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Moi, Philippe R., 39 ans, énarque, smicard

Le parcours kafkaïen d'un diplômé de l'école d'administration, en conflit avec le Conseil d'Etat censé lui proposer un reclassement.

Peut-on avoir fait ses études avec la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, être un virtuose des dérivés de volatilité sur les matières premières et smicard à la fois ? Un tel scénario, improbable, est pourtant celui vécu par Philippe Raphaël, énarque de 39 ans, en bagarre depuis trois ans contre la mécanique du Conseil d'Etat. Une histoire où affleure l'exaspération des haut fonctionnaires, de plus en plus maltraités par la RGPP, Révision générale des politiques publiques, qui réduit leurs perspectives de carrière comme peau de chagrin.

Je vous entends d'ici : on ne va pas s'apitoyer sur le sort d'un énarque. Vrai, ces 4531 anciens élèves de l'Ecole nationale d'administration ne sont pas les fonctionnaires les plus à plaindre de la république. Et pourtant, leur sort nous concerne tous. Pour plusieurs raisons : ils coûtent cher à former, ils sont censés incarner le moteur intellectuel de l'administration et la continuité de l'Etat. Ces gens-là sont donc importants dans la bonne marche de nos chers services publics. Mais sont-ils aussi bien « gérés » ? Lorsque Philippe Raphaël raconte son histoire, il est permis d'en douter.

Fils unique d'immigrés grec et tchécoslovaque, il est le prototype de la méritocratie française : IEP Paris, DEA « Macro-économie et marchés financiers » à l'IEP, thèse sur les « facteurs de détermination de la volatilité de l'indice CAC 40 » et, enfin, l'ENA d'où il sort en 1995, promotion René Char. Avec quelques futures stars… comme Emmanuelle Mignon, actuelle directrice de cabinet du président de la République. Treize ans plus tard, le voici en conflit ouvert avec le Conseil d'Etat qui, après avoir tenté de le placer en retraite d'office (à 36 ans), ne lui a toujours pas proposé de reclassement, alors que la loi donne deux mois à l'administration pour ce faire.(Voir la vidéo)

Tout avait commencé pour le mieux dans le meilleur des mondes. A la sortie de l'Ena, la direction de la prévision (DP) du ministère des Finances le réclame. Mais -première erreur- il choisit le corps des magistrats de tribunal administratif, afin de laisser une place à Bercy à un interne (un énarque déjà fonctionnaire). Un arrangement classique entre énarques. La DP lui a assuré qu'il serait détaché par anticipation… il attendra presque deux ans sa « mobilité ». Entretemps, il fait du trading « en compte propre » sur les matières premières, avec « un minitel et deux téléphones ».

Octobre 1997 : Philippe Raphaël devient stratégiste de la sous-direction Environnement international, dirigée par Philippe Trainar, énarque balladurien, en butte à son supérieur direct, Jean-Philippe Cotis, énarque chiraquien. Les deux hommes ne se font pas de cadeau, confirme Trainar qui trouve Raphaël « atypique ».

Le jeune homme va en faire les frais, alors qu'on lui demande de « surveiller l'ensemble des marchés asiatiques » en pleine crise économique. « Autant écoper l'Atlantique avec un cure-dent », ironise-t-il aujourd'hui. Résultat : au bout de deux ans, Bercy refuse de l'intégrer comme administrateur civil. Lui refuse de retourner vers un tribunal administratif, car, dit-il, « je n'ai jamais été juriste ». Commentaire de Philippe Trainar, aujourd'hui reconverti dans le privé :

« Il est très difficile de sauter d'un corps à l'autre dans l'administration, sans appui, sans filet de sécurité. Les personnes qui font ça prennent un risque. Vous pouvez être génial, un petit con vous dira que vous n'êtes pas bon pour ce service… L'administration est cloisonnée, c'est comme ça. »

Des réseaux pour faire carrière dans la fonction publique

La galère commence. En attendant de trouver un point de chute, on lui conseille de se mettre en arrêt-maladie. Son père est mourant, il accepte, un peu écœuré d'être le dindon de la farce. Il rate aussi deux embauches dans des équipes de trading de haut vol :

« A l'époque, toutes les conneries, je les ai faites, autant par haine de l'argent que par culte de l'Etat. »

En 2003, il touche 929,75 euros par mois, officiellement un « demi traitement », qui remonte en 2006 à 1244,03 euros. Sans explication. Il ouvre alors toutes les portes possibles à ceux qui n'ont « pas de réseau personnel ». Le délégué général de l'association des anciens élèves de l'Ena confirme. Pour Marc Deby, ce fonctionnaire de « grande valeur » est dans une « situation incroyablement étonnante ». Dans le sabir Ena, comprenez : il a été victime de règlements de compte, c'est un vrai gâchis.

