Les deux favoris au poste de Premier secrétaire du PS adoptent des stratégies différentes, malgré des profils qui convergent.

Il s'en est tiré avec une pirouette linguistique. Réunissant samedi ses amis à la Maison de la Mutualité à Paris, Bertrand Delanoë savait que la question de la course au leadership du PS allait se poser. Il a préféré l'éclipser dès la fin de la matinée :
« Si je dis “je ne veux vraiment de responsabilités qu'à la Mairie de Paris', eh bien je me fous de vous ! ‘
Il faut dire que sa fin de semaine ressemblait fort à un lancement de campagne. Et la prochaine bataille programmée n'est autre que celle pour le poste de Premier secrétaire du PS, que François Hollande laissera vacant après le congrès de Reims en novembre.
Une fin de semaine fignolée mercredi soir Chez Julien, restaurant branché de la capitale. Réunissant huit de ses plus proches soutiens, Bertrand Delanoë y a parlé idées, stratégie médiatique et adversaires… L'offensive pouvait commencer.
Jeudi, sortie de son livre « De l'audace » (Robert Laffont). Vendredi, manifestation sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris. Samedi, meeting à la mutualité. Trois occasions de déclarer sa candidature que Delanoë n'a délibérément pas saisies.
Décryptage de son entourage : se déclarer une semaine après Ségolène Royal serait perçu comme une contre-attaque. Or, le maire de Paris ne veut pas paraître se positionner en fonction de la présidente de la région Poitou-Charente et entend au contraire marquer nettement sa différence avec elle.
Pour Delanoë et Royal, les militants d'abord
Une différence pourtant pas si flagrante jusqu'à présent. Si l'une s'est bien déclarée et pas l'autre, leurs discours sur ce point se ressemblent, laissant d'abord l'initiative du choix aux militants :
Ségolène Royal, vendredi 16 mai : « Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile pour le Parti socialiste, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti. »Bertrand Delanoë, samedi 24 mai : « Nous devons tous prendre des responsabilités. Comme vous, j'ai bien l'intention d'en prendre ma part. Mais quelle part ? Vous en déciderez. »
Le procédé illustre à merveille la démocratie participative dont Ségolène Royal se revendique depuis la dernière campagne présidentielle. Mais son rival pour la tête du PS ne veut plus lui en laisser le monopole. « Bertrand, c'est depuis 1995 qu'il fait de la démocratie participative, avec les réunions d'habitants dans chaque arrondissement de Paris », martèlent même ses proches.
Semblables se révèlent également leur liste de soutiens. Pour tous deux, leurs soutiens oscillent entre militants socialistes de bases, jeunes apparatchiks du PS (François Rebsamen ou Vincent Peillon pour Royal, Harlem Désir ou Anne Hidalgo pour Delanoë) et caciques des années où le parti était au pouvoir (Jean-Louis Bianco ou Michel Sapin pour Royal, Lionel Jospin ou Daniel Vaillant pour Delanoë).
Peut-on être libéral et socialiste ?
Même leur divergence sur la stratégie d'alliance avec le MoDem s'étiole. Au cours de la campagne des municipales de mars, elle avait réclamé un tel partenariat « partout », quand il refusait à Paris la main tendue par Marielle de Sarnez, numéro 2 du MoDem. Pourtant, en se déclarant « libéral » dans son livre, beaucoup y ont vu le souhait de séduire l'électorat centriste.
Bertrand Delanoë se refuse cependant à accréditer cette analyse sur ce passage qui a assuré le succès médiatique de l'ouvrage. Il se définit avant tout comme « un homme de gauche » qui accroît « les espaces de libertés ». (Voir la vidéo)
Reste que l'explication n'est pas recevable pour Benoît Hamon, qui entend avoir aussi son rôle à jouer dans le changement de direction au PS et espère bien pouvoir incarner l'aile gauche du parti. Selon le député européen, interrogé jeudi dans France Soir, cette sortie « confirme en tout cas » qu'il n'y a « pas de grande différence entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë ».
Pas de grande différence peut-être, mais les deux protagonistes ont besoin de se démarquer. Alors Ségolène Royal a sorti l'artillerie ce samedi pour s'engouffrer dans le début de polémique. « Ma conviction, c'est qu'au XXIe siècle être libéral et socialiste, c'est totalement incompatible », a-t-elle déclaré à l'AFP.
