En répondant, jeudi soir, par la fermeté aux enseignants, Nicolas Sarkozy a achevé de se mettre à dos le monde éducatif, déjà très mobilisé contre la suppression de 11 200 postes équivalents temps plein dès la rentrée 2008.
C'est sur le front du service mininum que Nicolas Sarkozy avait décidé de répliquer aux profs, quelques heures à peine après la fin des manifestations. Un terrain plutôt flatteur pour le gouvernement si l'on en croit les sondages qui avancent que 60% des Français y seraient favorables… même si, localement, moins d'une commune sur dix l'a appliqué ce jour-là. Le corps enseignant, en revanche, reste farouchement hostile au service minimum, qui plus est à l'heure des suppressions de postes annoncées.
L'un des arguments avancés par le gouvernement consiste à dire que le service minimum d'accueil (SMA), devient la norme en Europe. En réalité, la situation demeure plutôt constrastée à l'échelle de l'Union, où la moitié des Etats-membres le pratiquent dans les services publics. Toutefois, localement, cette mesure reste le plus souvent assortie d'une liste de « services publics vitaux » concernés par le service minimum… dont l'éducation fait rarement partie.
En fait, la réalité de la profession n'est pas homogène, en Europe. C'est ce qui ressort notamment des travaux du réseau Eurydice, spécialisé dans la recherche et la comparaison des politiques éducatives à l'échelle européenne. Leur prochain grand bilan sortira l'an prochain. Pour l'heure, ce sont les chiffres publiés en 2005 et collectés sur l'année 2002/2003 qui nous éclairent sur plusieurs disparités d'un pays à l'autre.
Les profs français travaillent (plutôt) moins longtemps.
La durée hebdomadaire du travail reste d'autant plus disparate en Europe que la façon de mesurer varie, elle aussi, selon qu'on table sur l'ensemble du temps de travail ou le strict temps consacré à l'enseignement.
Cependant, selon Eurydice, les enseignants français consacrent, sur le papier, moins d'heures à leur métier que leurs homologues voisins. Le laboratoire de recherche avance en effet, au tamis de critères identiques, que les conditions seraient particulièrement favorables en France, où le temps d'enseignement hebdomadaire en second degré oscille entre 16 heures d'enseignement et 35 heures de temps de travail global, contre 21 à 40 heures par semaine en Allemagne.
Un chiffre qui contraste toutefois avec l'enquête, franco-française, du ministère qui affirmait à la même époque que les enseignants à temps complet exerçaient « en moyenne 39 heures 47 par semaine, dont 20 heures 27 hors enseignement ».
A noter : certains pays, comme le Royaume-Uni, se basent d'emblée sur le décompte statutaire du temps de présence dans l'établissement, soit 32,4 heures par semaine, qu'on enseigne dans le premier ou le second degré.
La sécurité de l'emploi, comme ailleurs.
Le statut des enseignants tranche également d'un pays à l'autre. Si la sécurité de l'emploi reste acquise dans une vaste majorité d'Etats-membres, deux pays font toutefois exception : la Suède et la Finlande où « des licenciements sont possibles », informe Eurydice.
Ailleurs, le rapport publié en 2005 précise que « le pourcentage d'enseignants disposant d'un poste permanent est très élevé (au minimum 75% de la population enseignante) ».
Attention toutefois : ceci n'implique pas pour autant que les profs sont systématiquement fonctionnaires. Si c'est le cas en France pour tous les titulaires, d'autres pays leur concèdent la sécurité de l'emploi sans pour autant les faire entrer dans la fonction publique :
« Dans la moitié des pays, les enseignants sont engagés en tant qu'agents contractuels soumis à la législation générale sur le travail. »
Au demeurant, le rapport Eurydice argue cependant qu'à l'échelle européenne, licencier un enseignant reste tabou :
« Les problèmes d'incompétence professionnelle sont réglés par une mutation. »
Des salaires moins élevés.
C'est sur le critère de la rémunération que le métier d'enseignant semble moins attirant en France, où le réseau d'information basé à Bruxelles le juge « particulièrement bas ».
Rapportés en pourcentage du PIB national par habitant, le salaire de base d'un enseignant certifié en fin de carrière stagne à 183% en France (et 99% en début de carrière). Là où il est déjà à 230% en Espagne ou 320% au Portugal, par exemple.
A noter : en Suède, il n'existe aucune échelle de salaire pour le corps enseignant, tandis qu'il existe de fortes disparités salariales outre-Manche, notamment entre Londres et la province. Idem en Espagne, où il varie d'une région à l'autre et au Danemark, où une partie du salaire est négociée avec les autorités locales.
