Ces députés et sénateurs qui bafouent le code du travail
Immersion au coeur du Parlement, où les collaborateurs des élus subissent temps partiels, faibles salaires, harcèlements…

Ils réclament, ils grognent, ils pétitionnent… vont-ils bientôt faire grève ? Les collaborateurs parlementaires en ont ras la casquette de mendier de menus avantages auprès de leurs employeurs au statut ultra-privilégié. De plus en plus diplômés, mal payés, ils sont parfois victimes des pires abus, du licenciement sec injustifié au harcèlement sexuel en bonne et due forme.
Vous ne les verrez jamais devant les caméras dans la salle des quatre colonnes, sinon comme des silhouettes pressées portant billets et argumentaires à leurs patrons. La plupart sont de jolies jeunes femmes, 25-35 ans, sur-diplômées, sorte « d'élus bis invisibles ».
Leur royaume ? Les couloirs des deux assemblées, loin des hémicycles, entre les bureaux des parlementaires et les salles de commissions, là où tourne la machine législative. Les 2 100 collaborateurs employés par les députés et les 1 000 par les sénateurs sont de vrais travailleurs de l'ombre.
les licencier n'importe quand
Les deux associations de collaborateurs, celle de gauche comme celle de droite, mènent le combat depuis six ans, sous l'égide d'un syndicat commun. Objectif : obtenir la reconnaissance légale d'un statut collectif. En 2002, leur tentative échoue devant la justice administrative. Jusqu'à maintenant, les équipes embauchées sont donc considérées comme des « unités économiques indépendantes ».
D'où une gestion très atomisée, où « le meilleur côtoie le pire » ainsi que le décrit Pascal Favre, président de l'Association française des collaborateurs parlementaires, celle de droite. (Voir la vidéo.)
Pour bien comprendre ce malaise des collaborateurs parlementaires, plusieurs assistants ont accepté de raconter leur histoire. Sous anonymat, car rien n'est pardonné à celui qui brise l'omerta des palais du peuple.
Appelons-le Jean. Avec son air poupin, il a suivi le parcours classique de l'assistant. Sortant de Science-Po, il effectue un premier stage pour le compte d'un député socialiste de premier plan qu'il ne souhaite pas identifier. Stagiaire « en circo » (comprenez circonscription), sept jours sur sept, sans dimanche ni week-end. Initialement prévu pour durer trois mois, le « stage » s'allonge.
« J'ai eu 300 euros sur six mois, payés en deux fois… »
Rien à faire, rien à dire : s'il se plaint, Jean sait que sa carrière d'assistant s'arrêtera là. Alors, il accepte sans broncher, mais change d'employeur. Il gagne aujourd'hui 1 300 euros nets pour un mi-temps. Certains députés se font d'ailleurs une spécialité du stage longue durée, au profit de leur propre famille. Une astuce connue, comme l'explique Martine, dix ans de maison :
« De septembre à juin, ils utilisent deux ou trois stagiaires, puis ils embauchent leurs proches, de juillet à septembre, en raflant l'essentiel des indemnités, avant de repartir pour un tour avec de nouveaux stagiaires. »
Il est vrai qu'une disposition du règlement de l'Assemblée autorise les députés à employer leur propre famille.
et peu d'avantages…
Lorsqu'elle est arrivée à l'Assemblée nationale, Valérie, titulaire d'une maîtrise de droit social, se souvient d'avoir découvert, seule, son nouveau travail.
« J'ai croisé mon député une demi-journée la première semaine, une journée la deuxième semaine… et ainsi de suite. On apprend le métier sur le tas, mais quand on ressort… Je sais rédiger des questions écrites, des questions orales, mais où fait-on ce genre de choses, en dehors du Parlement ? “
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Rien n'est prévu pour la reconversion des assistants. Depuis, Valérie (sept ans d'ancienneté, 2 400 euros nets par mois) a décidé d'écrire un guide à l'attention des nouveaux, car le turn-over est important : la durée moyenne du contrat est de deux ans et demi.
Le Droit individuel à la formation (DIF) ? Un mot quasi inconnu dans les deux palais de la République, alors que tout salarié y a droit. Or, depuis 1993, la succession des alternances laissé de nombreux collaborateurs à la case chômage.
