En images 08/05/2008 à 14h37

Internet ? Nadine Morano « déteste »


Jamais avare d'avis tranchés sur toutes les questions, Nadine Morano (UMP) n'y va pas par quatre chemins pour dire ce qu'elle pense d'Internet : « C'est vraiment la caricature. Plus qu'Internet, tu meurs. » (Voir la vidéo)



Mise en situation : comme souvent dans la salle des Quatre colonnes de l'Assemblée nationale, journalistes et politiques conversent. En « on » (les journalistes peuvent diffuser et sourcer les citations) ou en « off » (l'auteur des propos reste anonyme).

Ce mercredi, j'assiste à une conversation entre deux confrères et Nadine Morano, habituée des lieux. Sujet du jour : la caricature que font les médias du bilan de la première année à l'Elysée de Nicolas Sarkozy. J'attends et j'écoute caméra en main, mais ne filme pas : la majorité des propos sont du « off ».

Puis, au bout d'un quart d'heure, je demande à Nadine Morano si elle a quelques minutes pour répondre à mes questions sur, justement, le bilan du Président. Elle me répond qu'elle n'a que très peu de temps, mais accepte.

« C'est le temple des rumeurs et de la caricature »

Je la remercie et glisse dans un sourire : « Pas évident de ne pas tomber dans la caricature si on n'a que quelques secondes d'interview. » A ce moment, je dirige l'objectif sur elle pour commencer à filmer. Elle aperçoit alors l'autocollant Rue89 sur la caméra.

Là, voyant pourtant que je la filme, elle commence sa diatribe anti-Internet : « Ah, Internet, je déteste, c'est le temple des rumeurs et de la caricature. » Le temps que l'enregistrement se mette en route, on entend seulement dans la vidéo ma réponse : « Mais il y a des choses bien en même temps. » La suite de son attaque est, elle, filmée.

Une attaque qui démontre la haute considération qu'a la nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille pour Internet, outil parfois dangereux mais également formidable dans la transmission des savoirs.

Ne soyons pas trop négatifs toutefois. Même si elle « déteste » Internet, Nadine Morano a tout de même accepté de répondre à mes questions (deux minutes). Ses réponses sont à voir dans l'article sur le bilan de Nicolas Sarkozy vu par le PS et l'UMP.

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  • Lohiel
    • Posté à 16h53 le 08/05/2008

    Au hasard : les informations sur le 17 octobre 1961, journée « porté disparue » selon la jolie expression de Daniel Mermet, auraient-elles pu être aussi efficacement muselées dans la Presse, si Internet avait existé ?

    Non, certainement pas... les dizaines de corps dérivant dans la Seine se seraient retrouvés en photos dans des milliers de blogs. Et saisir les quotidiens ou menacer les journalistes n'aurait servi à rien.

    « Ils » ne s'y seraient même pas risqué, comme « ils » ne peuvent plus, aujourd'hui, se risquer à organiser ou à couvrir des massacres aussi cyniques, du moins en France - ou dans n'importe quel pays où les citoyens ont un accès facile au Net.

    Internet a apporté une dimension tout à fait nouvelle aux sociétés développées technologiquement : désormais, n'importe qui peut avoir accès à une information que les gouvernements auraient intérêt à cacher pour maintenir le système en place et chercher à modifier l'Histoire (officielle).

    Et n'importe qui peut la rediffuser. Au début, la Presse « en place » se contentait de dénigrer le Web à tout va, disant que les sources n'étaient pas fiables (et c'est vrai que c'était un peu le foutoir ^^). Le problème désormais, c'est que les sources « ultra-fiables » diffusent également leurs informations sur Internet.

    Donc le citoyen qui sait organiser un peu sa recherche et sélectionner les bons mots-clés peut se créer lui-même sa petite « Agence de Presse automatique »

    Pour exemple, j'ai programmé (sur le grand méchant Google) un système d'alerte par mail sur les changements climatiques et leurs conséquences, en choisissant mes mots-clés (à noter que c'est possible même en ne rentrant aucune information personnelle sinon l'email, contrairement à ce qu'on nous rabâche partout... Google n'est certainement pas tout blanc, mais je crois comprendre pourquoi il fiche une trouille aussi insensée aux détenteurs du pouvoir, qui nous le présentent régulièrement comme un nouveau Big Brother).