Enfin, le rapport de 2005 notait qu'il existait peu de perspectives d'évolution et des marges d'augmentation très limitées au fil de la carrière. Dans pas moins de douze pays, à l'instar de la Grèce, du Portugal ou de nombreux nouveaux Etats-membres, un enseignant est d'ailleurs payé sur la même base, qu'il travaille en primaire, collège ou lycée, analyse Eurydice.
Pour finir, le rapport constate que les enseignants français sont particulièrement peu accompagnés sur deux plans : la formation continue, qui reste facultative contrairement à ce qui se pratique chez nos voisins, et, enfin, le soutien aux enseignants en difficulté, un domaine peu pris en compte.





















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à Chloé Leprince
De dalun
11H35 | 18/05/2008 |
bonjour , je me permet de photocopier le document en question, afin de le lire en toute quiétude. merci le yéti !
à Chloé Leprince
De kawouede
12H57 | 18/05/2008 |
Enquêtes sérieuses, interactivité, réponses aux internautes : décidément Chloé Leprince vous entrez dans mon panthéon journalistique !
Pardon ça va devenir @si par ici ; -)
à kawouede
De Chloé Leprince
(auteur)
Rue89 | 15H55 | 18/05/2008 |
@kawouede
merci de votre intérêt pour notre travail !
; -)
à Le Yéti
De kawouede
11H33 | 18/05/2008 |
Merci le Yéti
Un tract des Verts sur l'éducation appelle aussi à une vraie réflexion : http://lesverts.fr/IMG/pdf/15_mai_2008.pdf (page 2)
à Le Yéti
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H49 | 18/05/2008 |
Ouais…
Une mise en perspective de ce qui attend les profs, genre suppression des concours nationaux (rapport Pochard), remplacés par des masters enseignement afin de faire entrer l'éducation nationale sur le marché de la pure concurrence biaisée, et autres joyeusetés n'aurait pas été de trop…
http://www.sauvonsluniversite.fr/
Il y a une journée d'étude le 13 juin de prévue, et une pétition déjà en route.
De kawouede
12H54 | 18/05/2008 |
Les concours nationaux, pourquoi ne pas en débattre :
- est-il normal de sélectionner les profs par un mode qui exclut autant qu'il promeut ?
- les qualités demandées pour réussir un concours d'enseignement sont-elles forcément celles attendues d'un bon enseignant ?
- de façon générale, l'élitisme est-il un bon principe pour construire l'école dont nous avons besoin ?
- est-il normal de garder deux concours (Capès et Agreg) avec ensuite des profs qui travaillent plus et sont payés moins que d'autres ?
etc.
Sur le rapport Pochard je renvoie, sans vergogne, aux positions du Sgen-CFDT (par ailleurs solidaire de la mobilisation actuelle) : http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1660.html
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H19 | 18/05/2008 |
- Un mode qui exclut autant qu'il promeut ? Que voules
z-vous dire par là ?
- On peut discuter de la formation, mais le maintien d'un concours national est le seul gage d'une compétence égale des profs (bcp + qu'un master)
- la formation assurée pour les concours est nettement supérieure à celle exigée pour les masters (les notes sont d'environ 4 points inférieurs pour les préparations concours)
- de quel élitisme vous parlez ? Si vs parlez de compétence des profs, oui, il est normal de souhaiter la conserver.
- l'agreg permet, avec une thèse, d'enseigner à la fac, il est normal donc que le niveau d'exigence soit + haut et qu'ils aient moins d'heures de cours. Mais on peut effectivement réfléchir là-dessus, simplement ôter un concours national me semble un grand pas en arrière dans la rationalisation et la démocratisation de l'Etat.
PS : le tract de ce syndicat ne mentionne même pas la suppression des concours ! Honteux !
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 15H35 | 18/05/2008 |
Dire que le concours du CAPES ou de l'agreg est gage d'une compétence égale des profs est une fiction complète. Un concours est une loterie, sans vrai lien avec la réalité.
En Histoire-Géographie, domaine dans lequel j'étudie, combien de mes amis ai-je vu échouer au CAPES parce qu'ils se retrouvaient sur liste d'attente ? Alors quoi ? Ils ne sont pas assez bons pour être professeurs, mais on les garde sous le coude au cas où il y aurait des désistements ? Quelle hypocrisie…
Les concours mesurent pour une bonne part un volume de connaissance et non pas une capacité à enseigner. Or, la pédagogie est à mon sens aussi importante que ce que l'on enseigne. Car ne nous leurrons pas : tout ce qu'on ingurgite comme connaissances pour passer le concours n'a que très très peu de chances de nous être utile une fois devant les élèves.
Certes, il y a une épreuve sur dossier qui consiste à juger la capacité du candidat à construire un cours, à se placer devant un défi pédagogique. Cela est bel et bon, mais alors pourquoi doit-il passer cette partie du concours devant un jury de professeurs et non pas devant des élèves ? N'est-il pas paradoxal qu'on doive passer d'abord l'agreg ou le capes avant de suivre des cours de pédagogie en IUFM ? Où est la logique dans tout cela ?
