témoignage

Humour fiscal : j'ai testé pour vous le crédit impôt mobilité géographique

Il y a un an, une lettre recommandée de mon ancien centre des impôts (Orléans) m'informait d'une proposition de rectification sur ma déclaration de revenus 2005, et plus particulièrement sur un crédit d'impôt mobilité géographique de 1 500 euros que les impôts avaient accordé à mon époux en août 2006. Motif invoqué : mon époux ne justifiait pas de douze mois de chômage pour prétendre à ce crédit d'impôt et ne remplissait donc pas l'une des trois conditions prévues par « l'article 200 duodecies » relatif à ce crédit. Il faudrait donc rembourser les 1 500 euros, plus 10% de pénalités.

Nous étions consternés. Voici toute l'histoire : Mon époux est licencié fin 2004, de façon abusive, par un équipementier automobile.
En juillet 2005, après 6 mois de chômage sans avoir perçu aucune indemnités des Assedics et après avoir répondu à des centaines d'annonces de postes répondant à son profil et sillonné la France pour des entretiens d'embauche, il retrouve un poste en CDI à 450 km de notre domicile. Sénior (comme ils disent), cadre moyen, mon époux prenait donc ses nouvelles fonctions. Mais son nouveau contrat de travail prévoyait une période d'essai de six mois. Nous déménageons en catastrophe une semaine après son embauche, moi-même ne travaillant pas pour des raisons de santé, il était plus simple de réunir la famille que d'avoir des frais de double résidence.

Septembre 2005 le gouvernement annonce des mesures fiscales en faveur des chômeurs qui déménagent afin de retrouver un emploi. Cette annonce largement relayée par les médias est la bienvenue et nous la retenons donc pour notre future déclaration de revenus. Un déménagement coûte cher, très cher, tant en frais de transport qu'en installation, frais d'agence immobilière, caution, etc. Sans considérer l'aspect psychologique (éloignement de la famille, des amis, des activités…)

Fin décembre 2005, à la veille de la fin de sa période d'essai, mon mari apprend que la société qui l'emploie va être placée en redressement judiciaire et que, par conséquent, son contrat est rompu. Beau cadeau de Noël ! En plus, il avait cessé de s'inscrire en tant que demandeur d'emploi le mois précédent (toujours inscrit durant sa période d'essai) ; son employeur étant très satisfait de lui et n'ayant laissé supposer aucune rupture future. Nous commencions à être coutumiers du fait.

Nouvelle période de chômage : un mois et demi. De nouveaux frais de déplacements dans la France entière pour mon époux pour retrouver un emploi. Février 2006, c'est chose faite, mais le nouveau poste est à 200 km de chez nous. Ce nouveau contrat de travail (CDI) prévoit une période d'essai de trois mois renouvelable. Durant les trois premiers, mon époux loge à l'hôtel et ne rentre que le weekend (des frais de double résidence et de déplacements). A l'issue de cette période, il est confirmé dans son poste et nous déménageons fin juin 2006.

Pour le second déménagement, refus catégorique : on ne peut prétendre qu'une fois à cet avantage !

Je précise que mon époux avait demandé à bénéficier de l'aide mobilité prévue par les Assedics, là encore refus partiel, seulement 450€ versés à la signature du contrat, le versement du solde ayant été refusé puisque le contrat de travail avait été rompu. Pour le second déménagement, refus catégorique, car on ne peut prétendre qu'une fois à cet avantage ! En mai 2006 nous déclarons nos revenus 2005 par internet. Je coche la case « AR déménagement à + 200 km pour reprendre une activité » : bien que nous avions l'habitude de déclarer par internet, l'administration nous avait transmis une déclaration papier, complétée d'une notice abrégée. Là, nous constatons que nous remplissons bien les conditions pour bénéficier du crédit impôt mobilité géographique, dont nous avions entendu parlé quelques mois auparavant.
Toutefois je prends la peine de vérifier les conditions sur les sites internet de l'Administration et notamment sur www.impots.gouv.fr et sur www.service-public.fr.

J'y lis que le crédit d'impôt est bien destiné aux demandeurs d'emploi qui ont déménagé à plus de 200 km de leur domicile pour reprendre une activité de plus de six mois. C'était le cas de mon époux, alors je coche donc la case AR.

Août 2006 : nous recevons un chèque de 1 500 euros du trésor public, nous ne sommes pas imposable pour l'année 2005. Ce chèque est vraiment bienvenu puisque nous venions de subir un second déménagement.

« L'annonce du gouvernement Villepin, les infos des médias, tout était faux »

Avril 2007 : nous recevons la lettre recommandée des impôts évoquée plus haut. Premièrement nous ne comprenons pas les motifs de l'administration et deuxièmement envisager de rembourser ces 1 500 euros était inconcevable autant qu'impossible. Même si mon époux exerce une profession qui lui permet de gagner un salaire correct et de subvenir aux besoins de notre famille de deux enfants (10 et 12 ans), les déménagements consécutifs ont considérablement fragilisé notre trésorerie. Rembourser cette somme nous était impossible sans mettre en déséquilibre notre budget.

Une recherche sur Internet m'apprend que ce crédit impôt est issu de la loi de finance 2006, appelé « article 200 duodecies du code général des impôts » et qu'il s'adresse aux demandeurs d'emploi de longue durée. Mon époux et moi-même tombons de nues et ne comprenons plus rien : l'annonce du gouvernement Villepin, les infos des médias, tout était faux.

Mais je découvre que le texte de loi concerné est rapporté par un bulletin officiel des impôts : le Bulletin Officiel des Impôts 5 B-12-06 N° 48 du 15 mars 2006
qui, lui, explicite des conditions d'attribution mais sans préciser dans ses énonciations qu'il est destiné aux demandeurs d'emploi de longue durée. Aucune notion de durée de chômage n'est rapportée dans ce bulletin officiel, ni dans sa présentation ni dans son introduction (1), ni dans sa section 1 (3), ni dans le préambule de son paragraphe C, ni dans le petit « a » de son paragraphe C.

