Retour sur une affaire néo-calédonienne qui fit vingt-cinq morts et dont les assassins n'ont jamais été jugés.

Lorsque la droite et la gauche couvrent à tour de rôle les institutions, l'affaire d'Etat n'est jamais loin. Dans un remarquable documentaire, diffusé jeudi soir sur France 2, Elizabeth Drévillon déconstruit les petits et gros mensonges d'une affaire qui fit vingt-cinq morts et dont les assassins n'ont jamais été jugés. Pour couvrir qui ? Une banale occupation qui dérape, vingt-sept gendarmes pris en otages
Le contexte historique est connu : printemps 1988, sur fond de tensions entre kanaks revendiquant leur indépendance et caldoches cherchant à maintenir leurs positions en Nouvelle-Calédonie, un groupe d'indépendantistes de l'île d'Ouvea veut occuper la gendarmerie locale. Face à ces gens armés et menaçants, un officier qui vient tout juste d'arriver, sort son pistolet… le drame commence.
Des coups de feu claquent : quatre gendarmes tombent. Affolé, le commando des Mélanésiens prend peur et s'enfuit en deux groupes, avec le reste des gendarmes comme otages. Nous sommes le vendredi 22 avril, deux jours avant le premier tour de l'élection présidentielle où s'opposent François Mitterrand et Jacques Chirac.
Bernard Pons pris en flagrant délit de mensonge
Dès le départ, montre le documentaire, la gestion de crise est assurée par le gouvernement qui ne veut laisser aucune chance aux ravisseurs. L'armée est envoyée sur place : sept cents hommes des unités d'élite (11e Choc, GIGN) quadrillent l'île. Les Kanaks se sont séparés en deux groupes, l'un vers le Sud, l'autre vers le Nord, avec seize otages, près du village de Gossanah.
Toute l'île est interdite à la presse. Les soldats se mettent au travail, en interrogeant la population du village, par les « méthodes qui nous répugnent » aurait dit le général Massu. Les témoins racontent comment les enfants sont enchaînés aux poteaux des cases et maltraités par les militaires, sous le regard de leur famille.
Bernard Pons, alors ministre des DOM-TOM, a été chargé par le Premier ministre Jacques Chirac de gérer l'affaire. Face caméra, il prétend n'avoir jamais mis les pieds à Gossanah. Faux, répond le général Vidal, patron de l'opération militaire :
-« Il est venu deux à trois reprises. »-« Il était au courant de ce qui se passait ? “
Sourire de l'officier : ‘Oui, bien sûr. Il était là pour ça, non ?
Premier mensonge, véniel au regard de la suite.
Récit d'une négociation impossible, pour cause d'élection…
Dès le début de l'affaire, Jacques Chirac insiste sur la barbarie, la sauvagerie’ des ravisseurs qui ont tué ‘à l'arme blanche’. Un second mensonge, puisque l'autopsie des corps des quatre gendarmes tués à Fayaoué dit le contraire. Les témoignages des gendarmes capturés sont tout aussi explicites. Une fois dans la grotte, au fin fond de la forêt, ils sont bien traités par leurs ravisseurs qui sont visiblement dépassés par l'ampleur de l'affaire. ‘Il n'y a pas de scène de violence gratuite’, explique le gendarme mobile Alberto Addari.
La négociation commence avec d'un côté le capitaine du GIGN, Philippe Legorjus et le substitut du procureur Jean Bianconi et de l'autre, le chef du commando, Alphonse Dianou. Pour Legorjus, les premiers contacts confirment le flottement des ravisseurs :
‘Dianou ne demande rien. Il réclame l'indépendance de la Kanakie libre socialiste. Comme les autres.’
En fait, les preneurs d'otage sont isolés. Maki Wea, indépendantiste de Gossanah, raconte comment ils ont été abandonnés par le FLNKS, qui ne veut pas assumer politiquement et publiquement la mort des quatre gendarmes. Impression partagée par l'un des ravisseurs, Benoît Tangopi : ‘On s'est senti lâché’.
A Paris, l'attitude du pouvoir est identique, mais pour d'autres raisons. Les candidats à la présidentielle veulent surtout éviter la sortie de route. Ainsi, les kanaks demandent le 28 avril, par le biais d'Edgar Pisani, conseiller à l'Elysée, la nomination d'un médiateur. ‘Personne ne m'a saisi de cette question’, affirme avec aplomb François Mitterrand le soir même dans un débat électoral à la télévision. Encore un mensonge, pour éviter de trébucher.