De plus, on sait ce qu'est un concours : si vous avez bachoté comme un dingue toute l'année et que le jour du concours vous avez la grippe, dommage pour vous. Vous êtes peut-être un super prof, mais la place sera pour celui qui est en forme et qui n'a peut-être aucune qualité de contact avec les enfants/élèves, ce qui est quand même gravissime.
Dans ma scolarité, j'en ai connu, aussi bien en école, au collège, au lycée ou à la fac, de ces profs visiblement très calés dans leur domaine mais qui n'avaient pas les outils psychologiques pour supporter le contact avec les élèves…
Pour ma part, je crois qu'un VRAI cursus universitaire, avec stages pédagogiques tout au long de la formation, et sanctionné par un diplôme de haute qualité, est la seule réponse au défi de la formation des professeurs.
à Xa_chan
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H38 | 18/05/2008 |
On peut critiquer les modalités de la formation, l'équilibre savoir-pédagogie, et même ceux du concours, mais le principe d'un concours national lui-même reste, jusqu'à preuve du contraire, le plus démocratique et rationnel qu'on ait à notre disposition.
Bien que la chance et les inégalités socio-culturelles entrent en jeu dans un concours, celui-ci n'est pas une loterie et demeure ce qu'on a trouvé de mieux pour favoriser l'égalité des chances et une administration rationnelle.
Remplacer le concours national par un examen (master), en admettant, concessio non dato, que la formation ne soit pas nivelée par le bas, conduirait d'une part à obéir à une logique néolibérale de concurrence, dont nous savons bien qu'elle n'est ni pure ni parfaite, d'autre part à favoriser des disparités de formation (un master acquis à tel endroit ne valant pas tel autre).
Bref, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, et ne soyons pas naïfs face au projet politique qui sous-tend l'abandon d'un des principes de bases de l'Etat démocratique moderne, le concours.
à Network 23
De Sexus Empiricus
19H28 | 18/05/2008 |
Je ne crois pas que les remarques perspicaces de Xa_chan, ni même les interrogations critiques de Kawouede, remettent en cause le principe des concours nationaux, mais elles remettent en question les applications et les effets non-contrôlés de ces concours : le premier en maths, le fort en thème, sont-ils les mieux placés pour faire la leçon en classe ? Peut-être, mais ce n'est pas sûr. Tout dépend de la nature des épreuves de sélection.
La question de fond soulevée par Xa_chan et par Kawouede est sans doute gênante, parce qu'elle brouille un peu le « discours » gorgé d'évidences, d'impensés et de justifications à l'égard des concours disciplinaires. Or, les récits qu'on entend dans la bouche des élèves comme les souvenirs d'enfance convergent : il y a loin du fait d'être admis par des profs parmi les profs, à la capacité d'allumer le désir d'apprendre et de tenir le rôle d'un passeur de savoir devant des élèves.
Au-delà des affinités et des atomes crochus, les profs qui marquent positivement les élèves, se distinguent moins entre agrégés ou certifiés, savants ou ignorants, qu'entre bons passeurs et non-passeurs.
C'est dire que la difficulté ne se trouve pas dans le principe des concours, mais dans les modalités de recrutement : qu'est-ce qu'un jury évalue lorsqu'il note une copie ou un oral de concours ? Quelles capacités ?
Et pourquoi n'y aurait-il pas dans le jury des concours nationaux, parmi les profs d'université, un élève lambda (et pas forcément le 1er de la classe) pour pondérer la note ?
Le principe d'aération, en ouvrant nos fenêtres sur le dehors, au-delà de l'Hexagone, vaut autant pour les modalités de recrutement (comment ça se passe, ailleurs ? ) que pour celle du traitement (vraiment mieux traités en France ? ) : le point 3 de l'article de Chloé Leprince m'a semblé, pour le coup, très significatif.
Hélas, quoi qu'en disent les épiciers, ce n'est pas en réduisant le recrutement de profs (par concours) qu'on relèvera le niveau…
à Sexus Empiricus
De kawouede
21H51 | 18/05/2008 |
Merci Sexus, un peu d'empirisme ne fait pas de mal. Je persiste et signe : l'élitisme ne devrait pas être la fin en soi de notre système éducatif, avec un « socle commun » pour les nuls. Notre société d'exclusion des faibles et de morgue des élites en est en partie le résultat. N'y a-t-il rien à changer ?
http://www.lepost.fr/article/2008/05/15/1193683_mai-2008-et-si-on-change…
à kawouede
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H33 | 19/05/2008 |
Evidemment qu'il y a plein de choses à changer, en commençant par créer une réelle mixité sociale dans les écoles, à rebours des écoles unisexes légitimées par la nouvelle loi sur les discriminations, et de la nouvelle carte scolaire, et de l'aide apportée au privé plutôt qu'au public.
