
Pas eux, pas ça… Les réactions sont virulentes, dans le monde, face aux images de chasse aux étrangers en Afrique du Sud qui ont fait voler le mythe de la « nation Arc en ciel » né après l'élimination de l'apartheid. Même si, dans la réalité, cette image de coexistence harmonieuse appartenait déjà au passé.
L'armée sud-africaine a fait sa réapparition ces derniers jours dans les townships sud-africains, comme aux pires heures de l'apartheid, cette fois pour mettre fin aux scènes de lynchage des immigrants africains qui ont fait officiellement une cinquantaine de morts, des centaines de blessés et au moins 25.000 sans abris.
Après le Transvaal, les violences ont gagné la province du Cap, tandis que, samedi, des manifestants défilaient dans les rues de Johannesburg, à l'appel des églises et des syndicats, pour condamner ces scènes de pogromes contre les immigrés africains.
Le président Thabo Mbeki, critiqué pour sa lenteur à réagir à ces graves événements qui se déroulent depuis deux semaines, a finalement décidé de faire appel à l'armée en raison de l'incapacité de la police à rétablir l'ordre. Et, ce weekend, il a enfin prononcé des paroles fortes pour condamner ces scènes qui ont profondément choqué, en Afrique du Sud comme ailleurs : des hommes battus à mort et auxquels personne ne vient en aide, pas même des policiers présents sur les lieux, ou des habitants des townships riant devant des scènes de lynchage.
Xénophobie au pays de Nelson Mandela
Comment de tels événements sont-ils possible dans le pays qui a souffert de trois siècles de discrimination raciale culminant avec le racisme institutionnalisé de l'apartheid, dans le pays qui a su mener, avec des hommes comme Nelson Mandela et Desmond Tutu, une lutte digne et exemplaire contre la pire forme de deshumanisation ? Pour répondre à cette question douloureuse -elle l'est pour moi qui ai vécu quatre ans en Afrique du Sud dans les années 1970 et ai été le témoin de la répression brutale des opposants à l'apartheid-, il faut oublier l'euphorie des premières années de l'ère Mandela, celles de la « nation arc en ciel » et de la fraternisation interraciale, et revenir aux dures réalités de la transition.
Pour comprendre cet échec cuisant, il suffit de constater que les pires violences se sont produites dans les lieux qui, déjà à l'époque de la lutte contre l'apartheid, étaient les plus durs, les plus ingrats, les plus violents. Tel Alexandra, townhsip du nord de Johannesburg, aux conditions de vie bien plus difficile que Soweto, au sud-ouest de la principale métropole du pays, ou Kayelitsha, township de la province du Cap. Quinze ans après la fin de l'apartheid et la victoire du Congrès national africain (ANC), les conditions de vie, pour les habitants de ces deux townships, n'ont guère changé.
Les immigrés africains, pour beaucoup venus du Zimbabwe voisin, fuyant la ruine du pays sous le règne de Robert Mugabe, mais aussi de beaucoup plus loin, jusqu'au Sénégal, sont devenus les bouc émissaires de la lenteur de la transformation sud-africaine. Les habitants des townships ont dirigé contre plus faibles qu'eux leurs frustrations de ne pas avoir connu de rééquilibrage de richesse depuis la fin de l'apartheid.
Les inégalités sociales n'ont pas disparu
La domination blanche était perçue, par la majorité noire, comme la cause de tous les maux, et sa disparition devait automatiquement, à leurs yeux, générer plus de justice sociale, et notamment une amélioration de l'habitat, de l'éducation, de la santé… Les progrès ont été trop lents, trop inégaux, trop sélectifs. S'il ne faut pas nier les changements, il faut bien reconnaître que le plus spectaculaire a été l'enrichissement d'une nouvelle élite noire, génératrice de rancœurs et de frustrations.
Un humoriste blanc, invité à se produire au Congrès de l'ANC quelques années après le changement de régime avait fait rire les délégués en soulignant qu'il s'était perdu en venant, mais qu'il avait compris qu'il était au bon endroit en voyant le parking de Mercedes… Les Sud-Africains ne rient plus.
