Mathieu Rigard est en deuxième année d’études à l’IREIS de Bourg-en-Bresse. Il est aussi président d’Objectif O.N.E.S dans le département de l’Ain, l’organisation nationale des éducateurs spécialisés. Internaute de Rue89 basé dans le Jura, il nous a envoyé cette tribune le 21 mai, alors que la mobilisation va crescendo dans cette branche.
Trois mois de grèves, de manifestations, de marches, d’occupations d’écoles ou des Directions Régionales des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS). Un mouvement national regroupant des coordinations régionales structurées au long de dizaines d’AG. Un système de formation entièrement bloqué, des stages gelés par un décret sur la gratification des stagiaires issue de la loi sur l’égalité des chances. Pas une ligne dans la presse nationale, pas un mot dans les médias.
Nous qui sommes montés à Paris depuis Bourg en Bresse en « Social-Express » (en stop) pour la manifestation nationale du mardi 13, aujourd’hui, nous nous demandons si nous n’avons pas rêvé tout ça…
Un cercueil pour le social?
Un coup de gueule dans le « Contre-Journal » de Libération, posté par un étudiant le surlendemain (cinq lignes), je me suis dit: « Ca y est, il va y avoir un article sur ce qui se passe »… mais non. A Paris, notre cortège portait un cercueil, maintenant je me demande si le Social n’est pas vraiment mort, en France.
Pourtant, les aberrations ayant donné lieu au blocage total des filières du social sont édifiantes! Un cas d’école, un raté gigantesque doublé d’une « grogne » sociale conséquente (près de neuf étudiants de première année sur dix!).
Petit historique des évènements:
- Une loi (n° 2006-396) du 31 mars 2006 sur l’égalité des chances.
- Un décret du 12 février 2008 relatif à la gratification et au suivi des stages en entreprise doublé d’une circulaire du 27 février 2008 élargissant sa portée aux stages d’étudiants en travail social.
- Une seconde circulaire, de sauvetage envoyée aux préfets le 21 avril 2008 qui tente bien de donner des pistes pour le financement de ces décisions malheureusement inapplicables… mais ne sera (à ce jour) pas suivie d’effet sur le terrain.
Aujourd’hui, une gratification (d’environ 398,13 euros mensuels) doit être accordée à tout stagiaire à compter du premier jour d’un stage d’une durée supérieure à trois mois. Aujourd’hui, il n’y a plus de stages. ES, ASS, EJE en formation, directement touchés risquent aujourd’hui de perdre une année et l’on parle d’année blanche dans les couloirs des écoles depuis le début du mois de mars. Aujourd’hui, certains centres de formation ont décidé d’annuler tous les stages si un tiers des étudiants se retrouvent sans rien.
Le malaise est réel et la mobilisation étudiante ne s’est heureusement pas fait attendre.
Montpellier, Lille, Rouen, Poitiers, Lyon, Valence, Perpignan, Paris, Limoge, Rennes, Bourg en Bresse, Toulon… sont mobilisés depuis trois mois. Vous pourrez lire le détail des actions sur les sites des collectifs régionaux ou sur le site d’Objectif O.N.E.S.
Ni rigolote ni marginale, notre histoire…
Cette histoire serait rigolote si elle n’était pas dramatique pour nombre d’étudiants en grande difficulté financière, incapables de tenir trois ans d’études, ou pour les lieux de stages, coupé de leur base arrière de fraîcheur, de remise en question et de « bras » supplémentaires.
Cette histoire serait marginale si elle n’était pas la partie émergée d’un iceberg immense et glacé. Le système de prise de décision néglige le terrain.
Depuis deux ans, nombres de décisions fondamentales touchant au secteur social en France s’élaborent d’en haut, de très loin du terrain. Comme si le secteur était incapable de se penser ou pire incapable de comprendre la réalité sociale actuelle. Réforme des diplômes d’Assistant de service social (AS) et d’Educateur spécialisé (ES), lois sur la prévention de la délinquance, sur la protection de l’enfance, projet de loi sur le dépistage du « trouble des conduites » chez l’enfant dès le plus jeune âge et la semaine dernière Assises du Social, parangon de ce système vertical.
Dans ce contexte d’un législateur omniscient, le décret relatif à la gratification des stages dans le domaine du travail social (TS) aurait pu passer totalement inaperçu… s’il ne bloquait pas totalement les filières concernées. Pourtant, les consignes ont été passées par les préfets avec toute la bonne foi de l’évangéliste portant La vérité. Seulement toute vérité repose sur des postulats et des hypothèses.
