Ce lundi 25 mai à 0h53 GMT, le vaisseau spatial automatique Phœnix s’est posé au pôle Nord de la planète Mars. Son but est d’y détecter la présence d’eau c'est-à-dire d'un milieu favorable au développement d’une forme même rudimentaire de vie. En vue d’une future mission habitée Phœnix doit aussi vérifier l’hospitalité de cette région grâce notamment à cette eau mais aussi en en connaissant mieux le climat.
Vue d'artiste des pannaux solaires de Phoenix
(NASA/JPL-Caltech/University of Arizona)
De longue date, la question de savoir si nous avions des voisins sur la planète Mars a passionné l’humanité. La qualité des images observées au moyen des anciens télescopes était assez médiocre, au point que certains ont pensé apercevoir des canaux sur Mars. Les plus enthousiastes ont même cru que ces canaux étaient l’œuvre de créatures intelligentes.
L’amélioration des optiques a malheureusement démenti cet espoir. Plus décevant encore, les sondes spatiales, notamment le Viking qui s’est posé sur Mars en 1976, n’ont révélé qu’un désert rocailleux, froid et surtout absolument sec, c'est-à-dire un milieu hostile à toute forme de vie même élémentaire.
Des étendues de glace d’eau « sousmartienne » de la taille de la France
Plusieurs événements ont néanmoins redonné espoir quant à l’existence d’une vie possible sur Mars dans un passé encore difficile à évaluer. D’abord, fin 1984, des chercheurs de météorites découvrent dans l’Antarctique ALH84001, un objet d’origine martienne vieux de quatre milliards d’années, qui contient des structures microscopiques en forme de tubes. Avec raison ou non, certain paléobiologistes y voient les restes fossilisés d’une vie bactérienne.
Ensuite, en 2004, les deux robots d’exploration martienne Spirit et Opportunity découvrent dans le sol de Mars de l’hématite, un minerai de fer dont la formation peut supposer la présence d’eau liquide dans le passé. Au cours de ces deux dernières années, la sonde Mars Odyssey, en orbite autour de la Planète rouge, repère par analyse spectrométrique des dépôts salins de chlorures qui ne peuvent s’être formés qu’en présence d’eau liquide.
Enfin, récemment, la sonde MRO, aussi en orbite autour de Mars, vient encore d’apporter un argument en faveur de cette présence d’eau dans les profondeurs du sol martien : en profondeur, ce sol est plus froid que calculé et un examen au radar laisse supposer sous les calottes polaires martiennes des étendues de glace d’eau « sousmartienne » de la taille de la France.
Ce sont ces arguments et bien d’autres qu’il serait trop long de développer dans cet article qui ont amené les chercheurs de la Nasa et de différents instituts à mettre sur pied le programme Phœnix. C’est la région du pôle Nord martien qui a été choisie comme lieu d’exploration pour deux raisons. D’abord, à cause de cette présence avérée d’eau mais aussi parce que, grâce à cette eau, on peut espérer y trouver les traces d’une vie actuelle ou passée.

Jusqu’il y a peu, beaucoup estimaient que la vie ne pouvait ni exister ni se maintenir dans ce qu’on appelle des milieux extrêmes, c'est-à-dire des endroits où la température est très basse ou très élevée ou encore dans des lieux où l’eau n’est présente que sporadiquement.
Mais, sur notre Terre, on a trouvé des organismes capables de supporter sans problème apparent de telles conditions extrêmes. Baptisés extrêmophiles, ces organismes sont évidemment particulièrement résistants à toutes sortes d’agressions de la part du milieu. C’est aussi une des raisons du choix du pôle Nord martien comme destination.
Certains chercheurs pensent en effet que, comme sous ces latitudes, les conditions climatiques ont toujours été plus agressives que dans les autres régions de la planète, les organismes qui auraient pu s’y développer un jour auraient dû être particulièrement résistants et que donc, ils auraient encore des chances d’y survivre aujourd’hui, éventuellement sous une forme dormante. Sur Terre nous connaissons bien des bactéries qui sont restées dormantes pendant deux millions d’années et qu’un retour à un environnement favorable a réactivées.