Deux facteurs supplémentaires expliquent la toile de fond de ces violences. D'abord l'afflux massif de réfugiés économiques et politiques en Afrique du Sud, en particulier ceux du Zimbabwe. La complaisance du président Mbeki vis-à-vis de Robert Mugabe est en partie à blâmer, et il récolte aujourd'hui les fruits amers de sa fidélité à un ancien héros des luttes de libération nationale, qu'il n'a pas su condamner alors qu'il a tourné au despote incompétent.
La deuxième raison est interne à l'ANC, avec la montée en puissance d'un populisme incarné par l'homme qui a défait Thabo Mbeki au dernier congrès de l'ancien mouvement de libération : Jacob Zuma. Les émeutiers d'Alexandra attaquaient les étrangers en entonnant le chant de ralliement des supporters de Zuma, même si ce dernier a catégoriquement condamné ces comportements.
Jacob Zuma, inculpé après avoir été accusé d'évoir bénéficié de la corruption d'un groupe d'armement français, et relaxé après avoir été accusé de viol, prétend incarner la base contre l'élite, agitant un discours un peu démago aux accents populistes. [Il se trouvait la semaine dernière à Paris, où il vantait le style de Nicolas Sarkozy…]
Une crise morale difficile
Cette crise place les Sud-Africains face à un miroir peu agréable à regarder. Elle leur renvoie l'image d'un pays certes le plus puissant et le plus influent du continent africain, mais qui est loin de la success story et du miracle absolu qu'il aimerait incarner. Les années magiques des débuts de l'ère Mandela, et en particulier celles de la transition magique qui a suivi les années de sang et de honte de l'apartheid, ont été suivies d'une banalisation progressive, et d'une montée en puissance des problèmes (sida, violence criminelle, corruption…) dont le plus grave est sans doute la frustration sociale et raciale.
Ces événements peuvent provoquer un réveil salutaire pour un pays qui ne manque pas d'atouts, en particulier une société civile qui a su montrer, tant à l'époque de la lutte contre l'apartheid que face aux tergiversations du pouvoir sur le sida ou face à la criminalité galopante, qu'elle ne manquait pas de ressources. Il lui en faudra pour dépasser cette bouffée de haine xénophobe qui est venue rappeler aux Sud-Africains que la fin de l'apartheid ne signifiait pas la fin de tous leurs maux.
► Lire aussi : Chasse aux étrangers dans les townships d'Afrique du Sud





















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à adaunis
De Bois-Guisbert
Rédacteur | 13H36 | 25/05/2008 |
C'est tellement commode de parler de moi, pour n'avoir pas à entrer en matière sur le contenu du vrai monde. Ca ne valait vraiment pas la peine de sortir de votre réserve (d'Indiens ? )…
à Charles Mouloud
De pene-r
10H27 | 25/05/2008 |
Pas grand chose à rajouter à Mr Mouloud, beau post.
Lorsque des hommes sont réduits à partager la misère, l'esprit tribal l'emporte sur la raison.
Pour moi le fond du problème est bien là, qu'elle solution pour les gens dans la misère, peuvent ils s'en prendre « aux nantis » ? Non, trop riches, trop protégés.
Ils ne leur reste que les étrangers qui viennent partager leur misère mais leur en prennent un petit morceau du coup. Tout ça monté en mayonnaise par quelques ledears politique irresponsables, sur fond de populisme.
C'est le même racisme qu'ici, de ce que j'en ai compris la base du FN était plutôt dans les milieux populaires. Les riches arrivent à faire croire aux pauvres que c'est les misérables étrangers qui leur prennent tout leur pognon ! ! C'est quand même incroyable.
à pene-r
De Bois-Guisbert
Rédacteur | 10H35 | 25/05/2008 |
« Les riches arrivent à faire croire aux pauvres que c'est les misérables étrangers qui leur prennent tout leur pognon ! ! “
On va aller loin dans la solution du problème migratoire - qui est la grosse affaire politique de ce début de millénaire - si on bâtit des ‘raisonnements’ à partir d'âneries de ce genre : o)
à Bois-Guisbert
De pene-r
11H09 | 25/05/2008 |
Quel problème migratoire ?
