Réponse à Cohn-Bendit: non, Mai 68 n'a pas révolutionné la société

"68, c’était formidable... Ca a commencé par une transformation formidable de la société française. La preuve, c’est qu’un homme deux fois divorcé est Président de la République!" (Daniel Cohn-Bendit, 16 avril 2008)

Pour fêter le quarantième anniversaire de Mai 1968, l’auto-célébration est à l’ordre du jour. De nombreux soixante-huitards, pour la plupart soixantenaires aujourd’hui, semblent ressentir une grande fierté à avoir participé à un mouvement "formidable" qui a transformé la société française, dans les mots de l’ancien chef de fil Daniel Cohn-Bendit.
 
A l’objection que les étudiants en rébellion ont échoué à provoquer la révolution politique qu’ils appelaient de leur voeux, les vétérans de Mai ripostent avec l’argument suivant: ce n’est pas dans ses effets politiques, mais dans son impact culturel, que Mai 68 a été proprement révolutionnaire.
 
Autrement dit, si nous vivons dans une société ouverte aujourd’hui, si l’avortement à été légalisé, si la peine de mort a été supprimée, si le divorce est maintenant accepté par tous, si les relations sociales dans l’éducation, l’administration et l’entreprise sont moins hiérarchiques que par le passé, si, enfin, la "chape de plomb" du gaullisme s’est définitivement évaporée, ce serait grâce à Mai 68.

Un symptôme plus qu'une cause

C’est ce point de vue que je conteste. Toutes ces transformations culturelles qui viennent d’être évoqués, et dont il ne s’agit pas de nier l’importance, ne sont pas le résultat de Mai 68.

Elles sont le produit d’un long processus de changement social au sein des sociétés occidentales, ayant lui-même précédé le mouvement de Mai, et s’étant poursuivi par la suite. Mai 68 a été le symptôme, plus que la cause, de la libéralisation culturelle des sociétés occidentales.

L'avortement fut légalisé en Grande-Bretagne en 1967, avant que la vague révolutionnaire vienne secouer la jeunesse occidentale l’année suivante. Au Canada, le mouvement de contestation de 1968 fut beaucoup moins ressenti qu’en France; cela n’empêcha pas ce pays de légaliser l’avortement avant la France, en 1969. Quand aux Etats-Unis, ils franchissaient le pas en 1973. En somme, en légalisant pour sa part en... 1974, la France a suivi plus qu’elle n’a montré la voie.

Concernant la peine de mort, le constat est encore plus clair. Alors que la dernière mise à mort légale avait lieu en Grande-Bretagne en 1965, ce n’est qu’en 1977 que la France appliqua la peine capitale pour la dernière fois en exécutant Hamida Djandoubi.

Presque dix ans après 1968, la France était ainsi le dernier pays au sein de la Communauté économique européenne 'ancêtre de l'Union européenne) à appliquer la peine de mort! Là encore, donc, la France n’a fait que suivre la voie.

Au mieux un catalyseur, au pire un épiphénomène

Un examen attentif des questions du divorce, de la hiérarchie des rapports sociaux aux seins des organisations publiques et privés, ou de la liberté de ton des médias, mènent à des conclusions similaires.

Quand ces transformations eurent lieux en France entre les années 1960 et les années 1980, elles furent le produit de dynamiques de diffusion culturelle ayant été déclenchées, d’une part, avant 1968, et d’autre part, en dehors de France. Dans sa dimension culturelle, Mai 68 fut au mieux un catalyseur, au pire un épiphénomène.

Venons-en maintenant à l’affirmation de Daniel Cohn-Bendit : la "preuve" que Mai 68 a transformé la société française est qu’ "un homme deux fois divorcé est président de la République". Daniel Cohn-Bendit connaît visiblement mal son histoire.

Clemenceau, une des figures majeures de l’histoire républicaine, avait épousé une Américaine dans sa jeunesse avant d’en divorcer. Quant à Félix Faure, président sous la IIIe République, il mourut de manière cocasse le 16 février 1898 dans les bras de sa maîtresse au palais de l’Elysée.

En somme, les anciens du mouvement de Mai prétendent aujourd’hui, à tort, être les auteurs de transformations sociales et culturelles qui ne sont pas de leur fait.

Personne, toutefois, ne semble contester leur version de l’histoire récente française: ni la gauche, trop heureuse de pouvoir justifier à bon compte son attachement à l’ "esprit de Mai" ; ni la droite, qui, depuis le discours de Bercy de Nicolas Sarkozy ("liquider l’héritage de 68 ") se sert de Mai 68 comme d’un épouvantail pour rallier les sections conservatrices de son électorat. Ne restent que quelques déclarations emplies de vantardise des "anciens", et l’illusion d’un impact culturel qui n’a jamais existé.


