Les profs sont-ils victimes d'une crise d'autorité?

Conjoint d’une enseignante inquiète de son devoir de réserve, Fabien Wajeman, photographe, a rédigé ce texte à partir des commentaires et des témoignages qu’il a recueillis ces derniers temps auprès de ses proches travaillant dans l’Education nationale.

Et si le discours réactionnaire du gouvernement avait des effets inattendus sur les cadres de l’Education nationale?

Alors que la contestation grommelle dans les rangs des professeurs des écoles qui découvrent depuis quelques semaines le contenu des programmes scolaires de la rentrée prochaine, dans de nombreuses écoles de l’Hérault, l’autorité est de retour.

Les professeurs des écoles ont une situation très particulière puisqu’il n’existe aucun rapport hiérarchique entre eux et le directeur de l’école dans laquelle ils exercent. L’idée d’une réforme de cette hiérarchie visant à faire du directeur un supérieur hiérarchique semble être considérée comme un futur acquis par certains directeurs qui usent et abusent de leur autorité.

Enseignants destabilisés

Sous couvert de règlements pour le moins flous à ce sujet, ils n’hésitent plus à pratiquer l’autoritarisme, l’arbitraire, le harcèlement, les violences verbales, la diffamation à leur seul profit, déstabilisant des professeurs qui, au regard des familles, paraissent encore enseigner au mieux.

C’est avec une habilité particulièrement manipulatrice que ces « chefs » agissent dans des structures qui fonctionnaient très bien avant leur arrivée. Chaque jour, à travers de petits actes qui peuvent paraître de l’extérieur bien insignifiants, ils arrivent en peu de temps à pourrir le quotidien de l’école. Devant cette situation, les professeurs n’ont aucun recours. Pas de médecine du travail, pas d’inspection du travail, toute revendication ou alerte doit passer par le directeur pour être adressée à l’inspection de l’Education nationale, alors les oublis, les retards s’accumulent en toute discrétion, sans preuve.

Il est facile pour le directeur de refuser d’accuser la réception d’un document à transmettre, si les règlements ne le prévoient pas. D’autant que pour ces personnes, le
règlement et la responsabilité sont des maîtres mots. Pour de nombreux professeurs, le directeur est l’animateur d’un projet scolaire, il assure les taches administratives, il est le référent auprès de la hiérarchie et contribue par son action à dynamiser la vie de l’école. Est-ce déjà devenue une utopie, un rêve passéiste?

Un discours sur l’autorité et le respect qui fleure bon les années quarante

Mal être, démotivation, absentéisme ne vont manquer d’être la conséquence de ces actes, quand la vrai hiérarchie enfonce le clou. Absence ou désintérêt de la question de la part de l’inspection de l’Education nationale qui déclare soutenir « becs et ongles » le directeur, et lynchage en règle par l’inspection académique qui, au travers d’un rappel au règlement, tient un discours sur l’autorité et le respect qui fleure bon les années quarante, époque où les valeurs de la France n’étaient plus Liberté, Égalité, Fraternité.

« Vous devez obéir à votre directeur, vous lui devez le respect » est un ordre difficilement acceptable à recevoir quand le directeur en question semble ignorer les mots respects, courtoisie et fraternité. A l’appel du président de la République, chacun pourrait faire le vœu de l’excellence, mais ces situations n’ont pour effet qu’augmenter un malaise déjà ressenti par les enseignants face au dialogue de dupe que propose le ministre de l’éducation.

Comment en effet considérer qu’il y a dialogue possible dès lors que les réunions d’informations pour les programmes 2008 se font après l’impression des manuels scolaires. Comment imaginer que nos enfants pourront acquérir les valeurs morales qu’y pourraient avoir cours en classe, si les adultes garant de cette transmission sont victimes durant la classe même, d’impolitesse et de violence de la part de collègues autoritaires?

