notamment familial. Ils s'en expliquent là encore dans l'annexe : ils n'ont pas trouvé de femmes dans ce cas qui souhaite témoigner.
Malika Latrèche et Ismahane Chouder disent toutes deux avoir rencontré des jeunes femmes dans cette situation et être intervenues en leur faveur (avec succès). Convaincues que la détresse d'une femme forcée de porter le voile est tout aussi grave que celle d'une femme contrainte de l'enlever, elles s'estiment par ailleurs investies d'un rôle et d'une compétence particuliers : portant elles-mêmes le foulard, elles ont plus de chances d'être écoutées par des familles très pratiquantes, et elles maîtrisent par ailleurs des références religieuses qu'elles peuvent mobiliser en faveur du libre choix des jeunes femmes (comme celui de l'absence de contrainte en islam).
Parmi la quarantaine de femmes qui s'expriment dans le livre, beaucoup évoquent ce problème : leur liberté de porter le foulard doit aller de pair avec la liberté pour d'autres de ne pas le porter. Les seules réserves qu'elles émettent concernent la méthode : à leurs yeux, l'exclusion scolaire ou professionnelle n'apporte aucun secours à une jeune femme qui subit des pressions et qui souhaite se débarrasser d'un foulard imposé. Ainsi, selon Fatima, 20 ans, qui habite Saint-Denis :
« A leur seizième anniversaire, ces filles ne sont plus obligées d'aller en cours, donc on les retire de l'école et on les marie ! “
Un avis partagé par Jihene, 24 ans, d'Ile-et-Vilaine :
‘Si une fille est contrainte par ses parents, il faut justement lui donner le privilège d'aller en cours, d'avoir son bac, de réussir ses études, pour pouvoir devenir indépendante et vraiment l'enlever si elle en a envie.’
‘Une loi sexiste’
Le livre aborde les questions d'exclusion dans l'enseignement secondaire, l'école primaire (où les mères voilées peuvent être exclues de l'accompagnement des sorties ou des fêtes de fin d'année), l'enseignement supérieur, le monde du travail et le monde militant. La loi ne concernait que les collégiennes et lycéennes, mais comme le souligne Ismahane Chouder ‘on a observé que la loi avait souvent fait l'objet d'une extrapolation à d'autres domaines de la vie sociale, autorisant les exclusions les plus injustifiées, et libérant des discours racistes et sexistes.’ (Voir la vidéo)
Cette loi, pourtant soutenue par beaucoup au nom d'une lutte contre l'oppression de la femme, est qualifiée de ‘sexiste’ par les trois coauteurs. Le voile symbole d'oppression ? ‘Un symbole ne vaut que par la valeur que lui donne la personne qui le porte’, répond Ismahane Chouder :
‘Nous ne prônons pas le port du voile, mais nous défendons le droit de le porter. C'est sur le terrain du droit que nous luttons : le droit de ne pas porter le voile doit aller avec le droit de le porter. Les femmes qui portent le foulard font usage d'une liberté de disposer de leur corps comme elles le souhaitent, même si cela dérange certains modèles d'émancipation.’
Les auteurs insistent sur les conséquences de la loi, qui entraine l'exclusion -ou une humiliation profonde pour celles qui acceptent finalement, à contrecœur, de l'enlever :
‘Les effets concrets de cette loi sont d'éloigner les femmes de la connaissance, des diplômes, du travail, de la politique, bref, de tout ce qui rend fort et indépendant.’
‘Le silence est la plus grande persécution’
Le livre cherche à redonner une certaine dignité aux femmes qui témoignent, puisque, comme se plaît à le rappeler Ismahane Chouder, ‘le silence est la plus grande persécution, écrivait Blaise Pascal’. Les récits sont parfois d'une grande violence. Violence de l'humiliation du dévoilement quotidien pour les jeunes lycéennes qui ont finalement accepté de retirer leur foulard en entrant dans leur établissement ; regards hostiles, injures souvent quotidiennes ; violence parfois physique des agressions dont témoignent certaines femmes dans l'espace public, du crachat au coup de poing dans le ventre (d'une femme enceinte), en passant par la simple gifle…
Pierre Tevanian revient sur sa propre réaction face aux témoignages, cet étonnement admiratif qui révèle les préjugés dont lui-même n'était pas exempt. (Voir la vidéo)
Le tableau des discriminations et des violences faites à ces femmes laisse souvent sans voix, autant que la diversité des parcours et des personnalités représentés, et on se voit mal, ensuite, armée de son jean et de ses cheveux aux vents, aller donner des leçons.
