Kosovo: les minorités reléguées au second plan

Un Albanais du Kosovo devant le mur des Disparus de la guerre à Pristina (H.Reka/Reuters).

Le Kosovo multiethnique est sur pied. Du moins dans les textes. La constitution adoptée le 9 avril dernier par le Parlement, et qui rentrera en vigueur le 15 juin, érige ce principe en pilier du nouvel Etat. De la théorie à la pratique, il y a un pas difficile à franchir. En effet, la situation économique et politique d’un Etat naissant rejette cette question, en dépit des discours, au second plan.

Le Kosovo est peuplé à 90% d’Albanais qui coexistent avec cinq minorités, officiellement reconnues comme telles: bosniaque, turque, gorani, serbe et "RAE" (appellation englobant les Roms, Ashkalis et Egyptiens).

Au regard du conflit entre Serbes et Albanais en 1999, l’ancien représentant du secrétaire générale de l’ONU, Martti Ahtisaari, préconisait en mars 2007, l’établissement d’une constitution respectant les droits de chaque minorité. C’est sur la base de ce plan que les organisations internationales accompagnent actuellement l’indépendance de l’ancienne province serbe.

L’European center for minority issues (Ecmi) est une institution germano-danoise dont la tâche principale au Kosovo est d’aider à bâtir, en collaboration avec le gouvernement, une législation propre aux minorités. Pour son directeur à Pristina, Adrian Zeqiri, le principal obstacle à une amélioration de la situation des minorités est la faiblesse du budget qui lui est alloué:

"Beaucoup de personnes issues des minorités ont soutenu l’indépendance car ils pensaient que ça allait améliorer leurs conditions de vie. Mais le gouvernement n’a pas, pour le moment, les moyens de son action."

Aux municipalités le fardeau de la question des minorités

La question des minorités au Kosovo est en fait largement sous-traitée à l’échelle locale. La nouvelle constitution entend préserver "l’autonomie des minorités" en donnant, en ce domaine, de larges prérogatives aux municipalités. Or celles-ci sont loin de pouvoir porter, dans l’immédiat, un tel fardeau.

A Prizren, ville de 240 000 habitants située dans le sud du pays, et sans doute la plus cosmopolite du Kosovo, on ne sait par quel bout prendre le problème. Pour pouvoir garantir des droits à ces minorités, encore faut-il être en mesure d’en évaluer le nombre et les besoins. Selon Islam Elshani, responsable municipal pour les minorités rom, ashkali et égyptienne: "On sait combien viennent travailler à Prizren, mais on ne sait pas combien y résident."

Or, nombre de mesures prises en leur faveur doivent théoriquement être calculées sur la base d’un tel recensement: budget, postes dans l’administration, aménagement des classes dans les écoles. Mêmes difficultés à Firezaj-Urosevac, à quelques kilomètres au nord, où les autorités locales n’ont pas, elles non plus, les instruments pour évaluer ces populations.

Une incapacité technique qui coupe l’herbe sous les pieds de ceux qui souhaitaient instaurer une politique de "discrimination positive" comme réponse au problème kosovar. De plus, la notion de multiethnicité est d’abord le fruit d’une vue occidentale, à laquelle les politiques et le personnel administratif du pays ont bien dû se conformer.

Le quartier Rom de Mitrovica, en cours de reconstruction (M. Etcheverry).

Dans les régions du sud du pays, notamment celle de Prizren, dessiner les contours d’une minorité turque, par opposition à une majorité albanaise, n’est pas une tâche aisée, un individu pouvant se réclamer naturellement des deux.

Le chiffrage réel des minorités au Kosovo ne pourra être établi qu’en novembre prochain, date du premier recensement national depuis 1981. Cette initiative est jugée prématurée par les Serbes, qui considèrent que nombre d’entre eux, qui avaient fui le nettoyage ethnique d’après guerre, ne sont pas encore rentrés.

D’ailleurs, le retour des populations sera un enjeu majeurs dans les années à venir. Les Roms, par exemple, dont le nombre était évalué à 250 000 avant l’intervention de l’Otan, ne sont plus qu’une trentaine de milliers actuellement. Et l’Union internationale romani a réitéré, en février dernier, sa condamnation des expulsions de Roms vers le Kosovo "au prétexte que celui-ci était devenu souverain et sûr".