Le gouvernement oublie les hommes, derrière les programmes

Il ne suffira pas de réformer le contenu des programmes, encore moins de réduire les postes pour que l’enseignement progresse. Il apparaît encore une fois que le gouvernement oublie que ce sont des hommes qui constituent la fonction publique. Il ne suffit pas de changer le contenu, pour que le contenant évolue, surtout quand on lui applique une logique comptable et réglementaire qui fait de la valeur humaine, un accessoire et non un élément essentiel que la hiérarchie entière devrait soutenir.

Encourageant le retour à la moral, certains ont aussitôt fait le retour vers ce temps où au garde à vous, les yeux sur la pointe des chaussures, il fallait obéir et faire, sans réfléchir.

Il n’est pas certain qu’à terme la formation des élites y gagnent, à moins que celles-ci ne soient déjà à l’abris, usant de réseaux d’influences auxquels les enseignants n’ont pas accès, mais ce qui est certain c’est que le malaise des professeurs placés à corps défendant dans cette situation ne fera rien pour améliorer la qualité de l’enseignement qu’on est tous en droit d’espérer pour nos enfants!


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15H05 26/05/2008

Merci pour cette analyse.

Vite, lire Philippe Meirieu et Pierre Frackowiak, « L’éducation peut-elle être encore au coeur d’un projet de société ? » qui répond, au moins sur le papier, à certaines interrogations que vous soulignez. Mais aussi lance des pistes sur la redéfinition des hiérarchies et des rapports entre enseignants et familles.

Toute l’école est à reconstruire, ceux qui disent le contraire se trompent, mais ça ne veut pas dire que tout est à jeter, et surtout il ne faut pas pour autant cautionner Darcos : ce qu’il cherche, avec Sarkozy, c’est à casser les syndicats et le service public, en tout cas pour les pauvres.

 
martha | Enseignante à la Réunion
07H27 27/05/2008

suggestion : adhérer à un syndicat , peu importe lequel à la limite, est le meilleur moyen de renforcer leur rôle de contre pouvoir. Malheureusement, il y a de moins en moins de cotisants.

 
Oxy-more | acrobate au cirque darcos
23H16 27/05/2008

avec Meirieu comme guide nous ne sommes pas rendus! il fait partie de ceux qui ont pondu les instructions stupides et stériles qui ont conduit aux résultats actuels avec une démobilisation des enseignants devant une accumulation de projets bidons enrobés dans des tonnes de paperasses.

 
17H04 28/05/2008

Je ne crois pas qu’il faille avoir un guide : lisez-le et reparlons-en.
lisez aussi Antoine Prost http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/05/28/un-munich-pedagogique-…

Méfiez-vous le populisme enseignant existe aussi.

 
15H10 26/05/2008

Autre idée que montre avec force cet article : la maladie des petits chefs, héritage d’une construction sociale pyramidale, la République des Napoléons en quelque sorte.

Et pour répondre à votre dernier paragraphe : bien sûr que les élites s’en sortiront, elles s’en sortent déjà allègrement (si je puis dire). C’est aussi l’élitisme qui devrait être remis en cause, d’ailleurs, dans notre système scolaire.

Les deux (république bonapartiste, élitisme) étant liés ?

Merci pour cette synthèse de témoignages en tout cas.

 
15H18 26/05/2008

Tout à fait d’accord avec vous. les petits intendants compulsifs, quelle engeance. Du Second Empire à la managérite contemporaine, c’est un cancer nuisible. Quand il serait si simple de se gérer sois-même, anarchie responsable et sans constable…

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/12/l%e2%80%99anarchie-est-elle-p…

Paul Laurendeau

 
16H00 26/05/2008

Cela fait plusieurs fois que je vois dans des commentaires liées à l’éducation des phrases similaires à votre « c’est aussi l’élitisme qui devrait être remis en cause, d’ailleurs, dans notre système scolaire ».

J’aimerais savoir ce que vous entendez par là. Faut-il selon vous remettre en cause les processus de créations des « élites » (classes préparatoires, grandes écoles, etc…) ?

