Thé Fauchon, avalanche de livres, affiches vendues à prix d'or : pendant qu'on célèbre les « événements », les affaires continuent.

Mai 68, en 2008, est une bonne affaire. Pour les libraires, mais aussi pour les marques. Commençons par la plus prolétarienne de toutes (on plaisante), Fauchon. Dans ses vitrines et sur son site Web, on découvre le nouveau thé collector « Thé 68 », et son délicat « parfum de révolution ».
Isabelle Capron, directrice générale de Fauchon, prévient néanmoins qu'il n'y a aucun caractère militant associé à ce thé :
« La célébration de Mai 68 par Fauchon n'a rien de politique. Il faut le voir comme un clin d'œil qui incarne l'humour et la joie de vivre. C'était un prétexte assez léger pour faire un thé corsé. Il est interdit d'interdire donc il est permis de créer ».
Samedi 3 mai, jour du lancement du thé au « parfum de révolution » (à 15 euros les 100 grammes), la boutique située place de la Madeleine en a vendu 300 exemplaires. Une recette non négligeable : le thé représente 20% du chiffre d'affaires de l'enseigne.
Et la célèbre épicerie fine n'est pas la seule à avoir déclenché une opération spéciale pour l'occasion. Avec la déferlante de livres, de compilations, d'affiches… la Fnac a elle aussi de quoi remplir ses tiroirs caisses.
Sous son opération « 68 court toujours », plus de 200 livres sont proposés, en plus des CD et affiches. « 1968, une année autour du monde » de Raymond Depardon. Paru en février, le recueil de photos s'est déjà écoulé à plus de 23 700 exemplaires, loin devant la réédition du livre de Laurent Joffrin « Mai 68, une histoire du mouvement » (plus de 11 000 exemplaires vendus).
Sur la Toile aussi, la nostalgie se fait ressentir, à l'exemple du site Yart, qui propose aux internautes, des T-shirts portant des slogans de Mai 68. Les anciens des barricades de la rue Gay-Lussac commanderont le modèle « Mai 68, j'y étais » ; les plus jeunes « Enfant de Mai 68 ».
Il n'y a pas de petit profit dans le business de Mai 68 : sur eBay, un clou récupéré sur les passages cloutés lors des manifs a été mis en vente ; un pavé du boulevard Saint-Germain s'est vendu à 25 euros. Les enchères pour l'affiche originale « La lutte continue, soutenons la grève des bateliers » atteignent 266 euros.
En 2005 déjà, les magasins Leclerc avaient repris les slogans de mai 68 dans une campagne publicitaire. « Il est interdit d'interdire de vendre moins cher », « La hausse des prix oppresse votre pouvoir d'achat » pouvait on lire sur les affiches.
Les restaurants Bistro Romain, rejetons méconnus du joli mois de mai
Et que dire de ce communiqué de presse euphorique, envoyé par le groupe Jean-Paul Buchet, qui détient notamment les restaurants Hippopotamus et Bistro Romain :
« Le jeudi 30 mai 1968, Jean-Paul Bucher, 30 ans, pose la première pierre d'un des plus grands empires de la restauration française. A 17h15, après le discours radiophonique du général de Gaulle, Jean-Paul Bucher signe l'achat de la brasserie FLO (…) Un pari ambitieux au regard de la conjoncture. »
Quel rapport avec les « événements » ? On y vient :
« En installant ses établissements rive droite (…), il rivalise avec succès les brasseries de la rive gauche, fréquentées par une clientèle plutôt bourgeoise. Pour être branché en 68, il fallait quitter la rive gauche et pénétrer dans les quartiers populaires pour y découvrir une nouvelle restauration accessible au plus grand nombre. »
A quoi correspond ce marketing de la nostalgie ? Pour le sociologue Jean Pierre Le Goff, il reflète l'état d'un pays en mal d'avenir :
« Cette hégémonie culturelle ne reflète pas la mentalité de la société. C'est symptomatique d'un pays qui n'a pas d'avenir. On rentre dans la philosophie du “c'était mieux avant”.“Notre rapport à l'histoire est devenu nostalgique. C'est la désillusion d'une société qui patine, dans un pays en mal d'avenir. On écrase les générations sous le poids du souvenir”.