Seule l'annexe 1, qui reprend dans son intégralité l'art 11 de la loi de finance 2006 et donc l'art 200 duodecies du code général des impôts, indique que les demandeurs d'emploi doivent avoir été inscrits à l'ANPE pendant une période consécutive de douze mois précédant la reprise d'activité. Une durée est bien mentionnée précédemment, mais elle s'associe à la « qualité » de titulaires de minima sociaux.

Aussi j'adresse en mai 2007 un courrier à mon ancien centre des impôts en lui expliquant ces faits. La réponse arrive quelques mois plus tard, en août 2007 : - nul n'est censé ignorer la loi,
- la loi n'est pas ambiguë,
- les informations recueillies auprès des médias n'engagent que ces derniers,
- il faut que nous remboursions.

J'adresse une nouvelle lettre de contestation, pour laquelle je ne reçois jamais de réponse. Entre temps, je contacte le conciliateur fiscal, qui me fait la même réponse que le centre des impôts. Évidement, il est à la fois juge et partie ! Attendant en vain la réponse du centre des impôts, nous recevons fin février 2008 un nouvel avis d'imposition nous demandant de régler avant le 17 mars la somme de 1 500 euros. Dans l'impossibilité de régler une telle somme, j'écris à nouveau à mon centre des impôts afin de demander un recours gracieux et un sursis de paiement. Je ne vous exposerai pas ici mes différents échanges avec l'administration pour obtenir le sursis de paiement. C'était burlesque, tellement l'administration n'est même pas au courant des lois qui existent en la matière (on m'a adressé des imprimés vieux de 1993 ! ).

L'administration nous demande de justifier les ressources et dépenses de notre foyer. Suite à cela, elle nous accorde généreusement une remise de 500 euros, mais les 10% de pénalités sont maintenus.

Près de 80% des bénéficiaires de ce crédit seraient redressés

Très agacée par ce redressement fiscal, je recherche des informations sur le Net et quelle n'est pas ma stupeur de découvrir que d'autres contribuables sont dans la même situation que notre foyer. Un forum regorge de témoignages de contribuables bénéficiaires du crédit mobilité et qui doivent rembourser l'Etat. Chaque témoignage est différent :

  • certains avaient coché la case AR sans même savoir que cela ouvrait droit à un crédit et une fois qu'ils ont reçu l'argent, surpris, ont demandé aux impôts de quoi il s'agissait et se sont entendu répondre qu'ils avaient bien droit à ce crédit puisque les impôts leur avaient réglé ;
  • d'autres, comme moi, avaient vérifié sur les sites officiels avant de cocher,
  • d'autres encore avaient téléphoné aux centres des impôts avant de cocher et s'étaient entendu dire qu'ils y avaient bien droit après l'énonciation de leur cas.
  • ls derniers, enfin, remplissaient bien les trois conditions prévues par la loi d'origine, mais n'avaient pas déménagé dans les trois mois qui suivaient la reprise d'activité (cette sous-condition existe dans le BO) -difficile d'ailleurs de déménager avant la fin de la période d'essai !

Selon l'administration elle-même près de 80% des bénéficiaires de ce crédit seraient redressés. Un tel chiffre ne peut que laisser supposer un réel problème.
Les témoignages sur le forum étaient tellement différents, les victimes tellement perdues et non informées des démarches à accomplir, que j'ai décidé de réunir sur un blog toutes les informations sur le problème afin d'aider mes concitoyens très désemparés. Depuis sa mise en ligne le 7 avril 2008, soit un mois, mon blog a reçu plus de 4000 visiteurs.

Entre temps, nous avons essayé chacun de notre côté de prendre contact avec les médias pour faire entendre notre cause. Ce fût très difficile, l'info a été portée à la connaissance des Français un mois et demi après le début de notre action. M6 a diffusé fin avril un reportage sur la question et suite à cela les visites sur le forum et le blog ont explosé. Certains bénéficiaires du crédit n'étaient pas encore informés de la demande de remboursement, tous s'affolaient, beaucoup dans des situations de précarité et de nouveau chômage.

Marre d'être pris pour des fraudeurs par une administration pas claire

Nous avons contacté les députés. Un seul a accepté de faire entendre notre voix en répondant à ma demande, le député Richard Mallié, premier questeur de l'Assemblée nationale, député des Bouches-du-Rhône, membre de la commission des Finances. Il a posé fin avril une question écrite au ministre du Budget.

Les victimes se sentent trahies par l'Etat qui n'a pas respecté ses promesses. On nous prend régulièrement pour des fraudeurs. Nous n'avons pas voulu frauder, nous voulons juste que l'administration reconnaisse qu'il existe une ambiguïté pour ce crédit d'impôt. Et l'ambiguïté est de fait, au vu de tant de contribuables redressés pour un même crédit d'impôt…

Les victimes, pour beaucoup des ex-chômeurs, des chômeurs, des jeunes, des smicards, des RMistes, parfois deux personnes dans un même foyer, donc 3000 € à régler. Pour beaucoup des précaires qui sont dans l'impossibilité de rembourser. Certains n'ont même pas reçu de lettre de proposition de rectification et se voient saisis sur salaire, chaque mois, 150 euros.

Des textes de lois si ambigus que le contribuable pourrait s'en prévaloir devant les juges

L'administration répond à ceux qui ont contesté le redressement que nul n'est censé ignorer la loi et qu'il fallait lire la notice. Mais où était cette notice ? Ceux qui ont déclaré en ligne ne l'ont pas vue, elle était cachée soit disant derrière un point d'interrogation que beaucoup ont pris pour la marque d'une ponctuation, donc une question : « déménagement à plus de 200 km pour reprendre une activité ? ».

Formulaire de déclaration de revenus… sans notice (DR).

Les contribuables-victimes l'ont donc consultée, cette notice, mais un an, voire deux ans après leur déclaration. Certes elle énonce clairement les trois conditions, mais pas les sous-conditions. Et elle ne se substitue en rien à la loi fiscale de 2006 (c'est écrit noir sur blanc sur la notice elle-même) et qui est rapportée par le bulletin officiel des impôts BO 5 B-12-06 N° 48 du 15 mars 2006.