Pire : à l'été 2005, à la fin de son congé longue durée, il est déclaré « inapte » par le comité médical des Yvelines, sans jamais avoir été convoqué par le dit comité. Dans la foulée, un arrêté du 27 juillet le place en retraite « pour invalidité non imputable au service ». Une décision parfaitement irrégulière qu'il parvient à faire « retirer », puis casser par un nouvel avis qui, cette fois-ci, le déclare apte à toute fonction, sauf celle de magistrat des tribunaux administratifs ! Depuis janvier 2007, le Conseil d'Etat est censé le « reclasser », sans effet pour le moment. Bienvenue au pays de Kafka.

Officiellement, le secrétaire général adjoint du Conseil d'Etat, Stéphane Verclytte, ne veut pas faire de commentaire sur le cas Raphaël. En dehors d'un classique :

« Le litige engagé par M. Raphaël sera prochainement examiné par le juge. »

La liste des litiges est aussi longue que délicate, car l'énarque futé dénonce un excès de pourvoir en plein contentieux assorti d'une demande d'indemnités. Problème : le juge en question, c'est le bureau d'à-côté, la section contentieux du Conseil d'Etat. Bien sûr, l'homme devenu coureur de fond (sur 50 kilomètres) a alerté la planète entière : du médiateur de la République à Emmanuelle Mignon, des conseillers du Président au Premier ministre. Sans effet.

Postes squattés par les seniors et malaise des énarques

Pour l'association des anciens, Marc Deby, lui aussi énarque, y voit un cas extrême : un « mauvais choix de départ », puis une « difficulté de gestion de son parcours ». Et aussi un archétype de ce malaise des énarques :

« On a conscience d'avoir beaucoup recruté dans le passé. En dépit de la baisse des promotions ces dernières années, on constate un engorgement des positions des anciens élèves à partir de 50 ans. Le phénomène s'accroit avec la Révision générale des politiques publiques et sa diminution des postes de direction. »

D'ailleurs, il existe même, au sein de l'Ena, une association pour la réforme… de l'Ena. Visiblement, la volonté de rupture s'arrête aux portes de cette antichambre du pouvoir.

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Portrait de DBL8

à emachedé Portrait de emachedé De DBL8

Retraité | 07H12 | 21/05/2008 | Permalien

Pourquoi « LE » doigt ?
N'a-t-il pas d'ambition ?

J'ai bien ri en étant sur le site en lien, MERCI ! !

Portrait de A.Fischer

De A.Fischer

06H54 | 21/05/2008 | Permalien

Un Conseil : Pars à l'étranger ! Tu trouvera un emploi « très » bien payé, une belle maison, un super boulot, et au revoir la France de l'immobilisme. On se demande quand même pourquoi de plus en plus de « cerveaux » quittent la France ? ? Déplorable

Portrait de Britaï

De Britaï

Où qu'ont est? | 07H33 | 21/05/2008 | Permalien

Cet article est tout à fait représentatif de ce qui se passe dans l'administration. Le fait qu'on parle d'un énarque souligne encore plus l'absurdité, ou plutôt la malhonnêteté intellectuelle d'une « élite » qui se sert d'une administration fondée en principe sur le mérite mais qui en rélaité fonctionne par cooptation et copinage. On pourrait ressortir Beaumarchais !

Des cas comme ça, on en retrouve à tous les échelons. La fonction publique territoriale est concernée au premier chef. Le recrutement sur concours sert de cache-sexe au recrutement de clientèle ; de nombreux lauréats ne trouvent pas d'emploi pendant que des « copains » sans concours mais dotés de diplômes fumeux (fumistes ? ) profitent de ces postes ouverts mais non pourvus. Avec la décentralisation et le cumul des mandats, de nombreux politiques tendent à importer ces pratiques dans la fonction publique d'Etat, même dans l'hospitalière (pour tout ce qui est financé par les collectivités territoriales). Il y a toujours eu cette « frontière floue » qui servait d'interface entre le pouvoir politique et le pouvoir administratif. Le fait est qu'elle s'étend de plus en plus. Quand Santini raconte que l'« Etat ne chosit pas ses fonctionnaires », on devine qu'il veut faire sauter les derniers verrous qui restent. Il faudrait aussi évoquer ceux qui veulent faire « comme dans le privé ». On se retrouve bien vite dans « Bonjour paresse ».