Une avalanche médiatique au détriment du fond ?
Badges, affiches, T-shirts, tout est bon pour remettre au goût du jour les vieux slogans. Au détriment du débat de fond ? Pour Hervé Hamon, auteur de “Demandons l'impossible”, “cette avalanche est accablante” :
“Tout cela illustre l'incapacité de la France à discuter de son histoire contemporaine. La France est toujours hors d'état de penser l'événement.‘On n'étudie pas, on polémique dans des talks show mondains sans savoir de quoi on parle. Toute cette publicité autour de l'évènement est une machine à récupérer.’
Une publicité qui trouve ses consommateurs : La vente aux enchères ‘Il y a 40 ans…mai 68’, organisée à l'hôtel Drouot début avril, a vu ses affiches s'envoler à des prix exorbitants. Record de la soirée, l'affiche ‘La beauté est dans la rue’ est partie à 3 098 euros. Le prix de la nostalgie.





















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à Le Yéti
De wardog
16H35 | 18/05/2008 |
Hyper-classe…
: /
à wardog
De solstice
pigiste | 10H34 | 19/05/2008 |
Hyper lutte des classes entre la génération Yéti et celle de wardog : l'héritage de mai 68, où est-il ? On est toujours le vieux con d'un plus jeune et il semble difficile de communiquer entre les générations…
De wardog
00H53 | 18/05/2008 |
Non, je n'y étais pas, mais dans les couille de mon père oui !
N'empêche que moi je serais locataire à vie, que je vais bouffer des pâtes jusqu'à plus soif, que je n'aurais pas de retraite parce que « ceux qui y étaient » se sont particulièrement empâtés dans leur opinions politiques et sociales.
Bien sur, on ne change pas le monde en deux coup de cuillère à pot, mais en 40 ans ? il y a eut un Grenelle et depuis ? Où en est-on ?
En plus je ne suis pas sur que la relève, dont je fait partie, ne puisse pas voir en vous les victimes complaisantes d'un système que vous avez vous même mis en place.
Et moi, jeune con qui n'y était pas, je vais me retrouver avec un chouette packaging de nostalgie consumériste sur-vendue en supérette d'une époque bénie qui s'est envolée bien loin. Pendant ce temps là je trinquerais pour vos retraites sans pouvoir réellement poser mes bagages comme vous l'avez fait avec insouciance.
L'héritage c'est le chômage de masse, des conditions de travail qui partent en couille, des salaires de merde et un niveau de vie qui, s'il a évolué, reste bien en dessous du votre puisque certains en sont même à se loger en « Décathlon ».
Alors non, je n'y étais pas, comme ça, au moins, je n'aurais pas à en avoir honte.
: /
à wardog
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 12H28 | 18/05/2008 |
Salut wardog, je comprends ta révolte. Je la ressens un peu mais pas pour les mêmes raisons.
Ce n'est pas Mai 68 qui a causé ce que l'on vit maintenant. Mais bien son renoncement.
Et pour preuve : les figures importantes du mouvement populaire sont devenues commerciales pour la plupart et sont tombé dans l'excès inverse de ce que proposait Mai68. Le ton est donné, et s'accentue médiatiquement en raison de l'anniversaire : pour renflouer le concept du mouvement, on l'inverse ; « sous la plage, les pavés » donc.
Et le nouveau gouvernement joue en plein sur ce terrain ( Sarko l'anti soixante-huitard refoulé ).
Cela m'amène à ma conclusion : Mai 68, selon moi, proposait de jouir sans entraves…mais pas pour n'importe quelles raisons, pas au détriment de certaines valeurs qui ont fait cette république démocratique. D'après moi, c'est l'abandon de ce gros espoir qui nous a replongé de plus belle dans le contexte que l'on vit.
