
Pendant deux mois, les enseignants ont été consultés par le ministère sur un projet de refonte des programmes. Une consultation qui avait valu à Rue89 de nombreux témoignages ou commentaires, la plupart s'émouvant du « tournant réactionnaire » acté par ces nouveaux programmes.
Parmi ces internautes, l'un d'eux, Sébastien Goyer, nous a contacté plusieurs fois : d'abord avant d'avoir pris connaissance de la version finale telle que Xavier Darcos l'a présentée mardi dernier. Puis après le discours du ministre de l'Education nationale, qui en dévoilait les grandes lignes la semaine dernière.
Bachotage dès le CE1
Directeur d'une petite école en Charente et prof dans une classe de trois niveaux (grande section, CP et CE1), Sébastien Goyer reproche au ministère d'avoir « transformé le rôle des enseignants en distributeurs de savoirs et de connaissances au lieu d'en faire des médiateurs » et instauré « un bachotage dès le CE1 » en faisant la part belle aux apprentissages mécanistes et au par coeur.
Craignant que les résultats de la consultation sur le terrain ne soient étouffés, Sébastien Goyer a carrément lancé un blog spécifiquement consacré aux nouveaux programmes. Intitulé « Ecoles de Charente16 : programmes 2008 », son but était préventif : il entendait pouvoir confronter le ministre aux retours des enseignants, « extrêmement négatifs », assure-t-il :
Copie amendée… mais l'inquiétude demeure
Ayant décrypté pour Rue89 le dernier discours de Xavier Darcos, la semaine dernière, Sébastien Goyer reconnait que certaines « fausses bonnes idées » ont été retoquées dans la version définitive dévoilée mardi dernier, prenant en compte les remontées des enseignants. Exemple : le passé antérieur, qui devait être enseigné dès le CM1, attendra finalement le collège. Ou encore : la démarche scientifique expérimentale se trouve remise au goût du jour dès le cycle 3.
Toutefois, notre internaute enseignant reste sceptique sur la faisabilité du programme, au diapason du SNUIPP qui déplorait dans la foulée :
« Le ministre, dans l'embarras, procède à un véritable tour de passe-passe. Il ne publie qu'un volume horaire annualisé pour l'histoire-géographie, l'éducation physique, les sciences et l'éducation artistique, et cherche ainsi à masquer la forte réduction du volume horaire dévolu à ces domaines disciplinaires. »
En pratique, Sébastien Goyer estime que le volet « découverte du monde », soit les sciences et l'histoire-géographie, devrait notamment pâtir des changements à la rentrée.
« Une approche électoraliste »
Mais, en dépit de quelques aménagements à même de rassurer les enseignants, le directeur d'école charentais déplore « le populisme » dont use Xavier Darcos dans cette réforme. Dès le début de la consultation, il a craint de se faire « enfumer », explique-t-il à Rue89 :
« Xavier Darcos a une approche électoraliste. A longueur d'interviews, il vante ses résultats auprès des parents, mais c'est manipulateur et populiste : les parents ne sont pas informés sur le contenu réel, ce ne sont pas des pédagogues. Or on va vers un classement des établissements et un contrôle accru par les parents, qui pourront vérifier ce que leurs enfants ont vraiment appris. »
Or, selon notre internaute, il peut être dangereux que Xavier Darcos invoque autant le soutien des parents :
Pour Sébastien Goyer, même si les programmes ont en partie changé, l'empreinte reste la même. L'enseignant charentais s'offusque notamment du « mépris » de Xavier Darcos pour ceux qu'il appelle « les pédagogistes » :
Le directeur d'école estime en fait que l'entourage du ministre a choisi le dos à « trois décénies de pédagogie » :
« Pour Xavier Darcos, les experts en science de l'éducation sont des idéologues. Lui fait des programmes politiques. Ils sont inspirés par un courant très minoritaire qui a une approche mécaniste et réactionnaire de l'enseignement. C'était valable dès le début et cela n'a pas évolué du tout après la consultation. »






















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De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 22H36 | 06/05/2008 |
Enfin, n'oublions pas de dire « Merci » à la la rue pour
l » unique super article « “sélectionné” entouré de rouge. C'est de plus en plus mieux ici.
