
Le Kosovo multiethnique est sur pied. Du moins dans les textes. La constitution adoptée le 9 avril dernier par le Parlement, et qui rentrera en vigueur le 15 juin, érige ce principe en pilier du nouvel Etat. De la théorie à la pratique, il y a un pas difficile à franchir. En effet, la situation économique et politique d'un Etat naissant rejette cette question, en dépit des discours, au second plan.
Le Kosovo est peuplé à 90% d'Albanais qui coexistent avec cinq minorités, officiellement reconnues comme telles : bosniaque, turque, gorani, serbe et « RAE » (appellation englobant les Roms, Ashkalis et Egyptiens).
Au regard du conflit entre Serbes et Albanais en 1999, l'ancien représentant du secrétaire générale de l'ONU, Martti Ahtisaari, préconisait en mars 2007, l'établissement d'une constitution respectant les droits de chaque minorité. C'est sur la base de ce plan que les organisations internationales accompagnent actuellement l'indépendance de l'ancienne province serbe.
L'European center for minority issues (Ecmi) est une institution germano-danoise dont la tâche principale au Kosovo est d'aider à bâtir, en collaboration avec le gouvernement, une législation propre aux minorités. Pour son directeur à Pristina, Adrian Zeqiri, le principal obstacle à une amélioration de la situation des minorités est la faiblesse du budget qui lui est alloué :
« Beaucoup de personnes issues des minorités ont soutenu l'indépendance car ils pensaient que ça allait améliorer leurs conditions de vie. Mais le gouvernement n'a pas, pour le moment, les moyens de son action. »
Aux municipalités le fardeau de la question des minorités
La question des minorités au Kosovo est en fait largement sous-traitée à l'échelle locale. La nouvelle constitution entend préserver « l'autonomie des minorités » en donnant, en ce domaine, de larges prérogatives aux municipalités. Or celles-ci sont loin de pouvoir porter, dans l'immédiat, un tel fardeau.
A Prizren, ville de 240 000 habitants située dans le sud du pays, et sans doute la plus cosmopolite du Kosovo, on ne sait par quel bout prendre le problème. Pour pouvoir garantir des droits à ces minorités, encore faut-il être en mesure d'en évaluer le nombre et les besoins. Selon Islam Elshani, responsable municipal pour les minorités rom, ashkali et égyptienne : « On sait combien viennent travailler à Prizren, mais on ne sait pas combien y résident. »
Or, nombre de mesures prises en leur faveur doivent théoriquement être calculées sur la base d'un tel recensement : budget, postes dans l'administration, aménagement des classes dans les écoles. Mêmes difficultés à Firezaj-Urosevac, à quelques kilomètres au nord, où les autorités locales n'ont pas, elles non plus, les instruments pour évaluer ces populations.
Une incapacité technique qui coupe l'herbe sous les pieds de ceux qui souhaitaient instaurer une politique de « discrimination positive » comme réponse au problème kosovar. De plus, la notion de multiethnicité est d'abord le fruit d'une vue occidentale, à laquelle les politiques et le personnel administratif du pays ont bien dû se conformer.

Dans les régions du sud du pays, notamment celle de Prizren, dessiner les contours d'une minorité turque, par opposition à une majorité albanaise, n'est pas une tâche aisée, un individu pouvant se réclamer naturellement des deux.
Le chiffrage réel des minorités au Kosovo ne pourra être établi qu'en novembre prochain, date du premier recensement national depuis 1981. Cette initiative est jugée prématurée par les Serbes, qui considèrent que nombre d'entre eux, qui avaient fui le nettoyage ethnique d'après guerre, ne sont pas encore rentrés.
D'ailleurs, le retour des populations sera un enjeu majeurs dans les années à venir. Les Roms, par exemple, dont le nombre était évalué à 250 000 avant l'intervention de l'Otan, ne sont plus qu'une trentaine de milliers actuellement. Et l'Union internationale romani a réitéré, en février dernier, sa condamnation des expulsions de Roms vers le Kosovo « au prétexte que celui-ci était devenu souverain et sûr ».
Chaque groupe a des besoins spécifiques à satisfaire
Pour l'Ecmi, la politique du nouvel état n'est pas de « faire un tout », en mixant les cultures mais de garantir à chaque communauté la possibilité de « vivre selon ses traditions », ce qui demande une adaptation de l'administration aux besoins spécifiques de chaque communauté.