Aujourd’hui les postulats et les hypothèses qui sous-tendent les prises de décisions sont élaborés dans une approche comptable, objective. Froidement mathématiques, ils peuvent faire l’économie de la confrontation avec la réalité du terrain. Ce dernier, nous le savons, est complexe et réchauffé continuellement par les frictions d’un contact humain, quotidien.
Ne faisons pas d’angélisme. Le temps d’un gaullisme d’après-guerre qui, pressé sur sa gauche par un Parti Communiste puissant, sur sa droite par une idéologie chrétienne humaniste et qui disait en substance, en ce qui concerne le champs du handicap: « familles et professionnels de terrain, vous savez mieux que nous ce qui est bon pour nos enfants: construisez vos projet, l’Etat vous donnera les moyens de les réaliser » est révolu.
Aujourd’hui les professionnels et les étudiants en travail social se regroupent. Aujourd’hui les professionnels et les étudiants en travail social (TS), de plus en plus souvent mis en porte-à-faux par des articles de lois ou des dispositifs maladroits ou inapplicables, s’organisent et se regroupent afin d’élaborer des solutions cohérentes et éthiquement viables.
L’A.N.A.S. représentant les Assistant de Service Social, la F.N.E.J.E., les éducateurs de jeunes enfants, l’O.N.E.S., les éducateurs spécialisés, sont en passe de se rassembler en une force de proposition alternative. Des métiers comme Moniteur-éducateur ou Aide médico-psychologique non encore organisés, pourraient rapidement rejoindre ce mouvement de représentation du travail social.
Voici la réalité d’un secteur méconnu, non rentable et qui est pourtant garant d’une partie de la cohésion sociale.
Les médias font la sourde oreille
Une réalité qui n’intéresse pas les citoyens? Pourtant les journalistes de la presse locale et régionale couvrent depuis plusieurs mois les actions de grèves, d’occupations de DRASS, de « manif’ de droite », de « social express ». Après la manifestation du 13 mai 2008 à Paris, ayant regroupé plus de 8 000 étudiants en travail social dont les formations sont en panne, pas une ligne dans la presse nationale. Pas un mot dans les journaux télévisés.
Une émission télé, de Marc Olivier Fogiel, puisqu’elle « réveille l’actu tous les mardis à 22h55 », qui devait recevoir une délégation nationale du mouvement le jour de la manifestation a annulé au dernier moment. Seule « La matinale » de Canal plus a accepté de passer cinq minutes entières à informer du mouvement… Huit étudiants avaient campé devant les studios toute la nuit pour pouvoir se faire entendre.
A l’heure où il est mal vu de revendiquer un service public de qualité, où faire grève est assimilé à un acte terroriste (une prise d’otage d’usagers), quelle issue pourrait-il y avoir à la crise profonde qui bouleverse le système social français?
Nous avons coutume de dire aux jeunes qu’au lieu de se perdre dans des réponses violentes, à fleur de peau, il vaut la peine de prendre le risque de s’expliquer et de remplacer les poings par la parole. Nombre d’entre-eux le comprennent. Mais que leur dirons-nous si nous-même nous nous sentons bâillonnés?









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Bonjour Mathieu,
J’ai aimé ton article, mais il faut bien replacer le problème des étudiants dans le système mis en place, grâce à la Loi de Prévention de la Délinquance, sous le coude depuis des années, combattue par tous les secteurs social, médical, judiciaire etc concernés et voté en « urgence » en mars 2007, juste avant les élections. C’est le sens même du métier qui est modifié, avec la notion de « secret partagé », la délation, le fichage des populations les plus en difficultés.
Tous les détails sur le site des collectifs anti-délation :
http://antidelation.lautre.net/
Tout le secteur social est en grand danger et le fait que le gouv mette des bâtons dans les roues de la formation n’est pas innocent. Il ne veut plus de travailleurs sociaux au sens noble de l’expression. Il ne veut que placement en emploi et répression des récalcitrants.
Alors, Mathieu, ta lutte ne fait que commencer. Bonne chance.
n’ayant été que contractuel et non diplômé, mais ayant côtoyé au quotidien des TS et en voyant régulièrement dans le cadre de mes activités et pour mes soucis de santé, je constate que le situation s’empire et ne peux qu’agréer les propos de la délinquante avérée. à qui, du reste, je mets quinze euros dans le nourrain.
A force de foutre des marrons au peuple…. ca finira par des châtaignes!!!!!
