Retraites: peut-être 42 ans, mais justement et intelligemment

Pour l’immense majorité des salariés, qui sont dans l’incapacité de se constituer une retraite complémentaire par capitalisation, le sauvetage des systèmes de retraite par répartition est la seule issue. Basculer vers des systèmes par capitalisation, ce qui créerait évidemment un marché de rêve pour les banques et sociétés d’assurances, ne pourrait se concevoir que pour les jeunes entrant dans la vie active. Or, ceux-ci perçoivent aujourd’hui des salaires qui ne leur permettraient pas de cumuler les cotisations des régimes par répartition -lesquelles manqueraient, sinon, gravement pour payer les retraites de leurs aînés- et les primes mensuelles à payer pour se constituer des recettes décentes par capitalisation.

De toutes façons, pour la gauche, le seul choix possible est celui d’assurer à tous les citoyens une retraite décente, représentant un taux de remplacement de 70% ou 75%, par le seul jeu de la répartition. Celle-ci incarne la solidarité entre générations, valeur fondamentale de la gauche, au même titre que la solidarité entre malades et bien portants. Elle est également la seule qui met les retraites de chacun à l’abri des aléas individuels de la vie.

Le régime des cadres ne doit son équilibre qu’à des transferts des non-cadres

Mais tous les systèmes de retraite par répartition sont en déficit, réalisé ou potentiel, du seul fait du déséquilibre démographique entre retraités et actifs, avec la durée actuelle de cotisation de quarante années pour la pleine retraite. Celui de la branche vieillesse de la Sécurité sociale est passé de 1,8 milliard d’euros en 2006 à 4,57 en 2007, et devrait encore augmenter en 2008. Le régime Agirc des cadres n’est en équilibre que grâce à des transferts du régime Arrco des non-cadres, et deviendra négatif, même après ce transfert, dés 2009-2010. Et le régime Arrco, qui affiche un excédent de l’ordre de 3 milliards d’euros, ne supportera pas éternellement le déséquilibre démographique.

Il n’y a, c’est vrai, que trois moyens pour résorber ces déficits. Augmenter les cotisations, diminuer les retraites, ou allonger les durées de cotisation. Contrairement à ce que répète la droite, la France n’a pas le taux de prélèvements fiscaux le plus élevé; elle se situe, à cet égard, à la moyenne européenne et des pays développés (27% du PIB pour des moyennes OCDE et zone Euro de 26,5% et 28%).

Par contre, elle a le taux de cotisations sociales le plus élevé (16,4% contre 14,5% pour les pays ou elles sont les plus élevées). Ces pays sont nos concurrents à l’exportation; nous ne pouvons pas augmenter encore notre handicap par rapport à eux. Par ailleurs, diminuer les retraites est moralement et politiquement exclu, encore que, par le jeu subtil et insensible de l’indexation, le procès soit déjà plus ou moins à l’œuvre.

Ne reste donc effectivement que l’allongement de la durée de cotisation. A ce jour, l’espérance de vie s’allonge d’environ un trimestre par an; ce progrès ne sera peut-être pas durable. Tout dépend de notre capacité à éradiquer toutes les pollutions qui oeuvrent en sens contraire. Mais sur cette base, passer de 40 à 41 voire 42 annuités, c’est « cannibaliser », en quelque sorte, pour chaque homme et chaque femme, le « plus » d’espérance de vie que le progrès lui a apporté en quatre ou huit ans. Ce n’est pas négligeable et doit être pris en compte.

Une surcotisation sociale au-delà d’un certain niveau de salaire

Lors de la négociation de 2003, les syndicats n’avaient signé pour 41 annuités en 2012, que sous condition d’une prise en compte de la pénibilité et, surtout, du fait que l’emploi des seniors progresse. A quoi rime en effet de discuter sur l’allongement de la durée de cotisation, dans la mesure où nos entreprises sont toutes contentes de se débarrasser de leurs plus anciens employés entre 55 et 58 ans, avec la complicité fiscale et parafiscale des pouvoirs publics, et, c’est vrai, à la satisfaction des intéressés, qui ne se voient plus, pour la plupart, continuer au même rythme le même métier.

Un préalable de pure justice sociale pourrait d’abord être posé. Aujourd’hui, les inégalités salariales se sont considérablement accrues. Elles compliquent d’ailleurs le dialogue social dans les entreprises. Il ne serait pas anormal que soit instaurée une sur-cotisation sociale au-delà d’un certain niveau de salaire, destinée à abonder tel ou tel régime de retraite. La mesure ne serait en aucun cas à la hauteur du problème. Mais elle « fluidifierait » -pour le coup, le mot serait juste!-, les discussions qui s’engagent.

