Nation et mutliculturalisme: une leçon du Québec

Il est toujours sain, pour réfléchir aux débats qui agitent notre société, de regarder ailleurs et de faire notre miel d’expériences étrangères. La faute de goût du chef de l’Etat à l’occasion du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec (par des Français) nous rappelle justement qu’au Québec aussi on s’interroge à propos de la nation et de toute sorte de thèmes connexes -diversité, laïcité, intégration, etc.

Car en recevant en premier lieu et avec les plus grands égards Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada, représentante de la reine d’Angleterre exerçant les fonctions de chef d’Etat, le 9 mai 2008, Nicolas Sarkozy s’est placé aux antipodes du fameux « Vive le Québec libre » du Général de Gaulle en 1967, et a heurté de plein fouet la fibre nationale québécoise. Or celle-ci est particulièrement sensible.

Comment s’accomoder des différences culturelles?

Pour faire face aux tensions qui entourent tout ce qui touche à l’identité nationale, le gouvernement québécois a mis en place en février 2007 une commission coprésidée par l’historien Lucien Bouchard et le philosophe Charles Taylor, qui rendront public leur rapport dans quelques jours. La « Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles » avait pour mission d’examiner la délicate question des « accommodements raisonnables », et s’est en fait penché sur la question beaucoup plus générale: « Qu’est-ce que le Québec? »: nous pourrons certainement tirer profit de ses analyses, sinon de ses recommandations.

L’ »accommodement raisonnable » est au départ, en 1985, une décision de justice en faveur d’une vendeuse se réclamant de l’Eglise universelle de Dieu, refusant de travailler le samedi et obtenant un jugement obligeant son employeur à respecter ses convictions et à modifier ses horaires de travail. La décision, qui a fait jurisprudence, est individuelle, et non pas collective, le droit qu’elle reconnaît est accordé à une personne, et non à une minorité religieuse (ou autre).

Par la suite, plusieurs arrangements ont été établis, toujours controversés: modifications des horaires de certaines piscines publiques de Montréal pour que des périodes puissent être réservées aux femmes, autorisation accordée à un jeune Sikh de porter son couteau cérémonial à l’école –à condition que ce soit sous ses vêtements, cousu dans un étui de tissu; refus de réserver un local de prière pour les étudiants musulmans de l’Ecole de technologie supérieure de Montréal, et accord pour qu’ils se recueillent dans des salles de cours inutilisées; « givrage » des fenêtres d’une salle d’entraînement donnant sur une ruelle où est située une synagogue: des Juifs hassidiques souhaitaient empêcher les membres de leur communauté de voir des femmes en tenue de sport, etc.

Mais d’une part, ces « accommodements raisonnables » ne règlent pas tout, et d’ailleurs, la Commission Bouchard-Taylor est allée bien au-delà des demandes qu’ils sont venus régler, et qui ne concernaient pour l’essentiel ni des musulmans ni des Sikhs ni des Juifs, mais des sectes et confessions protestantes et des handicapés.

Car elle a fonctionné dans un contexte historique où les incidents se multipliaient, fortement médiatisés: à propos de l’islam, du port du « hijab » (porté par une spectatrice d’un tournoi de football ou par des participantes à une compétition de taekwondo), de la présence de musulmans dans une « cabane à sucre » où ils ont demandé que l’on modifie la nourriture traditionnelle (comportant du porc) et où une vingtaine de personnes ont été invitées à sortir de la salle de danse le temps de la prière dans la pièce voisine, sans parler des résolutions du conseil municipal de la petite ville d’Hérouxville invitant la population à respecter des « normes de vie » proscrivant, notamment, rien moins que la lapidation des femmes sur la place publique « ou en les faisant brûler vives, les brûler avec de l’acide, les exciser ».

Les Québécois, une minorité parmi d’autres?

