Tribune

Iron Man : leçons philosophiques d'un blockbuster américain

« Un film américain, bête et naïf, peut, malgré toute sa bêtise, et même grâce à elle, nous apprendre quelque chose. Un film anglais, dans sa fatuité sans naïveté, ne peut rien nous apprendre. J'ai souvent tiré une leçon d'un film américain stupide », remarquait le philosophe Ludwig Wittgenstein en 1947 (« Remarques mêlées », éd. Trans-Europ-Repress).

Il faut dire qu'il préférait le stimulant éthique des westerns, des films noirs ou des comédies musicales aux lourdes philosophies morales à la Kant. L'éthique associée à l'esthétique étant, pour Wittgenstein, davantage associée au « montrer » qu'au « dire » (au sens de ce qui est théorisé), ces films montraient des problèmes éthiques davantage qu'ils ne les théorisaient à travers des principes et des règles explicites (sur ces sujets, voir mon livre « La Société de verre, Pour une éthique de la fragilité » (Armand Colin, 2002).

Interrogations éthiques pour temps post-modernes

Un blockbuster hollywoodien, comme « Iron Man » de Jon Favreau, pourrait ainsi servir de support à nos interrogations morales : le bien et le mal, dépassés ? Le cynisme, autoroute unique pour temps post-modernes ? L'argent suffit-il à donner un sens à nos existences ? Des interrogations morales, en situation : alors qu'après le traumatisme du 11 Septembre et les aveuglements consensuels, de plus en plus de citoyens américains prennent leur distance vis-à-vis des guerres extérieures promues par des néo-conservateurs en voie de démonétisation.

Tony Stark (joué par le subtil Robert Downey Jr.) est au début de l'histoire un playboy milliardaire, vendeur d'armes flirtant avec le cynisme, baignant dans la culture post-moderne de l'ironie généralisée, prêt à ne rien vraiment prendre au sérieux (sauf peut-être l'état de son compte en banque), se racontant de vagues histoires patriotiques (auxquelles on se sait pas bien, ni lui d'ailleurs, dans quelle mesure il y croit) justifiant business et tueries guerrières.

Mais son enlèvement lors d'une tournéeen Afghanistan va l'amener à changer son regard sur le monde et à inventer un nouveau super-héros, à l'armure blindée de chez blindé. Il entrevoit alors un sens à sa vie, en-dehors des bulles financières gageant leur confort sur la mort d'êtres invisibilisés : faire régner la justice et arrêter les massacres ! Vaste et infini programme auquel d'autres super-héros se sont attelés depuis longtemps déjà… Mais Iron Man rencontrera sur sa route la rapacité de son ami et principal collaborateur Obadiah Stane (Jeff Bridges), qu'il vaincra (de justesse ! ) bien sûr. Ouf ! Entre manichéisme et fragilités morales

Parti de la douce musique du cynisme contemporain, il retrouve donc en pratique le sens du bien et du mal. Toutefois, bien que nécessaires, face au relativisme du « tout se vaut », les repères du bien et du mal apparaissent fragilisés dans la trame de son histoire. Un certain manichéisme moral est maintenu, tout en étant questionné par d'autres fils du récit.

Tout d'abord, le scepticisme, dans ses tentations nihilistes, apparaît comme un problème intérieur qui interpelle, potentiellement, chacun d'entre nous, particulièrement dans la culture actuelle marquée par un certain brouillage des repères. Ce problème intérieur appelle alors un travail sur soi.

Il n'y pas là des représentants du Bien et du Mal posés une fois pour toutes comme des essences intemporelles et irréductibles, car le bien vient des frontières du mal, là où l'insouciance sert à justifier le pire. Selon les mots de l'Américain Stanley Cavell, grand commentateur de Wittgenstein, le film apparaît ouvert « à la menace du scepticisme (c'est à dire au sceptique que l'on a en soi) » (« Les Voix de la raison, Wittgenstein, le scepticisme, la moralité et la tragédie, éd du Seuil).