———————————————————————-
Un message d’un hospitalier auvergnat …
« J’exerce dans une région assez défavorisée d’un point de vue économique, il ya longtemps qu’une majorité de la population, qui souvent est payée au SMIC chez nous, quand ce n’est pas un temps partiel de SMIC à limité sa demande de soins, ne pouvant pas se payer une mutuelle ou des médicaments déremboursés. je ne parle même pas des frais de lunettes ou de soins dentaires. Il y a quelques années le logement est devenu difficile, puis ce fut le cas de l’alimentation, désormais par chez nous c’est le chauffage qui pose problème vu la prix du fuel alors que nous chauffons 8 mois par an…
Sans vouloir faire de catastrophisme, ou cela va t’il s’arrêter…au RMI pour tout le monde ??
Nous sommes désormais sous la coupe de l’Europe et dans le cas de l’harmonisation Européenne, nous allons vers un libéralisme effréné à grand pas.
Le but est, par tous les moyens, de diminuer le déficit publique, les considérations sociales et la santé publique sont bien au second plan.
D’un coté les grands groupes, de l’autre coté les pauvres. »
Bonjour, je remercie RUE89 d’offrir une tribune à un problème qui semble important mais je ne suis pas sûr de comprendre le problème. Je résume ce que je crois avoir compris. J’espère qu’un autre riverain pourra dire si je me trompe.
1/ Pour valider son diplôme, un TS a besoin d’effectuer un stage.
2/ Les financements de stage ne sont pas assurés.
3/ Donc, un bon nombre d’élève auront une année blanche.
4/ Plus généralement, cela rend ce type d’études difficiles à mener.
5/ Plus généralement encore, on attire notre attention sur le fait que le secteur social est sous-financé.
Je suis désolé si les gens concernés par ces problèmes ont l’impression d’avoir déjà expliqué ce qu’était le problème. Mais ils sous-estiment peut-être l’étendue de l’ignorance du grand public (dont je fais partie). Il sera plus aisé de soutenir une cause si l’on comprend ce qu’elle est.
@ Dave Feng,
1/Rue 89 a, ce me semble, l’habitude d’ouvrir des tribunes aux sujets qui intéressent la rédaction (et qui risquent d’intéresser le lectorat) ;
2/je crois que tes cinq points soulevés (en résumé, en fait) ont montré qu e tu as globalement bien pigé le coup ;
3/avant que le président de la République nous fasse le coup de « les caisses sont vides » (08 janvier 2008), beaucoup de secteurs étaient touchés, ce depuis la fin de l’ère Raffarin et la création des CUCS (nouvelle dénomination de la Politique de la Ville). cependant, ce point est passé par trop inaperçu. On a tendance à attribuer la « crise des banlieues » de novembre 2005 au fameux « karcher® » de juin 2005. bien facile. Il est préférable de creuser plus avant. Sarko n’a fait qu’allumer une mèche… qui a mis cinq mois à prendre. Regrettable, j’en conviens ! D’autant que j’avais couvert les émeutes de Vaulx-en-Velin (novembre 1990) où deux jeunes à moto avaient été tués par une voiture de police.
Si tu es à Paris le 14 juin, sache qu’un hommage sera rendu dans le 20e, sois le bienvenu à l’hommage qui sera rendu à ce voisin décédé dans d’étranges circonstances le 17 juin 2007 entre les mains de la police :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2007/07/incidents-en-ma.html
et dont la famille n’a été prévenue que plus de huit heures après le décès et n’a jamais pu voir le corps autrement qu’au travers d’une vitre.
cordialement,
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
Pardonnez moi Mathieu, même si j’ai le sentiment de comprendre ce dont vous parlez…je ne suis pas certaine que votre « coup de gueule » soit clairement…clair!
Alors (si j’ai tout bien compris), le problème réside dans le fait que désormais, tout stage supérieur à trois mois devra être rémunéré.
L’objectif fort louable de ce dispositif est de faire en sorte, que les entreprises cessent de se servir des stagiaires pour occuper de « vrais » emplois sans que cela ne leur coûte un sou.
Le problème est que pour les travailleurs sociaux, comme pour les étudiants en Master 2 (et j’imagine que c’est également le cas dans les grandes écoles), 3 mois de stage: ça fait partie de la formation.
Autrement dit, les étudiants ont besoin de ces stages pour valider leurs années d’études: les établissements qui les accueillent leur donnent gratuitement du temps de formation, et les stagiaires offrent éventuellement à ces établissements un autre regard sur leur fonctionnement.
Les établissements qui font dans le social, dans la santé, ne se servent pas (j’ai peut-être tord mais en tous cas je n’ai jamais vu ça) des stagiaires pour remplacer un membre de leur personnel.
