Le pays du Cèdre sombre depuis le 7 mai dans une guerre civile qui rappelle les moments les plus sombres de son histoire. Comme d'habitude, la classe politique libanaise est assez habile dans la qualification de ces actes : en atteste l'occultation du mot guerre dans les bouches des acteurs de ce conflit qui a coûté la vie à 80 libanais et blessé 250 autres.
Après une semaine de conflit, il est certes difficile de préciser les responsabilités, mais une analyse systémique de la crise permet de dessiner une perspective de la situation future de l'Etat libanais.
L'affontement politique actuel ne peut se résumer à duel entre pro et antisyriens
Il est impératif de détruire certaines idées reçues qui ont animé les analyses de la situation libanaise : les deux acteurs du conflit ont toujours été présentés dans les médias comme des partisans et des opposants à la Syrie.
C'est loin d'être une vérité absolue pour la simple raison que l'opposition (la coalition du 8 mars) réunit en son sein des partisans de la Syrie et un opposant traditionnel au régime syrien, le général Michel Aoun. D'un autre côté, la coalition au pouvoir qui se dit anti-syrienne a toujours été l'un des alliés de la Syrie avant 2004.
Il est plus judicieux de présenter les camps au Liban par rapport à leur divergence sur la résolution 1559 du Conseil de sécurité, qui a stipulé le retrait de toutes les forces étrangères du pays (comprendre la Syrie) et le désarmement des milices (les formations palestiniennes et le Hezbollah).
Une autre idée qui doit être revisitée est celle du concept de » majorité » libanaise : la coalition du 14 mars a pu obtenir une majorité lors des législatives 2005 grâce à son alliance avec le Hezbollah qui a opté pour une stratégie plutôt ambigüe : il a conclu un accord avec le leader druze Walid Joumblatt et les forces libanaises dans la circonscription de Baabda (au sud de Mont-Liban), et un autre accord avec Michel Aoun dans la circonscription du (au nord du Mont-Liban).
Par la suite, l'entente entre le Hezbollah et le Courant patriotique libre a fait basculer le Hezbollah dans l'opposition, ce qui met en cause le concept même de la majorité qui s'est retrouvée confrontée à une crise institutionnelle avec la démission des ministres chiites, provoquant la paralysie du gouvernement.
Les raisons libano-libanaises du blocage politique sont anciennes
La crise libanaise a certes des intersections régionales et internationales, mais cela ne doit pas occulter les raisons libano-libanaises de ce blocage. La classe politique dans son ensemble a toujours affaibli l'Etat, déjà depuis la création de l'entité libanaise par un émir druze au XVe siècle, l'histoire libanaise a été l'histoire des communautés libanaises, qui ont acquis chacune leurs droits civiques et politiques au fur et à mesure de leur évolution.
La communauté druze s'est imposée avec la politique de l'émir Fakhr Eddine II, qui a pu obtenir de l'empire ottoman l'autonomie du Mont-Liban. Les maronites, à travers le patriarche Al-Howayek ont obtenu, lors du traité de Versailles, la création du grand Liban, et les sunnites, à travers le pacte national ont obtenu le partage du pouvoir après l'indépendance.
Ce cheminement historique nous conduit à la communauté chiite, qui n'a cessé d'évoluer depuis 1991 sur l'échiquier politique libanais, en réclamant un partage du pouvoir qui correspond à la nouvelle donne stratégique, politique et démographique du pays.
La crise libanaise et sa perpétuation doit être lue dans l'incapacité des acteurs politiques à s'entendre, ou plutôt accepter cette nouvelle structuration qui nécessite, ni plus ni moins, une nouvelle constitution.
Cette crise interne a été amplifiée par l'instabilité de l'environnement régional libanais marqué par le conflit israélo-palestinien, la guerre d'Irak et la question du nucléaire iranien. La politique étrangère libanaise (si elle existe), s'est retrouvée confrontée à un ensemble de crises qui ont provoqué la scission entre la coalition de 14 mars et l'opposition sur la question des armes du Hezbollah.
Mais cette question qui a suscité tant de divisions n'est que la partie émergente d'un iceberg : la politique régionale post-guerre d'Irak 2003.
En effet, le Liban est le miroir de son environnement, et la crise libanaise n'est autre que la confrontation de deux projets régionaux, dont dépend le dessein stratégique de la zone.