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Le Yéti | yetiblog.org
17H04 15/05/2008

Que d'efforts désespérés pour discréditer un mouvement ! Bien sûr que ce ne sont pas les quelques jours de manifs de mai qui ont tout bousculé. Bien sûr que ces "évènements" ne sont pas sortis tout droit d'un chapeau mais qu'ils ont juste été le point d'orgue, l'explosion d'un long murissement de plusieurs années (que j'ai eu plaisir à vivre). Ils ne se sont d'ailleurs même pas arrêtés aux quelques jours rutilants de mai 68, ni au vent contraire des élections législatives du juin qui suivait. Ils se sont poursuivis de manière sporadique tout au long des années 70. Il suffit pour s'en convaincre de lire l'excellent journal de Jean-Patrick Manchette tout récemment paru (Journal 1966-1974, éd. Gallimard).

Alors, cher "étudiant-chercheur à Oxford", calmez vos ardeurs analytiques qui n'ont aucun sens réel et enfoncent des portes ouvertes pour déboucher sur des conclusions hasardeuses. Si je peux me permettre un tout petit conseil de vieux soixante-huitard encore culturellement atteint profond par tous ces évènements : JOUISSEZ TOUT DE SUITE SANS ENTRAVE (et surtout loin de vos labos universitaires confinés) !

 
Le Yéti | yetiblog.org
17H35 15/05/2008

BIS REPETITA

(Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je n'ai pas l'intention de me laisser claquer le bec par des petits ronds rouges ! Surtout quand je constate qu'il y en a eu 8 négatfs en moins de cinq minutes, ce qui, comme je l'ai déjà fait constater, sent le coup monté. Vous avez voulu me faire taire une fois, vous m'aurez deux ! Trois s'il le faut.)

Que d'efforts désespérés pour discréditer un mouvement ! Bien sûr que ce ne sont pas les quelques jours de manifs de mai qui ont tout bousculé. Bien sûr que ces "évènements" ne sont pas sortis tout droit d'un chapeau mais qu'ils ont juste été le point d'orgue, l'explosion d'un long murissement de plusieurs années (que j'ai eu plaisir à vivre). Ils ne se sont d'ailleurs même pas arrêtés aux quelques jours rutilants de mai 68, ni au vent contraire des élections législatives du juin qui suivait. Ils se sont poursuivis de manière sporadique tout au long des années 70. Il suffit pour s'en convaincre de lire l'excellent journal de Jean-Patrick Manchette tout récemment paru (Journal 1966-1974, éd. Gallimard).

Alors, cher "étudiant-chercheur à Oxford", calmez vos ardeurs analytiques qui n'ont aucun sens réel et enfoncent des portes ouvertes pour déboucher sur des conclusions hasardeuses. Si je peux me permettre un tout petit conseil de vieux soixante-huitard encore culturellement atteint profond par tous ces évènements : JOUISSEZ TOUT DE SUITE SANS ENTRAVE (et surtout loin de vos labos universitaires confinés) !

 
Le Yéti | yetiblog.org
17H56 15/05/2008

TER REPETITA

Que d'efforts désespérés pour discréditer un mouvement ! Bien sûr que ce ne sont pas les quelques jours de manifs de mai qui ont tout bousculé. Bien sûr que ces "évènements" ne sont pas sortis tout droit d'un chapeau mais qu'ils ont juste été le point d'orgue, l'explosion d'un long murissement de plusieurs années (que j'ai eu plaisir à vivre). Ils ne se sont d'ailleurs même pas arrêtés aux quelques jours rutilants de mai 68, ni au vent contraire des élections législatives du juin qui suivait. Ils se sont poursuivis de manière sporadique tout au long des années 70. Il suffit pour s'en convaincre de lire l'excellent journal de Jean-Patrick Manchette tout récemment paru (Journal 1966-1974, éd. Gallimard).

Alors, cher "étudiant-chercheur à Oxford", calmez vos ardeurs analytiques qui n'ont aucun sens réel et enfoncent des portes ouvertes pour déboucher sur des conclusions hasardeuses. Si je peux me permettre un tout petit conseil de vieux soixante-huitard encore culturellement atteint profond par tous ces évènements : JOUISSEZ TOUT DE SUITE SANS ENTRAVE (et surtout loin de vos labos universitaires confinés) !

 
Le Yéti | yetiblog.org
18H28 15/05/2008

Oh purée, tout réouvert ! Merci de tout cœur à ces nigauds de sabreurs pour l'écho qu'ils donnent, bien involontairement, à mes pauvres propos. Voulaient de la polémique, z'en ont eu de la chaude-bouillante ! [Rires aux éclats.]

 
21H20 15/05/2008

Et les accords de grenelle? Et l'augmentation des salaires?
Oxford ... prenez le temps de ramer !!!!