Des métiers moins pénibles et moins payés en fin de vie professionnelle

Au-delà, des hommes qui sont capables d’en envoyer certains sur la lune, d’œuvrer au niveau du nanomètre, de décoder les génomes, sont-ils incapables d’imaginer des procédures permettant à chaque salarié de changer au moins une fois, sinon trois ou quatre, de « métier » dans sa carrière? Il ne fait aucun doute que l’on ne peut demander à un homme de conduire un métro, d’occuper le même poste sur une chaîne de fabrication, de délivrer le même document administratif, d’enseigner dans un collège sensible, pendant 41 ou 42 années. Mais cette durée devient humainement et socialement possible, s’il n’occupe ces postes que durant dix ou vingt ans, puis en change.

Ne sommes-nous pas capables non plus d’imaginer, dans un tel cadre, que les derniers « métiers » qu’occuperaient ces hommes soient moins pénibles, occupent moins de temps dans la journée, et, donc, soient un peu moins payés, ce qui inciterait entreprises et salariés à accepter de maintenir le lien contractuel jusqu’au terme de la durée nécessaire de cotisation. Ce qui, dit-on, augmenterait pour certains, leur espérance de vie, tant l’arrêt total de travail est souvent mortifère.

C’est très certainement possible puisque des hommes, déjà, changent cinq ou six fois d’emploi dans leur vie, et n’arrêtent, souvent à regret, qu’à 65 ou 66 ans. Il est vrai que ce sont, la plupart du temps, des cadres dirigeants, bien payés et que leur travail intéresse. Ne serait-ce pas un beau programme, pour la gauche, que de proposer un tel contrat social pour tout le monde. Sauver définitivement le système par répartition, dont elle fut à l’origine, en allongeant la durée de cotisation jusqu’à 42 ans, mais en bâtissant un système complètement nouveau de « trans-formation » tout au long de la vie, permettant à chaque femme et chaque homme de se projeter sur le monde par son travail, sans ennui, ni fatigue excessive, jusqu’à une retraite bien méritée?


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Naradamuni | sans
12H07 22/05/2008

ILFAUDRA M’EXPLIQUER POURQUOI À LA SORTIE DUE LAGUERRE DANS UNE FRANCE EN RUINE CE QUIL A ÉTÉ POSSIBLE DE FAIRE NE LE SERAI PLUS AUJOURDHUI DANS UN PAYS FESANT PARTI DES NATIONS LES PLUS RICHES DE LA PLANÈTE ?

 
en colère | en colère
12H31 22/05/2008

http://www.dailymotion.com/relevance/search/alternative%2Bimages%2B/vide…

exact… regarde ça…! et à diffuser sans modération.

 
13H02 22/05/2008
 
17H54 22/05/2008

J’aime lire « affronter le papy-boom »…!
Dire que ces « affreux » ont payé des écoles, des facs, des hopitaux et la retraite de leurs vieux, c’est à peine croyable…! Mais c’est vrai, maintenant ils sont à charge, c’est pire que le réchauffement climatique, le pic-oil, le capitalisme financier, la guerre en Irak, le conflit palestino-israélien, la raréfaction des ressources naturelles, la pollution etc…
Affrontons-les avec courage…surtout quand il faudra changer leurs couches. (lavables, en coton équitable bio, c’est mieux…)
salutations babyboomesques…

 
19H47 22/05/2008

Amusons nous à penser comme un jeune énarque.
Vivre plus de 70 ans c’est abuser, cela déséquilibre et fait couler le processus de retraite et de sécurité sociale.
Donc en partant de ce postulat :
Faisons payer aux morts de plus de 70 ans, un impôt pour avoir profité plus que de raison des caisses de retraite et de sécurité sociale.
(À prendre sur leur héritage.)
NB : c’est juste une mesure à prendre avant le verre de ciguë obligatoire.
À votre santé!! (Parole à dire avant d’avaler le dit verre libérateur)

    salutations baby-papyboomesques ;-)
 
20H26 22/05/2008

Encore plus précisément si nécessaire, la dernière année de vie étant celle qui coûte le plus cher, supprimons la dernière année de vie!!!!

 
19H31 22/05/2008

Tres juste. Et j’ajouterais s’il n’y avait pas eu de baby boom pas de papy boom donc n’existeraient pas les richesse que cette génération a crée .