Deuxième fragilisation : Tony Stark, même régénéré par le bien, demeure ironique, notamment à l'égard de lui-même, introduisant ainsi une distance critique par rapport aux figures plus habituelles du super-héros. Mais cette ironie ne le rapproche plus des précipices de l'immoralité. Elle le protège plus modestement des excès de mièvrerie que le spectacle du bien peu facilement susciter.

Confronté, jusqu'à son for intérieur, aux séductions et aux abîmes post-modernes, notre super-héros reste travaillé par les doutes contemporains, sans pour autant sauter dans le vide du sens. Il ne redevient pas un héros classiquement moderne, comme avant. Il demeure traversé par l'inquiétude relativiste : il l'a contient, au double sens de l'intégrer et de limiter son expansion.

Troisième fragilisation : le héros d'acier révèle aussi des faiblesses, des failles techniques face à son principal adversaire, qui donnent une tonalité aléatoire à sa victoire. Des limites personnelles : il garde de son être antérieur un côté “m'as-tu vu” qu'il peut difficilement réprimer en public.

Comme le Zidane du coup de boule, il incarne quelque chose comme un héroïsme de la fragilité, plus en phase avec le cours cahoteux de nos vies et de nos rêves ordinaires que les absolus d'antan (voir mon texte “De Zidane au sous-commandant Marcos : un héroïsme de la fragilité ? ‘, publié sur Bellaciao.

Les guerres américaines et le capitalisme en ligne de mire ?

Ces fêlures de l'intimité ont aussi des résonances plus directement politiques.

Tout d'abord la légitimité des guerres américaines en cours s'en trouve sacrément ébranlée. Et ce n'est pas la mort des soldats américains qui est ici mise en avant, mais celle de ces civils supposés barbares’, si souvent diabolisés ou simplement considérés comme ‘hors champ’, que la puissance américaine ‘civilisatrice’ était censée remettre dans ‘le droit’ chemin.

Quant à la menace ‘terroriste’, elle apparaît aussi à travers ses accointances économiques avec les industries d'armement américaines. ‘Civilisation’ et ‘Barbarie’ sont des catégories qui apparaissent redistribuées de manière nettement moins unilatérale dans les rapports entre l'Empire américain et le reste du monde.

Le capitalisme lui-même ne sort pas indemne de ce divertissement apparemment léger. La logique du profit qui oriente le mode de production capitaliste génère la guerre à l'échelle collective, la cupidité et/ou la perte du sens de l'existence à l'échelle individuelle.

Comme l'a magistralement montré le philosophe belge de l'économie Christian Arnsperger, il y aurait bien une dimension existentielle en jeu dans le capitalisme (‘Critique de l'existence capitaliste, Pour une éthique existentielle de l'économie’, éd. Cerf).

La course sans fin à l'argent et à la consommation entretiendrait au bout du compte nos angoisses en s'efforçant vainement de colmater nos brèches existentielles. La première vie de Tony Stark en constitue un exemple frappant.

Le cinéma hollywoodien offre ainsi des prises insoupçonnées à la réflexion critique, contrairement à ce que répètent inlassablement les contempteurs les plus manichéens des ‘industries culturelles américaines’. Vive l'Amérique ?

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 82557 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code

13 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de pablico

De pablico

20H02 | 20/05/2008 | Permalien

combien de gens tirent une philosophie de ce genre de film ?
combien de gens se posent des questions juste après le premier degré ?

combien de gens vont mettre en perspective : la guerre, les vainqueurs, les vaincus, les terroristes, les marchands d'armes ? les morts et les vivants, et le capitalisme ?
surtout à la dimension existentielle du capitalisme.

Pour le commun des spectateurs il y a le bon ,le méchant, l'action, un taux de sang, une montée d'adrénaline, voir de testostérone et pas grand chose d'autre malheureusement.

Portrait de Wiglaf

à pablico Portrait de pablico De Wiglaf

Deconstructionist (si cela est poss... | 21H43 | 20/05/2008 | Permalien

Je ne pense pas que l'on puisse « tirer » une philosophie d'un film. Un film peut tout au plus exposer des principes philosophiques (que l'auteur de l'article a ouvertement explicités), exposer une problématique, etc… et (peut-être) trouver une conclusion.