Ces établissements n’ont en général pas non plus les moyens de payer leurs stagiaires.
En résumé, cette nouvelle « loi » empêche les étudiants de valider leur formation dans des secteurs où les stages sont essentiels et où les stagiaires ne sont pas « exploités ».
b jour,
je veux bien croire que vous méconnaissiez le travail social, médical et para médical. donc je vais vous expliquer que des stagiaires sont là pour remplacer, très, très souvent des absents ou même des postes non pourvus. Je cite, bien que ce ne soit pas des éducateurs ou amp dont il est question mais d’autres travailleurs sociaux.
des élèves préparant le brevet sanitaire et social, parfois dès l’âge de 14 ans, doivent faire un stage dans des structures : souvent des maisons de retraite.
a leur arrivées, personne pour les encadrer : « bon, ce matin vous avez 20 toilettes, 20 petit dej, 20 chambres à nettoyer ».
deux stagiaires dans ma structure m’ont affirmées qu’elles se sont retrouvées devant des hommes âgés, entrain de leur faire la toilette intime. c’était la première fois de leur vie qu’elles voyaient un homme nu et elles étaient seules. ne sachant que faire et regarder. elles travaillaient 10 h par jour et si elles posaient des questions leur rapport de stage étaient salés.
je voulais dire aussi que des stagiaires TISF technicien-ne de l’intervention sociale et familiale se plaigent d’être envoyé-es dans des trucutures d’handicapés pour « prendre le travail » des éducateurs. cela leur crée des conflits et des stages douloureux.
by
Bonjour,
Je veux bien vous croire…
Malheureusement, je n’ai pas l’impression que ce soit les difficultés de ces catégories de travailleurs sociaux et de ces étudiants, qui ont été dans l’article mises en avant.
Allez savoir pourquoi.
ciao
des établissements utilisent des stagiaires à des postes de responsabilité : si , j’ai vu ça !faute de remplacement ! le travail social en france se précarise , sans bruit , car les professionnels qui font ce taf( invisible à beaucoup )font peu d’action de revendication pris dans un quotidien toujours plus urgent ..le travail social est en danger : les prisons s’ouvrent….à MATHIEU ,solidarité et collectif sont des solutions . qu’en dit « lien social » .courage .
Oui, nous devons regrouper les « travailleurs sociaux » dans leur ensemble.
Des lois, qui s’entassent à toute allure, les unes sur les autres, entraînent une impossibilité de gérer les situations de terrain.
Exemple :une bonne idée cette rémunération des stages de plus de trois mois, MAIS, conséquence pénible, les organismes sociaux désargentés, ne peuvent pas assurer cette gratification, et refusent les stagiaires, qui eux perdent leur année de formation !
Autre exemple : la formation professionnelle des adultes AFPA, exception européenne dans sa forme (aïe, ça n’augure rien de bon), est en pleine « restructuration », MAIS,
idem, aucun média ne s’y intéressent.
Pourquoi ?
allez voir aussi ces sites :
http://touche.pas.a.la.66.free.fr/
http://madameasatourmonte.over-blog.com/article-19820800.html
Une négociation sur la refonte de la CC 66 est en cours dans le plus grand secret ! Des directeurs d’établissements nous ont même demandé les documents employeur. A l’époque le silence des négociateurs syndicaux était assourdissant, cette refonte se traduisait par un recul considérable au plan des déroulements de carrière, au plan salarial, avec des incidences très lourdes sur les retraites. La réunion du 15 septembre à Lille qui a regroupé des travailleurs sociaux de 30 établissements du Nord et du Pas de Calais a permis d’élaborer cet appel qui tourne autour de quelques éléments de problématique :
Urgence : Les syndicats présents à la négociation qui ont tous les documents depuis juin 2005 doivent donner une réponse aux fédérations employeur pour le 10 octobre 2005, Mobilisation : elle est totalement à construire sous toutes ses facettes, circulation de l’information, constructions d’initiatives dans chaque établissement (la perspective de la journée d’action du 29 septembre en direction des chefs d’établissements en fait partie) , préparation de manifestations locales, mais aussi nécessité d’opposer une riposte nationale aux fédérations employeurs qui elles sont à paris, c’est pourquoi nous souhaitons que le 10 octobre soit une date de manifestations dans le maximum de départements.
Transparence : notre convention nous intéresse tous, elle est la base de notre contrat de travail. Chacun doit donc pouvoir s’exprimer, donner son opinion et décider de l’avenir de cette convention. Nous ne voulons pas que certains « fassent notre bonheur sans nous »..
