Une étude sociologique s'essaye enfin à évaluer l'ampleur du « localisme » dans les universités françaises. Selon celle-ci, un doctorant a en moyenne dix-huit fois plus de chances d'obtenir un poste d'enseignant-chercheur dans la fac où il a poursuivi son cursus qu'un candidat de l'extérieur. Cet essai montre également que cette pratique de recrutement est générale à toutes les disciplines et à toutes les facs.
Il y a près d'un an la loi LRU « relative aux libertés et aux responsabilités dans les universités » a rouvert le débat concernant le recrutement académique. Olivier Godechot, sociologue, coauteur de cette étude avec Alexandra Louvet, avait tenu tribune lors de ces débats.
A travers cette évaluation, l'objectif est de signaler l'ampleur du clientélisme passé et d'éviter que ces nouvelles instances ne tombent dans les travers passés. (Voir la vidéo)
Pour autant, cette étude demeure approximative. Ses auteurs le reconnaissent eux-mêmes. Olivier Godechot explique :
« La base de données reste éloignée des pratiques de recrutement. Nos résultats ne sont donc pas fiables à 100%, il s'agit seulement d'un ordre de grandeur. »
Et ce, pour la bonne raison que ce phénomène demeure complexe à mesurer tant les facteurs sont variables : impossible de distinguer la préférence des universités pour leur propres candidats et celle des candidats pour les établissements où ils ont poursuivi leurs études.
Quelles conséquences sur la qualité de la recherche française ?
De même, les raisons de ces choix ont plusieurs origines : par sympathie pour ses docteurs, d'abord, afin d'éviter qu'ils ne se retrouvent au chômage. Par aversion encore. Afin d'éviter une erreur de recrutement. Il est toujours moins risqué d'embaucher un candidat que l'on connaît déjà plutôt qu'un autre provenant de l'extérieur.
Enfin, la rentabilisation d'un équipement peut aussi faire partie de ces facteurs. On préférera un postulant qui a été formé, lors de son cursus, sur le nouveau microscope hi-tech que l'on vient d'acheter à autre « venu d'ailleurs ». Le sociologue le regrette :
« Pour le moment, on mesure un “localisme” qui est la combinaison de tout ça et on a du mal à faire la part de ces différents facteurs. »
Reste que les conséquences de ces pratiques ont un impact forcé sur la qualité de la recherche française. Pour Olivier Godechot :
« Plus le “localisme” est important plus il est probable que parmi les personnes recrutées, certaines ne soient pas les meilleurs candidats possibles. »
Si les années 1980 ont vu une progression de ce phénomène « localiste », depuis dix ans, on observe une stabilisation voire une inflexion de ces pratiques. Le système de recrutement a changé. Il comporte deux phases. Une phase nationale de qualification et une phase locale correspondant au choix définitif. Le début des années 1990 a vu cette phase locale passer en deuxième position et ainsi modifier la donne du recrutement.
Enfin, les critiques de cette forme de clientélisme ont augmenté ces dernières années. Certains sites Internet recensent même désormais les recrutements en cours. Pour les mathématiques par exemple, chaque candidat et chaque fac se doivent de rentrer dans le système l'état d'avancement du processus de recrutement.
Des initiatives, individuelles ou collectives, permettront peut-être de préciser encore l'état de délitement ou non des pratiques de sélection dans les universités françaises.




















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De quetzal2012
enseignant précaire | 11H08 | 09/05/2008 |
Cela est une des néfastes conséquences de la loi LRU mais il en existe une qui traduit bien la place que l'on donne à la recherche en France c'est la remise en question du statut même d'enseignant chercheur, en effet, la loi va les obliger à dispenser de plus en plus d'heure de TD pour les étudiants et à mettre leurs travaux de recherche de côté, sans compter tous les doctorants contraints d'enseigner dans le secondaire faute de poste…ce phénomène est encore plus perceptible dans tout ce qui concerne les sciences humaines…scandaleux !