Il s'agit de l'avenir de la relation entre les pays arabes et Israël et le sort des refugiés palestiniens : c'est cette question qui est au cœur des divergences régionales qui s'expriment dans un état tampon libanais. Lequel a aussi ses propres problèmes, comme sa politique étrangère et la question de son identité.
L'encerclement intérieur et extérieur du Hezbollah
Le Liban vivait depuis plusieurs mois une sorte de guerre civile silencieuse rythmée par des accusations de tout genre qui ont attisé la tension entre les communautés, et poussé la population à se réarmer massivement. Les scènes de combats de rue étaient prévisibles, mais c'est l'élément déclencheur qui était la principale inconnue.
En effet, le Hezbollah s'est retrouvé encerclé de l'intérieur et de l'extérieur. Et c'est pour cette raison qu'il a décidé de protéger son armement par la force : la focalisation de la majorité sur l'arsenal de Hezbollah a été sentie par le Parti de Dieu comme une violation de la déclaration du gouvernement qui a légitimé la résistance, ce qui a déclenché la crise qui a amené le Parti de Dieu a demandé, tantôt des législatives anticipées, tantôt un gouvernement d'union nationale avant l'élection d'un nouveau Président.
Au niveau international, plusieurs facteurs montrent l'affaiblissement et l'encerclement du Hezbollah : l'affaiblissement du gouvernement Olmert pourrait provoquer des élections anticipées qui pourraient bénéficier à Benjamin Netanyahou, qui pourrait lancer une offensive contre le Hezbollah et le Hamas.
D'un autre côté, les législatives iraniennes ont montré des fractures au sein des conservateurs, et l'apparition de deux figures pragmatiques, Larijani et Kalibaf, qui pourraient être tentés de négocier sérieusement avec les Etats-Unis.
Enfin, les révélations sur un présumé programme nucléaire syrien et les négociations secrètes israélo-syriennes mettent le Parti de Dieu dans une position délicate au niveau régional. L'ensemble de tous ces éléments seront à l'origine de la tentative du Hezbollah de protéger à tout prix son armement, et négocier le cas échéant une nouvelle donne politique dans le pays.
L'action militaire du Hezbollah : suicide ou dérapage contrôlé ?
La stratégie militaire du Hezbollah depuis les incidents du 7 mai, qui a consisté à occuper une position et la donner à l'armée libanaise, montre une certaine logique du Parti de Dieu. Ce dernier voulait imposer par la force une nouvelle donne, sans pour autant contrôler militairement les territoires acquis.
Les combats à Beyrouth ou à Tripoli confirment cette stratégie qui, au premier abord, s'avère être une action concertée avec l'armée qui essaye, tant bien que mal, de protéger son unité.
Pourtant certains faits montrent un dérapage qui n'est pas totalement contrôlé, ce qui pose beaucoup des questions sur un mouvement très organisé comme le Hezbollah.
L'attaque des locaux de la télévision Future TV, le quotidien Al-Mustaqbal et Radio Orient, propriété du chef de la majorité, Saad Hariri, pourrait être un facteur de dérapage et une première dans un conflit interlibanais. On peut même dire que cet incident pourrait changer la perception de la rue arabe sur le Parti de Dieu, qui sera probablement présenté, non sans raison, comme un parti qui essaye de faire taire les médias de ses adversaires.
De plus, les opérations militaires dans les zones de populations druzes, fief historique du leader druze Walid Joumblatt, ont été présentées, surtout par la presse de l'opposition, comme un message adressé a Joumblatt sur la capacité de Hezbollah d'affaiblir l'emprise du leader druze sur sa communauté.
Les avis divergent quant au résultat de ces opérations militaires, et Joumblatt, en fin stratège, a pu déléguer la gestion de ce dossier à son rival historique Talal Arselan, qui ne peut pas tirer un grand profit de sa situation et pour cause, la communauté druze est très soudée en temps de crise.
En effet, Talal Arselan ne peut pas assumer devant l'histoire sa responsabilité dans la division de la communauté qui est régie par des codes religieux et féodaux qui caractérisent sa structuration et qui empêchent les druzes de s'émanciper de leurs leaders traditionnels.