Si l'accès à l'emploi reste problématique pour toutes les communautés, « les efforts en matière d'éducation concernent plus directement les Roms et les Turcs, tandis que la sécurité est une demande plus particulière des Serbes », détaille Adrian Zeqiri.
La question serbe, qui revêt un aspect bien plus politique que celle des Roms ou des Bosniaques, s'est d'ailleurs radicalisée avec l'accession du Kosovo à l'indépendance. Les mairies regrettent leur absence des administrations, qu'elles imputent aux pressions de Belgrade. Une situation qui perdure. Il y a un an, Marti Ahtisaari demandait déjà à cette minorité de collaborer aux institutions kosovares.
La Serbie entend, de plus, faire participer les quelques 100 000 serbes du Kosovo à ses élections législatives du 11 mai prochain. Un imbroglio politique qui se joue dans un contexte de tension interethnique, que seule la présence internationale permet de contenir à peu près. Un officier de l'Otan le reconnaît :
« On est venu pour défendre le Kosovo d'une agression serbe, et cela fait dix ans que nous protégeons les minorités serbes des agressions albanaises. »
Si à l'heure de la contestation de Belgrade, les discours se veulent rassurants quant au traitement de minorités dans le nouvel état, celles-ci risquent de ne pas voir d'importantes améliorations dans l'immédiat.


























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De Beeks
10H10 | 11/05/2008 |
bienvenue au club.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 10H40 | 11/05/2008 |
Bel effort !
Kosovo : un Liban dans les Balkans ? Quel sac de noeuds ! Imaginons un ou deux départements français devant administrer les droits de six ou sept minorités ethniques ou religieuses différentes…
Pour l'heure, une telle proposition me paraît inapplicable, dans cette région en tout cas. Il y faudrait des budgets inépuisables et des gestionnaires au dessus de tout soupçon. Nous sommmes loin du compte, semble-t-il.
à Jaycib
De I.P
Flat4 | 01H14 | 12/05/2008 |
Kosovo : un Liban dans les Balkans ? Quel sac de noeuds ! Imaginons un ou deux départements français devant administrer les droits de six ou sept minorités ethniques ou religieuses différentes…
Facile !
Il n'y a justement qu'à découper le Kosovo en départements autonomes suivant l'ethnie des habitants. Ensuite on met en place un processus d'indépendance pour chaque département et on créé un nouveau pays pour chacun.
Hummm…
J'ai l'impression qu'un truc ne va pas dans ma solution.
De said sellali
cadre à nantes | 11H27 | 11/05/2008 |
Seule solution pour des Etats multiethniques et multiconfessionnels : déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique, dans le cadre d'un Etat séculier. A moins de cela, c'est comme appliquer un cauter sur une jambe de bois, c'est inutile.
à said sellali
De pablico
13H43 | 11/05/2008 |
la Laïcité c'est vraiment une belle invention. On est citoyen d'abord, et chez soi on est ce qu'on veut.
Et dire qu'il y a des gens qui travaillent contre cela en France.
Regardez le bordel qui existe, et qui se génère si on n'en fait pas un principe, une pseudo-religion. Vive la Laïcité
De Bois-Guisbert
Rédacteur | 11H44 | 11/05/2008 |
« Seule solution pour des Etats multiethniques et multiconfessionnels : déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique, dans le cadre d'un Etat séculier. »
Ce n'est pas ce qu'avait fait Tito ? Alors, on ne peut pas dire que la formule sout concluante à long terme… Il ne suffit de proclamer « Tout le monde, il est égaux », pour en finir avec les haines ancestrales.
La France, multiethnique et multireligieuse, le découvrira à son détriment, d'ici quelques années. Il en ressort un enseignement majeur : il ne faut jamais obliger à vivre ensemble des populations qui n'ont pas vocation à cela !
à Bois-Guisbert
De said sellali
cadre à nantes | 12H02 | 11/05/2008 |
En France, Bois-Guibert, ce n'est pas si mal que ça. Ensuite, Tito s'est planté car son régime était autoritaire et que dans les faits,l'égalité n'était plus appliquée, même dans les objectifs.
à said sellali
De pablico
14H34 | 11/05/2008 |
Tito n'a pas eu assez de temps, je crois qu'il donnait une prime à chaque mariage inter ethnique.
plus il y a de brassage inter ethnique moins on aura de problème.
