» 68, c'était formidable… Ca a commencé par une transformation formidable de la société française. La preuve, c'est qu'un homme deux fois divorcé est Président de la République ! » (Daniel Cohn-Bendit, 16 avril 2008)
Un symptôme plus qu'une cause
C'est ce point de vue que je conteste. Toutes ces transformations culturelles qui viennent d'être évoqués, et dont il ne s'agit pas de nier l'importance, ne sont pas le résultat de Mai 68.
Elles sont le produit d'un long processus de changement social au sein des sociétés occidentales, ayant lui-même précédé le mouvement de Mai, et s'étant poursuivi par la suite. Mai 68 a été le symptôme, plus que la cause, de la libéralisation culturelle des sociétés occidentales.
L'avortement fut légalisé en Grande-Bretagne en 1967, avant que la vague révolutionnaire vienne secouer la jeunesse occidentale l'année suivante. Au Canada, le mouvement de contestation de 1968 fut beaucoup moins ressenti qu'en France ; cela n'empêcha pas ce pays de légaliser l'avortement avant la France, en 1969. Quand aux Etats-Unis, ils franchissaient le pas en 1973. En somme, en légalisant pour sa part en… 1974, la France a suivi plus qu'elle n'a montré la voie.
Concernant la peine de mort, le constat est encore plus clair. Alors que la dernière mise à mort légale avait lieu en Grande-Bretagne en 1965, ce n'est qu'en 1977 que la France appliqua la peine capitale pour la dernière fois en exécutant Hamida Djandoubi.
Presque dix ans après 1968, la France était ainsi le dernier pays au sein de la Communauté économique européenne « ancêtre de l'Union européenne) à appliquer la peine de mort ! Là encore, donc, la France n'a fait que suivre la voie.
Au mieux un catalyseur, au pire un épiphénomène
Un examen attentif des questions du divorce, de la hiérarchie des rapports sociaux aux seins des organisations publiques et privés, ou de la liberté de ton des médias, mènent à des conclusions similaires.
Quand ces transformations eurent lieux en France entre les années 1960 et les années 1980, elles furent le produit de dynamiques de diffusion culturelle ayant été déclenchées, d'une part, avant 1968, et d'autre part, en dehors de France. Dans sa dimension culturelle, Mai 68 fut au mieux un catalyseur, au pire un épiphénomène.
Venons-en maintenant à l'affirmation de Daniel Cohn-Bendit : la » preuve » que Mai 68 a transformé la société française est qu » » un homme deux fois divorcé est président de la République » . Daniel Cohn-Bendit connaît visiblement mal son histoire.
Clemenceau, une des figures majeures de l'histoire républicaine, avait épousé une Américaine dans sa jeunesse avant d'en divorcer. Quant à Félix Faure, président sous la IIIe République, il mourut de manière cocasse le 16 février 1898 dans les bras de sa maîtresse au palais de l'Elysée.
En somme, les anciens du mouvement de Mai prétendent aujourd'hui, à tort, être les auteurs de transformations sociales et culturelles qui ne sont pas de leur fait.
Personne, toutefois, ne semble contester leur version de l'histoire récente française : ni la gauche, trop heureuse de pouvoir justifier à bon compte son attachement à l » » esprit de Mai » ; ni la droite, qui, depuis le discours de Bercy de Nicolas Sarkozy ( » liquider l'héritage de 68 » ) se sert de Mai 68 comme d'un épouvantail pour rallier les sections conservatrices de son électorat. Ne restent que quelques déclarations emplies de vantardise des » anciens » , et l'illusion d'un impact culturel qui n'a jamais existé.





















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De Le Yéti
yetiblog.org | 16H04 | 15/05/2008 |
Que d'efforts désespérés pour discréditer un mouvement ! Bien sûr que ce ne sont pas les quelques jours de manifs de mai qui ont tout bousculé. Bien sûr que ces « évènements » ne sont pas sortis tout droit d'un chapeau mais qu'ils ont juste été le point d'orgue, l'explosion d'un long murissement de plusieurs années (que j'ai eu plaisir à vivre). Ils ne se sont d'ailleurs même pas arrêtés aux quelques jours rutilants de mai 68, ni au vent contraire des élections législatives du juin qui suivait. Ils se sont poursuivis de manière sporadique tout au long des années 70. Il suffit pour s'en convaincre de lire l'excellent journal de Jean-Patrick Manchette tout récemment paru (Journal 1966-1974, éd. Gallimard).
