Raillé à l'étranger, on le disait fini après sa défaite de 2006. Il a pourtant su reconquérir le pouvoir. L'analyse de deux chercheurs.

Précédé d'une réputation sulfureuse, entrepreneur richissime et adepte du style » bling-bling » , Silvio Berlusconi dénote dans la classe politique italienne. Malgré tout, ni les » affaires » dans lesquelles il est impliqué, ni un bilan discuté lors de ses deux passages aux responsabilités (1994-1995 et 2001-2006) n'ont découragé les Italiens de voter majoritairement pour la coalition qu'il menait les 13 et 14 avril derniers.
Pourquoi les Italiens ont-ils encore confiance en Berlusconi ?
Les observateurs qui annonçaient sa mort politique après sa défaite face à Romano Prodi en avril 2006 ont eu tout faux. Dans une large partie de l'électorat, la cote de popularité d' » Il Cavaliere » n'est jamais retombée. Pour Jean-Louis Briquet, professeur de sociologie politique à l'Université Paris Dauphine, Silvio Berlusconi a su fédérer une droite disparate et créer une coalition puissante et efficace :
» Il ne faut pas penser que les Italiens votent uniquement pour la personnalité de Berlusconi, même si cela joue un peu. Son succès, et plus généralement celui de la nouvelle droite italienne, s'explique par une organisation politique solide et viable -contrairement à ce qu'on pensait au départ- avec de nombreux élus locaux et des soutiens auprès de groupes d'intérêts importants dans la société italienne. »
Pour Marc Lazar, professeur d'histoire politique à Science po et à l'Université Luiss (Rome), la coalition de centre-gauche dirigée par Romano Prodi a déçu les Italiens et il n'en fallait pas plus pour faire basculer la majorité :
» On oublie qu'il y a deux ans, lorsqu'il était aux responsabilités, Silvio Berlusconi fut battu de très peu par Romano Prodi [d'environ 25000 voix, ndlr]. La moitié du pays était donc contre Prodi et favorable à Berlusconi. Et Prodi a beaucoup déçu pendant son mandat, à la fois son électorat de gauche, les catégories populaires, mais aussi les modérés. »
Marc Lazar insiste également sur un » ensemble de valeurs dominantes et hégémoniques, parfois contradictoires mais profondes dans le pays » et incarnées par Berlusconi. (Ecouter le son)
L'Empire médiatique de Berlusconi a-t-il fait son élection ?
A lui seul, le président du Conseil italien possède trois des six chaines de télé nationales privées. Mais selon Jean-Louis Briquet, au-delà de sa propre omniprésence médiatique, les programmes de ses télévisions ont surtout véhiculé » un modèle social de la réussite et des valeurs » . D'après lui, il faudrait également s'interroger sur l'aspect organisationnel des partis qu'il dirige :
» Comme Forza Italia autrefois, le Peuple de la liberté que dirige aujourd'hui Berlusconi s'appuye en partie sur les structures organisationnelles des télévisions de Berlusconi, notamment sur leurs services de publicité : beaucoup de cadres dirigeants ont su mettre à profit leur expérience entrepreneuriale pour gérer la communication de Berlusconi. Cela porte ses fruits. »
Assiste-t-on à une » droitisation » de la société italienne ?