De fgabriel
23H02 | 06/05/2008 |
Moi je dis « chiche » à tous les commentaires qui refusent l'idéologie dans l'éducation. Ne prenons que les méthodes qui marchent. S'il y a une nouvelle méthode, testons-là 5-10 ans et faisons le bilan. Par exemple, le « par coeur » est la base de métiers de pointe : médecine, musique, droit, etc. Même aux échecs où l'on demande de réfléchir, les meilleurs ont tous appris un nombre impressionnant de combinaisons PAR COEUR. Le par-coeur n'est pas une fin en soi comme dans les écoles islamiques, c'est juste une gymnastique de l'esprit qui permet de développer d'autres facultés du cerveau. Le par-coeur tout seul ne sert à rien ; par contre si on veut exceller dans un domaine, le par-coeur est indispensable. CQFD.
De babylone
23H53 | 06/05/2008 |
Je ne suis pas enseignante et encore moins détentrice d'un doctorat en sciences de l'éducation mais j'ai parfois l'impression qu'un mauvais procès est fait au « par coeur » qui aurait tendance à abêtir nos enfants … Ne confond-t'on pas là compréhension et apprentissage ? Il me semble qu'une chose ne peut être apprise sans être comprise, en revanche ce n'est pas parce qu'une notion est comprise qu'elle est sue … Est ce que je me trompe ? ? ?
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 07H23 | 07/05/2008 |
Votre remarque est bien venue. L'école a du mal avec le sans faute. Elle en est loin. Et si l'on se réfère aux études raisonnées de la question, cela en a toujours été ainsi. L'échec scolaire a toujours fait partie du paysage. Quand j'étais élève à l'école primaire dans les années cinquante, près d'un quart des élèves redoublaient le CP et la moitié de chaque génération avait redoublé au moins une fois leur scolarité primaire. On pouvait là aussi en sortir illettré(e) mais cela ne faisait pas les choux gras des médias car la société digérait mieux les apprentis ayant des pb avec la langue écrite.
Le fonctionnement de l'intellect humain est une chose complexe. Il existe toutes sortes de conceptions de l'apprentissage (ce que fait un individu acquérant des savoirs, des savoir-faire, des compétences) et sur la manière d'enseigner aux élèves (ce que font les enseignants). Et des différences existent sur notre façon de comprendre la mémoire qui est l'une des facettes de notre vie intellectuelle. Cette facette paraît indispensable. Elle se cache dans les fondations de tout ce que nous faisons, pensons. L'école devrait veiller à ce que les élèves la développent et devrait y être plus sensible ; et surtout donner des moyens, des méthodes aux élèves pour mieux s'en servir. Mais elle ne devrait pas se contenter de faire pratiquer le « par cœur » qui n'est qu'une des façons de la concevoir, de la pratiquer.
Cette vision ancienne revient souvent sur le devant de la scène, en contrebande, c'est celle de l'entonnoir enfoncé dans la tête de l'élève et du professeur faisant couler son savoir. L'élève qui répéterait comme un perroquet serait dans la ligne. Une réussite !
L'école avait eu tendance (tendance ! ) à ne pas se satisfaire de l'élève perroquet. Bravo. Il est contre-productif de déconnecter la mémoire des autres facultés intellectuelles. Et surtout si l'on dissocie compréhension et mémoire où va-t-on ?
Enfin il serait tout autant déraisonnable de donner toute la place au « par cœur » que de l'exclure complètement des pratiques pédagogiques.
Et la pratique du « par cœur » ne règle pas la question de l'entraînement de la mémoire.
Que fait-on pour développer la mémoire des élèves ?
Pense-t-on bien à développer toutes les fonctionnalités de notre cerveau ?
à Claude PELLETIER
De bisane
20H52 | 08/05/2008 |
Et votre jardin, il va bien ?
Il est clair en tout cas que le cultiver demande une subtile nuance de découvertes à faire, de surprises déconcertantes, de patientes répétitions ou arrosages, de mécanismes à acquérir, de tailles plus ou moins sévères à faire en fonction de la pertinence de l'information, de semis patients (les bases), de bouturages savants, de greffons pertinents…
Darcos ne doit pas avoir de jardin !