Cet état de fait montre la faute impardonnable de Nasrallah qui, malgré son intelligence politique, n'a pas pu analyser l'histoire de la communauté druze, en croyant qu'il peut affaiblir Joumblatt, ce qui n'est pas le cas.
De plus, toute la classe politique, notamment les sunnites et les chiites, seront les responsables de la rupture qui va s'accroître entre les sunnites et les chiites, une rupture initiée par la guerre d'Irak de 2003, et qui atteint son paroxysme dans le dernier bastion du vivre ensemble dans la région, Le Liban.
C'est là que réside le principal échec de la classe politique libanaise, ce qui pourrait conduire à son affaiblissement progressif voir sa disparition.
Une troisième république laïque seule solution au conflit libanais
Tous les indices du terrain et des négociations entre les acteurs libanais et leurs alliés régionaux et internationaux montrent qu'on s'achemine vers un nouvel accord de Taëf sous l'égide du Qatar qui va présider le comité de la Ligue arabe, qui sera en charge de la concertation entre la coalition de 14 mars et l'opposition.
On peut avancer qu'il y aura une solution qui pourrait résoudre temporairement la crise libanaise en instituant des nouvelles règles de partage de pouvoir, mais cette solution ne sera jamais définitive.
Aucune personnalité politique ne sortira indemne de cette expérience : la coalition du 14 mars, notamment le Courant du futur et le Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt sont affaiblis et décrédibilisés au yeux de leurs opinions.
Les responsables chiites porteront la responsabilité de la division entre les chiites et les sunnites, malgré une responsabilité sunnite dans cette rupture.
Le communautarisme risque de s'amplifier avec une rupture presque irrémédiable entre communautés. La communauté chrétienne, elle est déjà affaiblie, et malgré le calme précaire qui règne dans les régions chrétiennes, elle est profondément divisée.
Ce constat pessimiste nous ramène à parier sur un phénomène de destruction constructive : Si les libanais prennent conscience de cette nouvelle donne inédite dans l'histoire du pays (affaiblissement de la totalité de la classe politique), ils pourront alors imposer un changement radical de la constitution et bâtir un Etat laïc seul capable de faire oublier les blessures communautaires, car qu'on le veuille ou non, à défaut de vouloir vivre ensemble, les Libanais sont condamnés à vivre ensemble.





















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De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 11H54 | 16/05/2008 |
Difficile à lire, cet article est très informatif et suscite beaucoup de questions. Je me contente d'en poser deux (pour l'instant) :
1) Devons-nous comprendre que la démonstration de force du Hezbollah, à laquelle aucun des principaux leaders du pays n'a été capable/désireux de s'opposer, a suffi à les décrédibiliser ? Ou le phénomène était-il antérieur ? Notamment à cause de leur incapacité à désigner un nouveau président… (Soit dit en passant, je ne comprends pas très bien les conséquences d'une éventuelle division des Druzes.)
2) La conclusion évoque la possibilité, pour « les Libanais » en général, d'imposer un état laïc. On ne peut que souscrire à cette solution. Mais quel moyen utiliser ? La population libanaise dispose-t-elle de leaders de rechange ?
De compte supprimé 13
13H04 | 16/05/2008 |
Très confus.
Une analyse parfois raccourcie. Exemple : « L'attaque des locaux de la télévision Future TV, le quotidien Al-Mustaqbal et Radio Orient,[…], pourrait être un facteur de dérapage […] »
Pourquoi ignorer l'idée que c'est un message clair :
« vous voulez nous supprimer notre réseau de télécom, nous pouvons à tout moment vous priver de parole, donc laissez-bous tranquilles » ?
----
« l'affaiblissement du gouvernement Olmert pourrait provoquer des élections anticipées qui pourraient bénéficier à Benjamin Netanyahou, qui pourrait lancer une offensive contre le Hezbollah et le Hamas. »
3 « pourrai(en)t ! ! dans une même phrase cela ressemble à de la devinette que l'on peut prolonger à l'infini.
----
Quant à la vision d'un Hezbollah affaibli cela apparait davantage comme un voeu pieux qu'à une énumération de faits vérifiés.
à compte supprimé 13
De compte supprimé 13
11H19 | 17/05/2008 |
amusez-vous… les replieurs…
Très confus.