Or, contrairement à l'article 11 de la loi de finances pour 2006 publié au JO n° 304 du 31/12/2005 : art. 200 duodecies du code général des impôts, le Bulletin Officiel des Impôts 5 B-12-06 N° 48 du 15 mars 2006 ne rapporte pas de condition de durée de chômage pour les demandeurs d'emploi.

Un décret devait prévoir les modalités d'application de la loi, mais l'administration a elle-même reconnu que ce décret était inutile du fait de l'existence du bulletin officiel.
Ainsi c'est le bulletin officiel lui-même qui explicite les modalités d'application de l'article 200 duodecies . Il existe donc de fait un différent d'interprétation des textes de lois sur ce crédit d'impôt. Aussi, le contribuable pourrait se prévaloir de cette ambiguïté devant les juges et face à l'administration.

Par ailleurs les non-demandeurs d'emploi qui ont bénéficié de ce crédit ne peuvent être responsables et redressés car l'administration fiscale avait à sa disposition toutes les informations pour vérifier très rapidement si le contribuable pouvait ou non prétendre à ce crédit. Oui mais voilà, il semble que les moyens informatiques de l'Administration ne soient pas à la pointe de la technologie : si tel avait été le cas, l'erreur des contribuables n'aurait pu se produire puisque ceux qui ont coché la case AR, n'ont pas coché la case la AI (Demandeur d'emploi de plus d'un an), et ont coché aussi la case AX (Travail à temps plein). L'administration pouvait constater de fait que trois conditions d'octroi n'étaient pas réunies. Une simple programmation informatique à la portée d'un enfant aurait permis de croiser ces lignes et d'émettre des conditions.

En avril Bercy annule les pénalités… mais certains centres des impôts ne sont pas encore au courant

Mais sans parler d'informatique, puisque nos agents des impôts ne sont pas encore remplacés par des ordinateurs, pourquoi aucune vérification n'a été effectuée par l'administration, comme il est de règle pour les autres crédits d'impôt ? Devrions-nous payer pour cette erreur ? Par ailleurs, les contribuables ne sont pas illettrés, comme on nous l'a déjà l'a laissé entendre, beaucoup ont coché la case AR en toute connaissance de cause et grâce aux sites officiels et aux agents des impôts eux-mêmes. M6 a diffusé dimanche 20 avril 2008 un reportage sur le problème dans son « 6 minutes ». Face à cela, le 21 avril 2008, Bercy annonçait dans une dépêche AFP que les pénalités étaient annulées et que l'administration seraient très large pour le remboursement. Il semblerait que certains centres des impôts ne soient pas encore informés de cette décision ! Toutefois, ce n'est pas la réponse attendue par les milliers de contribuables victimes.
Pourquoi devraient-ils payer les erreurs de l'administration ? Une pétition à l'attention du ministre du Budget est en cours sur le net, qui a déjà reccueilli plus de 460 signatures.

Certains envisagent de porter l'affaire devant les tribunaux pour faire reconnaître l'ambiguïté de loi. Faudra-t-il en arriver là ? Les contribuables ex-chômeurs ou chômeurs n'ont-ils pas assez payé et souffert ? A l'heure de la réforme du chômage, ce scandale du crédit d'impôt mobilité n'est encore qu'un coup bas de l'administration pour faire entrer de l'argent dans les caisses si vides. Il est normal de remplir les caisses, mais pas sur le dos des fragiles. Pourtant nous les victimes de ce crédit d'impôt nous les remplissons les caisses de l'Etat, par notre travail, notre mobilité, nos impôts.

Une loi vient d'être votée pour favoriser la mobilité des fonctionnaires et accompagner financièrement leur mobilité. Pour eux ce ne seront pas 1 500 € mais près de dix fois plus, et leur conjoint percevra également une aide non négligeable de 6 100 euros. Nous les chômeurs, on nous a fit croire à des miettes qu'il nous faut déjà rembourser.

Le blog Crédit Impôt Mobilité géographique.
La pétition à l'attention du ministre du Budget.

37 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de juliettelucie

De juliettelucie

Agitée du bocal | 14H14 | 09/05/2008 | Permalien

C'est proprement scandaleux… Après ça, on dit que l'on veut encourager les chômeurs à se remettre au travail rapidement. En effet, pas de meilleure méthode pour aider des gens prêts à déménager deux fois pour trouver du travail que de leur piquer encore un peu plus d'argent !

Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 14H26 | 09/05/2008 | Permalien

Il y a une histoire similaire ici :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/04/impts-pourquoi.html
je ne sais si vous l'avez.

de façon générale : ne jamais se fier aux promesses électorales/listes et aux médias, mais attendre une parution au JO.

c'est ainsi que nombre de personnes ont signé un emprunt pensant bénéficier d'une mesure Sarko, qu'ils n'ont pas vue, car ils ont signé trop tôt.

dans le cas de la nomination de Arnaud Teullé, par exemple, je me suis fié au JO pour ceci :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/05/arnaud-teull-la.html

même les résultats du loto à la télé ne valent rien, légalement !

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

Hi-Han | 14H59 | 09/05/2008 | Permalien

Les promesses c'est bien mais pour les gouvernements c'est encore mieux lorsqu'elles ne côutent rien.

Portrait de bloozmarch

De bloozmarch

15H07 | 09/05/2008 | Permalien

Mais enfin pourquoi tous ces gens qui se plaignent ne font pas comme le baron Seillière et autres pontes du MEDEF, avoir un cabinet d » avocats d » affaires et quelques amis très très haut placés, c » est pourtant simple, facile et évident, non ? Les pauvres ne sont jamais contents de se priver et de souffrir un peu pour avoir la chance de participer au bonheur des riches !

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

15H28 | 09/05/2008 | Permalien

un article ds le canard à ce propos la sem. passée…
C'est minable !
Des gens sont dans l'obligation de rembourser.