Chaque groupe a des besoins spécifiques à satisfaire

Pour l’Ecmi, la politique du nouvel état n’est pas de "faire un tout", en mixant les cultures mais de garantir à chaque communauté la possibilité de "vivre selon ses traditions", ce qui demande une adaptation de l’administration aux besoins spécifiques de chaque communauté.

Si l’accès à l’emploi reste problématique pour toutes les communautés, "les efforts en matière d’éducation concernent plus directement les Roms et les Turcs, tandis que la sécurité est une demande plus particulière des Serbes", détaille Adrian Zeqiri.

La question serbe, qui revêt un aspect bien plus politique que celle des Roms ou des Bosniaques, s’est d’ailleurs radicalisée avec l’accession du Kosovo à l’indépendance. Les mairies regrettent leur absence des administrations, qu’elles imputent aux pressions de Belgrade. Une situation qui perdure. Il y a un an, Marti Ahtisaari demandait déjà à cette minorité de collaborer aux institutions kosovares.

La Serbie entend, de plus, faire participer les quelques 100 000 serbes du Kosovo à ses élections législatives du 11 mai prochain. Un imbroglio politique qui se joue dans un contexte de tension interethnique, que seule la présence internationale permet de contenir à peu près. Un officier de l'Otan le reconnaît:

"On est venu pour défendre le Kosovo d’une agression serbe, et cela fait dix ans que nous protégeons les minorités serbes des agressions albanaises."

Si à l’heure de la contestation de Belgrade, les discours se veulent rassurants quant au traitement de minorités dans le nouvel état, celles-ci risquent de ne pas voir d’importantes améliorations dans l’immédiat.


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11H10 11/05/2008

bienvenue au club.

 
11H40 11/05/2008

Bel effort !

Kosovo : un Liban dans les Balkans ? Quel sac de noeuds ! Imaginons un ou deux départements français devant administrer les droits de six ou sept minorités ethniques ou religieuses différentes...
Pour l'heure, une telle proposition me paraît inapplicable, dans cette région en tout cas. Il y faudrait des budgets inépuisables et des gestionnaires au dessus de tout soupçon. Nous sommmes loin du compte, semble-t-il.

 
I.P
02H14 12/05/2008


Kosovo : un Liban dans les Balkans ? Quel sac de noeuds ! Imaginons un ou deux départements français devant administrer les droits de six ou sept minorités ethniques ou religieuses différentes...

Facile !
Il n'y a justement qu'à découper le Kosovo en départements autonomes suivant l'ethnie des habitants. Ensuite on met en place un processus d'indépendance pour chaque département et on créé un nouveau pays pour chacun.
Hummm...
J'ai l'impression qu'un truc ne va pas dans ma solution.

 
12H27 11/05/2008

Seule solution pour des Etats multiethniques et multiconfessionnels: déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique, dans le cadre d'un Etat séculier. A moins de cela, c'est comme appliquer un cauter sur une jambe de bois, c'est inutile.

 
14H43 11/05/2008

la Laïcité c'est vraiment une belle invention. On est citoyen d'abord, et chez soi on est ce qu'on veut.
Et dire qu'il y a des gens qui travaillent contre cela en France.
Regardez le bordel qui existe, et qui se génère si on n'en fait pas un principe, une pseudo-religion. Vive la Laïcité

 
12H44 11/05/2008

"Seule solution pour des Etats multiethniques et multiconfessionnels: déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique, dans le cadre d'un Etat séculier."

Ce n'est pas ce qu'avait fait Tito ? Alors, on ne peut pas dire que la formule sout concluante à long terme... Il ne suffit de proclamer "Tout le monde, il est égaux", pour en finir avec les haines ancestrales.

La France, multiethnique et multireligieuse, le découvrira à son détriment, d'ici quelques années. Il en ressort un enseignement majeur : il ne faut jamais obliger à vivre ensemble des populations qui n'ont pas vocation à cela !

 
13H02 11/05/2008

En France, Bois-Guibert, ce n'est pas si mal que ça. Ensuite, Tito s'est planté car son régime était autoritaire et que dans les faits,l'égalité n'était plus appliquée, même dans les objectifs.

 
15H34 11/05/2008

Tito n'a pas eu assez de temps, je crois qu'il donnait une prime à chaque mariage inter ethnique.
plus il y a de brassage inter ethnique moins on aura de problème.
Un enfant né de ce mariage aura du mal à choisir vraiment entre son père ou sa mère, il prendra une voie médiane, la laïcité (en règle générale bien sur). Si il choisi cela sera très temporisé.