Mais le master à la place du concours va empirer les choses ! « Bêtes à concours », peut-être, mais en quoi un master va-t-il changer les choses ? Sauf à niveler vers le bas le seuil de compétences requis (qui est déjà très différent en CAPES et en agreg), et à précariser la condition enseignante, déjà pas follichone (avec 45h par semaine selon Art Monika).
Par ailleurs, comment enseigner et surtout juger de la pédagogie ? C'est un problème difficile, non pas impossible, mais ce qui est certain c'est que le savoir demeure un élément important de réponse.
A moins de chambouler complètement l'éducation, dans un projet complètement alternatif ; n'attendons pas cela de l'Education nationale, qui prépare surtout son sabordage !
à Xa_chan
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H56 | 18/05/2008 |
« En Histoire-Géographie, domaine dans lequel j'étudie, combien de mes amis ai-je vu échouer au CAPES parce qu'ils se retrouvaient sur liste d'attente ? Alors quoi ? Ils ne sont pas assez bons pour être professeurs, mais on les garde sous le coude au cas où il y aurait des désistements ? Quelle hypocrisie… » (XA_chan)
Le concours n'est-il pas là parce qu'il n'y a qu'un certain nombre de places à pourvoir ?
Maintenant on peut toujours débattre des critères de selection du concours.
Comment repérer un futur bon pédagogue ? ?
à kestiontoi
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 20H10 | 18/05/2008 |
Oui, le concours est là parce qu'il n'y a qu'un certain nombre de places à pourvoir. Pourquoi cela serait-il incompatible avec des études universitaires ? Je sais bien pourquoi : parce que ça remet plus profondément en cause tout le système éducatif actuellement en vigueur en France et qui prône que non, surtout, on ne doit pas sélectionner.
Ce principe qui dit que « tout le monde il est pareil, tout le monde il doit avoir le bac et tout le monde doit aller à la fac ». Désolé, mais c'est une aberration tant psychologique qu'économique. Psychologique parce que nous ne sommes pas tous égaux biologiquement et psychologiquement. Certains vont très bien s'épanouir dans le cadre du cursus « classique » (ahhh, j'aime pas ça, comme s'il y avait un cursus « normal » et un « cursus mutant de la mort »), d'autres seraient mieux à leur place dans un cadre différent.
Mais voilà, pour des raisons purement économiques, on a décrété la Grande Normalisation. Tout le monde en général, et zou ! Tant pis pour ceux qui se seraient éclatés dans le technique ou dans d'autres structures qui restent peut-être à inventer. Mais c'est sûr, le formattage est plus facile à gérer en termes d'argent… Du coup, certains, lorsqu'ils sortent du lycée avec un bac très péniblement acquis et qui de toutes façons ne vaut presque plus rien sur le marché du travail, se retrouvent dans la galère, au chômage ou pire. Ce qui est une hérésie en terme de coûts sociaux à assumer pour la Nation. Il faut dire que celle-ci préfère faire des économies de bouts de chandelle en n'investissant pas dans l'enseignement et en préférant le « tout le monde pareil ».
Et je ne parle pas des pressions sociales qui font parfois penser aux parents d'élèves qu'une orientation de leur bambin dans le technique ou le professionnel, même si cette orientation est ardemment souhaitée à la fois par l'élève et le corps enseignant, ça serait « déchoir ».
Bref…
Vous dites « Comment repérer un futur bon pédagogue ? ? ». Ben justement, c'est simple : en exposant le candidat le plus tôt possible à son futur public, sous contrôle et guidage bien sûr du corps enseignant. Ca permettrait à certains de s'apercevoir ce que c'est vraiment que l'enseignement et donc de proposer des réorientations à ceux qui découvriraient que ce n'est décidément pas leur vocation ; économiquement, je suis sûr que l'Assurance Maladie applaudirait, avec tous ces tranquilisants et ces séjours en hôpital psychiatrique en moins à prendre en charge… ; )
à Xa_chan
De Reb
Prof de lettres | 20H49 | 18/05/2008 |
« Car ne nous leurrons pas : tout ce qu'on ingurgite comme connaissances pour passer le concours n'a que très très peu de chances de nous être utile une fois devant les élèves. »
Non, je m'inscris totalement en faux. Étudier pendant au moins 3 années les bases de la discipline qu'on va enseigner est le b-a ba. Et je dis bien les bases car le CAPES se passe après une licence, diplôme généraliste, même si de nombreux profs passent le concours en s'étant auparavant spécialisés en master.
Personnellement, je ne vois pas comment je ferai mes cours sans le bagage acquis à l'université. Connaître les bases théorique en histoire de la littérature, en analyse de types de discours ou encore en histoire de la langue sont indispensables. Je ne fais pas mes cours de grammaire en consultant le Bled mais en manipulant les différentes grammaires de niveau universitaire qui m'ont accompagnée pendant mes études.