Lorsqu'une élection arrive, ils sont licenciés en bloc. En cas de défaite, ils perdent leur job. Mais, contrairement aux parlementaires, eux n'ont droit à aucun dispositif de ‘retour à l'emploi’.
Logement HLM, téléphone et courrier gratuit, billets de trains ou d'avions : autant d'avantages réservés aux parlementaires. Les collaborateurs n'ont même pas droit à la piqûre annuelle contre la grippe, gratuite pour les députés, leur conjoint et leurs enfants ! Idem pour les heures supplémentaires ou les 35 heures : votées par les parlementaires, ces deux dispositions n'ont jamais été appliquées à leurs collaborateurs.
Temps partiels, faibles salaires… Tous ces griefs, Richard Mallié les balaye d'un revers de main. Pour le député et questeur UMP, la situation est limpide : ‘Les collaborateurs parlementaires ont un employeur qui n'est pas l'Assemblée nationale, mais qui est le député.’ Traduction : n'embêtez pas les services financiers du Parlement avec ça, nous n'y sommes pour rien, adressez-vous directement aux élus.
Richard Mallié dit avoir bien essayé de discuter avec leurs représentants syndicaux, mais ils ont commis l'offense de publier ‘un communiqué où étaient mis en cause un certain nombre de problèmes’… La rencontre a tout de même eu lieu, mais sans résultat patent pour le moment.
Alors, à qui peuvent se plaindre les collaborateurs parlementaires, si ce n'est au Parlement ? Le questeur UMP ne semble pas raisonner en ces termes. ‘Le métier de collaborateur est un métier vraiment spécial’, répond-il. Si certains ne s'y font pas… (Voir la vidéo)
à bafouer le droit du travail
Lorsqu'elle raconte son histoire, Martine en frisonne encore. Cette quadra dynamique, diplômée d'école de commerce et d'un troisième cycle de Science Po a vécu l'enfer à la mort, brutale, de son député. Après des années de bons et loyaux services, elle se retrouve à la merci du suppléant qui a récupéré le poste.
Pour la virer sans la licencier, il finit par la priver de badge, sésame indispensable pour entrer au Palais Bourbon. Echange de courriers, lettres recommandées, rien n'y fait. Martine est alors convoquée par le service des affaires financières :
‘Je me suis retrouvée dans un bureau avec trois fonctionnaires qui, pendant une heure et demi, ont tenté par tous les moyens de me faire signer une lettre de démission. Une heure et demi de menaces et d'intimidation sur le thème : Si vous ne signez pas, vous ne trouverez jamais de travail.’ ‘
Martine tient bon, mais un mois plus tard, au coeur de l'été, son salaire est suspendu, sans qu'elle ait jamais été licenciée.
Je me suis retrouvée sans salaire, sans document pour les Assedic. Je n'ai jamais eu mes congés payés et mes deux mois de préavis. J'ai alors envoyé 250 CV, quinze députés m'ont fait des offres, mais après une belle campagne de dénigrement, seuls trois d'entre eux ont maintenu leur proposition.’
Intimidation, menaces, peur : les députés ont le pouvoir de faire et défaire les réputations hors de l'hémicycle. Au bout de dix ans d'ancienneté, Martine gagne 3 000 euros nets mensuel, non sans avoir traversé un gros passage à vide et une dépression.
Un cas qui n'est pas isolé… Les syndicats ne comptent plus les affaires de licenciement abusifs, de jeunes femmes enceinte jusqu'aux yeux à la ‘perte de confiance’ invoquée à tout bout de champs.
moral ou sexuel
Combien sont-elles ? Elles et eux, car les garçons n'échappent à la pression parfois excessive de leur patron. Tel célèbre et ancien membre de la Mitterrandie est ainsi connu pour appeler ses collaborateurs à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Tel autre bourreau des coeurs n'hésite pas à lier emploi et faveurs, avec la perspective de faire carrière. L'histoire est toujours la même : phase 1, approche séduction, phase 2, déclaration et phase 3 (en cas de refus de la proie) saccage en règle, par tous les moyens.