Ni de perroquet…
A noter que cette consultation semble avoir été en grande partie une mascarade, au-delà des programmes : Les vertus de la consultation… Les programmes et manuels de Darcos
De Meinhof
Chef marketing | 11H29 | 07/05/2008 |
Oui, vous vous trompez car on peut apprendre une chose sans la comprendre et c'est d'ailleurs pour ça que depuis des années les enseignant attachent plus d'importance à inculquer une méthode de réflexion plutôt que des notions apprises bêtement par coeur.
De Wladimir
07H20 | 07/05/2008 |
Bonjour à tous,
Déjà que je ne me sens pas compétent ( con pétant ? àh non ça c'est pas moi ! ) pour sevoir ce qui est bon pour l'ensemble des enfants (je me suis contenté de faire pour lemieux pour les miens) mais là je ne comprends plus rien :
On parle d'EDUCATION et les réformes (ainsi que le débat qui s'ensuit) ne parlent que d'APPRENTISSAGE
EDUQUONS nous et ré APPRENONS le sens des mots
De Pierrrrre
07H35 | 07/05/2008 |
ON . N » Y . A R R I V E R A . P A S.
Non, les possibilités d'évolution de notre Education Nationale sont complètement bridées.
Le système, les habitudes, les syndicats, la hiérarchie administrative, la lourdeur de l'appareil ne savent produire que des mots d'ordre, des consignes des réformes étatiques, nationales, qui sont censées s'imposer à tous ; en attendant la réforme suivante.
De l'autre coté, des enseignants au statut qui leur permet de jouer l'inertie par rapport aux consignes,
de fermer la porte de leur classe, et faire comme ils l'entendent, le meilleur y cotoyant le pire.
Enseignants au statut qui les positionne en électrons libres, sans aucune gestion réelle, et sans aucun objectif à devoir satisfaire. Leur évolution de carrière ne dépendant que de leur ancienneté, et de leur adaptabilité aux lubies d'un jour de l'inspecteur, lors de l'inspection décennale.
===================
LA SEULE SOLUTION :
C'est de rendre la gestion de chaque école indépendante : gestion hiérarchique ou collective,
mais gestion permettant au sein de chaque établissement, à statut public ou privé :
- le recrutement, remerciement du personnel enseignant et autre,
- la gestion du budget (répartition entre primes pour enseignants en + du fixe étatique, budget pédagogique, budget d'équipement)
- la définition d'un projet d'école,
en concordance avec le projet national définissant de grands principes,
mais laissant une large part de positionnements à ce projet d'école
- L'établissement d'objectifs quantifiables destinés à concrétiser ce projet d'Ecole en actions réelles, en objectifs à atteindre, en comportement à adopter, en protocoles à respecter.
…projet d'école et objectifs devant être communiqués aux parents, et aussi à l'Education Nationale à des fins de contrôle et de transparence…
- l'évaluation, l'évolution de ces objectifs établis.
- l'évaluation du travail de chaque enseignant par le reste de l'équipe d'enseignants.
Ainsi, chaque école présenterait sa spécificité, avec une équipe d'enseignants soudés et impliqués par un projet commun
(Ecole avec choix divers,
les unes, traditionnelles,
les autres plus montessoresques, mais toutes avec un dénominateur commun imposé par l'Education Nationale.. minima à savoir, etc…)
Y'a du chemin à faire avant que le mammouth ne devienne gazelle.
à Pierrrrre
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 07H40 | 07/05/2008 |
Scoop : P5R vient de révéler sa filiation.
C'est le fils de Claude Allègre et de Jacques Attali.
à Pierrrrre
De déluge
menuisier | 09H16 | 07/05/2008 |
Je ne suis pas certain d'être d'accord avec vous quant aux solutions que vous préconisez.
Par exemple je pense que cette autonomie que vous préconisez serait souhaitable uniquement dans un monde idéal où il n'y ait pas disparité de niveau social suivant les quartiers, sans même parler de villes entre elles, de ville par rapport au monde rural.
Autonomiser en l'état reviendrait à enterriner l'école à x vitesse telle qu'elle existe déjà, mais honteusement.
On aurait vite fait de doter tel ou tel établissement en fonction des résultats.
Personellement j'en tiens à la vraie égalité républicaine, seule garante à mon sens d'établir de l'équité entre citoyens. Et les principes ont ceci de pénible qu'ils conduisent à une certaine dose de rigidité, c'est indéniable.
Mais le surcout qu'ils impliquent est un prix qu'il faut être prêt à payer je pense.
Mais on en est loin des principes, c'est d'accord.
