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La victoire de Saint-Pétersbourg ou le printemps du football russe

Un supporter du Zenith Saint-Pétersbourg à Moscou après la victoire de son club (Sergei Karpukhin/Reuters).

La victoire du Zénith Saint-Pétersbourg en finale de la Coupe UEFA contre les Glasgow Rangers (2-0) ce mercredi est tout sauf un hasard. Depuis plusieurs années, le football russe gagne en qualité grâce à quelques généreux mécènes. Qui injectent des dizaines de millions de dollars dans le budget des clubs, ce qui leur permet d’attirer de très bons joueurs.

Parmi ces investisseurs, certains comme Roman Abramovitch au FC Chelsea (Angleterre) investissent dans les grands clubs européens. D’autres, moins médiatiques, choisissent de rester au pays. CSKA Moscou, Spartak, Dinamo, Lokomotiv, Zénith Saint-Pétersbourg : les principaux clubs russes sont adossés depuis quelques années à des puissances financières importantes.

Le Zénith, 100 millions d’euros de budget, davantage que l'OM en France

Depuis l’arrivée aux commandes du géant russe de l'énergie Gazprom en décembre 2005, le Zénith Saint-Pétersbourg a pris une nouvelle dimension. Disposant d’un budget annuel évalué à 100 millions d’euros - supérieur à celui de l'OM en France par exemple - le club achète des joueurs étrangers de qualité, ce qui lui a permis de remporter pour la première fois le championnat national l’an dernier.

Au soir du titre, les dirigeants affirmaient dorénavant viser la scène européenne. Pari tenu. Le football russe revient pourtant de loin. Jusqu'à l'éclatement de l’Union soviétique en 1991, le foot était un sport d'Etat : l’argent et les infrastructures étaient contrôlés par lui ou les entreprises qu’il dirigeait.

Les résultats étaient bons. Mais quand le régime s’est écroulé, et que Boris Eltsine a ouvert l’économie, le football russe, sans contrôle et sans moyens financiers, « s’est appauvri considérablement. Les mafias faisaient un peu ce qu’elles voulaient », raconte l’économiste Wladimir Andreff, qui a étudié le système sportif russe. Ce dernier distingue deux périodes d’investissements :

« Dans la deuxième partie des années 90, des investisseurs se sont enrichis très vite grâce à l’économie de marché. Ils ont injecté massivement de l’argent dans le football. A la fois pour blanchir ou dépenser des capitaux pas toujours très propres, et puis pour acquérir une notoriété.

“La deuxième vague d’investissements se produit depuis quatre ou cinq ans, mais ils résultent cette fois du développement économique du pays, et les financeurs respectent en majorité la loi.”

La manne provient essentiellement des ressources énergétiques (gaz, pétrole), et permet de voir grand. L’acquisition par le Dinamo Moscou du milieu portuguais Maniche pour 16 millions d'ueors avait fait l’effet d’une bombe dans le milieu du foot en 2005.

Convoité par plusieurs grands clubs européens après une très belle saison, l’international portugais avait pourtant choisi l’air vivifiant de la Russie. Et ses pétrodollars.

Rebelote il y a un an : le Zénith a déboursé la même somme pour s’attacher les services du milieu Ukrainien Tymoschuk. Lequel bénéficierait d’un salaire de 2,5 millions d’euros par an, digne d’un grand club européen.

Les nouveaux riches russes s'offrent des danseuses

Qu’est-ce qui motive aujourd’hui les investisseurs à dépenser leur l’argent dans le football russe ? Assiste-t-on à un vaste système de blanchiment d’argent ? C’est beaucoup plus simple que ça, selon Wladimir Andreff, qui rattache les sommes investies “à l’évolution de la société et l’émergence de nouvelles fortunes, légales, qui dépensent leur argent dans le sport”.

Sans rejeter l’existence de comportements illégaux, l’argent dépensé serait donc d’après lui le fait de nouveaux riches :

Après le CSKA Moscou en 2005, le Zénith pointe donc son né parmi les clubs européens qui comptent. Mais leurs propriétaires visent plus haut : la Ligue des champions. Certes, les clubs russes peinent encore à s’affirmer dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Et leur championnat n’attire pas encore les grandes stars du football mondial.

Mais si l’argent continue de couler à flots dans le football russe, le Real de Madrid, la Juventus, Manchester United et les autres grands d'Europe ont des soucis à se faire. Reste, heureusement, la “glorieuse incertitude du sport” : vainqueur mercredi soir en Europe, le Zénith pointe à la 14e place du championnat russe.


