Revue de commentaires

Comment recruter les profs ? Résumé du débat sur Rue89


Dans l'école primaire d'Emance (Yvelines), en 2007 (Gilles Coulon/Tendance floue).

C'est kawouede, un internaute habitué de Rue89, qui a tiré le premier. Il a saisi l'occasion d'un article publié le week-end dernier sur le statut et les conditions de travail des enseignants en France pour lancer le débat sur le recrutement des profs :

« Les concours nationaux, pourquoi ne pas en débattre : - est-il normal de sélectionner les profs par un mode qui exclut autant qu'il promeut ? - les qualités demandées pour réussir un concours d'enseignement sont-elles forcément celles attendues d'un bon enseignant ? - de façon générale, l'élitisme est-il un bon principe pour construire l'école dont nous avons besoin ? - est-il normal de garder deux concours (Capes et Agreg) avec ensuite des profs qui travaillent plus et sont payés moins que d'autres ? “

Comme Network23, autre riverain assidu dans les commentaires, il cite le rapport Pochard, qui envisageait début 2008 de repenser notamment la rémunération des profs. Kawouede en profite pour renvoyer vers des sites internet syndicaux, très remontés au moment de la publication de ce rapport. Le débat est lancé, et Jess Feuillie lui repond sur le bien fondé du recrutement par concours, la règle en France :

‘Un concours est bien plus discriminant, et les inégalités sociales y ont plus d'influence. c'est donc moins juste socialement que de passer par cette voie !

Les concours : arbitraires ou gage de niveau ?

Un peu plus loin, répondant à d'autres internautes, Network23 appelle a ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain’ et estime que ‘le principe du concours national reste jusqu'à preuve du contraire le plus démocratique et rationnel qu'on ait à notre disposition’ :

‘On peut critiquer les modalités de la formation (l'équilibre savoir/pédagogie), et même celles du concours, mais le principe d'un concours national lui-même reste, jusqu'à preuve du contraire, le plus démocratique et rationnel qu'on ait à notre disposition.

Bien que la chance et les inégalités socio-culturelles entrent en jeu dans un concours, celui-ci n'est pas une loterie et demeure ce qu'on a trouvé de mieux pour favoriser l'égalité des chances et une administration rationnelle.’

Xa Chan, ‘doctorant - entre ici et ailleurs’, juge pour sa part que ‘dire que le concours du Capes ou de l'agreg’ est gage d'une compétence égale des profs est une fiction complète”. Il argue, lui, qu'un concours “est une loterie, sans vrai lien avec la réalité” :

“En histoire-géographie, domaine dans lequel j'étudie, combien de mes amis ai-je vu échouer au Capes parce qu'ils se retrouvaient sur liste d'attente ? Alors quoi ? Ils ne sont pas assez bons pour être professeurs, mais on les garde sous le coude au cas où il y aurait des désistements ? Quelle hypocrisie…

Les concours mesurent pour une bonne part un volume de connaissance et non pas une capacité à enseigner. Or, la pédagogie est à mon sens aussi importante que ce que l'on enseigne. Car ne nous leurrons pas : tout ce qu'on ingurgite comme connaissances pour passer le concours n'a que très très peu de chances de nous être utile une fois devant les élèves.

Certes, il y a une épreuve sur dossier qui consiste à juger la capacité du candidat à construire un cours, à se placer devant un défi pédagogique. Cela est bel et bon, mais alors pourquoi doit-il passer cette partie du concours devant un jury de professeurs, et non pas devant des élèves ? N'est-il pas paradoxal qu'on doive passer d'abord l'agreg” ou le Capes avant de suivre des cours de pédagogie en IUFM ? Où est la logique dans tout cela ? “

Besoin de ressources sur la question ? Un autre internaute, kairos, suggère une étude, ‘Les Agrégés, Histoire d'une exception française’ (éd. Belin), par Yves Verneuil, spécialiste de l'éducation. Et cite cette question de l'ouvrage :

‘L'agrégé est-il professeur d'élite ou bien professeur pour les élites, lauréat d'un des plus prestigieux concours républicains’ ou bien ‘privilégié’ bénéficiant d'horaires amoindris ? ‘