Alors, cher « étudiant-chercheur à Oxford », calmez vos ardeurs analytiques qui n'ont aucun sens réel et enfoncent des portes ouvertes pour déboucher sur des conclusions hasardeuses. Si je peux me permettre un tout petit conseil de vieux soixante-huitard encore culturellement atteint profond par tous ces évènements : JOUISSEZ TOUT DE SUITE SANS ENTRAVE (et surtout loin de vos labos universitaires confinés) !
à Le Yéti
De Le Yéti
yetiblog.org | 16H35 | 15/05/2008 |
BIS REPETITA
(Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je n'ai pas l'intention de me laisser claquer le bec par des petits ronds rouges ! Surtout quand je constate qu'il y en a eu 8 négatfs en moins de cinq minutes, ce qui, comme je l'ai déjà fait constater, sent le coup monté. Vous avez voulu me faire taire une fois, vous m'aurez deux ! Trois s'il le faut.)
Que d'efforts désespérés pour discréditer un mouvement ! Bien sûr que ce ne sont pas les quelques jours de manifs de mai qui ont tout bousculé. Bien sûr que ces « évènements » ne sont pas sortis tout droit d'un chapeau mais qu'ils ont juste été le point d'orgue, l'explosion d'un long murissement de plusieurs années (que j'ai eu plaisir à vivre). Ils ne se sont d'ailleurs même pas arrêtés aux quelques jours rutilants de mai 68, ni au vent contraire des élections législatives du juin qui suivait. Ils se sont poursuivis de manière sporadique tout au long des années 70. Il suffit pour s'en convaincre de lire l'excellent journal de Jean-Patrick Manchette tout récemment paru (Journal 1966-1974, éd. Gallimard).
Alors, cher « étudiant-chercheur à Oxford », calmez vos ardeurs analytiques qui n'ont aucun sens réel et enfoncent des portes ouvertes pour déboucher sur des conclusions hasardeuses. Si je peux me permettre un tout petit conseil de vieux soixante-huitard encore culturellement atteint profond par tous ces évènements : JOUISSEZ TOUT DE SUITE SANS ENTRAVE (et surtout loin de vos labos universitaires confinés) !
à Le Yéti
De Le Yéti
yetiblog.org | 16H56 | 15/05/2008 |
TER REPETITA
Que d'efforts désespérés pour discréditer un mouvement ! Bien sûr que ce ne sont pas les quelques jours de manifs de mai qui ont tout bousculé. Bien sûr que ces « évènements » ne sont pas sortis tout droit d'un chapeau mais qu'ils ont juste été le point d'orgue, l'explosion d'un long murissement de plusieurs années (que j'ai eu plaisir à vivre). Ils ne se sont d'ailleurs même pas arrêtés aux quelques jours rutilants de mai 68, ni au vent contraire des élections législatives du juin qui suivait. Ils se sont poursuivis de manière sporadique tout au long des années 70. Il suffit pour s'en convaincre de lire l'excellent journal de Jean-Patrick Manchette tout récemment paru (Journal 1966-1974, éd. Gallimard).
Alors, cher « étudiant-chercheur à Oxford », calmez vos ardeurs analytiques qui n'ont aucun sens réel et enfoncent des portes ouvertes pour déboucher sur des conclusions hasardeuses. Si je peux me permettre un tout petit conseil de vieux soixante-huitard encore culturellement atteint profond par tous ces évènements : JOUISSEZ TOUT DE SUITE SANS ENTRAVE (et surtout loin de vos labos universitaires confinés) !
à Le Yéti
De Le Yéti
yetiblog.org | 17H28 | 15/05/2008 |
Oh purée, tout réouvert ! Merci de tout cœur à ces nigauds de sabreurs pour l'écho qu'ils donnent, bien involontairement, à mes pauvres propos. Voulaient de la polémique, z'en ont eu de la chaude-bouillante ! [Rires aux éclats.]