    Je vois ainsi passer chaque jour les annonces des dizaines de mini-crash climatiques, lesquels ne font pas assez de morts ou de déplacés pour qu'on en parle jusque chez nous, mais dont l'accélération et l'aggravation continuelle sont hautement pertinentes (d'ailleurs elles sont si dérangeante pour les industriels, ces infos, qu'il est logique qu'elles n'apparaissent pas dans les médias dont ils sont partout les principaux actionnaires).

    Et je reçois de nombreuses informations d'analyse et de synthèse en provenance du monde entier - avant de me faire mon opinion personnelle, car il est possible distinguer une source sérieuse d'une production farfelue en examinant le réseau auquel elle est reliée, par exemple... (ce dont nous serions bien sûr incapables selon les personnes qui s'acharnent à dénigrer Internet... bref, ils nous prennent pour des imbéciles).

    Ces dernière années, les gens ont repris le pouvoir de la parole à travers le Net. Ils ont organisé des actions, diffusé largement des idées qui restaient autrefois souterraines - et baillonnées.

    Il y a quinze ans, les politiques adoraient dire « Les Français veulent ceci... les Français pensent cela... » ce qui était exaspérant puisque la plupart du temps, cela ne pouvait logiquement pas être vrai - étant donné que nous pensions tous des choses différentes en fonction de notre expérience personnelle. Aujourd'hui, il n'y a plus beaucoup d'entre eux qui se risquent à ce genre d'exercice simplificateur et propagandiste. La riposte serait cinglante.

    Internet a montré que les gens n'étaient pas du tout ce que leurs gouvernements disaient d'eux - et faisant cela il a bouleversé complètement l'équilibre des pouvoirs.

    C'est très très dangereux pour les oligarches en place, il est normal que la dame en question cherche une fois de plus à lui dénier toute crédibilité (mais « il est plus tard que tu ne penses » m'aam ! : ) ... et l'histoire est loin d'être finie.

    En conclusion : après une dizaine d'années d'observation des évolutions de l'outil, j'aurais tendance à penser qu'Internet sera (est déjà) une force essentielle dans la transformation du monde.

  • vol19
    • Posté à 18h16 le 08/05/2008
    • Internaute

    Bof, rien de très intéressant...Article mal présenté.

    Message : « elle dit : les médias internet, c'est de la caricature »... Effectivement, les posts la caricaturent sur la base de ses anciennes interventions et non pas celle-ci spécifiquement ou alors d'autres posts, retournent (assez habilement), « Cqfd » caricaturent le média rue 89.

    Le message le plus intéressant, c'est que tout en dévalorisant le média : « caricature » (largement utilisé dans la campagne présidentielle), elle accepte tout de même, de donner deux minutes pour porter l'axe de communication relayée par le chateau : « Nous sommes victimes. Les médias caricaturent - Les médias sont agressifs parcequ'ils prennent la place de l'opposition parlementaire » qui est dans les choux.

    Le message n'est pas tout à fait faux, mais biaise, retourne la réalité de ce qui s'est passé dans la formation de l'image négative présidentielle. C'est de bonne guerre ! ... Pas dans la transparence, mais çà difficile d'y croire !

  • kane85
    • Posté à 18h24 le 08/05/2008

    Internet ? c'est la liberté de savoir.

    Au début des années 90, je découvre le WEB
    Comme je suis bilingue, je m'intéresse aux sites anglais et américains.

    En apprenant à surfer je me trouve sur un site qui dénonçait tous azimuts.

    Bon voilà ça c'est pour les conspirationistes me dis-je : des soldats américains dénonçaient leur pays par le fait qu'au retour de la guerre du golf, ils se sont trouvés malades et que le pouvoir en place les avait disséminés dans des bases totalement différentes pour les « diluer » dans la masse et pour qu'on ne s'aperçoive pas du problème.

    Ils disaient qu'il s'était passé quelque chose là bas qui faisait qu'ils revenaient malades...

    Le gouvernement américain démentait bien sûr !

    C'était la première fois que j'entendais parler de cela et c'est bien plus tard que le gouvernement Français a accepté de parler du « syndrome de la guerre du Golf » et des bombes américaines pas très propres...

    Si internet n'avait pas existé ? ces soldats n'auraient pas pu créer un réseau de dénonciation à cause de leur éloignement géographique les un par rapport aux autres et on n'aurait peut être jamais été mis au courant de cette saloperie.

    C'est à cause de tout ce que le citoyen lambda peut apprendre par le truchement d'internet que cette dame n'aime pas le WEB.

    L'archivage papier bien planqué au secret pendant un siècle c'est tellement mieux pour être tranquille.