Une analyse parfois raccourcie. Exemple : « L'attaque des locaux de la télévision Future TV, le quotidien Al-Mustaqbal et Radio Orient,[…], pourrait être un facteur de dérapage […] »
Pourquoi ignorer l'idée que c'est un message clair :
« vous voulez nous supprimer notre réseau de télécom, nous pouvons à tout moment vous priver de parole, donc laissez-bous tranquilles » ?
----
« l'affaiblissement du gouvernement Olmert pourrait provoquer des élections anticipées qui pourraient bénéficier à Benjamin Netanyahou, qui pourrait lancer une offensive contre le Hezbollah et le Hamas. »
3 « pourrai(en)t ! ! dans une même phrase cela ressemble à de la devinette que l'on peut prolonger à l'infini.
----
Quant à la vision d'un Hezbollah affaibli cela apparait davantage comme un voeu pieux qu'à une énumération de faits vérifiés.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 23H01 | 16/05/2008 |
A 17H24 le 13/05/2008 j'avais mis cette remarque ici même.
« Le Liban me semble être le laboratoire de la cuisine diplomatique mondiale.
Chaque groupe de pensée vient y mettre ses ingrédients préférés mais c'est aux libanais de faire en sorte que ce soit comestible pour eux-mêmes.
Et ils n'ont pas de chef-cuisinier ! »
Hier soir le 15 Mai sur France 24, Hubert Védrine en parlait et c'est à peu de chose prés l'analyse qu'il faisait.
Que dire de plus qui ne soit pas que pure spéculation.
De ex-riverain
x | 13H44 | 16/05/2008 |
article complexe, certes, mais décrivant une réalité qui l´est aussi. on est loin du papier de Haski et de sa problématique que je cite :
« Le principal danger pour le Liban, serait de devenir un terrain d'affrontement entre l'Amérique et l'Islam radical. »
j´aime bien la conclusion de l´article de Jamil Abou Assi.
De bloqué le 24.09.09
14H36 | 16/05/2008 |
Des articles et un point de vue interessants sur le Liban et le traitement des évènements par les médias occidentaux :
http://tokborni.blogspot.com/
De bloqué le 24.09.09
09H04 | 17/05/2008 |
Je suis vraiment surprise du nombre de votes négatifs sur mon post précédent. Ceux qui ont voté ainsi votent contre la simple lecture d'un point de vue différent, et surtout contre l'expression un point de vue qui n'est pas totalement occidentalo-centrée.
L'article en question se pose des questions sur une vidéo de massacre qui fait scandale au Liban, et sur le traitement des évènements libanais par les médias occidentaux. Qui cela peut-il déranger à ce point ? Et pourquoi ?
à bloqué le 24.09.09
De compte supprimé 13
11H17 | 17/05/2008 |
comme d'habitude Soh…
ici tu peux exprimer des idées à condition qu'elles soient conformes à celles d'une petite bande bien en cour…
le dialogue n'existe pas pour ces gens là.
à bloqué le 24.09.09
De TABBOUCH
REALISTE | 11H47 | 17/05/2008 |
Parce que votre blog est écrit par quelqu'un qui est tout sauf libanais souverain.
En tout cas,c'est un avis.Merci de le respecter tout de même et respecter nos votes.
Libanais de nationalité mais « mettant en doute » à chaque fois les versions de l'orient le jour, les versions du peuple libanais en flagrant déséquilibre et contradiction avec l'ensemble des libanais ( hormis le hezbollah pro iranien).
Voilà ce blog ne convainc pas. En tout cas, pas moi et la majeure partie des lecteurs
Oui, cela dérange les libanais. Moi en premier
Cela dérange ceux qui sont ouverts au monde et refusent les diktats militaires du parti à l'idéologie iranienne
et les partis dirigistes où la différence d'opinion est malvenue.
Quand je vois qu'on nous montre la gueule de ce pro iranien hassan nasrallah, à la télé, la première des réactions que nous avons , nous libanais : La nausée.
et je parle arabe, je sais ce qu'il dit
Les menaces qu'il a envoyé aux libanais qui ne partagent pas son avis. Pas la peine de traduire ces menaces de couper la gorge ou les bras de ceux qui touchent à ses armes ! ! !
Donc un blog nous demandant d'apprécier cela ? ? vous immaginez bien que les libanais ( en majeure partie, hormis les hezbollah) aient la nausée de voir sa gueule à ce type.