Le problème n’est pas le manque de richesse mais sa repartiton. Et prolonger ad vitæ eternam le temps de travail ne résoudra pas le problème.

Tant qu’aux papy boomer ils sont donc devenus un boulet. Il faut les mettre a la réforme comme les vieux chevaux. Puisqu’il faut tout reformer mais pas pour avoir des conditions de vie meilleure, mais de plus en plus difficiles et pour rendre plus heureux les plus riches.

Il est évident que repousser l’age de départ à la retraite ne conduira qu’a mettre au RMI ceux qui n’ont plus de travail et de réduire d’une manière conséquente le montant de la retraite.

Rappelons enfin que la part des primes dans le salaire a beaucoup augmente alors que la retraite est calculée sans les primes et heures sup.

Rappelons enfin que la retraite est financée par le travail et non par la richesse crée. C’est là qu’est le problème, car des emplois (qui permettent de vivre correctement) il y en aura de moins en moins, donc de moins enmoins d’argent pour payer les retraites.

Nous sommes en train d’assister a la pire régression sociale jamais connue. Pendant ce temps le PS a des problèmes d’égo, devient libéral, reconnait l’économie de marché et de fait est bel et bien en accord avec les régressions économiques et sociales.

L’Europe a d’autant plus bon dos que c’est une Europe économique et non une europe des gens qui l’habitent..

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
22H04 22/05/2008

Voyez-vous bien le système de redistribution ?
Il y avait un nombre important d’actifs qui par leur travail permettaient de payer la pension d’un seul retraité. Aujourd’hui, le nombre d’actifs pour un retraité a baissé à cause des progrès de la santé publique favorisant l’allongement de la vie. C’est un fait. Globalement, la charge supportée par chaque actif s’alourdit constamment. Indéniable.

L’idée d’allonger la durée du travail n’est donc pas aberrante en soi mais qu’en penser dans un contexte où deux tiers des seniors à partir de 55 ans se retrouvent licenciés et ne trouvent plus d’emploi ?

C’est une façon de faire baisser le niveau de revenu d’une grosse fraction de la population …

Votre remarque sur l’économie de marché me semble inappropriée. Souhaiteriez-vous une production basée sur un Plan Quinquennal ? En quoi est-ce gênant ?

Quant à l’idée d’opposer économie et citoyens, que ce soit pour la France ou pour l’Europe, je doute de sa pertinence.

 
23H13 22/05/2008

Là c’est une question de conception de l’économie et du social. Lorsque j’entends économie de marché sans autre précision je me réfère a un système qui fait partie du capitalisme. Idéalement une économie de marché naît de la réalisation d’un équilibre entre l’offre et la demande dans un environnement concurrentiel, par un ajustement du niveau des prix et du niveau de rémunération des facteurs de production.

Hors on ne peut que constater que ce système avec les dégâts qu’il occasionne est devenu incontrôlable, car il intervient par exemple des mouvements de capitaux considérable qui ne répondent plus a l’offre et la demande mais. D’autre part la concurrence est devenue mondiale donc la recherche du moindre cout pour le maximum de profit amène a chercher le plus faible cout de main d’œuvre qui est le seul élément facilement ajustable. Et donc un alignement sur le plus bas salaire. Je ne vous ferai pas l’injure de donner des exemple. Un Plan Quinquennal qui n’est pour un pays que de prévoir a moyen terme un développement d’infrastructure d’ailleurs utilisé largement par la V° république abandone car on gere de plus enplus au jour le jour.

Tant qu’à l’Europe je maintiens que c’est surtout une Europe des Marchands et des financiers. Ce qui relève du social relève de la Justice de la fiscalité des libertés et du travail (droit du) de la défense de la sécurité des citoyens sur tout ces points entre autres qui caractérisent la vie des citoyens peu de chose en commun existent notre gouvernement pêche des éléments sortis de leur contexte ici et là pour faire passer des lois iniques. La flexisecurite et l’éducation en font partie.

Quant au système de redistribution. Je disais qu’il y a deux façons de le faire soit comme vous le dites uniquement par la cotisation des actifs salaries soit en y incluant par la richesse dégagée par le travail, ainsi que celle dégagée par les services et la finance.