Portrait de karlM

à marie 75 Portrait de marie 75 De karlM

09H03 | 10/05/2008 | Permalien

Journal LE MONDE | 30.04.08
Le Baron Seillière, (ex-patron du MEDEF et actuel patron des patrons européens) et sa mafia légale se gavent :

Grâce a un montage juridico-fianancier que seul les riches peuvent se permettre, nos respectables mafiosos se partagent 324 millions d'euros…
Trois dirigeants se sont taillé la part du lion.
Ernest-Antoine Seillière d'abord, le président du conseil de surveillance de Wendel, a reçu pour 79 millions d'euros de titres. Bernard Gautier ensuite,
membre du directoire, en a touché pour 36 millions, et Jean-Bernard Lafonta enfin, président du directoire, s'est vu attribuer pour un peu plus de 83 millions d'euros. Douze autres cadres se partagent les 85 millions qui restent, après avoir réglé l'essentiel des 41 millions de frais et d'emprunts.

Ce montage est totalement légal (vive la loi libérale)…mais un avis critique datant du 12 mai 1995 et provenant de la direction générale des impôts (DGI),
dite « instruction Taly », mettait en garde les groupes contre « les mécanismes » qui permettaient aux dirigeants « d'obtenir des avantages financiers importants », notamment avec les options d'achat sur des titres, objet précisément de ce montage. « Dans la plupart des cas, il a été constaté que la ou les sociétés en cause se sont privées d'un gain important au bénéfice des intéressés », note la DGI. Les dirigeants seront alors imposés sur le revenu si « l'avantage consenti est occulte, ou résulte d'un acte de gestion anormal de la société, ou a pour effet de porter la rémunération totale du bénéficiaire à un montant exagéré ».

Vous en voulez encore ? La sidérurgie, une machine à gonfler les fortunes
privées.
Par François Doutriaux (Juriste et enseignant chercheur) 06/02/2008 sur www.rue89.com.

L'histoire d'amour qui lie l'Etat français et le secteur sidérurgique est ancienne. L'usine de Gandrange, appartenant à Arcelor (plus précisément à Usinor), a été cédée en 1999 au groupe indien Mittal pour un franc symbolique. Le trust français Arcelor, numéro un mondial de l'acier, devait être racheté le 25 juillet 2006 par le même Mittal pour 26,9 milliards d'euros. Depuis le début des années 70, l'Etat s'était pourtant dépensé sans compter pour Arcelor et le secteur sidérurgique français. Principal propriétaire de l'une de ses deux grandes composantes, Sacilor, la famille de Wendel -dont sont issus notamment Antoine Seillière, Françoise de Panafieu ou une partie de la famille Schneider - a ainsi largement bénéficié de la générosité de l'Etat. Dès 1978, alors qu'Usinor-Sacilor licenciait 22 000 salariés, l'Etat reprenait à son compte 22 milliards de francs de dettes du groupe. Le président français, qui
autorisait cette généreuse intervention, était également apparenté, par son épouse, à la famille Wendel.Des subventions par centaines de milliards
L'alternance politique ne devait pas modifier cette ligne de conduite : la nationalisation du groupe, entre 1978 et 1982, devait effacer le reliquat des dettes des « maîtres de forge » (et notamment du groupe Wendel) au détriment des finances publiques. Entre 1975 et 1987, le secteur sidérurgique enregistra 80 milliards de francs de pertes (couvertes par l'état pour l'essentiel) et englouti plus de 100 milliards de subventions publiques. Les « plans acier » de 1977 et 1982 auront, de manière remarquable mais aux prix d'investissements financiers publics colossaux et de massives suppressions d'emplois (130 milliards de francs et 100 000 suppressions de postes en vingt ans), restauré la
rentabilité de la sidérurgie en apurant son passif et en multipliant par trois sa productivité. Ce, pour le plus grand bénéfice du secteur privé. En effet, le groupe est privatisé à vil prix (à peine dix milliards de francs) dés 1995 par Alain Juppé, non sans que l'Etat n'eût préalablement pris à sa charge
le reliquat de ses dettes. Les actions sont en grande partie acquises par des fonds de pension (plus de 30% de l'ensemble). De plus, au sein du comité des forges, puis de l'UIMM et au MEDEF, la famille Wendel a toujours tiré les
ficelles dans l'ombre auprès de tous les gouvernements depuis le 19ème siècle. Elle a même su se partager entre 1870 et 1918 entre la France et l'Allemagne en
protégeant ses usines situées des 2 cotés de la frontière de cette période (en Moselle allemande et en Meurthe et Moselle Française) Pour infos, ni en 1914/1918, ni en 1939/1945 les usines de la famille Wendel n'ont été bombardées ou endommagées et leur production n'a jamais cessé pendant ces 2 guerres ! ! !
Si au 19ème siècle cette famille, tout comme les Schneider avec lesquels elle est liée, a su faire bénéficier ses ouvriers d'avancées sociales indéniables, notamment il faut le souligner grâce aux incitations du 1er ministre allemand Bismark, les descendants, avec à leur tête le baron Seillières ont bien tourné le dos à ce paternalisme qui fidélisait les ouvriers, en devenant de purs financiers indifférents au sort des personnels des entreprise qu'ils achètent ou vendent au gré de leurs intérêts.

Portrait de Tophee

De Tophee

en haut a gauche | 15H55 | 09/05/2008 | Permalien

Bravo pour votre article et bonne chance pour votre lutte ! Ce que vous denoncez est proprement scandaleux. Je suis en desaccord avec vous sur un point : Le coupable, ce n'est pas l'administration mais le gouvernement. Bien-sur j'y vois une magouille electorale, on donne l'argent avant les elections, on le reprends apres, mais c'est parce-que je suis un gros cynique.

En parlans de cynisme, il y as une bonne quinzaine d'annee, alors que je venais de creer une entreprise, j'avais contacter l'administration fiscale pour eclaicir un point que je trouvait embigu, n'etant pas un fraudeur dans l'ame. La reponse ma laisse bouche bee : Faite comme vous pensez, ne vous inquietez pas, si vous vous trompez on vous redressera. Belle mentalite !