 
16H15 26/05/2008

Je pense qu’on doit remettre en cause le principe de la sélection systématique par les examens et les concours : ne pas laisser passer tout le monde certes, mais ne pas exclure sur la seule base d’une épreuve écrite ou orale, ne pas se limiter à une seule forme d’évaluation des élèves / candidats… (voir aussi la fin du petit livre de Meirieu-Frackowiak et son site)

Vous avez raison, c’est plus facile à dire qu’à faire en y réfléchissant. Et j’ai quelque chose sur le feu…

Quant à supprimer les classes prépas, disons que les intégrer un peu aux universités serait plus juste et profitable pour les unes comme pour les autres. Mais je n’ai pas non plus beaucoup réfléchi aux modalités.

 
16H39 26/05/2008

Okay, je vois un peu mieux. Enfin, il faudra que je m’instruise un peu plus sur Meirieu au vu des occurences répétées de son nom dès qu’on parle de système éducatif.

 
16H59 26/05/2008
 
martha | Enseignante à la Réunion
07H29 27/05/2008

On invente l’évaluation continue ?

 
18H19 27/05/2008

L’élitisme c’est d’avoir pondu ces programmes en faisant croire que les enfants en difficulté (issus majoritairement de milieux pauvres)avaient seulement besoin d’un retour aux « fondamentaux » pour devenir meilleurs comme si les fondamentaux avaient été exclus de l’école et que seules la grammaire, la conjugaison et les opérations étaient dignes d’être enseignées à l’école, le reste étant du superflu, reste qu’évidemment les gosses des milieux plus favorisés recevront à l’extérieur de l’école.
L’élitisme, c’est faire croire que les apprentissages mécaniques sauveront le bon peuple et laisser les milieux plus favorisés accéder aux études supérieures qui demandent de l’autonomie et de la réflexion.
L’élitisme c’est faire en sorte que les gamins qui réussiront seront ceux qui étaient programmés pour!

 
18H38 26/05/2008

C’est surprenant le nombre de vocations de Nérons de sous-préfecture que ce gouvernement fait naître et s’épanouir.
Le salut de l’école - puisqu’ici il s’agit d’elle - viendra d’une rupture aux antipodes de celle que souhaitent les « élites » en train de sévir actuellement.

 
20H50 26/05/2008

Bon. Vous avez des plans Jonas2 ?

 
22H43 26/05/2008

M’enfin Kawouede, une rupture y’a rarement un plan. Rupture de barrage, rupture d’anévrisme, rupture de bans…

Y’a bien parfois des signes avant-coureurs mais, le plus souvent, la caractéristique d’une rupture c’est la soudaineté, l’imprévisibilité. Là, en l’occurrence il y a comme qui dirait des signes avant-coureurs.

En clair, ce sont ceux qui planifient qui vont manger chaud ce qu’ils n’avaient pas planifié.

 
00H31 27/05/2008

Ben c’est ce que je me disais aussi. Bref, on va l’attendre ensemble.

 
15H17 26/05/2008

Ce cher ministre Darcos, va faire comme la plupart des ministres de l’éducation. Il va nous la faire sa réforme, et le prochain ministre voyant le résultat, va vite corriger la dérive (si dérive il y a). Et on va revoir des défilés, des mécontents… cela dure depuis De Gaulle je crois.
Les sempiternelles (100 piternelles) réformes de l’éducation.
Les plus grosses farces de la République, ces farces devraient être primées à Cannes. (grand prix d’interprétation, et des meilleurs scénarios)

Qui a conscience qu’on joue avec l’avenir du pays??
l’éducation forment les futurs citoyens, les futurs cadres, techniciens, ouvriers (en un mot son avenir).

et l’on veut que les profs aient de l’autorité….comment en avoir avec tout cela.

 
magda | ingénieur
15H52 26/05/2008

Si, je pense que bien nombreux dans l’élite sont conscients de ce qu’il désirent. Car leur France de demain ne veut plus de cadres, techniciens et ouvriers. Pour cela ils ont le choix : Chine, Inde, Bangladesh …..
Les enfants de l’élite à la française se sont installés dans l’héritage familial, à la place des chateaux et leur domaine ils héritent du fauteuil de papa/maman. Ils n’ont besoin de rien d’autre que de serviteurs.