Vous voyez par ex : Libanais que je suis. Je n'ai aucune sympathie pour la classe politique : Quelqu'elle soit
Je n'aime pas plus hariri (quoiqu'il ne m'ait rien fait) que l'autre mafieux de nasrallah
Il y a des gens du 14 mars que je n'aime pas
Tous ceux du 8 mars, je ne les aime
bref presque tous
Mais j'ai une vision et un rêve pour mon pays se rapprochant des idées de la plupart des libanais dont le 14 mars (sans doute certains de l'opposition aussi)
mais la différence : Les hommes et femmes (y a des femmes) politiques au liban, je ne les apprécie pas
Juste leurs idées.
Donc s'il ne rentrent pas au liban avec un accord en poche, autant qu'ils restent au quatar où il y sont aujourd'hui et qu'ils embarque l'autre barbu terroriste nommé hassan nasrallah chef du hezbollah.
Donc voilà pourquoi votre blog n'interesse personne
Les libanais veulent que les armes se taisent quelque soient les raisons politiques. En france, ce n'est pas parce que la gauche n'est pas contente de Sarkozy ( ou même la droite qui grince anti sarko) qu'ils vont aller encercler Paris et sortir leurs mitraillettes pour envahir l'élysée militairement.
Ségolène Royale n'est pas à la tête d'une milice pour combattre l'ennemi terroriste voisin et du coup, elle le retourne contre les parisiens.
Donc Les libanais ne veulent plus du langage militaire injustifiable. Langage diligenté par le hezbollah sur-armé de missiles et d'autres ..
Voilà pourquoi, naïevement, vous vous étonnez que votre blog ne plait à personne.
RESPECTEZ TOUT DE MEME NOS AVIS ET VOTES
Si on n'apprécie pas votre logique et idées, respectez notre vote ! ! ! . Ne nous obligez pas à voter pour vous faire plaisir.
C'est vous qui demandez qu'on vote selon vos gouts.
Oui l'article en question de l'auteur M ABOU ASSI ( je reviens à l'auteur) n'est pas loin de la réalité même si je ne suis pas d'accord sur certains points, mais je respecte et je garde mon avis personnel tout en respectant celui des autres qui sont censés et tiennent la route
Mais lorsqu'on plonge dans l'intox,( les commentaires de votre BLOG) là, en effet,
je ne vais pas leur interdire d'écrire. Cela est anti démocratique mais je ne vais pas quand même voter « pour ».
RESUME et ENFIN REPONSE A VOTRE QUESTION :
ET un vote reste personnel : Si personne ne vote pour votre post, vous n'allez pas aussi nous obliger à voter pour ! !
Sinon vous commencez à accuser tout le monde de cabale contre je ne sais qui etc…
Soit on vote pour vous
Soit on est des diables à la solde de je ne sais qui ? ?
C'est cela la liberté de vote et démocratie pour vous ? ?
Merci
à TABBOUCH
De caro
délinquante avérée | 13H35 | 17/05/2008 |
Merci Tabbouch de votre commentaire et de ses explications.
Que pouvons-nous souhaiter, nous de l'extérieur ? que le peuple libanais retrouve la paix, toute la population, quelle que soit son origine. Mais je pense que cette paix ne peut dépendre que d'un règlement global des problèmes du Proche Orient. Et là … j'ai bien peur que la paix ne soit un peu longue à s'instaurer, hélas, chacun y allant de sa volonté de domination.
Quoiqu'il en soit, j'espère voir un jour toutes les populations vivre en harmonie.
à TABBOUCH
De bloqué le 24.09.09
09H13 | 20/05/2008 |
La démocratie cela commence par : laisser parler ceux qui ne pensent pas comme vous, les écouter et essayer de comprendre leurs point de vue.
Vous en êtes très très loin TABBOUCH (qui se nomme lui-même en majuscules ! ).
Ce blog « Loubnan ya Loubnan », http://tokborni.blogspot.com/, je le visite de temps en temps pour entendre enfin un autre point de vue que celui de la bourgeoisie commerciale et d'affaires libanaise (que je respecte, c'est important économiquement, mais qui n'est pas tout le Liban) et un autre point de vue que celui des pays des occidentaux.