Par contre je pense que toute personne est capable de se poser un certain nombre de questions et cela est très positif.

Il est vrai que je trouve dommage qu'un gouvernement come les USA ne soit critiqué le plus souvent que métaphoriquement.

Portrait de stephanemot

à pablico Portrait de pablico De stephanemot

Author & Chief AtoZ Officer | 05H10 | 24/05/2008 | Permalien

Replaçons Iron Man dans son contexte.
Cet antihéros typique de la Marvel de Stan Lee comprend des faiblesses autrement plus subtiles que la kryptonite du Superman (chez le concurrent DC Comics).
Le Iron Man originel dénonçait la guerre au Viet Nam.
Son avatar 2008 prétend en faire de même avec l'Irak (même si la scène se passe en Afghanistan).
Dans un cas comme dans l'autre, ce sont des produits marketing créés pour surfer sur des vagues sociétales. Le consommateur claque quelques cents pour son comics ou quelques greenbacks pour sa place de ciné. Et dans 90% des cas il se contrefiche de la portée métaphysique du projet : il veut se mettre de l'action plein les yeux et passer un bon moment.
Trente ans après, la Marvel ne cible plus les mêmes segments : les ados et étudiants d'aujourd'hui ne sont plus soumis aux mêmes débats de fond… et ceux d'hier sont flattés qu'on leur vende leurs achats de jeunesse comme des marques de conscience politique précoces.

Portrait de Laurent-Weppe

De Laurent-Weppe

20H18 | 20/05/2008 | Permalien

Je crains qu'il n'y ai pas de „leçons philosophiques« si poussées dans Iron Man : Ce film est tiré d'un Comic Marvel crée par la bande à Stan Lee, or, ce qui fit sa fortune fut sa capacité de renouveller le genre de la BD à super-héros en donnant des personnalités plus ambigues à leurs créations.

Iron Man c'est ça : un mécanisme naratif classique (personnage principal peu vertueux se prend une brique dans la figure, devient -un peu- plus humble, sort grandi et apte à aider ses semblable, amen) auquel au rajoute une dose d'ambiguité (le héros découvre que les armes c'est mal, et finit par en fabriquer une encore plus destructrice ; le play-boy talentueux mais dilettante ne se change pas en beau fils idéal), mais la raison de l'ambiguité de la BD, et donc du film qui en est tiré, vient simplement du fait que le créateur du personnage trouvait les récits de héros trop propres sur eux ennuyeux à lire et à écrire :

Portrait de Wiglaf

à Laurent-Weppe Portrait de Laurent-Weppe De Wiglaf

Deconstructionist (si cela est poss... | 22H02 | 20/05/2008 | Permalien

Le principe narratif que vous décrivez ne reprend-il pas déjà les notions évoquées dans l'article ? Que Stan lee touve les héros soient « trop propres sur eux », ne révèle-il pas un soucis de complexification qui amènent à rendre le personage plus manichéen, à étoffer le caracterisation ? Ainsi ces personnages plus « subtiles'(ce n'est pas encore Henry James…) communique avec le spectateur/lecteur et lui propose de se poser des questions.

Portrait de Laurent-Weppe

à Wiglaf Portrait de Wiglaf De Laurent-Weppe

22H56 | 20/05/2008 | Permalien

Ou peut-être, comme je l'ai dit, l'auteur cherchait « a davantage s'amuser en écrivant les scénarios de BD (les Comics classiques l'ennuyaient tellement qu'il avait songé à changer de métier). On final on se retrouve avec des BD de super héros qui sont intéressantes à lire même pour les plus de 12 ans, et des films du même style qui sont loin des navets annoncés, sans que cela ai à voir avec un “message” sous-jacent

Portrait de Tinhinane

De Tinhinane

Médiatrice scientifique | 20H18 | 20/05/2008 | Permalien

Un peu à côté du sujet, pardon.