Je ne suis pas dur avec le mouvement Mai 68, mais j'aurais tendance à l'être avec les gens qui avaient quelques cartes en main à ce moment-là, comme les syndicats…
Un film illustre très bien, selon moi, le concept de Mai 68 : l'An 01 réalisé par Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch.
A voir.
à le _grand_clown_malade
De wardog
16H51 | 18/05/2008 |
C'est plus un constat vitriolé qu'une révolte, d'autant qu'il me plait à penser que les gens qui ont des cartes en main aujourd'hui sont bien souvent ceux là même qui ont fait 68, qu'ils soient quidams et autres.
En jettant un pavé dans la mare, et pas dans une gueule, j'aurais aimé que l'esprit de mai, ce mai qui aurait put changer des choses et poser des bases pour un avenir meilleur, ne soit pas oublié dans une bouillasse nostalgique d'un passé glorieux et cramé comme un feu de paille sur l'autel de la consommation, entre autre.
Je suis le produit d'après, et comme d'autres, je n'ai pas de reconnaissance pour les restes qu'on me laisse, comme un clébard à qui on demanderait de ronger son os.
L'héritage aurait put être un progrès et ce n'est pas le cas. Les dernières élections ont d'ailleurs montré qu'une part des anciens de 68 veulent en liquider les restes, les « jeunes cons » devront se démerder comme ils le peuvent pour survivre à ce chouette gâchis.
Et c'est bien dommage…
; )
à wardog
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 19H18 | 18/05/2008 |
Ce serait triste, effectivement, wardog, s'il n'y avait cet adage qui s'est toujours vérifié…
Les peuples qui oublient leur passé sont condamnés à le recommencer.
On l'utilise pour parler du fascisme… mais après tout, ça marche aussi dans l'autre sens. Et vu ce qui se passe en ce moment, ça pourrait le faire…
C'est difficile à appréhender effectivement, à cause du black-out de l'information… mais celui-ci ne pourra jamais empêcher les choses d'exister, les révoltes de se radicaliser - et de finir par exploser en pleine lumière.
à wardog
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 19H46 | 19/05/2008 |
Je vois qu'on est d'accord après tout.
L'héritage que je prends de notre passé n'a rien de matériel, pourtant, maintenant, tout ce qui doit se transmettre se résume au matériel. Du moins dans le discours ambiant.
en réalité, il n'est plus question que de ça :
quelle maison vais-je laisser à mes enfants ?
quelle voiture ? quelle bien ?
au delà d'un 4x4, d'un bel apart » et d'une aide financière - qui ne se refuse pourtant pas : / - est-ce que mes parents m'ont appris à me débrouiller, à penser par moi-même ?
je dérive, je dérive, et il me faudrait beaucoup de pages pour commencer à préciser…
je suis pas rapide mais je voulais dire que le matériel régit tout aujourd'hui, nos vies et nos pensées. Cela nous fragilise toujours plus si on vit la consommation comme on le fait depuis Mai 68.
à wardog
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 19H24 | 18/05/2008 |
Pourquoi il s'est fait replier wardog ? juste parce qu'il dit des trucs qui sont pas forcément agréables à entendre, mais tout à fait justifiés, du point de vue de quelqu'un qui est arrivé après et qui voit les dégâts monstrueux que 68 n'a pas pu prévenir - alors que bien des gens étaient conscients du risque ?
J'oublie pas ce Romain Goupil de 16 ans, qui dit à la télé : « nous ne voulons pas de lycées destinés à former les cadres d'une future société d'exploitation… »
A mon sens, il n'y avait vraiment aucune raison de le dépastiller aussi brutalement… (sinon par réaction instinctive avant de savoir qu'il est trop jeune pour y avoir été)
à Lohiel
De Le Yéti
yetiblog.org | 11H19 | 19/05/2008 |
Là, tu as encore raison, Lohiel. Ce dépastillage et ces fermetures intempestives des billets sont navrants.