Avec 8% des voix (soit deux fois plus qu'au précédent scrutin), la forte poussée de la Ligue du Nord, parti régionaliste et populiste, a étonné. La place abondante de la sécurité et de l'immigration dans les discours politiques inquiète. Certains parlent de droitisation de l'Italie, voire d'une résurgence du fascisme. Est-ce justifié ? Pas pour Marc Lazar : » Il faut être très clair, il n'y a pas de retour du neo-fascisme en Italie. On avait déjà avancé cette idée en France en 1994 lors de la première victoire de Berlusconi, c'est aberrant. » (Ecouter le son)
Selon Marc Lazar, le virage à droite s'inscrit dans un cycle ; il n'y a pas de tendance inéluctable et irréversible des électeurs vers la droite, en Italie ou dans le reste de l'Europe. La droite italienne a juste bien compris que l'immigration et la sécurité étaient des thèmes porteurs :
» La droite italienne a beaucoup travaillé depuis ses échecs dans les années 1990 et est en train de vaincre culturellement, comme dans les autres pays européeens, face à une gauche en déficit de valeurs, de stratégies et de leaders. » Pour autant, l'opinion n'est pas passée à droite de manière définitive. Ce mouvement reste fragile, on le voit en France avec Nicolas Sarkozy, élu facilement mais qui déçoit très vite ses électeurs maintenant qu'il est au pouvoir. »
L'avis de Jean-Louis Briquet diffère légèrement. Selon lui, » si les groupes qui font partie de la coalition politique dirigée par Berlusconi ont modifié leurs références idéologiques » et qu'il ne s'agit pas de néo-facsisme, ils restent » très marqués à droite » . D'après lui, il s'agit d'une » droitisation très forte de la politique et de la société en Italie » , qui déteint d'ailleurs sur le Parti démocratique, principale force d'opposition de centre-gauche dirigée par Walter Veltroni), lequel » s'est rapproché dans ses thèmes et ses discours sur la droite, notamment l'immigration et la sécurité » .



















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à Arkhipov
De Grums
à bâbord + + | 18H52 | 23/05/2008 |
Je vous remercie mais c'est votre finesse d'esprit qu'il faut complimenter, je n'ai pas fais exprès. Bien vu ! ! !
De survivant
20H52 | 22/05/2008 |
Il cavalière n'est que la marionnette tout comme ses pairs européens ultra libéraux calqués sur la politique du grand frère américain qui agitent le foulard brun se jouant des peurs des citoyens : terrorisme, immigrations, chômage. C'est une affaire qui marche et ça rapporte du fric aux actionnaires.
De NM
21H09 | 22/05/2008 |
l'audio sous paragraphe 3 ne marche pas.
De Toscana
--- | 21H23 | 22/05/2008 |
Et la confiance dans tout ça ? Les italiens semblent souvent orgueilleux au premier abord, mais en fait, derrière les belles fringues, se sont des gens qui manquent complètement de confiance en eux-mêmes.
Alors le Berlu (prononcer « berlou » s'il vous plait), avec son super ego et ses poches pleins de bling-bling, incarne l'italien qui réussi. Et ici on écoute celui qui parle le plus fort.
Néofascisme ? Il y a une semaine, à Verona, trois jeunes fascisants ont frappé un autre jeune, qui est mort de ses blessures. Le maire de cette ville du nord est de la Lega Nord.
Que les Fini et Bossi aient éliminé toute référence au fascisme, ok. Mais dans l'inconscient des italiens, ils représentent clairement les idéaux d'un pays où un « noir » doit baisser les yeux quand il croise un « blanc ».
Quand d'Alemano a été élu à Rome, les extrêmes gauches de la via Prenestina se sont enfermés dans le local qu'ils occupent depuis 20 ans, par peur des attaques. Ce soir ils y sont encore.
Bref, ici on flippe bien. Le vase de Pandore a été réouvert et ça fait très peur.
à Toscana
De Nogreps
21H55 | 22/05/2008 |
Il faudrait arrêter d'être trop critique envers les italien. Qu'elles leçons ont-il à recevoir de nous ? Les italiens ne sont tout de même pas allés jusqu'à élire un candidat d'extrême droite au second tour d'une présidentielle.
à Nogreps
De Toscana
--- | 22H16 | 22/05/2008 |
Effectivement, ils l'ont élu tout simplement. Peu-etre pas Berlu, mais Fini oui. D'alemano, le nouveau maire de Rome, a fait 8 mois de prisons pour des tabassages quand il était jeune.