Et cette politisation des postes tend de plus en plus à descendre les échelons. Je peux témoigner pour mon cas dans le « début de la catégorie A », mais c'est pareil partout. Sans « réseau » et copinage, on ne fait plus grand-chose. Quant à ceux qui ont des postes… cultiver ses relations prend le pas sur le travail. Et pendant ce temps-là, qui administre le pays ?

Portrait de kkadim

à Britaï Portrait de Britaï De kkadim

service public rhone alpes | 07H57 | 21/05/2008 | Permalien

je confirme : dans mon secteur il y a dix anx tout se passait pas concours, enfin 90%, c'est à dire par l'anonymat, ce qui courcircuitait les résaux. aujourd'hui c'est fini : on ne parle que d'entretiens, de choix sur dossier etc… le copinage et les reseaux dominent, et je parle ici du niveau le plus bas. tu veux une mutation, tu veux changer de service , alors trouve toi une relation sinon tu peux réver.
inutile de dire que vu la gueule de mon dossier ( quand j'ai quelque chose à dire je l'écris, et donc cà reste dans mon dossier ), et vu les remarques « constructives » dont j'ai l'habitude je ne cherche même plus à demander quoi que ce soit.

Portrait de jmax

De jmax

07H52 | 21/05/2008 | Permalien

je compatis mais ne serait-il pas temps d'apprendre un vrai métier comme plombier, électricien, boulanger ?
parce que stratégiste de la sous-direction Environnement international, c'est bien gentil mais est ce que ça sert à quelque chose ?

Portrait de kkadim

à jmax Portrait de jmax De kkadim

service public rhone alpes | 08H01 | 21/05/2008 | Permalien

ben oui : élaborer des études pour la direction environnement international, parce que sans cà elle servirait à quoi la direction environnement international ?

Portrait de Atalante

à jmax Portrait de jmax De Atalante

Illusionnée | 08H22 | 21/05/2008 | Permalien

un « vrai métier comme plombier, électricien, boulanger » ? ? Est ce à dire que toutes les professions qui ne sont pas manuelles ne sont pas des vrais métiers ?
Beaucoup de commentaires conseillent à ce monsieur de rejoindre la bâtiment ou autre corps de métier pénible, ça me semble un tantinet réducteur de penser que travailler autrement qu'avec ses mains fait de vous un glandeur qui s'engraisse sur le dos des autres..

Portrait de jimmy1

à jmax Portrait de jmax De jimmy1

11H55 | 27/05/2008 | Permalien

Je peux faire taxi aussi,mais c'est une profession très très « encadrée » (il y ne a le même nombre qu'en 1935 à Paris, alosr qu'il y a bcp plus d egens à transporter et que les gens se transporte plus.
Pour plombier, franchement il y a déjà les polonais.

Portrait de sigmundfrit

De sigmundfrit

07H52 | 21/05/2008 | Permalien

Je ne vois pas en quoi une carrière mal gérée a un quelconque intérêt journalistique, surtout si on la prend comme exemple d'un malaise qui existe dans la fonction publique. Sortir de l'ENA c'est un avantage extraordinaire pour faire carrière dans la fonction publique et même dans le privé. Ce n'est peut-être pas le cas des autres fonctionnaires.
Etant moi-même cadre de la fonction publique, je ne peux que faire les commentaires suivants :
- il n'y a pas que la fonction d'état, il y aussi la fonction territoriale où cette personne aurait pu faire valoir ses talents, mais c'est sans doute moins glorieux .
- il y aussi, même pour les énarques, des organisations syndicales qui peuvent très bien les défendre et notamment obtenir de l'administration un traitement équitable (là aussi c'est peut-être moins glorieux).
- peut-être aussi faut-il être moins ambitieux au départ et accepter des postes délaissés pour faire valoir ses compétences.
Sur ce dernier point, comme on n'arrête pas de leur dire durant toute leur formation qu'ils sont l'élite de l'élite, on ne peut pas leur reprocher de se faire des illusions.