Par contre rien n'empêche de vouloir revenir à ces fondamentaux.
Pour les évaluations des enseignants, je pense qu'il faudrait tout simplement faire évoluer le système actuel. Car les enseignants sont inspectés régulièrement (ce qui ne veut pas dire suffisemment).
Les modalités de ces inspections sont peut être à revoir, le nombre et les qualités des inspecteurs également.
Je suis par contre très opposé à établir une prime aux résultats.
Je n'ai pas envie qu'un enseignant fasse son travail en pensant à sa paye.
Je n'ai pas envie qu'il enseigne autrement que ce que sa seule conscience professionelle lui commande.
Et je connais l'administration : Evaluer c'est quantifier et chiffrer, or la « matière » dont il est question est constituée d'êtres humains en devenir, pas de boulons. Le « contrôle qualité » en la matière serait catastrophique et conduirait presque automatiquement à des horeurs.
Pour conclure, je pense qu'il y a nécessité à refonder l'Education Nationale. En premier lieu lui restituer son qualificatif disparu depuis quelque temps (on parle maintenant de ministère de l'Education tout court).
Et dans le fond, redire ce que l'on en attends, revaloriser ses métiers tant moqués et déconsidérés (ce qui au passage permettrait j'en suis certain, de retrouver un corps enseignant mieux disposé au changement et au dialogue. Lorsque l'on est constament attaqués, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait « replis identitaire »).
à déluge
De Pierrrrre
11H23 | 07/05/2008 |
» la vraie égalité républicaine, seule garante à mon sens d'établir de l'équité entre citoyens. Et les principes ont ceci de pénible qu'ils conduisent à une certaine dose de rigidité, c'est indéniable. »
==> oui , une sorte de soviétisation de l'éducation, à la manière de ces HLM bien alignées et bétonnées afin que rien ne dépasse
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»…revenir à ces fondamentaux…. »
==> le fondamental, pour moi, c'est le respect de l'enfant pour ce qu'il est : non un petit homme, mais qu'un petit d'homme, c'est à dire un individu à part entière avec ses besoins spécifiques qu'il faut respecter, et que l'Ecole ne respecte pas (il n'y a qu'à voir les dégats générés chez nos forts en thème qui sortent complètement caractèriels de notre système éducatif… mais diplomés ! )
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»…Pour les évaluations des enseignants… »
==> les enseignants sont inspectés une fois tous les 4 ans, et en étant prévenus à l'avance.. suffit de se renseigner sur les lubbies de l'inspecteur et le brosser dans le sens du poil pour LA journée d'inspection, préparée, avec répétition et générale l'avant veille.
Les enseignants ne pourraient être valablement évalués que sur site, par leurs collègue ou une hiérarchie présente dans l'établissement.
Comme ça se passe dans n'importe quelle entreprise !
De fait, aucun objectif n'est défini pour leur travail….c'est actuellement l'évaluation à l'humeur vagabonde de l'inspecteur…
---------------
»….Je suis par contre très opposé à établir une prime aux résultats….. »
==> le problème est délicat ; mais il ne s'agirait pas d'une prime sur résultat, mais d'une prime sur implication.
Et oui, il est des enseignants dont l'implication, l'efficacité sont plus grande que d'autres. Et le scandale est aussi qu'ils ne sont pas valorisés.
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»….. Le « contrôle qualité » en la matière serait catastrophique et conduirait presque automatiquement à des horreurs….. »
==> Mais c'est ce qui est en ce moment, l'horreur positionnant certains glandeurs comme bien notés sous prétexte qu'ils ont l'inspecteur dans leur poche.
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»….Pour conclure, je pense qu'il y a nécessité à refonder l'Education Nationale. En premier lieu lui restituer son qualificatif disparu depuis quelque temps (on parle maintenant de ministère de l'Education tout court).
Et dans le fond, redire ce que l'on en attends, revaloriser ses métiers tant moqués et déconsidérés (ce qui au passage permettrait j'en suis certain, de retrouver un corps enseignant mieux disposé au changement et au dialogue. Lorsque l'on est constament attaqués, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait « replis identitaire »)…..