Et d’autre part, les « accommodements raisonnables » sont perçus par nombre de Québécois comme l’expression du pouvoir canadien, anglophone et multiculturaliste, puisqu’en dernière instance, c’est la Cour suprême fédérale qui tranche et décide en la matière.

Le débat, du coup, fait rage dans les médias du Québec, et bien au-delà. Les « accommodements raisonnables » ne viennent-ils pas entériner, exacerber, approfondir la crise de l’identité nationale québécoise, en donnant à des identités venues d’ailleurs une certaine légitimité? Et ne sont-ils pas inscrits dans la logique de domination anglophone, et plus précisément dans le multiculturalisme qui permet au Canada, depuis les années 1970, d’en finir avec l’image de deux nations (anglophone et francophone) au profit de celle d’une nation dominante et d’un certain nombre de minorités, parmi lesquelles la minorité francophone, à qui il faut simplement reconnaître des droits particuliers?

Le Québec, avec les « accommodements raisonnables » peut-il promouvoir une politique intelligente, qui consiste à éviter de monter aux extrêmes et à tenter de concilier les valeurs universelles du droit et de la raison avec le respect des convictions religieuses, ou autres, sans pour autant verser dans le communautarisme, puisque les décisions prises concernent des personnes, et non des communautés en tant que telles? Oui, dans la mesure où ces arrangements s’inscrivent à l’intérieur de l’identité nationale québécoise, respectent son unité, à commencer par sa langue, et appellent du bon sens et le refus de monter aux extrêmes, et pas seulement des décisions de justice. Non, s’ils semblent procéder d’une logique de domination anglophone, et s’ils sont perçus comme susceptibles de miner l’unité de la nation.

La commission Bouchard-Taylor a fait un travail impressionnant, démultipliant les audiences dans toutes les régions du Québec, donnant la parole à un large public, devant la télévision, au fil de ce que deux journalistes, Jeff Heinrich et Valérie Duffour viennent d’appeler le Circus Quebecus ((titre d’un livre qui sort actuellement aux éditions Boréal) –un Cirque sur lequel ils portent un jugement plutôt favorable. On voit bien l’enjeu de cette gigantesque consultation, dont les résultats méritent d’être médités chez nous aussi: est-il possible d’assurer la prise en compte de la diversité culturelle, religieuse, et de respecter l’unité nationale dans un contexte où celle-ci est menacée d’un côté par la domination anglophone et d’un autre côté par la mondialisation et par des flux migratoires lestés de différences en tous genres?


En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
Asse42 | intérimaire
12H44 13/05/2008

Bien sûr que nous avons beaucoup à,apprendre de nos cousins car ils ont du apprendre à garder leurs racines culturelles tout en s’intégrant au modèle dominant. Ils ont su faire des accomodements raisonnables comme le texte l’explique.

Recevoir en grande pompe La gouverneur du canada pour un événement Québecquois peut être interpréter comme un reniement de l’histoire même de la France puisque c’est une partie de nous qui est allée en Amérique. De la part de ce président voulant à tout prix nous faire rentrer dans les cases anglo-saxonnes du développement ce n’est pas surprenant. On pourrait penser qu’il le fait pour ne pas froisser le Canada. Il aurait pu alors inviter en grande pompe aussi le gouverneur du Québec.
Enfin on sait que notre histoire n’est pas entre de bonnes mains et que ce président restera comme une parenthèse à oublier au plus vite.

 
14H38 13/05/2008

Notre histoire sera ce que nous lui laisserons en faire

 
Jaycib | Entre l'arbre et l'écorce
12H56 13/05/2008

Oui, en effet. A méditer.

Un bémol : le débat québécois ne situe pas seulement dans le cadre du fédéralisme canadien, il se déroule à l’ombre du géant américain juste au sud. Les Québécois savent donc très bien ce qu’ils doivent éviter.

Il faut quand même noter que le Canada n’est pas une simple annexe des Etats-Unis, ce qu’il était naguère. Il a sa propre politique, et de cela les Québécois profitent, notamment sur le plan social et… racial.