Agrégé vs certifié : la lutte des classes chez les profs

Cette question d'une hiérarchie entre enseignants a particulièrement stimulé les commentateurs sous cet article. Ainsi, gwen pose à son tour la question d'une aristocratie enseignante, situant cette fois la frontière entre enseignements technique et général :

Il n'est pas rare dans les lycées qu'il y est une hiérarchie entre prof de lycée technique’ et ‘prof de lycée general’, et entre certifié et agrégé ! Pour faire simple, on a affaire a des situations ou des profs ne parlent pas a d'autre profs pour une question de statut (du vécu) ! Idem avec les profs de sciences ou lettres vs les profs de sport ou de dessin. Alors quoi, les gars ! Pourquoi on en parle pas ? ‘

Rejoignant une discussion déjà fournie, Sexus empiricus prolonge à son tour le débat :

La question de fond soulevée par Xa_chan et par Kawouede est sans doute gênante, parce qu'elle brouille un peu le discours’ gorgé d'évidences, d'impensés et de justifications à l'égard des concours disciplinaires.

‘Or, les récits qu'on entend dans la bouche des élèves comme les souvenirs d'enfance convergent : il y a loin entre le fait d'être admis par des profs parmi les profs et la capacité d'allumer le désir d'apprendre et de tenir le rôle d'un passeur de savoir devant des élèves.’

Même son de cloche chez Jess Feuillie qui veut poser le problème des ‘bêtes à concours’ et s'interroge :

‘En quoi le fait d'avoir l'agreg rend il un prof meilleur qu'un autre ?

De son côté, avrile, s'interroge aussi sur le sens de la pédagogie :

Un prof même avec une tête bien pleine, certifié ou agrégé n'est pas forcement apte à ce dur métier qui est aussi, sinon avant tout un métier nécessitant une réelle aptitude à la relation humaine.’

Reb, prof de lettres, rappelle de son côté que, pour lui, ‘étudier au moins trois années les bases de la discipline qu'on va enseigner est le b.a. ba’.

Au sujet de l'équilibre entre connaissance et pédagogie dans le recrutement des enseignants, l'internaute Kestiontoiinterpelle Xa Chan et demande comment repérer un futur bon pédagogue ? Ce dernier gage, lui, que c'est ‘en le mettant le plus tôt possible le candidat en face de son public, sous contrôle et guidage bien sûr du corps enseignant.’

Enseigner en maternelle ou au collège, même combat ?

Mais coraliedd rebondit sur le remplacement, rendu possible par Xavier Darcos, des enseignants arrêtés, par des retraités. Y compris d'anciens professeurs des écoles qui ont toujours enseigné en maternelle et qui peuvent être appelés à intervenir en secondaire, assure coraliedd, elle-même prof à la retraite :

‘Je viens de constater par moi-même (en lisant la lettre envoyée par une académie) qu'un enseignant ayant fait de la maternelle toute sa carrière peut être contacté pour aller en secondaire. C'est d'actualité et je pense déjà en application si des gens ont accepté la proposition.

C'est génial, l'Etat est pour l'emploi des séniors, sauf que ces retraités ne demandent rien à personne, ils ne sont pas au chômage, ne postulent pas pour rempiler et prendront la place de jeunes qui devraient être formés pour faire ce travail dans de bonnes conditions surtout pour les enfants.

Qui peut trouver normal qu'un retraité prenne n'importe quel poste (pourquoi pas enseigner une langue qu'il n'a jamais apprise) alors qu'un jeune doit avoir une formation minimun de 5 ans pour cela ?

Un peu plus loin dans la discussion, coraliedd reviendra d'ailleurs sur la question des remplacements avec cet autre témoignage :

Avez-vous entendu M. Darcos dire que pour remplacer les profs malades ou en stage, il ferait appel aux étudiants d'IUFM ? Moi oui, et cela m'a rappelé mes débuts : en 1968, avec mon bac philo j'ai débarqué du Sud dans une grande banlieue parisienne en CP.

La formation consistait en un jeudi par mois (congé pour les enfants à cette époque) avec l'inspecteur qui nous donnait les grandes lignes : programmes, règlements, etc.’

‘Va-t-on faire passer le bafa à tous les agents municipaux ?