Un enfant né de ce mariage aura du mal à choisir vraiment entre son père ou sa mère, il prendra une voie médiane, la laïcité (en règle générale bien sur). Si il choisi cela sera très temporisé.
à pablico
De I.P
Flat4 | 01H16 | 12/05/2008 |
Tito n'a pas eu assez de temps
C'est bien tout le problème des régimes autoritaires qui ne tiennent que par la force d'un homme…
De said sellali
cadre à nantes | 12H05 | 11/05/2008 |
Je rajouterais qu'en France, la plupart des gens acceptent de vivre ensemble. Ex : le taux de mariage mixte en France est le plus élevé de tous les pays développés. Concrètement, tous les jours est un plébiscite pour ce vivre ensemble.
De lili25
déchaînée | 13H29 | 11/05/2008 |
La sécurité n'est pas une demande particulière des serbes, elle est aussi importante chez les Roms qui subissent une importante discrimination et beaucoup de racisme (comme partout dans le monde d'ailleurs…) avec mutiples sortes d'agressions de la part des albanais du Kosovo… pas de droit au travail ou dans des conditions abominables, quant au droit au logement et à l'éducation… la preuve en est dans ce même article où il est indiqué qu'ils étaient 250000 et seulement 30000 maintenant. La question serbe ne revêt donc pas un aspect plus politique que pour ces autres minorités, en tout cas pour ce qui concerne les Roms.
De Humain
13H52 | 11/05/2008 |
On peut toujours comparer les situations du Kosovo à celle du Pays Basque, des Bretons, où même de la Corse ! ! Mais où va-t-on ?
Il se trouve que le Kosovo (qui n'existait pas vraiment encore ! ) a signé en 1996, un agrément concernant l'interconnexion des corridors Européens VIII et X, qui justement correspondait à l'implantation d'une gigantesque base Américaine au Kosovo servant également à abriter les troupes de l'ONU-OTAN-UE qui défrayèrent les chroniques de l'époque.
Nous devenons vraiment experts en « non dire » tout en exprimant une « volonté de dire » à base de « culture » qui ne devient que le vecteur d'un nouveau système economique, dans lequel n'existe en en fait que l'interet financier.
A ma connaissance, au Kosovo, les minorités n'ont jamais été au premier plan .
De Phil2922
Retraite invalidité | 13H33 | 11/05/2008 |
le Kosovo, je croyais que Kouchner devait s'en occuper définitivement… Ah oui, en fait ce n'était que des « élucubrations » de sa part ; comme sur la tunisie… !
http://phil195829.overblog.com
De lili25
déchaînée | 13H36 | 11/05/2008 |
D'accord avec Said, il faut d'abord commencer par déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique pour que puisse fonctionner une société multiethnique et multiconfessionnelle. C'est en tout cas un bon début et une condition sine qua none même si cela ne suffit pas.
De lili25
déchaînée | 13H36 | 11/05/2008 |
D'accord avec Said, il faut d'abord commencer par déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique pour que puisse fonctionner une société multiethnique et multiconfessionnelle. C'est en tout cas un bon début et une condition sine qua none même si cela ne suffit pas.
De lili25
déchaînée | 13H36 | 11/05/2008 |
D'accord avec Said, il faut d'abord commencer par déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique pour que puisse fonctionner une société multiethnique et multiconfessionnelle. C'est en tout cas un bon début et une condition sine qua none même si cela ne suffit pas.
à lili25
De Sacha25
21H50 | 11/05/2008 |
En fait, il faut revenir sur 6000 ans « d'éducation »
De Humain
13H53 | 11/05/2008 |
A ma connaissance, au Kosovo, les minorités n'ont jamais été au premier plan .
On peut toujours comparer les situations du Kosovo à celle du Pays Basque, des Bretons, où même de la Corse ! ! Mais où va-t-on ?
Il se trouve que le Kosovo (qui n'existait pas vraiment encore ! ) a signé en 1996, un agrément concernant l'interconnexion des corridors Européens VIII et X, qui justement correspondait à l'implantation d'une gigantesque base Américaine au Kosovo servant également à abriter les troupes de l'ONU-OTAN-UE qui défrayèrent les chroniques de l'époque.
On peut aussi se demander si l'indépendance des peuples, n'est pas (comme celle qui valut la révolution Orange il y a quelques années à l'Ukraine) une simple question de dollars, d'Euros, de gaz et de pétrole…. Plutôt que de peuple, de social, et de vie en famille.