 
00H04 27/05/2008

magda
C’est tout à fait ce que je pense et ce serait parfait si tous les cadres, techniciens, ouvriers et autres bonniches du grand capital s’en rendaient compte.

 
00H32 27/05/2008

une sorte de mai 68, mais sans la CGT, Mitterrand et le PCF pour leur dire de reprendre le boulot ?

 
magda | ingénieur
13H45 27/05/2008

Le problème de la France (qu’elle soit celle des cadres, des techniciens ou des ouvriers, mais il y a bien d’autres catégories) est qu’elle n’arrête pas de se pencher sur son mai 68, sur son de Gaulle, le mitterrandisme, sur ses historiettes locales qui n’ont aucun cours dans ce qui se passe dans le monde. Mais dans le reste du monde ce n’est pas différent.
A titre d’exemple je vous donnerais le cours de l’histoire dans les pays de l’Est.
Là bas on arrête pas de parler du communisme aux gens qui s’en foutaient éperdument (ou qui en saisissaient l’opportunité, selon le cas) dans leur grande majorité, car ils n’étaient pas communistes. Ils avaient bien du mal (sauf peut être en URSS, à en saisir le sens).
Marx était trop lourd à comprendre et le lien entre lui et le discours des régimes en place plus impénétrable que les voix de Dieu.
Dans ces pays on remonte à l’histoire de l’entre deux guerres dans le « faire rêver » les peuples et pendant ce temps une autre histoire que nul ne comprend dans ces mêmes grandes masses populaires s’installe à leur insu, elles qui rêvent encore sur le modèle des productions hollywoodienne des années 80’ et d’un capitalisme fantasmé.
La France est en train comme tout le reste du monde de payer le prix d’une politique choisie par les élites et dont ces mêmes élites ne savent plus se dépêtrer. L’UE qui était le rêve lucide de De Gaulle pour sauver la mise de l’Europe après la deuxième guerre mondiale a du plomb dans l’aile, elle est devenue le contraire de son but initial et la fin de nos rêves.
Les enseignants et les élèves en paient le prix de cette rupture de la nouvelle société avec les valeurs humanistes. Et quelque part sur notre trajet nous sommes tous élèves et éducateurs. Si nous lâchons l’école pour des raisons aussi égoïstes que le prix à payer pour sa qualité, nous nous trahirons nous mêmes.
Ce qui n’empêche en rien la nécessité d’une reflexion sur l’objet et les manières d’enseigner.

 
Schrödinger | quark
16H54 26/05/2008

Et que doit-on conclure de cet article? Qu’une action concertée visant à déstabiliser les professeurs est menée par les directeurs? Mais dans quel but? Et concertée par qui? Syndicats? Hiérarchie?

Fumeux tout cela.

 
coraliedd | retraitée mais très intéressée
22H02 26/05/2008

Tout simplement c’est une conséquence de la création de « petits chefs » que de provoquer la destabilsation des professeurs (leurs inférieurs hiérarchiquement).
C’est bien connu: donnez des pouvoirs à quelques uns et la plupart en useront pour leur propre satisfaction et non pour l’intérêt général?
Comment les SS utilisaient-ils les prisonniers coopératifs comme Kapo?
Comment notre président a-t-il recruté ses ministres?

 
17H15 26/05/2008

Ce qui m’inquiète justement, c’est le coté « fumeux » l’attitude déstabilisatrice, harceleuse est toujours fumeuse, c’est à dire qu’on n’est déjà pas sûr de son existence, alors en définir le but devient très difficile.
On est sur du ressenti, les profs cependant, sont dans le colimateur du pouvoir, ils contestent, le pouvoir n’aime pas ça.
Ce qui m’inquiète aussi, c’est que cet article me fait penser à ce qui se passe dans l’entreprise, sauf que dans l’entreprise, le lien hiérarchique est normalement clair - sauf quelquefois, lorsqu’on veut déstabiliser un cadre par ex. On met « sous ses ordres » un cadre de même niveau, voire de niveau supérieur au sien, et on regarde. Forcément, quelque chose va se passer.