Portrait de FabiendeMénilmontant

à Tophee Portrait de Tophee De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 16H15 | 09/05/2008 | Permalien

Et la suite ?

pour ma part, je me suis aperçu que j'ai déclaré 1 612 € non imposables en 2006, ce qui a eu une répercussion sur ma TH 2007. je suis en attente de recalcul. je ne savais pas que certaines indemnités journalières n'étaient pas imposables (article L 322-3, al 3&4, Code de la SS, bon à connaître…)

Portrait de Elle anonyme

De Elle anonyme

16H11 | 09/05/2008 | Permalien

Il m'est arrivé à peu près la même histoire. Sauf que je me suis rendue compte que je ne pouvais bénéficier de ces 1500 € et que j'ai signalé mon erreur à l'administration fiscale.

Quelques mois après avoir rectifié le tir, j'ai reçu un courrier me demandant de régler le trop perçu. Pas de problème, je n'avais pas touché à ces 1500 €.

Ayant choisi le prélévement automatique de mes impôts, j'étais surprise à l'échéance de ne pas être prélevée de la somme. Le lendemain, le surlendemain, pareil. Je reprends donc le courrier des impôts pour constater que je devais régler la somme et qu'elle ne serait pas prélevée automatiquement. Je fais aussitôt un courrier plaidant ma bonne foi, preuves à l'appui, avec mon réglement.

Et bien, j'ai quand même été pénalisée des 10% de retard. On sait que les caisses sont vides, il faut les remplir absolument !

Ma situation est fort heureusement moins critique que celle décrite dans l'article, mais c'est évident que l'encouragement à la mobilité géographique grâce à cette mesure fiscale n'est que de la com'. Pour en bénéficier, il faut vraiment réunir un paquet de conditions.

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 16H41 | 09/05/2008 | Permalien

Dans la réponse des Impôts, ils écrivent, notamment, que « les informations receuillies auprès des médias n'engagent que ces derniers ». C'est pareil, alors, que pour les promesses électorales… ? !

Et les informations que donnent Pernault, PPDA ou Pujadas, elles engagent qui… ? !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de FabiendeMénilmontant

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 17H10 | 09/05/2008 | Permalien

Si tous les blousés écrivaient à tous les menteurs, ou relayeurs de fausses infos, ça embaucherait sec à La Poste.

Par exemple, combien ont dit ou écrit que le gaz augmentait le 30 avril alors que le JO l'a fait augmenter au 17 avril comme indiqué là :

http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/04/le-prix-du-gaz.html

que tous ceux équipés de gaz écrivent pour se plaindre et demander deux semaines de remboursement de facture… d'autant qu'il a fait froid fin avril (et certains mangent au gaz)…

Portrait de Pierrot287

De Pierrot287

17H41 | 09/05/2008 | Permalien

Je suis atérré, mais malheureusement, ceci, encore une fois, prouve la multiplication des effets d'annonce qui font croire que tout est simple, tout est facile, que l'état fait tout pour les demandeurs d'emploi, pour les pauvres, les sans logis, les vieux, les jeunes etc etc…. Rien que de la poudre aux yeux, pendant ce temps nous devons galérer, payer, et couvrir le paquet fiscal, par les restrictions de budget, sur la santé, l'éducation, la justice, les impôts, etc etc etc… $arkô exprime une « profonde tistesse » après le décès de Pascal Sevran, mais pour la majorité de la population qui souffre, il s'en bat l'oeil ! Crevez bonnes gens, les riches vont bien, de mieux en mieux même… !

Portrait de Caius

De Caius

Expert en management | 18H19 | 09/05/2008 | Permalien

Moralité de cette triste histoire : l'administration est obtuse, comme l'est tout groupe de bureaucrates irresponsables. Je ne suis pas sûr que Villepin ait eu l'intention de faire un effet d'annonce - probablement voulait-il sincèrement corriger une anomalie criante. Quoi qu'il en soit, ses hauts fonctionnaires grassement payés se sont hâtés de rendre le texte illisible et inapplicable.

Il me semble qu'aucun gouvernement, de gauche comme de droite, ne pourra jamais réussir à mener une politique cohérente sans donner d'abord un grand coup de balai dans cette forumilière qu'est la haute administration.

Portrait de asozial

De asozial

aus Berlin | 19H37 | 09/05/2008 | Permalien

à Tina,

désolé de vous accabler, mais toutes les victimes de ce genre de choses sont coupables, coupables d'être crédules et complices d'un système qui les exploite et les humilie, de travailler autant pour payer essentiellement les frais directs et annexes qu'occasionne ce travail, d'engraisser leurs tyrans en consommant le plus possible, de se gaver de télé et de croire que ce qui y est montré a une quelconque réalité, de voter encore et toujours pour la même oligarchie méprisante et accapareuse. je compatis comme je le ferai pour n'importe qui dans la panade, mais quand je lis cette histoire et j'imagine qu'elle est le lot de beaucoup de gens, je me demande comment on peut se livrer comme ça pieds et poings liés à une si totale aliénation… pour moi vous êtes bien plus à plaindre encore que vous ne le croyez.

Portrait de phil86

De phil86

08H44 | 13/05/2008 | Permalien

Merci pour porter ce véritable scandale sur la voie publique. On constate à nouveau que le système actuel cherche avant tout à taper sur les petits et les précaires. Quant au plus aisés des contribuables, ils ont toujours les moyens de s'entourer pour échapper à l'impôt.

Je suis aussi victime de cette embrouille fiscale, j'ai télédéclaré mes revenus de 2006 et je me souviens bien que les informations fournies sur le formulaire en ligne n'était pas assez précises.

Me retrouvant à nouveau au chômage (vive la flexisécurité, quelle merde ! ), je vois mal comment rembourser…

Portrait de ClaireChar

De ClaireChar

15H11 | 13/05/2008 | Permalien

a quand surtout la réforme de Bercy et le prélèvement à la source
Cela simplifierait tellement le paiement et le calcul de l'impôt !
Autant je ne soutiens pas le gouvernement mais y voir une manoeuvre de leur part c'est excuser grandement l'incompétence des services fiscaux et de l'administration à Bercy qui refuse depuis des années la modernisation du ministère des finances !
Même la déclaration sur internet fait l'objet de reproche des administrations fiscales.