Certains ajoutent que, même si ces organismes sont morts, le froid intense a pu maintenir leurs matériaux dans un état de conservation suffisant pour qu’ils puissent être analysés. Si Phœnix en découvre, nous pourrons donc peut-être savoir si leurs protéines sont formées des mêmes acides aminés que les nôtres et si ces acides aminés sont, comme les nôtres, lévogyres ou si, au contraire, ils sont l’image des nôtres dans un miroir. Savoir aussi si, à ces protéines est associé un code génétique et, dans l’affirmative, si leur blue print utilise le même langage que notre ADN.
La présence de cette eau sous les calottes polaires martiennes est également intéressante en cas de mission habitée vers Mars. En effet, même si elle est recyclée en permanence dans les vaisseaux spatiaux habités, l’eau n’en constitue pas moins une charge importante à déplacer et donc du carburant à consommer. En trouver sur Mars pour pouvoir l’utiliser sur place et pendant le voyage de retour représente donc un avantage considérable. En cas de mission de longue durée, cette eau permettrait même de développer localement une agriculture limitée sous verre.
295 jours de la Terre à la planète Mars
Conçu et réalisé par le JPL et Lockheed Martin, Phœnix avait été lancé de Cap Canaveral le 4 août au moyen d’une fusée Delta II. Le vaisseau a mis 295 jours pour effectuer de voyage de la Terre à Mars à une vitesse de l’ordre de 21000 km/h. Ce dimanche, alors que sur Terre se déroulaient les 500 miles d’Indianapolis, Phœnix parcourait encore cette distance en seulement 2 minutes et 22 secondes.
Sitôt les contrôles de routine effectués, Phœnix se mettra au travail pour une durée estimée à trois mois terrestres. Pour rappel, en 2004, la mission du Spirit et de Opportunity avait été estimée à quatre mois. La fiabilité de ces deux machines est telle que, malgré des conditions climatiques parfois catastrophiques, notamment une tempête de sable qui a duré près de quarante jours, ils sont encore au travail actuellement et fonctionnent encore presque parfaitement, suffisamment en tout cas pour effectuer à la perfection les travaux commandés par la Terre.
Au moyen d’un bras robot terminé par une pelle mécanique, Phœnix creusera le sol martien jusqu’au permafrost, à une profondeur estimée à 50 cm et y prélèvera des échantillons qui seront alors examinés par un laboratoire miniature super équipé. Parmi les instruments de ce laboratoire, nous trouvons un four, un pHmètre, un potentiomètre équipé d’un large éventail d’électrodes spécifiques, un analyseur de gaz, un spectromètre de masse, un microscope optique classique et un microscope à force atomique.
Grâce à cet équipement, les chercheurs espèrent savoir si de l’eau a existé sous forme liquide dans un passé géologique proche (de l’ordre de 100 000 ans) et si des organismes y ont vécu et y vivent encore. En plus de ce minilabo, Phœnix est également équipé de caméra de prises de vues stéréoscopiques et d’une station météo qui permettra de mieux connaître la dynamique de formation des calottes polaires martiennes.
Tout au long de la mission, prolongée ou non, la Nasa, le JPL et l’Université d’Etat de l’Arizona informeront quotidiennement les internautes intéressés par le projet Phœnix. De plus, Wikipédia continuera à être mis à jour régulièrement à ce sujet.













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je reste comme l’enfant que j’étais pendant la conquête spatiale des années 70 c’est à dire subjugé et surpris par de telles prouesses.
ceci dit lorsque l’on connait les difficultés sur terre. je ne vois pas en quoi cela sert d’aller sur Mars. Il serait peut être bien de régler nos problèmes ici avant de les « exporter » ailleurs.
http://www.peuples.net/
A propos de la Planete Mars, une info qui existe , mais que je trouve qu’ on ne relaie pas beaucoup , tu m’ etonnes :
« Le Pr Lauri Fenton, du Centre de recherche Ames de la Nasa, est formel : la planète Mars, ou plutôt son atmosphère est aussi en pleine phase de réchauffement climatique, pour des causes assez proches de celles que l’on subit actuellement sur Terre ».