Pour le reste, une dernière chose concernant mon différent avec Wardog : attribuer à ceux de Mai 68 la responsabilité de la situation catastrophique d'aujourd'hui, c'est aussi absurde que d'attribuer aux révolutionnaires de 1789 celle de l'avènement d'un dictateur comme Napoléon, ou au Front Populaire l'entrée en guerre de 1939.
Rien n'est jamais définitivement acquis. Nul ne peut nier que Mai 68 (comme 1789 ou 1936) est à l'origine d'un grand nombre d'avancées sociales et de l'émancipation des mentalités. Mais c'est de l'histoire ancienne. Le fait, évident, qu'il faille retourner au turbin des luttes sociales aujourd'hui n'enlève rien à ce qui se passa alors.
Jeunes et moins jeunes descendirent dans la rue en 1968 pour faire valoir leurs droits et leurs aspirations. Plutôt que des gémissements sur les fautes du passé et des autres, on attend de ceux d'aujourd'hui qu'ils en fassent autant. Je m'engage à être un des premiers à les accompagner.
à wardog
De ovny1984
futur-ex-retraité ! rempilez qu'ils... | 18H04 | 19/05/2008 |
Réponse aux jeunes qui se sentent privés d'avenir et d'horizon par la génération 68
En Avril 68, j'avais 20 ans et me trouvais en classe prépa dans un lycée public. J'allais aussi souvent en fac, voir des amis. Juste avant le début de ce qu'on a appelé ensuite « les évènements de 68 », j'ai été viré du lycée pour avoir manqué de respect à une prof. Délégué de classe, j'avais seulement fait en conseil de classe un commentaire à un autre prof à son sujet, la traitant de « conne » pour une décision stupide qu'elle avait prise. Très risible aujourd'hui, quand on sait de quelles paroles notre pseudo-président est capable ! La différence est que lui, on ne peut pas (encore) le virer.
Je ne voudrais pas passer pour un « ancien combattant de 68 ». Mais cet article sur la récupération des images de 68 situe très bien le problème. Cette récupération m'écœure et j'ajoute qu'elle en donne une image fallacieuse, insidieuse qui n'est absolument pas fondée. 68 était une parenthèse improbable, due à un besoin spontané de liberté, une bouffée d'oxygène (et de gaz lacrymo ! ) pour vaincre la chape de plomb que De Gaulle et consorts, mais surtout le grand patronat super puissant de l'époque avait installée. On ne pouvait pas lui manquer de respect ! Les syndicats, assez complices, également très puissants, encadraient leurs troupes dans une grande discipline, d'où des débordements par la base, quand les ouvriers se sont aperçus que leurs syndicats préféraient comme leurs patrons, l'injustice au désordre ! (on dirait du Goethe ! ).
(Voir le film Wonder, la fille qui crie qu'il n'est plus question qu'elle mette les pieds dans l'usine ! Voir aussi, comment les syndicats débordés par leur base, ont été obligés de décréter la grève générale).
D'ailleurs, récemment, Daniel Cohn-Bendit a réagi lui aussi, quand il a vu détourner par des politiques un héritage qui n'en était pas un, alors qu'il s'était promis de ne pas « commémorer » 68. Aux anciens de 68, toute idée de commémoration est déjà insupportable en elle-même !
Pour réagir aux propos lus sur la soi-disant trahison des jeunes par leurs aînés du baby-boom, je voudrais leur dire que la situation actuelle sur le niveau de chômage des jeunes, sur leur absence d'avenir est moins due à la génération de 68 qui était dans la rue, qu'à ceux qui étaient et qui sont toujours aujourd'hui du coté des pouvoirs.
Depuis 68, le patronat a gravement entamé, avec l'aide de tous les gouvernements successifs, mais particulièrement ceux de droite, les réserves des caisses de retraites, de l'assurance chômage , des ASSEDIC, en puisant dans ces fonds, pour faire partir en préretraite beaucoup d'employés, de cadres, le plus souvent avec des primes impressionnantes, pour dégraisser leurs effectifs afin de retrouver des marges capables de contenter leurs actionnaires. Les économistes objectifs pourront en témoigner.