Je ne connais pas son auteur et peut-être ne serais je pas d'accord avec ses opinions au global, peut-être ne me serait-il aucunement sympathique. Mais le lire m'aide à comprendre un point de vue que médias relaient très peu et qui n'est peut-être pas loin du point de vue de certaines communautés libanaises pauvres.
Vous remarquerez que dans tous mes posts, je ne cherche pas à empêcher les autres de s'exprimer, ma stratégie est l'écoute, la tentative de compréhension et le dialogue.
Si vous êtes vraiment libanais, je vous invite à essayer de comprendre le point de vue des autres communautés, y compris celles qui se sentent éloignées de la bourgeoisie occidentalisée (parmi elles, les communautés qui se reconnaissent dans le Hezbollah, qui existent bien, même si vous voulez le nier), c'est la seule attitude qui puisse éloigner la menace de guerre civile.
Mais, à lire plusieurs de vos commentaires, vous n'apparaissez pas vraiment comme un démocrate pacifiste.
De Caius
Expert en management | 14H35 | 17/05/2008 |
Une destruction constructive ? L'idée que la perte totale de crédibilité de la classe politique libanaise permette de voir enfin émerger un état laïc, dont les dirigeants ne soient plus les prisonniers de tel ou tel clan confessionnel ?
On peut en rêver, bien sûr, pour le Liban. Mais existe t-il des leaders capables d'incarner une telle vision ? Qu'en pensez-vous, Jamil et vous Tabbouch, qui connaissez bien la question ?
à Caius
De TABBOUCH
REALISTE | 17H33 | 17/05/2008 |
Si on prenait l'avis des libanais
Du moins, je dirai les jeunes ou les moins jeunes mais ouverts aux autres ( Bien qu'ayant plus de 45 ans, je me considère modestement de cette catégorie, vu que mon épouse est musulmane et je suis chrétien. Tout en étant croyants tous les 2. Donc je peux me permettre d'émettre un genre d'avis : OUI
On le demanderait volontiers.
Mais c'est plus complexe en fait.
Permettez moi de détailler même si ce sera long ( Excuses d'avance).
Nous sommes dans une région qui centralise les 3 principales religions monothéistes sinon les seules :
Le chritianisme, l'Islam et le judaïsme.
Berceau de ces religions : Jérusalem.
Les pays ou régions autour sont pour la plupart citées dans la bible : Sidon au liban (Sayda en arabe)etc…
Les pays sont tous, même si la façade est laique : confessionnels
Nous avons beau dire que la syrie est un état Laïc : Un fond de religieux est décelé. Même si la primauté revient à la famille ASSAD en final et non à la religion.
Israel : Etat Laic, certes mais on ne peut pas dire que les religieux n'ont pas leur mot.
On ne peut affirmer qu'ISRAEL est l'état de la communauté juive mondiale. Tout juif qui se sent mal à l'étranger est bienvenue chez lui en Israel.
d'où leur bataille continue pour que démographiquement, les populations juives sont en compétition et gagnantes face aux autres ( D'où le besoin de demander à leur diaspora en russie, nigeria ou ailleurs, d'immigrer en Israel dans les colonies ou grandes villes).
Les autres pays sont religieux.
L'irak, (de saddam) le moins religieux. Grâce aux actions de ce BUSH qui n'a causé que des malheurs. A ses alliés en premier. L'irak de saddam est devenue l'irak des chiites, l'irak des sunnites, l'irak des kurdes et même l'irak des turques. Coté confessionnel, on ne ferait pas mieux.
Les pays se dirigent vers des tensions sunnites chiites à cause de l'ingérence des iraniens dans les affaires arabes ( sunnites pour la plupart) et à cause de celle de Bush en Irak ( populations chiites pour la plupart).
Donc demander d'un coup de baguette magique..à lever le confessionnel des esprits au liban. Cela est un peu utopique
Ceci dit,un fait psychologique …de taille à souligner.
La présidence de la république au liban
aussi bien que la répartition confessionnelle des postes
premier ministre sunnite
président de l'assemblée nationale : chiite etc…
Au niveau chrétien : cela est majeur : Le pâpe au Vatican ( Jean paul II aussi bien que celui çi ) et le Pôpe copte (de l'église copte en Egypte) en sont conscients.