En matière culturelle, en revanche, le Canada, y compris le Québec, sont intégrés aux géant américain.

Reste l’économie, dominée au Québac et ailleurs par la puissance américaine.

Tout compte fait, il ne faut pas se leurrer (comme ont pu le faire les indépendantistes du Parti Québécois dans le passé). La francophonie peut et doit survivre, mais elle n’est la réponse à aucune des grandes questions (mondialisation, réchauffement climatique, etc.).

Le Québec en tant qu’entité sui generis a tout à gagner à demeurer dans le giron fédéral canadien, au sein duquel il a le droit de préserver son identité. La politique d’Ottawa ne vise pas à la gommer, que je sache.

 
13H05 13/05/2008

Tout recul de la raison face à l’obscurantisme religieux n’est pas qu’un accommodement raisonnable, c’est un renoncement de son identité, de son intelligence.

 
17H03 13/05/2008

Absolument d’accord. Ras le bol du « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Où est passé l’esprit critique?

 
13H09 13/05/2008

Le multiculturalisme à la québécoise n’est pas exempt d’angoisses et d’inquiétudes. On a même vu fleurir une sorte de petit parti de droite crypto-xéno, la ci-devant « Action Démocratique du Québec » (ADQ) dont heureusement, aux vues de récentes élections partielles, le logo signifie désormais:

A ccident
D e parcours (historique)
Q u’on oubliera bien vite…

Ceci dit, les peurs multiculturelles québécoises prennent souvent des allures de gardiennage de la langue. Il faut les contrer ainsi:

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/de-la-diglossie-deans-les-cha…

Et ce n’est pas toujours évident.
Paul Laurendeau

 
13H29 13/05/2008

Notre constitution interdit l’existence de plusieurs culture sur le territoire français :

- article 1 « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

En étant une et indivisible, elle occulte les réalités socioculturelles des Français. La multiculturalité est vécue comme une menace.
Elle a timidement accordé quelques particularités à certaines populations : aux kanaks avec les accords de Nouméa ou aux Alsaciens et aux Mosellans qui ont pu conserver quelques spécificités acquises pendant la période allemande. Les 8000 Amérindiens de Guyane n’ont quant à eux aucune particularité culturelle aux yeux de la loi. Amusant, non ?

Catastrophique surtout. Ce rejet de l’autre est, plus que dans nos tables de loi, fortement ancré dans notre esprit. Nous l’apprenons en permanence. L’éducation nationale, comme les médias d’ailleurs s’entendent sur le même point : nous sommes tous français, nous n’avons aucunes différences, nous sommes tous les mêmes, nous allons tous dans la même direction, nous pensons tous la même chose… Cette ligne de conduite que l’on nous impose et la réalité sont évidemment bien différentes.

Toute expression culturelle que l’on cherche à exprimer est immédiatement perçu comme du communautarisme. Il serait temps que la France reconnaisse le caractère xénophobe du premier article sa constitution. Ce serait déjà un premier pas pour aller dans le bon sens.

 
14H19 13/05/2008

La ci-devant république une et indivise ne se gène pourtant pas pour aller tripoter jusque dans les replis économiques les plus profonds de la culture des autres, par contre…

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/30/cfa-continuite-coloniale-fran…

Paul Laurendeau

 
16H01 13/05/2008

Si on en est à se donner des leçons, quel est le pays qui continue à produire massivement un poison, l’amiante (100000 morts prévus rien qu’en France), et à l’exporter en totalité alors qu’il l’interdit chez lui, précisément parce que c’est un poison ?

 
07H01 14/05/2008

Le Canada, sans doute, si vous le dites. Je ne suis d’ailleurs pas ici pour le défendre. Les combats de coqs chauvins m’indiffèrent et ce soubresaut hors sujet ne change que dalle à mon argument initial…

 
Lohiel | Guerrier pacifique
19H38 13/05/2008

Eh bien, vous nous en apprenez de belles, Monsieur Laurendeau… ôô !