Il a toujours été clair pour ces gens-là, que l'homme n'était pas le cœur de l'économie. En plus, c'est un élément ingérable… Qui pense ! Rendez-vous compte !
Les années 80 ont vu l'avènement et l'explosion de la robotique industrielle, d'abord balbutiante, ensuite bien installée et fiable dans les chaines automobiles. L'homme est ingérable, irrégulier dans son effort. En plus, Il a des états d'âme. Comme il est crevé en rentrant chez lui, au mieux il regarde un match de foot, au pire une vague émission sur TF1 qui dégage de l'espace de cerveau, pour y entrer de la pub de consommateur. Frustré, il l'est, puisque son maigre salaire ne lui permet pas de consommer, lui et sa famille. Mais cela ne suffit pas. Les cadences sont maintenant dictées par les robots. Il faut suivre, ne pas faire d'erreur, produire, obéir, imaginer des solutions encore et toujours plus rentables. Quand ce n'est plus possible, on licencie, on délocalise, toujours pour contenter les actionnaires.
Curieux tout de même qu'il y en ait, des suicides, dans ce monde paradisiaque !
De qui se moque-t-on ?
Le patronat français n'investit qu'à court terme. Si possible de moins en moins dans un outil de travail où l'homme tient une place prépondérante. Ils ne veulent plus d'industries manufacturières, de celles qui faisaient la fierté des castes de travailleurs, du textile, de la sidérurgie, des mines, de la mécanique … Cherchez bien… Il n'y en a plus en France. Même chez Airbus, ils sont encore trop !
Ils savent que l'homme est un objet de problèmes futurs ! Quand vous apprenez par une indiscrétion d'un cadre Auchan, qu'un euro investi en Janvier par le groupe Mullier doit faire 1.12 euro en Septembre, vous venez de comprendre d'un seul coup ce qu'est le court terme. Quand, dans le même temps, vous apprenez que les Business-Angels qui investissent aujourd'hui dans les PME innovantes, récupèrent 75% sur leur ISF et vont leur doubler ou tripler leur mise au bout de cinq ans, vous venez subitement de comprendre que vous, qui travaillez en transpirant pour gagner votre vie et celle de votre famille, vous êtes une « merde » et que le pouvoir d'agir sur votre avenir dépend moins des choix faits ou manqués des ex-soixante-huitards, que des choix actuels de Sarkozy et consorts, qui favorisent toujours plus ceux qui ont le pouvoir de l'argent, pour, soi-disant, aider les plus démunis en leur permettant de « travailler plus pour gagner plus ! ».
Vu d'en haut, ce genre de mesures parait favoriser la croissance du PIB, mais très inégalement répartie, car je suis certain qu'elle creuse aussi le fossé entre les plus riches et les plus pauvres, qui sont encore laissés pour compte : Pour Sarkosy, avec ce raisonnement, le pauvre devrait recevoir un peu plus de miettes, puisque les riches seront plus riches ! CQFD
Tant que l'homme ne sera pas le centre et l'objectif d'une économie à son service, nous n'en sortirons pas. Il y a des pays du Nord qui l'ont compris et qui ont créé eux-mêmes, un modèle d'économie moins ultralibérale, moins axée sur un capitalisme pur et dur, celui des spéculateurs à court terme.
Dans ces pays, le patronat a investi sur des outils pérennes, sur des programmes de recherche ambitieux, qui maintiennent l'activité et l'emploi. Quand une personne est licenciée, la collectivité la prend en charge pour la réinsérer au mieux, non par la force comme le prévoit Sarkosy dans son nouveau code du travail, mais par une étude de ses capacités, de ses envies, de ses besoins sociaux et familiaux, et par une formation adaptée.
En France, on demande toujours à la collectivité de supporter à postériori, les choix empiriques et unilatéraux du patronat. Sans plus de concertation, malgré les apparences.
Il est plus que temps de nous reforger une industrie à taille humaine, où l'objectif est de faire vivre dignement l'homme des fruits de son travail, non d'enrichir un peu plus ceux qui détiennent depuis des lustres les clés du pouvoir politique et économique. C'est sans doute cela l'économie et le commerce équitable et le développement durable (pour l'homme) !