à Le Yéti
De marie 75
20H20 | 15/05/2008 |
Et les accords de grenelle ? Et l'augmentation des salaires ?
Oxford … prenez le temps de ramer ! ! ! !
à marie 75
De FanFan2722
reactionashow.blogspot.com | 00H10 | 16/05/2008 |
mai 68 a tellement revolutionné son époque que en juin 68 les français élisez un parlement de droite…….
mai 68 a eu un impact (salvateur)dans de nombreux secteur de la societé : OUI
mais qu'on arrete de nous rabacher les oreilles sur la revolution rouge de 68 puisqu'elle n'a pas eu lieu.
Le pauvre étudiant que je suis se desole de voir tout ces reformistes aux cheveux grisonnants fanfaronné devant les cameras qu'ils ont boulversé le monde, ils ont participé a son changement.
Impatient et militant je l'attend la revolution qui mettra fin a la parodie de democratie representative, qui jugera la santé et l'éducation comme prioritaire, qui demilitarisera le pays, qui instituera une justice sans complaisance pour ces messieurs en costumes, qui assassinera le conglomerat bourgeois qui a la main mise sur la presse.
la jeunesse est insolente (comme ils disent) mais je ne reconnait aucun mérite aux soixante huitards qui se sont rangé du coté de la société de consomation avec de pauvres ambitions reformistes. Je me joins aux autres pour continuer la lutte
à FanFan2722
De solstice
pigiste | 14H37 | 16/05/2008 |
Trop jeune pour défiler en 68, je pense effectivement que cette pseudo-révolution a accouché d'une souris : la gauche caviar.
Les progrès, bien réels, de la société dans les années 70 sont hérités d'une économie en pleine croissance (on allait chercher des charters d'arabes pour faire tourner nos usines). C'est la croissance qui engendre le progrès, pas la crise… Si Cohn-Bendit est le dernier héritier de mai 68, qui s'en souviendra dans 20 ans ?
Nous sommes en crise, la faute aux rebeus (les charters, c'est dans l'autre sens…) et fêter les 40 ans de mai 68 n'a de sens que pour des néo-révolutionnaires en pantoufles. Ce passéïsme vaut bien celui des « petits blancs » d'Afrique…
Au programme du bac, cette année, vous pariez sur quoi ? L'évocation de mai 68 ou le devoir de mémoire autour du dernier poilu ? Il n'y a pas photo…
à marie 75
De solstice
pigiste | 14H40 | 16/05/2008 |
Franchement, l'héritage de Grenelle, c'est devenu un nom commun pour définir une gesticulation pluri-disciplinaire qui ne sert qu'à faire croire que l'on écoute les autres avant de décider arbitrairement ce qu'on voulait faire passer. Quel bel héritage !
à solstice
De Le Yéti
yetiblog.org | 20H54 | 16/05/2008 |
MAIS QUI C'EST CE(TTE) ZOZO ? ? ?
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 16H23 | 15/05/2008 |
Faudrait peut-être changer d'université.
Si à Oxford ils vous enseignent de telles âneries, je vous conseille d'aller voir ailleurs et aussi de fréquenter un peu le Yéti, pas celui qui est au Tibet mais celui qui se promène dans la Rue 89.
Et qui semble en passe de se faire fermer à mon grand regret.
à Servais-Jean
De Le Yéti
yetiblog.org | 17H07 | 15/05/2008 |
BIS REPETITA pour le Jean-Servais, parce qu'il est sympa avec moi (et pour enquiquiner les sabreurs). Son commentaire :
Faudrait peut-être changer d'université.
Si à Oxford ils vous enseignent de telles âneries, je vous conseille d'aller voir ailleurs et aussi de fréquenter un peu le Yéti, pas celui qui est au Tibet mais celui qui se promène dans la Rue 89.
Et qui semble en passe de se faire fermer à mon grand regret.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H35 | 15/05/2008 |
Je suis assez d » accord avec vous . De l » Esprit de Mai , il ne reste pour moi pratiquement que deux choses :
-Le fait que ca fait encore chier la droite reactionnaire 40 ans apres . et encore un peu peur ( mais de moins en moins)
-Certains ecrits situationnistes
Pour le reste , effectivement ( liberation des moeurs , progres social ), tout cela s'est produit dans les pays comparables , avec plus ou moins de luttes et de bordel ..