► Les filles voilées parlent De Ismahane Chouder, Malika Latrèche, Pierre Tevanian (La Fabrique, 330pp., 18€)






















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à sozsa
De Meinhof
Chef marketing | 09H32 | 27/05/2008 |
Il y a des cours sur la religion à l'école ? C'est nouveau ça…
Ca doit être entre le cours sur les extra-terrestres et celui sur la philatélie lapone.
à Meinhof
De hoshiko
11H05 | 27/05/2008 |
Euh, en fait, si… mais pas comme sozsa le voit.
En 6e, on vous parle de Moïse et Jésus et en 5e, de Mahomet. Ainsi que de leurs copains Yahvé, Dieu, Allah et leurs anges…
Et je trouve ça grave.
à hoshiko
De déluge
menuisier | 12H18 | 27/05/2008 |
Vous préférez surement que ce soient les curés, rabbins ou immams qui s'en occupent ?
Ou peut être désireriez-vous que l'on décrête officièlement la mort de dieu ?
On peut être athée (ce qui est mon cas) et considérer que l'enseignement du fait religieux, de son histoire et son influence sur nos sociétés est indispensable.
La religion catholique a en partie formée notre société telle qu'elle est. Ne pas l'étudier serait stupide.
à déluge
De lautzig
13H57 | 27/05/2008 |
Bien dit.
Bon, forcement limiter aux catho la formation de notre société est un brin court. Heureusement que cerains ont su réformer le catholicisme…
Mais en plus de l'histoire, les religions sont de formidables sujet de philo. La pensé des hommes passe en bien ou en mal par la pensé religieuse.
La morale par exemple est soit le fait du religieux (doute perso) soit est au moins écrite par les religieux et à ce titre étudier LES religions est important.
à déluge
De Mon-Al
roturière :-) | 15H03 | 27/05/2008 |
Notre société est culturellement judéo-chrétienne. Notre choix peut être cultuellement libre… il est nécessaire, avant de se déclarer athée voire apostat (c'est mon cas), de connaitre ce que l'on refuse…
Je pense que les musulmans ne peuvent se dire « laïcs » sans risquer des problèmes avec leurs co-religionaires… l'apostasie en pays d'islam est passible de mort… chez nous, elle peut être un objet de rejet de la part de sa famille, des voisins, des imams ou ayatollahs de quartier…bref, il vaut mieux se mêler à la troupe moutonnière, de se voiler, de manger discrêtement pendant le ramadan, bref, d'être hypocrite plutôt que de risquer des mauvais coups… alors comment voulez-vous qu'une jeune fille, vivant dans une cité ou un milieu religieux, ait son libre arbitre pour se voiler ou pas ?
à hoshiko
De luz
20H40 | 27/05/2008 |
Vous trouvez ça grave ?
Dites moi, quand on vous a enseigné la Shoah, vous êtes devenu nazi ?
Ben pour les cours SUR les religions, figurez vous que c'est pareil.
à sozsa
De mechante langue
11H42 | 27/05/2008 |
« Pourquoi dans l école laïque enseignet-t-on la religion ? je vous laisse deviner laquelle. »
Faut pas écrire n'importe , Sozsa !
De Croco
Deal | 08H57 | 27/05/2008 |
Bonjour,
Excellente initiative que celle de Florine Leplâtre. Donner la parole aux principaux concernés et non pas aux idéologues qui ont des comptes à régrler type Fadela Amara ou Caroline Fourest.
<
à Croco
De kkadim
service public rhone alpes | 09H07 | 27/05/2008 |
euh… « principaux concernés “…. et les ‘principales concernées ? !