Rebondissant sur la controverse, d'actualité, au sujet du service minimum d'accueil que le gouvernement entend mettre en place dans les écoles primaires, tilou pose une question simple mais pas inutile quant à la formation des agents chargés de l'accueil les jours de grève :

Pour garder les mômes, généralement, il faut un bafa. Est ce que l'on va en faire passer un à tous les agents municipaux pour qu'ils puissent faire les jaunes ?

Plus persifleur, enfin, newsnours pose la question de la formation d'Arnaud Teulé, candidat dissident UMP, malheureux aux dernières municipales à Neuilly, par ailleurs conseiller auprès de l'Elysée :

Quand on voit qu'Arnaud Teullé vient d'être parachuté inspecteur de l'éducation nationale, on rigole des principes d'économie énoncés par Darcos.’

151 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 13H03 | 23/05/2008 | Permalien

Lorsque j'ai lu le JO pour faire cette brève :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/05/arnaud-teull-la.html
je n'ai pas compris sur quels critères le président de la République avait pris cette décision, ni pourquoi il n'y avait pas la signature de Xavier Darcos.

Nicolas Sarkozy est co-prince d'Andorre, pas Roi de France, non ?

Portrait de Dave Feng

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 14H49 | 23/05/2008 | Permalien

C'était une bonne idée de résumer le débat qui anime RUE89 depuis deux semaines (c'est assez révélateur du nombre d'enseignants parmi les riverains…). Mais finir sur la cas Teulé, je ne pense pas que cela ait un rapport direct avec le reste - et c'est dommage de finir là-dessus.

Portrait de sinclair

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De sinclair

14H54 | 23/05/2008 | Permalien

Les critères ben récompense pour ne pas avoir trop crié après s'être fait ridiculisé et piétine. Car ceci est Sa volonté.
Révoltant mais n'a soulevé aucune reaction a part au Canard

Portrait de Ruiss

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De Ruiss

Prof en dispo | 16H06 | 23/05/2008 | Permalien

Beaucoup de choses à dire sur le mode de recrutement des profs !

Mais commençons par rappeler leurs missions, ils doivent dans un premier temps enseigner la langue française, et quelle que soit leur discipline d'enseignement, et ceci pour permettre aux élèves de devenir des citoyens de notre république. Ce qui nous amène à une seconde mission, celle d'enseigner le civisme, et de faire vivre sa classe dans les clous républicains.
Ils ont toute liberté pédagogique, mais doivent respecter les référentiels(programmes)à la lettre.

En résumé, ils sont agent de l'état et doivent un service bien défini à leur public.

Ceci étant dit, nous pourrions penser que le mode de recrutement des enseignants se calque sur ces missions ! et bien non !
Pour ce qui est de l'enseignement de la langue française, et bien sauf pour les profs de lettres, ceci n'est jamais évalué lors du concours.

Le concours… il reste néanmoins la seule forme de recrutement « républicaine », anonyme et unique il garantit les mêmes chances pour tous, ce qui est critiquable reste son contenu !

Seul les connaissances sont évalués ! celles ci sont indispensables, mais sont très éloignées des réalités d'un métier et de ses missions !

Un recentrage sur les missions de l'enseignant me parait être le seul et unique moyen de recruter les profs !

Portrait de lilialbazar

à Ruiss Portrait de Ruiss De lilialbazar

travailleure sociale à Toulouse | 18H59 | 23/05/2008 | Permalien

b jour,
je vous prie de bien vouloir m'excuser de vous signaler que vous avez fait une faute de français. Cette faute très commune aux journalistes et aux hommes politiques passe inaperçue très souvent mais je voulais vous le signaler. ne pas dire « ceci étant dit » mais cela étant dit. by

Portrait de pierrejcallard

à Ruiss Portrait de Ruiss De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 02H13 | 24/05/2008 | Permalien

Peut-être faudrait-il voir la nouvelle réalité que ce n'est plus d'enseignants qu'on a besoin, mais d« éducateurs guidant les apprenants dans une démarche autodidactique basée sur l'internet et des textes en ligne.

