A debattre

PS: Ségolène Royal se lance, la grande bataille commence

Dessin: Richard Villoria.

Ségolène Royal est candidate au poste de Premier secrétaire du PS. Si l'annonce n'a rien d'une surprise, la phrase est ciselée, mesurée à l'aune des ambitions de son auteur :

« Si les militants partagent les orientations que nous proposerons, j’assumerai les responsabilités qui en découlent. Il ne serait pas compréhensible que je n’avance pas avec les militants. Il y a un principe de sincérité que je suis depuis toujours...

“Si les militants en décident ainsi et l’estiment utile pour le parti socialiste, j’accepterai avec joie et détermination d’assumer cette belle mission de chef du parti.”

“Chef du parti” et non “Premier secrétaire”. Dans ce raccourci, Ségolène Royal semble réendosser l'habit de la candidate qui lui réussit si bien face aux ténors du PS à l'automne 2006 : un pied en dehors, un pied dedans -dans cet appareil qui lui a tant manqué lors de la campagne présidentielle. Dans cette course de fond qui doit s'achever lors du congrès de Reims du PS, qui désignera le successeur de François Hollande en novembre prochain, elle va devoir conjuguer au moins trois contraintes.

Maîtriser le calendrier

Nulle surprise dans cette annonce donc, hormis le moment.

Les uns y verront un choix calculé : ni trop tôt, ni trop tard, à la veille d'une tournée des fédérations, préalable indispensable pour tout candidat à la rue de Solférino. Elle a aussi choisi le lieu : un “atelier citoyen” dans le XXe arrondissement, quartier populaire de la capitale, devant quelque 500 socialistes de base. Une posture humble, pour marquer sa proximité avec les militants.

Les autres diront “réponse tactique”, face à la montée en puissance de son rival, Bertrand Delanoë. Une opération entamée cette semaine avec la publication dans Le Point d'un sondage particulièrement favorable au maire de Paris :

“Perçu comme 'compétent' par 73 % des personnes interrogées et comme 'charismatique' par 71 % d'entre elles, l'édile de la capitale aurait également l'envergure nécessaire pour devenir président de la République selon 58 % des Français.”

Non seulement le maire de Paris devance largement Royal dans le coeur de “l'ensemble des Français” (57% d'opinions favorables contre 28%), mais surtout il conserve une belle avance chez les “sondés de sensibilité socialiste” comme “chef de l'Etat en 2012 si les socialistes l'emportaient” (54% contre 40%).

De quoi sonner le branle-bas de combat. La semaine prochaine, un livre d'entretien doit donner toute la mesure de “l'envergure présidentielle” du candidat Delanoë, tout comme un meeting à la fin du mois, avec ses principaux soutiens.

Pour Ségolène Royal, il était temps d'entrer en campagne, de casser la “phase d'accélération” de son concurrent comme l'appelle le député PS Patrick Bloche.

Faire émerger de nouvelles idées cohérentes

Vendredi soir, Ségolène Royal a parlé des “orientations que nous proposerons”, faisant de ce point la pierre angulaire de sa candidature. Là aussi, elle reprend une formule qui lui avait plutôt réussi pendant la campagne pour l'élection présidentielle : l'élaboration d'un programme avec les militants, quitte à faire parfois le grand écart avec la direction du PS. On se souvient notamment de ses regrets exprimés, a posteriori, sur la proposition du Smic à 1500 euros. Ségolène Royal avait alors été accusée d'inconstance, d'opportunisme, de légèreté. En somme, une candidate qui n'aurait pas vraiment cru à ses promesses : crime de lèse-politique.

En démarrant suffisamment tôt sa conquête de l'appareil, elle se donne les moyens de rallier les principales forces d'un parti intellectuellement éclaté entre plusieurs pôles. Comme à chaque fois qu'il s'agit de choisir un nouveau leader au Parti socialiste, les courants entrent en action : des centro-réformistes agrégés autour de DSK, aux gaucho-progressistes de Laurent Fabius en passant par toutes les déclinaisons de l'arc-en-ciel du PS.

François Hollande a bien pris soin de fixer un cadre avec la déclaration de principes, texte à la fois consensuel et déjà figé autour de points cardinaux : fin de la référence révolutionnaire, prééminence de l'écologie... le PS est un parti “réformiste”, mais aussi “républicain”, “laïque”, “décentralisateur”, “européen”, “internationaliste”, “populaire”, “démocratique” et enfin, “des cultures de la gauche”.

Reste à formuler des propositions nouvelles et en adéquation avec ces “orientations”, pour celle qui entend “porter une conception du renouveau du socialisme en France et dans le monde”. Comme l'indique Désirs d'avenir, elle fera une “offre politique” sous la forme d'une contribution, au “plus tard le 1er juillet”.

Les alliés : sur quels soutiens compter ?

Dans la bataille pour le PS, l'élément le plus important est sans doute le poids des soutiens que chaque prétendant parvient à obtenir. Là aussi, Ségolène Royal a tiré les leçons de son cavalier solitaire de 2007. Dès son annonce, elle a immédiatement précisé qu'elle bénéficie, d'ores et déjà, de l'appui de 25 “premiers secrétaires de fédérations départementales”. Au centre des manoeuvres, les principales place-fortes du parti : fédérations du Nord, du Pas-de-Calais, des Bouches-du-Rhône...

Parti de fiefs, le PS est aussi un parti de barons, à choyer avec la plus grande attention. Les hostilités engagées depuis quelques mois, sont ouvertes depuis le brusque ralliement de Christophe Girard, adjoint à la culture à la mairie de Paris, passé de Ségolène Royal à Bertrand Delanoë.