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
à quetzal2012
De brigadoon
ouf!!! | 10H16 | 10/05/2008 |
Vous détournez le problème en référant à un autre problème. Dans l'affaire de la LRU et des commissions de spécialistes on a pas beaucoup vu les enseignants chercheurs dans la rue aux côtés des étudiants, il est vrai qu'il n'ont pas fait vraiment preuve d'éthique dans leurs comportements dans les commissions de spécialistes. De toute façon, ces nouvelles commissions n'empêront pas le localisme et autres types de cooptations, le Président entérinera la décision des experts qui se prendra encore à l'aune des positions hiérarchiques mandarinales et autres critères élitistes mais certaninement pas à l'aune de la valeur des candidats. C'est la continuité dans le changement.
De Albufera
Observateur. | 11H31 | 09/05/2008 |
Faut-il vraiment une étude scientifique pour conclure à l » endogamie de l » université ? L » injustice entre les étudiants commence dès le début avec la distribution des allocations de recherche ou de postes alimentaires et se poursuit dans le recrutement souvent prévisibles. Mais il faudrait s » inquièter d » autres phénomènes délétères pour l » université : la prolifération des professeurs émérites qui s » accrochent à leur poste et à leurs petits avantages ; les niches de nombreux chercheurs qui cherchent sans jamais trouver sinon la même chose ; la multiplication des publications qui ne sont que du copier créer créant une prolifération de littérature sans grand intérêt.
De sebast440
11H49 | 09/05/2008 |
pas besoin d'étude en effet pour montrer que les candidats locaux sont toujours favorisés et ne laissent aucune chance à d'autres candidats pouvant présenter un meilleur dossier. Il en est de même pour les recrutements CNRS qui sont politiques, très opaques et le fait d'être copain avec des membres de la section aide beaucoup.
à sebast440
De mobydick
en migration | 13H18 | 09/05/2008 |
il y a une très grosse différence entre le recrutement cnrs et le recrutement des universités, la différence venant justement du fait que le concours est local pour les universités alors qu'il est national pour le cnrs. ca ne veut bien sur pas dire que le systeme de concours cnrs est parfait (y-a t'il vraiment un systeme de concours qui soit parfait ? ? ), mais a cote du caricatural (et suicidaire a long-terme) favoritisme partiqué a l'université, c'est vraiment le jour et la nuit.
et il est a craindre qu'avec la lru, le probleme empire encore davantage cote universités. avec des pouvoirs du president encore renforces dans des commissions toujours locales, le favoritisme n'est pas pres de disparaitre, bien au contraire. pire encore, si le cnrs n'existe plus que comme agence de moyens, plus de concours cnrs - le recrutement pour la recherche ne se fera plus QUE par les universites ! !
à mobydick
De Stalker256
16H57 | 09/05/2008 |
Lol, le « concours » du CNRS c'est l'examen du dossier et un entretient. A l'université c'est à peu près pareil. Et je confirme, si on est pas copain avec un membre du « jury », y'a peu de chance de réussite.
à Stalker256
De mobydick
en migration | 20H26 | 09/05/2008 |
il y a peu de chances de reussite avant tout parce qu'il y a une enorme demande - 1 poste pour 50-100 candidatures typiquement.
tous les bons candidats ne sont pas forcement recrutes, mais tous les recrutes sont des bons candidats. ce qui n'est pas le cas de l'universite, loin s'en faut !
à mobydick
De brigadoon
ouf!!! | 10H20 | 10/05/2008 |
Le cnrs est encore pire que les universités ! Je ne suis pas pour la défense de cet organisme qui abrite des nantis et des glandeurs. Qu'ont le supprime et qu'on distribue l'argent aux universités. Quand u nprof de fac fait ses heures normales, il a du mal a avoir des heures sup, il y en a plus, les départements n'ont plus de fric. Quand un chercheur CNRS fait des heures d'enseignement en plus de sa recherche, il est payé aussi en heure sup pour ses cours : problème c'est que les enseignants font aussi de la recherche et bien souvent publient plus que les gens des grands organismes de recherche sans avoir les même retombées en terme de prestige et de moyens.