Portrait de jimmy1

à sigmundfrit Portrait de sigmundfrit De jimmy1

12H01 | 27/05/2008 | Permalien

Du fait de l'absence de carrière au sien de l'adminitration centrale, bcp d'adminsitratuers civils cherchent à partir dans la territoriale. S'étant sentie méprisée des années durant, dotée d'un ensemble de corps particuliers, celle-ci ne répond même pas à leurs candidatures. « Sortir de l'ENA c'est un avantage extraordinaire pour faire carrière dans la fonction publique et même dans le privé. » Il y a 20 ans peut-être.

Portrait de gribouillemoqueur

De gribouillemoqueur

07H54 | 21/05/2008 | Permalien

On peut se demander quelqu'un avec autant d'atouts éprouve de telles difficultés. Ses diplômes démontrent qu'il a des compétences, qu'il pourrait devenir un membre éminent de n'importe qu'elle organisation humaine. Cependant, c'est oublier que nous vivons dans une société humaine où tu ne peux rien faire si quelqu'un ne t'ouvre pas la porte.
Le mot « Atypique » est particulièrement révélateur. Ca signifie, une certaine reconnaissance pour ce que vous avez fait, une forme d'origninalité mais, il y a un mais, car comme tu es différent, tu ne pourras jamais t'intégrer au troupeau des gens normaux parfois médiocres, va voir ailleurs……..Je l'ai entendu moi-même, c'est une vraie vacherie sous un langage diplomatique.

Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 08H07 | 21/05/2008 | Permalien

Les zétrangers …à l'étranger !
Les fonctionnaires….dehors !
Les chômeurs ……fainéants !
Les diplomés……à la voirie !
Les zartissses……au boulot !
Les pêcheurs ……à la baille !
Les paysans …..Auchan !
Les profs……à la mine !
Les zélèves …..en rang par deux !
Les journalistes ……collabos !
Rue 89 ………de droite !
Les de Gauche …..staliniens maoistes !
etc ….

C'est super, de plus en plus de com à la con où la haine de l'autre sert d'argumentaire.

Un énarque est par définition un pourri et un fainéant, un privilègié ?

L'histoire de ce type est symptomatique que les compétences et les diplômes ne suffisent plus pour trouver le taf pour lequel on est formé.

Le parcours du combattant du chercheur d'emploi sans réseau et sans cooptation devient très compliqué.

C'est un exemple de ce que produit notre système de castes et de classe, où le salarié quel qu'il soit n'est plus qu'une variable d'ajustement dan la boite où il exerce.

Choisir son métier et l'exercer, devient un rêve.

41 ans , voir plus ,à aller au chagrin , faire un job non choisi, il y a mieux comme vie à espérer , non ?

Portrait de Schrödinger

à Charles Mouloud Portrait de Charles Mouloud De Schrödinger

quark | 15H26 | 21/05/2008 | Permalien

Faudrait en effet qu'on sorte du système de caste, de corporation, de cooptation, que nos diverses révolutions ont contribué à renforcer.

Du droit divin on est passé à une situation de fait autoalimentée ou chacun appartenant à une communaute donnée, justifie le fonctionnement de l'ensemble.

Pour rappel, 70% des emplois sont obtenus par cooptation (à divers degrés).

Portrait de sigmundfrit

De sigmundfrit

08H18 | 21/05/2008 | Permalien

@ Mouloud

Faut quand même pas pousser :
Sortir de l'ENA, ça n'est pas équivalent à essayer de trouver un job avec un BEP de couturière. Une personne qui sort de l'ENA, dont les études sont payées par l'Etat il faut le rappeler, a une place de cadre supérieur réservée dans l'administration. Encore faut-il être assez humble si on n'a pas de réseau à sa disposition pour accepter un poste forcément pas assez glorieux au lieu de vouloir faire carrière tout de suite dans les cabinets ministériels. De la même façon pour une couturière, ça arrange bien les choses d'avoir un oncle qui est tailleur.
Il y a plein d'énarques qui sont administrateurs civils, DGS dans les collectivités, etc. Ils ne sont pas tous super-brillants, mais ils ont un travail intéressant et bien rénuméré.
Cet article a eu au moins le don de montrer que beaucoup de personnes ne connaissent rien à la haute fonction publique.

Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 08H50 | 21/05/2008 | Permalien

Sur le fond, je suis ok avec toi.

Je réagis sur la forme que prennent les commentaires de façon générale dès qu'un sujet sort sur le parcours d'un individu.