 
I.P
02H16 12/05/2008


Tito n'a pas eu assez de temps

C'est bien tout le problème des régimes autoritaires qui ne tiennent que par la force d'un homme...

 
13H05 11/05/2008

Je rajouterais qu'en France, la plupart des gens acceptent de vivre ensemble. Ex: le taux de mariage mixte en France est le plus élevé de tous les pays développés. Concrètement, tous les jours est un plébiscite pour ce vivre ensemble.

 
14H29 11/05/2008

La sécurité n'est pas une demande particulière des serbes, elle est aussi importante chez les Roms qui subissent une importante discrimination et beaucoup de racisme (comme partout dans le monde d'ailleurs...) avec mutiples sortes d'agressions de la part des albanais du Kosovo... pas de droit au travail ou dans des conditions abominables, quant au droit au logement et à l'éducation... la preuve en est dans ce même article où il est indiqué qu'ils étaient 250000 et seulement 30000 maintenant. La question serbe ne revêt donc pas un aspect plus politique que pour ces autres minorités, en tout cas pour ce qui concerne les Roms.

 
Humain | Quidam républicain attaché à la démocrat...
14H52 11/05/2008

On peut toujours comparer les situations du Kosovo à celle du Pays Basque, des Bretons, où même de la Corse!! Mais où va-t-on ?

Il se trouve que le Kosovo (qui n'existait pas vraiment encore!) a signé en 1996, un agrément concernant l'interconnexion des corridors Européens VIII et X, qui justement correspondait à l'implantation d'une gigantesque base Américaine au Kosovo servant également à abriter les troupes de l'ONU-OTAN-UE qui défrayèrent les chroniques de l'époque.

Nous devenons vraiment experts en "non dire" tout en exprimant une "volonté de dire" à base de "culture" qui ne devient que le vecteur d'un nouveau système economique, dans lequel n'existe en en fait que l'interet financier.

A ma connaissance, au Kosovo, les minorités n'ont jamais été au premier plan .

 
14H33 11/05/2008

le Kosovo, je croyais que Kouchner devait s'en occuper définitivement... Ah oui, en fait ce n'était que des "élucubrations" de sa part; comme sur la tunisie...!

http://phil195829.overblog.com

 
14H36 11/05/2008

D'accord avec Said, il faut d'abord commencer par déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique pour que puisse fonctionner une société multiethnique et multiconfessionnelle. C'est en tout cas un bon début et une condition sine qua none même si cela ne suffit pas.

 
14H36 11/05/2008

D'accord avec Said, il faut d'abord commencer par déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique pour que puisse fonctionner une société multiethnique et multiconfessionnelle. C'est en tout cas un bon début et une condition sine qua none même si cela ne suffit pas.

 
14H36 11/05/2008

D'accord avec Said, il faut d'abord commencer par déconfessionnaliser et désethniciser la chose publique pour que puisse fonctionner une société multiethnique et multiconfessionnelle. C'est en tout cas un bon début et une condition sine qua none même si cela ne suffit pas.

 
22H50 11/05/2008

En fait, il faut revenir sur 6000 ans "d'éducation"

 
Humain | Quidam républicain attaché à la démocrat...
14H53 11/05/2008

A ma connaissance, au Kosovo, les minorités n'ont jamais été au premier plan .

On peut toujours comparer les situations du Kosovo à celle du Pays Basque, des Bretons, où même de la Corse!! Mais où va-t-on ?

Il se trouve que le Kosovo (qui n'existait pas vraiment encore!) a signé en 1996, un agrément concernant l'interconnexion des corridors Européens VIII et X, qui justement correspondait à l'implantation d'une gigantesque base Américaine au Kosovo servant également à abriter les troupes de l'ONU-OTAN-UE qui défrayèrent les chroniques de l'époque.

On peut aussi se demander si l'indépendance des peuples, n'est pas (comme celle qui valut la révolution Orange il y a quelques années à l'Ukraine) une simple question de dollars, d'Euros, de gaz et de pétrole.... Plutôt que de peuple, de social, et de vie en famille.