à kkadim
De spartacus1
10H25 | 27/05/2008 |
Lapsus révélateur ?
à Croco
De mechante langue
11H37 | 27/05/2008 |
« Excellente initiative que celle de Florine Leplâtre. Donner la parole aux principaux concernés et non pas aux idéologues “
C'est a se tordre .
On ne fait plus ‘idéologues’ que les trois femmes interviewéees et que Tévanian . Elles sont militantes de mouvements intégristes et Tévanian est aussi trés copain avec ces mouvements.
De Céleste
09H05 | 27/05/2008 |
« Mais c'est aussi une offense faite aux hommes : femmes, vous devez vous voiler pour ne pas éveiller la concupiscence de l'homme, cette bête féroce qui vous sauterait dessus si vous dévoiliez un seul de vos charmes… »
bardamu sur cette phrase je suis d'accord avec vous.
c'est pourquoi je préconise une fois encore l'accès de toutes et tous à l'éducation, seul vecteur de libération.
enfin, en principe.
c'est sur la défense du droit à l'éducation publique, laïque et égale pour toutes et tous qu'il faut se battre.
une école de qualité, juste, ouverte sur le monde et les autres et non pas une machine à fabriquer des crétins obéissants qui passeront leur vie à produire pour pouvoir consommer sans avoir ni le temps ni la possibilité de remettre en cause les systèmes d'oppression : politiques, économiques, religieux etc
De jerome-g
09H09 | 27/05/2008 |
N'est-il pas vrai qu'en Turquie, pays laïc et démocratique ou la quasi-totalité de la population est musulmane, le port du voile était jusqu'à il y a quelques mois et interdit dans l'administration, à l'université…
Idem en Tunisie il me semble.
à jerome-g
De Lo Stesso
Belleville | 09H19 | 27/05/2008 |
Effectivement, la Tunisie et la Turquie ont interdit l'école aux jeunes filles voilées. Résultat : les filles gardent leur foulard, ne vont plus à l'école et la Tunisie et la Turquie figurent parmi les pays où la parité scolaire est la plus mal respectée. On « espère » que, d'ici 2015, la parité sera obtenu dans l'enseignement primaire en Turquie et dans l'enseignement secondaire en Tunisie. Quant aux vertus prophylactiques de l'interdiction du voile pour contrer l'islamisme, il n'est que de regarder la situation turque (appliquant une « laicité de combat depuis 80 ans) ou la société tunisienne où le voile est désormais majoritaire dans les rues et où l'opposition islamiste (clandestine et impitoyablement pourchassée depuis plus de 20 ans) apparaît de plus en plus comme la seule “solution” à la dictature de Ben Ali.
Où l'on voit donc que laïcité ne rime pas forcément avec mixité ni avec démocratie.
à Lo Stesso
De jerome-g
09H45 | 27/05/2008 |
Sur le point de la parité scolaire je ne connais pas les chiffres mais pourquoi pas. Le voile est-il le seul facteur, peut-être pas. J'ai vu pas mal d'écoles marocaines où les jeunes filles n'étaient pas scolarisées mais par décision des parents, pour les utiliser comme main d'œuvre.
Par contre quand on me donne cet argument en France : « oui, tu comprends, ça va exclure ces jeunes filles, renforcer le communautarisme, développer les écoles privées musulmanes etc… » je trouve ça exagéré.
à jerome-g
De caro
délinquante avérée | 10H29 | 27/05/2008 |
vous ne trouvez pas exagéré que les jeunes filles voilées dans nos écoles républicaines refusent d'aller aux cours de biologie ou de gymnastique ?
Faudrait-il des programmes spéciaux pour jeunes voilées ?
à caro
De jerome-g
11H08 | 27/05/2008 |
Si si, ça me déprime, surtout dans des écoles françaises, c'est bien ce que je tente d'expliquer.