Il faut réformer et systématiser la déclaration de l'Iimpôt sur le revenu et son paiement et reformer tous les personnels au cas particulier qui nécéssite eux une vraie assistance

Portrait de chris-

De chris-

15H56 | 13/05/2008 | Permalien

Merci à Rue89 de relayer cette information.

Nous sommes 80% de AR cocheur's à être redressé, avec majoration de 10% et intérêts de retard s'il vous plait !

Le mot d'ordre donné est de récupérer de l'argent pour remplir les caisses vides. Alors c'est simple :
- allons le chercher chez les plus pauvres qui se sont activés pour trouver un emploi loin de chez eux plutôt que de percevoir les allocations chômage !
- et surtout, ne remettons pas en cause la rédaction plus que litigieuse des différents documents de l'administration qui décrivent les conditions nécessaires pour bénéficier de ce crédit d'impôt.

Je trouve tout cela aberrant et bien triste.

Allez tous signer la pétition, que vous soyez concerné ou non par ce remboursement.

Chris

Portrait de VIVI39160

De VIVI39160

ARnaquée de SAINT AMOUR | 20H52 | 13/05/2008 | Permalien

MERCI RUE89 d'avoir laisé s'exprimé TINA .
En effet beaucoup de cas differents mais pour tous le même abbouti malheureusement rendre au fisc….
Nous avons besoin du soutien de chacun il faut en parler le plus possible trouver les personnes qui sont concerné mais que ne connaisent pas notre mouvement ensemble on va y arrivé .
Mercu ru 89 merci TINA

Portrait de Topolina

De Topolina

22H49 | 13/05/2008 | Permalien

Bonjour, et merci à RUE89, de parler de notre problème sur son site.
Je suis une « senior » licencié abusivement en janvier 2005, qui a souhaité rebondir très rapidement en cherchant le travail là ou il se trouvait. J'ai donc déménage de Troyes(10) à Enval en Auvergne(63) en juillet 2005(380kms). Fin 2005, D.De Villepin, incite les chômeurs à être « mobile » et à aller ou se trouve le travail. Chouette, j'ai anticipé ! et je découvre début 2006 en faisant ma déclaration d'impôt que je peux cocher une case« AR », déménagement à plus de 200kms pour trouver une activité (je fais ma déclaration par Internet pour la 3ème année). Je vérifie quand même sur impot.gouv.fr et je téléphone au N° mis en place par le ministère du budget pour savoir si je peux bénéficier de cette mesure. Bingo, la réponse est « oui », et en Septembre 2006, on me rembourse le trop payé (je suis mensualisée) ainsi que le crédit d'impôt. Je suis super contente car un déménagement coûte cher et je dois aussi subvenir aux besoins de ma fille encore étudiante à Toulouse.
Novembre 2007, 1er courrier m'informant que peut être, je n'avais pas droit à ce crédit d'impôt, appel aux services des impôts, j'envoie tous les justificatifs et PENDANT 5 MOIS…..RIEN (vous vous rendez compte, 5 mois pour traiter un dossier ! ! ! ), je pense donc que tous les justificatifs ont suffi, que l'affaire est close…….et, non, avril 2008, les fonctionnaires des impôts ont fini leur méga sieste et m'invite à rembourser. Depuis, j'ai rejoins le club des ARnaqués sur le blog, j'ai écris 2 fois à, N.Sarkozy, à F.Fillon, X.Bertrand, C.Lagarde, le médiateur, les impôts, mon député…….et comme tous les ARnaqués, j'attends. Je dors mal, car dans dans un mois je serais de nouveau au chômage, et je ne peux rembourser….
Pourtant, j'ai écouter notre président , j'ai appliqué sa devise : « travailler pour s'en sortir »
Mon crime, comme celui de beaucoup d'autres sur le blog, je n'avais pas 12 mois de chômage, seulement 4.
Et comme dis si bien Tina (animatrice du blog), nous aurions dû laisser les Assedic payer nos factures et remplir notre frigo pendant 1 an, là nous n'aurions pas à rembourser aujourd'hui.
Pou la plupart, nous avions déjà déménagé au moment ou Borloo et Villepin ont fait leur annonce, nous n'avions rien demandé nous ! surtout pas un texte de loi aussi ambigu que même les agents des impôts n'y ont rien compris et nous ont induit en erreur.
et en plus, nous sommes considérés comme des fraudeurs par une administration qui ne sait pas elle même appliquer ses propres textes de loi. Et cette administration qui nous a envoyé des chèques (pour certains sans qu'ils s'y attendent) ! ! ! ! et qui maintenant nous dit : « oh,désolé,nul n'est censé ignorer la loi », mais avant de nous envoyer le chèque, c'est eux qui ont fait les contrôles, non ?
Et 2 ans après, nous devons tous rembourser, il n'y a plus d'argent dans les caisses del'état, c'est N.Sarkozy qui l'a dit ! ! ! ! ben voyons, …Des milliards d'€ sont donnés,gaspillés, dépensés mal à propos…dans ce pays, et ces milliards d'€, c'est nous qui les produisons..
Attention, concitoyens de ce pays, ne dépensez PLUS les allocations que l'on vous octroi(allocations familliales, rentrée scolaire, RMI….)laissez les sur des comptes, car il se peut qu'on vous les réclame plusieurs années après, quand les fonctionnaires auront fini leur sieste !
Encore merci à RUE89, de m'avoir donné l'occasion de m'exprimer.
Si un politique, un fonctionnaire du budget, un membre du gouvernement, ou N.Sarkozy (faut pas réver) me lit, JE SUIS D'ACCORD POUR UN ENTRETIEN, afin d'expliquer tout cela.
Topolina

Portrait de vincent74

De vincent74

haute savoie | 06H47 | 14/05/2008 | Permalien

De grâce, Monsieur le FISC, laissez l'humour aux professionnels (JM Bigard, F Foresti, D Boon, …) et essayer de rédiger des textes de lois et leur notice correctement.