Je ne vois pas pourquoi vous avez été dépastillé d’ailleurs… votre article n’a rien d’inutile !

 
Gotch | ancien ouvrier de la banque
10H55 14/05/2008

Repastillé, et ce n’est que justice.

 
13H50 13/05/2008
 
17H22 13/05/2008
 
Gotch | ancien ouvrier de la banque
10H59 14/05/2008

C’est exactement ce que la tradition française abhorre. Le mélange est vital, normal, nécessaire. Seules comptent des règles communes à tous, où la laïcité sourcilleuse de l’Etat est une pièce maîtresse.

 
El Co | internacionalista
17H29 13/05/2008

C’est toujours le même vieux débat entre modèle d’ici et modèle de là-bas, avec les bons et les mauvais exemples de chaque côte. Le côté émancipateur mais atrocement rouleau-compresseur de la République (qui personnellement me séduit plus), l’aspect respectueux mais honteusement relativiste de la démocratie anglo-saxonne… On a trop souvent l’impression que la discussion stagne, n’avançant que selon les a-coups des dernières avancées ou derniers scandales de chacun des modèles. Chacun a ensuite ses références et préférences et généralement n’en démord pas. C’est presque une histoire de religion…

1. Pour reprendre le thème de biais (et pour poser plus de questions sincères que d’apporter de réponses convaincues), un des problèmes ne serait-il pas que finalement ceci soit tranché par la justice, qui se fait ainsi régulateur du lien social ? Et que ce système d’accommodement raisonnable, pour autant astucieux qu’il soit, ne gagne pas en gravité ce qu’il perd en souplesse ? Fondamentalement, l’idée de vivre en société, c’est de s’accommoder de ses prochains, de faire cet effort d’empathie envers les membres voisins du corps social. N’y a-t-il pas une déviation de la société dans la nécessité de judiciariser ces rapports ? Et peut-on encore parler d’accommodement dans la mesure où c’est une décision de justice, qui pour autant raisonnable qu’elle soit n’est pas accommodante mais s’impose avec toute la rigueur et la gravité de la loi ?
Au fond, on veut se montrer tolérant et respectueux des minorités, mais si le juge ne le sanctionne pas, il n’en est pas question. Double morale ?

Et si les concitoyens s’accommodent raisonnablement d’eux-mêmes, spontanément, par simple et indispensable civilité, sans passer par les parchemins des juges, et donc ni des journalistes ou des sociologues, alors ne sommes-nous plus dans un « accommodement raisonnable » et faut-il redéfinir la grille de lecture de la société ?
L’accommodement raisonnable ne serait-il pas une forme de s’imposer une lecture de la société en la sous-traitant à la justice, et de se dispenser de facto d’un choix politique ?

2. Car il y a un risque à suivre cette voie (et là je reprendrai ma casquette républicaine, quoique tolérante :).
À reconnaître un droit spécifique à un individu, on n’est pas très loin des droits d’une communauté, quoiqu’on en dise - ou sinon comment appeler ces Juifs hassidiques gênés par les dames en short (mais pas assez pour détourner d’eux-mêmes le regard…) ? Un « groupe d’individus partageant les mêmes préoccupations tirées d’un fond commun spirituel » ?
Le risque est grand d’une dérive, délicate, vers une demande de droits politiques. Je prendrai l’exemple de la Bolivie, où nous avons eu récemment le plaisir d’écouter M. Wievorka, dont les propos ici ont généré un certain écho. Le pays est passée d’une négation (et oppression, sous forme d’un apartheid silencieux) de sa population indigène, soit à peu près les deux-tiers du pays à la reconnaissance, bienvenue, de leurs langues, us et coutumes (ça n’est pas venu tout seul, évidemment, ils se sont battus). Aujourd’hui on est à la frontière d’une identification politique forte de certaines franges de la population indigène en tant que et seulement que « indigène », au prix d’une négation parfois artificielle des autres aspects (urbains, socioprofessionnels, etc.). Au risque, face à l’apparition de difficultés économiques, d’une apparition d’un ethnicisme revendicatif et exclusif, voire violent, même s’il n’est que l’habillage idéologique de problèmes de fond plus structurels (comme ce fut le cas en Bosnie).