Aux jeunes qui se sentent privés d'avenir et d'horizon par la génération 68, faites comme nous !
Descendez dans la rue pour reprendre votre avenir en main !
à ovny1984
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 19H54 | 19/05/2008 |
merci pour ce témoignage : )
je suis tout à fait d'accord, pas d'anniversaire pour Mai 68, on n'engraissera pas l'industrie du cadeau avec ça…
Mais on pourrait recommencer..hmm..disons tous les 10 ans, comme ça c'est moins violent !
On refait la déco toute les décades et le cours d'éducation civique se fait dans la rue.
+1
De ckabir
19H29 | 17/05/2008 |
merci au Yeti ( qui chauffe ). J'ai 63 ans et j'ai connu ces moments entre « jaunes » et grévistes.
Merci ! pour ces images.
Christian
à ckabir
De parti
punishment park | 21H40 | 17/05/2008 |
c'est quoi un jaune ckabir et d'où ça vient (question innocente)
à parti
De Sébastien Guittard
Auvergnat exilé en Champagne | 01H38 | 18/05/2008 |
Un jaune, c'est un casseur de grève, c'est la mec qui bosse quand les autres sont en grève, c'est l'exploité qui fait le jeu du capitalisme….
Bref, ça ressemble à la majorité des français en ce moment qui n'ont toujours pas compris que sans unité le combat est vain, et que dans le cas contraire tout est possible !
Se plaindre dans son coin en allant bosser… Pfffff ! ! !
Le peuple uni ne sera jamais vaincu !
à Sébastien Guittard
De A.V.
tamagotchi89 | 08H40 | 18/05/2008 |
Je ne veux pas plomber l'ambiance, mais un peuple uni, ça n'existe pas. Le progrès se nourrit du picorage du peuple dans l'héritage de quelques personnes formidables.
De papy55
prof. en province | 19H54 | 17/05/2008 |
Le premier récupérateur de Mai 68 a été SARKOZY, et il n'a pas attendu le quarantième anniversaire !
Il savait bien qu'il y avait encore un grand nombre de nostalgiques de l'avant 68 !
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 19H59 | 17/05/2008 |
je sais pas pourquoi , mais je mets ça
http://www.dailymotion.com/video/x1idxa_godard-dans-le-noir-du-temps_sho…
De Phil2922
Retraite invalidité | 20H17 | 17/05/2008 |
Un des slogans de 68 était de dire halte à la société de consommation….quel gâchis… !
http://phil195829.overblog.com
De andriouchka
20H45 | 17/05/2008 |
On oublie trop facilement (des fois que ça donne des idées) que mai 68 c'était aussi des millions de travailleurs en grève et des centaines d'occupation d'usines.
Merci Le Yéti pour le film et les commentaires. On a vu ressortir ce film à propos du lâchage des syndicats face aux propositions du gouvernement, à leur incapacité d'écouter leur base qui veulent poursuivre les luttes et ne pas se contenter de miettes, à leur volonté d'encadrer tous les mouvements contre les coordinations.
Mai 68, c'était un souffle de liberté et de solidarité. On ne retrouvera jamais cet esprit. 2008 sera peut être autre chose. Pas d'amertume, 40 ans ont passé. Les commémorations, c'est bon pour le marketing, pour ceux qui n'ont pas connu mai 68.
De julien krier
observateur en Chine | 20H47 | 17/05/2008 |
« Thé mai 68, un parfum de révolution. »
On croirait rêver, désormais le thé peut permettre de se remémorer mai 68. Quand le marketing s'en mêle, la plage et les pavés ne font vraiment plus qu'un.
« Il est interdit d'interdire donc il est permis de créer »…mais losrque la fibre artistique est absente Madame Capron, seule la récupération existe.
Votre campagne de marketing en est un très bel exemple.