Est-ce la fascination ? Le charisme de ces animaux politiques ? Leur sentiment d'impunité, réelle ou supposée ? En tout cas, les plaintes sont rarissimes. Mais les organisations de collaborateurs sont formels : les langues se délient, et ils/elles sont de plus en plus nombreux à oser dévoiler le pot aux roses. Le tout s'achève souvent par une transaction amiable, assortie d'une clause de confidentialité. Toujours la loi du silence qui entretient l'impunité.
Comme le dit crûment une jeune femme confrontée au harcèlement sexuel de son ancien patron :
‘Tout ces mecs sont pareils, avec leur assistante qu'ils prennent pour une pute. Chaque semaine, ils montent à Paris mardi et mercredi, ils ont laissé bobonne à la maison et leur respectabilité de province. Et là, dans l'anonymat de la capitale, on se lâche…’
Et le soir, au JT, les mêmes vont pérorer face caméra dans la salle des Quatre colonnes.
Julien Martin et David Servenay
(Tous les prénoms des assistants cités ont été modifiés, à leur demande.)
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De Humain
20H10 | 17/05/2008 |
Bof…
Ségolène disait que « la première sécurité des Français, c'est le salaire »….
Et, elle est condamnée pour non paiement de ses assistants parlementaires ?
Bizarre ?
Je croyais Ségolène de gauche ?
(Ce qui n'implque pas que tous les parlementaires d'un autre bord auraient raison d'agir de la sorte)
à Humain
De Philippe17000
France | 21H25 | 17/05/2008 |
Merci de ce rappel ! ! !
Edifiant, is'n it
De Madame_S
21H57 | 17/05/2008 |
L'explication réside peut-être dans ce que le questeur UMP dit lui-même de la fonction (cf vidéo) : les collaborateurs « dont certains deviendront élus » : c'est une vieille pratique dans les domaines où règnent des relations de domination très fortes, comme dans certains cas de « bizutage » : ne vous plaignez pas, on peut vous demander n'importe quoi car :
1) c'est un honneur que de servir un élu du peuple (même et surtout 17 heures par jour, même pour un salaire misérable)
2)le fonctionnement en réseau fait que tout rebelle à ces règles non écrites de soumission voire d'asservissement sera exclu du groupe (i.e « grillé » dans sa carrière professionnelle)
3)la possibilité de devenir soi-même élu peut consoler la victime qui pourra alors elle-même disposer comme elle l'entend de ses collaborateurs…
Je crois que c'est un vrai problème moral qui se pose et que les parlementaires devraient se pencher très sérieusement sur les pratiques qui discréditent complètement la fonction, de quelque bord politique qu'elle fût.
De CG13
deuxcopainsdabord.musique.com | 22H04 | 17/05/2008 |
Juste une petite remarque en passant…
« Mon » député, qui est cité dans l« article, utilise ses propres attachés parlementaires sans le moindre respect apparemment.
Dans le cadre d'un recours auprès de la commission nationale de déontologie de la sécurité (des gendarmes “anonymes” étaient venus me menacer à mon domicile pour que je ne porte pas plainte pour des faits extrêmement graves survenus dans mon ex-famille, et ils avaient été enregistrés) qui nécessite l'accompagnement d'un député ou d'un sénateur, j'avais l'accord indiscutable de son attaché de circonscription (rencontré) et de son attaché parisien (par téléphone).
Cet élu pourtant n'a pas seulement refusé d'accompagner mon recours, mais ne m'en a pas informé.