Mais quand on dit ça on nous explique qu'interdire le voile à l'école va stigmatiser ces filles, les exclure, les envoyer dans des écoles communautaires etc…
à Lo Stesso
De Gudule
10H25 | 27/05/2008 |
La laïcité est un principe, cela signifie que la religion est séparée de l'Etat. Qu'elle n'est pas pratiquée à l'école. Que les principes enseignés sont indépendants du dogme religieux. Cela est apppliqué à tous, sans exception (égalité), et logiquement, en frustre certains.
Le chanoine a déclaré il y a peu que « le curé,…, morale, que l'instit », tout le monde s'en souvient.
Moi ça me rend dingue une telle phrase.
D'ici quelques temps, l'enseignement privé sera financé par l'Etat, les écoles seront non-mixtes et les athées seront lynchés.
Si laïcité n'est pas synonyme de mixité et de démocratie, je ne pense pas que l'inverse soit nettement mieux. J'aurais tendance à penser que c'est pire.
à Gudule
De Rabah AIT MOUHOUB
11H19 | 27/05/2008 |
Gudule,
Oui l'ensignement privé, dit sous contrat, est financé par l'Etat.
1/ Les enseignants sont payés par l'Eduction Nationale.
2/ L'Etat et les collectivités locales, au terme de la Loi dite Falloux peuvent participer jusqu'à 10% du montant des investissements.
Sachant que dans le métier d'enseginer, le coût principal c'est celui de la main d'oeuvre (enseignants et non ensignants) et que dans ce coût la part des profs est prépondérante, je vous laisse mesurer à quel point l'Etat finance l'Enseignement Privé sous contrat.
Ah oui, j'oubliais l'Enseignement Privé sous contrat est dans son écrasante majorité, confessionnel.
à Rabah AIT MOUHOUB
De Gudule
12H32 | 27/05/2008 |
Oui, en effet, je viens de me relire.
Ce que j'ai voulu dire c'est que, bientôt, l'enseignement sera essentiellement privé. On commence d'abord par massacrer le public. On fait passer une loi sur la mixité. Etc.
On prépare le terrain pour un enseignement confessionnel et communautariste (dans ce qu'il y a de pire).
On est pas sortis de l'auberge.
à Lo Stesso
De louise2
14H40 | 27/05/2008 |
« Résultat : les filles gardent leur foulard, ne vont plus à l'école »
Où l'on voit donc que traditionalisme religieux, mixité et démocratie ne riment pas du tout ! !
Enfin ce n'est pas tout à fait vrai puisque parmi les pays (arabes) qui ont le meilleur indice de parité dans l'éducation on peut trouver le koweit et l'arabie saoudite .
Les moins bien notés sont le Yemen, le maroc, l'Egypte et la Syrie
Ah ! c'est compliqué, faut pas conclure trop vite…
à Lo Stesso
De mechante langue
15H49 | 27/05/2008 |
« Effectivement, la Tunisie et la Turquie ont interdit l'école aux jeunes filles voilées. Résultat : les filles gardent leur foulard, ne vont plus à l'école et la Tunisie et la Turquie figurent parmi les pays où la parité scolaire est la plus mal respectée »
Mais réellement vous dites vraiment n'importe quoi !
» Quant aux vertus prophylactiques de l'interdiction du voile pour contrer l'islamisme, il n'est que de regarder la situation turque (appliquant une « laicité de combat depuis 80 ans) ou la société tunisienne où le voile est désormais majoritaire dans les rues et où l'opposition islamiste (clandestine et impitoyablement pourchassée depuis plus de 20 ans) apparaît de plus en plus comme la seule “solution” à la dictature de Ben Ali. »
Donc pour lutter contre l'islamisme ..il faut adopter le programme islamiste .C'est ça ?