Ceci peut être fait dans le respect des droits acquis des enseignants et accompagné de plans de carrière plus motivants.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/704.html

Portrait de pierrejcallard

à Ruiss Portrait de Ruiss De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 02H13 | 24/05/2008 | Permalien

Peut-être faudrait-il voir la nouvelle réalité que ce n'est plus d'enseignants qu'on a besoin, mais d« éducateurs guidant les apprenants dans une démarche autodidactique basée sur l'internet et des textes en ligne.

Ceci peut être fait dans le respect des droits acquis des enseignants et accompagné de plans de carrière plus motivants.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/704.html

Portrait de pablico

De pablico

14H13 | 23/05/2008 | Permalien

un maître est une personne qui domine son art, un maître à penser,un maître spirituel, un soutient, un exemple, un maître qui va partager tout cela, en s'interessant à l'intelligence, et la sensibilité de l'élève, de façon à lui donner confiance et à aider à ce que l'élève s'élève lui même.
Avec pour seul objectif : que l'élève dépasse le maître.

on est loin de l'industrialisation de l'enseignement.
ou tout est quantifié, pesé, noté, mis en concurrence, avec atteinte de l'objectif.

Portrait de quetzal2012

De quetzal2012

enseignant précaire | 14H13 | 23/05/2008 | Permalien

Je conseille la lecture du passionant bouquine de Georges Steiner : « Maîtres et Disciples » où il réfléchit sur ce que signifie enseigner et où il analyse les différentes phases du processus jusqu'à l'ltime étape, ce qu'il appelle « la trahison »…

Il paraît évident que nombre de néo-titulaires (et même d'anciens) manquent sérieusement de pédagogie et ce n'est certainement pas les inspecteurs académiques (en venant assister à une heure de cours qui sont en mesure de dire s'ils sont de bons profs ou pas, le problème étant que la majorité des profs ont toujours été des « forts en thème » des « premiers de la classe » et n'ont jais eu aucune espèce d'aversion pour le système éducatif, or il est nécéssaire d » avoir pris, à un moment, un certain recul et sorti le nez des manuels scolaires tout simplement parce que l'école pour parapphraser Jules Ferry ne doit pas servir à gaver mais à donner faim.

L'école est un des derniers bastions à même d'éveiller la curiosité chez les jeunes, et partant, leur culture.

http://alternativealaconstipationdelapensee ; blogspot.com

Portrait de Dave Feng

à quetzal2012 Portrait de quetzal2012 De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 14H23 | 23/05/2008 | Permalien

« L'école est un des derniers bastions à même d'éveiller la curiosité chez les jeunes, et partant, leur culture. »

Je dirais que l'école est un des lieux qui pourraient faire cela - mais elle est justement peu à même de le faire, non pas tant qu'il lui manque les moyens de le faire, mais parce que sa philosophie, c'est de récompenser la soumission au maître et non la foi de l'élève en sa propre intelligence.

Je donne un conseil de lecture classique (déjà donné dans une autre discussion par un autre riverain) : RANCIERE, « Le maître ignorant ».

Portrait de quetzal2012

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De quetzal2012

enseignant précaire | 14H40 | 23/05/2008 | Permalien

En Effet, vous avez raison c'est ce que je voulais dire !

Portrait de pablico

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De pablico

16H03 | 23/05/2008 | Permalien

pas tout à fait d'accord.
l'école du par-cœur = soumission (on ne se pose pas de question, Tout est donné mâché)

l'école de la découverte = pour découvrir on est obligé de se poser des questions, donc la logique, la curiosité, une certaine forme de questionnement peuvent se mettre en place.

on veut faire des citoyens obéissants, ou des citoyens créatifs, qui remettent tout en question ?

LA EST LA QUESTION

(tout le monde sait la réponse)

Portrait de Dave Feng

à pablico Portrait de pablico De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 16H20 | 23/05/2008 | Permalien

@pablico.

Pourriez-vous me dire en quoi vous n'êtes pas d'accord, puisque nous nous reprenons la parole l'un à l'autre pour dire à chaque fois la même chose, « vive l'école de l'insoumission ! à bas l'école autoritariste ! » ?