J'essaye de trouver un terme qui traduisait assez bien ce que recouvre aujourd'hui le mot Blockbuster qui lui renvoi (littéralement, qui fait exploser le quartier)à la plus puissante bombe conventionnelle de très fort tonnage utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale par la Royal Air Force et par la United States Air Force. Elle a une puissance de 20 tonnes de TNT.

Merci pour vos suggestions.

Portrait de Wiglaf

à Tinhinane Portrait de Tinhinane De Wiglaf

Deconstructionist (si cela est poss... | 22H54 | 20/05/2008 | Permalien

Le dictionnaire propose superproduction comme traduction. Le sens de « plus puissante bombe conventionnelle », et le médicament du même nom ne sont pas compris dans cette traduction. Les homographes ne sont pas des mots identiques mais des mots différent ayant une « étiquette » identique. Les signifiés sont différents, le signifiant est le même

Portrait de Thorgal46

De Thorgal46 4302

Informaticien dans le Lot | 08H30 | 21/05/2008 | Permalien

J'aime bien les philo-psy-quelquechose qui adorent chercher un sens caché, une explication à ce que nous avons sous les yeux.
J'avoue avoir eu un peu de mal à lire cet article jusqu'au bout.
Ce qui serais drôle ce serait que le réalisateur du film donne son avis sur l'article.
Juste une petite anecdote pour illustrer mon propos :
une maman emmène son jeune enfant chez le pédo-psychiatre pour voir si tout va bien.
Le docteur donne papier et crayons à l'enfant et lui demande de dessiner ses parents.
Quand l'enfant a terminé, le docteur regarde le dessin en commence à le commenter à la maman.
Je pressens des problèmes de relations dans le triangle mère-enfant-père car votre fils a dessiné son père beaucoup plus grand que sa mère.
Et le médecin de poser des tas de questions à la mére sur l'équilibre du couple, les principes d'éducation de l'enfant…etc
La mére répond patiemment puis ajoute :
Vous savez Docteur, je mesure 1m50 et mon mari avoisine les 2 mètres !
Moralité : à force de tout voir avec les lunettes « psy », quelquefois on déforme la réalité !

Portrait de glaurent

à Thorgal46 Portrait de Thorgal46 De glaurent

ingénieur info | 17H22 | 21/05/2008 | Permalien

Pour info l'anecdote que vous citez vient de Pierre Desproges (c'était dans une de ses chroniques de la haine ordinaire, vous trouverez le texte ici : http://www.morzhelleg.com/desproges.htm )

Néanmoins, même si la psychologie n'est certainement pas une science exacte, on sait quand même deux ou trois choses sur le fonctionnement de l'esprit humain. A ce titre, je vous recommande un remarquable documentaire, « The Century of the Self », d'Adam Curtis (dispo sur le Net en anglais non sous-titré hélas).

(docu qui devrait plaire à une bonne part de l'audience de Rue89, d'ailleurs : -) )

Portrait de Thorgal46

à glaurent Portrait de glaurent De Thorgal46 4302

Informaticien dans le Lot | 17H54 | 21/05/2008 | Permalien

Merci beaucoup pour cette précision et pour le lien « vers » Pierre Desproges.
J'appréciais vraiment beaucoup ce Monsieur et sa plume !

Portrait de Julien83

De Julien83

chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 03H22 | 23/05/2008 | Permalien