De louise2
09H21 | 27/05/2008 |
Pourquoi les déclarations de ces femmes ne m'ont pas éclairée ? (Encore une fois, je ne pars pas avec une certitude « pour » ou « contre » le voile, j'essaie de comprendre)
1. elles parlent de « choix vestimentaire contraire à la norme ». D'où les dérives classiques (j'ai discuté longuement avec des filles « musulmanes-voilées-féministes » et cette dérive arrive très vite) : pourquoi on peut porter un string et pas un voile ? Mais le coeur de la question n'est pas le vêtement ! Il ne s'agit pas d'une nouvelle mode…
2. elles disent : nous ne voulons pas nous justifier sur notre port du voile mais nous situer par rapport à la loi. Bizarre : peut-être cette loi est-elle mal fichue mais pour avancer il aurait fallu, au contraire qu'elles expliquent les raisons de leur choix ; C'est bien le coeur de la question. Autre dérive : la loi est liberticide, raciste, sexiste parce qu'elle m'empêche, moi une femme de « faire ce que je veux ».
3.La loi est raciste et sexiste « parce qu'elle a libéré la parole raciste et sexiste ». Mouais…On supprime la loi et la parole sexiste et raciste se tait ? Mouais…
4.elles disent : Il y a dans ce livre « une grande diversité » : des femmes jeunes vieilles, belles moches bêtes malines blondes et brunes. Mais il manque : les femmes qui ne veulent pas porter le voile, les femmes qui le portent « sous contraintes », les femmes entièrement voilées de noir, des pieds à la tête, visage caché et gantées » Bref c'est une diversité assez homogène au regard de la question.Est-il sûr que ce soit « les femmes qui portent le voile qui en parlent le mieux », comme nous le dit le titre de l'article ? En tout cas, cela mérite d'être justifié.
5. Elles disent : « au nom d'un certain féminisme, la loi etc… » Sauf que la loi -bonne ou mauvaise - n'est pas fondée sur le féminisme mais sur la laïcité. Et de cela on ne parle pas. Sauf pour dire « le droit de porter le voile doit s'accompagner du droit de ne pas le porter » Comment garantir « le droit de ne pas le porter » ?
Bref, je cherche à bien formuler le problème (ou la question) qui je crois devrait être formulé autour de la religion, de ses prescriptions de ses valeurs et de leur compatibilité ou non avec les valeurs et prescriptions de la laïcité.
Qu'en France on ait du mal à s'en sortir parce que notre laïcité s'est historiquement construite sur une lutte avec et contre la religion et les institutions religieuses, c'est sûr. Qu'on doive évoluer, c'est sûr. mais je n'aime pas beaucoup cette façon de tourner autour du pot et de faire dévier le débat en le centrant exclusivement sur : la liberté - entendue comme « je fais ce que je veux car je suis dans un pays libre et si vous n'acceptez pas, vous n'êtes plus un pays libre ».
De cooper59
pour la decroissance ! | 09H31 | 27/05/2008 |
Un peu plus d'opium et un peu moins de religion ! Ma conception est que tout le monde peux croire a ce qu'il veux mais qu'il le fasse en silence et sans gonfler les autres a longueur de temps , que les femmes se mettent un voile ou un piano sur la tete ça ne me derange pas plus que ça , tant qu'on ne me traite pas d'infidele ou d'impie ! Sans compter que tous ces soi disant croyants adorent le dieu Pognon et le venerent plus que le reste meme sans le savoir ! pas besoin de religion pour etre droit et avoir le sens de l'honneur , je me fous pas mal des radicaux islamistes ,des orthodo-sionistes , des radicaux chretiens neo cons , des temoins de jehovah et des adorateurs du balai brosse ou de la sorciere aux dents vertes ! Je demande juste plus de justice sociale et le respect pour tous , les « croyants » et les ultra capitalistes ( ça va souvent de pair , faut bien se donner bonne conscience) qui foutent le feu a la planete depuis trop longtemps devrait etre envoyés sur Mars le plus vite possible ! On aurait la paix ! quelle bande de blaireaux !
à cooper59
De jojo1er
10H02 | 28/05/2008 |
La religion n'est là que pour soumettre la part de population économiquement faible à la part de population la plus forte économiquement.
« Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d'un aiguille que pour un riche d'entrer au royaume des juste » (ou un truc approchant), c'est quoi si ce n'est du prosélytisme de la pauvreté…et dans quel but si ce n'est celui de laisser le gâteau aux autres ?