Du coup quand, le mois suivant, j'ai souhaité faire un addendum à mon dossier auprès de la CNDG, on m'a pris pour un malade mental…
Inutile de préciser que la demande d'explications qui a suivi n'a jamais eu de réponse…
De yabounet
parasite malgré lui | 23H03 | 17/05/2008 |
Et la piqure gratuite contre la grippe pour les députés et leurs familles… c'est pas beau tout ces petits privilèges…
Zum kotzen…
De patdu49
chomiste du maine et loire | 09H03 | 18/05/2008 |
REVENUS FOYER FISCAL DE DEPUTE
souvant 1500€ NET par jour d'argent de poche, au bas mot … si on compte bien tout .. :
Revenus députés
envoyé par
patrickdu49
De Julien Maury
J'ai cru voir de la lumière à l'Ass... | 12H57 | 18/05/2008 |
Tout ce qui est dit dans cet article est absolument vrai, pas crédible, mais vrai : le meilleur côtoie le pire. J'ai été 10 ans assistant parlementaire, la loi du silence prime. Même les bons parlementaire s'écrasent sur les agissements déplorables de certains de leurs collègues, parce qu'il faut bien se protéger, surtout lorsque l'on est dans la même alliance, le même courant, à l'approche du congrès du PS par exemple. C'est aussi du fait de ce calendrier que quelques assistants parlent aujourd'hui. C'est génial de trouver à bosser, jeune, pour un parlementaire ambitieux, généreux, qui vous forme, vous pousse, vous associe sur le fond et vous permet de progresser, parfois, idéalement pour ceux qui font rimer assistanat parlementaire et engagement politique (ce n'est pas le cas de tous), jusqu'à l'élection, conseiller général, maire adjoint… Mais pour les autres, ce peut être le calvaire, les menaces et les pressions dans un milieu où tout se sait très rapidement. Il faut un statut de l'élu et un statut de collaborateur d'élu en regard.
à Julien Maury
De layote
13H34 | 18/05/2008 |
Encore une fois , dans un autre pays (démocratique j'entends) ces noms seraient connus et les parlementaires contraints à la démission.Tant qu'on se contentera de parler d'un député de droite ou de gauche connu , ou d'une ville de province sans avoir leurs noms , nous ne pourrons inverser un systéme de caste où tout est permis avec l'argent du contribuable alors qu'en tant que citoyen , nous devrions être en mesure de demander des comptes et je ne parle des avantages délirants en nature qu'ils s'octroient en tant que députés….
La France est décidément mal barrée
à layote
De David Servenay
Rue89 | 16H23 | 18/05/2008 |
Sur le fond, je suis plutôt de votre avis, layote.
Mais nous vivons aussi dans un pays où les lois sur la presse sont très protectrices (heureusement d'ailleurs) pour les individus. Aussi, lorsque vous êtes journaliste et que vous travaillez sur des sujets aussi délicats, il faut avoir des preuves ou des témoins qui acceptent de mettre en cause nommément les intéressés.
En l'occurrence, la plupart des témoins interrogés dans cette enquête travaillent encore au Parlement où, vous l'aurez compris, il est difficile de dénoncer sans s'exposer à de lourdes représailles.
L'essentiel du propos de cet article est de mettre en évidence le fait que des députés (pas tous, mais ils sont plus nombreux qu'on ne le pense) ne respectent pas le droit du travail, individuellement et/ou collectivement.
Mais ne vous inquiétez pas, nous avons l'intention de revenir sur certains points évoqués ici.
De lamiel
14H57 | 18/05/2008 |
On a reproché à la presse (je vois qui est « On) de passer sous silence l'affaire Royal mais je n'ai vu nulle part rappeler l'Affaire Poncelet qui avait licencié sa collaboratrice parce qu'il la trouvait trop vieille (de sa part ! ), et payée par la Poste depuis 30 ans pour embaucher une jeunesse…
De tontonfriteur
artisan sandwicherie à Lieusaint 77 | 16H23 | 18/05/2008 |
M'enfin on s'étonne de quoi ? L'élu de la démocratie française se précipite immédiatement dans l'avantage et les privilèges de sa situation nouvelle.Pourquoi s'obligerait-il à respecter le code du travail lorsqu'il ne respecte pas celui de la route. Entre chers confrères de droite et de gauche il n'y a rien de plus important qu'une fois élu,que la course aux acquis indus à tous ces privilèges grands ou petits, mérités ou non,aux ficelles et autres combines pour s'accomoder des lois. Force est de constater que malgré une révolution, les travers pervers de l'hommos politicus persistent sur le dos de la plèbe.
De CG13
deuxcopainsdabord.musique.com | 21H08 | 18/05/2008 |
Politiques… Politiques ? Drôles d'oiseaux !