Il y a dans l'air du temps une facheuse tendance à comparer , à mettre en échelle, à classifier les catégories de salariés.A les monter les uns contre les autres.

Le Zident Kétanou est très habile pour le faire, aussi je trouve dommage que les posteurs de rue89 se laissent aller à ce genre d'exercice.

Ce mec n'est certes pas le plus à plaindre , mais c'est « son » histoire qui me semble symptômatique des temps présents.

Lorsque sur un précédent fil, un écrivain poète parlait de ses questionnements sur sa place dans la socièté, c'est de là où il parlait qui était important.

Les témoignages sont riches d'enseignements , car il sont à la fois unique et font miroir sur nos propres situations.

Par contre , tu l'auras sans doute remarqué, je fustige plus largement les défonceurs de portes ouvertes et les propos à l'emporte pièce, qui certains jours me mettent les zabeilles !

Portrait de Prolo du livre

à Charles Mouloud Portrait de Charles Mouloud De Prolo du livre

11H04 | 21/05/2008 | Permalien

Très cher Charles,
Salut, déjà…

Ce qui me dérange le plus dans les réactions, et dans l'article, ce n'est pas ce que tu as souligné, à savoir la « classification/stratification salariale ».
Déjà, a une certaine époque (que j'ai, hélas, connu de loin, tout petit), on appelait ça des « classes » (sociales)…
La fin de la lutte de classes est un argument bien efficace pour faire baver le prolo devant Johnny et la Star'Ac et not » Pe-Timonier Bling-bling, la droite (et le pognon) décomplexé…
Donc, cette « mise en échelle » n'est peut être pas si injustifié.

Ce qui me dérange, c'est que l'on s'apitoie, sur un type, qui n'est rien d'autre qu'un soldat.
Ce type a été formé par l'état, pour servir l'état, et il le revendique ! Il a, par idéologie, choisit de se mettre au service des puissants, contrairement à une bonne partie du peuple.
Il a choisit de faire partie de « l'élite de la nation », de se mettre au service d'un appareil politique qui n'a aucun scrupule à autoriser le licenciement massif au motif d'une sacro sainte croissance, qui justifie les restrictions de libertés au nom de la sécurité de la machine, qui fustige l'étranger et le pauvre, qui détruit des cultures régionales au nom d'une « unité nazionale », et qui n'hésite pas tout les cinquantaines d'années à tirer sur la foule (« pour assurer l'ordre public, ils assassinent impunément »)…

Et là je ne m'attaque pas qu'à ce gouvernement, même s'il est l'un des plus pourrit que l'on ait eu, mais au principe même de l'état français, républicain, jacobin, pseudo démocratique.

L'armée n'accorde que rarement à l'un de ses soldats blessé le droit de se plaindre, ce n'est pas pour autant que la responsabilité du soldat dans ses actes est dégagée.

Portrait de Network 23

à Prolo du livre Portrait de Prolo du livre De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 13H23 | 21/05/2008 | Permalien

Ouais, on peut critiquer l'Etat, chien de garde de la bourgeoisie.

Mais vous croyez vraiment que bosser dans le privé, dans une multinationale de la sécurité ou de l'acier, soit mieux ?

La différence aujourd'hui ne passe plus entre l'Etat et la société, la société est déjà étatisée & l'Etat libéralisé…

Prolo du livre, relisez la Volonté de savoir ; -)

Portrait de Prolo du livre

à Network 23 Portrait de Network 23 De Prolo du livre

13H43 | 21/05/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord !
De plus, un enarque peut très bien bosser pour Waendel…

Mais, justement, il s'agit d'une personne qui a choisit d'être impliqué, donc d'avoir une responsabilité, dans la société, et qui maintenant s'étonne des règles du jeu.
Règles du jeu, que sa position/fonction l'aurait amené a fixer !
Ce qui aurait été bon pour les autres, ne l'est pas pour lui-même ?

« J'aime jouer avec le feu,
Mais j'aime pas me bruler »
Les Shérifs.

Portrait de Network 23

à Prolo du livre Portrait de Prolo du livre De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 15H09 | 21/05/2008 | Permalien

Moi, ce que je vois, c'est surtout un gars qui a eu la chance de percer le plafond de verre de la hiérarchie sociale et qui, après avoir atteint l'un des sommets, a été renvoyé à son manque de relations et a été lourdement affecté par qq erreurs persos et des règlements de compte.