Nous devenons vraiment experts en « non dire » tout en exprimant une « volonté de dire » à base de « culture » qui ne devient que le vecteur d'un nouveau système economique, dans lequel n'existe en en fait que l'interet financier.
De pcak
13H55 | 11/05/2008 |
Quand le Kosovo intégrera l'U.E. celle ci va lui appliquer le droit des minorités ce qui est inéluctable puisque le Kosvo les distingue lui même. On peut parier que dès qu'il verront l'addition ceux qui le dirigent vont opter pour un statut de citoyens tous égaux quelle que soient leurs origines.
à pcak
De Humain
14H05 | 11/05/2008 |
Ha bon, en Europe il y a un droit pour les minorités ?
à Humain
De djugurtha73
exilé malgré lui | 19H21 | 11/05/2008 |
quesqu'on va dire des droits des kabyles en algerie ! ! !
pourtant ils sont bien chez eux
à pcak
De DBL8
Retraité | 14H10 | 11/05/2008 |
Et oui ! !
Et le fric va couler à flot dans ce pays avec ce que va lui donner l'Europe.
Plus une base des EU et le l'OTAN… que demander de plus ?
Par ici la monnaie… qu'ils doivent penser en ouvrant bien grand leurs porte-monnaie.
De ex-riverain
x | 14H09 | 11/05/2008 |
« Le Kosovo multiethnique est sur pied. »
qui a protesté quand les civils Serbes du Kosovo ont été persécutés ? victimes collatérales d´une guerre qu´ils n´ont pas forcément voulu et dont ils n´ont pas a subir le coût.
« De plus, la notion de multiethnicité est d'abord le fruit d'une vue occidentale. »
ah bon ? je croyais plutôt que le morcellement de l´ex Yougoslavie avait justement été accompagné par l´occident, quitte a alimenter les nationalismes et, disons-le, l´épuration ethnique de chaque nouvel Etat.
la création du Kosovo est l´archétype d´une telle vision.
au passage, on a pas eu de probleme pour s´allier avec les teroristes de l´UCK, « armée de libération » criminelle.
de plus cet Etat du Kosovo est le « machin » de l´OTAN qui apparaît dans la constitution même du pays, l´OTAN organisation (criminelle aussi, on reste entre potes) qui y a installé son petit guantanamo local, camp bondsteel.
épuration ethnique, oui, mais grâce aux donneurs de lecon de l´occident.
De Marc Etcheverry (auteur)
Journaliste | 14H19 | 11/05/2008 |
Pour répondre à lili25.
Il est vrai que la question de la sécurité concerne aussi les Roms. Les exactions à leur encontre ont été nombreuses.
Ceci étant, lors de mes diverses rencontres de Roms, à Ferizaj, à Mitrovica (camp d'Osterode) ou à Prizren, ils me parlaient spontanément des difficultés d'accès à l'éducation, à la santé et au travail. Ce que m'a confirmé également l'ECMI. Ceci ne veut pas dire que l'insécurité n'existe pas. En cela, d'ailleurs, la question de expulsions de Roms en direction de la Serbie et du Kosovo reste problématique en raison de l'hostilité de certaines communautés (en Voïvodine par exemple, mais pas seulement). Je vous encourage à jeter un oeil sur le Courrier des Balkans qui traite bien de ses sujets.
Enfin, la question est moins « politique » dans le sens ou elle concerne peu l'orientation politique du nouvel état, ainsi que les préoccupations de la communauté internationale. A ce sujet, beaucoup de Roms se plaignent de ne pas avoir une représentation politique suffisante pour faire valoir leurs droits
à Marc Etcheverry
De rpennetier
Ingénieur en retraite | 10H16 | 12/05/2008 |
Etcheverry, c'est basque, non ?
D'où votre soutien à ECMI, ce club créé et soutenu par les allemands qui intervient partout pour diviser, sauf en Allemagne évidemment. Diviser pour règner.
Mais je n'ai rien contre la défense, pure, des minotités, dans le cadre d'un état. Et surtoute ne pas morceller à l'infini …Ce que l'on a fait avec la Yougoslavie et que l'on continue avec le Kosovo…Ce qui ne résoud rien, sauf que les mêmes problèmes se reposent avec de moins en moins de moyen pour les résoudre ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
C'est pourquoi il avait été décider de ne plus toucher aux frontières. Mais çà ne fait pas le bonheur de ceux qui vivent de ses divisions.