à brigadoon
De eskimo
10H56 | 10/05/2008 |
des opinions aussi tranchées mériteraient d'être étayées par des arguments : parlez vous de tous les chercheurs CNRS ou de ceux de votre disctipline voire établissement ? est ce votre ressenti personnel ou le résultat d'une évaluation rigoureuse ?
nan parce que mon ressenti est différent et ressenti contre ressenti on avance pas
à eskimo
De brigadoon
ouf!!! | 11H09 | 10/05/2008 |
Ecoutez, j'ai vu et entendu comment s'effectue les recrutements au cNARS et à l'INRA notamment en SHS et je peux vous dire qu'il n'y a pas plus de probité qu'ailleurs, c'est encore plus verrouillé sous prétexte d'excellence. D'ailleurs c'est un fait que de nombreux membres des commissions d'évaluation du CNRS et autres grands organismes sont aussi des enseignats chercheurs universitaires, alors pourquoi les pratiques seraient-elles différentes ? Seules les justifications pour plus de sélection le sont. Et c'est un fait qu'en chercheur d'un grand établissement qui fait des cours est payé en heures sup. Quant aux publications je n'ai pas les chiffres mais en SHS, les profs de fac publient autant sinon plus que les chercheurs cnrs. Pour moi il s'agit simplement de carte de visite et de crédibilité : être cnrs ça fait mieux qu'être prof de fac.
à brigadoon
De eskimo
12H20 | 10/05/2008 |
disons que le localisme est minoré par deux faits =
* les membres de la commission ont une origine variée
* il est déconseillé de postuler dans son labo ;
pour les heures sup vous avez raison mais c'est lié à un élément assez compréhensible : un CR n'est pas un ensignant, il s'agit donc bien d'heures supplémentaires mais dans ce cas effectivement cela ne doit pas se faire au détriment de ses recherches ;
après je me garderai bien de décreter qui dans l'absolu publie le plus en l'absence d'éléments (je fais partie d'un labo en SHS et votre conclusion ne s'y applique pas - et je précise que je ne suis pas cnrs)
à eskimo
De brigadoon
ouf!!! | 12H43 | 10/05/2008 |
Vous dites « les membres de la commission de spécialistes ont une origine variée » :
- Oui mais les membres extérieurs sont choisis par affinité avec ceux des commissions (dans leur réseau) et quand on est membre extérieur invité « on joue le jeu » de la commission dans la plupart des cas, car de retour dans sa fac d'origine et sa commission d'origine on attend le même service des autres membres extérieurs invités qui suivent le choix préalable de la commission => un prété pour un rendu « dans ma fac on fait ce que je veux, dans la tienne je te renvoie l'ascenceur » ! De toute façon on ne se fache pas avec un collègue qui peut influer plus tard sur une décision de mutation, un financement de projet, une HDR, etc.
- Vous dites « il est déconseillé de postuler dans son labo » :
- C'est un faux problème le localisme ! Moi je n'ai rien contre le localisme : après tout à CV égal pourquoi ne pas recruter un candidat qu'on connaît ? Voire de faire ça à pile ou face ? Mais les cv au recrutement sont rarement égaux. De plus, le système de réseaux des labos et des profs permet de faire recruter un candidat ailleurs que dans sa fac et quelques années après à la mutation il revient dans sa fac. C'est un élément que ne prend pas en compte Godechot dans son papier : 5 ou 8 ou 10 ans après que sont devenus les candidats recrutés par rapport à leur trajectoire de départ, nous savons tous comme il est difficile de se faire muter ? Ils ont fait un tour en Province pour mieux revenir sur leur fac ou Paris, sachant que des études ont montré que la plupart des candidats parisien sont recruté sur Paris et en Province et que moins de 50% des candidats de Province sont recrutés en Province (en tous cas en SHS, je suppose qu'ailleurs c'est pareil sauf déficit de candidats.