==> bla bla bla.. c'est de la pipotique… en gros, continuons comme avant, revalorisons les salaires, baissons les effectifs des élèves par de nouveaux recrutements, passons les horaires des profs à 15h par semaine et affichons à l'entrée de nos écoles « Education Citoyenne Egalitaire et Républicaine »
Avec un distributeur de café subventionné sur les frais pédagogique dans la salle des profs, et un bureau spécialement aménagé pour les syndicats, et un prof détaché pour l'occuper.
Et surtout.. pas touche à mon statut.
Les élèves ? ah oui… mais n'oublions pas, l'Education Nationale et Citoyenne, ce sont les Profs avant tout !
à Pierrrrre
De déluge
menuisier | 12H17 | 07/05/2008 |
On ne poura pas dire que je n'ai pas essayé, mais vous ne lisez pas.
Un seul exemple : les inspections. Je note moi même qu'il faut en changer les modalités et le rythme, mais vous faites comme si.
Vitupérez à votre aise.
Vous n'êtes bon qu'à ça. Et encore.
PS : Je plains les touches « ctr », « c » et « v » de votre clavier.
à déluge
De Pierrrrre
13H22 | 07/05/2008 |
»…..les inspections. Je note moi même qu'il faut en changer les modalités et le rythme…. »
==> oui, et les changer par quoi ?
De toutes les façons, une inspection extèrieure n'a aucun sens.
L'évaluation du travail de quiconque ne peut se faire valablement que par quelqu'un qui a suivi ce travail.
Je plaide donc pour une évalaluation sur site et de manière collégiale.
C'est un sytème impressionnant de pertinence et d'efficacité, même s'il n'aboutit pas fatalement à une « notation ».
à Pierrrrre
De déluge
menuisier | 14H44 | 07/05/2008 |
De Bardamu
difficile | 09H51 | 07/05/2008 |
C'est curieux, personne ne rappelle que l'école a deux fonctions fondamentales : transmettre le savoir et permettre aux esprits de se former (ce qui n'est pas synonyme de « former les esprits »…).
Se former, c'est structurer son esprit de façon qu'il puisse assimiler le savoir connu, et, peut-être surtout d'ailleurs, accueillir la nouveauté.
Il y a donc une face « passé » et une face « futur » dans tout acte d'apprentissage. Voilà l'important.
Mais ce n'est pas de l'« éducation ». le rôle de l'école n'est pas d'« éduquer ». ce serait une atteinte intolérable à la liberté de penser.
Je sais bien que la mode est au « savoir-être », aux « notes de vie scolaire » et autres calembredaines. mais là, nous sortons de l'école.
Les professeurs ne font pas de l'assistanat social, et ce n'est pas l'école qui va régler les problèmes sociaux.
A Pierrrrre : deux choses me choquent dans ce que vous écrivez :
- Vous voulez faire évaluer les profs par les autres profs ? Comment le prof de maths peut-il évaluer le prof d'italien ? C'est irréalisable.
- Concernant l'évaluation tout court, vous perdez de vue une donnée essentielle : comme disait Aristote, l'enseignement est l'oeuvre commune de l'enseignant et de l'enseigné…
Ou plus prosaïquement, on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif !
Si on s'en tient aux résultats obtenus comme critère d'évaluation, comment départager deux professeurs dont l'un enseigne à Henri IV, avec des élèves sursélectionnés et des parents qui viennent vous baiser les mains en tremblant, et un professeur d'un lycée de banlieue qui se coltine trente illettrés affligés de géniteurs braillards et violents ?
Ca paraît difficile.
à Bardamu
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 10H39 | 07/05/2008 |
Je ne sais pas qui vous a mis un naze mais la personne en question aurait pu prendre la peine d'expliquer pourquoi. Je n'attribue à votre message qu'un « quatre sur cinq » parce que même en banlieue tous les géniteurs ne sont pas braillards et violents, mais je trouve le reste
de votre propos intéressant même si certains points sont discutables (au sens premier : dignes d'être discutés).
Je suis notamment d'accord avec le fait que l'un des rôles de l'instruction doit être d'apprendre à « accueillir la nouveauté ».
à Bardamu
De Pierrrrre
11H19 | 07/05/2008 |
»….. Vous voulez faire évaluer les profs par les autres profs ? Comment le prof de maths peut-il évaluer le prof d'italien ? C'est irréalisable….. »
==> Je parlais d'une évaluation sur site, et pensais à une école primaire, où même si l'évaluation n'aboutit pas à un document écrit, serait extrèmement salutaire et serait même une méthode de travail d'avancée et de cohésion de l'équipe d'enseignants.