Ds ts les cas, comment juger quelqu'un, et encore plus quand on ne le connaît pas ?

Certes, je trouve étrange qu'un gars qui bosse sur la volatilité du CAC 40 ne soit pas intéressé par l'argent, mais apparemment ses choix de carrière confirment en partie cela, et après tout y a de tout dans la nature…

Comme disait l'autre, même les structures les plus hiérarchisées sont traversées par des lignes de fuite, et même les collectivités les plus libertaires se cristallisent autour de petits chefs…

Portrait de Prolo du livre

à Network 23 Portrait de Network 23 De Prolo du livre

15H25 | 21/05/2008 | Permalien

Je ne juge pas forcément l'homme, je juge surtout la fonction et la réaction. Qu'il ait été lâché par sa hiérarchie pour des motifs encore plus malsains, je te l'accorde volontiers.
Il y a eu à ce propos les deux articles sur l'ancien indic des stups qui s'est retrouvé en taule et qui maintenant se retrouve à la cave, mais avec le nouveau système de la rue, je n'arrive pas à les retrouver…

Que ce gars ait réussi un tour de force en se hissant à cette position, je te l'accorde aussi. Mais en voulant se hisser, il a accepté les règles du jeu. Règles dégueulasses, et c'est là que je râle, mais on signe, on assume.

L'étonnement naïf de se dire « mais c'est dégueulasse » ne me convient pas.

Sur ton troisième paragraphe, tu as comme exemple Oncle Bernard de Charlie Hebdo (journal que je ne porte plus dans mon coeur) qui est un excellent économiste (je crois même que le medef, ou un truc dans le meme style, lui a collé un prix) et est pourtant ultra critique sur le libéralisme, et l'économie en générale.

Sur ton dernier paragraphe, oui, on a toujours une idole, des exemples, c'est un de nos traits. après faut les choisir…
Voilà.

Portrait de Plume timide

De Plume timide

08H19 | 21/05/2008 | Permalien

Que de haine dans bien de ces commentaires !
et de bêtises !
« Le travail est une valeur plus noble que les études »
D'où sort cette affirmation stupide ! En quoi ce malheureux enarque n'aurait pas d'aptitudes ?
Aline la retraitée que vous êtes pense donc qu'on arrive à l'Ena, sans aucune aptitude, après avoir trouvé l'incription dans une pochette surprise ?
Et l'ouvrier, il ferait quoi sans des ingénieurs, entre autres, ayant inventé en amont ce qu'il fabrique à l'usine ?
Et vous,Otto 67,le prétendu ouvrier, bougez aussi votre cul, comme ma copine kabile issue d'un HLM de banlieue qui fut aide soignante pour manger et étudier quand d'autres préfèrent dealer dans les caves et qui est médecin aujourd'hui.
Vous pouvez, si vous avez autre chose dans la tête que de minables sentiments envieux, par exemple du courage, prendre des cours du soir ; il existe des formations si votre condition ne vous convient pas. Et vous trouverez ensuite normal que vos sacrifices vous procurent une carrière satisfaisante et un niveau de vie honorable.
Avant l'argent au berceau, ce qui compte c'est d'avoir quelques valeurs. On peux les recevoir de ses parents ou les découvrir à l'école laïque, n'en déplaise à Sarko qui pense que c'est l'apanage du religieux.
Alors si ensuite le manque de reseaux vous barre la route dans votre vie professionelle, là, oui, je descendrai pour vous dans la rue pour faire la révolution. Comme pour ce « favorisé » d'énarque.

Portrait de Révolutiona

à Plume timide Portrait de Plume timide De Révolutiona

Hawwah | 00H21 | 22/05/2008 | Permalien

Encore Plume « timide » en pleine hargne…
Changez de pseudo, il ne vous correspond pas du tout !

Portrait de patrick du 14

De patrick du 14

toujours naze et qui cotises pas | 08H38 | 21/05/2008 | Permalien

j'ais pas bien compris , on lui proposait la retraite a 36 ans et il a refusé mdr

Portrait de totolarigo

De totolarigo

08H45 | 21/05/2008 | Permalien

tiens, ca ressemble bien au showbizness tout ca, bien que j'ai l'impression qu'il lui eusse fallut avoir un nom commencant par « de » peut etre… ou etre le fils de..