SI on payait les richesses que l'on prend dans les pays « pauvres » au juste prix, si on exportait pas des denrées à prix cassé pour soutenir nos productions, si on soutenait de vrais régimes démocratique dans ces pays et pas des despostes à la botte de nos « grandes entreprises ». Il n'y aurait pas de « problème migratoire » même si ça ne signifierait pas la fin des migrations (mais il en faut d'après Sarko).
Je reprends un passage de l'article :
Les immigrés africains, pour beaucoup venus du Zimbabwe voisin, fuyant la ruine du pays sous le règne de Robert Mugabe, …
Je maintiens que les riches (entendez les entreprises qui exploitent les ressources, matière première et main d'oeuvre, des « pays pauvres » pour les revendre chèrement en occident), n'agissent que pour leur développement personnel et comme ce sont eux qui tiennent majoritairement les médias (et les politiques, bref tous les pouvoirs) ce sont bien eux qui font croire aux populations que leurs problèmes viennent de l'immigration ! !
De caro
délinquante avérée | 09H51 | 25/05/2008 |
Merci pour cet article qui met en exergue le racisme lié aux problèmes politiques et économiques.
On ne nait pas raciste, on le devient.
Tant que le Monde sera dirigé par des amateurs (dans le sens de « aimer ») du dieu argent + pouvoir, le racisme, les tueries, ont encore de beaux jours devant eux. On trouvera toujours des étrangers sur qui faire porter la cause de nos maux.
L'Afrique du Sud arc-en-ciel n'y a pas échappé. Tout un symbole qui s'effondre et ça fait mal.
à caro
De Bois-Guisbert
Rédacteur | 10H12 | 25/05/2008 |
« Tout un symbole qui s'effondre et ça fait mal. »
Il ne s'effondre jamais que pour les utopiques et les naîfs qui y ont cru. A l'annonce de la fin de l'apartheid, j'ai dit que les choses tourneraient mal, le jour où les Noirs se rendraient compte qu'ils n'en étaient pas devenus « blancs » pour autant…
Il y a eu la criminalité pulvérisant tous les records mondiaux, il y a eu du racisme anti-Blancs dans les campagnes, des morts occultés par les médias haxagonaux, maintenant le racisme anti-zimbabwéen, mais tout ça, CE N'EST ENCORE QU'UN HORS D'OEUVRE ! ! !
Parce que cela s'inscrit sur un fond de dramatique régression générale du pays qui, entre 1990 et 2006, a passé du 86e au 121e rang dans l'indicateur du développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement…
à Bois-Guisbert
De zorbek
16H33 | 25/05/2008 |
« A l'annonce de la fin de l'apartheid, j'ai dit que les choses tourneraient mal, le jour où les Noirs se rendraient compte qu'ils n'en étaient pas devenus “blancs” pour autant… »
Car selon vous, les choses tournaient bien « avant » ?
De athénaïs
10H49 | 25/05/2008 |
Mais pourquoi « pas eux “ ? Qu'ont-ils de plus sinon justement, la longue expérience de la discrimnation et de la répression…
Pensons aux palestiniens qui subissent un génocide qui ne dit pas son nom, mais par qui est-il perpétré ce génocide ? Ah, non pas eux, pas après tout ce qu'ils ont enduré..Et ben oui, justement eux aussi.
Mais au fait, qui a fait souffrir tous ces gens àl'orgine ?
De brazz
11H08 | 25/05/2008 |
Je ne comprends pas pourquoi tout le monde, auteur de l'article en tête, parle de racisme au lieu de xénophobie. C'est comme les gens qui mélangent génocide et crimes de guerre, etc… Ce n'est pas en mélangeant tout qu'on fait avancer les choses. Maintenant, en ce qui concerne donc la haine de l'étranger, on sait bien que cela vient de sa crainte, quelle qu'en soit la raison (économie, religion, politique…) et contre cela il n'y a qu'une solution, c'est une politique intelligente et volontariste afin d'éviter justement cette crainte. Mais cela ne fait pas forcément l'affaire des gens au pouvoir, en Afrique du Sud comme ailleurs, et ce n'est pas d'aujourd'hui, « Homo homini lupus ». Mais nous mêmes, si nous réagissons bêtement avec des clichés pleins de bons sentiments mais irréfléchis, nous mettons le pied sur la première marche de la grande descente !