 
01H10 16/05/2008

mai 68 a tellement revolutionné son époque que en juin 68 les français élisez un parlement de droite.......
mai 68 a eu un impact (salvateur)dans de nombreux secteur de la societé: OUI
mais qu'on arrete de nous rabacher les oreilles sur la revolution rouge de 68 puisqu'elle n'a pas eu lieu.
Le pauvre étudiant que je suis se desole de voir tout ces reformistes aux cheveux grisonnants fanfaronné devant les cameras qu'ils ont boulversé le monde, ils ont participé a son changement.
Impatient et militant je l'attend la revolution qui mettra fin a la parodie de democratie representative, qui jugera la santé et l'éducation comme prioritaire, qui demilitarisera le pays, qui instituera une justice sans complaisance pour ces messieurs en costumes, qui assassinera le conglomerat bourgeois qui a la main mise sur la presse.
la jeunesse est insolente (comme ils disent) mais je ne reconnait aucun mérite aux soixante huitards qui se sont rangé du coté de la société de consomation avec de pauvres ambitions reformistes. Je me joins aux autres pour continuer la lutte

 
solstice | pigiste
15H37 16/05/2008

Trop jeune pour défiler en 68, je pense effectivement que cette pseudo-révolution a accouché d'une souris : la gauche caviar.
Les progrès, bien réels, de la société dans les années 70 sont hérités d'une économie en pleine croissance (on allait chercher des charters d'arabes pour faire tourner nos usines). C'est la croissance qui engendre le progrès, pas la crise... Si Cohn-Bendit est le dernier héritier de mai 68, qui s'en souviendra dans 20 ans ?
Nous sommes en crise, la faute aux rebeus (les charters, c'est dans l'autre sens...) et fêter les 40 ans de mai 68 n'a de sens que pour des néo-révolutionnaires en pantoufles. Ce passéïsme vaut bien celui des "petits blancs" d'Afrique...
Au programme du bac, cette année, vous pariez sur quoi ? L'évocation de mai 68 ou le devoir de mémoire autour du dernier poilu ? Il n'y a pas photo...

 
solstice | pigiste
15H40 16/05/2008

Franchement, l'héritage de Grenelle, c'est devenu un nom commun pour définir une gesticulation pluri-disciplinaire qui ne sert qu'à faire croire que l'on écoute les autres avant de décider arbitrairement ce qu'on voulait faire passer. Quel bel héritage !

 
Le Yéti | yetiblog.org
21H54 16/05/2008

MAIS QUI C'EST CE(TTE) ZOZO ???

 
17H23 15/05/2008

Faudrait peut-être changer d'université.
Si à Oxford ils vous enseignent de telles âneries, je vous conseille d'aller voir ailleurs et aussi de fréquenter un peu le Yéti, pas celui qui est au Tibet mais celui qui se promène dans la Rue 89.
Et qui semble en passe de se faire fermer à mon grand regret.

 
Le Yéti | yetiblog.org
18H07 15/05/2008

BIS REPETITA pour le Jean-Servais, parce qu'il est sympa avec moi (et pour enquiquiner les sabreurs). Son commentaire :

Faudrait peut-être changer d'université.
Si à Oxford ils vous enseignent de telles âneries, je vous conseille d'aller voir ailleurs et aussi de fréquenter un peu le Yéti, pas celui qui est au Tibet mais celui qui se promène dans la Rue 89.
Et qui semble en passe de se faire fermer à mon grand regret.

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
17H35 15/05/2008

Je suis assez d' accord avec vous . De l' Esprit de Mai , il ne reste pour moi pratiquement que deux choses :
-Le fait que ca fait encore chier la droite reactionnaire 40 ans apres . et encore un peu peur ( mais de moins en moins)
-Certains ecrits situationnistes

Pour le reste , effectivement ( liberation des moeurs , progres social ), tout cela s'est produit dans les pays comparables , avec plus ou moins de luttes et de bordel ..
Il faut considerer l'ensemble , plus que Mai 68 en France ..

Quant a ce que je pense du vieux Cohn , je prefere rester poli ..

Mais je le felicite quand meme pour sa demonstration impeccable et irrefutable du slogan de 68 : " Ne faites jamais confiance a quelqu' un de plus de 30 ans !"

 
solstice | pigiste
15H42 16/05/2008

Il ne restera du "vieux Cohn" que ce qui mérite de passer à la postérité :
"tu déconnes... Bendit!"

 
solstice | pigiste
18H51 16/05/2008

Tiens, me voilà aussi abondamment "nazée"... Comme quoi ce n'est pas à sens unique ! Défoulez-vous, bonnes gens...
Quelque part, c'est rassurant, non ?

 
Le Yéti | yetiblog.org
21H56 16/05/2008

ENCORE LUI (ELLE) !!! (NB : je viens de lui mettre un 5 ronds pour que tout le monde continue de bien voir ce qu'il faut parfois nous coltiner.)

 
jissé | Ingé retraité
17H33 15/05/2008

Bonjour.

Un certain 14 juillet - après 68 - une polytechnicienne, sortie 'major', défilait en tête des "X" en grand uniforme sur les "Champs-Elysées".