3. Enfin, trop souvent l’accommodement raisonnable semble être la résultante d’un système politique très libéral qui se refuse à travailler sur les mécanismes de solidarité, de lien social, et d’intégration (pour lesquels je ne nie pas les manquements de la République). Mieux vaut donc, en conséquence, renforcer les communautés auxquelles on sous-traitera le lien solidaire. Pour cela il faut des communautés fortes, dont la cohésion n’est pas fragilisée face à l’État. L’accommodement raisonnable intervient à point, c’est finalement un petit prix à payer pour garder une structure étatique mince et conforme aux souhaits des canons de la mondialisation.

Alors, l’accommodement raisonnable, double morale de la société, « backdoor » d’un ethnicisme dangereux, ou atelier sous-traitance de la solidarité nationale ?

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
14H03 14/05/2008

Je rejoins ici notre Internacionalista.

Il est dommage d’avoir passé sous silence (mais on ne peut pas tout dire en quelques lignes) le débat à propos de la judiciarisation de ces questions, débat amorcé dans le mouvement féministe canadien et états-unien à propos de l’interdiction de la pornographie.

Judith Butler a notamment démontré, dans « Le Pouvoir des mots. Politique du performatif », que l’appel à la justice (et donc à une certaine forme de pouvoir) pour régler ces questions était à double tranchant.

Les juges ne sont en effet pas exempt de préjugés. Elle cite notamment R. A. V. v. City of St. Paul (1992, http://en.wikipedia.org/wiki/R._A._V._v._City_of_St._Paul) où la Cour suprême US a considéré que brûler une croix (à la manière du KKK) dans un quartier noir relevait de la liberté d’expression.

La Cour suprême US est maintenant dominée par les théo-néo-cons. Tout cela ne fait que déplacer les luttes de pouvoir autour des nominations des juges.

A faire appel aux décisions des magistrats pour trancher leurs différends, les citoyens ne se privent-ils pas du moyen d’élaborer ensemble et d’eux-mêmes des procédures de conciliation?

2/ On a souvent accusé l’indigénisme d’être un ethnicisme. Le risque n’est pas inexistant, mais cette accusation est facile à faire et raye quelques siècles d’exploitation et de racisme de la part des élites blanches.

 
julioiglesias666 | a l'aise
04H28 14/05/2008

l article parle de domination anglophone! par un journaliste français, ça fait plaisir! tu vois, les barbares sont même rendus à vos portes.

Accommodement raisonnables: deja le terme est manipulateur, comment on peut être contre quelque chose de raisonnable?

objectivement, accommodement raisonnables = violation de la laïcité de l’état.

résultat: polarisation des québécois francophone et des minorités (un peu comme la discrimination positive).

canada multiculturel? MC*.
Il n y a que deux groupes au canada: groupes A: anglophone, groupe B: francophone (a ne pas confondre avec les franco-europeens comme les francais, belges ou autres!!!). Mais étrangement, il n y a que le groupe B qui peut fonctionner dans les deux langues, 49% des immigrants parlent en anglais dans le territoire du groupe B et 100% des immigrants parlent anglais dans le territoire du groupe A. De plus, le groupe A, qui fait 75% de la population est unilingue mono culturel. Donc conclusion, le groupe B se fait enculer (a sec) par le groupe A. (mais bon c est bien nous les cons parce qu’ on a voté NON au dernier référendum, comme quoi l’assimilation vient de l’intérieur, comme un cancer)

*MC= mon cul

Le canada: pas multiculturel! disons multiculturel à sens uniques plutôt.