Mais revenons aux enseignants, n’a-ton pas entendu dire, il y a quelques mois que les profs devraient être payés au résultat ? La culture de l’objectif intègre parfaitment et de manière sournoise le harcèlement comme méthode de management……Ne cherche-t-on pas à déstabiliser toute une catégorie professionnelle ? Rien ne m’étonne dans ce domaine….

 
00H21 27/05/2008

L’école publique dans l’esprit de nos dirigeants actuels est faite pour « le bon peuple », soit la masse de ceux qui n’ont pas « vocation » à devenir des élites.

Bien sûr du bon peuple peut sortir, avec la bénédiction des élites, quelques cas de réussite sociale mais ces cas ne représentent que la partie nécessaire à la satisfaction de leurs espoirs, une sorte de loto voulu par la classe dirigeante.

D’où l’ouverture des classes prépas ou de science po et autres ENA aux étudiants issus du « peuple ».
Ces miettes n’ont pour but que de préserver la paix civile en accordant un minimum d’avantages à ceux qui, au fond, créent les richesses et qu’il ne faut pas complètement désespérer.

Dans cette lutte les enseignants sont en première ligne et tout est bon pour les casser, y compris en se servant de certains d’entres eux qui, soit ne comprennent pas la manoeuvre politique, soit la comprenant, y trouvent leurs intérêts et en cela le terme de pauv’con leur va à merveille.

 
18H57 26/05/2008

Darcos
Décentralisation
Etablissements publics d’enseignement primaire

Il s’agit de casser le service public.

I commenc’ a yanavoir mar de repeter la mêm chos’.

Quand cessera le bla bla, elle commencera, la résistance.

 
skalpa | actif et militant ?
19H39 26/05/2008

!!!!ATTENTION PAVE DANS LA MARE!!!!

Les profs sont-ils victimes de la crise des compétences?
Autrement dit, l’autorité sans compétence ce n’est que de l’autoritarisme!!!

Les seuls profs qui étaient écoutés étaient ceux qui nous donnaient envie d’apprendre…
Les autres, ils n’avaient aucune autorité!

Remettons la personne au centre de l’enseignement, c’est paraît-il au programme depuis 1989, mais alors que c’est à peine appliqué, on veut déjà l’effacer!

Et que vive les pédagogies nouvelles!

http://kprodukt.blogspot.com

 
20H51 26/05/2008

Lisez le petit livre de Meirieu que je mentionne plus haut : il revendique et assume la paternité de la réforme lancée en 1989, mais objecte qu’elle n’a pas eu le temps et la possibilité d’aboutir, et qu’elle a été radicalement remise en cause depuis 2002 (par de Robien puis Darcos surtout)

 
19H46 26/05/2008

darcos : karchérisateur de l’enseignement publique ! quand la racaille prend le pouvoir ! quand aux petits chefaillons aux ordres , payés pour faire du mal maintenant ils sont dans l’école , exerçant leurs « talents » contre l’humain .. l’ump à 3 porte- paroles chargés d’envahir les médias pour faire passer leur pub appelée réforme .et ça marche .!!

 
21H48 26/05/2008

les profs, comme la france, sont victimes de SarkoL’UMP de Nagy Bosca.
L’autorité d’un pantin!

 
23H21 26/05/2008

Et des autres avant lui, Le Serial Predator n’étant en rien un précurseur,mais certes,tout le monde sait qu’on peut envoyer le GIGN pour déloger des grévistes dans ce beau pays…d’après les annonces de manifs que tu relaies sur le site (au passage,tous mes compliments pour ça),tu dois être bien placée pour le savoir..mais tu sais,c’est pas de sa faute au Petit,il est traumatisé:
Pépé chassait le Turc en son temps,c’est comme ça qu’il a gagné son nom de faux noble,(ça doit être des vertus familiales chez eux la haine,le hargne et l’imposture.) Papa plus tard,après avoir fui les Soviets parce qu’ils étaient probablement cannibales (et un petit passage à la légion étrangère comme beaucoup des leurs qui avaient levé le bras un peu trop haut à une époque (j’en ai connu qui ne s’en cachaient pas il y a longtemps)), le Petit,après son diplôme de valet de la finance chasse le contestataire avec arrogance et domestiques,et peu importe l’emploi que celui ci aura occupé avant de devenir esclave au RSA ou retraité indigent parce que l’important c’est le hochet qu’on agite pour arriver à leurrer le pov’con…
Epoque de merde…continue quand même Marie,c’est toi qui raison!!!