Pour les collèges, je pense que l'enseignement des maths par exemple pourrait donner lieu à des échanges entre profs scientifiques, à des cours en commun, à des classes éclatées, à des ateliers, à des objectifs à donner aux élèves, à des possibilités d'auto formation sur logiciel, à des cours sur vidéo… à définir par l'équipe des professionnels : les profs.
------------------
»….Ou plus prosaïquement, on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif ! … »
==> on peut simplement attendre qu'il ait soif, et respecter ses capacités à gérer lui même sa panse et ses pensées.
Tous les anes ne se ressemblent pas et n'ont pas à machouiller la même avoine en même temps.
L'école doit inventer de nouvelles pédagogie, plus respectueuses des différences, et générant des anes équilibrés et non caractériels.
--------------------
»…. comment départager deux professeurs dont l'un enseigne à Henri IV, avec des élèves sur sélectionnés et des parents qui viennent vous baiser les mains en tremblant… »
==> je doute qu'à Henry IV les parents soient ainsi, et je ne souhaite à aucun enfant s'entasser dans ces classes à bachotage.
Il n'empèche qu'au sein du lycée, les élèves, les profs savent bien celui qui est clair et passionnant dans son cours, et celui qui lit un bouquin appris par coeur, et que les élèves essayent d'éviter.
Ce dernier pourrait être remercié en fin d'année et incité à faire autre chose.
-----------------
»…un professeur d'un lycée de banlieue qui se coltine trente illettrés affligés de géniteurs braillards et violents ? …. »
==> Collège passionnant qui attirerait une équipe d'enseignants passionnés,
avec projet d'école qu'ils établiraient EUX MEME,
avec objectifs établis EUX MEME,
avec gestion SUR SITE,
avec recrutement non pas au hasard des promotions, mais par IMPLICATION, CHOIX PEDAGOGIQUE, avec un surplus salarial lié à la difficulté du collège,
avec une gestion des finances pédagogiques et du fonctionnement du collège, SUR SITE (par un boss, ou par un collège d'enseignants, élu ou désigné..)
Et avec possibilité de se débarrasser en fin d'année des enseignants en décallage, et d'en recruter d'autres à la place… quel potentiel de réussite à venir !
======================
mais mais.. effectivement, il faudrait toucher à l'intouchable.. remettre en cause le STATUT de la fonction publique… vous vous rendez compte ! ce serait trés grave !
======================
à Pierrrrre
De Bardamu
difficile | 16H00 | 07/05/2008 |
Cher Pierrrrre, nous nous comprenons mal :
Quand je parle des difficultés d'évaluation des enseignants, c'est que les enseignants, étant confrontés à des élèves de niveaux très hétérogènes ne peuvent être jugés à la même aune. Prenons un exemple :
Un excellent professeur de philosophie, réincarnation de Socrate, exerce ses talents dans un lycée poubelle de province peuplé d'ostrogoths plus doués pour le lancer de boulons sur le « corps enseignant » que pour les subtilités de la dialectique hégélienne.
Grâce à des prodiges pédagogiques, il fait passer la moyenne de sa classe de 5 à 10. C'est un miracle.
C'est un génie.
Mais sa classe a 10 de moyenne.
Pendant ce temps-là, un professeur de philosophie médiocre endormira à heure fixe sa classe de Louis-Le-Grand. Cependant, comme il a affaire à des fils d'archevêques triés sur le volet, la moyennne de sa classe passera de 14 à 13. Régression.
C'est un mauvais enseignant.
Mais sa classe a 13 de moyenne.
Comment « évaluer » ces deux enseignants sur autre chose que leurs « résultats » ? ? ? Difficulté.
D'autre part, vous semblez penser que les « bons » enseignants sont connus « de notoriété publique ».
C'est un leurre. Un professeur exigeant, peu commode, sera perçu comme une « peau de vache », alors qu'il apporte beaucoup à ses élèves, qui s'en rendront compte quelquefois beaucoup plus tard…
Un enseignant laxiste, démagogue et désinvolte pourra au contraire être très charismatique, s'il sait habilement jouer avec des psychismes adolescents…
Là aussi, les intruments de mesure font défaut.