Analogie: demain matin, Bush devient chef d etat de la france… on voit bien dans quel sens le le « multi culturalisme » irait! Moi en tout cas on ne me la fait pas. La France n’a rien a gagner avec cette merde qui place l’individu (via la cour suprême) au dessus de la culture et des peuples.

En France demain matin? c est la révolution et tant mieux.

Les accommodement raisonnables, (ou plutôt la violation de la laïcité de l’état) sont l’application du multiculturalisme (à sens uniques) au Québec car la cour suprême n’est pas québecoise, elle est fédérale. En gros, c’est des étrangers (les anglophones) qui te disent ce qui est bon ou pas bon chez toi.

Vive la république indivisible de France. Le perdez pas le nord en court-circuitant votre nation. Jeanne d’Arc n est pas crevée pour rien.

PS: Jaycib comprend rien:

les indépendantistes ont raison, ils ont la réponse aux grandes questions:

mondialisation: comment faire survivre votre culture? AVEC UN SIEGE A L’ONU!!! pas avec une minorité dans un parlement de guignols.

environnement: les québécois sont massivement pro kyoto. Si on avait un état souverain, il y aurait un pays de plus pour ratifier kyoto.

C est le canada qui a tout a gagner en « gardant » le québec.

Le multiculturalisme (concept éphémere) c’est bien, mais pas chez soi!

Au fait si c est si bien cette fédération faible (canada), pourquoi la france ne deviendrait elle pas une province du Canada ???!!!

 
jissé | Ingé retraité
17H23 14/05/2008

Bonjour.

Ne parlez pas à la place des canadiens.

Merci

Jc
http://www.cyberpresse.ca/article/20080514/CPMONDE/80514061/5281/CPMONDE

 
Kudrat Singh Ménir | DHARM Droits Humains-Altérité- Respect d...
18H22 19/05/2008

« La seule chose qui soit universelle concernant les Droits de l’Homme, c’est leur violation ! ». C’est la première remarque que me fit en 2004 le Président de la Commission indienne des Droits de l’Homme, lors d’une audience consacrée à l’affaire du turban sikh en France.
Les élites françaises seraient en effet plus à l’aise pour réfuter les accusations d’ethnocentrisme si elles ne s’étaient pas fourvoyées en traitant de manière calamiteuse une question aussi symbolique quant à la dimension universelle de la dignité humaine, pierre angulaire de l’édifice des Droits Humains.
Le respect des Droits de l’Homme se mesure concrètement au respect par les dirigeants politiques, religieux ou politico-religieux, des droits de tous les hommes, où qu’ils vivent.
Il faut bien reconnaître que rares sont ceux qui, à l’instar du dalaï-lama, prônent l’unicité de l’espèce humaine et joignent le geste à la parole.
La dictature de la majorité, la discrimination directe ou indirecte, l’exclusion et l’acculturation jusqu’à la pulsion ethnocidaire forment l’ordinaire, parfois sous couvert de religion, parfois sous couvert d’idéologie, et parfois même sous couvert de laïcité, de celles et ceux qui n’ont pas d’autre tort que de compter parmi les plus faibles.
La mondialisation nous a tous rendus interdépendants, en premier lieu sur ces questions universelles. Et c’est tant mieux. L’ethnologue Jean Monod écrivait en 1970 : «  Si l’enjeu de l’existence de l’espèce résidait dans l’écart risqué entre ses membres ? Si l’unité était à cette condition, horizon toujours élargi multipliant sans fin ses chances, toute autre définition ne visant qu’à interrompre sa croissance et trahissant l’asservissement du savoir à la loi, de l’esprit à la force, de l’individu non à l’espèce (dont nul ne peut sans terrorisme arrêter la figure, en chaque homme, époque, civilisation ressuscitée hors de ses détournements enfantins), mais à l’armée des petits chefs qui, pétrissant l’humanité à l’image de leur pessimisme, font révérer comme nécessaire l’ordre qui favorise leurs prédations ? »