Je ne sais pas si Stan Lee pensait Philo quand il a créé l'homme d'acier. On peut juste dire que Tony Stark est plus extravaguant qu'un Bruce Wayne avec sa fortune.
Wayne (alias Bat-Man pour ceux qui ne se souviennent pas, et qui auront l'occasion de se rafraîchir avec « Bat-Man begins » et bientôt « The Dark Knight ») est déjà un type généreux, qui n'a pas besoin de boire de l'alcool à tout va. Il est le sauveur du chômage.
Tony Stark est tout le contraire, extravaguant , et surtout alcoolique(lisez les comics, au fil du temps, Tony Stark a le foie comme une éponge ! ) et dans Civil War , il est dans les bordures du racisme, et impose aux superhéros de retirer les masques.Ce qui va amener la mort de Captain America.
Voilà, sinon la « CIA-NSA » super secret des USA dans IRON MAN , c'est « The SHIELD » , et notre ami philosophe n'est pas resté jusqu'à la fin du film, après le générique … pour le petit bout de séquence exceptionnel ! Celui qui va amener à la création des « AVENGERS » (les Vengeurs) dont Jon Favreau parait plus que légitime désormais pour réaliser l'adaptation de cette collegiale de superhéros, en attendant les franchises de THOR le dieu du Tonnerre(par Matthew Vaughn), et CAPTAIN AMERICA, et cet été The Incredible Hulk, avec aussi The Ant-Man (l'homme fourmi) .

Portrait de Nicolaï Vsévolodovitch

De Nicolaï Vsévolodovitch

custodiat | 11H44 | 24/05/2008 | Permalien

L'exercice qui consiste à lire entre les lignes d'un produit culturel les enjeux sociopolitiques qui le traversent est très risqué.
Toute oeuvre est dans une certaine mesure le reflet de la société dans laquelle elle est né, mais c'est un reflet, justement, pas une démonstration mécanique, et ce qu'on lit dans l'architecture d'une oeuvre, les éventuels principes philosophiques qu'on y détecte, peuvent simplement venir de l'esprit du lecteur/spectateur.

Ici, quoique favorable à l'entreprise car grand fan d'Iron Man depuis des décennies, je regrette que l'analyse n'ait pas été plus précise et systématique.
en ce qui concerne notamment les « critiques » portées par le film contre les guerres américaines et le brouillage entre complexe militaro-industriel et terrorisme, je constate que la logique du film n'est pas exactement mise en valeur.

Ce que propose Iron Man n'est pas une critique des interventions américaines à l'étranger. C'est au contraire la substitution d'un interventionnisme « humanitaire » à un interventionnisme guerrier. Iron Man, en effet, intervient dans des zones de conflit pour « sauver » des civils attaqués par des seigneurs de guerre armés (illégalement) par une entreprise américaine.
Les actions d'Iron Man sont condamnées par la communauté internationale et il se trouve même en conflit avec l'armée américaine, garante du droit, mais le message du film, s'il y en a un, est qu'il existe un devoir moral d'intervention en terre étrangère, s'il s'agit de sauver des innocents.
Tant qu'il s'agit d'un type en armure rouge et or armé de répulseurs, je marche. Si cela doit avoir le moindre rapport avec la réalité, je ne peux m'empêcher de me dire que la logique qui a conduit à la guerre en Irak est strictement la même que celle qui conduit à foncer taper sur les « méchants » dans un pays dont on ne connait rien puis à se barrer en laissant les indigènes régler leurs problèmes entre eux.
Il n'y a donc pas de remise en cause de la logique guerrière américaine, malgré toute la sympathie que m'inspirent Robert Downey Jr et Iron Man.

En ce qui concerne le terrorisme, c'est plus flou. Je remarquerai simplement que le film attribue toute la responsabilité de la fourniture d'armes à des terroristes à un seul homme, Stane, et que dans cette histoire il n'est pas question de financement de troupes terroristes par des institutions américaines, au risque que ces troupes retournent un jour les armes contre ceux qui les ont financés… La petite troupe de seigneurs de guerre que détruit Iron Man est une bande d'opportunistes alliés à un opportuniste américain.
Ils n'ont rien de commun avec un groupe soudé par une idéologie comme Al qaeda.

Sur ces questions, le film propose simplement la soupe habituelle du film d'action : des méchants, qui attaquent des innocents, et qui sont tapés par le gentil puis trahis par un autre méchant…

Et à la fin, tout est bien qui finit bien : il n'y a plus de méchant, et Iron Man est sur le point d'être engagé au service du gouvernement des Etats-Unis… on a vu plus radical, comme remise en cause…

Continuons à analyser la culture sous toutes ses formes, néanmoins.