Nous devenons vraiment experts en "non dire" tout en exprimant une "volonté de dire" à base de "culture" qui ne devient que le vecteur d'un nouveau système economique, dans lequel n'existe en en fait que l'interet financier.

 
pcak | Biotechnologiste
14H55 11/05/2008

Quand le Kosovo intégrera l'U.E. celle ci va lui appliquer le droit des minorités ce qui est inéluctable puisque le Kosvo les distingue lui même. On peut parier que dès qu'il verront l'addition ceux qui le dirigent vont opter pour un statut de citoyens tous égaux quelle que soient leurs origines.

 
Humain | Quidam républicain attaché à la démocrat...
15H05 11/05/2008

Ha bon, en Europe il y a un droit pour les minorités ?

 
20H21 11/05/2008

quesqu'on va dire des droits des kabyles en algerie!!!
pourtant ils sont bien chez eux

 
DBL8 | Retraité
15H10 11/05/2008

Et oui !!
Et le fric va couler à flot dans ce pays avec ce que va lui donner l'Europe.
Plus une base des EU et le l'OTAN... que demander de plus ?
Par ici la monnaie... qu'ils doivent penser en ouvrant bien grand leurs porte-monnaie.

 
15H09 11/05/2008

"Le Kosovo multiethnique est sur pied."
qui a protesté quand les civils Serbes du Kosovo ont été persécutés ? victimes collatérales d´une guerre qu´ils n´ont pas forcément voulu et dont ils n´ont pas a subir le coût.

"De plus, la notion de multiethnicité est d’abord le fruit d’une vue occidentale."
ah bon ? je croyais plutôt que le morcellement de l´ex Yougoslavie avait justement été accompagné par l´occident, quitte a alimenter les nationalismes et, disons-le, l´épuration ethnique de chaque nouvel Etat.
la création du Kosovo est l´archétype d´une telle vision.
au passage, on a pas eu de probleme pour s´allier avec les teroristes de l´UCK, "armée de libération" criminelle.
de plus cet Etat du Kosovo est le "machin" de l´OTAN qui apparaît dans la constitution même du pays, l´OTAN organisation (criminelle aussi, on reste entre potes) qui y a installé son petit guantanamo local, camp bondsteel.

épuration ethnique, oui, mais grâce aux donneurs de lecon de l´occident.

 
15H19 11/05/2008

Pour répondre à lili25.
Il est vrai que la question de la sécurité concerne aussi les Roms. Les exactions à leur encontre ont été nombreuses.
Ceci étant, lors de mes diverses rencontres de Roms, à Ferizaj, à Mitrovica (camp d'Osterode) ou à Prizren, ils me parlaient spontanément des difficultés d'accès à l'éducation, à la santé et au travail. Ce que m'a confirmé également l'ECMI. Ceci ne veut pas dire que l'insécurité n'existe pas. En cela, d'ailleurs, la question de expulsions de Roms en direction de la Serbie et du Kosovo reste problématique en raison de l'hostilité de certaines communautés (en Voïvodine par exemple, mais pas seulement). Je vous encourage à jeter un oeil sur le Courrier des Balkans qui traite bien de ses sujets.
Enfin, la question est moins "politique" dans le sens ou elle concerne peu l'orientation politique du nouvel état, ainsi que les préoccupations de la communauté internationale. A ce sujet, beaucoup de Roms se plaignent de ne pas avoir une représentation politique suffisante pour faire valoir leurs droits

 
11H16 12/05/2008

Etcheverry, c'est basque, non ?
D'où votre soutien à ECMI, ce club créé et soutenu par les allemands qui intervient partout pour diviser, sauf en Allemagne évidemment. Diviser pour règner.
Mais je n'ai rien contre la défense, pure, des minotités, dans le cadre d'un état. Et surtoute ne pas morceller à l'infini ...Ce que l'on a fait avec la Yougoslavie et que l'on continue avec le Kosovo...Ce qui ne résoud rien, sauf que les mêmes problèmes se reposent avec de moins en moins de moyen pour les résoudre !!!!!!!!!!!
C'est pourquoi il avait été décider de ne plus toucher aux frontières. Mais çà ne fait pas le bonheur de ceux qui vivent de ses divisions.
Jeune homme, vous m'êtes sympathique, mais méfiez-vous de ceux qui vous utilisent.

 
12H06 12/05/2008

Je vous remercie pour l'attention que vous me portez. Mais ne vous inquiétez pas, ce n'est pas mon premier reportage. Je reste tout autant méfiant à l'égard de ceux qui prône un morcellement à outrance que de ceux qui me disent (au Kosovo, en Serbie ou en France), "que c'était mieux avant".