Portrait de Piyoun

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De Piyoun

Etudiant | 17H16 | 23/05/2008 | Permalien

il faudrait ne pas non plus basculer vers un autre extrème : l'école de la découverte, et l'appel à l'intelligence et à la logique de l'enfant, peut bien favoriser les inégalités à la base entre élèves…

cela favorise les élèves bénéficiant du capital scolaire et culturel de leurs parents, qui les initient bien tôt à la gymnastique intellectuelle très formalisée de la scolarité.

s'il ne faut pas caricaturer Bourdieu et être « extrémiste », il n'en faut pas moins prendre en compte ce point là.

Portrait de pablico

à Piyoun Portrait de Piyoun De pablico

17H29 | 23/05/2008 | Permalien

il faudrait ne pas non plus basculer vers un autre extrème : l'école de la découverte, et l'appel à l'intelligence et à la logique de l'enfant, peut bien favoriser les inégalités à la base entre élèves…

il faut leur apprendre à raisonner, et après c'est l'inégalité des facultés de tout un chacun.

Portrait de Piyoun

à pablico Portrait de pablico De Piyoun

Etudiant | 17H33 | 23/05/2008 | Permalien

vous reprennez exactement le point que je conteste… la capacité à raisonner ne dépend pas d'eux pour une partie très importante (on pourrait dire, pour au moins la moitié… en restant modeste).

alors certes, ne faisons pas une école du par-coeur et de la soumission, mais ne positionnons pas l'élève dans une posture où la capacité à mobiliser des savoirs hérités par le milieux socioprofessionnels est déterminante.

on n'a pas la même capacité à développer ses potentialités intellectuelles selon que papa-maman lisent Gala ou Hegel, voire même selon qu'on se voit offrir des jouets plus « intellectuels » ou une console de jeux vidéos.

Portrait de pablico

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De pablico

17H23 | 23/05/2008 | Permalien

je n'avais pas compris désolé

Portrait de wieeinstlilimarleen

De wieeinstlilimarleen

imbepile.free.fr | 13H19 | 23/05/2008 | Permalien

Ca étudie, ça commente, pourtant ça semble ignorer des principes de base.

Le doctorant nous explique que : « combien de mes amis ai-je vu échouer au Capes parce qu'ils se retrouvaient sur liste d'attente ? Alors quoi ? Ils ne sont pas assez bons pour être professeurs, mais on les garde sous le coude au cas où il y aurait des désistements ? Quelle hypocrisie… »

Nulle hypocrisie, réussir ou rater un concours ne signifie pas en soi avoir des compétences. Ca signifie avoir été meilleur ou moins bon que d'autres. Les concours de la fonction publique sont difficiles par le nombre de postulants mis en relation avec le nombre de poste offert. De fait, ça signifie que les reçus au concours sont généralement très largement surqualifiés. Mais va t-on reprocher à l'Etat de prendre le mieux qu'il puisse s'offrir ?

D'autres nous dises que le principe du concours est-il discriminant. Faut-il par refus de l'élitisme ne pas prendre les plus compétents, rejeter le critère des vertus et mérites ? En d'autres termes, ces critères prévus par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 sont-ils aujourd'hui plus assez égalitaire ? Quelle est la nouvelle égalité ? Une égalité façon polpot où l'on supprime les plus méritants pour éviter de faire de l'ombre aux autres ?

Portrait de Nogreps

à wieeinstlilimarleen Portrait de wieeinstlilimarleen De Nogreps

13H28 | 23/05/2008 | Permalien

En tout cas, avec toutes les supressions de postes dans l'Education nationale, on pourrait bien avoir des concours très selectifs et, par conséquent, des professeurs très qualifiés ! Ainsi, il serait dommage d'envoyer ses professeurs exercer leur métier dans une Education nationale dont on prépare le démantellement !

Portrait de coraliedd

à Nogreps Portrait de Nogreps De coraliedd

retraitée ET très intéressée | 17H15 | 24/05/2008 | Permalien

La suppression des postes fait qu'on va plutôt engager des RETRAITES pour boucher les trous et éviter de créer des postes ; d'ailleurs ça a déjà commencé renseignez-vous…

Portrait de quetzal2012

à wieeinstlilimarleen Portrait de wieeinstlilimarleen De quetzal2012

enseignant précaire | 14H19 | 23/05/2008 | Permalien

Parmi l'élite que vous semblez décrire se trouvent hélas des gens très scolaires et peu cultivés, la question est de savoir quel école vous voulez pour vos enfants…

Votre raisonnement tend à cautionner la suppression de postes sous couvert de « qualité », mais ce qui se cache derrière ça, c'est, ne l'oublions pas, la suppression pure et simple du concours et des profs formés pour tirer vers le bas vos enfants !