Le travail du prof c'est cela : avoir une vaste vue d'ensemble de sa discipline et travailler à partir de ce matériau pour produire un cours adapté au niveau de sa classe. De toute façon, il suffit de se retrouver face aux élèves pour comprendre rapidement qu'il vaut mieux avoir de la ressource pour répondre à leurs questions, aussi simples d'apparence soient-elles. Et puis ne pas avoir de connaissances approfondies de sa discipline, donc être ignorant, c'est la porte ouverte au n'importe quoi voire aux explications fausses qui tromperont l'élève.Sinon quoi ? On mettrait à la disposition des enseignants des fiches toutes faites sur les points du programme qu'on aurait plus qu'à lire aux élèves ?
Le concours n'est pas une loterie, c'est une épreuve exigeante qui demande beaucoup de préparation et qu'on réussit sûrement quand on a compris ce qui nous est vraiment demandé : une solide connaissance de sa discipline associée à la capacité de réussir des exercices qu'on doit maîtriser avant de passer de l'autre côté du bureau (la dissertation, le commentaire de texte à l'oral, etc.).
Le concours, anonyme et accessible à condition qu'on aie les diplômes requis, est le meilleur moyen de recruter des professeurs compétents et au profil diversifié (il est un peu fini le temps où les profs étaient tous fils ou fille de prof).
Pour moi le problème vient surtout du salaire (je renvoie à la lettre du jeune prof d'histoire-géo publié dans un commentaire). Ce salaire est de moins en moins motivant et nombreux sont les jeunes profs qui ont de plus en plus de mal à s'investir. Fournir autant de travail, exercer dans des conditions difficiles pour peanuts… Une enquête serait bienvenue sur les profs qui rêvent de changer de boulot et sur ceux qui l'ont déjà fait. La raison qui les motive ? Les sous et arrêter d'être accaparé par son boulot 24/24h et 7/7j. Je sais pour ma part que j'échangerai sans regret mes 3 mois de vacances et mes 18h par semaine contre 35 ou 39h par semaine et 5 semaines de congé par an, pour le double de mon salaire.
Mais là je ne parle que de chiffres et le métier d'enseignant ce n'est pas que des chiffres. C'est quand même un boulot à part où il s'agit d'enseigner à des enfants quelques bases pour qu'ils deviennent les adultes les plus heureux, les plus clairvoyants et les plus libres possibles. La majorité des enseignants, je crois, pensent à cela en préparant leurs cours, en corrigeant leurs copies et en faisant cours à leurs élèves.
à Reb
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 21H33 | 18/05/2008 |
peut-être dans votre discipline utilise-t-on vraiment ce qu'on a acquis à l'université et si c'est le cas, je m'en réjouis.
En Histoire-géographie (je suis assez bien placé pour le savoir, fils de prof d'Histoire et moi-même doctorant en Histoire), ce n'ets malheureusement pas tellement le cas. Non pas qu'on n'en ai pas envie, mais la taille démesurée des programmes ainsi que l'inculture de plus en plus grande des élèves (inculture dans la dimension culture générale) font qu'il vaut mieux coller au programme sans trop réfléchir si on ne veut pas en perdre la majorité. Au détriment bien sûr de ceux avec qui on pourrait aller plus loin, car il y en a toujours heureusement (ceci sans préjuger de leur « niveau », qualificatif parfois un peu galvaudé, mais surtout en fonction de leur curiosité et de leur ouverture d'esprit)…
à Xa_chan
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H37 | 19/05/2008 |
Certes. Vous oubliez qu'un prof se doit d'en savoir 10 fois plus qu'il ne dit.
à Reb
De kerundira
18H51 | 20/05/2008 |
pardonnez moi, mais vous présentez l'enseignant agissant seul comme un fabricant d'adultes àlui tout seul, qui va leur donner l'accès a la liberté et la clairvoyance ; or chaque enseignant participe au systeme et le subit (avec ses valeurs de performance, de compétition et d'excellence, pour preuve les orientations : systematiquement les meilleurs sont incités à aller de plus en plus haut et de plus en plus loin dans le systeme au lieu de les inciter a decouvrir ce qui leur plait).
Je n'entends parler que des techniciens sur leur outil de travail et leurs conditions de travail. Et l'infirmière qui a parlé des contraintes de son travail n'a eu aucun commentaire en réponse.
Et où est le projet éducatif ?
à Network 23
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 22H11 | 18/05/2008 |
- Un concours national fait une part trop belle a l'arbitraire et constitue une voie royale pour les « bêtes à concours ». Et bête a concours n'est pas forcément bon prof….