En revanche, votre racourci "basque donc soutenant l'ECMI" me semble un peu douteux et un peu facile. JE suis allé à leur rencontre car il collabore sur la législation en matière de minorités au Kosovo. De plus, je ne pense pas avoir marqué un quelconque soutien.

Dernière chose : la question du traitement des minorités  est un sujet qu'exploite allègrement Belgrade pour montrer l'inéfficacité de l'état kosovar. Ce n'est donc pas un sujet facile à traiter, sans tomber sous la critique des uns ou des autres. Si mon travail avait été complètement dicté par mes origines basques (ce qui remettrait sérieusement au cause mon travail de journaliste), j'aurais sans doute rendu un papier moins critique vis à vis du traitement des minorités (nombre de Basques ayant été favorables à l'indépendance du Kosovo)

Bonne journée 

 
15H33 11/05/2008

Il y avait un pays qui s'appelait Yougoslavie. Une république fédérale dans laquelle toutes les ethnies ou cultures qui le constituaient coexistaient pacifiquement. Ce n'était pas le paradis, bien sûr, mais cela fonctionnait assez bien.

Et puis on l'a découpé en morceaux sous la pression des nationalistes. Et dans chacun de ces morceaux, on s'est retrouvé avec une ethnie largement majoritaire, et des ethnies qui, du coup, sont devenues des minorités. Comment pouvait-on croire, raisonnablement, que cela ne les dresserait pas durablement les unes contre les autres ?

Majoritaires dans un Kosovo serbe, ses Serbes sont devenus une minorité d'un Kosovo à majorité albanophone. On a échangé les étiquettes, mais pas résolu le problème.

Est-ce que l'avenir des nations est vraiment un découpage sans fin de grandes nations multiethniques en microscopiques états presque monoethniques ? Ce n'est nullement un progrès, c'est une régression. Seuls de grands états multiethniques ont la légitimité et les moyens de préserver le statut de leurs minorités en les traitant sur un pied d'égalité.

S'il était possible de recréer la Yougoslavie, en tirant les leçons de l'histoire récente, une Yougoslavie aux institutions modernisées, accueillie à bras ouverts dans l'Europe, ce serait peut-être la solution à tous ces affrontements ethniques d'un autre âge. Mais ce n'est sans doute qu'une utopie.

 
15H45 11/05/2008

Il y avait un pays qui s'appelait Yougoslavie. Une république fédérale dans laquelle toutes les ethnies ou cultures qui le constituaient devaient obéir à un dictateur.

La plupart des gens n'en ont pas voulu. Exit donc tout naturellement la Yougoslavie.

Une partie tente de se constituer à l'ancienne sur une base dictatoriale, raciste et haineuse : la religion (qui rappelons-le impose l'obéissance absolue aux "soi-disant représentants" de leur prophète).

Même cause, mêmes effets

 
14H10 12/05/2008

Bien sûr, Sacha, la Yougoslavie de Tito n'était sûrement pas un modèle de démocratie. Il est seulement dommage que ses habitants n'aient pas su faire évoluer le pays vers la démocratie en restant unis. On voit où cet émiettement les a conduits.

 
DBL8 | Retraité
15H59 11/05/2008

Les hommes politiques avec l'assentiment des populations, veulent une Europe unis, et d'un autre coté, des pays ce partagent !
Cherchez l'erreur. Et en plus certains approuvent !

Quand sera-t-il dans quelques dizaines d'années ?
Faudra-t-il les forcer par les armes à se réunir OU à ce désunir ?
Feront-nous, nous aussi comme les EU (États Unis)dans la deuxième moitié du 19 em siècle, une guerre civile pour ce séparer OU obliger des pays à rester dans l'Europe?

Allez les phtisie, prédisez !!

 
23H24 11/05/2008

C'est une des grandes questions

Les gens vont-ils réussir à imposer leur avis ou vont-ils continuer à croire "l'éducation"qui leur est imposée depuis des millénaires : vos chefs savent, faites leur confiance (voir par exemple, les militants du PS lors du référendum interne sur le TCE : ceux qui avaient une religion ont mis le militants à leur vraie place, celle de brebis et beaucoup l'ont accepté)

Saurons-nous développer ce rêve qui permet à tous de vivre ensemble en harmonie ou cèderons-nous une fois de plus à la pseudo-spiritualité religieuse qui veut transformer tous les humains en brebis)

 
09H47 12/05/2008

Bravo !!!!!!!!!!!
C'est vous qui avez raison.
Le reste est du pipo !!!!