Parallèlement, l'exécutif prépare le coup de force
Simultanément, les militaires préparent un coup de force. Alors même que les visites du capitaine Legorjus se poursuivent pour tenter de trouver un accord. Le gendarme en est convaincu : les kanaks veulent une sortie de crise honorable :
‘Alphonse Dianou voulait sortir vivant de cette affaire, avec ses camarades. J'expliquai à Bernard Pons que l'idée d'une reddition était possible. Après le second tour de la présidentielle.’
A Nouméa, une réunion rassemble tous les protagonistes pour mettre au point les techniques d'interventions. Un ‘brain-storming’ dit le général Vidal, où il est question de bombe laser, d'hélicoptère avec un canon de vingt millimètres. ‘On a surdosé la réaction’, dit l'un des participants.
Le 1er mai, dans une lettre toute tactique, François Mitterrand propose à son Premier ministre une mission de ‘conciliation’ avec deux médiateurs. Comme s'il s'agissait de ne pas endosser la responsabilité d'un échec toujours possible. Refus de Jacques Chirac.
Sur le terrain, Bernard Pons répercute ce qu'il appelle l'analyse de Legorjus : la situation empire. Faux, répond l'officier : ‘En déconnectant le temps présidentiel et le temps de la négociation, on aurait sorti tout le monde vivant’. Puis le Premier ministre appelle au téléphone le responsable militaire de l'opération Victor. Récit du général Vidal :
Jacques Chirac : ‘Que pensez-vous de l'idée d'intervenir ?Le général Vidal : C'est possible, mais difficile et risquée.’
Chirac : ‘Que ferait les Israéliens et Margaret Thatcher dans un pareil cas ?
Vidal : Ils la feraient.’
Chirac : ‘Alors, nous allons la faire.’
Détail incroyable, Jacques Chirac demande alors à l'officier de s'engager par écrit sur les pertes envisageables : ‘Un à deux tués, six à huit blessés, minimum’, écrit-il.
Un assaut qui se termine par des éliminations de sang-froid
Initialement, prévu le 4 mai au matin, l'assaut est reporté de vingt-quatre heures, parce qu'au même moment les otages du Liban sont libérés. Pour le déclencher, il est nécessaire d'obtenir l'accord du président de la République. L'ordre est lancé le 5 mai 1988. L'opération Victor va durer huit heures.
Soixante-quinze hommes sont engagés pour délivrer les otages, rassemblés au fond de la grotte, avec les clefs de leurs menottes et un revolver. Le premier assaut dure soixante minutes, un déluge de feu s'abat sur les ravisseurs. Profitant de la mêlée, les otages se libèrent et se réfugient au fond de la cavité. Les kanaks ne les exécutent pas.
A partir de 12h30, c'est le deuxième assaut mené par le GIGN. A 13 heures, tout le monde est libre : les otages qui sont sortis par une cheminée à l'autre extrémité de la grotte et les ravisseurs qui se rendent un à un. Deux soldats du 11e Choc sont morts pendant l'assaut.
Sur dix-neuf cadavres, douze ont une balle dans la tête
La polémique démarre à cet instant. La version officielle est simple : sur dix-neuf cadavres, dix-huit ont été tués au cours du combat. Problème : douze d'entre eux ont, en plus de blessures diverses, ‘une balle dans la tête’. Pour Michel Tubiana, avocat du FLNKS, la responsabilité des assaillants ne fait aucun doute :
‘Il y a eu des exécution sommaires. Par qui ? Des militaires ? Des gendarmes ? Je ne sais pas…’
En tout cas, il y a des témoins de ces scènes. Xavier Tangopi, l'un des ravisseurs :
‘Bianconi était là. Il a été témoin de tout cela. Je ne comprendrais jamais comment un homme de justice peut faire ça.’
Jean Bianconi, aujourd'hui procureur de la République à Tahiti, n'apparaît pas le film. Parmi les victimes, certains ne font même pas partie du commando. Waïna Amossa, 18 ans, apportait le thé aux otages le matin. Il était vivant à la sortie de la grotte à la fin de l'assaut. On le retrouve mort, une balle dans la tête. D'autres sont littéralement passés à tabac, y compris le chef du groupe, Alphonse Dianou.