Unité : il apparaît nécessaire de rassembler au maximum les centaines de milliers de salariés que couvre la convention pour agir. Cela ne pourra se faire que par le respect de la diversité des opinions. C’est pourquoi nous avons décidé de construire des comités syndiqués, non syndiqués dans chaque établissement en les coordonnant au niveau régional et demain peut- être au niveau national.
Toutes les organisations syndicales qui veulent éviter le recul social, informer les salariés dans la totale transparence et contribuer à la réussite de la mobilisation sont les bienvenues. Ce site est ouvert :
à toutes les contributions de ceux qui veulent lutter contre tout recul de la CC 66 à toutes les propositions d’actions, à toutes les informations sur la mobilisation dans toutes les régions, nous y publierons les documents soumis à la négociation qui tomberont en notre possession »
Il faut qu’on se mobilise et qu’on le fasse savoir! personne n’en parle!
merci
Bonjour Cécile,
La refonte de la CC 66 fait partie de la casse du secteur social. A mon avis, les salariés de cette convention (que je connais, mais dont je ne dépends pas) ne pourront pas continuer à se battre dans leur coin pour la maintenir. C’est le secteur social, concernant les salariés mais aussi les usagers, qu’il faut défendre dans sa globalité. Les luttes secteur par secteur ne donneront rien, à mon avis. C’est pourquoi il existe dans de nombreuses régions des collectifs regroupant tous les acteurs du social. C’est difficile, mais dans certains cas, nous avons pu réaliser quelques avancées, comme dans l’Isère où le Conseil Général a signé une charte pour protéger ses salariés et les salariés des structures qu’il subventionne des éventuelles représailles pour refus de délation. C’est un exemple, alors, … c’est le moment de s’unir et de se serrer les coudes.
oui CECILE le mouvement social se doit d’etre collectif et de ne pas attendre les syndicats qui réchignent à bouger . secteur en danger , usager menacer ..toutes les conventions sont attaquées par des impératifs dit économiques .réveillons nous , éducs , a s ,et autres salariés de ce secteur sans qui ,un pan entier de personne serait oublié , reclu .
erreur : usager menacé..
9h22 - 18 h 30. Neuf heures d’affichage dans la rue et 8 visites, même pas une à l’heure et émanant pour la plupart de travailleurs sociaux ou apparentés.
M’est avis que le sujet n’intéresse pas grand monde hormis les travailleurs sociaux. Tout se passe comme s’il s’agissait d’extra-terrestres s’occupant de ces naufragés de la vie que nous n’aurions aucun risque de devenir jamais; des extra-terrestres eux aussi.
Ce serait pas mal de leur apporter notre soutien avant qu’il ne soit trop tard, avant de s’apercevoir que nous ne disposons plus de véritable recours en cas de naufrage.
Top aux journalistes qui persistent dans la promotion de ces sujets difficiles. Mais qu’il est long le chemin.
Je regrette toutefois certains commentaires qui par leur coloration corporatiste (convention de 66) risquent de masquer la gravité des choses.
Les absurdités et les paradoxes se multiplient dans le social. Faites nous un sujet là-dessus les TS. Ça réveillera plus les consciences que la CC66.
Et les TS il y en a beaucoup dans les Conseils Généraux. Et les Conseils Généraux il y en a quand même quelques uns à gauche. Et elle dit quoi la gauche sur le sujet ?
le travail social est aujourd’hui une espece en voie de privatisation , les conventions et les discussions ne sont que des écrans de fumée cachant mal la misère social de ce pays « riche ».. qu’est la france .de plus en plus de pauvreté ,de plus en plus de situation d’urgence , et des gamins, des familles en errance , déconnectés , des pathologies reconnues mais non soignées, des « troubles »nouveaux chez les momes , une forme de violence se manifestant contre soi ou l’AUTRE .. l’éduc au quotidien voit en avance ,les dérives d’une société de fractures ..de ruptures , du chacun pour soi .précariser ces métiers, c’est ouvrir une porte à la réaction ,à la violence .à l’échec !gardons les yeux ouverts , les oreilles à l’écoute ,restons inventifs , humains , surtout dans le difficile .
Top Dalun. C’est de ce quotidien dont il faut parler et de la dégringolade qui s’amorce; une dégringolade que la politique du tout répressif et des comptables besogneux ne pourra pas enrayer.
Peut-être regrettera-t’on alors l’action invisible des TS.