 
18H35 12/05/2008

Idem, dans le mille!

"S'il était possible de recréer la Yougoslavie"
J'ai posé une fois la question à des amis serbes, bosniaques et croates, amis entre eux aussi. Je connaissais leur réponse, je voulais voir leur réaction...

Ils n'osent même plus ! La pudeur les ont rendus aphones sur la question. Ils le veulent, ils le désirent plus que tout, et c'est pour cela que chaque discours sur les balkans, qu'il soit énoncé sur un forum, devant le pupitre de n'importe quel palais présidentiel ou dans les lignes des journaux, doit soutenir coute-que-coute une majorité apeurée mais désireuse de ne vivre qu'en paix.

Croyez-moi, ces gens sont géniaux, ont une jeunesse qui ne demande, ENSEMBLE, qu'à s'en sortir (faites un tour à Belgrade, à Sarajevo) mais qui manifestent trop de pudeur à le crier, à le manifester.
Là où l'Europe ou l'Otan peuvent se permettre d'intervenir, c'est pour aider les balkans à en finir définitivement avec le système Milosevic en nettoyant ces belles montagnes des groupes mafieux (mélanges d'armes, de poudre, de bonbons et de petits chefs de mes deux) et dont la puissance n'a eu cesse de croître ces 22 dernières années, guerre ou pas : c'est LE problème qu'ils sont appelés à résoudre dès aujourd'hui.

... un peu comme la France qui doit encore se débarasser de dispositions datant de Vichy...

 
18H02 13/05/2008

Merci de votre réaction. Vous êtes allé chercher l'avis de personnes directement concernées, et je dois dire que leur avis vaut infiniment plus que celui que je peux donner à distance, vu de France.

Le fait que ces personnes semblent regretter leur république fédérale fait espérer qu'un jour, peut-être, il sera possible de réparer les dégâts causés par des nationalismes imbéciles.

 
22H30 13/05/2008

combien de fois je les vois dire vos derniers mots ... je dis bien "voire".

Vous savez, "Putain d'enculés d'fachiste!", la fameuse rabache d'Underground, Kusturica. La même mais sans rien prononcer. Pas un cri, pas une larme, on renfrogne, on ravale, on marque profil bas, quotidien de leur conscience nationale. La pudeur fesse la guerre dans le silence de la réflexion.

... Ils le veulent.
Ils ne peuvent.
Ils y arriveront.
Pas de doute. 2 générations si les politiques tapent au bon endroit.

... si seulement 5% de la communauté serbe de Chicago décide de rentrer au pays, on atteindrait une quarantaine de milliers d'individus ... c'est une piste, ils manquent d'entrepreneurs... Après faut pouvoir combattre la mafia; chose impossible pour les investisseurs étrangers. Pire, ils ne peuvent être que complice.

 
17H20 11/05/2008

Marc Etcheverry, j´aimerais bien avoir une réponse a mon message.

 
18H17 11/05/2008

En réponse à alangaja
Je pense d'abord qu'il est important de dissocier deux choses : l'idée qu'avait l'OTAN en intervenant au Kosovo et ce que les Kosovars ont voulu, et veulent faire de leur pays. Je ne serai pas aussi catégorique sur le fait que le Kosovo est "le machin" de l'OTAN, ce serait négliger la volonté d'émancipation des Kosovars et leur désir de bâtir un nouvel état intégré, à terme, dans l'Union Européenne. En revanche l'OTAN n'est pas intervenu sur le seul principe de "l'intervention humanitaire", d'autres facteurs, moins "honorables" sans doute, ont joué : mise en cause de sa crédibilité dans la période post-guerre froide, stabilité de la région (proximité de pays ayant signé le Partnership for Peace, proximité de la Grèce et de la Turquie), volonté d'avoir une Europe sécurisée, etc
Le véritable problème du Kosovo, actuellement, c'est l'état de son économie. Et la "perfusion" internationale n'est, de fait, pas prêt d'être stoppée. Il n'est donc pas surprenant que "la présence internationale" soit mentionnée dans l'actuelle Constitution même si elle est contestée par une frange, encore minoritaire, de la population albanaise (Albin Kurti)
Le morcellement de la Yougoslavie est le fruit d'un processus "par étape", résultant de l'effondrement communiste mais aussi de la politique dure du régime Milosevic (supprimant l'autonomie du Kosovo en 1989). Tout dépend, en fait, ce que vous entendez par "accompagné".
En revanche, les accords de Dayton ont eu un impact important sur les Albanais du Kosovo : Aucune mention du Kosovo n'est faite dans ces accords, démontrant que la voie pacifique prônée par Rugova ne parvenait pas à ses fins et que le recours à la force pouvait avoir plus d'efficacité. Ceci dit, je concède tout à fait que l'UCK ne soient pas des "tendres" : les preuves d'exactions menées par l'Armée de Libération du Kosovo sur des Serbes et également d'autres minorités ne manquent pas (et il est aussi vrai que celles-ci ont été longtemps passées sous silence).