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Par peredespeuples
12H55    15/05/2008

Il est d’ailleurs drôle de constater que les commentateurs du football français n’ont pas encore intégré ce renversement de rapport de forces. Pour eux, un joueur « soviétique » (c’est du thierry roland dans le texte) est une main d’oeuvre bon marché qui ne rêve que d’aller en occident, et ils sont complètement déboussolés de constater qu’au contraire des joueurs convoîtés du championnat de france (Pape Diakhite, Ismael Bangoura) ou d’italie (Lucarelli) émmigrent en… Ukraine qui connaît le même essor avec le Dinamo et le Shaktiar.

 
Par Berlineur
16H28    15/05/2008

Ce qui est marrant quand il y a des articles sur le foot dans des sites non spécialisés (très bon article, au passage !) il y a toujours les gens qui n’y connaissent strictement rien et qui viennent commenter à tout va.

Si vous aviez regardé d’autres matches que la finale, vous auriez vu le match contre l’OM. Vous auriez ainsi vu dans les tribunes des mecs déguisés en membres du Ku Klux Klan. Vous auriez peut-être vu une peluche de singe portant un maillot de l’OM et se balançant au bout d’une branche… Vous auriez peut-être entendu les cris de singes quand les joueurs noirs de l’OM avaient le ballon. Ou après le match, vous auriez entendu la réaction de Zubar, joueur noir du club marseillais expliquant qu’il avait reçu une banane pendant qu’il s’echauffait au bord du terrain.
Si vous vous interessiez vraiment au sujet, vous auriez lu cet interview de l’entraineur du Zenit qui déclare ne pas pouvoir acheter de joueur noir parce que les supporters n’en veulent pas.

Vous sauriez que si l’Uefa s’est saisi de l’affaire de racisme face à l’OM uniquement pour la forme, elle repousse sa décision à chaque réunion tout simplement parce que derrière les belles promesses contre le racisme dans les stades, cette instance est tout simplement incapable, son président en tête, Michel Platini, de prendre des décisions…

Mais vous préférez commenter les paroles de Thierry Roland. Je ne sais pas ce qu’il a dit, n’ayant pas regardé le match sur la 6. Mais ça m’etonnerait que lui ait poussé des cris de singe quand Darcheville l’attaquant noir des Rangers avait le ballon, ou expliqué pourquoi il ne fallait pas acheter de joueurs de couleur !

 
Par Camelback
20H59    15/05/2008

Enfin un média qui s’interesse au phénomène des clubs russes et des « nouveaux riches  » !
Cependant attention aux imprécisions : c’est le CSKA Moscou qui a remporté la coupe de l’UEFA en 2005, et c’est sans doute ce club dont vous voulez parler dans votre conclusion.
Ensuite, les investisseurs russes à l’étranger et en russie ne sont pas forcément des personnes différentes. Abramovitch par exemple, a beaucoup investi aussi beaucoup dans le CSKA Moscou en plus de Chelsea.

Enfin il ne faut pas négliger l’aspect sportif : tout club russe qui est encore en course en coupe d’europe en mars est quasiment sure de la gagner, et cela vient du décalage des saisons. En effet, la saison en russie commence en mars et s’achève en octobre, pour des raisons évidentes de météo. Il est de même facile à comprendre que la condition physique des joueurs est quasiment opposée entre les clubs russes et les autres clubs d’europe selon les moments de l’année. Voilà entre autres pourquoi le Zénith, alors qu’il était en préparation, a perdu 3-1 à l’OM et était presque éliminé, et pourquoi cette même équipe avec les mêmes joueurs explose un Bayern fatigué par une longue saison un mois plus tard, quand les russes sont « frais ».
On a par la même l’explication du fait que les clubs russes ne réussissent « qu’en  » c3, puisque la ligue des champions passe par une phase de poule, disputée pendant l’hiver, c’est à dire à l’intersaison chez eux !

Enfin pour ce qui est du racisme, commencons par balayer devant notre porte. Le Zenith est un club populaire, dont les fans sont essentiellement ici des milieux ouvriers, voir encore plus défavorisés. Il est malheuresement « logique » de trouver parmi ses fans une frange raciste, comme il en existe en Italie, en France, et dans presque tous les pays européens, ce qui est profondèment regrettable.
Mais l’argument de Vagner Love, vedette brésilienne du CSKA Moscou, comme tenant du « non racisme  » en russie ne tient pas. Le CSKA Moscou n’est pas un club très populaire en russie, c’est au contraire le club des « privilégiés » sous le communisme, puisque ce club est issu du club de l’armée rouge. Nous sommes donc en présence d’une assistance différente, comme par exemple entre les deux clubs de Manchester.