à brazz
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 18H41 | 25/05/2008 |
Merci pour ce point de vue, je partage sa méfiance des excès de langage qui vident les mots de leur sens et nous privent de la possibilité de graduer nos idées mais à mes yeux, il ne règle pas la question de la situation sud-africaine.
La notion de race est toujours douteuse ; elle ne renseigne que sur celui qui en parle. Le monde savant a plutôt donné des arguments pour nier son existence scientifique. Mais une chose reste : pour de nombreuses personnes les races existent de façon évidente. C'est une croyance qui s'appuie sur des typologies. Et quand à des critères d'identification, on mêle des valeurs de supériorité ou d'infériorité, le racisme est là.
Les anciens maîtres de l'Afrique du Sud, histoire de diviser pour régner, avaient développé un système de cloisonnement des Africains de souche avec des nations, plusieurs ethnies, des zones géographiques, plusieurs langues…… Et aujourd'hui, il s'agit d'Africains plus lointains, venant hors frontière : qui sont ces « étrangers » malmenés par des Sud-Africains ?
Doit-on parler de racisme ou de xénophobie quand se développent des tensions inter-ethniques ? Franchement, je ne suis pas suffisamment au courant des réalités de ce coin de planète ……
Comment les auteurs de ces violences voient-ils leurs victimes ?
Comme des étrangers ? ou comme des êtres inférieurs ? ?
à brazz
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 21H42 | 25/05/2008 |
Puisqu'on se dit tout, vous remarquerez que le mot racisme n'est pas utilisé dans l'article, et que j'emploie au contraire le mot de xenophobie. Mais… xenophobie est un peu long comme mot et ne tenait pas dans la ligne, et a été remplacé par racisme dans le titre ! Ce qui introduit une nuance qui n'est pas négligeable. Voilà l'explication ! Je suis d'accord, xenophobie est plus approprié.
De Pépé la Jactance
insituable | 11H10 | 25/05/2008 |
L'Afrique du Sud est à jamais pour moi associé à un livre extraordinaire (qu'on trouve dans tous les vide-greniers et chez tous les bouquinistes) : Pleure ô Pays bien-aimé, de Alan Paton. En voici le début, d'une sacrée qualité d'écriture. Croyez-en quelqu'un qui l'a étudié jusqu'à l'os.
……………………………………………….
Il y a une jolie route qui mène d'Ixopo dans les collines. Ces collines sont couvertes de prairies, vallonnées et plus charmantes qu'on ne saurait dire ou chanter. La route y monte pendant douze kilomètres jusqu'à Carisbrooke et, de là, lorsqu'il n'y a point de brouillard, l'on découvre à ses pieds une des plus belles vallées d'Afrique. Alentour s'étendent herbages et fougères et l'on entend au loin le cri du titihoya, l'un des oiseaux du veld. Plus bas coule l'Umzikulu qui vient du Drakensberg et s'en va vers la mer et, de l'autre côté du fleuve, les hautes chaînes de collines se dressent les unes derrière les autres jusqu'aux montagnes d'Ingeli et d'East Griqualand.
La prairie est riche et touffue, l'on ne voit pas le sol. Elle retient la pluie et le brouillard qui pénètrent dans la terre, alimentant des ruisseaux dans tous les ravins. Elle est bien entretenue, et il n'y a pas trop de troupeaux pour la paître, pas trop d'incendies pour la dévaster. Déchaussez-vous pour y marcher, car cette terre est sacrée et telle qu'elle sortit de la main du Créateur. Protégez-la, gardez-la, nourrissez-la car elle protège les hommes, garde les hommes, nourrit les hommes. Détruisez-la et l'homme est détruit.
L'herbe alentour est riche et touffue et l'on n'aperçoit pas le sol. Mais les riches collines vertes s'interrompent. Elles descendent vers la vallée et, en descendant, changent de nature. Elles deviennent rousses, elles se dénudent ; elles ne retiennent plus la pluie ni le brouillard, et les ruisselets sèchent dans les ravins. Trop de troupeaux en paissent l'herbe et trop d'incendies les dévastent. Chaussez-vous bien pour marcher sur cette terre, car elle est rude et dure et les pierres sont coupantes sous les pieds. Elle n'est point entretenue ni gardée ni nourrie, elle ne protège plus les hommes, ne garde plus les hommes, ne nourrit plus les hommes. Et il y a bien longtemps qu'on n'entend plus ici le cri du titihoya.