- Ce n'est pas parce le concours qui fait l'homogénéité. Il suffit d'avoir davantage bosser sur tel ou tel sujet….Bref on en revient à l'arbitraire.
- CAPES/AGREG : rien ne les distingue sauf le temps de travail et les horaires. Cela mine la profession en la divisant. C'est de l'injustice. Bête a concours favorisée dans un taf dont la qualité principale est la pédagogie. Injustice donc. Ce qui me parait loin des valeurs égalitaires pronées par la gauche.
-Venir en lycée avec l'agrèg, c'est un peu comme les gens qui prennent les places des plus pauvres en HLM. C'est dégueu. En quoi le fait d'avoir l'agreg rend il un prof meilleur qun autre ? ? ? ? ? Je vous rappelle que les élèves ne sont qu'au lycée. Ce qui ne veut pas dire qun prof égrégé est mauvais mais QU'IL N'Y A PAS DE CORRÉLATION ENTRE LE FAIT D'AVOIR L'AGRÈG ET LE FAIT D'ETRE UN BON PROF.
- « démocratisation de l'état ». La formule me parait floue. Que voulez vous dire ? ? ? ?
à Jess Feuillie
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H45 | 19/05/2008 |
Démocratisation de l'Etat, ça veut dire égalité maximale des chances. Un concours est anonyme & le même sur tout le territoire, contrairement à un examen. Donc, un examen est encore plus arbitraire qu'un concours !
Votre phrase sur les agregs est ridicule : la majorité des agrégés n'attend que de faire carrière à la fac, mais on les force à faire du lycée, parfois à vie. Là réside le vrai problème de l'agreg, et c'est pas vraiment la faute aux agrégés.
Enfin, la pédagogie n'est pas une science exacte qui puisse s'enseigner facilement : l'expérience et les stages sont la seule manière de l'acquérir. Et si on commençait par pas envoyer les profs les plus jeunes dans les zones les plus difficiles, et surtout à favoriser, enfin, la mixité scolaire et à réduire les effectifs, on ferait de gros progrès.
On va exactement dans le sens inverse, c'est-à-dire dans le mur. Bientôt, les écoles privées, religieuses ou pas, fleuriront partout, merci l'Union pour le Morcellement du Peuple !
à Network 23
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 12H13 | 20/05/2008 |
-« démocratisation de l'Etat » ne veut pas dire, a mon sens égalité maximale des chances.L'Etat ne se confond pas avec la société civile. Du reste qu'entendez vous par égalité maximale des chances ? Une égalité parfaite ? ? ? Cela reste un mythe, une utopie impossible a atteindre, hélas. Dans une société hierarchisée par la technique telle que la notre, ce qui induit des groupes, des classes, des sortes de micro mondes économico culturel, et ou les enfants sont élevés par leur famille (qui font parti de ces mondes), les chances de chacun ne peuvent se confondrent parfaitement. Les enfants qui baignent dans un univers culturel familial proche de celui de la culture scolaire ont forcément plus de chances (ce qui ne veut pas dire que cest mécanique) de réussir a l'école, et cela indépendamment de tout ce qui est fait.Disons que cest une tendance. Il est cependant possible d'améliorer les chances des modestes, comme l'atteste le fait que l'école des 50's leur était largement plus favorable (ce qui ne signifie pas que je suis un fan d'autorité, de fessée comme, je suis sur, ous allez le penser). C'est un constat. Pour que cela ne soit plus le cas, il faudrait extraire ts les enfants de leur famille et les élevé ds des groupements. Et encore, existerait encore les différences d'ordre génétique. Une société démocratique est mue par la dialectique de l'égalité/liberté. Il faut éviter que lun prenne trop le pas sur l'autre. Si l'égalité devient tyrannie (voir Tocqueville), que les libertés sont brimées, il y a nivellement par le bas (cest ce quon voit avec lobsession égailtaire du bac pour tous a 80% qui cache en fait des diplomes dévalués sur le marchés du taf), nivellement dont les victimes sont les modestes, regroupés ds ts ls diplomes massifs (BAC ES, socio, psycho….). Si c'est la liberté, alors les inéglités explosent. Vos propos me font penser a une phrase de tocqueville : « les frcais veulent l'égalité et sils ne la trouvent pas ds la liberté et il la veule ds l'esclavage ».
-Je « ai aucunement accusé les agrégés. Je dis que d'un, il vaudrait mieux fusionner agrég et Capes (c'est une question d'égalité), et que, de deux, les agrégés qui enseignent au lycée sont le symptome dun mal qui ronge un systeme scolaire figé ou le déclassement est partout a l'oeuvre.
-Malgré l'expérience, certains enseignants demeurrent incapable d'etre pédagogue. Cela ne signifie pas que je cisaille les enseignants, c'est juste un fait. Il est des mauvais postiers et des bons postiers. Un master enseignement est une idée louable a condition que la pédagogie y soit largement enseignée et que les expériences de terrain soient omniprésentes.