Les cadavres sont alors ficelés, une corde à chaque pied, puis ils sont traînés à terre et emportés vers l'aéroport de Nouméa, où pendant deux jours ils sont entassés dans un hangar par trente degrés. A ce stade, que penser de la dénégation de Bernard Pons ?
‘Je ne peux pas croire une seconde que des militaires aient pu commettre des exactions.’
Alphonse Dianou est laissé quatre heures sans soins avec une balle dans le genou, la perfusion arrachée par un militaire. Après son transfert, il meurt. Les résultats de l'autopsie sont formels : le chef indépendantiste a été passé à tabac.
Après la réélection de François Mitterrand, les accords de Matignon effacent toute trace judiciaire
Si tous les détails de l'affaire d'Ouvea ne sont pas encore publics, en particulier les archives du gouvernement et de la présidence de la République, les faits rapportés par les protagonites sont suffisamment accablants pour valoir des poursuites judiciaires. Le procureur de Nouméa, Jean-Pierre Belloli, n'hésite pas puisqu'il ouvre deux enquêtes.
La première information judiciaire, pour ‘non assistance à personne en danger’, concerne le cas Dianou. La seconde, pour ‘exécution sommaire’, s'intéresse au sort de deux des ravisseurs. Le nouveau gouvernement de Michel Rocard entame des discussions rapidement et boucle le dossier politique le 26 juin 1988, par la signature des accords de Matignon. Lesquels contiennent une loi d'amnistie qui s'applique à tous les faits de cette affaire. Fin de l'enquête.
Tortures, exécutions sommaires, non-assistance à personne en danger… en ce printemps 1988, la République a perdu beaucoup de ses repères en Nouvelle-Calédonie. Pour quoi ? La réponse tient sans doute dans cette réflexion de l'ancien preneur d'otages, Benoît Tangopi :
‘Dans cette affaire, on est tous victimes, eux aussi les autres… on est tous victimes des politiques.’
A cet instant, le silence des petits mensonges pèsent lourd, très lourd.





















214
(Pour réagir, connectez-vous)
à KGabou
De verseau974
12H27 | 12/05/2008 |
Petite question : qu'est qu'un terrorriste ? N'est ce point celui qui se rebelle contre l'aurotité établie ? Mais lui, le terrorriste , de son point de vue , il ne l'est pas . Il se bat pour sa patrie, sa culture. Si je me souviens bien, la Nouvelle Calédonie était deja peuplée avant l'arrivée des Occidentaux non ? donc il y a colonisation et approrpiation entre les mains de colonisateurs des richesses du sous sol néo-calédonien. 2tant né outremer , et ayant vécu dans une ancienne colonie française, je pense un peu savoir de quoi ej parle
De ZYXXYO
15H04 | 09/05/2008 |
Finalement cela ressemble vraiment à la situation tibétaine : des indépendantistes qui dérapent et sont des assassins en tuant 4 gendarmes métropolitains (au Tibet c'était 20 chinois Han lynchés ou incendiés), un état qui rétablit l'ordre par la force et tue 20 assassins (en Chine des centaines de manifestants).
Ajoutons à cela des mensonges d'état et les journalistes interdits, cela ne ressemble t-il pas au Tibet ?
Je ne prends même pas parti pour un camp, qui suis je et quelles informations (complètes) ai-je pour démeler le vrai du faux de ces histoires très graves.
Pour la nouvelle Calédonie, personne ne s'est opposé aux JO d'Albertville quelques années plus tard, personne n'a parlé d'un badge porté par les athlétes français, pour la cérémonie d'ouverture pour la vingtaine de kanaks tués, personne en France avec une banderole « Free Kanakie ».
Et puis, pourquoi Delanoë ne fait t-il pas citoyen d'honneur de la ville de Paris un indépendantiste kanak ?
Vous avez dit hypocrisie ?
De Bebert Cassandre
15H17 | 09/05/2008 |
Ouvéa… C'était il y a si longtemps.