Il faut considerer l'ensemble , plus que Mai 68 en France ..
Quant a ce que je pense du vieux Cohn , je prefere rester poli ..
Mais je le felicite quand meme pour sa demonstration impeccable et irrefutable du slogan de 68 : « Ne faites jamais confiance a quelqu » un de plus de 30 ans ! »
à Numerosix
De solstice
pigiste | 14H42 | 16/05/2008 |
Il ne restera du « vieux Cohn » que ce qui mérite de passer à la postérité :
« tu déconnes… Bendit ! »
à solstice
De solstice
pigiste | 17H51 | 16/05/2008 |
Tiens, me voilà aussi abondamment « nazée »… Comme quoi ce n'est pas à sens unique ! Défoulez-vous, bonnes gens…
Quelque part, c'est rassurant, non ?
à solstice
De Le Yéti
yetiblog.org | 20H56 | 16/05/2008 |
ENCORE LUI (ELLE) ! ! ! (NB : je viens de lui mettre un 5 ronds pour que tout le monde continue de bien voir ce qu'il faut parfois nous coltiner.)
De jissé
Ingé retraité | 16H33 | 15/05/2008 |
Bonjour.
Un certain 14 juillet - après 68 - une polytechnicienne, sortie « major », défilait en tête des « X » en grand uniforme sur les « Champs-Elysées ».
Conséquence de mai 68. Avant les « grandes écoles » - que vous n'avez pas l'air d'avoir fréquentées - étaient réservées aux « mecs'.
Allez sur le site de “la tribune de Genève” (un journal d'affreux gauchistes, c'est bien connu) et ils y ont un excellent reportage.
En .pdf.
Qui vaut mille fois ces çouillonades.
Jc
http://static.tdg.ch/mai.pdf
De Le Yéti
yetiblog.org | 17H00 | 15/05/2008 |
23 ronds rouges pour l'article, sur seulement 153 visites et en moins d'une heure trente, pour le maintenir ouvert ! 22 au total pour mes deux copies de commentaires du début, pour les fermer. Fichtre, ça châtaigne sec pour fermer ou réouvrir la gueule du voisin ! Ca sent la manip » à plein nez. C'est tellement crétin un rond rouge (remarquez que par respect et esprit de convivialité, je ne parle QUE des ronds, pas de ceux qui les utilisent 8-) )
à Le Yéti
De jissé
Ingé retraité | 17H02 | 15/05/2008 |
Vouida, Yéti.
Me rappelle comment me suis retrouvé - involontairement( ? ) - dans le noir avec « petite-L » en moins de 40 minutes. (du « speed-dating »).
Trop kongues pour être honnêtes, les anonymes - et synchrones - pastilleurs de « naze'.
Crévindiou, mort aux kongues !
Jissé
à jissé
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 18H09 | 15/05/2008 |
Ben, qu'est-ce que j'apprends, Jissé ? Vous vous êtes retrouvé dans le noir avec la P'tite F. ? Cachottier, va !
Amitiés et à un de ces jours dans la Rue !
à Quinine
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 14H06 | 16/05/2008 |
Retrouve moi donc chez Joschka !
à Le Yéti
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 18H03 | 15/05/2008 |
Oulà !
Je partage la colère du Yeti, et ne vais m'attarder (tellement je m'énerverais), que sur un détail de la prose du jeune et sémillant chercheur !
Le jeune et pétillant fouineur d'écrits, de pensées, et d'analyses d'événements somme toutes assez récents, qu'il n'a pas vécu, semble vouloir donner une leçon d'histoire à Cohn Bendit.
Soit, mais pour faire des thèses, quelques quelles soient, il faut essayer d'être sois même « irréfutable », surtout quand on manie des dates !
Felix Faure, dont il parle d'une manière « cocasse », est décédé, non pas dans les « bras de sa maîtresse », mais plutôt dans les « mains et la bouche », (là j'ai honte) et non pas en 1898, le 16 ce mois de Février, mais en 1899 !
