
La liste des belges ayant trouvé refuge dans le cinéma français est longue. Alain Berenboom, l'administrateur de la Cinémathèque Royale de Belgique (Bruxelles) nous explique comment ils se sont dépatouillés d'une situation de crise difficile pour devenir des stars dans l'Hexagone.
Ils sont francophones, et glanent les récompenses (deux palmes d'or pour les Frères Dardenne, un Lion d'argent à Venise pour Marion Hänsel). Parfois, leur patronyme va même jusqu'à évoquer l'hexagone (Cécile de France, ci-dessus sur la photo), mais ils sont belges.
Benoit Poelvoorde, Marie Gillain, Cécile de France… Ce stars ont quitté la Belgique pour faire carrière, est-ce une voie obligée ?
Ce n'est pas nouveau. Fernand Ledoux ou Annie Cordy sont devenus des têtes d'affiche en faisant carrière à Paris. Les acteurs y « montaient » comme pouvaient le faire les provinciaux pour tenter leur chance dans la capitale. Mais depuis les années 1970, on a remarqué un changement. Les acteurs belges deviennent d'abord des vedettes grâce au cinéma belge, comme cela a pu se produire pour Poelvoorde avec « C'est arrivé près de chez vous », ou Emilie Dequenne et Jérémie Rénier avec les films des Frères Dardenne. Ces comédiens font les allers retours avec la Belgique, ce qui n'était pas le cas avant.
Jusque dans les années 1980-90, le Septième art belge était un cinéma de consommation locale. Maintenant, il a acquis une stature internationale grâce à des auteurs comme Chantal Ackerman ou les doubles palmés Luc et Jean-Pierre Dardenne.
Il y a une véritable émergence du cinéma belge depuis que le pays est au bord de l'implosion politique, c'est-à-dire depuis environ 30 ans. Les acteurs trouvent ici la possibilité d'exprimer leur réalité, avec des créateurs wallons et flamands. Il y a une spécificité de notre culture. La création belge en général se définit par l'insolence et l'autodérision assumée de manière radicale. Même sur le plan social, comme on a pu le voir chez les Dardenne.
On a vraiment le sentiment que les Dardenne ont permis d'ancrer le cinéma belge dans le pays et, de limiter les fuites à l'étranger…
Effectivement, mais il faut ajouter Jaco Van Dormael. Ces cinéastes ont connu le succès international grâce à deux facettes typiques de la Belgique : Dormael avec un cinéma de l'imaginaire et de la fantaisie tributaire de Magritte ; les Dardenne avec des films sociaux héritiers de l'école documentaire. Ce sont eux, au fond, qui ont obligé les autorités à réagir pour défendre le cinéma.
Il y a une déconnexion de la sphère politique et de la culture en Belgique. Il n'y a pas de président qui va passer chez Pivot pour parler de Chateaubriand. Les budgets pour la culture sont dérisoires et, les ministres associés sont très souvent des hommes politiques de second plan. La culture n'est clairement pas un enjeu électoral ici.
En quoi consiste le système d'aides au cinéma en Belgique ?
Ce sont essentiellement des mécanismes d'avantages fiscaux sur le modèle allemand, la part des subventions reste très mince. Les particuliers sont maintenant autorisés à investir dans le cinéma et bénéficient ainsi d'une déduction d'impôts. Cette mesure, que le ministère des finances a freinée des quatre fers, a clairement permis une vigueur du cinéma belge.
Contrairement à cette idée reçue de « fuite des cerveaux » vers la France, on a remarqué que ce sont plutôt les Français qui viennent de plus en plus tourner en Belgique ! Les conditions de tournages (la nuit, le week-end notamment), les règles syndicales, les salaires sont plus souples qu'en France. L'organisme de subvention Wallimage subventionne les tournages en Wallonie. Mais, si tout cela a permis une industrialisation du cinéma belge francophone, son succès reste limité. Le public va tout de même voir en priorité des blockbusters américains.
Lorsqu'il s'agit de cinéma, les Wallons et les Flamands se donnent-ils la main ?
C'est très étrange. On sent que sur le plan culturel, une amplification de la crise politique. Il existe deux fonds de subventions du cinéma, le fonds du cinéma francophone et le fonds du cinéma flamand. Mais les cinéastes ont la possibilité de puiser dans les deux. Marion Hänsel (« Dust ») ou Alain Berliner (« Ma vie en rose ») en ont bénéficié. Ces artistes ne rencontrent tout de même pas tous les jours le succès populaires.