Un jour je ferais un livre et j'y mettrai des noms, on va se marrer… ou tomber de haut.
à mobydick
De Armand_de_Maupertuis
23H03 | 10/05/2008 |
J'aurais dit exactment l'inverse. A mon sens, en étant extérieur, il est encore plus difficile d'obtenir un poste CNRS…Dommage qu'il n'y ait pas les chiffres concernant le recrutement au CNRS.
Ca continue même apres les recrutement, par exemple avec les postes « Noemi » du CNRS, censés favoriser la mobilité. Après prise de contact avec les gens des labo, ils s'agit toujours d'un poste destiné a accueillir un candidat auparavant prévu pour le dit poste.
à sebast440
De brigadoon
ouf!!! | 09H22 | 10/05/2008 |
Je suis d'accord pour l'avoir vu de l'intérieur et dans les commissions de spécialistes. Tous les concours universitaires, CNRS, INRA sont pipés au départ (dans les conseils généraux, régionaux et ministères également souvent)…
En plus, les attibutions de financements en réponses à des appels d'offres, les postes d'experts, etc., sont pour la plupart attibués à des pistonnés sans
onnivence entre les enseignants-chercheurs et le pouvoir) et les pouvoirs distribués aux Présidents d'université, mais on ne peut pas dire qu'ils aient utilisé leur statut au cours des années en ayant des règles éthiques fortes : les uns recrutaient leur maitresse ou leurs épouses, les autres leurs amants, on recrute celui ou celle qui fait les photocopies depuis 10 ans « le fidèle serviteur », on recrute celui qui pense comme nous, qui a les même codes vestimentaires, les mêmes manières, les même mode d'être, qui est dans la même école de pensée, etc.
L'article de Godechot n'est pas mal mais en dessous de la réalité, un peu complaisant, d'ailleurs lui-même comment a-t-til été recruté, il semble avoir découvert le fil a couper le beurre : il aurait pu croiser d'autres variables, il met l'accent sur le fait qu'on est recruté là où on a fait soin doctorat… C'est gentil ! Il aurait pu observer en bon sociologue non seulement les provenances universitaires et les trajectoires des candidats ayant un postes, mais repérer les couples d'enseignants-chercheurs, repérer les réseaux de pensée, car par exemple un prof de Paris peut faire recruter un candidat de Province lié à un de ses disciples en poste et vice versa, la fac de son disciple recrutant en échange le candidat du mandarin parisien… ça marche comme ça ! Commençons par arrêter l'angélisme !
Mais il ya mieux, on peut lire les cv des candidats (souvent sur internet) et être surpris de la pauvreté des contenus en terme de publication et d'originalité de ceux qui sont recrutés quand on les compare à ceux qui restent sur la touche.
les profs comme les politiques sont des tueurs ! sous des airs débonnaires, raisonnables et modérés. Ils brisent l'élan et la carrière (car le cirque continue après la 1ère nomination) de nombreux enseignants-chercheurs qui sont différents d'eux. Lisez le livre « les secrets de famille de l'université » de J. Lazar, vous verrez ce qu'on fait aux bons candidats.