J'ai vu ce reportage hier soir. Les preneurs d'otages étaient noirs. Si noirs. Et la grotte semblait si insalubre… Si insalubre… Et puis il y avait ces élections… Les gouvernements changent… Les candidats aussi. On a les Karcher qu'on peut. Les dalles d'Argenteuil qu'on mérite. Je me demande même si cette affaire a troubler le sommeil de nos grands hommes un seul instant… Ils étaient si noirs…
Ce n'est pas une affaire… Ce soir là, la plupart de nos concitoyens, en apprenant la nouvelle, ont repris des moules, pour peu qu'il en restât…
De Pierre-Dominique
15H21 | 09/05/2008 |
Affligeant ces commentaires !
Situation coloniale ? N'utilisez pas des mots comme cela, à tort et à travers… Oui il y a des blancs en Nvlle-Calédonie, comme il y a des kanaks en metropole, des bretons en Alsace ou des noirs dans mon quartier… jusqu'à preuve du contraire, en France, on peut vivre dans une région sans que celle-ci soit « son propre territoire ancestral ».
Les kanaks avaient le droit de manifester, de faire signer des petitions, d'organiser des meetings, de distribuer des tracts, bref d'agir comme n'importe qui dans une démocratie, mais pas de violer les lois ou de tuer des gendarmes. La comparaison avec le Tibet est sans fondement.
Rappel : nos gars du GIGN ou des forces spéciales représentent le meilleur de la Nation. Surentrainés, excellents dans leurs domaines, ils sont prêts à verser leur sang pour la Patrie, libérer des otages ou agir dans l'intérêt de la France. Ce ne sont pas des viandards, mais des types qui forcent le respect méritent l'admiration de leurs compatriotes.
à Pierre-Dominique
De bloqué le 24.09.09
16H12 | 09/05/2008 |
Quand il y aura une institution indépendante pour contrôler l'armée et les forces de l'ordre je voudrais bien accepter d'admirer qui vous voudrez. Pas avant.
Actuellement je pense que les pratiques des forces de l'ordre et de l'armée française sont en plusieurs lieux très loin d'être dignes.
à bloqué le 24.09.09
De Pierre-Dominique
16H32 | 09/05/2008 |
Cette institution independante existe, elle s'appelle… la justice.
Lorsqu'un gendarme du GIGN tue un preneur d'otage,un forcené, ou un individu armé qui tire sur quelqu'un par exemple, le procureur de la Republique ou son substitut entend le supergendarme, et determine s'il y a eu legitime defense.
Si l'utilisation de l'arme est contesté, par les familles par exemple, celle-ci peuvent saisir la justice.
à Pierre-Dominique
De Pierre-Dominique
16H34 | 09/05/2008 |
Pour les forces spéciales, une part de secret entoure necessairement leurs actions. C'est à ce prix que l'on peut defendre la France contre ceux qui la menacent.
à Pierre-Dominique
De bloqué le 24.09.09
17H31 | 09/05/2008 |
Pierre-Dominique, Amnesty a protesté il y a quelques mois sur la manière dont la justice française enterre régulièrement les plaintes contre les forces de l'ordre française. Il n'y a qu'infiniment peu de plaintes traitées et la justice croit assez systèmatiquement la version des forces de l'ordre. Ce n'est pas une bonne manière d'éliminer les brebis galeuses.
Ensuite je ne partage en rien ta foi dans les forces spéciales faisant leur coup dans le secret, pour nous protéger. C'est la transparance et l'éthique qui nous protège, c'est pour cela que l'alliance avec Bush, le tortionnaire assassin, est consternante.
à bloqué le 24.09.09
De wieeinstlilimarleen
imbepile.free.fr | 17H13 | 10/05/2008 |
Quand un membre des forces de l'ordre est relaxé d'une accusation portée contre lui, c'est par l'action de la Justice. La Justice respecte les lois, jusqu'à preuve du contraire.
Une relaxe n'est pas un vague « enterrement ». On pourra prendre Amnesty International au sérieux lorsqu'elle reconnaitra ce fait. Ou alors lorsqu'elle démontrera que la Justice défaille, ce qui n'est pas à présent le cas : être mécontent d'un résultat ne prouve rien. Dans un procès, il y a au minimum une partie mécontente.