Les grandes collines rousses se dressent, désolées, et la terre s'en arrache comme de la chair. Les éclairs flamboient au-dessus d'elle, les nuages se déversent sur elle, et les ruisseaux morts se remettent à couler gonflés du sang rouge de la terre. En bas, dans les vallées, les femmes grattent ce qui reste de terre arable et le maïs atteint à peine la hauteur d'un homme. Ce sont des vallées de vieillards, de femmes et d'enfants. Les hommes sont partis, les jeunes sont partis. Le sol ne peut plus les nourrir.
(fin du livre)
Oui, c'est l'aurore. Le titihoya s'éveille et commence à jeter son cri mélancolique. Le soleil touche de lumière les montagnes d'Ingeli et d'East Griqualand. La grande vallée de l'Umzikulu est encore plongée dans l'obscurité, mais la lumière y pénétrera aussi. Car c'est l'aurore qui s'est levée comme elle se lève depuis un millier de siècles sans jamais y manquer. Mais quand se lèvera l'aurore de notre libération, celle qui nous délivrera de la peur de l'esclavage et de l'esclavage de la peur, cela est un secret.
……………………………………………….
Livre écrit dans les années 50. Sa fin est pessimiste. Sans doute, au vu de ce qui se passe, et qui confirme que les pauvres s'en prennent toujours moins aux riches qu'à plus pauvre qu'eux, Paton serait-il encore plus pessimiste…
De mechante langue
11H33 | 25/05/2008 |
Il y a plusieurs causes dans l'explosion du racisme en RSA.
Certaines n'ont pas été abordé.
En premier le racisme est omnipresent en Afrique , du nord au sud
Ensuite meme lorsque l'ANC etait interdite cette organisation était rongé par le racisme .
Mais le plus grand crime de l'ANC a été le slogan « La révolution avant l'éducation “
à mechante langue
De mechante langue
17H09 | 25/05/2008 |
Il y a plusieurs causes dans l'explosion du racisme en RSA.
Certaines n'ont pas été abordé.
En premier le racisme est omnipresent en Afrique , du nord au sud
Ensuite meme lorsque l'ANC etait interdite cette organisation était rongé par le racisme .
Mais le plus grand crime de l'ANC a été le slogan « La révolution avant l'éducation “
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 12H09 | 25/05/2008 |
@Bois Guisbert.
Contrairement à vous, je suis un démocrate.
Contrairement à vous , je ne puise pas mes références dans les marigots de la pensée fasciste, qu'elle soit mussolinienne ou maurassienne , matinée de Bainville.
Contrairement à vous, je daigne lire les liens que vous proposez.
Contrairement à vous, mon vrai monde ne ressemble pas, et ne ressemblera jamais à un horizon brunâtre.
Contrairement à vous, je ne fais pas l'éloge de Bainville, tout comme votre ami Maurras sait si bien le faire , en préface posthume de 1937 de votre bible du jour.
Pour rappel ci-dessous le « beau texte de Maurras »
« Charles Maurras, au lendemain de la mort de Jacques Bainville, a tracé de ce grand esprit “un rayon sommaire du système de ses options qui fait désespérer de jamais dire mieux en si peu de mots”.
-Qu'est ce que Jacques Bainville aimait le plus ?
-Le vrai
-Après le vrai ?
-La langue française
-Et qu'est ce que Bainville mettait au dessous de rien ?
-Le faux
-Et immédiatement au niveau du rien ?
La démocratie. “
Merci , monsieur Guisbert de nous informer aujourd'hui aussi clairement de la véritable ‘nature’ de votre ‘culture’ et de vos convictions réelles.
Vos provocations nauséabondes ne pouvaient masquer plus longtemps vos idéaux.
à Charles Mouloud
De mechante langue
12H16 | 25/05/2008 |
Manquait plus que le procés stalinien !
Quand Bainville execrait la démocratie il visait la démocratie parlementaire.