C’est juste une question de perception des choses. La votre est effectivement la plus partagée actuellement en tout cas celle qui trouve le plus d’écho ce que je déplore. Veuillez excuser la longueur de ce post, forcement incomplet vu l’ampleur du probleme social et economique

 
YAJ | enseignante retraitée, non remplacée
22H17 22/05/2008

Dans la fonction publique on cotise depuis le 1er janvier 2004 sur les primes et heures sup

 
22H38 22/05/2008

Exact mais comment en tient on compte dans le calcul de la retraite? Alors que seul est pris en compte l’indice?

 
13H52 22/05/2008

la volonté politique mon cher … et je pense aussi que le contexte était un peu different …

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
14H57 22/05/2008

Question bien intéressante. (Mauvaise idée les majuscules).

J’imagine que la différence entre l’espérance de vie de cette époque et celle d’aujourd’hui est faramineuse … et que cela a forcément un coût.

 
13H13 22/05/2008

« Il n’y a, c’est vrai, que trois moyens pour résorber ces déficits. Augmenter les cotisations, diminuer les retraites, ou allonger les durées de cotisation. »

Vous basez votre reflexion sur une hypothese fausse. Il existe d’autres moyens, comme l’extension de la cotisation sur les revenus qui ne sont pas issus du travail, tels que les dividendes, plus values, rentes etc…

Pourquoi les economistes depensent-ils tant d’energie pour nous laver le cerveau alors qu’ils pouraient faire naitre des debats plus constructifs.

 
17H56 22/05/2008

Bonne mise au point…

 
16H48 23/05/2008

Bonjour Tophee.

Tout à fait d’accord.

Cordialement.

J.C.M.

 
14H24 22/05/2008

j’aime assez le point de vue de Jean Matouk qui n’est pas bête du tout. cette idée mértie au moins qu’on s’y penche.

 
14H50 22/05/2008

M. Martouk parle des hommes. Croyez-vous qu’après avoir travaillé, élevé des enfants, puis s’occuper de ses parents agés (tâche que tout le monde reconnait qu’elle porte exclusivement ou presque sur les femmes), une femme puisse continuer à avoir envie d’autre chose que de se reposer un peu passé la soixantaine?? L’égalité homme-femme dans ces conditions c’est une belle arnaque.

Il faudrait tout de même que les hommes qui veulent continuer à travailler parce que leurs conditions de travail les satisfont (salaire et/ou reconnaissance sociale)ne poussent pas l’égoïsme et le mépris à penser que les autres s’éclatent autant qu’eux dans des boulots merd… Même remarque pour la dame Parisot et sa dernière trouvaille de retraite à 63 ans et demi (et dans quelques mois elle demandera 65, 67 ou pourquoi pas plus)!

 
16H35 22/05/2008

je suis une femme et bien qu’en début de carrière et ne sachant pas encore si j’aurai des enfants, je compte bien travailler autant et aussi longtemps que l’éventuel papa: je veux dire que lui aussi rentrera plus tôt le soir pour s’occuper des marmots.
j’imagine bien que vous me rirez au nez (du genre, tu verras quand tu grandiras ma petite tu vas déchanter) mais c’est une conviction que j’ai et les hommes prêt à partager cette « double journée » existent.

votre second paragraphe ne fait que souligner l’urgence d’une réflexion objective sur la pénibilité du travail.

 
18H04 22/05/2008

oh non, je ne vous ris pas au nez, mais je suis à la veille de la retraite (ouf) et j’aspire à arrêter au moins le travail salarié. Ceci étant dit, statistiquement ne vous faites pas d’illusion : il y a eu et il y aura toujours des hommes qui prennent une part du boulot, mais l’égalité c’est plutôt rare (surtout quand le temps passe) et puis trêve de bavardage, il faut penser aux autres, femmes seules qui élèvent des enfants ou dont le compagnon se défile pour des tas de raisons (parfois réelles). C’est facile de raisonner comme vous le faites parce que, pour l’instant, vous êtes en pleine forme. Je vous souhaite de le rester, mais ne soyez pas trop naïve et n’oubliez pas vos vieux parents…

 
eelisa | à gauche toute !
07H52 23/05/2008

Merci Suzanna ! il y a des femmes effectivement qui sont seules avec plusieurs gamins ; en plus comme on fait des enfants de plus en plus tard, on se retrouve quelquefois avec charges alors qu’on est proche de la retraite !