à Pierre-Dominique
De Bebert Cassandre
18H40 | 09/05/2008 |
Mon Pierre Dominique…
Pascal Sevran est mort…
Va falloir reprendre des moules encore, au risque d'une indigestion…
Il n'aimait guère les noirs Pascal Sevran… Enfin, il les aimait peu. Par contre il aimait beaucoup la chanson française notre bon Pascal… Enfin la vraie… Genre « Maréchal nous voilà »… Celle qui vous prend aux trippes !
Pascal Sevran est mort mon cher Pierre Dominique.Et je suis triste ! Je ne sais plus que faire de toutes ces coques de moules qui m'encombrent la vie. A force d'en reprendre ça en devient même indécent.
Je suis d'accord avec vous, c'est beau un militaire ! C'est beau et c'est viril. ça vous sauve une patrie pendant qu'on les mange, ces putains de moules. Pascal Sevran, « Dieu ait son âme et surtout qu'il sache quoi en faire » aurait aimé les militaires d'Ouvéa qui, au risque de leurs vies, ont su anéantir cette vermine cavernicole.
Mon cher Pierre Dominique, une question, êtes vous naturellement ce que vous êtes ou vous entraînez vous à devenir chaque jour meilleur ?
De elliotness
15H44 | 09/05/2008 |
De nombreux anciens soldats métropolitains dépêchés sur place pour sécuriser l'île, peuvent témoigner d'exactions comme le lâchage par hélicoptère de prisonniers sans parachute, et de l'atmosphère embrouillée qui a caractérisé cette opération surmilitarisée.
Il conviendrait de retrouver et compiler les souvenirs de ces jeunes engagés, plus prompts à établir la lumière historique sur cette énième affaire d'Etat.
D'aucuns se servent de la République comme un Autrichien de sa fille.
De lioe
berlin | 15H51 | 09/05/2008 |
Message a RUE89
Un echange entre incorrect et moi a disparu, je m etonmne de cette disparition.Notre echange concernait l article et ni lui ni moi n avont utilise un voabulaire agressif et vulgaire
puis je en connaitre la raison
Merci de me repondre
à lioe
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 16H25 | 09/05/2008 |
Pour ma part, il y a aussi un message concertant la rediff de ceci :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/05/ouva-retour-sur.html
qui risque d'être trappée par la mort de Sevran, et ce avec deux (au moins) autres interlocuteurs qui a disparu. ce devait être vers les 15h30. Avant 16h en tous cas.
à lioe
De compte supprimé 24
| 21H15 | 09/05/2008 |
Idem. Grève de clavier.
De gérard lambert
travailleur de - pour gagner+ | 16H38 | 09/05/2008 |
toujours la suffisance du colon pour le colonisé,pourquoi utiliser des moyens disproportionnés pour liberer des otages de « résistants » pour la plus part effrayés par le tournure des évenements,meme les otages ont déclaarés ne pas avoir été maltraités.
En tout cas une fin affreuse digne des repressions de la soldatesque francaise toujours en mal d'une revanche,toujours raciste,toujours pret a defendre le fort contre le faible.
Voir a ce sujet le reportage sur les massacres de Sétif le 8 mai 1945 ou un colon se vante d'avoir tué + de 80 « pinsons »,la aussi la balle dans la tete était utilisée (décidemment que de tireurs d'élite dans notre armée ).
Si un jour la vérité se fait jour , il y a fort a parier que nombre de politiques (et leurs larbins politiciens ou journalistes) n'auront plus que leur chapeau à manger à defaut de condamnation .
vite du goudron et des plumes ! c'est ce qu'on peut leur souhaiter de « moins pire ».
à gérard lambert
De Pierre-Dominique
16H46 | 09/05/2008 |
Effrayés, les preneurs d'otages ? Alors, ils n'avaient qu'à libérer les otages. Et pourquoi ont-ils ensuite pris en otage des hommes du GIGN ?
« Résistants » ? C'est comme ça que l'on fait de la politique, dans une démocratie ? En tuant et en prenant en otage ?
Sur Sétif, aucun rapport. Dans le genre et-je-te-melange-tout-parce-que-de-toute-façon-les-soldats-c'est-tous-des-colons-des-racistes-moi-que-j'dis, on peut difficilement faire mieux…
à Pierre-Dominique
De dieguito
17H05 | 09/05/2008 |
mr pierre dominique vous qui encensez l'armée francaise,pourriez vous m'indiquer si vous avez effectué votre service militaire et dans quel arme svp ; cela pourrait m'aider à comprendre votre argumentation. merci.