à Jess Feuillie
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 18H13 | 20/05/2008 |
Svp aérer votre texte : -)
Egalité maximale des chances, ca veut précisément dire que l'égalité parfaite n'existe pas. Puisque vs semblez aimé les sciences politiques, cf John Rawls (1971). Merci pour le cours Bourdieu ; -)
Si vs fusionnez agreg & CAPES, alors comment on recrute les profs à la fac. Le pb est complexe.
Evidemment que y a des mauvais profs, mais on pourrait tout à fait augmenter la part de la pédagogie et l'expérience de terrain requise pour obtenir un CAPES sans transformer celui-ci en master qui ne vise qu'à précariser la condition enseignante en mettant les profs et les écoles en concurrence les unes avec les autres.
Il est évident que seule l'école privée, financièrement soutenue de manière forte par Sarko, sera la seule gagnante d'un tel projet.
Bye-Bye Ferry !
à Network 23
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 21H25 | 20/05/2008 |
- il faut fusionner pour des questions d'égalité. Vous raisonnez en bon franchouillard attaché aux diplomes. Ils recruteront sur entretien et période d'essai tt simplement en tenant compte de la formation et des compétences.
- Je ne comprends pas pourquoi vous, qui réclamez une égalité maximale des chances, vouspréférez un concours qui favorise automatiquement moins de monde que ne le ferait une formation MASTER. Car sur un coup (le concours), seules les betes a concours ont des chances, pratiquement, et ces betes sont en générale passée par l'ENS ou je ne sais quoi.
- Ignorez vous que de fait il existe déja une concurrence entre établissements ? ? ? ? C'est comme pour la non sélection en 1ere année de fac. J'imagine que vs meme donnez des notes implicites aux établissemnts que vous connaissez.
- La question du niveau de vie des enseignants na rien a voir avec la fusion CAPES Agreg. Elle doit cependant etre posée, et cela depuis bcp de gouvernements. Les profs de fac sont mal rémunéré parce que le systeme est totalement déprécié. Les stars des profs sont en général ds les grandes écoles. Les cours prodigués en Sciences humaines et sociales ont nivellés vers le bas consuqence de la non sélection assumée) en raison du niveau de certains étudiants (ds ma fac des cours de dissertation, d'orthographe, de grammaire sont ainsi devenus obligatoires au fil des années). Bref, il ne suffit pas de croire quen appuyant sur le bouton salaire des enseignants tt ira pour le mieux. C'est carricatural. Il faut se poser la question de l'état du systeme en 2008. On ne peut pas a la fois refuser la sélection de la 1ere année (sélection pas du niveau dunn cooncours mais juste visant a forcer les élèves a une réflexion sur leur orientation en amont et éviter les drames de l'échec et de la dévalorisation de soi), la professionnalisation et en meme temps se plaindre du systeme. Aron l'écrivait en 1965. D'autres depuis aussi, de droite comme de gauche.
« bye bye Ferry » est une manière de boter en touche. je ne connais pas ce type (de droite) mais je sais que c'est un philospohe d'importance. Croire que c'est un méchant est une simplification enfantine. Pourquoi tous se cassent les dents dans le ministere de l'éducation. Parce quils sont tous nuls ? Ou parce que c'sst compliqué et que de manière générale les frcais ont du mal avec la réforme ? C'est comme le foot : 65 millions de sélecionneurs auraient de meilleures idées…..
à Jess Feuillie
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H57 | 20/05/2008 |
D'une part vous mélanger tout, vous me parlez de sélection à l'entrée, de salaire des profs, etc., alors que le sujet de ce minifil, c'est la question de la disparition du CAPES et de l'agreg.
D'autre part « bye bye Ferry » fait évidemment allusion à l'école républicaine, le fait que cette allusion vous échappe est plutôt symptomatique.
Votre discours néolibéral qui s'appuie sur les inégalités existantes pour en promouvoir des bien plus graves est plutôt inquiétant.
Je passe sur les cours d'orthographe, peut-être devrait-on remplacer les cours de dissert, exercice bien franco-français enseigné à l'ENS et à Sciences-po, par des cours de typographie : vous connaissez l'usage de la barre « entrée » ? Désolé de voler bas, mais puisque vous semblez aimé le fait de noter non seulement mes posts, mais les votres…
It's always a pleasure to read you, Jessee !