Portrait de jazzystochat

De jazzystochat

07H36 | 14/05/2008 | Permalien

Témoignage.
Après un licenciement économique en janvier 2003 j'ai eu l'opportunité d'enseigner en lycée technique après 8 mois de chômage. J'ai pu rester 2 ans dans le même lycée de l'est de la France, à la fin de la seconde
année scolaire (année 2005) une personne titulaire et donc prioritaire a pris ma place et je n'avais rien à dire.

Il faut 3 années d'enseignement pour prétendre passer le concours de l'éducation nationale et devenir enseignant titulaire, il me restait donc 1 année pour pouvoir passer ce concours.

J'étais assez désespéré car j'étais au chômage de nouveau, pas de poste à l'horizon. Quelques temps après, un lycée de la seine saint Denis m'a contacté pour un poste à Saint Denis (93200), je n'ai pas réfléchi longtemps, j'ai pris mon sac, ai pris contact avec une lointaine cousine pour m'héberger quelques temps, et je suis parti à l'aventure.

J'ai attaqué mon emploi dans la foulée, tout en cherchant un appartement avec les contraintes que cela représente en région parisienne.

Au final, à la fin de cette année d'enseignement, les concours n'étaient toujours pas ouverts, on m'avait fait miroiter beaucoup de chose pour combler le poste… Je vidais mes comptes en banque tant la vie est chère, je mangeais pour 20 euros par semaine, pas de sorties, rien. En plus c'était l'année des émeutes !

Dégoûté après ces 3 années de précarité, et prenant conscience que je n'allais pas obligé ma compagne à vivre dans une telle misère, j'ai dû rechercher un emploi. J'ai cette fois quitté Saint Denis pour Strasbourg et suis retourné dans l'industrie.

Je me suis défoncé pendant cette année, j'ai tout plaqué pour avancer dans la vie et résultat, non seulement je n'ai rien eu au bout du compte, mais j'ai perdu des milliers d'euros en frais de déménagement,
d'installation + loyer et transports, j'ai déménagé 2 fois en moins de 12 mois, et aujourd'hui on me fait passer pour un escroc… Mais qui est l'escroc ? Celui que se défonce pour ne pas sombrer dans le chômage
longue durée et subir la précarité (parlons-en de la précarité des maîtres auxiliaires…) ou ceux qui se font un prêt au taux de 10% en se protégeant derrière une notice dont les explications qu'on nous affirme
êtres données sont inexistantes, et en plus on vous fait cadeau de quelques euros pour la faire sur internet alors qu'elle s'avérait être encore plus perfide… Ecoeurant ! Nous ne sommes pas tous des arnaqueurs, nous avons coché 2 cases qui stipulaient 1/travail à temps plein 2/déménagement à + de 200km. Notre déclaration d'impôt a beau être déclarative, il faut quand même faire preuve d'une audace sans nom, pour 18 mois plus tard, venir nous réclamer un justificatif de chômage de plus de 12 mois alors que 1500 euros nous ont été versés sans que nous ayons coché la case stipulant un chômage longue durée. Pure arnaque déguisée pour nous faire rembourser leur incompétence, car nous n'avons pas profité insidieusement de ces 1500 euros, un déménagement c'est un coût, un déracinement, un effort consenti loin d'être fait dans la joie et l'insouciance. Je gagnais plus au chômage à la maison, que prof en région parisienne… Triste pays… Triste gouvernement… Tristes manières…
Et la charte du contribuable et du trésor publique… Envolée ? Monsieur vous êtes un spoliateur, à ce titre nous vous sommons de rembourser l'argent perçu, assorti de 10% de pénalités. Je ferais mieux de vendre
du shit…

Jonathan

Portrait de Madraykin

De Madraykin

10H35 | 14/05/2008 | Permalien

Je suis aussi concernée par ce remboursement, les douze mois précédents mon déménagement j'ai effectué 2 jobs d'été (sur 3 mois). Aujourd'hui on me demande de rembourser car je me suis radiée de l'ANPE pour ces 2 travails alors que je n'aurais pas du le faire. Mais comment aurais-je pu le savoir ? On ne m'a jamais informé qu'il ne fallait pas se radiée pour des CDD ou de l'Intérim. De plus le texte du livret n'est pas formulé de la même manière que sur ma propososition de rectification des Impôts où l'on me demande de rembourser. C'est grace à ces 2 emplois temporaires que j'ai pu déménager (caution, 1er loyer etc…) comment aurais-je pu faire sans cet argent ? Quand je vois le nombre de personne dans le même cas que moi je me dis qu'il y a vraiment un problème avec l'administration !

Portrait de MOI22

De MOI22

11H32 | 14/05/2008 | Permalien

Je me retrouve aussi a devoir rembourser ces 1500€, sans penalités certes car ils n'ont pas prêter attention au courrier que je leur avait envoyé accompagné de ma declaration de revenus.J'avais fait un courrier pour leur demander de verifier et de me tenir au courant si nous avions bien fait de cocher la case ou si c'etait une erreur. Même un courrier ils ont pas été capable de le lire apres on dit que c'est nous les illétrés ! ! ! Je suis vraiment DEGOUTE de tout cela, c'est à nous de payer les erreurs de l'administration. He bien sûr l'état a toujours raison pfffffffff. C » est trop facile de se cacher derreire le « nul n'est censé ignorer la loi », si la loi était dejà plus explicite beaucoup n'en serait pas là ! après cette histoire je peux vous dire que je vais profiter de tout ce que je peux ! prendre aux pauvres pour donner aux riches c'est la devise la france ! merci de nous enfoncer encore un peu plus ! ! Faut plutôt aller chercher l'argent ou il y en a pour remplir les caisses vides de l'état ! ! De plus je voudrait ajouter que sur la déclaration 2005 il n'y avait pas écrit d'aller voir la notice juste 2 petites conditions de notées sur la déclaration pour en bénéficier mais la 3ème pourquoi fallait il aller la chercher si loin ! !
Comme ça à deja ete dit si on est si nombreux c'est vraiment qu'il y a un probleme de l'administration ! Pour que m^me les agents des impôts s'y perdent…..hein ? ! ? !
nela

Portrait de oraily

De oraily

12H03 | 14/05/2008 | Permalien

je suis dans la même galère que toutes ces personnes. 1500 € à rembourser avec un salaire mensuel de 1150 €… Il va falloir m'expliquer comment tant de personnes ont pu se tromper. Je ne peux pas croire que nous soyons autant à ne pas savoir lire… agents des impôts inclus !