Pas plus ni moins que le Che , Trotsky , l'anarchie ect …qui sont les references d'un certain nombre de contributeurs ici sans que cela ne vous inspire quelques diatribes sur le coté « nauséabond » de leurs « convictions réelles »
à mechante langue
De déluge
menuisier | 13H09 | 25/05/2008 |
Ben voyons ! Mauras était un démocrate pendant que vous y êtes ! et l'action française un journal démocrate chrétien pour faire bonne mesure !
Et puis vous commencez à être fatigant avec le rappel incessant à Staline !
C'est stalinien de rappeller qui était ce Bainville ?
Ce serait stalinien par contre d'ooculter ce qu'il fut.
A moins que vous ne soyiez adepte de l'effaçage de photo ?
à déluge
De mechante langue
17H05 | 25/05/2008 |
« Mauras était un démocrate pendant que vous y êtes ! et l'action française un journal démocrate chrétien pour faire bonne mesure !
»
J'ai dit cela ?
Pas du tout . J'ai écrit que Bainville ou d'autres étaient anti démocrates tout comme le ché , Trotsky ou les théoriciens anarchistes
« C'est stalinien de rappeller qui était ce Bainville ? »
Pas du tout . Mais il est stalien de faire un procés non pas a partir de ses propos , mais en lui collant des etiquettes
à mechante langue
De déluge
menuisier | 19H39 | 25/05/2008 |
Quand l'étiquette correspond au produit, je ne vois pas l'arnaque.
à Charles Mouloud
De Bois-Guisbert
Rédacteur | 13H33 | 25/05/2008 |
« Contrairement à vous, je suis un démocrate. »
Ca me fait vraiment une belle jambe !
*mdr* de chez *mdr*
De caro
délinquante avérée | 12H41 | 25/05/2008 |
je regrette que cet article ne soit pas en tête. Il explique les origines de la xénophobie (merci brazz, ici, il s'agit bien de xénophobie), meurtrière en Afrique du Sud, comme dans d'autres pays, mais dont on sent les idées nauséabondes jusqu'ici.
Il est plus intéressant, pour moi, et plus « universel » que les guéguerres du PS et les ennuis de la nouvelle propriétaire du n° de tél de Nicolas Hulot (à ne pas confondre avec le génial Hulot et ses vacances).
à caro
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 14H34 | 25/05/2008 |
Pas sûr que « xénophobie » soit meilleur que « racisme'. Faut voir. Pour répondre à “Comment sont perçues les victimes de ces violences par leurs auteurs ? ”
Oui c'est un bel article.
Tant que les hommes n'auront pas réglé la douloureuse question de la faim …… y aura des tensions, des guerres.
à caro
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 18H32 | 25/05/2008 |
Je n'avais pas retrouvé le commentaire de BRAZZ. que vous appréciez.
Là c'est fait. J'ai bien aimé son point de vue, et je partage sa méfiance des excès de langage qui vident les mots de leur sens et nous privent de la possibilité de graduer nos idées mais à mes yeux, il ne règle pas la question de la situation sud-africaine.
La notion de race est toujours douteuse ; elle ne renseigne que sur celui qui en parle. Le monde savant a plutôt donné des arguments pour nier son existence scientifique.
Une chose reste : pour de nombreuses personnes les races existent de façon évidente. C'est une croyance qui s'appuie sur des typologies. Et quand à des critères d'identification, on mêle des valeurs de supériorité ou d'infériorité, le racisme est là.
Les anciens maîtres de l'Afrique du Sud, histoire de diviser pour régner, avaient développé un système de cloisonnement des Africains de souche avec des nations, plusieurs ethnies, des zones géographiques, plusieurs langues…… Et aujourd'hui, il s'agit d'Africains plus lointains : qui sont ces « étrangers » malmenés par des Sud-Africains ?
Doit-on parler de racisme ou de xénophobie quand se développent des tensions inter-ethniques ? Franchement, je ne suis pas suffisamment au courant des réalités de coin de planète …… [Navré mais j'ai seulement lu Deon Meyer et Henning Mankell]
Comment les auteurs de ces violences voient-ils leurs victimes ? Comme des étrangers ? ou comme des êtres inférieurs ? ?
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H14 | 25/05/2008 |
Merci Pierre !
Je vous trouve cependant, pardonnez le qualificatif, un peu « naïf ».