De Pierrrrre
07H20 | 08/05/2008 |
»….Un excellent professeur de philosophie, ….des prodiges pédagogiques, il fait passer la moyenne de sa classe de 5 à 10….Mais sa classe a 10 de moyenne.
un professeur de philosophie médiocre endormira à …. Louis-Le-Grand. …. la moyennne de sa classe passera de 14 à 13.
C'est un mauvais enseignant.
Mais sa classe a 13 de moyenne…. »
==>évaluer un prof, ce n'est pas fatalement générer une note en fonction de celle de ses élèves,
c'est lui dire quelques vérités,
c'est supposer aussi pendant l'année un travail de collaboration entre les profs,
c'est avancer des critiques, poser des questions, oser des reproches, lever des incompréhensions, l'écouter s'expliquer..
Un travail aux effets impressionnants par la remise en cause de chacun et la cohésion générée dans le groupe…
----------------
»…D'autre part, vous semblez penser que les « bons » enseignants sont connus « de notoriété publique »…. »
==> absolument.. connus des élèves.. connus des parents..connus des autres profs.
En général, c'est chez eux qu'atterrissent les classes Camif.
Les profs démagos ne font jamais illusion bien longtemps
Et ceux qui font un travail sèrieux, avec sévérité ou gentillesse affichée, sont tous appréciés.
Croyez en les capacités de discernement des élèves, ils se trompent rarement.
De tzen65
un mordu de la liberté | 07H31 | 08/05/2008 |
Non pas que j'approuve l'idéologie sous_jacente dans la réforme Darcos mais le « par coeur » n'est en rien en opposition avec la réflexion. C'est un des outils.
C'est à l'image du solfège ou l'on doit maîtriser des automatisme, du par coeur, pour avoir la capacité de d&velopper une créativité et une maîtrise personnelle.
Il ne faut pas faire de faux procès.
De Gigiss
Etudiant | 13H59 | 08/05/2008 |
J'ai loin d'avoir toute les connaissances de tout ceux qui ont écris précédemment un commentaire mais je m'autorise à poser un commentaire sur ce que j'ai pu comprendre sur le programme de Mr Darcos…
D'après ce que j'ai pu lire… le programme Darcos se résumerai surtout à un apprentissage mécanique que ce soit du Français ou une autre matière. Donc je me viens à me poser la question est que l'apprentissage par cœur est il a bannir ? puisque cela reviendrai aux élèves de ne développer aucune forme de réflexion, d'échange avec le professeur ou avec les autres élèves, et aucune ouverture sur le monde.
Mais il faut bien quelque part que l'enfant apprenne les bases pour justement après développer sa créativité comme le souligne tzen65.
Et ainsi, le programme de Mr Darcos profiterai par ailleurs pleinement des capacités des jeunes enfants à apprendre plein de choses très facilement. Et par la suite au collège, puis au lycée commencer à développer la réflexion des élèves. Mr Darcos je pense veut régler le problème des élèves en difficulté de lecture qui se trouvent au collège ou même au lycée…
Mais je ne pense pas que résumé juste l'école primaire et aussi les enseignants à des donneurs de savoir est une bonne solution.
J'ai d'ailleurs jamais eu aucun problème à suivre le programme de primaire ayant moi-même des problèmes d'orthophonies… Alors pourquoi vouloir tant changer le programme ? Le problème vient peut être d'ailleurs….
Je tiens soulever une autre problème lié au corps enseignant. Ont ils une réel qualification pour enseigner aux élèves ? Lorsque que je regarde certain de mes professeurs de lycée, j'en doute… Je ne remet pas en cause leur savoir mais leur façon d'enseigner. Les professeurs n'ayant aucune autorité, ou ne sachant pas expliquer de façon claire leur savoir ont-ils vraiment leur place dans une salle de cours ?
à Gigiss
De Pierrrrre
16H23 | 08/05/2008 |
»…..problème lié au corps enseignant. Ont ils une réel qualification pour enseigner …..j'en doute… «
==> un plombier qui ne sait pas souder, en général, il ne reste pas longtemps plombier.
Un enseignant qui ne sait pas enseigner, de par son statut protecteur, il pourra enseigner jusqu'à sa retraite, bousillant ainsi des générations d'élèves.
Des enseignants comme ça, tout le monde en connait
Ils se repèrent facilement,
ce sont ceux que les autres enseignants arrivent à éviter pour leurs propres enfants.