Oraily

Portrait de aurelie28

De aurelie28

14H51 | 14/05/2008 | Permalien

Comme beaucoup de monde, les 1500 euros de remboursement sont pour moi aussi. Je ne sais pas lire non plus, quel domage…
Je suis absolument outré, je ne trouve pas les mots tellement cette histoire me semble irréelle. Il est évident que l'arnaque a été mise au point avec brio, ça au moins on ne peut pas leur reprocher, on n'a rien vu venir…

Portrait de Elé

De Elé

EN CDD A L'EDUC NATIONALE EN TANT Q... | 17H22 | 14/05/2008 | Permalien

Nous aussi, on nous réclame 3000€…j'ai démissionné avant d'être licenciée (comme annoncé par mon patron) enceinte de 6 mois, j'ai trouvé un emploi(cdi) à 400 km de là…ma branche étant très bouchée (habillement) mon mari à choisi de démissionner pour me suivre là où je pourrais exercer. Il à donc bénéficié du chômage pour suivi de famille et à vite retrouvé un emploi en vendée (donc pas 12 mois de chômage).Afin de s'assurer que nous devions cocher cette case, nous avons contacté le CDI et on nous à répondu que oui il fallait cocher…
nous avons donc touché l'argent en pensant que c'était donc bon, nous n'imaginions pas un instant qu'aucune verifiction n'était faite avant de verser l'argent ! !
Nous avons donc depensé l'argent pour acheter une petite voiture (oui il n'y pas de bus, ni metro, ni train dans nos campagne, la voiture n'est pas un luxe ici…sans voiture tu crêves ! .
Aujourd'hui (après un licenciement abusif il y à 18 mois) je suis en cdd et mon contrat se termine au 31 aout 2008…après devinez ? ? chômage !
(remarquez je gagne mieux ma vie au chômage, allez comprendre ca aussi ! avec 400€ de frais de garde d'enfant, 130 km par jour, l'autoroute chaque jour, le prix du gazoil…j'en donne des sous à l'état ! )

Bref,comme tous, nous avons fait une declaration honnete, de bonne foi, et aujourd'hui on devrait payer pour une erreur de l'administration ?
Dans le privé, un patron ou un salarié qui fait une bourde risque gros et dans le public on efface et on recommence ? ? un peu facile là ! ! !
j'en suis à saisir le conciliateur fiscal…affaire à suivre !

Portrait de scrunchy

De scrunchy

17H50 | 14/05/2008 | Permalien

Bonjour à tous

Moi aussi on me reclame la prime à la mobilité
J'ai été de bonne foi comme toutes les personnes qui ont laissé un commentaire

Que dire de plus tout a déjà été dit
Nous demandons seulement que l'administration reconnaisse ses erreurs et qu'elle arrête de prendre les contribuables pour des vaches à lait

Portrait de Sergeslep

De Sergeslep

19H34 | 14/05/2008 | Permalien

Bonjours les gens

J'ai également été le gagnant du loto des impôts.
Et pour cause, je n'avais que 9 mois de chômage.

comment dire ..

« gAme oveR » ! insert COiNs

Je vais bientôt recevoir mon redressement et commencer une longue procédure d'échange de courrier amicaux avec mes amis des impôts.

C'est laid !

Le Blog :
http://creditimpot.unblog.fr/

La pétition
http://www.lapetition.com/sign1.cfm ? numero=1738

Portrait de Foxx

De Foxx

à nouveau demandeur d'emploi | 20H58 | 14/05/2008 | Permalien

Bonjour à tous,

Je ne vais pas m'étendre sur ma situation, mais je suis dans le cas de la plupart des gens : les impôts me réclament le remboursement de cette aide à la mobilité (obtenue en 2006) car je ne remplis pas la condition des 12 mois de chomage (« seulement » 8 mois de chômage au cours des 12 derniers mois, et ce, malgré 14 de chômage sur les 18 derniers mois)…

Ce que je trouve le plus inadmissible, c'est la mauvaise foi dont fait preuve l'administration fiscale en faisant porter la responsabilité aux contribuables.

En effet, sur la déclaration, il fallait cocher la case AR pour obtenir ce crédit d'impôt. Or, juste au-dessus se situait la case AI, qui correspond aux personnes demandeurs d'emplois depuis plus de 12 mois. Si la Logique avait été respectée, seules les personnes ayant cochées SIMULTANEMENT les cases AI et AR auraient dûes percevoir cette aide.
Manifestement, la Logique (la vraie) et la logique administrative sont 2 choses bien différentes, surtout avec une bonne dose de mauvaise foi…

En attendant, ce sont toujours les mêmes qui trinquent… enfin, en l'occurrence ici, qui payent…
Ecoeurant…

Portrait de mariebé74

De mariebé74

04H07 | 15/05/2008 | Permalien

bonjour a tous, oui 3132euros de punition que mon compagnon et moi-meme devons. je parle de punition, de sanction pour avoir quitté la bretagne pour la haute-savoie pour y travailler. 1000kms, sa fait chere du km… sa fait chere aussi l'erreur de l'administration des impots qui nous a conseillé a l'époque (2006) de cocher cette maudite case ARrrrrrrr ! ! ! ! ! oui mr oui mlle ya pas de raison que vous y avais pas le droit car vous déménagez a + de 200km… chercher l'erreur professionnel de cette personne des impots qui connait les lois sur le bout de ses doigts de pieds ! ! ! faites confiance a l'état, il vous le rendra…huuuu mon c… ! ! et la on nous dit que nul n'est sencé ignorer la loi ? ? ? et bien messsieurs les impots, sa va dans les 2sens car vous n'etes pas au dessus des nuages ! ! !
tout sa pour dire que de mon coté toutes les démarches d'informations auprés des médias sont faites, auprés des politiques, merci a rue89 de nous laisser la parole, ne lachons pas nos efforts, merci a toutes et a tous de continuer a revendiquer notre bonne foi…

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