Je connais des gens de gauche-gauche-gauche qui traitent les TS de soupape de cocotte minute ;-))
Si le gouvernement ne donne plus de moyens à ces soupapes d’exister et de faire leur office … la cocotte risque fort d’exploser. Est-ce souhaitable ? Peut être s’il faut en arriver là pour que les salariés et surtout les usagers puissent se faire entendre. La France est en train de crever sous la paupérisation croissante, alors que certains croulent sous les richesses et les cadeaux.
Défendre la convention de 66 n’a rien de corporatiste. La convention de 59 a déjà été assassinée dans l’indifférence générale et de celle de 66 dépend la survie des autres moins importantes. Certains travailleurs sociaux sont employés par des collectivités territoriales et l’Etat et sont fonctionnaires.
Cette convention de 66 est présente dans beaucoup d’établissements privés et c’est grâce à elle qu’on arrive à avoir des conditions de travail à peu près correctes, grâce à elle aussi qu’il existe du personnel éducatif formé pour s’occuper des personnes qui en ont besoin. Demain, ce pourra être du personnel payé au Smic, sans formation ou un minima. Quid de tous les acquis en sciences sociales, la pédagogie, d’une prise en charge professionnelle des personnes ? on retournera vers du gardiennage comme dans le passé…
je précise que je ne dépend pas de la conv de 66, mais elle me semble symbolique: si elle s’effondre, les autres vont suivre …
Tout est lié : la fragilité et la précarisation du personnel entrainera celle des « usagers »…
je ne trouve pas corporatiste le fait de défendre ses conditions de travail : je pense que tout le monde devrait en faire autant. les travailleurs sociaux se mobilisent déjà si peu…
Quant à la rémunération des stages, dans l’assoce où je travaille, l’employeur a décidé de scinder les « stages longs » en deux : deux mois et 29 jours : comme cela il ne verse aucune gratification. D’autres assoces jouent le jeu. On se demande pourquoi certains trouvent un budget pour cela et d’autres pas.
d’accord pour défendre les conventions voir les moderniser ( la 66 est symbolique)..quand au quotidien c’est l’affaire de tous , et nous engage toutes et tous.à signaler dans le social , un départ en retraite n’est pas remplacé .les charges de boulot s’accroissent . un formateur de terrain qui donne de son temps , prend des risques ,et reçoit beaucoup des stagiaires . la vie quoi !
Merci de ta réaction Jonas2;
en fait je pense qu’il y a 2 choses dans le désintérêt (ou désamour) patent de la société pour ses travailleurs sociaux.
- Le public que nous accompagnons (handicapés, jeunes souffrants de troubles du comportement, délinquants, personnes vieillissantes, enfants en danger, sans abris…) est en mal de lien social. Rejeté à la périphérie de la société française, ils font parti de ces « problèmes » que la collectivité aimerait glisser « sous le tapis ».
Les professionnels qui les prennent en charge, par contagion, héritent u peu de ce processus de marginalisation.
- La mode est à la « bonne gouvernance ». Entendez rigueur comptable et fiscalité décomplexée.
Hors nous sommes, de part nos positions de terrain auprès des plus démunis, des « sans », des laissés pour compte, les premiers avertis des dégâts causés par ces politiques. Donc, ça n’est vraiment pas dans l’air du temps, c’est hors sujet.
L’exposé du problème manque de clarté et en particulier pour les personnes non familiarisé avec les pratiques.
Jusqu’à cette loi les stages n’étaient pas rémunérés les associations et autres utilisaient les stagiaires pour boucher les trous et renforcer l’encadrement. En échange ils fournissaient (plus ou moins) un soutient et participaient (plus ou moins) au cursus de formation.
Ces établissement n’ont aucun budget pour rémunérer les stagiaires pas plus qu’il n’en avaient pour indemniser les maitres ou responsables de stages. Donc les stages pratiques sont devenus impossible. Donc les diplômes et leur obtention sont devenus de fait impossible a obtenir.
Le secteur social est pauvre et n’a jamais eu les moyens de payer ses stagiaires. L’exploitation du stagiaire faisait partie au mieux du troc suivant :j’aide a te former, je consacre le temps d’un professionnel pour t’assister dans ton cursus de formation en échange tu essais de faire une partie du travail d’un titulaire.
Le gouvernement en ce qui concerne les TS a commis une loi qui leur est inapplicable en raison de l’absence de marge de manœuvre financière du secteur
Mathieu est ce là le problème ou est ce que je me plante?
c’est un des coté du problème cette loi est également innapliquable dans l’hopital par exemple
il n’y a pas de ligne budgétaire pour cela
c’est exactement ça Sinclair,
loi inapplicable, mais pas seulement parce que le secteur est sous-financé.
