Alors qu'une journée de manifestations nationales est prévue samedi contre le projet du ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, des enseignants de l'école Binet A, située dans le XVIIIe arrondissement de Paris, sont en grève depuis lundi 19 mai.
Vendredi matin, peu d'enfants ont franchi les grilles de cette école du premier degré. La directrice Danièle de Chambrun (SNUIPP) filtre les entrées -la porte donne aussi accès à deux autres écoles, » BinetA » et » Binet B » .
Une trentaine de parents accompagnés de quelques enfants stationnent devant la grille et discutent. Les dix enseignants avaient averti les parents : contrairement aux jours précédents, ils ne font pas classe ce vendredi et les enfants qui entrent seront gardés en récréation. Certains parents repartent donc avec leur enfant.
« La réforme Darcos est mauvaise, elle vise les enfants les plus en difficulté
D'autres attendent pour rentrer et participer à la réunion prévue avec le corps enseignant. L'un d'eux, papa d'un petit garçon, explique : » On se bat pour l'avenir de nos enfants. La réforme Darcos est mauvaise, elle vise les enfants les plus en difficulté. Certains parents ne s'en rendent pas compte actuellement, mais dans quelques temps ils verront ses mauvais effets. » Quelques mères de famille ont effectivement affiché plus de distance avec le mouvement des enseignants. Sans se montrer ouvertement hostiles à la grève, elles souhaitaient absolument que leur enfant aille en classe et ont interpelé la directrice.
Celle-ci évoque la précarité des parents pour expliquer ces moments de tensions :
» Ce n'est pas une opposition de fond, en gardant leur enfant à la maison et en s'absentant du travail ces parents ont peur de perdre leur emploi, souvent précaire. Il faut qu'on discute avec eux pour leur faire comprendre que cette grève est dans l'intérêt de leurs enfants » (Voir la vidéo.)
Pendant que les quatorze enfants accueillis en garderie sur les deux-cents cinquante que compte l'école jouent dans la cour de récréation, une trentaine de parents et enseignants discutent dans le préau sur la suite à donner au mouvement et confectionnent des banderoles : samedi ils iront rejoindre la manifestation nationale à l'appel de plusieurs syndicats et associations de l'éducation. A l'image de la directrice de l'école, ils se disent » préoccupés par des mesures qui ne vont pas dans le bon sens » . Danièle de Chambrun précise :
» Ce qu'on reproche à cette réforme, ce n'est de ne pas remplir les missions d'école publique de la République, de faire des écoles des quartiers populaires des écoles de seconde zone. »
Allègement des programmes, publication des évaluations des enseignants, création d'une agence nationale pour remplacer les enseignants absents, redistribution des heures de travail… autant de mesures annoncées par Xavier Darcos mais critiquées point par point par Danièle de Chambrun. (Voir la vidéo.)
Selon l'inspecteur d'académie du premier degré pour Paris, Edouard Rosselet, » seuls deux ou trois écoles sont actuellement touchées par des mouvements de grève à ma connaissance » dans la capitale. Alors que la fin de l'année scolaire approche, la mobilisation nationale de samedi fait figure de baroud d'honneur pour les opposants à la réforme du ministre de l'Education.



















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De François et François
23H15 | 23/05/2008 |
Même si la mobilisation des enseignants peut paraître moins forte à l'approche des vacances scolaires, on peut toutefois affirmer que les professeurs ont gagné la bataille de l'opinion. En effet, face à cette mobilisation, le Gouvernement est resté inflexible, provoquant et même insultant envers les manifestants. La seule réponse qu'il a proposé et l'instauration du service minimum. Or, si 60% des français sont pour le service minimum , cela ne veut pas dire qu'ils sont contre la grève et qu'ils ne soutiennent pas le mouvements des enseignants. Il faut même se réjouir que 40% des français soient contre le service minimum compte tenu des difficultés que peut provoquer une grève dans leur quotidien.
Les enseignants ont donc l'opinion derrière eux. Tout ce que l'on peut leur conseiller est de continuer à faire valoir leurs arguments auprès de l'opinion publique puis de remettre les grèves et les manifestations pour la rentrée sociale.
En effet, il se pourrait bien que des révoltes et des grèves éclatassent bientôt étant donné la politique arrogante et cynique de ce Gouvernement. Il faut absolument que les professeurs, les étudiants, les élèves et les parents d'élèves soient de la partie !