à Pierrrrre
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 16H37 | 08/05/2008 |
Tiens tiens, il existerait des professions sans incompétents ? Pourtant j'en ai connu un peu partout.
Parlons-en, de certains artisans, notamment imposés par des agences de location, comme le chauffagiste qui m'a expliqué que ce n'était pas grave que les radiateurs ne fonctionnent pas à l'étage puisqu'ils fonctionnaient au rez-de-chaussée : en fait, il suffisait de déplacer la plaque placée sur le radiateur pour que le thermostat puisse jouer son rôle, c'est un autre chauffagiste qui, entre rire et colère envers son collègue, me l'a expliqué.
Il existe des charlatans ou, inclusif, des incompétents dans tous les métiers.
à compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
De Pierrrrre
17H51 | 09/05/2008 |
»….Il existe des charlatans ou, inclusif, des incompétents dans tous les métiers…. »
==> mais il est des métiers où ils font plus de dégats qu'ailleur,
et des métiers où charlatans et incompétents sont éliminés de manière naturelle
contrairement à d'autres métiers protégés par des statuts immuables, où les charlatans et les incomptétents perdurent jusqu'à leur retraite… qui heureusement dans ces métiers, arrive plus tôt que chez les autres.
à Pierrrrre
De Julos
ex E.N | 18H05 | 08/05/2008 |
« bousillant ainsi des générations d'élèves »
Euh… vous y allez peut-être un peu fort là non ? Ne sous-estimez pas les capacités d'adaptation des enfants ainsi que celles qui leur permettent de résister. Sans oublier la résilience. Ainsi que l'évolution des esprits et des moeurs qui font que les parents d'élèves arrivent parfois à se faire entendre et à obtenir gain de cause, réparation ou réaction corrective de l'administration.
Je ne suis pas en train d'excuser les bras cassés dont l'EN n'arrive pas à se débarrasser, j'essaie juste de remettre les pendules à leur exacte place.
à Julos
De Pierrrrre
11H06 | 09/05/2008 |
« bousillant ainsi des générations d'élèves »
Euh… vous y allez peut-être un peu fort là non ? …
==> non, je connais des exemples précis de professeur des écoles ayant définitivement bousillé la scolarité d'enfants (blocage total et refus de retourner à l'école, générant retards accululés et au bout du compte irratrapables, pour des enfants normaux, trop enthousiastes, ou trop fragiles et qui se sont fait casser )
D'autres exemples, notamment de profs de maths, dégoutant des mathématiques des promotions entieres d'élèves, ayant zappé complètement la matière à cause de ces profs.
Profs indéboulonnables, encore en activité, et dont les classes sont toujours mystérieusement évitées par les enfants des autres profs.
à Pierrrrre
De Julos
ex E.N | 17H33 | 09/05/2008 |
Mais votre pluriel « des », « d'autres » n'est guère convaincant, tellement c'est vague. Si ce sont 200 cas avérés, il y a un gros problème dans votre région, d'accord, alors faites quelque chose !
Sinon…
à Julos
De Pierrrrre
17H56 | 09/05/2008 |
»…Si ce sont 200 cas avérés… »
==> mais non, mes propres capacités d'observation m'amènent à apercevoir des cas sur les doigts d'une, voir de deux mains…
Ce ne sont pas des statistiques scientifiques,
mais des observations que tout le monde peut faire.
Et compte tenu des critères de recrutement des enseignants et de leur statut qui les protège, il n'y a rien d'extraordinaire à constater que beaucoup d'entre eux ne sont pas faits pour ce métier, mais y demeurent à vie !
à Pierrrrre
De Julos
ex E.N | 20H05 | 09/05/2008 |
Alors ne donnez pas des proportions dramatiques à un problème réel mais marginal ; c'est parler pour ne pas dire grand chose, si ce n'est participer à la sinistrose déplorative.
D'ailleurs la solution existe : créer un véritable service des ressources humaines au ministère de l'EN. Cette carence a été pointée maintes fois par de nombreux observateurs et rien ne se passe.
De Julos
ex E.N | 13H10 | 08/05/2008 |
Qand j'entends le verbe « apprendre », je pense instantanément à André Giordan, une référence en la matière.
Par exemple, ce livre de 2002 (6 ans déjà… et toujours les mêmes débats ! ) :
http://pagesperso-orange.fr/jacques.nimier/livre_giordan.htm