CQFD
De A.V.
tamagotchi89 | 16H48 | 15/05/2008 |
Mai 68 : « sous les pavés, la plage »
Août 2004 : « sur les pavés, Paris-Plage »
Trente-six ans pour entendre le cri de la jeunesse française. Tous à l'eau !
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 16H50 | 15/05/2008 |
Ce que dit Nathan Sperber me paraît globalement juste. Mai 68 paraît très important aux Français, mais n'a que peu de sens vu d'ailleurs. Cependant, considérant le conflit des générations (surtout) et du sempiternel paternalisme qu'il a permis de résoudre en partie, débouchant par la suite sur les réformes citées, son bilan n'est pas négligeable.
Au coeur du problème semble être la propension française à s'endormir sur des lauriers jamais pleinement conquis (un phénomène qui se perpétue aujourd'hui encore : on vient de « découvrir » le retard pris par les universités hexagonales sur leurs homologues étrangères, alors que ce retard était déjà perceptible il y a 40 ans ! ) et à se satisfaire d'une contemplation du passé. La célébration de l'anniversaire de Mai 68 montre que cette contemplation, que ce CONSERVATISME sont en quelque sorte inné(e)s, y compris au sein de la gauche. Pourquoi se remémorer Mai 68 plutôt que le printemps de Prague, par exemple, un événement autrement plus important sur le plan historique ?
Cela n'empêche pas les Français d'exploser de colère à intervalles plus ou moins réguliers et de s'imaginer tout pouvoir bouleverser. C'est ce qu'ils ont fait tout au long du 19ème siècle, la première moitié du 20ème siècle et ses guerres ayant mis un terme peut-être passager à ces pulsations authentiquement ou pseudo « révolutionnaires ».
Parmi les riverains de Rue89, beaucoup ont la nostalgie du temps où tout semblait possible (en 1789, en 1848, en 1871, en 1968), mais comprend-on qu'on ne peut simplement libérer, qu'il faut surtout CONSTRUIRE, et que cela ne peut se faire qu'avec la colaboration de l'Autre, l'oppresseur dont on a précisément desserré l'étreinte ?
Cf. Michel Crozier : La Société bloquée, Le Phénomène bureaucratique. A mon sens, les meilleurs diagnostics qu'on ait formulé en la matière.
à Jaycib
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H43 | 15/05/2008 |
Je tiens à noter 2 choses :
- d'abord, Mai 68 a touché peu ou prou toute la société française ; si tu prends ensuite le conflit de LIP, l'une de ses principales caractéristiques a été d'associer ouvrières et « capitalistes » afin de développer de nouvelles stratégies. On avait alors des gens qui pouvaient se dire à la fois « patrons » et « de gauche » ; sans eux, LIP aurait coulé bien avant.
- ensuite, à propos du niveau des universités françaises, tu te fonde sûrement sur le classement Shanghai pour appuyer tes propos. Or la méthodologie de ce classement a été plus que remise en cause, par des gens aussi différents que l'Ecole des Mines ou que des chercheurs interviewés par Thomas Lacoste :
http://www.lautrecampagne.org/reforme,universite.php
à Network 23
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 18H43 | 15/05/2008 |
En réponse à ton premier point, Network 23, je ne considère pas que l'impact de Mai 68 a été nul en France, je dis simplement que la culture de la négociation (pas au sens du Sarkozy, car tu conviendras avec moi que c'est du bidon, pour ne pas dire de la citerne ou de la cuve de stockage… des aigreurs et des colères) est celle qu'il faut cultiver, que la réforme doit être concertée, qu'on ne fera pas disparaître les patrons d'un revers de main, etc. Le diagnostic avait été posé bien avant Mai 68 par des sociologues ayant l'expérience de ce qui se fait à l'étranger.
En réponse à ton second point, je ne me fonde pas sur le classement dit de Shanghai, mais strictement sur mon expérience estudiantine et professionnelle à l'étranger. Je glisse sur les détails, parce qu'ils ne seraient pas nécessairement pertinents. Mais je te les donnerai personnellement si tu veux les connaître.
à Jaycib
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 19H29 | 15/05/2008 |
Bref tu n'es pas d'accord avec Nathan qui prétend que ce fut un non-événement.