Oui, il faut certainement arreter de dire du mal des italiens. Sarko, Berlu, Poutine, mêmes idéaux : fric, belles nanas, tunes et police musclée
De Mobile
21H56 | 22/05/2008 |
« Merlusconi », c'est pas Marconi. Que cazzo ! Il porte de plus en plus à droite selon la photo. Garibaldi doit se retourner dans sa tombe. Quelle botte que ces Italiens ! Moi, ma soeur, il lui a fallu apprendre à nager pour faire les trottoirs à Venise. Métier épuisant. Un jour, elle m'a dit : « Je quitte et je vais ouvrir des “blanchisseries‘’. Je n'ai plus jamais entendu parler d'elle. Alors, comme c'est peut-être votre voisine…
N'importe quoi !
De tinga
22H14 | 22/05/2008 |
Berlusconi, c'est cet ancien de la loge illégale P2, http://en.wikipedia.org/wiki/Propaganda_Due , loge P2 manipulant les terroristes des deux camps, beaucoup de ses ministres et proches sont aussi d'anciens de cette merveilleuse loge. Les conspirateurs aux pouvoir !
Il faut dire que nos amis les conspirateurs ont le vent en poupe depuis le 9/11, depuis que les lois de la physique ont montrées leur impuissance face à une propagande même des plus vulgaires (rue 89 est aussi un vaillant petit soldat de cette immense guerre contre la raison).
longue vie à Propaganda Due
De moijepense
22H45 | 22/05/2008 |
Dans le meme genre on pourrait faire « pourquoi Hitler plaisait il tellement aux allemands et surtout aux allemandes ? “ ou alors ‘pourquoi les femmes ont elles voté en majorité pour Sarkozy alors qu'il ya avait Ségolène en face ? ’ Pourquoi des femmes de l'armée US ont elles torturé en Irak ? Pourquoi un con riche et puissant plait il plus qu'un pauvre intelligent ? Pourquoi dans une période troublée les gens votent ils à droite ? Pourquoi les supporters de football organisent ils des fights hors match ? pourquoi les journalistes sont ils en grande majorité des suppots ( sitoires ? ) du pouvoir en place ? par complaisance ? interet ? arnaque intellectuelle ? flatter plus pour gagner plus ?
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 00H28 | 23/05/2008 |
Il y a aussi l'aura du capo di tutti capi, de l'homme de pouvoir pas honnete mais qui a la capacite de faire bouger quelque chose dans un pays gangrene.
Un escroc de l'ampleur de Berlu beneficie a ce titre d'un avantage considerable sur des pros de la politique « pure ».
C'est aussi pour cela qu'il doit demontrer la « perfection » de son intouchabilitite : chaque echec de la justice le renforce.
De kebra
Bisounours killa | 01H59 | 23/05/2008 |
L'Italie redonne le pouvoir au capo di tutti capi car la gauche italienne est en petits, très petits morceaux après une gouvernance centriste molle et peu inspirée de Prodi, genre Ségo qui gagne avec Bayrou. La loi électorale est obscène, même « l'ancien fasciste » qui l'a élaboré le reconnaît. Veltroni est une truffe qui ne rassemble pas à gauche, genre Delanoë en beaucoup moins bien. Berlusconi est dans un fauteuil avec ces réseaux et amitiés variées et douteuses, un maximum « d'anciens fascistes » dans sa coalition et Bossi en pilier incontournable dans le Nord. Du billard pour ce master of propaganda !
C'est toute la civilisation Gallo-Romaine qui est dans la merde, nous sommes trop conservateurs et peureux même à gauche. C'est le traumatisme post 68/années de plomb. On parlait beaucoup à gauche de la coalition Arc-en-ciel comme modèle, genre rose/orange avec un liseré vert et un autre rouge, j'espère que c'est fini. Et si on parlait enfin de Die Linke, un vrai mouvement et pas une LCR bis ?
De borneo oui-europe.over-blog.com
07H27 | 23/05/2008 |
Pour ma part, la démographie déclinante qui donne plus de pouvoir aux générations de seniors constitue la principale raison du déséquilibre croissants entre blocs de droite et de gauche dans la majorité des pays européens.