à dieguito
De Pierre-Dominique
14H37 | 13/05/2008 |
Trop jeune pour avoir fait mon service…
Mais servir mon pays me tient à coeur. J'ai effectué plusieurs preparations militaires, et suis actuellement réserviste.
De mettretong
16H59 | 09/05/2008 |
Ouvéa, une grotte bien sombre…
Pons Pilate… ? ?
les politiques s'en tirent à bon compte et la grande muette reste fidèle à sa réputation, et de l'Algérie à la Nouvelle Calédonie les générations de militaires et de politiques entretiennent des méthodes de pacification au service des droits de l'homme… A quand le droit d'ingérence dans nos affaires d'état avant de donner des leçons de respect des droits de l'homme aux chinois et aux birmans ?
Merci pour Infrarouge et ce reportage.
De suffren
16H59 | 09/05/2008 |
» »…des coups de feu eclatent,quatre gendarmes tombent » ».Ceux qui les ont tues ce sont quoi : des enfants de coeur ? .La vie de ces gendarmes ne compte pas ? .Si ensuite les tueurs et preneurs d otages se sont fait tues ce n est donc que par des assassins comme vous l ecrivez.Vous qualifiez comment alors ceux qui ont abattus les gendarmes ? Je sais bien que pour vous du moment qu ils sont noirs ils ont tous les droits mais quand meme.Un peu de decence.
De unagi
Fatalitas | 17H01 | 09/05/2008 |
« La Nouvelle-Calédonie, colonie de peuplement, bien que vouée à la bigarrure multiraciale, est probablement le dernier territoire tropical non indépendant au monde où un pays développé puisse faire émigrer ses ressortissants.
Il faut donc saisir cette chance ultime de créer un pays francophone supplémentaire. La présence française en Calédonie ne peut être menacée, sauf guerre mondiale, que par une revendication nationaliste des populations autochtones appuyées par quelques alliés éventuels dans d'autres communautés ethniques venant du Pacifique.
À court et moyen terme, l'immigration massive de citoyens français métropolitains ou originaires des départements d'outre-mer (Réunion) devrait permettre d'éviter ce danger en maintenant et en améliorant le rapport numérique des communautés.
À long terme, la revendication nationaliste autochtone ne sera évitée que si les communautés non originaires du Pacifique représentent une masse démographique majoritaire. Il va de soi qu'on n'obtiendra aucun effet démographique à long terme sans immigration systématique de femmes et d'enfants.
Afin de corriger le déséquilibre des sexes dans la population non autochtone, il conviendrait sans doute de faire réserver des emplois aux immigrants dans les entreprises privées. Le principe idéal serait que tout emploi pouvant être occupé par une femme soit réservé aux femmes (secrétariat, commerce, mécanographie).
Dans une lettre du 19 juillet 1972, Pierre Messmer, alors Premier ministre, écrit à Jean-François Deniau, secrétaire d'État aux DOM-TOM
Sans qu'il soit besoin de textes, l'administration peut y veiller.
Les conditions sont réunies pour que la Calédonie soit dans vingt ans un petit territoire français prospère comparable au Luxembourg et représentant évidemment, dans le vide du Pacifique, bien plus que le Luxembourg en Europe.
Le succès de cette entreprise indispensable au maintien de positions françaises à l'est de Suez dépend, entre autres conditions, de notre aptitude à réussir enfin, après tant d'échecs dans notre Histoire, une opération de peuplement outre-mer. »
à unagi
De unagi
Fatalitas | 17H03 | 09/05/2008 |
Dans une lettre du 19 juillet 1972, Pierre Messmer, alors Premier ministre, écrit à Jean-François Deniau, secrétaire d'État aux DOM-TOM
De dragon29
invalide a douarnenez | 17H28 | 09/05/2008 |
il y a la cour européenne de justice
De JLMerci
professeur, acteur et militant, Aub... | 17H31 | 09/05/2008 |
Elle est belle, la France !
Comme dans les Aurès dans les années 60, comme à Constantine en 45, l'armée française s'est comportée comme une bande d'allumés avec le meurtre comme réaction automatique.
Encore une fois, je peux dire que j'ai honte d'être
français…
à JLMerci
De Bardamu
difficile | 19H30 | 09/05/2008 |
Changez de nationalité, ça nous épargnera vos jérémiades.