Alors quand il y a beaucoup de postes ça passe le piston, mais quand il y en a peu, il vaut mieux être pistonné pour être recruté. Certaines facs (il y en a tout plein ! ! ! ) coulent par les recrutement de minables par « cooptation“(mot horrible) qui n'ont rien publié de significatif depuis leur recrutement, certaines sont des bastions inféodées autour d'un mandarin, qui ne se renouvellent pas…
Le système des recrutements dans les facs est à l'image de celui des élites en France, politiques, économiques, sociales, vous croyez qu'il faut être brillant pour être conseillé des princes quand on voit les conneries qu'ils nous pondent ? Plus de 600 000 élus en France ! Payé avec nois sous ! Ils sont nuls pour ne pas redresser le pays ou alors ce n'est pas l'objet des élus… Vous croyez qu'il faut être brillant pour être animateur télé quand on voit les émissions débiles avec lesquelles ils s'engraissent…
Les baronnies françaises ont l'air de surprendre et faire réagir en France ? Je crois que les gens s'en moquent temps qu'ils peuvent en profiter ou qu'ils ne sont pas touchés dans leurs proches qui un jour deviennent candidats à un poste de prof ou autre… Là on crie à la démocratie… C'est ce qui ezxplique l'ambiguité des gens en face des poeple et de Sarkozi, on hait le Prince mais on aimerait bien être comme lui ou encore qu'il nous distribue un peu de ses fasteset alors… ‘Quand on les connait ce sont des braves types ces politiques… et les autres’
Je pense que les politiques, enseignants-chercheurs et les experts sont des parasites malfaisants qu'il faut stériliser pour éviter de les voir se reproduire… car nos bourses ne sont pas extensible spour entretenir ces gens (évidemment je parle en général, certains sont très bien… mais j'exagère)
à sebast440
De ligeoli
17H30 | 10/05/2008 |
Bonjour,
interessants temoignages parmi d'autres, mes amis, connaissances, cela permet d elargir son cercle de discussion.
L'article parle de mobilite et de copinage mais la reelle question et de comment juger pour selectionner les meilleurs ? Tout est relatif -)
Vous choisissez a raison le lieu de la these pour organiser une reflexion - juste mais d'autres questions sont levees par cet article. Que deviennent les chercheurs francais partis (pas des le debut pour y rester) a l'etranger et dont les arcanes du systeme francais restent obscurs ? Comment faire que ce copinage ne soit plus le cas ? Donner des moyens a la recherche ? Afin de recruter tout le monde ?
Je ne connais pas les autres comissions mais je vais vous parler de celle me concernant : recrutement chaque annee de 2 CR1 et 4 CR2. J ai personnellement un bon voire tres bon CV, un Ph.D de l'ETH Zurich qui est surement ce qui se fait de mieux dans mon domaine et des experiences a l etranger dans la genese et gestion de projets et equipes. Cela fait 3 fois que je candidate au CNRS et pour n etre meme pas classé pour aucune de ces candidatures au deux grades (CR1 et CR2). Donc il y a probleme, perso et/ou de mise emn oeuvre.
J'ai enfin compris cette annee que je ne pouvais gagner si je ne jouais pas le jeu, que j'etais en fait tres naif malgre mes 35 ans. Les regles du jeu ? Etre en France, faire le tour des popottes pendant 6 mois (popottes=membres de la comission) et surtout etre soutenu par des puissants. Car a dossier egal, ce qui est deja rever que les dossiers soit initiallement et egalitairement juges, les jeux de retour de manivelles, de boutons transpirent chaque annee et biaisent (je juge cela sur d autres candidats du meme domaine, avec des dossiers moins etoffes mais soutenus arrivent devant). Les CV sans photo et nom sont un ideal contre ce type de pratique dans certains domaines, mettre cela en place est impossible pour ce qui est du recrutement CNRS par ex. car un dossier se construit avec des noms, des lettres de references, des appuis, de la politique en somme.
Les recrutemenst d'enseignants chercheurs ou MCF ? Voire de professeurs ? Pareil mais on a plus de chance de rentrer si vous bossez avec le lab., et si l'on vous dit tout ce qui est en filigrane (pas svt le cas). La cuisine est plus interne, donc plus facile a cerner que les recrutemenst nationaux.