Conséquence de mai 68. Avant les 'grandes écoles' - que vous n'avez pas l'air d'avoir fréquentées - étaient réservées aux 'mecs'.

Allez sur le site de "la tribune de Genève" (un journal d'affreux gauchistes, c'est bien connu) et ils y ont un excellent reportage.
En .pdf.

Qui vaut mille fois ces çouillonades.

Jc

http://static.tdg.ch/mai.pdf

 
Le Yéti | yetiblog.org
18H00 15/05/2008

23 ronds rouges pour l'article, sur seulement 153 visites et en moins d'une heure trente, pour le maintenir ouvert ! 22 au total pour mes deux copies de commentaires du début, pour les fermer. Fichtre, ça châtaigne sec pour fermer ou réouvrir la gueule du voisin ! Ca sent la manip' à plein nez. C'est tellement crétin un rond rouge (remarquez que par respect et esprit de convivialité, je ne parle QUE des ronds, pas de ceux qui les utilisent 8-) )

 
jissé | Ingé retraité
18H02 15/05/2008

Vouida, Yéti.

Me rappelle comment me suis retrouvé - involontairement(?) - dans le noir avec 'petite-L' en moins de 40 minutes. (du "speed-dating").

Trop kongues pour être honnêtes, les anonymes - et synchrones - pastilleurs de 'naze'.

Crévindiou, mort aux kongues!

Jissé

 
Quinine | traducteur et amoureux des chats
19H09 15/05/2008

Ben, qu'est-ce que j'apprends, Jissé? Vous vous êtes retrouvé dans le noir avec la P'tite F.? Cachottier, va!
Amitiés et à un de ces jours dans la Rue!

 
leconcombrevert | entier !
15H06 16/05/2008

Retrouve moi donc chez Joschka!

 
adaunis | Artiste au delà du regard des autres...
19H03 15/05/2008

Oulà !
Je partage la colère du Yeti, et ne vais m'attarder (tellement je m'énerverais), que sur un détail de la prose du jeune et sémillant chercheur !

Le jeune et pétillant fouineur d'écrits, de pensées, et d'analyses d'événements somme toutes assez récents, qu'il n'a pas vécu, semble vouloir donner une leçon d'histoire à Cohn Bendit.
Soit, mais pour faire des thèses, quelques quelles soient, il faut essayer d'être sois même "irréfutable", surtout quand on manie des dates !

Felix Faure, dont il parle d'une manière "cocasse", est décédé, non pas dans les "bras de sa maîtresse", mais plutôt dans les "mains et la bouche", (là j'ai honte) et non pas en 1898, le 16 ce mois de Février, mais en 1899!
CQFD

 
A.V. | sculpteur
17H48 15/05/2008

Mai 68 : "sous les pavés, la plage"
Août 2004 : "sur les pavés, Paris-Plage"
Trente-six ans pour entendre le cri de la jeunesse française. Tous à l'eau !

 
Jaycib | Entre l'arbre et l'écorce
17H50 15/05/2008

Ce que dit Nathan Sperber me paraît globalement juste. Mai 68 paraît très important aux Français, mais n'a que peu de sens vu d'ailleurs. Cependant, considérant le conflit des générations (surtout) et du sempiternel paternalisme qu'il a permis de résoudre en partie, débouchant par la suite sur les réformes citées, son bilan n'est pas négligeable.

Au coeur du problème semble être la propension française à s'endormir sur des lauriers jamais pleinement conquis (un phénomène qui se perpétue aujourd'hui encore : on vient de "découvrir" le retard pris par les universités hexagonales sur leurs homologues étrangères, alors que ce retard était déjà perceptible il y a 40 ans !) et à se satisfaire d'une contemplation du passé. La célébration de l'anniversaire de Mai 68 montre que cette contemplation, que ce CONSERVATISME sont en quelque sorte inné(e)s, y compris au sein de la gauche. Pourquoi se remémorer Mai 68 plutôt que le printemps de Prague, par exemple, un événement autrement plus important sur le plan historique ?

Cela n'empêche pas les Français d'exploser de colère à intervalles plus ou moins réguliers et de s'imaginer tout pouvoir bouleverser. C'est ce qu'ils ont fait tout au long du 19ème siècle, la première moitié du 20ème siècle et ses guerres ayant mis un terme peut-être passager à ces pulsations authentiquement ou pseudo "révolutionnaires".

Parmi les riverains de Rue89, beaucoup ont la nostalgie du temps où tout semblait possible (en 1789, en 1848, en 1871, en 1968), mais comprend-on qu'on ne peut simplement libérer, qu'il faut surtout CONSTRUIRE, et que cela ne peut se faire qu'avec la colaboration de l'Autre, l'oppresseur dont on a précisément desserré l'étreinte ?

Cf. Michel Crozier : La Société bloquée, Le Phénomène bureaucratique. A mon sens, les meilleurs diagnostics qu'on ait formulé en la matière.