Tel Prévert, j'en arracherai une plume pour vous parler des gens de ma génération, tel monsieur Darcos qui, ministre de l'EN, semble penser que l'excellence dans les lettres classiques pourrait dispenser Simpson-homériquement de la règle de « Troie » ! (on a fait des guerres pour moins que ça, je l'ai maîtrisée l'année où Mimoun a été champion olympique et il ferait mieux de répondre aux courriers parlementaires ou personnels recommandés…)
[mode « modestie » désenclenché] De deux ans plus jeune que lui, j'ai fait des études « solides » : prix d'excellence et félicitations de la sixième à mathélem en passant par A », présentation au concours général dans cinq matières différentes, entrée en hypokhâgne ou en hypotaupe au choix, taupe ensuite, je pense avoir une certaine légitimité à m'exprimer sur ce sujet… (coucou aux copains de T… qui m'ont reconnu ; -(( … ) [mode « re-modestie » enclenché]
J'ai donc eu pour pairs ceux qui représentaient « l'élite de la nation », la suite ayant pour la plupart confirmé la promesse des fleurs : directeur de grande école, professeurs de l'Université, médecins spécialistes, parfois professeurs, directeur de recherches (oops, secret défense), directeurs des services techniques des plus grands services publics (à l'époque, les « cancres » faisaient du droit : ils sont docteurs ET agrégés)…
Parmi eux pourtant (trop de valeurs morales sans doute…), aucun n'a souhaité s'engager dans la politique, ni même la haute administration.
Il y a certes des énarques parmi eux : ils nous avaient abandonné en seconde, ne pouvant suivre…
Sans vouloir reprendre l'idée d'un « gouvernement de savants » ou de « sages », il faudrait peut-être s'interroger un jour sur la valeur intellectuelle intrinsèque de nos gouvernants (aux Etats-Unis, au moins, on sait qu'on élit un staff de conseillers, pas vraiment un président).
S'ils pouvaient et savaient penser, on s'en serait peut-être rendu compte plus tôt, ici ou ailleurs…
D'où leur attachement à des attachés qui pensent, à leur place… leurs plaies !
S'ils ont un jour été « premiers », c'était sans doute ainsi :
Il était si con, le premier de la classe
Que tout le monde voulait être le dernier
Ça fait qu'il y avait un premier de classe
Et tout de suite après quarante-trois derniers.
Chacun déployait son intelligence
Pour être noté au dessous de zéro
Pour ne pas choper le prix d'excellence
Qui récompenserait ce triste charlot
Il était si con, le premier de la classe
Qu » c'était pas de sa faute s'il était le premier
Toutes les conneries enseignées en classe
Il les avalait comme une tasse de thé
Avant que le maître ne nous questionne
Il levait la main en disant « M'sieur ! M'sieur ! »
A chaque fois la réponse était bonne
Je m'disais : « C'mec là, c'est peut-être Dieu ! »
Il était si con, le premier de la classe
Qu'effectivement c'était peut-être Dieu
Raison de plus pour ne pas suivre la trace
Du jeune phénomène adoré des dieux
Il nous faisait peur avec sa mémoire
Qui dans les écoles passe pour du talent
La tête engorgée par les dates d'histoire
Je l'ai revu plus tard au « Jeu des mille francs »
Il était si con, le premier de la classe
Qu'on faisait tous preuve d'imagination
Pour le distancer, pour qu'il nous dépasse
On a déployé des tonnes d'inventions
Henri IV est mort au cours d'une partouze
C'est à Waterloo qu » Jeanne d'Arc fut pendue
Six fois huit vingt-quatre, et je retiens douze
La Loire prend sa source dans le trou de mon cul !
Il était si con, le premier de la classe
Qu'il était le seul à ne pas se marrer
Même l'instituteur faisait des grimaces
Pour se retenir de nous imiter
Brave instituteur, il se rendit compte
Que la joie de vivre était un grand art
Un jour, il l'a dit sans en avoir honte
Il fut renvoyé avant nous, veinard !
Il était si con, le premier de la classe
Que tout le monde voulait être le dernier
Ça fait qu'il y avait un premier de classe
Et tout de suite après quarante-trois derniers.
Je vois, messieurs-dames, vos yeux qui s'affolent
Voulez-vous savoir ce qu'il en advint ?
Un beau jour on vit sortir de l'école
Quarante-trois artistes et Giscard d'Estaing !
(avec un grand merci à Philippe Val et Patrick Font)
De Talou
22H00 | 18/05/2008 |
Hé-ben-dis-donc ! ! ! ; je croyais ces pratiques d'un autre temps ! !