à Bardamu
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
22H47 | 09/05/2008 |
J'aimerais changer ma nationalité ! ! ! ! ! ! !
Quelqu'un peut m'aider ?
à Bardamu
De déluge
menuisier | 20H19 | 10/05/2008 |
@ Bardamu, on vous a connu plus fin.
Franchement un vague décalé de « la France aimez là ou quittez là », c'est faible.
De digbeutape
Auteur à l'Harmattan | 17H44 | 09/05/2008 |
Dès l'instant où le pouvoir politique décidait d'envoyer le 11ème Choc, la suite ne pouvait être différente. En effet, ce « régiment » n'est que la couverture administrative des militaires détachés d'unités normales et mises au service du SDECE devenue DGSE en 1982. Les rôles de ces hommes (et aussi quelques femmes) : la recherche du renseignement à l'extérieur et les « actions humides » (assassinats politiques) décidées par le pouvoir politique à exécuter HORS DES FRONTIERES. Ils répondent très précisément à la définition qu'un de mes anciens donnait de son métier : un « assassin au service de l'Etat » (il avait été successivement légionnaire à la 13ème DBLE, puis parachutiste au bataillon étranger parachutiste, enfin il avait servi dans l'infanterie coloniale). Leur entraînement et leur éthique sont orientés très précisément dans ce sens. Etant un « territoire d'outre-mer », donc une partie de la France, l'intervention de militaires était une anomalie : leur rôle se limite aux interventions extérieures (ce point a été rappelé alors que des militaires avaient été envoyés assurer la sécurité dans les autobus de Strasbourg) ; ils agissent sans uniforme. Le 11ème Choc s'est rendu célèbre en Indochine où l'interrogatoire des Viêt Minh ne relevait pas de la dentelle : le pénitencier de l'île de Poulo Condor a laissé un amère souvenir (aucun prisonnier n'en ressortait) ; il a été utilisé ultérieurement par le Front national pour la libération du Viêt Nam avec la même férocité jusqu'en 1975.
Le crime est indiscutable. Il ne convient pas d'en rechercher les exécutants (des militaires qui ont exécuté les ordres reçus) mais les politiques qui ont décidé l'envoi du 11ème Choc et les ordres qui ont été donnés à ces hommes. François Mitterrand étant mort, voici un accusé qui ne risque plus d'être poursuivi.
Ce massacre n'est pas resté sans successeur. Il faut rappeler l'emploi des hélicoptères armés contre les manifestants ivoiriens en novembre 2004, les soldats du RICM tirant sur la foule depuis les étages de l'hôtel Ivoire et de derrière leurs chars. Le général PONCET, le ministre ALLIOT-MARIE, l'ex-président CHIRAC sont encore vivants. Le crime est le même. La sanction tout aussi escamotée. Quand ces gens seront-ils jugés ?
De perico
17H45 | 09/05/2008 |
Sale affaire… La raison d'état ne peut tout expliquer, ni tout couvrir.
Toutefois, je ne peux m'empêcher de penser que c'est aussi avec ce type de réaction étatique, violente et totalement illégitime, que « nos » groupes indépendantistes, au pire, ne versent que dans un terrorisme soft…
On peut se demander par exemple ce que pensent de cette affaire les espagnols, victimes de l'ETA depuis 30 ans.
Entre angélisme démocratique et renoncement aux droits de l'Homme, rien n'est simple… Mais 20 ans plus tard, j'espère que la lumière sera faite sur cette affaire, de façon sereine et complète. Nous y avons beaucoup à apprendre, sur nous même, sur nos valeurs, et sur ce à quoi elles peuvent nous mener.
De entitée
18H17 | 09/05/2008 |
pour pierre-dominique si vous pensez que ces hommes sont les meilleurs de la nation c'est que vous ne les avez pas connus dans leur milieu la où ils se savent supérieurs, pour vous donnez une idée pas besoin d'aller en nouvelle-calédonie, allez juste faire un tour dans nos lycées-militaires(aix,la fleche, brest,autun…) où parfois on peut croisé certains de ces hommes(par exemple 11e choc,13eme RDP, RIMA, RPIMA et j'en passe)voila.
quand la nation donne l'exemple comme s'étonne d'autre tragédies quotidiennes ?