Portrait de Nogreps

à quetzal2012 Portrait de quetzal2012 De Nogreps

14H49 | 23/05/2008 | Permalien

Mon intention n'est pas de défendre les suppressions de postes dans l'Education nationale. En effet, il est peu utile d'avoir des professeurs très qualifiés si on ne leur donne pas des conditions de travail satifaisantes. De plus, le nombre de professeurs est aussi important et la politique de suppressions de postes que mène ce Gouvernement ne semble pas faite pour assurer un bon encadrement des élèves.

Portrait de mobydick

De mobydick

en migration | 13H50 | 23/05/2008 | Permalien

ca depend quand meme de quels profs on parle : professeurs des ecoles, dans les colleges/lycees ou en prepa/universite/ecoles ? meme si avec l'agreg, on peut aller au college/lycee, l'agreg sert surtout pour l'universite - meme si l'important a tous les niveaux, c'est surtout d'infuser la curiosite, c'est quand meme normal d'avoir plusieurs concours, puisque le travail n'est pas le meme suivant le poste - par exemple, un enseignant chercheur qui fait aussi de la recherche.

ceci dit, et pour tous les types de poste, je reste persuade que le concours national restera le meilleur moyen (en tous cas le moins mauvais), car permettant (i) de limiter la mainmise sur le concours par quelques uns et pour les interets de qq'uns, (ii) d'assurer une coherence et une complementarite globale (par exemple de l'enseignement ou la recherche) et (iii) d'eviter l'encroutement qui pourrait resulter d'un cloisonnement des universites entre elles. bref, a l'oppose de ce qui est propose aujourd'hui avec la lru.

Portrait de Dave Feng

à mobydick Portrait de mobydick De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 14H05 | 23/05/2008 | Permalien

C'est effectivement normal qu'il y ait différents concours. Mais on peut imaginer des mécanismes de correction qui évite des choses comme le télescopage des certifiés et des agrégés de philo en lycée (les certifiés travaillent plus, pour moins). Ces cas ne sont pas rares.

Ensuite, il est vrai que l'agrégation est devenu un critère dans les dossiers de SH pour recruter les enseignants-chercheurs. Je pense que c'est une mauvaise chose, car cela finit par éliminer nombre de jeunes chercheurs pour des raisons à demi-claires.

Portrait de ogareff

à mobydick Portrait de mobydick De ogareff

15H09 | 23/05/2008 | Permalien

Mais non Moby Dick, dans les faits, la norme pour les agrégés, c'est d'enseigner dans le secondaire(et même avec une thèse, d'ailleurs.) Ceux qui vont à la fac sont une infime minorité.

Portrait de Dave Feng

De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 13H50 | 23/05/2008 | Permalien

Merci pour ce résumé du long débat qui anime vos pages.

Avoir un concours de l'enseignement ne garantit certes pas que vous serez un excellent professeur. Tout d'abord, parce que vous pouvez posséder les capacités de réussir et échouer le jour de l'épreuve. Ensuite parce que le concours ne contrôle pas les compétences peut-être les plus révélatrices. Enfin parce qu'il n'existe peut-être pas de concours capable de détecter un savoir-faire et non simplement un savoir. En outre, ce savoir-faire s'acquiert souvent après le concours, au contact des élèves.

Une fois ces points notés, il faut cependant garder quelques points importants à l'esprit. (1) Posséder certains savoirs est tout de même un minimum. (2) Avoir recours au concours national reste moins inégalitaire et injuste que le recrutement hors-concours qui ajoute, à l'inégalité sociale, la cooptation et la recommandation. Sans compter qu'il y a un vrai risque d'accentuer encore plus les inégalités entre lycées. (3) Bon an mal an, si vous regardez ceux qui ont réussi et ceux qui ont raté la même année, vous aurez, à l'arrivée, une plus forte proportion de bons candidats dans les reçus que dans les recalés.