 
22H15 11/05/2008

c'est nul!
les kosovars n'existent pas. ce sont des albanais du kosovo.

 
11H52 12/05/2008

Si, les kosovars existent : ce sont les habitants du Kosovo; Et comme le Kosovo est serbe, ses habitants sont serbes !

Comme les auvergnats sont français !

Quand aux albanais du Kosovo, ce sont des serbes d'origine albanaise !!!!!!!!!!

Qu'ils le veuillent ou non.
C'est la logique qui le veux.
Et çà leur a longtemps bien servis, quand il était plus doux de vivre sous Tito que sous Hodja.

Quand au rêve qu'on leur propose, ils en reviendront vite.

 
09H57 12/05/2008

Jeune homme, vous êtes à côté de la plaque.
La vrai solution était de faire évoluer la Yougaoslavie, mais d'en conserver son intégrité.
Seulement celà ne correspondait pas à certains intérêts européens, allemands et papaux en particulier.
Puis les USA y ont trouvé LEUR INTERET, comme aimait tant à le répéter Madeleine (Allbright)
Et voilà où nous en sommes !!!!!!!!!!!
Alors aujourd'hui le Kosovo ??????????
Aucun sens, c'est parti vers la grande Albanie et rien d'autre. Un désaste !!!!!!!!!!!
Voyez ce parti "albanais du Presevo" aux élections serbes. Déjà ils n'en ont pas assez.
Arrêtez l'expansionnisme albanais, avant tout.

 
11H38 12/05/2008

Peut être suis-je à côté de la plaque. Mais je ne suis pas là pour juger de quelle aurait été la meilleur solution. JE traite juste de la question des minorités au Kosovo.

 
12H03 12/05/2008

Ok, mais ce n'est pas possible.
Vous traitez d'un problème abstrait, car le Kosovo ne pourra jamais exister seul.

 
12H17 12/05/2008

1. La situation actuelle n'est comprise que si l'on connait, au sens de vivre, les relations fraternelles entre toutes ces ethnies, condition que Mr Etcheverry a l'air de pleinement satisfaire.

2. Un exemple: il y en a ici qui s'essaie au jeu bancal des comparaisons, voyez celle-là: Prenez la cathédrale de Reims, celle de Chartre, quelques menhirs de Bretagne et le Stade Vélodrome, et mettez tous ce beau monde dans une région de France dont les responsables administratifs réclament violemment l'indépendance. Jamais vous n'aurez une majorité acceptant ce liquidage culturelle. Le Kosovo EST le berceau culturelle de la Serbie.

3. Je comprends tout-à-fait votre optimisme Mr. Etcheverry sur "la volonté d'émancipation des Kosovars" et je le partage malgré mon point 2. Mais...

... 4. Le Kosovo, s'il n'est pas le "machin" de l'Otan, il n'en reste pas moins la "chose" de réseaux dans lesquelles bruissent encore les savates des sympathisants de Milosevic. En machiaveliste hors-pair, il lança des offensives mafieuses depuis ce Kosovo qu'il avait préalablement transformer en anti-chambre serbe de la pègre yougoslave. Ces réseaux CONTINUENT à fonctionner, les armes et les drogues prospèrent, et Milosevic peut dormir sur ces deux oreilles.

5. Vous n'étiez pas encore au courant puisque les résultats sont tombés hier soir: le vrai optimisme doit se porter sur la victoire surprise du camps des pro-européens. Et cela bienheureusement trahit mon point 2. Les laïcs vont être satisfaits, la Serbie orthodoxe a majoritairement fait fi de sa frustration, et a voté dans l'urne "utile". Une main catholique tremperait encore dans le bénitier...