 
00H27 27/05/2008

NuklearCocroach
Message un peu « hard » mais comme le fond est bon j’ai mis 4 pastilles.

 
Naradamuni | sans
22H34 26/05/2008

Article 1
J’accepte La compétition comme base de notre système même si j’ai conscience que cela engendre frustration et colère pour l’immense majorité des perdants.

Article 2
J’accepte d’être humilié ou exploité à condition qu’on me permette à mon tour d’humilier ou exploiter quelqu’un occupant une place inférieur dans la pyramide sociale.

——————————————————————————————
Après T$arcos la grenelle de l’anon,
La buissonniére sauvage envisageons

Plus de moulins pour nous rouler
Plus de poussières dans leur prières
Ouf, enfin, vide et vacant

Plus d’anonyme derrière l’écran
Chacun défendant à ses dépends,
Comme si d’or était sa prison ,

Et sous ses ordres et ses missions
D’inculcation et de confort maton
Un jour victime, un jour bourreau

Un autre jour sauveur, la vocation!

Libéré d’enseigner à coup de talon
Quand le bénéfice est l’étalon
Le barbelé entre en fonction

Marcher au pas devient leçon
Lever drapeau chanter canons
Karchériser les sauvageons

Tous ces symboles et soustractions
Au pire pérorés, pour le meilleur
Sont ils forcepsement bon ?

Où sont buissons sentant si bon
Bruissant au coeur de l’unisson
Là, quand libre est l’imagination.

 
Izabelle | en formation
23H36 26/05/2008

A lire les commentaires, personne n’est dupe : c’est la casse du service public qui se dessine et la gestion de l’école comme une entreprise.
Une prof me disait : »18 heures de cours, c’est autant d’heures de préparation, sans cesse en tension. Il faut être attentif pour mener la classe, l’intéresser. Pas le temps d’envoyer un mail aux copains, ni de répondre à un texto ».
D’autre part, dans les universités, la bivalence est déjà mis en place. Dans les concours universitaires, je crois, pour le CAPES et l’AGREG, il faut présenter 2 matières. Donc un prof aura deux fois plus de boulot, à l’avenir.
Quant à la crise d’autoritarisme aigüe qui sévit ça et là, est-ce le fameux « liquidage de mai 68 » qui pointe le bout de son nez ?
Mais Fabien Wajeman, les proviseurs sont-ils dupes ? Vont-ils tous se transformer en directeurs d’entreprise ? Ce directeur dont vous parlez est-il une exception ou avez-vous d’autres exemples sous le coude ?
S’il y a des proviseurs dans la salle, je serais contente de lire leurs réponses.

 
martha | Enseignante à la Réunion
07H14 27/05/2008

Un prof aura deux fois plus de boulot ? pas sûr,
par contre il aura deux fois moins d’élèves ( ou de classes)puisqu’il aurait la même classe dans deux matières et ce n’est pas forcément mauvais d’avoir moins de prénoms à retenir et de connaître mieux les élèves ( et inversement). Je pense à ceux qui ont plus de 6 classes voire parfois 19 dans certaines disciplines.
Quant aux cours et corrections , pourquoi y en aurait-il plus? ce ne sera pas le même contenu, c’est tout.

 
01H09 27/05/2008

Izabelle
Non ce n’est pas la casse du service public qui se dessine mais c’est la mise en place d’un service minimum pour le public.

Un service minimum destiné à fournir aux grandes entreprises la main d’oeuvre et les cerveaux dont ils ont besoin et aux grandes familles, la valetaille nécessaire à leur bien être.

Les « élites » se réservant les écoles de prestige en acceptant néanmoins en leur sein quelques cas isolés provenant des « couches inférieures » pour bien montrer que l’enseignement fourni par la République est le même pour tous. Ces cas « alibis » sont déjà en place et font souvent l’objet d’émissions TV notamment sur TF1.