Je pense que c’est également parce que la méthode (pas de concertation, pauvreté de l’information, manque de réflexion en amont) est viciée. On peut gouverner par ordonnance (cf De Gaule), mais que si l’on sait ce que l’on fait.
Là, le manque de connaissances (ou le mépris) des réalités du secteur dans la haute fonction publique semble patent.
Un peu tout ça. Il y a indifférence aux réalités manque de connaissance et absence de concertation du gouvernement qui propose les lois et la même chose des députés et sénateur qui votent sans beaucoup de réflexion un nombre de lois sans précédent par leur nombre.
Ainsi beaucoup de lois sont au choix ou a la fois inutiles, inapplicables, se surajoutent a des lois qui existent déjà créant la confusion. Ou créent des dommages collatéraux comme celle ci. Il suffit d’un petite rectification, mais il faudrait reconnaitre l’erreur et reprendre le texte de loi ou le préciser.
C’est pas la joie du côté des zéducs…
Le secteur social est dans le rouge depuis un moment déjà.
Je ne me livrerai pas aujourd’hui à un inventaire des raisons multiples des attaques, des disfonctionnements et des remises en questions de l’éthique même de la profession mises à mal par les mesures successives, ni sur le démantèlement des conventions collectives.(quitte à y revenir plu tard)
Le sujet du jour est le financement et la rénumération des stages des élèves en formation.
La formation des éducateurs est une formation en alternance, entre les instituts de formation et les établissements ou structures sociaux -éducatives.
Cette alternance théorie/clinique est le socle de la formation.
Que l’on soit bien clair.La question des stages de plus de trois mois, rénumérés, n’est pas une « revendication » des élèves pour se faire payer leurs études !( même si les épinards auront meilleur gôut!)
C’est le nouveau cadre de la réglementation.
Mais comme d’hab, les financements ne suivent pas.
Les établissements d’accueil ( tous secteurs confondus), n’ont pas les budgets pour remplir les obligations légales, et seront rétifs à accepter des stagiaires à la rentrée prochaine.
C’est la formation mm et la profession toute entière qui est en danger sur ce coup là.
90% des établissements sont « privés »(associations agrées et financées par l’Etat (Drass,Dass) ou les collectivités locales.
Les mouvements des élèves sont légitimes et sans l’appui généralisé de toute la profession et des instituts de formation, ça risque d’être la cata totale.
Il faut faire pression sur les Ddass et la Dass état, pour que les budgets soient débloqués.
A Rennes le mouvement est actif, bien que divisé.
La marche des étudiants est passée qq peu inaperçue dans les médias.( cf Rennesinfonet)
Les étudiants ont des propositions.
Consultez leur blog.
http://coordobzhtsf.blogspot.com/
Le débat est ouvert !
bonne synthèse du problème, mr C MOULOUD . les étudiants seuls ne peuvent se sortir de cette situation , donc APPEL aux professionnels de tous les secteurs …les stagiaires viennent apprendre et nous amènent un autre regard , d’autres pratiques ,qui bénéficient à tous .qu’ils soient rémunéré est la moindre des choses , en plus c’est la loi !!!
@jONAS
on s’emballe on s’emballe…:)s
Défendre la convention 66 n’a rien de corporatiste… d’autant que d’ici peu, peut-être en dépendras-tu!
par ailleurs les TS se sentent également concernés par le problème des TS stagiaires
Pourquoi cette scission entre TS en formation et TS en activité…. ns sommes tous ds le même bateau!
c’est tout le secteur social qui est mis à mal par les tentacules du libéralisme…
Charles Mouloud a raison: « Les mouvements des élèves sont légitimes et sans l’appui généralisé de toute la profession et des instituts de formation, ça risque d’être la cata totale »
Mon boulot étant assez éloigné de celui de TS, Cécile, je ne pense pas être un jour concerné par la CC 66 du point de vue professionnel.
Ceci posé, je te rassure tout de suite , bien que n’étant ni TS stagiaire ni TS en activité, j’estime malgré celà, être sur le même bateau que ceux qui résistent.