Mais non ; C'est la « France décomplexée » ? ?
J'en apprends tous les jours décidément depuis un an…
Je pense que divulguer ce genre d'information est bon ; il faut que s'arrête l'état d'anesthésie, d'atonie actuelle, que plus de gens soient sensibilisés, afin d'arriver à ce qu'ils s'intéressent et réagissent plus à tout ce que l'on nous fait gober actuellement…
De Deepoo
(cadre) | 22H40 | 18/05/2008 |
Suggestion : créer une liste blanche en corroborant les avis des assistant(e)s. Par défaut, on reconnaitra les bras cassés.
De la même façon que l'on devrait publier une liste de tous les élus qui n'ont jamais été condamnés par la justice.
Pour répondre à ceux qui doutent : la loi du silence et la confusion entre élus honnêtes et malhonnêtes contribue au raccourci « tous pourris ». Il est donc vital pour la démocratie de trier le bon grain de l'ivraie.
De JULIA34
05H58 | 19/05/2008 |
On veut des noms !
De steed1
prosateur à mi-temps | 08H28 | 19/05/2008 |
très bon article, mais encore une fois, je trouve dommage qu'il ne soit pas plus étoffé, qu'il n'y ai pas encore sur rue 89 un espace pour des gros dossiers.
dommage qu'on ne parle pas plus des députés honnètes avec leurs collaborateurs/trices, même si leurs silences les rends complices, mais c'est toujours intéressant de savoir par quel genre d'individu on est représenté.
Mai 2008 ne sera pas une réplique de 68, c'est foutu d'avance, mais à force de trop vouloir bouffer du gateau, ces gens là paieront un jours. Nous avons une classe politique et représentative malade, il ne tient qu'à nous de leur administrer le vaccin. une bonne paire de gifles pourrait suffir, mais pour plus de sureté, il leur faudrait également un bon coup de pied au cul et un retour à la vie normale.
De patdu49
chomiste du maine et loire | 09H49 | 19/05/2008 |
ce qu'on pourrait peut etre, savoir, c'est les noms de ceux qui bossent avec des collaborateurs qui sont de la famille, ou des proches, voir même qui ont carrement des emplois plus ou moins fictifs.
car si comme c'est dit la pratique courante est : « »« De septembre à juin, ils utilisent deux ou trois stagiaires, puis ils embauchent leurs proches, de juillet à septembre, en raflant l'essentiel des indemnités, avant de repartir pour un tour avec de nouveaux stagiaires. » » »
certains prennent, donc, des stagiaires etudiants non payés ou payés 30% du smic maxi (si + que 3 mois) et les font bosser à gogo.
il reste largement sur l'enveloppe de + de 8000€ par mois, de quoi bien arranger son entourage, lorqu'on à aucune moralité.
De Gouthe dô
para legal Défense | 10H57 | 19/05/2008 |
bravo pour cet article
pourquoi le public échapperait au cauchemar du privé ?
les employeurs quels qu'ils soient sont toujours les mêmes
il faut plus d'articles concrets sur ces tortures pour que les langues se délient, pour que les victimes prennent conscience qu'elles ne sont pas toutes seules et qu'il faut parler…
merci
De Schrödinger
quark | 14H31 | 19/05/2008 |
… en ne faisant pas le leur
De pierrepaul
consultant | 16H24 | 19/05/2008 |
Hélas, cette situation n'est pas nouvelle . En 1983-84, des assistants alors regroupés dans un syndicat CFDT avaient organisé un sit-in salle des 4 colonnes pour attirer l'attention sur le précarité, le statut particulier des assistants …. Cette action avait permis qu'un questeur les écoute, éberlué qu'il était par ce début d'incendie social dans le Palais Bourbon ! Mais ce fut plutôt un dialogue de sourds entre membres du PS..
Depuis, fondamentalement les choses n'ont évolué qu'à la marge . La donnée de base est la relation « exclusive » entre l'assistant et le parlementaire/ employeur, ouvrant la voie à toutes ces dérives : rupture de confiance, désaccord politique etc.. De plus les situations comme le décès du parlementaire, sa nomination ministérielle ou une dissolution mettent fin brutalement aux contrats et cet aspect mériterait que des garanties soient mises au point ( reclassement, formation..) . Mais ce job reste recherché des jeunes diplômés.. il permet assez souvent de poursuivre des carrières diversifiées : presse, cabinets politiques, professions juridiques, consulting..