Les poids lourds (DSK, Fabius) ne se sont pas encore ouvertement positionnés. Les jeunes loups vont jusqu'à afficher leurs ambitions au poste de Premier secrétaire, avec l'espoir de faire monter leur cote. Certains semblent y parvenir (Dray, Montebourg, Moscovici, Valls...). D'autres ont plus de mal à faire valoir leurs atours (Hamon, Aubry). Pour tous, une seule règle : attendre le plus longtemps possible, afin de faire monter les enchères. Les ralliements les plus tardifs sont toujours les plus précieux.


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G2G
13H04 17/05/2008
Des courants, c'est bien. On voit le danger de "la voix de son maître" à l'UMP !! Mais les déchirements fratricides et la guerre des chefs, ça n'est plus supportable. Tout le travail de sape est fait en interne, par les socialistes eux-mêmes, au grand plaisir de la droite, notamment. Nos socialistes se tirent tellement dans les pattes que l'UMP n'a presque plus rien à faire ! Une fois les plaies bien salées et les couteaux bien plantés, le "rassemblement derrière un candidat unique" devient tragiquement peu crédible. Scénario à l'américaine ? combien de millions de dollars dépensés par Clinton et Obama pour se salir l'un l'autre ? Tout ça pour se "rassembler" bientôt, et s'afficher ensemble après tant de coups bas... Bref, en ce qui me concerne, je me fous de savoir qui sera le candidat du PS. Qu'il y en ait un ou une, et le plus vite possible ! Et qu'ensuite (je rêve), toutes les énergies de ce parti soient mises à nourrir son programme, à le soutenir... Il y a, je crois, vraiment d'autres urgences que celle d'un nom. Et le peuple (si je peut me permettre de parler en son nom) à vraiment besoin d'une gauche en ordre de bataille, capable d'élaborer et de diffuser l'alternative à NS. J'éspère me tromper quand je suppose qu'ils vont se déchirer pendant un an encore, perdant à nouveau ma voix, au premier tour. Si je devais proposer un slogan, il parlerait d'une gauche unie et décomplexée (ça suffit les conneries centristes). voilà.
 
Humoureux | Retraité
15H06 17/05/2008
Condamnée récemment par la Cour d'Appel de Rennes, après dix années de procédure, pour n'avoir pas rémunéré deux anciennes collaboratrices, Marie-Ségolène Royal s'est DISQUALIFIEE pour briguer la tête du PS. L'ancien Premier Ministre, Jean-Pierre RAFFARIN, a qualifié les faits de "délinquance sociale" Tout est dit !
 
Perjovem | Antiquus facturum à Divodorum
15H35 17/05/2008
1) //un livre d'entretien// Livre qui sera salué par toute la presse parisienne Ca va s'extasier fortissimo à Libé, au Monde, au Nouvel obs, à Rue89, au Parisien etc... Pour ce bouquin de Joffrin Quant à la tournée des fédérations, c'est ce que Royal avait déjà fait avant les primaires PS, et qui lui a valu les 60 % des militants... Mais à cette époque, Royal chez les ploucs, n'intéressait pas l'intelligentsia parisienne 3) Christophe Girard,a toujours été un proche de Delanoë, et de là à l'utiliser comme une pseudo ouverture desz hostilités: faut pas pousser. http://www.linternaute.com/imprimer/paris/magazine/chat/06/christophe-girard/christophe-girard.shtml D'ailleurs certain que tous les socialistes et gentes de gauche proches de Bernard Arnault ou Arnaud Lagardère rallieront Bertrand Delanoë Perjo
 
Caius | Expert en management
16H53 17/05/2008
Débat intéressant. Question : si l'on désigne un candidat, que l'on bâtisse ensuite un programme et que le dit candidat se trouve en désaccord avec ce programme, on est mal barrés, non ? On n'élit pas un candidat pour sa poire, mais pour qu'il porte le projet. Il est évidemment important que les futurs candidats participent activement à l'élaboration du projet politique. C'est bien ce que l'on attend d'eux. Et une fois le projet adopté, le représentant chargé de le défendre doit être choisi parmi ceux qui y adhèrent - et seulement ceux-là. Sinon on marche sur la tête.
 
antilles
22H03 17/05/2008
je pense que le problème de me royal est d'etre une femme .d'ailleur les éléphants du ps lui on fait payer car elle était au meme niveau que sarko je dirai qu'elle a été traité comme savent le faire ceux qui raconte des histoires de blondes(toujour la ridiculiser)quant a mr delanoé qu'il soit guay tout le monde s'en fou (tant mieux)d'ailleur cela ne la pas empeché de gagner les municipales de paris ce qu'il ne faut pas au ps c'est une femme..et les éléphants feront tout pour qu'elle ne prenne pas le parti
 
paw | militant ps
16H57 18/05/2008
Une fois de pus la forme prévaut sur le fond. Que Ségolène souhaite prendre le PS, n'est plus un scoop puisqu'elle nous l'a annoncé déjà à deux reprises depuis janvier. La véritable information c'est qu'elle n'a toukjours rien appris depuis q'elle à fait perdre la gauche en 2007. Elle continue à privilégier le médiatque au politique, pas de projet mais déjà une certitude c'est moi qui le porte. Un mépris total des militant à qui elle refait le coup des forums participatifs, un garnd questionaire pour le projet mais elle n'attend pas leurs réponses pour décider que son courant est le plus à même d'être majoritaire au congrès des socialistes.Bref, c'est reparti pour un tour...merci aux journalistes qui s'intéressent encore à la gauche et au PS de comprender que désir d'avenir n'est qu'un courant parmi d'autres...Il existent des socialistes qui pense que notre socièté face à la mondialisation et à la finnaciarisation à besoin de la gauche et de ses valeurs. Qui ne confondent pas modernité et progrès.