Au final ? On se sent bien a l'etranger, on maugree, on juge et on poste de tels messages ici meme si quelque chose au fond de nous nous pousse a toujours regarder, candidater…. a tort si l'on ne joue pas le jeu.
a+
De Dave Feng
11H56 | 09/05/2008 |
Merci pour cet article qui est plus nuancé et qui souligne la difficulté de l'évaluation de la part de chaque facteur de ce phénomène de « localisme ».
Les autres journaux ont résumé cette étude comme une preuve d'une forme délétère de népotisme.
L'étude semble plus fine et remarque tout de même que, souvent, l'ancien docteur connaît l'équipe, est déjà inscrit dans ses projets, est déjà connu - et aussi, vit sur place, ce qui évite le problème bien connu des départements de sciences humaines, où un parisien recruté par une fac de province fait office de prof fantôme, car il vit à Paris et ne peut donc venir qu'épiosdiquement.
Cependant, une fois faites ces nécessaires nuances, il faut concéder qu'il y a un problème : quand des très bons docteurs se retrouvent sur le carreau (en région parisienne, par exemple) et que des départements de province entretiennent des ilôts de nullité en recrutant leurs anciens doctorants, dans une spirale infernale.
à Dave Feng
De Zohar
12H27 | 09/05/2008 |
ah, ces « ilôts de nullité » de Province, contre l'excellence parisienne… concédons, concédons…
à Zohar
De Dave Feng
12H39 | 09/05/2008 |
Si vous relisez mon message, vous verrez que je ne dis en rien que tous les départements de province sont mauvais. Il y en a de très bons, et il y a des disciplines où les meilleurs départements sont des départements situés en Province.
Cette précision apportée, il faut reconnaître que, dans les SHS, il y a divers facteurs qui jouent en défaveur de la province. Ainsi, une bonne part des CPGE sont à Paris, et elles fournissent une solide formation initiale aux étudiants. Et cela se répercute sur les résultats à l'agrégation et, plus généralement, sur le niveau des études en licence et master. Ensuite, il est plus facile d'avoir accès à certains fonds à Paris - et il est difficile de mener certains travaux en Province, en raison de la faiblesse de certains bibliothèques universitaires. Passons sur le fait que les colloques internationaux sont plus souvent à Paris qu'en province . Tous ces facteurs sont des handicaps pour certaines facs de province.
Rien n'empêche d'excellents chercheurs de SHS de sortir de certains départements de province : mais il faut signaler leur vertu individuelle car leur succès se fait contre des obstacles structurels.
Et il existe de bons départements de province - mais ils se nourrissent beaucoup de jeunes chercheurs formés à Paris.
A cet égard (en SHS), il me semble plus aisé pour un parisien de rentrer dans une fac de province, qu'à un provincial de monter à Paris. (ceci n'est pas une citation de la Bible…)
à Dave Feng
De CourageuxAnonyme
le vrai | 23H56 | 10/05/2008 |
« Passons sur le fait que les colloques internationaux sont plus souvent à Paris qu'en province. »
Excusez-moi mais… en SHS, est-ce que tous les colloques internationaux ont lieu en France ? Pardonnez ma crédulité, je ne crois pas être du secteur.
à CourageuxAnonyme
De Dave Feng
08H20 | 11/05/2008 |
Quant il y a des colloques internationaux en France - ils sont, le plus souvent, à Paris.
à Dave Feng
De brigadoon
ouf!!! | 10H26 | 10/05/2008 |
Quels arguments stupides et creux !