De plus, certains secteurs de la gauche banalisent les thèmes de la droite sans pouvoir en profiter : Dénoncer la concurrence du travailleur polonais et en même temps militer pour l'ouverture des frontières aux immigrés n'est tout simplement pas compréhensible par les couches populaires soumises à la dure loi de la mondialisation.
et la gauche de gouvernement avalise quant à elle les solutions libérales !
à borneo oui-europe.over-blog.com
De Jardidi
19H01 | 27/05/2008 |
Bien vu !
Les vieux étant majoritairement à droite, celle-ci est mécaniquement favorisée et l'Italie est l'un des pays du monde qui vieillit le plus.
Il faudrait inventer une gauche qui rassure les vieux tout en défendant l'intérêt général. Impossible en France …et ailleurs probablement.
Les vieux, c'est l'avenir de toutes les élections à venir en Europe.
L'Europe des vieux, c'est l'avenir.
Bon moral, les jeunes !
De poshgrad
mort d'ennui en Italie | 08H19 | 23/05/2008 |
Pour cette fois je serais votre voix de l'interieur puisque je suis en Italie depuis 2 ans.
Mes collegues et amis qui vont du communiste au syndicaliste de Lega Nord (oui en Italie les racistes defendent les droits des travailleurs), du terrone (italien du sud) au Venetien (la venetie est le foyer de Lega Nord) et selon eux, meme si ils sont tres peu a avoir vote pour Berlusconi, ce votre a ete un vote de contestation. C'etait un vote contre Prodi et non pas pour Berlusconi. Comme les notres avaient vote pour Lepen en 2002, eux ils ont vote pour Berlusconi en 2008 et surtout Lega Nord en force.
Le plus paradoxal selon moi est que Lega Nord parti neo fasciste a fais des scores non negligeable dans le sud ce qui n'a pas de sens sauf si l'on fais attention aux traditions de vote en Italie par region on apprend notamment que la Sicile vote toujours a droite, que les Pouilles vote fasciste et pour les plus moderes droite, la campanie communiste, la calabre communiste, le lazio droite voire extreme droite, la ligurie gauche, la toscane gauche, l'emilie romagne extreme gauche, le piemont gauche, la lombardie ca depend mais traditionnellement gauche et tout ce qui se trouve a l'est de Milan vote droite, voire extreme droite sauf l'Istrie qui vote gauche. La sardaigne est une region de gauche, les autres regions sont habites par des moutons qui n'ont pas le droit de vote en Italie, ce qui pourrait change si Berlusconi s'apercoit que les moutons sont tendanciellement de droite.
Enfin tout ca pour dire que Berlusconi a le pouvoir pour un an voire deux et puis apres une magouille « a l'italienne » la gauche va faire tomber le gouvernement en mettant en cause le senateur pas honnete (ce qui est tres facile a trouve a Rome) d'un parti genre « aborto. No grazie » (si si il existe et y a meme des gens qui ont vote pour, ceux qui voulais pas d'avortement). C la democratie italienne celle qui exaspere le peuple et fais que les italiens preferent il corriere dello sport alla Repubblica.
Pourc eux qui parlent anglais ou italien y a le blog de Beppe Grillio, tres bon selon moi pour comprendre l'Italie http://www.beppegrillo.it/eng/
à poshgrad
De kerundira
10H51 | 23/05/2008 |
COMPRENDRE, le meilleur reméde contre la peur et l'intolérance ! ! et ensuite on peut se comprendre… et s'entendre… c'est simple comme bonjour si on veut !
à poshgrad
De Pélévine
philologue | 13H32 | 23/05/2008 |
Sans oublier la savoureuse version japonaise du blog insolent de cet amuseur public assumé qu'est Beppe Grillio !
à poshgrad
De Lorycalque
13H53 | 23/05/2008 |
Et moi en Italie j'y suis depuis 25 ans et vous dites 50% de conneries.
Les Pouilles ont eu comme président de région Nichi Vendola, Rifondazione Communista durant la dernoère législature
L'Emilie Romagne à l'extrème gauche ? ça c'est l'image d'Epinal (si je puis dire), disons la mythologie de gauche. Le maire de Bologne est l'ex dirigeant de la CGIL, et plus social démocrate que lui c'est difficile de trouver, et l'Emilie Romagne une des régions les plus cossues d'Italie.