 
09H07 23/05/2008

je n’oublie pas mes (pas encore) vieux parents ne vous inquiétez pas :) mais laissez moi garder ma naïveté et croire que ce ne sera pas une « charge » que de m’occuper de mes parents.

sinon soyons bien claire, je ne nie pas l’inégalité dont sont victime les femmes devant la retraite et dans le monde du travail, j’y suis confrontée tous les jours. la double journée, mes collègues femmes connaissent. mais ça change petit à petit…tel collègue (homme) va chercher une fois sur deux son bébé à la crèche, etc… je suis aussi bien consciente que ce n’est pas facile pour un femme seule et j’imagine bien que dans 40 ans j’aspirerai à la retraite aussi. ce qui me gêne c’est vraiment de faire une différence tout de suite entre hommmes et femmes.

je crois fermement que c’est par notre propre volonté qu’on arrivera à faire changer les choses.

 
14H50 22/05/2008

M. Martouk parle des hommes. Croyez-vous qu’après avoir travaillé, élevé des enfants, puis s’occuper de ses parents agés (tâche que tout le monde reconnait qu’elle porte exclusivement ou presque sur les femmes), une femme puisse continuer à avoir envie d’autre chose que de se reposer un peu passé la soixantaine?? L’égalité homme-femme dans ces conditions c’est une belle arnaque.

Il faudrait tout de même que les hommes qui veulent continuer à travailler parce que leurs conditions de travail les satisfont (salaire et/ou reconnaissance sociale)ne poussent pas l’égoïsme et le mépris à penser que les autres s’éclatent autant qu’eux dans des boulots merd… Même remarque pour la dame Parisot et sa dernière trouvaille de retraite à 63 ans et demi (et dans quelques mois elle demandera 65, 67 ou pourquoi pas plus)!

 
Schrödinger | quark
15H17 22/05/2008
 
15H28 22/05/2008

Il n’est question ici ni de physiologie (je vous trouve sottement macho), ni de de harcèlement au boulot, mais tout bêtement de durée de journées de travail, qui s’accumulent en mois puis en années!
Cela fait une fichue différence au bout de 40 ans Monsieur!
Enfin sur le plan économique, il faudrait peut être se rappeler que ce sont les enfants qui paient les retraites… merci aux femmes de cumuler la double journée.

 
en colère | en colère
16H18 22/05/2008

on va surtout cesser de te lire…!! car sérieusement tu arbores un discours assez primitif et tu pourrais être un des responsables de nos maux…!

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
14H52 22/05/2008

Jeune retraité de 61 ans, il m’est difficile de supporter une perte de lien personnel, et la profondeur de mon « inutilité » sociale. J’aurais tellement préféré quitter progressivement les lieux et actions de mon métier ; il est vrai que je fais partie de ces salariés qui ont eu la chance d’avoir un métier plutôt qu’un emploi, et le sentiment de servir à qq chose et de participer à une création. Même si j’apprécie qu’un jeune ait pu prendre ma place et échapper ainsi à la précarité.

L’idée de rejoindre la troupe moutonnière des seniors à la sauce serial-tourist rejoignant leur car ou des assoc’ de vieux me paraît insipide. Je préférerais pouvoir donner des coups de main à mes anciens collègues mais il n’existe pas de cadre pour le permettre en dehors d’un réseau peu fiable de connivences interpersonnelles ……

J’ai bien aimé l’article de Jean Matouk. En matière sociale et politique, c’est toujours intéressant de partir des réalités économiques plutôt que de considérations quasi religieuses (comme cela se voit à droite et à gauche). Il importe de rester dans le faisable. C’est la seule façon de préserver les grands principes.

Si j’ai bien compris, il existe des raisons liées au contexte économique, à la santé publique, et à la démographie pour expliquer ces difficultés.

Si la démographie est concernée, … une méthode qui a dû être employée très souvent depuis le XIX° siècle dans les pays en pointe et vieillissant (connaissant une baisse démographique ou un ralentissement) c’est d’encourager l’immigration, l’arrivée de forces jeunes. Une façon de soigner les défauts de la pyramide des âges, l’insuffisance du nombre de jeunes. Or l’importance qu’ont pris dans l’opinion publique les idées xénophobes de l’extrême-droite joue contre cette nécessité que l’on peut qualifier de structurelle. Non seulement Le Pen est un voisin désagréable et peu charitable mais en plus il « tire une balle dans le pied ». Ce racisme est à la fois une faute contre le cœur et contre l’esprit. On sera plus que bien avisé de ne pas l’en féliciter… Non ?