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
18H43 15/05/2008

Je tiens à noter 2 choses:

- d'abord, Mai 68 a touché peu ou prou toute la société française; si tu prends ensuite le conflit de LIP, l'une de ses principales caractéristiques a été d'associer ouvrières et "capitalistes" afin de développer de nouvelles stratégies. On avait alors des gens qui pouvaient se dire à la fois "patrons" et "de gauche"; sans eux, LIP aurait coulé bien avant.

- ensuite, à propos du niveau des universités françaises, tu te fonde sûrement sur le classement Shanghai pour appuyer tes propos. Or la méthodologie de ce classement a été plus que remise en cause, par des gens aussi différents que l'Ecole des Mines ou que des chercheurs interviewés par Thomas Lacoste:

http://www.lautrecampagne.org/reforme,universite.php

 
Jaycib | Entre l'arbre et l'écorce
19H43 15/05/2008

En réponse à ton premier point, Network 23, je ne considère pas que l'impact de Mai 68 a été nul en France, je dis simplement que la culture de la négociation (pas au sens du Sarkozy, car tu conviendras avec moi que c'est du bidon, pour ne pas dire de la citerne ou de la cuve de stockage... des aigreurs et des colères) est celle qu'il faut cultiver, que la réforme doit être concertée, qu'on ne fera pas disparaître les patrons d'un revers de main, etc. Le diagnostic avait été posé bien avant Mai 68 par des sociologues ayant l'expérience de ce qui se fait à l'étranger.

En réponse à ton second point, je ne me fonde pas sur le classement dit de Shanghai, mais strictement sur mon expérience estudiantine et professionnelle à l'étranger. Je glisse sur les détails, parce qu'ils ne seraient pas nécessairement pertinents. Mais je te les donnerai personnellement si tu veux les connaître.

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
20H29 15/05/2008

Bref tu n'es pas d'accord avec Nathan qui prétend que ce fut un non-événement.

Pour la "culture de négociation", on pourrait en discuter des heures, mais il me semble que la politique implique les conflits et les rapports de force, lesquels prennent des formes variées selon les pays. Je ne suis pas sûr que l'herbe soit meilleure en Allemagne (et la récente grève des cheminots en Allemagne...)

 
Jaycib | Entre l'arbre et l'écorce
21H31 15/05/2008

Je n'ai en effet pas dit que c'était un non-événement, simplement que c'était un phénomène spécifiquement français ayant peu de sens pour les étrangers, et qui est lié à la nostalgie profonde d'un passé révolutionnaire inabouti ainsi qu'à l'incapacité chronique de camps opposés à parvenir à des compromis acceptables (voir ma référence à Michel Crozier, aux écrits duquel je ne comprenais pas grand chose quand j'étais étudiant, mais qui me paraissent aujourd'hui comme l'évidence même).

Pour le reste, je note qu'après un coup de barre à gauche (plutôt superficiel), la réaction d'après 68 n'a pas été mince. Je ne parle pas de la grande manif revancharde des gaullistes, mais de quelque chose de plus profond. A mon humble avis, la révision déchirante de l'histoire de la révolution de 89 pratiquée par François Furet et Mona Ozouf, anti-robespierriste au possible, a été positive. Augereau a bien confessé : "J'ai piétiné la Vendée". Mathiez et ses successeurs immédiats, que nous admirions tant, ne nous en avaient rien dit.

Rétrospectivement, je dois reconnaître que sur le fond, je me retrouve, moi toujours marxiste, du moins en matière d'analyse, plutôt en accord avec les Girondins (et notamment Brissot) qu'avec les Montagnards. L'incorruptibilité de Rosbespierre m'est toujours chère, mais pas au prix des têtes de Lavoisier, Condorcet, etc.

En ce qui concerne les rapports de force, je suis évidemment d'accord. Mais en ajoutant aussitôt que si l'expression de la force consiste à passer sur le corps de l'interlocuteur, on n'aboutira à rien. J'ai longtemps cru à la lutte effrénée des classes, mais mon point de vue a changé.

C'est le fruit de l'expérience, sans doute de l'âge (j'ai 67 ans) et de ma constatation qu'ailleurs, nous (je n'étais pas seul, évidemment) pouvions également remporter des victoires.

Par ailleurs, je souffre d'une maladie génétique potentiellement mortelle depuis l'âge de 25 ans. Peut me chaut que mes médecins soient de droite (parfois dure) ou de gauche, pourvu qu'ils fassent bien leur travail... Il n'y a pas de substitut à la compétence et au savoir, d'où qu'ils viennent.

"Un goujat (= valet d'armée) vivant vaut mieux qu'un empereur mort", disait Napoléon.

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
14H01 16/05/2008

Je suis content d'entendre votre point de vue. Concernant la médecine, je n'arrive pas toutefois à comprendre comment on peut croire que les politiques néolibérales ne mettent pas en péril la santé publique (et c'est aussi d'expérience personnelle que je parle, pas seulement d'un point de vue "froidement" objectif).