Pour la « culture de négociation », on pourrait en discuter des heures, mais il me semble que la politique implique les conflits et les rapports de force, lesquels prennent des formes variées selon les pays. Je ne suis pas sûr que l'herbe soit meilleure en Allemagne (et la récente grève des cheminots en Allemagne…)
à Network 23
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 20H31 | 15/05/2008 |
Je n'ai en effet pas dit que c'était un non-événement, simplement que c'était un phénomène spécifiquement français ayant peu de sens pour les étrangers, et qui est lié à la nostalgie profonde d'un passé révolutionnaire inabouti ainsi qu'à l'incapacité chronique de camps opposés à parvenir à des compromis acceptables (voir ma référence à Michel Crozier, aux écrits duquel je ne comprenais pas grand chose quand j'étais étudiant, mais qui me paraissent aujourd'hui comme l'évidence même).
Pour le reste, je note qu'après un coup de barre à gauche (plutôt superficiel), la réaction d'après 68 n'a pas été mince. Je ne parle pas de la grande manif revancharde des gaullistes, mais de quelque chose de plus profond. A mon humble avis, la révision déchirante de l'histoire de la révolution de 89 pratiquée par François Furet et Mona Ozouf, anti-robespierriste au possible, a été positive. Augereau a bien confessé : « J'ai piétiné la Vendée ». Mathiez et ses successeurs immédiats, que nous admirions tant, ne nous en avaient rien dit.
Rétrospectivement, je dois reconnaître que sur le fond, je me retrouve, moi toujours marxiste, du moins en matière d'analyse, plutôt en accord avec les Girondins (et notamment Brissot) qu'avec les Montagnards. L'incorruptibilité de Rosbespierre m'est toujours chère, mais pas au prix des têtes de Lavoisier, Condorcet, etc.
En ce qui concerne les rapports de force, je suis évidemment d'accord. Mais en ajoutant aussitôt que si l'expression de la force consiste à passer sur le corps de l'interlocuteur, on n'aboutira à rien. J'ai longtemps cru à la lutte effrénée des classes, mais mon point de vue a changé.
C'est le fruit de l'expérience, sans doute de l'âge (j'ai 67 ans) et de ma constatation qu'ailleurs, nous (je n'étais pas seul, évidemment) pouvions également remporter des victoires.
Par ailleurs, je souffre d'une maladie génétique potentiellement mortelle depuis l'âge de 25 ans. Peut me chaut que mes médecins soient de droite (parfois dure) ou de gauche, pourvu qu'ils fassent bien leur travail… Il n'y a pas de substitut à la compétence et au savoir, d'où qu'ils viennent.
« Un goujat (= valet d'armée) vivant vaut mieux qu'un empereur mort », disait Napoléon.
à Jaycib
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H01 | 16/05/2008 |
Je suis content d'entendre votre point de vue. Concernant la médecine, je n'arrive pas toutefois à comprendre comment on peut croire que les politiques néolibérales ne mettent pas en péril la santé publique (et c'est aussi d'expérience personnelle que je parle, pas seulement d'un point de vue « froidement » objectif).
à Network 23
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 18H44 | 15/05/2008 |
En réponse à ton premier point, Network 23, je ne considère pas que l'impact de Mai 68 a été nul en France, je dis simplement que la culture de la négociation (pas au sens du Sarkozy, car tu conviendras avec moi que c'est du bidon, pour ne pas dire de la citerne ou de la cuve de stockage… des aigreurs et des colères) est celle qu'il faut cultiver, que la réforme doit être concertée, qu'on ne fera pas disparaître les patrons d'un revers de main, etc. Le diagnostic avait été posé bien avant Mai 68 par des sociologues ayant l'expérience de ce qui se fait à l'étranger.
En réponse à ton second point, je ne me fonde pas sur le classement dit de Shanghai, mais strictement sur mon expérience estudiantine et professionnelle à l'étranger. Je glisse sur les détails, parce qu'ils ne seraient pas nécessairement pertinents. Mais je te les donnerai personnellement si tu veux les connaître.
à Jaycib
De marie 75
20H23 | 15/05/2008 |
tu glisses sur quoi ? ? ? ?
wouahf ! ! ! wouahf ! ! !
Aboiement bilingue