Nous avons peut-être un atout dans notre manche. Depuis dix ans se développe, en parallèle du cinéma francophone, un cinéma flamand qui concurrence les grosses machines des Etats-Unis. Ce n'est pas un cinéma d'auteur, plutôt des thrillers et des comédies. Le succès d'un film comme « L'Affaire Alzheimer » d'Erik Van Looy a été tonitruant. Même Hollywood va en faire un remake. Mais, là encore, il y a séparation : ce cinéma n'investit pas les plates-bandes du cinéma d'auteur francophone et vice-versa…




















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De Phil2922
Retraite invalidité | 20H13 | 11/05/2008 |
Il y a une exception avec le « cerveau » Johnny Halliday qui avait demandé la nationalité Belge et ces ingrats l'ont refusé… !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De NicolasLeBelge
08H01 | 13/05/2008 |
il a été belge et ne voulait le redevenir que parce qu'il pourrait alors aller s'installer et payer moins de taxe à Monaco…. ce qu'un français d'origine ne peut pas faire !
De Francois Toulouse
20H42 | 11/05/2008 |
Puisque les stars Belges retournent maintenant chez elles, est-ce qu'un éminent généalogiste ne pourrait pas démontrer que Nicolas Van der Sarkozy viendrait en fait d'Outre Quiévrain ?
(puisque la vanne sur Johnny était déjà faite, il ne me restait plus que cette blague à deux balles, soyez indulgent)
à Francois Toulouse
De raannemari
21H39 | 11/05/2008 |
Non, pitié, celui-là vous le gardez !
à raannemari
De TARPON
09H08 | 12/05/2008 |
ils lui ont dit qu'il pouvait etre belge ,une fois.Mais Jonhny aurait voulu deux.
De cunégonde
20H56 | 11/05/2008 |
Très bon article ! mais il pâtit d'une bête faute d'orthographe sur le nom d'un acteur (très doué, mais ça n'a rien à voir avec la choucroute) : c'est Jérémie Rénier, pas Jérémie Régnier… : )
à cunégonde
De Pascal Riché
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Rue89 | 11H33 | 12/05/2008 |
C'est corrigé, merci.
De parti
punishment park | 22H04 | 11/05/2008 |
le cinéma belge existe…malpertuis en est un troublant exemple…quant aux grand mères cannibales de kervyn, c'en est un autre…mais bon y'a que troma qui l'a produit…
De Julien83
chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 00H36 | 12/05/2008 |
Même les Schtroumpfs se sont exilés vers les USA pour un long métrage animé en 3D (dont on attend des nouvelles … la texture bleue n'a pris encore forme complètement)
Mais qu'attends la Belgique pour nous donner enfin une adaptation cinéma de « Spirou & Fantasio », de « Buck Danny », de « Tif & Tondu » ou autre succès de la véritable Bande Dessinée Belge !
On ne va pas tout laisser aux américains, entre Tintin dans les mains de Spielberg, et Jeremiah en série TV (dont la France et la Belgique n'en aura pas vu la diffusion ! )
Même les français en récupère : Lucky Luke et les Daltons saboté par la production à Jamel Debouze avec Eric & Ramzy, le très raté Iznogood avec le pitoyable Youn… on a détruit l'esprit de l'adaptation ! (sic le nanar d'un semblant de Gaston Lagaffe avec Michel Leeb, à oublier vite)
Allez le cinéma belge ! !
De talonette66
animatrice | 02H38 | 12/05/2008 |
J'emprunte l'identité de ma maman pour laisser cette itw que le réalisateur belge Fabrice du Welz a bien voulu m'accorder :
http://strictement-confidentiel.com/content/view/610/57/
Si vous pouviez vous intéresser un peu plus à ce cinéma belge-là, putaingue ça serait bien.
De TARPON
09H10 | 12/05/2008 |
Cecile de france ,pour une Belge c'est de la provoc anti flamand.Ceci dit ,on la garde,elle est trop bien.
De tarim
09H53 | 12/05/2008 |
Dardenne, Dormael, Van Looy, Hänsel, Berliner, des cerveaux ? Des veaux, plutôt. Leur réussite ne tient qu'en un suivi couché devant les normes commerciales de l'industrie. On est loin de Meyer, Mariën, Lethem, Bernhard, Storck, Lehman ou Smolders.
à tarim
De parti
punishment park | 19H52 | 12/05/2008 |
les dardenne des brel ? je vote naze…même si je suis d'accord pour dormael…