 
16H09 22/05/2008

Je suppose qu’il faut un temps d’adaptation à votre nouvelle vie qui commence. Il n’y a pas que le jardin. Je ne sais pas où vous êtes, mais il existe des structures où les anciens peuvent faire bénéficier les jeunes de leur expérience.
Pour ce qui me concerne, je ne suis pas encore à la retraite (mais bientôt). J’ai mené deux vies (voire trois) en une (militante). J’aurai simplement un peu plus de temps pour la vie militante (c’est plus fort que moi, c’est viscéral).
Comme vous, j’ai la chance d’avoir un travail qui me laisse toute ma « fraîcheur » et dont je ne me lasse pas. En même temps, je ne m’y accroche pas, mon avenir étant différent à brève échéance (mais moi, je n’ai pas de jardin).

 
ex-riverain | x
15H08 22/05/2008

l´avenir de l´humanité est donc toujours le travail. mais pour qui, pour quoi, pour quel avenir que l´on réserve a cette planete…
Merde au travail, merde a cette société - merci de développer a ma place.

 
16H38 22/05/2008

une pensée pour l’ingénieur qui t’a conçu ton ordinateur et pour l’ouvrier qui l’a assemblé, qui t’ont permis par leur travail pas toujours drôle d’aller sur rue89 dire ta haine du travail.

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
18H24 22/05/2008

Imagine ce que serait ta vie dans un lieu non « civilisé » par les efforts de plusieurs générations avant la tienne.

Tu n’aurais pas de toit, tu devrais t’ingénier jour après jour à trouver ta nourriture, de l’eau propre sinon potable. Question vêtement, tu ferais en fonction de ton ingéniosité propre ; j’ai toujours pensé que je me vêtirais avec de grosses feuilles en été et avec de la paille en hiver en attendant de tuer quelques lapins et d’apprendre à les dépecer, apprendre à traiter les peaux puis découvrir une façon de les coudre ensemble. Et je ne m’appliquerais pas à faire une liste même light de tout ce qui existe gràce aux efforts collectifs et générationnels et permet de s’alimenter correctement …… et trois fois par jour !

Tout ce qui nous facilite la vie est le produit d’une longue histoire de travail et d’évolution des techniques. Si une génération devait arrêter de poursuivre l’effort des précédentes, le recul serait rapide, … surtout la faim exploserait …et par conséquent la guerre !!!

 
ex-riverain | x
17H47 22/05/2008

certes, et alors ? je suis un priviliégié par rapport a tellement d´autres, cela m´interdit-il de critiquer ce systeme ? parce que je ne suis pas tout a fait au fond du canniveau ?
quant a toi, si tu viens exprimer ta totale satisfaction, je pense que tu n´as plus grand chose a dire ? bon courage pour les 42 ans, voire plus, hein ?

 
18H21 22/05/2008

pff…quelle agressivité!

je n’ai pas totale satisfaction comme tu le dis, il y a un gouffre entre approuver la réforme des retraites et reconnaître une valeur au travail.

pour moi le travail est une composante de la société, basée sur l’interdépendance des individus. je te fabrique quelque chose = tu me rends un service. à moins de te nourrir par toi-même, de te soigner par toi-même, de ne plus lire de livres, de ne te déplacer qu’à pieds etc… tu as besoin des autres. la retraite c’est accorder à ceux qui ont assez travaillé une rente en reconnaissance. on doit aussi pourvoir au besoin de celui qui ne peut plus ou pas encore travailler.

aujourd’hui c’est complètement déséquilibré puisqu’il y a trop d’écart de salaires entre autres.

enfin venons en au sujet de l’article: 42 ans de cotisations pour tout le monde, certainement pas!
j’ai la chance d’avoir un métier qui m’intéresse, bien payé avec des horaires qui me permettent d’avoir des loisirs.
alors, si en partant en retraite plus tard, je permets à d’autres qui ont un métier difficile ou moins agréable de partir avant 41 ans, oui! des deux mains.

 
19H04 22/05/2008

« ‘ai la chance d’avoir un métier qui m’intéresse, bien payé avec des horaires qui me permettent d’avoir des loisirs.
alors, si en partant en retraite plus tard, je permets à d’autres qui ont un métier difficile ou moins agréable de partir avant 41 ans, oui! des deux mains. »

Et pourquio pas partir plus tot pour laisser la place a un plus jeune qui lui aussi aimerais bien un job interessant qui permet d’avoir des loisir, bien payer en plus, plutot que de faire chomiste ou stagiaire a l’oeuil…

 
09H15 23/05/2008

ce n’est pas comme ça que ça marche, c’est démago de dire ça. on ne remplace pas une personne qui a plusieurs années d’expérience directement pas un débutant. la soi-disant libération des postes par les plus âgés ne s’applique pas dans tous les secteurs.

je vois bien que je ne ferai pas correctement le quart du boulot qu’abat mon collègue qui a 25 ans de boîte derrière lui. et je suis bien contente aussi qu’il passe un peu de son temps à me former. c’ets plutôt comme ça que je vois le monde du travail, pas pour se prendre la place des uns des autres.

par contre, si les entreprises s’attelaient à compter les RTT non pris par leurs salariés, elles trouveraient que la somme vaut plusieurs emplois à temps plein et en prenant sur les plus values des actionnaires elle trouveraient bien à les financer.