Portrait de jjezfm

De jjezfm

Internaute | 08H56 | 21/05/2008 | Permalien

le sort de ce Monsieur nous concerne tous : quand l'injustice touche même ceux qu'on pensait protégés, c'est que les autres ont du souci à se faire ! ! !

ne perdons jamais de vue que la stratégie la plus efficace de nos dirigeants, c'est « diviser pour mieux régner », en opposant de soi-disant privilégiés (selon le critère, toutes les CSP peuvent l'être) aux autres

effarant ce gâchis de neuronnes et d'énergie…

en même temps, cet énarque est atypique par son origine même : j'aurais été très surprise que tombe dans ce gouffre kafkaien un fils de riche industriel ou de personnalité politique…

la classe dirigeante ferme toujours soigneusement ses portes et si la méritocratie permet à un intrus de passer, elle le lui fera payer très cher !

bon courage M. Raphael, et je compte sur rue89 pour nous tenir au courant d'une suite

Portrait de Meinhof

De Meinhof

Chef marketing | 09H14 | 21/05/2008 | Permalien

Ils recrutent des éboueurs à Naples, il y a un espoir ! !

Portrait de sevinilud

De sevinilud

en liberté surveillée | 09H16 | 21/05/2008 | Permalien

Vous me gâchez la journée avec cette triste histoire ! vous êtes certains qu'il ne gagne que celà ? peut-être pourrait-il faire une étude sur les marchés ( ceux aux légumes ) après la fermeture….

Portrait de Dave Feng

De Dave Feng

09H18 | 21/05/2008 | Permalien

Nombre des commentaires laissés ici suggèrent que cela n'a nul intérêt de « plaindre » un énarque. Ce serait inutile car, après tout, il y a des personnes dans des situations plus graves.

Tout d'abord, il n'est pas question de « plaindre » ce monsieur : il est question de souligner qu'il y a un dysfonctionnement dans la gestion des carrières dans la haute administration. On part certes d'un cas précis, mais parce qu'il est exemplaire, pas parce qu'il serait exceptionnel.

Ensuite, discuter de ce problème de mauvaise gestion des carrières a plusieurs intérêt. C'est un gaspillage de fonds levés par l'impôt. C'est des compétences qui sont sacrifiées sur des querelles d'ego. C'est aussi (pour ma part, c'ets ce qui m'intéresse), la marque d'un problème de fond : l'incapacité croissante de l'Etat, à tous les postes, à convaincre les meilleurs diplômés de servir l'Etat. Pour ma part, je préfère que les diplômés servent l'Etat, l'Education, la Recherche… plutôt que de rêver d'écrans plasma, de voitures de sport, de voyages dans des hôtels de luxe, et de moyen de ne pas payer d'impôts.

Enfin, l'argument, il y a des situations « pires » est ridicule : il y a toujours pire, c'est en présentant à chacun le spectacle de celui qui est en-dessous de lui dans l'échelle sociale et économique qu'on le controle le mieux en lui interdisant de dénoncer ses conditions de travail. On pourrait ainsi dire au chômeur : ne te plains pas - regarde le RMiste qui n'a même pas d'allocations chomage ! Et au RMIste, on pourrait dire : sois content de ton sort : regarde les pauvres du Sichuan ! ET au sinistré du Sichuan : regarde les pauvres Birmans ! Et au pauvre Birman : regarde ce bengladi, sans jambes, sans mains et dont la femme est partie avec son frère !

Portrait de Plume timide

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De Plume timide

09H48 | 21/05/2008 | Permalien

Merci Dave Feng, completement d'accord.
Comparaison n'est pas raison dit le dicton.
Je me souviens : ma maman qui voulait m'obliger à finir mon assiette me répétait chaque fois, pense aux petits chinois qui n'ont rien à manger. Et bien, bizarrement ça n'avait aucun effet sur mon appetit… Mais ça m'habituait à la culpabilité sans motif, celle qui fait le lit des maso qui acceptent puis recherchent l'inacceptable.

Portrait de Nikoko

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De Nikoko

Chercheur...d'emplois | 09H55 | 21/05/2008 | Permalien

Oui Dave, mais on veut de l'émotion, des situations horribles, à la Delarue :
« On cherche pour l'emission de la semaine prochaine, une femme, noire, homosexuelle, licenciée parce qu'elle avait perdue un bras ».
Ca ne fera pas beaucoup réflechir mais on pleurera beaucoup.

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