Une information qui signifierait que le réchauffement de la terre ne serait pas principalement due au activités humaines sur terre , mais au réchauffement du soleil …( c’est moi qui extrapole)
Alors comme je suis un reac eclairé, ca ne veut pas dire qu’ il ne faut pas combattre les 4X4 et les gaspillages ,qui sont néfastes pour des tas de raisons , mais il ne faudrait pas croire que c’est parce qu’ on va fermer son robinet en se lavant les dents qu’ on va resoudre les problemes epouvantables du rechauffement climatique, non ?
Je pose juste la question, hein ..
http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/univers/d/…
Merci pour cet article bien écrit, agréable à lire pour les initiés et non initiés.
Ayant fait des études de biologie, je suis toujours très sceptique face à ces recherches de vie sur Mars… Une vie similaire, basée sur le même type de molécules organiques que sur Terre, apparue indépendament dans des conditions très différentes ? Les chances sont infimes. Certes, des bactéries extrémophiles peuvent survivre dans de tels environnements, mais sur Terre la vie est apparue dans des circonstances très favorables (fumeurs noirs, argiles sous-marines ?) avant de s’adapter à d’autres milieux, ces circonstances favorables étant difficile à retrouver dans l’histoire martienne.
Mais si on trouve quelque chose, c’est le jackpot et la recherche biologique, qui a toujours un mal fou à expliquer comment la vie est apparue, va être révolutionnée : contamination de la Terre vers Mars, l’inverse, apparition indépendante, des météorites ayant inséminé les deux ? Alors, quelles nouvelles circonstances d’apparition de la vie sont possible ?
Il faut aussi savoir que ce qui fait le vivant sur Terre est au final assez normalisé, à l’echelle cellulaire (même si ça ne se voit pas à notre échelle): même code génétique, fonctionnement, types et rôles des molécules de la plus infime bactérie à nous. Alors comprenez que la perspective d’étudier une « vie n°2 » fait saliver tous les biologistes !
Pour information il y a le rechauffement naturelle de la planete, la planete subit des periodes de glaciation et de rechauffement successif. En ce moment on est dans une periode de rechauffement mais (parce qu’il y a une mais) l’activite humaine a dangereusement accelere le rechauffement et ce qui se passe en 10 ans aurait du prendre 100 ans et petit a petit le rechauffement s’accelere et les eco systemes ont pas le temps de s’adapter alors on est en train de tout foutre en l’air. S’il te plait ferme ton robinet quand tu te laves les dents, ca va pas te tuer et si tout le monde le monde le fait ca peut aider a solutionner le probleme (en plus la flotte ca coute super cher).
Les avis divergent quant au moment auquel la vie est apparue sur Terre. Beaucoup parlent du paléozoïque (2 milliards d’années) mais d’autres situent ce moment à 4 milliards d’années c’est à dire quand la Terre était encore très jeune. Si ce sont les derniers qui ont raison, à cette époque, les conditions ne devaient pas être très différentes sur Mars et sur la Terre.
Certains pensent aussi que Mars a eu une atmosphère plus dense qu’actuellement mais que cette atmosphère s’est échappée la planète étant trop petite pour la retenir par sa gravitation. Quelle aurait été la composition de cette atmosphère ? Mystère !
Autre problème : à part un peu de CO2 dans son atmosphère actuelle, le carbone (même inorganique) semble absent de Mars alors qu’il est le 4e élément le plus abondant de l’univers après H, He et O. Or il est difficile d’imaginer une vie sans carbone. Personnellement, je considère les hypothèses de vie basées sur le silicium comme de la science fiction pure. Qu’en pense le biologiste ?
Quel que soit l’endroit où la vie apparaît et se maintient, je pense que ses briques élémentaires doivent être assez semblables aux nôtres. La structure de nos acides aminés n’est pas due au hasard; ce sont les structures qui avaient le plus de chance d’apparaître pour des raisons thermodynamiques entre autres. En chimie comme dans le reste, tout évolue spontanément vers un état d’énergie potentielle minimum (en foutre le moins possible) et d’entropie maximum (un maximum de liberté). Ce n’est que cela qui guide les choix de la nature. Mais je ne sais pas pourquoi nos acides aminés sont L et jamais R.