Je vous prie de donner toute l'importance svp à ce point
De l'extérieur, cela ne parle pas mais il faut vivre cela pour comprendre. Qu'on soit athée ou croyant
Cela relève d'une sécurité psychique surtout.
Cela relève plus d'une « sécurité » pour tous les chrétiens des pays arabes
Le LIBAN est le seul pays où les chrétiens sont à la tête du pays par le biais de la présidence ( d'où l'insistance à élire un président que les syriens et surtout le hezbollah retarde voire annule).
Par sa seule présence chrétienne officielle à tous les niveaux politiques et officielles , les autres chrétiens des pays arabes qui sont assez malmenés de temps en temps (par les intégristes et non par les états bien sûr). Tous les chrétiens de Syrie, d'Irak, d'Egypte (plus de 2 millions de chrétiens coptes qui représentent 10% de la population)
les chrétiens de jordanie, de palestine même etc…
Toutes ces populations chrétiennes sont sur place et prennent une bouffée d'oxygène, en réalisant que des chrétiens sont un tant soit peu au pouvoir au liban etc, à chaque fois qu'un intégriste menace les croisés, les impurs ou les chrétiens nommés directement.
Pour un occidental, qui a perdu la notion de religion (et pour la plupart n'y croient plus…malheureusement mais c'est mon avis perso) ; ) ce que je dis est surréel…Mais la région et les problèmes là bas sont bien réels même si les causes peuvent paraitres à l'occidental un peu « dépassés ». Il ne faut pas oublier qu'en pleine europe, l'IRA et l'angleterre viennent de faire taire leurs armes récemment…
Ces populations chrétiennes du proche et moyen orient notamment celles des pays arabes, risqueraient de quitter leur pays pour émigrer ailleurs. C'est le but des intégristes justement. Ils prendraient bien et terrains de ces populations chrétiennes.
Donc la présence de ce système confessionnel, aujourd'hui, est utile à ces populations dans leur subconscient.
D'ailleurs, le liban, terre d'asile à tous.
Mais surtout aux chrétiens d'irak qui sont en train de fuir à chaque fois qu'on leur tue un êveque (récemment) ou qu'ils sont menacés individuellement. Ils viennent au Liban, où tolérance est notoriété.
Ils sont protégés aussi bien par les musulmans libanais et que par les chrétiens. Ce n'est pas pour rien que le hezbollah n'a jamais pu réussir à installer ses projets des années 80/90 au liban. A savoir la création d'un état islamique.
Grâce à l'ouverture des libanais sunnites qui vivent avec les chrétiens. Ces musulmans qui partagent les mêmes valeurs humaines des chrétiens…Ces musulmans ont été les premiers à refuser ce genre d'état intégriste.
Donc la présence chrétienne officielle a encouragé les chrétiens du liban aussi bien que ceux des pays voisins à résister sur place et rester dans leur pays
La conséquence est que par cette présence, on fait en sorte que les musulmans libanais ne se referment pas sur un intégrisme venant d'ailleurs.
Passer à un état laic : OUI bien sûr mais dans une région qui se veut confessionnelle…Dur dur..
Voilà quelques années, le mariage civil a voulu être instauré : Le hola des evêques, des mufti, des ulémas chiites etc…Tous l'ont refusé.
On n'est pas sorti de l'auberge à ce niveau
Je ne leur fais pas de reproches. Mais l'ambiance générale fait en sorte que ce genre d'idée est très complexe à établir.
à TABBOUCH
De Caius
Expert en management | 15H37 | 18/05/2008 |
Merci, Tabbouch, pour cet éclairage. Cela nous montre à quel point notre vision d'Européens peut être en décalage avec ce que perçoivent les Libanais concernant l'avenir de leur pays. Et qu'il est illusoire, et peut-être dangereux de transposer notre vision sans précautions.
De ex-riverain
x | 22H30 | 18/05/2008 |
Tabbouch, je n´ai pas bien compris ou vous vouliez en venir. les libanais souhaitent la paix, mais comme tous les peuples je crois. un Etat laic libanais, difficile a mettre en place, certes.
on peut faire le même constat avec un peu de jugeotte, « libanais souverain » ou pas (et heureusement que l´on a le droit parler des pays autres que celui qui nous a vu naître, tant que ce que l´on dit est pertinent.)