Jeune homme, vous m'êtes sympathique, mais méfiez-vous de ceux qui vous utilisent.
à rpennetier
De Marc Etcheverry
(auteur)
Journaliste | 11H06 | 12/05/2008 |
Je vous remercie pour l'attention que vous me portez. Mais ne vous inquiétez pas, ce n'est pas mon premier reportage. Je reste tout autant méfiant à l'égard de ceux qui prône un morcellement à outrance que de ceux qui me disent (au Kosovo, en Serbie ou en France), « que c'était mieux avant ».
En revanche, votre racourci « basque donc soutenant l'ECMI » me semble un peu douteux et un peu facile. JE suis allé à leur rencontre car il collabore sur la législation en matière de minorités au Kosovo. De plus, je ne pense pas avoir marqué un quelconque soutien.
Dernière chose : la question du traitement des minorités est un sujet qu'exploite allègrement Belgrade pour montrer l'inéfficacité de l'état kosovar. Ce n'est donc pas un sujet facile à traiter, sans tomber sous la critique des uns ou des autres. Si mon travail avait été complètement dicté par mes origines basques (ce qui remettrait sérieusement au cause mon travail de journaliste), j'aurais sans doute rendu un papier moins critique vis à vis du traitement des minorités (nombre de Basques ayant été favorables à l'indépendance du Kosovo)
Bonne journée
De Caius
Expert en management | 14H33 | 11/05/2008 |
Il y avait un pays qui s'appelait Yougoslavie. Une république fédérale dans laquelle toutes les ethnies ou cultures qui le constituaient coexistaient pacifiquement. Ce n'était pas le paradis, bien sûr, mais cela fonctionnait assez bien.
Et puis on l'a découpé en morceaux sous la pression des nationalistes. Et dans chacun de ces morceaux, on s'est retrouvé avec une ethnie largement majoritaire, et des ethnies qui, du coup, sont devenues des minorités. Comment pouvait-on croire, raisonnablement, que cela ne les dresserait pas durablement les unes contre les autres ?
Majoritaires dans un Kosovo serbe, ses Serbes sont devenus une minorité d'un Kosovo à majorité albanophone. On a échangé les étiquettes, mais pas résolu le problème.
Est-ce que l'avenir des nations est vraiment un découpage sans fin de grandes nations multiethniques en microscopiques états presque monoethniques ? Ce n'est nullement un progrès, c'est une régression. Seuls de grands états multiethniques ont la légitimité et les moyens de préserver le statut de leurs minorités en les traitant sur un pied d'égalité.
S'il était possible de recréer la Yougoslavie, en tirant les leçons de l'histoire récente, une Yougoslavie aux institutions modernisées, accueillie à bras ouverts dans l'Europe, ce serait peut-être la solution à tous ces affrontements ethniques d'un autre âge. Mais ce n'est sans doute qu'une utopie.
à Caius
De Sacha25
14H45 | 11/05/2008 |
Il y avait un pays qui s'appelait Yougoslavie. Une république fédérale dans laquelle toutes les ethnies ou cultures qui le constituaient devaient obéir à un dictateur.
La plupart des gens n'en ont pas voulu. Exit donc tout naturellement la Yougoslavie.
Une partie tente de se constituer à l'ancienne sur une base dictatoriale, raciste et haineuse : la religion (qui rappelons-le impose l'obéissance absolue aux « soi-disant représentants » de leur prophète).
Même cause, mêmes effets
à Sacha25
De Caius
Expert en management | 13H10 | 12/05/2008 |
Bien sûr, Sacha, la Yougoslavie de Tito n'était sûrement pas un modèle de démocratie. Il est seulement dommage que ses habitants n'aient pas su faire évoluer le pays vers la démocratie en restant unis. On voit où cet émiettement les a conduits.
à Caius
De DBL8
Retraité | 14H59 | 11/05/2008 |
Les hommes politiques avec l'assentiment des populations, veulent une Europe unis, et d'un autre coté, des pays ce partagent !
Cherchez l'erreur. Et en plus certains approuvent !
Quand sera-t-il dans quelques dizaines d'années ?
Faudra-t-il les forcer par les armes à se réunir OU à ce désunir ?
Feront-nous, nous aussi comme les EU (États Unis)dans la deuxième moitié du 19 em siècle, une guerre civile pour ce séparer OU obliger des pays à rester dans l'Europe ?
Allez les phtisie, prédisez ! !