Jojo1er, …Ah le livre de compte du commerçant…
à jojo1er
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 19H13 | 31/05/2008 |
Dis-moi Jojo, je sais que c'est censé être « l'opium du peuple », mais tu crois vraiment que la théologie de la libération a anesthésié les foules ? La guerre de Canudos c'était pas mal aussi…
De Space Poupou
09H30 | 27/05/2008 |
Je ne veux pas surenchérir sur le fond de la question : quelques commentaires sur le reste :
1) Je trouve votre titre scandaleux, surtout dans le milieu du journalisme. Quand vous ferez un article sur les risques du nucléaire en France, écrirez-vous : « Les centrales, c'est EDF qui en parle le mieux » ? ! Non bien sur ! Ni même les écologistes ! Personne ne parle « mieux » qu'un autre ! La force du journalisme est dans la confrontation des sources et des points de vue !
2) Cet article, à travers les témoignages des auteurs du livre, donne une vision binaire de la situation, évacuant toute réflexion sur l'extrême complexité de la question du voile dans la société française. Les femmes voilées y sont présentées comme volontaires ou comme contraintes. Quid d'un siècle d'études sociologiques et psychologiques ? ! Tout est ici réduit au libre arbitre ! Les notions de contraintes sociales intériorisées sont ainsi mises aux oubliettes ?
Cet article m'a choqué. Donner la parole à ces femmes est une bonne initiative, mais faire preuve de si peu d'esprit critique est révoltant, surtout dans un journal de la qualité de Rue89… Les commentaires des internautes sont importants mais ne doivent pas remplacer le travail du journaliste ! ! !
à Space Poupou
De Arnaud Aubron
Rue89 | 09H51 | 27/05/2008 |
Ce titre n'était qu'une manière pour moi de souligner le fait que les femmes voilées n'avaient que très peu été entendues dans tout ce débat. Ce que soulignent également les auteures lorsqu'elles estiment avoir été caricaturées.
Sur le fond de l'article, il s'agit de témoignages. Nous n'interrogeons pas systématiquement la partie adverse lorsque nous ouvrons nos colonnes à l'une ou l'autre partie dans nos colonnes. Je vous accorde qu'une grande enquête sur le voile en France aurait été passionnante et qu'elle aurait trouvé sa place sur Rue89. Peut-être nous y attacherons nous un jour, mais tel n'était pas l'objet de cet article qui entendait s'arrêter sur une initiative que nous avons jugée intéressante. Maintenant, j'aimerais également comprendre en quoi la parole de ces femmes semble si inaudible vopire douloureuse à beaucoup de commentateurs. Par ailleurs le point de vue des partisans de la loi et des tenants du schéma victimes/terroristes me semble avoir été plus que largement relayé par nos confrères depuis quelques années pour que les lecteurs puissent se faire une opinion.
Je pense enfin, peut-être à tort, que l'article prend suffisemment de distance avec son objet pour rappeler qu'il ne s'agit ici que d'un point de vue, qu'il est discutable et que nous sommes ravis que vous le fassiez de la sorte.
à Arnaud Aubron
De Nicolaï Vsévolodovitch
custodiat | 10H29 | 27/05/2008 |
Je partage l'avis de space poupou concernant le titre. Il est très accrocheur et constitue une invitation à la polémique. En revanche, votre article est équilibré et permet d'engager une réflexion sur des bases saines.
Néanmoins, comme un certain nombre de commentaires l'ont indiqué, cet ouvrage n'offre qu'un point de vue très limité, puisqu'il donne la parole spécifiquement aux « femmes portant le voile volontairement et en ayant le sentiment que cela les libère ».
Le titre devrait donc être
« Voile : ce sont les femmes qui le portent volontairement qui en parlent le mieux ».
et là, apparaissent de manière insupportable les biais de cette enquête : en faisant des femmes « voilées et libérées » les porte-parole par excellence de toutes les femmes voilées, on risque de réduire au silence toutes les autres…
à Nicolaï Vsévolodovitch
De lautzig
14H03 | 27/05/2008 |
« Voile : ce sont les femmes qui le portent volontairement qui en disent le plus de bien ».