La Ligue du Nord est un vote contre Prodi et non un vote pour Berlusconi, ça oui, mais en dehors de son fief du nord-est, la Ligue n'a que quelques succès ça et là dans des ilots (c'est le cas de le dire ) comme Lampedusa. Pourquoi ? Parce que ces ilots là sont forcément le nord du sud.
Beppe Grillo n'est pas méchant comme l'abominable Ferrara, mais il ne représente pas grand chose de plus ; un rigolo sans crédibilité comme Nicolas Hulot.
à poshgrad
De Michel_Martin
21H03 | 23/05/2008 |
Faut m'expliquer comment la gauche pourra faire tomber le gouvernement d'ici 1 ou 2 ans… A part le coud d'Etat, je vois pas…
En Italie le gouvernement est responsable devant les 2 chambres, ie même le Sénat peut le faire tomber. C'est ce qui s'est passé avec Prodi. La majorité de Prodi au Sénat était relative et très fragile. Ce n'est absolument pas le cas cette fois-ci. Berlusconi ne peut en aucun cas être renversé, il est tranquille jusqu'à la fin de son mandat. Je vois très mal la Lega ou AN ne plus apporter leur soutien…
De jjezfm
Internaute | 08H22 | 23/05/2008 |
je signale l'excellente émission « Deshabillons-les », sur Public Sénat, qui s'est aussi interrogée pour savoir pourquoi Berlusconi était revenu au pouvoir :
http://www.publicsenat.fr/cms/video-a-la-demande/vod.html
De TARPON
08H49 | 23/05/2008 |
J'envie les italiens ,entre deux personnages allies à l'extreme droite,ils nous ont laissé le plus minable.Ils ont un veritable entrepreneur ,fortune faite qui n'a pas besoin d'augmenter son salaire en arrivant au pouvoir ni de piquer les stylos des ambassadeurs.
l'homme politique a une veritable organisation qui meme fragile repose sur une capacité à gerer les difficultés et c'est quand meme la troisieme fois qu'il revient au pouvoir.Si le notre arrive au bout de son premier andat…
Sans doute Berlusconi est il le seul homme politique de ce niveau en Italie aujourd'hui : Il y a beaucoup de Miterrand dans cet homme là.
à TARPON
De léo solo
12H42 | 23/05/2008 |
» bécile
à TARPON
De Lorycalque
13H57 | 23/05/2008 |
Non, plutot un mix de Lepen et Mitterand.
à TARPON
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 09H14 | 24/05/2008 |
« Il y a beaucoup de Miterrand dans cet homme là. »
Hein ? ? ? C'est une plaisanterie Tarpon ! Ne vous faites pas plus bête que vous n'êtes.
Mettre sur le même plan Berlu et MiTTerrand, même quelqu'un qui n'aurait connu, ni l'un ni l'autre, saurait faire la différence rien qu'en écoutant un discours politique.
Je n'ai jamais été fan de Mitterrand mais ce que vous dites est d'abord une insulte à l'intelligence.
à Les Chats
De TARPON
17H55 | 24/05/2008 |
Ils etaient pourtant ben copains tous les deux,sans doute n'etiez vous pas de ce monde ?