 
Jaycib | Entre l'arbre et l'écorce
19H44 15/05/2008

En réponse à ton premier point, Network 23, je ne considère pas que l'impact de Mai 68 a été nul en France, je dis simplement que la culture de la négociation (pas au sens du Sarkozy, car tu conviendras avec moi que c'est du bidon, pour ne pas dire de la citerne ou de la cuve de stockage... des aigreurs et des colères) est celle qu'il faut cultiver, que la réforme doit être concertée, qu'on ne fera pas disparaître les patrons d'un revers de main, etc. Le diagnostic avait été posé bien avant Mai 68 par des sociologues ayant l'expérience de ce qui se fait à l'étranger.

En réponse à ton second point, je ne me fonde pas sur le classement dit de Shanghai, mais strictement sur mon expérience estudiantine et professionnelle à l'étranger. Je glisse sur les détails, parce qu'ils ne seraient pas nécessairement pertinents. Mais je te les donnerai personnellement si tu veux les connaître.

 
21H23 15/05/2008

tu glisses sur quoi????
wouahf!!! wouahf!!!
Aboiement bilingue

 
Le Yéti | yetiblog.org
19H30 15/05/2008

Là y a un truc qui me chagrine : j'ai gueulé contre ceux qui fermaient bêtement les commentaires avec leurs ronds à la c.... Et là, on ferme celui de Jaycib. Même si on n'est pas d'accord avec lui, il a un avis qui se tient, tout de même ! Allez, soyez sympa, rouvrez-lui son commentaire (sinon je lui fais un bis repetita d'autorité !)

 
Jaycib | Entre l'arbre et l'écorce
19H48 15/05/2008

Merci, le Yéti. Je croyais que Rue89 était un site de débat (entre autres choses), mais je commence à déchanter. Et cela, juste après avoir reçu ma casquette Rue89 couleur sable dont j'étais (suis encore ?) si fier !

 
Le Yéti | yetiblog.org
20H01 15/05/2008

Ben, tu vois bien que si que c'est un lieu de débat. On peut même répéter autant de fois qu'on veut ce qu'on a à dire ! (Tu remarqueras que j'ai corrigé ta faute de la dernière ligne !)

 
Schrödinger | quark
15H16 16/05/2008

Les ronds rouges je croyais que c'était des strepsils pour la gorge...

 
Le Yéti | yetiblog.org
19H44 15/05/2008

Bon, puisque personne ne se décide, BIS REPETITA pour Jaycib (après tout, il n'y a pas de raison, même si, comme moi, on ne partage pas son jugement) :

Ce que dit Nathan Sperber me paraît globalement juste. Mai 68 paraît très important aux Français, mais n'a que peu de sens vu d'ailleurs. Cependant, considérant le conflit des générations (surtout) et du sempiternel paternalisme qu'il a permis de résoudre en partie, débouchant par la suite sur les réformes citées, son bilan n'est pas négligeable.

Au coeur du problème semble être la propension française à s'endormir sur des lauriers jamais pleinement conquis (un phénomène qui se perpétue aujourd'hui encore : on vient de "découvrir" le retard pris par les universités hexagonales sur leurs homologues étrangères, alors que ce retard était déjà perceptible il y a 40 ans !) et à se satisfaire d'une contemplation du passé. La célébration de l'anniversaire de Mai 68 montre que cette contemplation, que ce CONSERVATISME sont en quelque sorte inné(e)s, y compris au sein de la gauche. Pourquoi se remémorer Mai 68 plutôt que le printemps de Prague, par exemple, un événement autrement plus important sur le plan historique ?

Cela n'empêche pas les Français d'exploser de colère à intervalles plus ou moins réguliers et de s'imaginer tout pouvoir bouleverser. C'est ce qu'ils ont fait tout au long du 19ème siècle, la première moitié du 20ème siècle et ses guerres ayant mis un terme peut-être passager à ces pulsations authentiquement ou pseudo "révolutionnaires".

Parmi les riverains de Rue89, beaucoup ont la nostalgie du temps où tout semblait possible (en 1789, en 1848, en 1871, en 1968), mais comprend-on qu'on ne peut simplement libérer, qu'il faut surtout CONSTRUIRE, et que cela ne peut se faire qu'avec la colaboration de l'Autre, l'oppresseur dont on a précisément desserré l'étreinte ?

Cf. Michel Crozier : La Société bloquée, Le Phénomène bureaucratique. A mon sens, les meilleurs diagnostics qu'on ait formulés en la matière.

 
Florence13 | Etudiante en master
19H46 15/05/2008

presque en même temps !