à kawouede
De kairos
18H32 | 18/05/2008 |
Les Agrégés : Histoire d'une exception française (Ed. Belin)
Présentation de l'éditeur
Née en 1766, l'agrégation en est venue à incarner un des volets de l' » exception française « . Au départ simple remplaçant, l'agrégé est devenu ensuite le seul professeur titulaire des lycées et le candidat préférentiel à un poste en faculté. Après l'âge d'or de l'Entre-deux-guerres, il s'est retrouvé critiqué aussi bien dans le second duré que dans l'enseignement supérieur. L'impératif actuel de l'harmonisation européenne des diplômes complique encore la donne. L'agrégé est-il professeur d'élite ou bien professeur pour les élites, lauréat d'un des plus prestigieux “ concours républicains ‘ ou bien privilégié bénéficiant d'horaires amoindris ? Et où doit-il enseigner ? Dans le second degré, comme le suggère l'’ agrégation des lycées ‘ ? Dans l'enseignement supérieur, comme le croirait volontiers le béotien se fiant à l'appellation d'’ agrégé de l'Université ‘ ? Pourquoi des professeurs d'université mentionnent-ils leur qualité d'agrégé sur les ouvrages qu'ils publient ? Comment se fait-il que l'agrégation soit le seul concours du second degré à ne pas être préparé dans les IUFM ? Pourquoi les soixante-huitards ont-ils voulu supprimer l'agrégation ? A quoi sert la Société des Agrégés ? Autant de questions qui suggèrent que l'agrégation et les agrégés sont l'enjeu de controverses passionnées.
Biographie de l'auteur
Agrégé et docteur, YVES VERNEUIL est spécialiste d'histoire de l'éducation. Il consacre ses recherches aux associations catégorielles et aux syndicats de l'enseignement secondaire.
à kairos
De Houvaton nouveau compte
01H13 | 19/05/2008 |
« comme le croirait volontiers le béotien se fiant à l'appellation d' » agrégé de l'Université « ? »
Mais vous connaissez La Boétie au moins ? La Boétie ne se fiait certainement pas aux apparences d'un pseudo pouvoir qu'est le diplôme, au contraire il les dénonçait ! Et les profs français ne véhiculent, par le truchement de l'Etat, que la « servitude volontaire » de tout un peuple. Bref, vous pourriez faire de la jeunesse qui ne demande que cela de futurs citoyens . Vous en faites des moutons ! Je n'ai jamais aimé les profs, j'ai toujours pensé qu'ils cherchaient à me manipuler, eux-mêmes se satisfaisant d'un Savoir qui n'en est pas un. J'avais bien raison. Vive internet libre à 100% pour compenser la propagande de l'Etat à travers le corps enseignant si imbu de lui-même qui plus est !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire_ou_le_Contr'un
à Houvaton nouveau compte
De Houvaton nouveau compte
01H25 | 19/05/2008 |
Raté ! un béotien est un habitant de la Béotie, région de la Grèce et non un adepte de La Boétie. Bon, au moins j'aurais appris ça ce soir (j'avais un doute) ! En tout cas voici un résumé du Discours de la servitude volontaire que je trouve très éclairant au sujet des profs … entre autres.
http://pagesperso-orange.fr/libertaire/archive/2000/227-avr/boetie.htm
à Houvaton nouveau compte
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H22 | 19/05/2008 |
Jette un coup d'oeil sur le « Maître ignorant » !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Jacotot
à Network 23
De Houvaton nouveau compte
09H18 | 20/05/2008 |
Network, ton « info » est une révélation ! Je ne regrette pas d'être repassé par là ! Jacotot rejoind à fond toute ma formation (qui n'est pas finie et heureusement sinon je m'ennuierais ! ). J'ai eu très tôt plusieurs « passions » : l'architecture, l'archéologie et l'astronomie avant de rentrer en 6ème et qui ne m'ont pas été « suggerées » en maternelle mais peut-être par mes parents. Il a fallu attendre la fac pour les retrouver enseignées et encore très mal (toujours la même histoire, dans une optique étroite et aveugle de production productiviste de croissance économique de merde) … Entre temps, mon petit cerveau s'est formé tout seul sur la base de mes centres d'intérêts initiaux de plus en plus exigeants, m'éloignant de plus en plus et exécrant de plus en plus l'enseignement officiel qui rend con et lâche au fur et à mesure que tu t'avales les diplômes.
Merci infiniment, tu me fais vivre une grande émotion car ton lien, comme par hasard sur WP ! (le bazar plus éclairant que la cathédrale), conforte inopinément - s'il y en avait besoin - mes choix. Merci encore (Jacotot un nom à retenir, avec lui et La Boétie et d'autres, on devrait pouvoir s'en sortir ) !
à Houvaton nouveau compte
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 18H18 | 20/05/2008 |
Ca fait plaisir !
Bien d'accord avec toi sur les vertus de l'auto-apprentissage, l'école m'a tjs parue une prison…
Jacques Rancière a fait un très bon bouquin là-dessus, que je n'ai pas encore lu malheureusement, ms tu peux lire des entretiens ici :
http://www.vacarme.eu.org/article997.html
http://1libertaire.free.fr/JRanciere18.html