Enfin et encore hélas, une certaine loi du silence règne sur ces sujets dans les assemblées, de petits mondes, ou chacun se connait et où il faut pouvoir se reclasser (bien des assistants changent d'employeurs plusieurs fois en quelques années).
De kavulours
elcairagiste paris | 17H25 | 19/05/2008 |
Me voila rassurer , je me demandais sans trop y croire si nous etions les seuls pauvres employes du prive
a etre ainsi volé par des patrons qui se foutent du code du travail,
comme de leur premiere rolex .
Je me demandais comment autant de gens pouvait ainsi violer les lois
sans craindre la sanction ?
jai ma reponse :
ceux la meme qui les ont voter sassoient dessus
les plus malins dentre vous vont se rejouir en pensant
que puisque nos elus ne respectent pas plus le code de la route que celui du travail .
nous allons aussi pouvoir debouler a 160 en chassant le blaireau a coup de gyrophare .
mais la le bat blesse ;
tolerance zero ,
la sanction et lourde et tellement systematique
que vous etes coupable faute de faire la preuve de votre innocence
un marxiste y verrai une evidente solidarite de classe entre les patrons et les elus ,
et la preuve de l injustice faite aux plus nombreux
mais en ces temps de capitalisme triomphant ;
je vais plutot proposer un stage de chauffeur a un sans papier
De AbdulAziz
PEINARDE | 15H15 | 20/05/2008 |
Vite ,vite mes cheres amies et amis : Nous demandons un classement des comportements .Toutes tendances confondues.Pourquoi anonyme ? Ils sont elus par nous,c'est face a nous qu'ils doivent se justifier.Nous sommes les viguiers de notre nation.
Allez, etablissez nous : un chouette tableau avec autant de lignes qu'il y a de deputes.
VOX POPULI.VOX DEI. Et la aussi c'est applicable.
Soyez prudent,toujours pres a fournir des preuves irrefutables pour etayer les appreciations.
Je m'en leche les babines a l'avance !
De brazz
18H56 | 20/05/2008 |
Bel exemple de langue de bois et d'incohérence dans cette vidéo : ce qui est dit c'est d'abord qu'ils ont été vexés (les pauvres) mais qu'ils ont tout de même reçu la délégation… Ensuite, il est reconnu que l'ensemble de la gestion matérielle afférente aux salaires est bien de leur ressort, OK, on a donc bien une vue centralisée et exaustive des situations. Maintenant au sujet des 2 arguments :
*C'est un métier spécial vous savez, il ya des jours où on travaille énormément, sans horaires fixes, et d'autres beaucoup plus calmes (et où je pense que les intéressés en profitent pour se mettre à jour, etc)…, ah oui ? et les marins pêcheurs ? ils savent exactement à quelle heure et même quel jour ils vont rentrer (ni s'ils vont rentrer d'ailleurs) ? Ils savent combien de poisson va être pris, et donc leur part ? Et pourtant il y a bien un droit du travail pour eux !
*Les attachés sont recrutés directement par les parlementaires, et payés par eux ; ah oui ? et ailleurs, cela n'existe pas ailleur, par exemple pour la gestion des emplois aidés par les associations, les organismes qui gèrent et éditent les fiches de paie en laissant le soin de payer ces salaires aux employeurs ? et cela n'empêche pas que ceux ci recrutent et respectent (au moins en théorie) le code du travail et les conventions !
Pour cette situation, il suffit d'édicter un cadre, une convention collective si l'on veut, tenant compte des spécificités de ce métier, en particulier en prévoyant un mécanisme de recours en cas de non respect, ainsi qu'un dispositif obligeant les intéressés à respecter ce cadre y compris financièrement -c'est spécial, vous savez ? - Enfin des dispositions concernant l'évolution de carrière, la formation, etc…
Mais c'est aussi impossible à faire, j'imagine, que de modifier le régime spécial de ces mêmes élus, car… c'est spécial vous savez !