De Atlantis
Etudiant apolitique | 08H56 | 23/05/2008 |
A mon avis, la victoire de Berlusconi est la combinaison de plusieurs facteurs :
- La division de la gauche sous Romano Prodi, car durant son mandat, une multitude de partis allant des communistes jusqu'au centre ont du faire alliance, et l'ensemble donnait parfois une impression d'armée mexicaine… De plus,malgré des résultats défendables, Prodi n'a pas su s'imposer médiatiquement dans les médias. Enfin, la gauche de Weltroni se rapproche nettement plus d'un parti de centre mou que d'une véritable organisation de gauche. La gauche italienne semble donc dans une impasse : pas de leader charismatique, un bilan considéré comme inexistant par la population…
-L'immigration clandestine et la sécurité ont été -comme dans beaucoup d'autres pays en Europe, ne jetons pas la pierre aux transalpins- un des thèmes favoris de la droite. Berlusconi et l'extrême droite italienne (comme la Ligue du nord, ouvertement xénophobe) ont su exploiter les penchants anti immigration de nombreux Italiens, en particulier dans
la partie Nord du pays. je me souviens personnellement d'une de mes tantes italiennes, sympathisante de gauche qui avait déclaré « en avoir marre des roms, des tziganes et des barbares »…
-Enfin, la personnalité de Berlusconi, ainsi que sa mainmise sur les médias ont sans doute été un atout décisif : il est perçu, en particulier dans le Nord, comome un modèle de réussite : riche, possédant une équipe de foot, plusieurs médias…
De pomme53
Médiation | 09H48 | 23/05/2008 |
Silvio Berlusconi est revenu au pouvoir car il a su, avec une droite rassemblée et décomplexée (ça ne vous rappelle rien ? ) exploiter à son avantage les querelles de la gauche et du centre-gauche Italien, incapables de composer avec les nouvelles donnes de l'économie de marché.Cette nécessaire liberté d'entreprendre comme facteur d'émancipation, ce capitalisme jugé « débridé » et responsable de tous les maux, honni de tous les arguments socialistes ! et pourtant…
Cette gauche Italienne ressemble beaucoup à notre gauche Française !
Les peuples socialistes européens se prennent à rêver à chaque élection que la gauche au pouvoir sera en mesure de leur apporter la « lune » avec en prime un avenir tout tracé, dans la douceur et la félicité !
Or il n'en n'est rien ! C'est ce qui explique à chaque fois l'ampleur de la déception et les scores de l'opposition de droite où d'extrême droite. Comme n'importe quel autre parti au pouvoir, un gouvernement de gauche en charge des affaires est contraint de s'adapter aux obligations budgétaires, européennes, au nécessaire pragmatisme de gestion, commun à toutes les équipes dirigeantes de quelque bord politique qu'elles appartiennent ! En 1982, François MITTERRAND en avait fait l'amère expérience.
Déçus par cette gauche Italienne au pouvoir qui n'a pas su dire avec vérité, ses limites aux espoirs d'un peuple en attente, les Italiens se sont retournés vers celui qui présentait un discours aux promesses éclatantes d'un avenir radieux ! Celui qui promettait le beurre et l'argent du beurre ; arguments populistes s'il en est, que Silvio maitrise à la perfection tant il incarne cette façade « bling bling » superficielle,( dont le petit Français à suivi pas à pas le concept qui à fait ses preuves en Italie surtout en 2001) le tout avec l'appui constant du pouvoir médiatique de la presse et de la télévision, véritables machines à manipuler les consciences des électeurs. Le résultat était sans surprise, comme en France !
A l'instar des Français en 2008, lorsque les Italiens se rendront compte que la droite au pouvoir accentue par nature les inégalités et les injustices, ils se retourneront tel un balancier, aux prochaines élections vers un candidat qui saura rassembler avec des arguments plus solidaires, plus justes ! A moins qu'entre temps, n'en pouvant plus de ces injustices, ils se choisissent une cohabitation ? !
Ainsi va la vie politique…sans dessein, sans destin !
juste pour améliorer son quotidien.
Reste à savoir si ce type de « démocratie » n'a pas déjà atteint ses propres limites ? !
à pomme53
De Lorycalque
14H14 | 23/05/2008 |
ça c'est un commentaire pertinent. Je ne ferais qu'une critique :
« les Italiens se sont retournés vers celui qui présentait un discours aux promesses éclatantes d'un avenir radieux ! Celui qui promettait le beurre et l'argent du beurre »
ça c'était vrai pour la 1ère et la 2de législature berlusconienne. ça l'est moins.