6. Un peu de prévention: il va falloir se méfier énormément (et comme d'habitude) de toutes infos rendues compte par nos politiques et les leurs, sur la situation à venir. Méfiote des salmigondis, ils vont pleuvoir à torrent ! Il y a un nombre dramatique de partis pro- et anti- quelque chose, qui ne sont que le recueil d'un mélange de leur nervosité actuelle et de leur caractère profondément méditerranéens. Individuellement, il n'en est rien. Je n'ai jamais vu en Europe autant de gens si différents dans leur confession, et partageant autant d'histoire et d'amour.

7. Maintenant pour déplaire aux laïcs (que je suis) : la volonté d'apaisement des vrais démocrates progressistes serbes, gens ne se trouvant actuellement que dans la société civile et hors des appareils politiques, fondent leur avenir sur une acceptation pure et simple de toutes les confessions : ils intègrent le religieux à leur transcendance, voire l'impose comme fondement, à la seule condition de mettre toutes les confessions à égalité. En témoigne par exemple les obélisques de la paix érigés dans plusieurs villes de Serbie; je ne connais que celle, très émouvante, de Čačak (prononcer tchatchak). En France, nous ne pouvons pas comprendre ce processus; il ne nous reste qu'à l'accepter.

8. Chers coqs, vous ne trouverez pas ailleurs en Europe un peuple aussi proche du notre. Humour, fierté, passion, language (le verlant!), snobisme, beaucoup de domaines y passent !

 
18H08 13/05/2008

Blaise, visiblement, vous savez de quoi vous parlez. Et on sent que vous aimez ce (ces ?) peuple(s). Souhaitons leur donc de savoir reconstruire ce que quelques excités, manipulés par des dirigeants avides de pouvoir, ont si bêtement détruit.

 
08H57 14/05/2008

Oui, j'aime la France...

 
19H59 11/05/2008

Bien sur que la question des Roms au Kosovo est tout aussi politique que celle des Serbes, Bosniaques, Turcs, et autres populations qui ont été chassées. Cependant, cette communauté a été complètement décimé par le nettoyage ethnique. Ceux qui restent vivent dans la peur et dans la dépendance des populations qui les entourent.

La différence est tout au plus que les Serbes du Kosovo bénéficient du soutien de l'Etat serbe alors que les Roms n'ont aucun appui ni du coté de la communauté internationale qui a pourtant justifié son intervention militaire au Kosovo par la défense des droits de l'Homme.

Les négotiations sur le statut du Kosovo se sont passés sont les Roms. La nouvelle constitution qui a été rédigé avec un fort appui de la part de la communauté internationale ne leur réserve aucun droit réel.

Paradoxe, qui se répète de la Bosnie au Kosovo en passant par la Macédoine voisine, les Roms qui n'ont eu aucun role dans la guerre sont négligés lors des négotiations pour la paix et n'obtiennent aucun droit.

Pour plus d'informations voir notre site: http://kosovoroma.wordpress.com/

 
11H29 12/05/2008

Est-ce que le problème des Roms n'a pas une similitude avec celui des juifs ? Sauf que pour les richesses il faut arrêter la comparaison. Mais c'est gens là n'ont pas de terre.
On devrait leur en donner une.
A moins qu'ils préfèrent conserver leur statut de nomade. C'est aussi leur droit.
C'est une idée à creuser.

 
14H38 12/05/2008

Effectivement, ils veulent garder leur indépendance, leur "droit" à ne pas avoir d'État : j'applaudis des deux mains.

 
23H09 11/05/2008

J'ai travaillé dans un centre d'accueil de Demandeurs d'Asile où l'on accueillait beaucoup de Rdu Kosovo, bien que je m'occupais de l'accès aux soins, j'ai lu quelques récits de leurs histoires de vie et discuté avec ces familles sur leurs vies au Kosovo ou en Serbie, et je peux vous dire que même sous la présidence d'Ibrahim Rugova, leurs droits étaient bafoués et ils subissaient des humiliations, des exactions au quotidien. Je voudrais préciser d'autre part qu'en France ils ont une image faite de clichés divers et variés aussi graves les uns que les autres et que la discrimination continue à battre son plein dans notre cher pays.

 
23H11 11/05/2008

"Où l'on accueillait beaucoup de Roms du Kosovo", oups j'ai dû appuyer sur la touche "suppr"