 
Le Yéti | yetiblog.org
20H00 15/05/2008

Super, Florence ! T'as vu un peu comment on a mouché les censeurs de tout poil ! Il est INTERDIT D'INTERDIRE, bordel de dieu (païen) ! [Rires inextinguibles]

(Post-scriptum pour l' "étudiant-chercheur à Oxford" : ce que tu viens de voir là, dans la bataille pour les commentaires, c'est précisément la VICTOIRE CULTURELLE DE L'ESPRIT MAI 68.)

 
solstice | pigiste
16H00 16/05/2008

Non pas, messieurs qui hurlez au loup : tous les points de vue méritent votre respect et je ne suis pas sûre que vos auto-congratulations et autres "bis repetita" ne fassent avancer le débat.

Les étudiants d'aujourd'hui ont une vision de la société différente de la vôtre ? Et bien, ils sont comme vous avec vos parents !

"Cette jeunesse est pourrie depuis le fond du coeur. Les jeunes gens sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d'autrefois. Ceux d'aujourd'hui ne seront pas capables de maintenir notre culture"... Retouvé sur une poterie d'argile trouvée dans les ruines de Babylone (-3000).

Le conflit entre les générations, ce n'est pas nouveau et on a l'impression ici que les vieux 68ards ont inventé l'eau chaude !

 
Florence13 | Etudiante en master
19H45 15/05/2008

à la demande de Yéti, le bis repetita de Jaycib

Ce que dit Nathan Sperber me paraît globalement juste. Mai 68 paraît très important aux Français, mais n'a que peu de sens vu d'ailleurs. Cependant, considérant le conflit des générations (surtout) et du sempiternel paternalisme qu'il a permis de résoudre en partie, débouchant par la suite sur les réformes citées, son bilan n'est pas négligeable.

Au coeur du problème semble être la propension française à s'endormir sur des lauriers jamais pleinement conquis (un phénomène qui se perpétue aujourd'hui encore : on vient de "découvrir" le retard pris par les universités hexagonales sur leurs homologues étrangères, alors que ce retard était déjà perceptible il y a 40 ans !) et à se satisfaire d'une contemplation du passé. La célébration de l'anniversaire de Mai 68 montre que cette contemplation, que ce CONSERVATISME sont en quelque sorte inné(e)s, y compris au sein de la gauche. Pourquoi se remémorer Mai 68 plutôt que le printemps de Prague, par exemple, un événement autrement plus important sur le plan historique ?

Cela n'empêche pas les Français d'exploser de colère à intervalles plus ou moins réguliers et de s'imaginer tout pouvoir bouleverser. C'est ce qu'ils ont fait tout au long du 19ème siècle, la première moitié du 20ème siècle et ses guerres ayant mis un terme peut-être passager à ces pulsations authentiquement ou pseudo "révolutionnaires".

Parmi les riverains de Rue89, beaucoup ont la nostalgie du temps où tout semblait possible (en 1789, en 1848, en 1871, en 1968), mais comprend-on qu'on ne peut simplement libérer, qu'il faut surtout CONSTRUIRE, et que cela ne peut se faire qu'avec la colaboration de l'Autre, l'oppresseur dont on a précisément desserré l'étreinte ?

Cf. Michel Crozier : La Société bloquée, Le Phénomène bureaucratique. A mon sens, les meilleurs diagnostics qu'on ait formulé en la matière.

 
Jaycib | Entre l'arbre et l'écorce
19H49 15/05/2008

Merci beaucoup, Florence 13 !

 
solstice | pigiste
16H01 16/05/2008

Ces copiers-collers sont débiles...

 
Le Yéti | yetiblog.org
21H46 16/05/2008

Y a pas que les copier-coller !

 
Jaycib | Entre l'arbre et l'écorce
17H51 15/05/2008

Correction : dernnière ligne, "qu'on ait formuléS"

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
18H34 15/05/2008

Salut Jaycib! Il y a une touche "éditez" au bas de tes messages, à côté de "répondre", qui te permet de corriger directement les coquilles.

 
17H52 15/05/2008
 
Lohiel | Guerrier pacifique
18H31 15/05/2008

Oui, enfin, suffit de se souvenir de l'avant-après... normalement, lors d'une enquête universitaire socio-historique, on fait des entretiens qualitatifs avec des témoins, et on publie pas des incantations mais des observations... ce qui est une bonne méthode en journalisme également.

Avant : une france "gaie comme un après-midi de tricot chez Yvonne de Gaulle" (je me souviens plus de l'auteur de l'expression :)... gouvernée par des vieux messieurs en noir qu'on avait l'impression de voir sortir de la naphtaline à chacune de leurs apparitions à la télé d'Etat - intouchables, ennuyeux, moralisateurs et paternalistes à l'extrême

Pendant : la fête, l'imagination au pouvoir, l'explosion des énergies trop longtemps réprimées

Après : les vieux barbons qui osent plus trop la ramener et la société qui commence à changer sérieusement, sous l'influence des jeunes générations

...parce qu'avant 68, ça me je souviens très bien, l'ennemi désigné du pouvoir c'étaient pas les chomeurs ou les étrangers, c'était LES JEUNES, vi vi ^^

PS : un jeune de 20 ans m'a écrit récemment qu'il avait frémi quand il avait entendu Sarkozy "hurler qu'il allait balayer Mai 68"... et qu'il s'en souviendrait toujours, tellement cela lui avait paru malsain. Il a sans doute pas tort d'avoir relevé ça en particulier - dans la pathologie de notre Sérénissime.