 
18H05 22/05/2008

Juste une question: pourquoi l’AGIRC est-elle en déficit? En principe (je précise bien), les cadres ont de meilleurs salaires, et leurs cotis sont plafonnées, non ? L’ARCO est-elle si riche, pour combler des déficits dus à des prestations de retraites qui ont été très généreuses avant 2003?,
Quelque chose m’échappe!

 
18H10 22/05/2008

je ne veux pas dire de bêtises, mais peut-être cela a-t-il un rapport avec le départ en retraite des cadres baby boomer?
je me pose la question aussi, quelqu’un sait?

 
17H06 23/05/2008

Le dernier rapport reçu de l’AGIRC faisait état d’un
« matelas »de 2,1Mds d’euros.j’ignore d’où sort cette information car le nombre de cadres(à cause des métiers)n’a jamais été si élevé à moins que les exonérations de charges attribués aux patrons ne viennent grevées les recettes mais ce serait vrai pour l’ARRCO;on a parlé aussi de quelques malversations dans les hautes sphères de l’AGIRC.

 
18H22 22/05/2008

Comme je l’ai déjà dit à des parents d’élèves, le premier gamin qui me gonfle à 66 ans, je lui fous un coup de canne sur la tronche ! Enfin, si j’arrive à le rattraper… Vivement 2066, j’espère avoir ma retraite à taux plein pour mon cadeau de centenaire !

 
18H24 22/05/2008

Ecoutez lorsqu’on nous propose d’allonger la durée des cotisations sans avoir su, au préalable, augmenter le taux d’emploi des seniors, c’est pire que dire: cher retraités, nous allons devoir diminuer vos retraites.

Pourquoi? parce que d’un côté, la règle prétend s’appliquer à tous mais la réalité sera l’éclosion de
pratiques permettant aux plus malins de mieux s’en sortir que d’autres.

Et cela n’est pas acceptable.

D’un autre côté, je ne comprends pas pourquoi l’assiette de la couverture sociale ne devrait reposer que sur les salaires.

Dans une famille, on ne mange peut être pas ce qu’on aime tous les jours, on fait des choix. C’est pareil avec nos impôts et nos cotisations sociales: quelles sont nos priorités? Nos retraités ou expédier un corps expéditionnaire en Afghanistan? Financer la déroute du Crédit Lyonnais ou construire des écoles et avoir plus/mieux d’enseignants?
 -W

 
19H05 22/05/2008

Vous avez raison sur toute la ligne!

 
T.h.i.b.a.u.l.t. | étudient
20H09 22/05/2008

Se constituer une retraite complémentaire par capitalisation c’est le système optimum, au fond sa va finir comme ça… Aujourd’hui les grévistes demandent le beurre et l’argent du beurre : on ne peut pas payer nos vieux et cotiser autant sans travailler plus.Je préfère le « travailler plus pour gagner plus » au « travailler moins pour gagner moins »

 
20H15 22/05/2008

Le problème, c’est qu’il n’y a plus que toi qui y croit au  » travailler plus pour gagner plus «  !

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
21H48 22/05/2008

Le système des heures supplémentaires qui est chevillé à cette formule que vous répétez masque des erreurs du gouvernement. L’observation de la réalité rend cette disposition fumeuse et inadaptée. Comme souvent dans les discours politiques, tout cela joue un rôle idéologique avec peu de prise sur la réalité …

Il faudrait que les gens au pouvoir, les décideurs, eux, travaillent plus pour mieux comprendre les difficultés de la situation. Je suis frappé par l’amateurisme de ces gens là.

Contrairement à ce qu’on laisse croire,
la durée de travail moyen en France n’est pas inférieure
à celles de pays comparables
et elle est supérieure à celle de l’Allemagne et bien supérieure à celle des USA.