Et personne ne se rend compte que ces cas « alibis » n’existent que pour cacher la profonde injustice qui frappe le peuple tout entier. Ce système est déjà en place et le gouvernement UMP ne cherche qu’à l’améliorer en faisant en sorte que les petits soldats n’apprennent que ce qu’il leur est nécessaire pour remplir leur fonction qui est de SERVIR.

 
magda | ingénieur
14H28 27/05/2008

Bonjour Servais-Jean
Ce n’est pas pour vous rendre la politesse que je réponds à votre commentaire, c’est du fait de ma propre expérience avec les « moutons égarés » dans les écoles de prestige.
Premièrement, pour que les enfants des « couches inférieures » accèdent à cet environnement supérieur de l’enseignement, il faudrait que l’enseignement publique les préparent, leur montre la voie, à eux et à leurs parents.
Ce n’est pas le cas dans la grande majorité des écoles et pour cause, les enseignants eux même n’ont pas eu accès à cette voix, les parents dans leur immense majorité ne connaissent même pas l’existence.
Ma fille a suivi le parcours des cours préparatoires aux concours des grandes écoles (CPCGE), elle a même intégré la « classe étoile » en deuxième année de ce parcours, c’est à dire les meilleurs des meilleurs.
Mais en fin de course elle est partie travailler au Mexique. La plus part de ses collègues étaient fils de patrons ou de très hauts fonctionnaires et leurs place était préparée et gardée, à l’avance, les résultats n’y étaient pour rien.
Elle n’avait pas de réseau, elle avait des capacités et que de voies de garage en perspective.
Alors, tout à fait d’accord avec vous, des jeunes gens issus des « couches inférieures » et dont on nous vends les succès ne sont que des « alibis » d’un système d’apartheid social.

 
martha | Enseignante à la Réunion
07H23 27/05/2008

Les petits chefs ont toujours existé, après la question qui se pose est :  » sont-ils soutenus par leur hiérarchie? »
C’est à dire dans ce cas : l’inspecteur.
et je m’étonne de ne pas entendre parler des syndicats: c’est quand même leur boulot de défendre, conseiller , soutenir les personnes victimes de crises d’autoritarisme.
Et l’Autonome de solidarité ? S’il y a harcèlement, elle peut conseiller très utilement.
Après peut-être que çà ne mérite pas tout çà, un directeur d’école n’a aucune fonction hiérarchique sur ses collègues.
Sinon, un conseil : demander une mutation et la fonction de direction, c’est le meilleur moyen de ne pas avoir un petit chef. Après tout , les candidats ne se bousculent pas.

 
07H27 27/05/2008

attention à ne pas tout mélanger non plus!! « LES » directeurs, n’est-ce pas là un peu généralisateur?
Je l’ai été pendant 3 ans et n’ai pas souvenir d’avoir traumatisé quiconque, je le suis de nouveau pour remplacer une collègue en arrêt très longue maladie et je n’ai pas pour but de tout régenter.
Qu’il y ait un statut à trouver pour les directeurs, c’est probable : les responsabilités ne cessent d’augmenter, sans que les moyens ne leur soient donnés, comme partout d’ailleurs!
LEs réunions qui s’accumulent, les papiers administratifs à faire en plus de sa classe,la gestion du quotidien (appeler la mairie pour la fuite…) les décisions à prendre…. et j’en passe!
Il y a certainement des directeurs (certainement le même pourcentage de cons que partout) qui se prennent un peu trop au sérieux et qui abusent de leur semblant de pouvoir, mais j’ai vu aussi des écoles où les adjoints pourrissaient la situation en arguant du fait (tout à fait exacte que le directeur n’a aucun statut hiérarchique) en refusant de faire leur temps de service de concertation, j’ai vu aussi des adjoints se servir de leur directeur comme d’une bonne à tout faire (exiger qu’il prépare leur sortie scolaire, qu’il organise leur classe de découverte….)
Juste pour dire que des petits chefs, certes il y en a, mais qu’il ne faut pas généraliser non plus!
Personne ne veut être directeur de nos jours, c’est bien la preuve que les avantages sont certainement minimes!
Quand à la femme de l’auteur, qu’elle contacte directement sa hiérarchie, l’Inspection…il n’y a pas de devoir de réserve si elle s’adresse à son inspecteur.