« Corporatiste » était sans doute maladroit. Je voulais simplement dire que la CC 66 n’est peut-être pas la meilleure porte d’entrée pour sensibiliser aux problèmes du social.
c’est un problème récurrent
la profession a connu un bref sursaut en 2005 avec la manif sur l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance
et puis plus rien
le problème actuel concernant les stagiaires est absolument dramatique pour notre profession
le stage étant en soit un formidable moyen de se coltiner avec la réalité du terrain
un terrain bien souvent difficile psychologiquement avec des contraintes que bien souvent les étudiants découvrent ici
c’est aussi une richesse pour les équipes accueillantes qui ont tendance à se scléroser dans des comportements routiniers que le stagiaire vient remettre en cause
je voudrais souligner que depuis 2002 tout est fait pour mettre à mal une profession qui as pour but de résoudre les difficultés des personnes quils reçoivent
mais voila on fais cela dans l’ombre, sans pub et surtout sans finalement osé dire que nous sommes mécontent de la situation actuelle
quand je voie le peu de mobilisation de la profession concernant les diverses lois qui la concerne je suis consterner mais finalement je peu le comprendre
aujourd’hui nos employeur ne parlent pas bien-traitance du personnel (pourtant elle est synonyme de bien-traitance des personnes que nous accueillons ) mais parlent de management
enfin notre activité est aussi en soit subversive! bien sur elle est chargé de faire du contrôle social mais en permettant aux personnes de s’interroger sur leur situations elle leur permet de s’interroger sur les causes profondes de celle ci (on est d’accord toutes ses personnes n’en seront pas capable je ne souhaite pas que mon propos puisse être taxé de démago)hors dans une société ou finalement toute la communication vise à ancrer les individus dans un mode de pensée unique nous faisons de la subversion
« aujourd’hui nos employeur ne parlent pas bien-traitance du personnel (pourtant elle est synonyme de bien-traitance des personnes que nous accueillons ) mais parlent de management » dis-tu et je te rejoins car c’est un point important à préciser pour tous ceux qui ne connaissent pas le social. Quand on parle des « associations », beaucoup imaginent une organisation où tous les salariés sont soudés et oeuvrent ensemble pour une cause commune et humaniste. non, c’est pas ça, le social c’est plein de cadres de tous genres, usant de méthodes de management, pour faire professionnel comme dans le secteur marchand, et s’accordant au passage quelques avantages… mauvais traitement du personnel, exploitation, harcèlement moral tout ça on le rencontre très souvent. sans oublier le non respect du droit du travail et les nombreux procès perdus aux Prud’hommes avec les dommages et intérêts à charge de la collectivité
c’est tout à fait ce que je pensais merci d’avoir préciser ma pensée
Je voudrais que tu détailles,quand tu dis que tout est fait pourcouler les travailleurs sociaux.Non pas que je ne te croie pas,mais pour être précis.Je suis étonnée de ne pas être au courant de ce mouvement apparemment très important? car je suis abonnée à plusieurs lettres mails sur le sujet et je n’ai rien lu.C’est pourquoi je voudrais connaître les mesures ou lois incriminées.
Je suis infirmière de métier,et je suis en train de me reconvertir dans ton domaine!!!
Moralité, le social étant une perte d’argent allant à des « inutiles » notre nettoyeur nazional a des idées de génie bien soutenu par des media qui la ferment… Pas nouveau et très grave…
Cela fait déjà plusieurs années que les TS, comme vous dites, n’ayant pas assez de moyens se retrouvent à parer au plus pressé avec rien ; les TS ont à Strasbourg envoyé à chaque hébergement impossible des fax au département et à la région.
D’autre part, les personnes en difficultés suivent des stages de réinsertion et l’Etat a (je ne sais quand) choisi l’étalon de présence de ces personnes pour choisir les crédits alloués aux structures. Autrement dit un jeune va mal et « n’assure pas », c’est autant d’argent qu’on ne verse plus à la structure…
Cet article est très intéressant et est malheureusement mal placé et confidentiel ici aussi… Pourquoi n’est il pas central, on se le demande…
L’avenir est brun, seuls les rentables survivront et les oppositions seront tues…
Epilogue:
Le « nettoyeur nazional » a bon dos, au final, focalisant sur lui l’attention générale;
Mais qu’est-il, au fond, de plus, que l’expression d’un désir tant et tant reclus ?
Le « social » n’est qu’un vain concept, lorsque l’aliénation intégrée comme précepte…
Heureux qui, comme Nicolas, assumons notre instinct grégaire en s’assujettissant au veau d’or, au pouvoir d’achat…
L’inconscient c’est le social, disait Lacan…
Se subjectiver en-dehors de soi…
Refouler la prétention à notre auto-pouvoir ?
La fouler de nouveau, alors qu’on s’y pro-met ?
Chacun pour soi, et le pouvoir d’achat pour tous !
Le social a bien vécu, a connu ses riches moments,
Et nous avons beau avoir espéré nous y ré-soudre,
Maintenant que nous savons qu’il a fait son temps,
Accordons lui son enterrement, afin d’en dé-coudre.