De Ferdinand.Bardamu
08H49 | 18/05/2008 |
Le plus amusant avec ce thé de chez Fauchon, c'est qu'en 68, Action Directe, interpétant à la lettre l'impératif de la marque (« fauchon(s) » : -)), a braqué le magasin Fauchon de la Madeleine, pour aller redistribuer foie gras, saumon fumé et autres nourritures de riche…dans les bidon-villes de Nanterre. Vraiment, Fauchon ne manque pas d'air et fait de la provoc, en « rappelant » insidieusement ce fait d'arme….
à Ferdinand.Bardamu
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 10H57 | 18/05/2008 |
Mai 68 - Mai 2008 ?
FauchonS ! (Yo) Mango ! ! !
(Mango en espagnol : faucher, pécho…)
à Network 23
De Ferdinand.Bardamu
04H21 | 19/05/2008 |
Tout n'est donc pas mort, l'espoir bouge encore : -)
De otto didakt
citoyen en colère | 20H55 | 17/05/2008 |
j'ai gardé un morceau de pavé en souvenir… nostalgie quand tu nous tiens
j'ai vu après 1989 (Berlin ! ) que le commerce de l'immobilier (au détail) pouvait rapporter…
aujourd'hui, je mets en vente les miettes du pavé - j'ai gratté les tags !
mince, je me suis trompé de placard !
De athénaïs
21H13 | 17/05/2008 |
au syndicaliste du film du Yéti :
C'est pas vrai, ils font toujours ce qu'ils veulent…..
Ils nous volent les unes après les autres les avancées sociales gagnées en 36 puis en 68…..
Je me dis qu'il a fallu attendre 1789 ans de notre ère pour voir venir une révolution qui ne m'aurait même pas donné le droit de vote, alors franchement, je ne suis pas prête à attendre autant pour tout recommencer, moi je me tire avec les beaux souvenirs du Yeti, avec du Mozart et du Rimbaud plein la tête et le rêve d'une nouvelle prise de la Bastille qui pourrait se passer à l'Elysée…
Et puis si ça se passe pas tant pis. M'en fous, j'essaierai de penser à autre chose………..
à athénaïs
De Triquoise
rouge de honte | 21H43 | 17/05/2008 |
Ouais, mai 68, c'est parti au tout-à-l'ego.
à athénaïs
De A.V.
tamagotchi89 | 09H05 | 18/05/2008 |
L'Histoire ne se répète jamais. La vie, c'est de l'impro. Et franchement, l'odeur de naphtaline, c'est pas très tendance. Essaie plutôt un de ces flacons de parfum édition Mai 68, mets Mozart et Rimbaud entre parenthèses, et embraye sur Portishead et Greg Egan.
Courage… au bout de la route, un soda bien frais.
De survivant
22H02 | 17/05/2008 |
Tout est bon pour faire du fric. Bientôt les stylistes vont inventer le casque et la matraque du crs pour les les flics et les mômes de flics nostalgiques. Les producteurs des télé-réalités vont nous faire une vraie fausse révolution avec d'un côté les fils à papa encartés ump avec une plume dans le fion, les fils de flics devant et de l'autre côté des figurants choisis sur le tard avec un contrat bidon mais de vrais coups de matraque. Un régal pour arriérés mentaux.
à survivant
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 22H19 | 17/05/2008 |
Non . ils ne feront plus rien . Ils l » ont liquidé , Mai 68 , pour les quarante ans . C'est du moins ce qu » ils croient .
De leon.trotski
Trés à gauche | 06H58 | 18/05/2008 |
le pouvoir, c'est chacun de nous qui le détient.
La récupération à des fins mercantiles de mai 68 était inévitable, mais personne n'est obligé d'en consommer !
de même, les émissions de télé débile, il suffit de changer de chaine, il y en a désormais suffisament.
Il est possible de « casser » tout ce système marchand et abrutissant,il faut juste que chacun se prenne en main.les marchands ne sont, bien entendu, rien sans nous !
Bien sur, l'idée est basique mais je reste persuadé que c'est par la culture que l'on peut résister à toute cette aliénation croissante de la société.