Tout doctorant est par définition inscrit dans une école doctorale et connaît les gens avec qui il travaillent dans son labo de rattachement. Quand aux « profs fantomes » il faut arrêter cet argument de fausse polémique : un prof est tenu de faire 192h de cours devant ses étudiants et participe à des réunions dans son département. Mais le plus souvent il gère son temps comme il veut pour faire ses travau et ses articles sur son terrain ou chez lui… Il ne faut pas oublier également que l'état des facs est tel qu'on n'a pas envie d'y rester, on risque de déprimer… L'intérêt c'est pas d'occuper le terrain mais de faire de bons travaux et de bonnes publications… alors les profs TGV c'est leur problème, s'il dépense de l'énergie, de l'argent et du temps dans les transports. Votre réaction suppose que vous voudriez plus de contrôle social sur les profs… Pourquoi pas des radars…
à brigadoon
De eskimo
11H00 | 10/05/2008 |
parler des profs TGV n'et pas une attaque contre les dit profs : on peut comprendre qu'à 30 ans on a pas envie de quitter son lieu de vie et ses amis ;
toutefois cela une incidence indéniable = manque d'interaction avec ses collegues (la recherche n'est pas individuelle), le métier d'enseignant ne se limite pas aux 192 H et quelques réunions, etc
à eskimo
De brigadoon
ouf!!! | 11H12 | 10/05/2008 |
Alors c'est quoi le métier d'enseignant-chercheur si ce n'est pas les cours et les recherches ? Vous croyez qu'on a choisi ce métier pour faire de la garderie ? Quand aux réunions on en a suffisamment dans les départements et les labos pourquoi rajouter de la présence en occupant le terrain. Il ne s'agit pas d'être individualiste, mais bien marquer l'autonomie qui caractérise notre métier tant par le choix de nos travaux, l'organisation de nos recherches et aussi la qualité de nos cours. Ceux qui occupent le terrain bien souvent s'emmerdent chez eux ou ne font pas ou prou de recherche.
à brigadoon
De ligeoli
10H25 | 11/05/2008 |
Occupper le terrain ? Pourquoi ces mots ?
Vous travaillez tt seul ? Tjrs tt seul ? Elaborez tt tt seul ? Non alors arretez de dire un peu n'importe quoi, la recherche n'equivaut pas au tennis ou golf, la notion d'equipe/de groupe est importante et la presence pour discuter avec des etudiants, participer au seminaire, elaborer, pour l'imprevu.
Je ne dis pas qu il faut pointer mais etre la souvent dans un lieu qu on s est arrange pour qu il devienne sien est tres important. On est tous souvent en vadrouille oui mais un lieu a soi, ou on est bien, un chez soi scientifique est important. Les profs TGV existent mais ce n est pas cool pour le lab., les gens qui y travaillent et les etudiants. C est une passion que cette recherche car il faut accepter d etre payer aussi peu ; dc si y a passion il y a surement envie (peut etre) de partager a moins d etre ce que vous disiez exclure un individualiste et faire tout ce la pour soi, publier pour soi ? Pourquoi publier si ce n est pas pour partager ?
à brigadoon
De Armand_de_Maupertuis
23H48 | 10/05/2008 |
IL est bien connu, en sciences notamment, qu'un enseignant chercheur qui fait ses 192h de cours et retourne sur Paris sera particulièrement efficace sur la manip du labo. C'est l'évidence même…Seriez vous un turbo prof par hasard ?
à brigadoon
De Atalante
Illusionnée | 11H05 | 11/05/2008 |
« Il ne faut pas oublier également que l'état des facs est tel qu'on n'a pas envie d'y rester, on risque de déprimer… »
Alors imaginez à quel point c'est agréable pour les étudiants, qui eux passent leur semaine à la fac, le cul sur une chaise, à écouter pérorer des profs qui, comme vous, estiment que « l'intérêt c'est pas d'occuper le terrain mais de faire de bons travaux et de bonnes publications »
Je suis bien consciente que ce n'est pas l'amour de la pédagogie qui motive les enseignants-chercheurs, mais redescendre de son nuage et éviter de traiter les étudiants comme des indésirables qui vous font perdre un temps précieux, ça rendrait la fac un peu moins impersonelle.
à Atalante
De Dave Feng
11H17 | 11/05/2008 |
C'est juste. Avoir effectivement deux à trois heures de permanence par semaine où l'on suit les étudiants serait un progrès, par exemple.