Berlusconi est maitre absolu des médias. Il a compris qu'à en abuser, il indisposait la population et que ça jouait contre lui. On le voit moins. De toutes façons il a ses pions qui roulent pour lui et qui font le boulot à sa place, bien rodés, et il n'a donc plus besoin d'apparaitre comme le « sauveur » au charisme « ostentatoire » ; il a compris que trop de bling bling, ça décrédibilise, meme s'il aime ça et a du mal à résister à l'attrait que ça a pour lui.
Ce coup là, ce n'est pas dans la croyance aux promesses éclatantes d'un avenir radieux que les italiens se sont tournés vers lui. ça c'était avant. Ils ont compris que de toutes façons il n'y avait pas grand chose à en attendre. Cette fois, ils ont sanctionné d'une manière où d'une autre (après tot la démocratie ne consent pas un éventail d'expression autre que le vote qu'on est bien obligé d » interpréter pour comprendre ce qu'il signifie) une gauche arrivée au bout du rouleau et qui n'a ni la possibilité ni la capacité de proposer quoi que ce soit pour sortir de l'ornière.
De Atlantis
Etudiant apolitique | 09H41 | 23/05/2008 |
A pomme53
Tout a fait d'&accord avec votre analyse, mais n'allons pas trop vite, cela fait déjà plusieurs années que les divers observateurs politiques prédisent une disparition de Berlusconi. Cependant même si sa victoire est large, , j'ai pu personnellement voir en Italie que toute une partie de son électorat était constitué de déçus de la gauche, qui avaient voté pour lui sans enthousiasme… Peut être que si la gauche italienne( et la gauche française) arrivaient à se rénover, cette droite bling bling pourrait être remerciée aux prochaines élections. Mais à voir le comportement de la gauche en Europe en général, cela ne semble pas gagné d'avance
De kerundira
10H25 | 23/05/2008 |
merci a Poshgrad pour son témoignage . C'est un bon complément concret a l article de Jean Michel de marchi. De l'information, des faits, du vécu
Comme Pomme53 je pense que la situation en Italie est le reflet de la notre (ils ont la mafia,le vatican et la CIA,dixit quelqu'un, nous nous avons nos lobbys pharmaceutiques et agroalimentaires,nos niches fiscales et toutes nos chapelles syndicales,médicales et categorielles,.).
Nous sommes comme eux des latins, majoritairement individualistes , dans l'incapacité de sortir des clivages traditionnels, et nous votons comme des latins, au coup de gueule, au gré de nos humeurs et de notre ignorance, et des peurs qu'on réveille chez nous (n'est ce pas aussi cette peur qui a fait qu'on a accepté Petain et Vichy.., la même peur qui a anesthésié la majorite de la population allemande sous le nazisme)
Et notre gauche (française ou italienne) qui a peur de changer (la droite,elle, a compris) n'arrive pas a sortir de son vieux moule conservateur et usé et a créer une autre gauche au déla de tous les clivages
A suivre ce qui se passe a gauche en Allemagne,
avec die Linke.
Un internaute en a parlé hier /vous pouvez allez voir en allemand www.die-linke.de ou bien sur www.liberation.fr ou www.humanite.fr., il y aussi le blog de caroline autain.
à kerundira
De Lorycalque
14H26 | 23/05/2008 |
L'Italie a aussi ses lobbies. D'ailleurs la mafia sous ses diverses formes n'est pas autre chose ; des lobbies plus directement criminels, c'est la seule différence. Une mafia, c'est meme plus facile d'en venir à bout que d'un lobbie économico-industriel. Et il n'est pas dit que Berlusconi ne parvienne pas à mettre les mafias au pas. « L'homme fort de régime » y réussi très bien ; la mafia, c'est lui. Mussolini y avait parfaitement réussi. Il est probable que Berlusconi viendra relativement rapidement à bout du problème des ordures à Naples, alors qu'avec les meilleures intentions du monde la gauche n'a jamais réussi. Pourquoi ? Parce qu'il fera régner la loi des gangs et le sien est le plus fort. Il aura meme beau jeu : aux yeux de l'UE, il passera pour un adversaire de la mafia. Pensez-donc !