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
18H29 15/05/2008

C'est assez effarant de voir un chercheur d'Oxford nier ce qui a été indubitablement un événement majeur de l'après-guerre en une argumentation aussi partiale!

On est loin des impératifs d'objectivité historiques, délaissés au profit d'un pamphlet conservateur.

Que Mai 68 n'ait pas été La Cause de la révolution des moeurs en France, c'est + que probable: l'histoire n'admet pas, en principe, des explications unicausales. Qu'il n'ait été qu'un "épiphénomène" ou un "symptôme", voilà qui est tout à fait impossible.

Le projet de Nouvelle Société de Chaban-Delmas est une réponse politique évidente (bien qu'elle fût un échec) au malaise d'une France sclérosée et conservatrice (bien plus que d'autres pays voisins cités par notre chercheur) mis en lumière par Mai 68, qui a d'autre part accéléré la chute de De Gaulle.

Comment prétendre que Mai 68 a été un non-événement sans conséquences?

D'un autre côté, c'est bien ce qu'ont argumenté, mais pour bien d'autres raisons (+ proches de celles citées par N°6) Deleuze & Guattari dans "Mai 68 n'a pas eu lieu": parce que nous avons été incapable de contr'effectuer cet événement, que nous avons laissé l'histoire reprendre le dessus sur les devenirs, et que Mai 68 a trop vite été sacralisé et mythifié afin d'en ôter sa charge utopique:

"En France au contraire, après 68, les pouvoirs n’ont pas cessé de vivre avec l’idée que "ça se tasserait".
Et en effet, ça s’est tassé, mais dans des conditions catastrophiques.

Mai 68 ne fut pas la conséquence d’une crise ni la réaction à une crise. C’est plutôt l’inverse.

C’est la crise actuelle, ce sont les impasses de la crise actuelle, ce sont les impasses de la crise actuelle en France qui découlent directement de l’incapacité de la société française à assimiler Mai 68.

La société française a montré une radicale impuissance à opérer une reconversion subjective au niveau collectif, telle que l’exigeait 68 : dès lors, comment pourrai-elle opérer actuellement une reconversion économique dans des conditions de "gauche" ?

Elle n’a rien su proposer aux gens : ni dans le domaine de l’école, ni dans celui du travail. Tout ce qui était nouveau a été marginalisé ou caricaturé.

On voit aujourd’hui les gens de Longwy s’accrocher à leur acier, les producteurs laitiers à leurs vaches, etc. : que feraient-ils d’autre, puisque tout agencement d’une nouvelle existence, d’une nouvelle subjectivité collective a été écrasé d’avance par la réaction contre 68, à gauche presque autant qu’à droite ? Même les radios libres. Chaque fois le possible a été refermé."

http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/?q=node/87

Comme tout événement, et comme toute irruption + ou - insurrectionnelle des masses dans la vie politique, il reste de Mai 68, trop vite embaumé, l'expérience vivante, intempestive et inoubliable de ceux qui y ont participé.

Et si d'aucuns ont tenté de revenir le + vite possible à la normale, l'événement Mai 68 a continué et continue encore à faire sentir ses effets dans la pensée et les actes de ceux qui en perpétuent le mouvement.

Entre autres exemples, il a largement mis à mal en France le mythe du moine-soldat militant en donnant droit à des luttes joyeuses et multiples qui ne conçoivent pas la politique comme un sacrifice.

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
19H07 15/05/2008

Ironiquement, le pamphlet de Nathan Sperber et d'autres "nouveaux réactionnaires" pour conjurer le "spectre de Mai 68" est une démonstration indirecte des effets persistants jusqu'à aujourd'hui de cet événement:

on sent peut-être confusément que les forces virtuelles de cet événement sont loin d'avoir été épuisées et qu'elles peuvent et sont ré-actualisées, ici et là, dans les désirs producteurs de vivre des vies qui ne se réduisent pas au cercle métro-boulot-déprime.

Que certains soient aveugles au fait que d'autres décident de vivre autrement, cela n'étonnera pas les lecteurs de Debord ou de Hakim Bey.

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
19H26 15/05/2008

Allez, le spectre rôde encore!


 
Schrödinger | quark
15H21 16/05/2008

Influences ou pas, je pense personnellement qu'il faut passer à autre chose.

Mai 68 n'est pas l'indépassable romantique décrit par certains ni la révolution totale décrite parfois par les mêmes ou par d'autres.

Quand on voit l'évolution des choses par la suite...

Par contre je regrette de n'avoir pas connu la baise sans risque, ou sans gants mapa... Ca ce devait vraiment être bon....