Le problème du racisme sud-africain n'est pas différent de celui qui accable les Etats-Unis depuis l'esclavage. C'est celui du ghetto. Nelson Mandela, l'abandon de l'apartheid légal, pas plus que Martin Luther King et la victoire (juridique) du mouvement des droits civiques aux USA, n'ont permis de changer la donne, car la loi, quelque progressiste qu'elle soit, n'augure pas en soi un changement profond des mentalités, lequelles sont enracinées dans le substrat culturel depuis des temps immémoriaux.
La question centrale est celle de l'« acculturation » et de la promotion économique et sociale, c'est à dire de la « mise au niveau » de la minorité opprimée, non seulement sur le plan de l'éducation, de l'emploi, mais aussi de l'habitat, sans pour autant nuire aux intérêts des autres défavorisés. Et cela requiert un investissement financier et humain massif que les sociétés concernées rechignent à consentir, tout au moins de manière pérenne. L'abolition du racisme ne se décrète décidément pas.
Par ailleurs, il serait vain de croire que la discrimination raciale (ou ses dérivés) est l'apanage des oppresseurs. On la retrouve au moins autant parmi les opprimés. Le « diable blanc » (white devil) des Noirs opprimés ne vaut pas mieux que le « sale nègre » des Blancs oppresseurs, à cette différence que l'on éprouve plus d'empathie à l'égard des premiers pour des raisons historiques.
L'oppression raciste brutale, une fois devenue illégale, prend une allure plus sournoise. Combien de géniteurs blancs prétendument acquis à la cause de l'égalité des droits accepteraient que leurs enfants se croisent avec des membres de la race « opposée » ? D'un côté, les « progressistes » (blancs) sont prompts à faire obstacle à une « négro-isation » éventuelle sous le prétexte que leurs petits-enfants deviendraient ipso facto membres de la population noire opprimée. (J'ai entendu ce langage de multiples fois dans la bouche de « liberals » américains.) De l'autre, un membre de la communauté noire ne voit dans un tel croisement que l'oeuvre d'un « nègre blanc ».
Quant au comportement sauvage de noirs sud-africains envers leurs « frères » présumés du Zimbabwe dans un contexte économique particulièrement difficile, il ne diffère guère à mes yeux des ratonnades pratiquées (dans le passé) par les prolétaires blancs américains face à l'afflux des immigrants noirs issus de l'esclavage. Chacun veut à tout prix protéger son « bout de gras », quelle que soit la couleur de l'Autre. On retrouve d'ailleurs des comportements similaires en France, en Italie (ce dernier pays a actuellement les faveurs de l'actualité), et à peu près partout ailleurs.
[Il faudrait dans l'idéal que chacun prenne conscience de son appartenance commune avec l'Autre à une classe une et indivisible. Nous sommes loin du compte, car cette conscience n'est pas donnée à tout le monde. Et même -- ce paradoxe n'est pas le seul que l'on trouve dans l'oeuvre de Marx --, il faut que des « leaders » issus de la bourgeoisie ou de la petite-bourgeoisie fassent défection à leur classe d'origine pour venir inculquer cette conscience aux membres de la classe inférieure ! C'était vrai à l'époque des grandes luttes ouvrières, c'est vrai aujourd'hui en ce qui concerne l'émancipation des races.]
L'immense mérite du pacifique Nelson Mandela n'est pas en cause. Mais il faudrait, pour que son rêve prenne corps, que ses successeurs soient capables d'une vision égale à la sienne dans le concret du monde dans lequel nous vivons. Le moins que l'on puisse dire est que Mbeki et Cie ne sont pas à la hauteur de l'enjeu.
Et nous, sommes-nous à la hauteur ?
Vive le métissage ! (Même si je suis bien conscient du fait, dans le cas des populations métissées, qu'il vaut mieux être plutôt blanc que plutôt noir. Ex. Brésil.)