De affreuxjojo
23H50 | 23/05/2008 |
Deux contradictions flagrantes dans la politique du gouvernement.
D'une part appauvrir en permanence le service public au point d'en multiplier les dysfonctionnements. D'autre part créer un service minimum pour les grèves (qui ne représentent pourtant qu'une petite partie de ces dysfonctionnements). L'objectif serait-il de faire de la France le seul pays où les services publics ne fonctionnent bien que les jours de grèves ?
Deuxième contradiction : parler des « pauvres parents qui doivent garder leurs enfants les jours de grèves » et simultanément, cherchez à autorisé le travail le Dimanche. Comment feront alors les parents pour garder leurs enfants ? Comme dans ce cas ils ne seront plus « pris en otages par les grévistes » ce problème laisse le gouvernement totalement indifférent.
De anacaona
10H56 | 24/05/2008 |
Merci Caro, je ne sais pas si j'épaterai mon fils mais en tout cas, ça me rendra bien service.
La situation en Guyane est parfaitement révélatrice de la casse programmée de l'école : ici pas de baisse des effectifs, au contraire une population scolaire en constante augmentation ; des classes déjà surchargées ; des conditions de travail indignes ; des publics non-francophones ; et pour toutes ces raisons, un niveau scolaire faible. Remèdes proposés ? Gel des créations de postes, heures sup à gogo, suppression de CLIN, CLIS et CLAD, suppression d'options… et un Recteur qui vient juste d'arriver, qui ne veut rien savoir, rien comprendre et surtout rien lâcher.
Bref, manif unitaire aujourd'hui à Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni.
En Guyane, il n'y a effectivement pas que l'or et Ariane à Kourou. Il y a aussi d'énormes difficultés économiques et sociales.
Et il y a surtout une incroyable société multiethnique, qui doit se construire un destin commun, il y a beaucoup d'énergies qui ne demandent qu'à s'employer.
Mais surtout, il y a une jeunesse à qui ON DOIT UNE EDUCATION DE QUALITE. Et c'est pas gagné…
De future-ex-prof
prof | 13H07 | 24/05/2008 |
Je fais partie des enseignants qui essaient de se battre aujourd'hui, non pas pour un « statut », non pas pour de meilleures conditions de travail, non pas pour une augmentation des moyens financiers accordés à l'éducation nationale, mais pour le maintien d'un droit à l'éducation, à une réelle éducation pour TOUS.
On ne se bat pas pour le pouvoir d'achat des professeurs mais pour l'éducation des enfants, de tous les enfants. Comme mon pseudo l'indique, je ne pense pas rester encore très longtemps dans l'éducation nationale, les conditions de travail ne sont certes pas faciles mais ce n'est ce qui me fait réfléchir à une démission aujourd'hui (toutes les professions ont leurs avantages, leurs inconvénients, leurs difficultés…)
La raison pour laquelle je me pose sérieusement la question de démissionner est que je ne pourrai plus faire mon travail correctement vu les nouvelles orientations politiques du gouvernement. Ce n'est déjà pas évident aujourd'hui, ça le sera encore moins demain.
Je ne serai donc sûrement plus « à l'école » demain mais mes futurs enfants, eux, y seront. Nos enfants y seront demain, les futurs citoyens de ce pays y seront demain, tous formatés, sans aucun esprit critique (sauf pour l'élite de quelques écoles privées, bien entendu).Ce qui se profil à l'horizon est contraire à tout ce qui m'a donné envie d'être professeur. Je refuse de cautionner un tel système, un système dans lequel les inégalités sociales se creusent à l'école, dans lequel je deviens animatrice ou gardienne d'enfants et non plus professeur. Et si l'ont doit en arriver là, ce sera sans moi.
Par contre, je continuerai à me battre, cette fois en tant que citoyenne, pour une école pour TOUS.
Les lycéens ont donné ce qu'ils pouvaient, les profs aussi(les blocage de lycées par les professeurs ont commencé mi-février mais n'ont pas été relayés médiatiquement). Nous sommes aujourd'hui à quelques semaines du bac, des conseils de classe, des décisions d'orientations, on ne peut plus continuer à se mobiliser autant. C'est aux parents, aux citoyens de ce pays de nous aider, de comprendre que ce n'est pas une lutte corporatrice mais une lutte pour notre pays, pour notre futur à tous, notamment pour nos enfants, et surtout de ne pas se laisser manipuler par un président ou des ministres qui tentent de diviser pour mieux régner.C'est ensemble qu'on pourra faire avancer les choses.