Sinon cela signifie que l'on a renoncé à être un enseignant-chercheur pour être simplement un chercheur qui finance ses recherches sur le dos des élèves - on n'a, en ce cas, aucune envie qu'ils n'apprennent quoi que ce soit, on a juste besoin qu'ils soient là, qu'ils passent en année supérieure, pour que les effectifs restent suffisamment nombreux pour que les financements demeurent constants. QU'ils soient bons ou médiocres, on les fiat passer. On ne les fait pas participer et, s'ils ont des lacunes, on ne cherche pas à les corriger, mais on en use pour les humilier.
Quant à l'argument selon lequel les locaux et bureaux sont miteux, c'est juste. Mais ce qu'il faut en retenir, c'est la nécessité de s'impliquer dans la fac, d'écrire à droite et à gauche pour obtenir des machines, des coups de peintures, des espaces supplémentaires. Et non user de ce point pour justifier une fuite, une absence permanente.
Ceci dit, tout cela découle peut-être du faite que certains (en SHS) veulent faire seulement de la recherche, et que l'essentiel des postes sont des postes d'enseignants-chercheurs. Donc, des postes où il faut enseigner un peu tout de même.
De micmacadam
12H03 | 09/05/2008 |
Je souhaiterai évoquer un problème dont on ne parle apparemment jamais quant à cet histoire de recrutement local. Toutes les critiques « de fond » sont valables et le clientélisme existe. Je ne voudrai pas critiquer les grands penseurs de l'Université.
Cependant admettons un poste ouvre dans une Université situé dans un endroit un peu moins « attractif » qu'ailleurs. Disons Amiens, au hasard, mais il y en a pleins d'autres.
Disons que le poste est « ouvert » (pas de distinction local/extérieur - qualités scientifiques uniquement) et que vous classez premier les meilleurs candidats de la France entière (5 noms pas plus).
Et bien vu le faible nombre de bons candidats dans certaines sections - en sciences par exemple - tous les candidats que vous avez choisis ont de fortes chances d'avoir plusieurs choix -- si si cela arrive dans certaines sections. Systématiquement entre Amiens et « Ailleurs » (Toulouse, La Rochelle, Rennes, Marseille, etc) le candidat choisira ailleurs. Et Amiens n'aura personne, le poste ne lui sera éventuellement pas renouvelé l'année suivant. Quand cela arrive une fois ou deux, et bien on assure, on met au moins un local dans la liste des 5. Au final, statistiquement, c'est le local qui est embauché et toue le monde hurle au localisme.(Et même parfois il par ailleurs).
Comme d'habitude, les journalistes et les grands penseurs mettent l'Université dans un énorme sac et mélange tout. Mais chaque section est différente. Des sections ont 100% d'embauches, d'autres effectivement non, des sections font du localisme (forcé ou volontaire) d'autres (voir les maths) l'interdisent. Il faut donc fouiller un peu plus loi que la surface plutôt que de lancer des grandes phrases qui retombent sur le dos de tous et demande des semaines d'explications ensuite auprès des étudiants.
MMA.
à micmacadam
De Dave Feng
12H08 | 09/05/2008 |
Merci d'évoquer ce point. Je connais un peu la situation en SHS, où la demande de recrutement excède largement l'offre. Mais j'ignorais qu'il y avait des sections avec le problème inverse.
à micmacadam
De ligeoli
10H30 | 11/05/2008 |
Clair
marrant que vs parliez d Amiens, j y ai candidate l annee derniere pour un poste de MCF en Sciences, ai ete selectionne pour les auditions, y ai fait impression, on m a appelle 1 heure apres sur mon mobile et j ai eu peur de repondre car je ne savais quoi faire si on me disait que j avais ete classe 1, j ai finalement recu un mail qui me classait 2 et on m a dit, trop bon CV pour Amiens, peur que vous partiez.
Cela illustre parfaitement ce que vous disiez.