Juste retour de bâton, diront les supporteurs de Ségolène Royal qui ont lu le livre de Bertrand Delanoë. Le maire de Paris ne prend pas de pincettes pour critiquer le projet de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle. Un projet « ni bien identifié ni suffisamment crédible », sans « relief » et manquant « de clarté, de cohérence » ! Deux entreprises de séduction et de différenciation
C'est justement pour se concentrer sur l'édification du « débat d'idées » qu'il n'est pas encore l'heure de la déclaration de candidature, assure Harlem Désir, député européen et bras droit de Bertrand Delanoë. « Ce n'est que s'il y a une majorité autour d'idées que ça a un sens de se poser la question. » (Voir la vidéo)
En attendant peut-être des débats directs entre les différents prétendants socialistes au premier secrétariat, les deux favoris tentent de poursuivre leur entreprise de séduction et de différenciation. L'une de candidate déclarée, l'autre de candidat assuré.


























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De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 01H57 | 25/05/2008 |
Ça devient difficile de parler politique. On ne peut plus se fier aux mots. Et certains mots sont devenus tellement vagues et fourre-tout qu'il faudrait presque commencer par en donner sa propre définition avant de se mettre à bavasser.
En ce moment, au Panthéon des mots dont il faut préciser le sens, il y a libéral et libéralisme. Sans parler de socialiste, participatif, …… (liste non exclusive).
De chomsky
09H17 | 25/05/2008 |
Une fois encore le processus médiatique se déroule avec son lot de faux problèmes et de débats inutiles. C'est une sorte d'écume qui se dépose à la surface de la réalité.
Reprenons les enjeux du débat : en gros, si j'ai bien compris, il s'agirait de savoir si on peut être socialiste et libéral. C'est par excellence le type de débat fourre tout et cela n'est pas sans évoquer la scolastique qui s'interrogeait sur le sexe des anges.
1 .Si on se réfère aux origines de la doctrine dite « libérale », il faut rappeler que pour les philosophes issus des « Lumières », il s'agissait d'une pensée de gauche visant l'établissement de libertés individuelles inaliénables , laquelle pensée a directement inspiré la Déclaration de Droits de l'Homme et du Citoyen. A ce titre le terme « libéral » n'est pas un gros mot.
2. Si on se réfère à l'acception économique du terme, là le débat devient plus compliqué. On se retrouve alors face à une idéologie relevant de la croyance Vous savez, la « main de dieu qui régule tout », et bla bla bla….Sur cette question, il ne faut pas oublier les liens entre le protestantisme et le capitalisme (cf. Max Weber).
En conclusion, nous ne pouvons que constater que le terme de « libéral » peut susciter à la fois adhésion et rejet. Pour ma part, je suis très attaché à la reconnaissance de l'individu et de sa liberté, et je ne peux que constater l'échec majeur qu'a constitué le socialisme autoritaire. Toutefois, je ne puis, à l'inverse que reconnaître que le libéralisme économique, dans sa version hyper financiarisée, conduit inéluctablement aussi à la guerre, à la destruction de l'environnement.
Aussi (revenons à nos moutons), pourquoi ce débat entre Royal et Delanoé ?
Vraisemblablement pour se positionner de manière tactique face au PS et à l'opinion. Alors je me demande :
Delanoé et Royal savent bien que ce débat est un faux débat, alors pourquoi le lancent-ils ?
Et je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est parce qu'ils ne savent plus quoi faire face à l'immensité et à la complexité des questions qu'il faudrait traiter : coût des matières premières, problèmes environnementaux, démographie, etc…Précisons que l'UMP ne sait pas plus quoi faire des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Pour noyer le poisson, le président s'agite…
Et, en plus de tout ça, nous sommes dimanche et il ne fait pas beau !
De Phisines
09H27 | 25/05/2008 |
Quelque soit le candidat PS, le socialistes n'ont toujours pas tirés les leçons des échecs passés.
_ Jospin fut battu car il avait dit que son programme n'était pas socialiste.
_Royal fut battue en raison de son admiration pour le blairisme.
Et maitenant, les socialistes remettent ça en voulant concilier le libéralisme avec le socialisme !
Il serait vraiment très souhaitable que les socialistes se recentrassent à gauche !