 
cverine | fée en berne
08H30 27/05/2008

Ah, et dire que j’ai osé répondre à l’oral de conseiller principal d’éducation,(en réponse à la question « comment voyez-vous votre relation avec un chef d’établissement? »:
Je la conçois loyale,(…) sans pour autant être obséquieuse!!!
Et d’entendre « Mais comment,vous assimilez la loyauté à de la soumission?!!! »
Que nenni mon brave (ça je l’ai pas dit mais ça m’a démangé!!!), »il me semble que lorsque une décision va à l’encontre de l’intérêt des élèves, je dois être en mesure de le faire savoir honnêtement et bien entendu sans véhémence(ah mon satané attachement à l’impératif catégorique de Kant)!!! »
Résultat: Pas d’Institut d’Uniformisation Fallacieuse et Méthodique (de la pensée) pour l’année prochaine!!!
Et finalement je le vis plutôt bien!!!

 
10H44 27/05/2008

On n’apprendra rien en disant que le service public d’éducation n’est pas constitué seulement de profs.
Il y a aussi du personnel administratif.
Normal, dit mon voisin qui vit en République…mais, s’il n’y a plus de République, ajoute-t-il nous n’avons plus besoin d’inspection académique.

C’est ce qu’ont compris les personnels de l’I.A. de notre département qui conscients des politiques de privatisation (agcs) appliquées de nos jours (rgpp),disent qu’ il est venu le temps d’entrer en résistance et à cette fin, chaque mardi entre 12 et 14h les voilà dans la rue devant leur édifice a diffuser leur édifiante nouvelle.

 
mamahuhu | enseignant
15H18 28/05/2008

je trouve ca vraiment nul de dire que l’ensemble des directeurs d’ecole se sont transformes en petits chefs harceleurs sous l’influence de Sarko et sa troupe! Il n’y a pas beaucoup de gens qui veulent bien faire ce metier ingrat et c’est pas parce que l’epouse de l’auteur est tombe sur un specimen de ce genre qu’on a le droit de vouer aux gemonies l’ensemble des diretceurs et diretrices de FRance et de Navarre! Ca montre que l’etroitesse d’esprit n’est pas toujours la ou on la croit….

 
Julos | ex E.N
21H55 29/05/2008

Comme indiqué à droite de mon pseudo, je suis un ex de l’E.N, depuis peu de temps mais ex tout de même … Et j’ai une grande fille instit … histoire de rester jeune ;-))

J’enrage de voir dans quel sens évolue cette pauvre éducation nationale, et je plains sincèrement les collègues en activité, de la maternelle jusqu’au lycée. Je me dis que les établissements où, pour des raisons diverses, aucune équipe n’arrive durablement à se constituer, ce doit être très vite l’enfer.
La caporalisation est en marche, et ça ne date pas d’hier, mais la Droite est pressée de mettre les profs au pas ! Quel pied se serait pour elle d’y parvenir enfin ! Je rappelle à nos jeunes collègues qu’un projet de « maîtres-directeurs » avait failli passer sous le ministère Monory (1987) ! Transformer les écoles maternelles et élémentaires en PME sous la férule d’un petit chef, aux ordres d’un inspecteur (des travaux finis ?), lui-même piloté par l’I.A, sorte de colonel du régiment !!!

A ceux qui pourraient penser que la sénilité me gagne et avec elle, une certaine démence, je voudrais terminer par une anecdote toute personnelle. Lors de mon service militaire, j’ai eu l’occasion de discuter un jour avec le capitaine de ma compagnie qui voulait faire de moi un sergent contre mon gré. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je l’entendis me suggérer qu’après tout, moi l’instit et lui le militaire nous faisions quelque part le même métier …
Repos sergent !