Donc, le système actuel a des avantages et, avant de l'abandonner pour pire, il faut imaginer des mécanismes de correction.
(1) On peut développer, en licence et en M1 des partenariats avec des collèges et des lycées, de manière à inciter les candidats à poser les pieds dans ces lieux avant de passer les concours.
(2) On peut repenser la distinction CAPES/agreg, en cela que, si les titulaires de ces concours font finalement le même métier, ils ne devraient pas être payés différemment.
(3) On peut, plus fondamentalement, raisonner sur les moyens de permettre non pas l'enseignement de la pédagogie, mais l'apprentissage de la pédagogie par les jeunes enseignants eux-mêmes (sans verser dans le contrôle social).

Portrait de Lulubellule

De Lulubellule

Elève ingé parisienne | 14H10 | 23/05/2008 | Permalien

Capes vs Agreg'

sur : « est-il normal de garder deux concours (Capes et Agreg) avec ensuite des profs qui travaillent plus et sont payés moins que d'autres »

l'Agrégation et le Capes, en plus d'être des concours permettant l'entrée dans l'éducation nationale, sanctionnent de plus un certain niveau d'étude dans le cas du concours externe (minimum bac+3 pour le Capes et bac+4 pour l'Agrégation).
de plus, un certain nombre de postes, accessibles à un agrégé, ne sont pas accessibles à un capésien (ex : enseignement en BTS, classe prépa, université)

donc oui il est important de garder les deux concours

la question qui me semble alors pertinente est : à poste égal (donc professeur des lycées en général), la rémunération doit-elle tenir compte du niveau d'étude ou bien du poste et du nombre d'heures d'enseignement qui lui sont attachées ?

Portrait de melimelo-melimelo

à Lulubellule Portrait de Lulubellule De melimelo-melimelo

14H37 | 23/05/2008 | Permalien

Moi qui suis suis capésienne, ça ne me dérange pas qu'un agrégé gagne mieux sa vie que moi. Après tout, je n'avais qu'à passer l'agrég plutôt que le capes quand j'avais encore la tête dans le guidon (des études)… et puis j'ai toujours le vague espoir d'avoir un jour le temps de préparer l'agreg interne et de la réussir afin d'améliorer mon salaire !

Portrait de Dave Feng

à melimelo-melimelo Portrait de melimelo-melimelo De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 15H03 | 23/05/2008 | Permalien

« Moi, je suis capésienne (sic) » - eh bien, vous avez complètement essentialisé votre concours. C'est sûr qu'avec des essentialistes, la révolution des concours n'est pas pour demain.

Même si les concours ont une valeur - imaginez ce cas de figure. Deux personnes passent, la même année, le capes et l'agreg de lettres modernes. Elles ont à peu près les mêmes connaissances, mais la glorieuse incertitude du concours fait que l'une est certifiée, l'autre agrégée. Elles se retrouvent un jour dans le même lycée. Elles ont les mêmes classes, auxquelles elles font faire les mêmes choses. Mais l'une fera 18h à 1700EUR, l'autre 15h à 2000EUR.

Tout en conservant l'ambition « élitaire » du concours, on peut imaginer des mécanismes de correction, non ?

J'ai un ami certifié qui est à peu près dans ce cas. Il m'a dit que la phrase qu'il entendait le plus souvent était : « certifié, agrégé… Pas de cela entre nous. On fait tous le même métier. » A quoi il répond : « eh bien, si l'on fait le même métier, raboule les 150EUR qui feront de nous des égaux ! »

Portrait de ogareff

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De ogareff

15H17 | 23/05/2008 | Permalien

Hm s'il fallait rétribuer les gens en fonction du temps de travail et de la dureté du job, c'est sûr que ça changerait beaucoup de chose pour beaucoup de gens. Et ce serait normal, en effet, qu'un prof de banlieue à 18h gagne plus qu'un prof de fac à 6h de cours devant élèves (+ le reste consacré à ses recherches, ce qui est en général plus épanouissant.) Je trouverais ça tout à fait sain que l'on doive choisir entre le fric et le confort. Mais quelque chose me dit que c'est pas demain la veille !

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