En attendant, la LCR marque des points…
De pablico
12H50 | 25/05/2008 |
favoris des deux, les sondeurs vendent aux journaux et les journaux essayent de vendre les sondages ,plus leur commentaires, et pour les meilleurs un peu de prospective..
donc pour la recette : il faut beaucoup de sondages, de retournement de situations, un doigt de coup de théâtre, une pincée de scandale, voir un peu de cul.
et le public achète, et croit.
Un peu comme un bon roman à ressort et à tiroir mâtiné d'horoscope (la prospective).
c'est ainsi que dans nos cœurs naissent, vivent, meurent , ressuscitent , re meurent, des dirigeant ou pseudo dirigeants. Je pense que tout le monde est dindon de la farce.
De Unstern
12H50 | 25/05/2008 |
@ comptecourant
Plutôt intrigué et un peu agacé par les « bonnes feuilles » qui en ont été publiées, j'ai acheté (dans un supermarché) le bouquin de Delanoë et je suis en train de le lire.
J'y trouve ceci, qui semble répondre à votre interrogation :
p. 45 : « Le libéralisme est donc d'abord une philosophie politique et j'y adhère. Ce sont les conservateurs qui l'ont dévoyé au service d'une idéologie du laisser-faire économique et de la perpétuation des rentes et des privilèges dont ils bénéficient déjà. Au nom d'un principe de liberté, leur dessein est en réalité celui de l'immobilisme, qui prolonge leurs avantages et reproduit toujours les mêmes inégalités. C'est une supercherie à la fois intellectuelle et idéologique dont la gauche ne doit pas, ne doit plus, s'accommoder. Je suis donc libéral ET socialiste. »
pp. 43-44 : « Non, je ne suis pas social-libéral : je n'adhère pas à ce que représente ce courant de pensée. Mais je vous le dis tout net : je ne réfute pas mécaniquement ce vocable, “libéral”. Et quand il s'applique à une doctrine politique, au sens global, je crois même qu'un militant socialiste devrait le revendiquer . En revanche, ce qui est inacceptable pour un progressiste, c'est de hisser le libéralisme au rang de fondement économique et même sociétal, avec ses corollaires : désengagement de l'État et laisser-faire économique et commercial. »
p. 39 : « Comme Lionel Jospin, je suis hostile à la société de marché. Mais pour ce qui est de l'économie, le débat est derrière nous. L'Histoire montre que toutes les expériences progressistes réussies ont intégré ou se sont intégrées à l'économie de marché. Les autres expériences, fondées sur une économie dirigée, ont débouché au mieux sur l'inefficacité, au pire sur un désastre humain. […] Seule l'économie de marché crée des richesses nécessaires au progrès social. Cela ne veut pas dire que l'économie de marché n'a pas de conséquences négatives, voire cruelles, sur la santé, les conditions de travail, les inégalités, la précarité… Mais c'est le cadre dans lequel nous évoluons. Il faut l'accepter comme un fait, tout en le réformant. »
p. 42 : « Pour réussir politiquement, il faut réussir économiquement. L'économie n'est pas de droite ou de gauche. L'économie est. C'est la politique économique qui est de droite ou de gauche. On peut dépenser quinze milliards d'euros pour favoriser la rente et le patrimoine, comme Sarkozy, ou bien les investir dans la formation, l'emploi, la recherche. C'est un choix. Mais l'économie comme système reste ce qu'elle est. Les économies dirigées, répétons-le, ont abouti à des échecs tragiques. »
p. 43 : « Pour lutter contre l'injustice, il faut créer des richesses. On ne peut pas distribuer ce qu'on ne produit pas. La gauche radicale devrait méditer cet axiome élémentaire. Il est vrai qu'elle refuse toute idée de responsabilité gouvernementale. C'est plus confortable… »
Et aussi (p. 48) ceci, sur un sujet assez voisin : « — [L. Joffrin : ] Sarkozy parle beaucoup de réformer l'État. — [B. Delanoë : ] Oui, mais il ne le fait pas. Ou bien il le fait mal, en se contentant de sabrer dans les effectifs. Ce n'est pas une méthode. En fait, l'obsession sarkozyenne, c'est le recul de l'État et non sa réforme. Cela n'a rien à voir. »
De Charles Mouloud 12542
Bras gauche de la Vénus de Millau | 23H01 | 25/05/2008 |
Ki conduit ?
Ki prend la place du mort ?