De illovo
sympatisant non encarté | 15H28 | 25/05/2008 |
Le problème n'est pas que certains soient racistes ou non. Il y aura toujours des racistes -ou xénophobes dans le cas présent- de la part de ceux qui ne sont pas montés dans le train de la croissance. Le problème de l'Afrique du Sud, c'est sa classe politique dirigeante dominée par l'ANC où grenouillent tout un tas de types malfaisants comme Zuma qui ne pensent qu'à s'enrichir sur le dos du pays. Mbeki lui n'est pas malfaisant, il est juste mou et calculateur, entouré d'une bande de gogos tous plus nuls les uns que les autres. A si, un seul sort du lot : c'est Trevor Manuel et heureusement qu'il est là sinon le pays se serait enfoncé depuis longtemps dans la spirale inflationiste. Mais le pire est à venir pour ce pays…
De nino.blog
Salarié | 18H10 | 25/05/2008 |
Je comprends bien le besoin de l'auteur de dépeindre au mieux ce qui se passe en Afrique du Sud ; mais le racisme n'est pas la xénophobie.
Pour l'Africain que je suis, c'est très important. Je constate que le terme « racisme » est bien galvaudé en France, on parle même de « racisme anti-flic » ou de « racisme anti-vieux » souvent ! !
Ne mélangeons pas tout, et restituons bien les informations.
De Bardamu
difficile | 20H47 | 25/05/2008 |
C'est curieux, tout le monde parle de racisme, de xénophobie…
Alors que le problème est beaucoup plus simple : une immigration massive et incontrôlée engendre toujours ce genre de phénomène de rejet, plus ou moins bien géré selon les situations. En Afrique, en Europe, en Asie, partout.
Les mêmes cause produisent les mêmes effets.
Notons que cette immigration massive est due à l'action de Mugabé.
Aujourd'hui, on pleure les victimes noires, alors que les yeux étaients restés plutôt secs quand les fermiers blancs du Zimbabwe étaient expropriés et assassinés avec la complicité de l'Etat.
Après l'exil des blancs, trois millions de noirs ont fui.
De simony gabriel
actif | 21H45 | 25/05/2008 |
Excellent article de m HASKI il faudrait cependant ajouter qu'une grande partie des ouvriers immigrés,menacés,assassinés,n'ont intégré l'Afrique du Sud qu'à l'occasion de périodes de production élevée .ils ont constitué pour l'élite une « armée de réserve “ qui a pesé sur les salaires.
mais à pr&sent le chômage gronde et la déraison s'installe…..La lutte contre la rareté (du travail,des produits) est celle qu'il s'agit de mener
faut-il pour cela éliminer les excédentaires alors que la croissance varie d'une période à l'autre
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 02H08 | 26/05/2008 |
Ce qui se passe en Afrique du Sud est effrayant mais je le compare un peu à ce qui se passe actuellement en Italie où la population pauvre italienne met le feu aux campements des migrants venus des pays de l'Est. Certes ils n'ont pas de machettes mais s'ils en possédaient…
Berlusconi a joué sur cette haine des étrangers pour se faire élire et une fois élu les passions se sont déchaînées.
Ce qui fait la particularité de l'être humain c'est avant tout d'être humain mais ce n'est pas inné, seule l'éducation et la culture permettent d'accéder à l'« Humanité ».
Donnons leur des écoles et des enseignants et tous ces problèmes disparaitront tout doucement.
Mais tout le monde n'a pas intérêt à cette généralisation du savoir.
Pouvoir et savoir ne font pas bon ménage, le « bon peuple » ne doit pas trop savoir car sinon il deviendrait non pas incontrôlable mais non manipulable.
Cela signerait la fin des élites ainsi qu'ils se nomment.
A mettre en parallèle avec les pauv'cons qu'ils disent parfois ouvertement pour désigner le « bon peuple ».
Je m'excuse d'être un peu sorti du sujet mais j'adore élargir mon champ de réflexion.
à Servais-Jean
De Bois-Guisbert
Rédacteur | 09H31 | 26/05/2008 |
« Berlusconi a joué sur cette haine des étrangers pour se faire élire et une fois élu les passions se sont déchaînées. »
On sent le mec qui n'a pas perdu une miette de la campagne électorale : o)
Dommage qu'il n'ait pas suivi les résultats et les enquêtes ultérieures avec la même assiduité, il aurait appris pourquoi l'ultragauche écolocommuniste s'est effondrée, passant de 72 sièges à… 0 ! ! !
Leur électorat traditionnel a passé à la Lega Nord, parce que, disent-ils, les partis qui étaient censés les représenter défendent les immigrés et… les homosexuels !
Voilà comment elles réagissent les couches encore saines de la population. Et Berlusconi n'y est pour rien !