Ceux qui auraient vraiment besoin de travailler plus ne le peuvent pas !

…… Dois-je vous rappeler l’existence de chômeurs,
de seniors dont près de deux tiers sont privés d’emploi,
de travailleurs à temps partiel contraint empêchés de travailler plus !

 
11H10 23/05/2008

Demande aux retraité d’ENRON ce qu’ils pensent des fonds de pension, mon pauv’gars!
Eux z’ont plus de retraite du tout, et pourant ils ont travaillé dur!!!!

 
13H35 24/05/2008

Sans vous offenser, vous seriez malhonnête en déclarant que vous ne préféreriez pas ‘gagnez plus’ en travaillant autant sinon moins.
Donc gagnez plus oui, en travaillant plus pourquoi pas serait plus ‘correct’.

Sans entrer dans une longue discussion sur ce qui justifie un salaire donné, il y a un lien entre le salaire auquel vous pouvez prétendre et la richesse produite par le travail que vous fournissez.

Et si la richesse produite est constante travaillez plus pour gagner plus signifie que d’autres vont travailler moins et gagner moins.

Dans la plupart des cas, pouvoir ‘travailler plus’ ou devoir ‘travailler moins’ dépend rarement du mérite mais de la chance que vous avez d’être au bon moment au bon endroit.

On peut bien sûr la jouer en disant que c’est ainsi qu’agit ‘la main invisible du marché’ mais le tant pis pour les autres à partir du moment ou çà marche pas trop mal pour moi est une attitude difficile a concilier avec la nécessité du vivre ensemble…

Personnellement, je suis prêt à gagner moins quite à travailler autant pourvu que cela permette à d’autres d’avoir un niveau de vie plus décent.

Les réalités économiques font que depuis les années 80, une part de plus importante de la richesse produite dans les pays riches est distribuée de plus en plus inéquitablement: depuis février, aux USA, 50% de la richesse produite va dans la poche de seulement 10% de la population… Une première depuis 1928.

Nous n’en sommes pas encore là mais je ne pense pas que ce soit un exemple à suivre.
 -W

 
papy55 | prof. en province
21H37 22/05/2008

En 2003, j’ai fini par admettre qu’il me faudrait travailler 41 ans au lieu de 37.5, ce qui pour moi veut dire « jusqu’au taquet », l’age de 65 ans…..!
Seulement je n’avais pas encore envisagé la réalité d’aujourd’hui: « la chasse aux fonctionnaires »!
A quoi s’ajoute pour moi, la désaffection des jeunes, plus grande encore que par le passé pour les métiers industriels (domaine dans lequel j’enseigne), délocalisation des productions oblige. Il existe pourtant encore des savoir-faire importants dans de nombreuses PME qui ne trouveront bientôt plus de Techniciens supérieurs.
J’imagine donc que l’on va très rapidement me faire voir la porte avec des années de cotisations manquantes en me promettant d’hypothétiques activités complémentaires ponctuelles pour compenser une pension maigrichonne….! Je crois beaucoup « à la porte » mais pas au reste….! Pour l’instant je m’accroche pour aider mes enfants qui vont terminer leurs études (1 ou 2 ans) et se mettre sur les rangs pour la recherche d’un emploi.

Vous voudrez bien m’excuser d’avoir parlé de moi…je fais surement encore partie de ceux que l’on nomme « les privilégiés », il y a d’autres situations autrement plus difficiles!

 
ex-riverain | x
23H40 22/05/2008

« pff…quelle agressivité!
je n’ai pas totale satisfaction comme tu le dis, il y a un gouffre entre approuver la réforme des retraites et reconnaître une valeur au travail. »

ben, c´est justement parce que la valeur travail vaut que dalle par rapport au capital, que la réforme des retraites ne résoud rien.
les rentiers gagnent, les prolos perdent.
lis Marx…

 
09H32 23/05/2008

je pense que tu n’as pas compris ce que j’ai dit…je n’approuve pas la réforme des retraites qu’on nous propose…d’accord avec ce que tu dis sur la valeur travail aussi…

tu cherches à tout prix la confrontation, tu te trompes de cible.
je t’ai seulement fait une remarque sur ta conception du travail ce qui ne veut pas dire qu’on soit complètement oppposés par ailleurs.

 
11H57 23/05/2008

Moi je veux bien me sacrifier sur l’autel de l’agneau babyboomé, mais je suis persuadé que cela ne servira qu’à une droite pétainisé ! Alors non, je mets ma morale judéo-chrétienne dans ma poche !