Un prof internaute a planché sur les programmes de Darcos

Pendant deux mois, les enseignants ont été consultés par le ministère sur un projet de refonte des programmes. Une consultation qui avait valu à Rue89 de nombreux témoignages ou commentaires, la plupart s'émouvant du « tournant réactionnaire » acté par ces nouveaux programmes.
Parmi ces internautes, l'un d'eux, Sébastien Goyer, nous a contacté plusieurs fois : d'abord avant d'avoir pris connaissance de la version finale telle que Xavier Darcos l'a présentée mardi dernier. Puis après le discours du ministre de l'Education nationale, qui en dévoilait les grandes lignes la semaine dernière.
Bachotage dès le CE1
Directeur d'une petite école en Charente et prof dans une classe de trois niveaux (grande section, CP et CE1), Sébastien Goyer reproche au ministère d'avoir « transformé le rôle des enseignants en distributeurs de savoirs et de connaissances au lieu d'en faire des médiateurs » et instauré « un bachotage dès le CE1 » en faisant la part belle aux apprentissages mécanistes et au par coeur.
Craignant que les résultats de la consultation sur le terrain ne soient étouffés, Sébastien Goyer a carrément lancé un blog spécifiquement consacré aux nouveaux programmes. Intitulé « Ecoles de Charente16 : programmes 2008 », son but était préventif : il entendait pouvoir confronter le ministre aux retours des enseignants, « extrêmement négatifs », assure-t-il :
Copie amendée… mais l'inquiétude demeure
Ayant décrypté pour Rue89 le dernier discours de Xavier Darcos, la semaine dernière, Sébastien Goyer reconnait que certaines « fausses bonnes idées » ont été retoquées dans la version définitive dévoilée mardi dernier, prenant en compte les remontées des enseignants. Exemple : le passé antérieur, qui devait être enseigné dès le CM1, attendra finalement le collège. Ou encore : la démarche scientifique expérimentale se trouve remise au goût du jour dès le cycle 3.
Toutefois, notre internaute enseignant reste sceptique sur la faisabilité du programme, au diapason du SNUIPP qui déplorait dans la foulée :
« Le ministre, dans l'embarras, procède à un véritable tour de passe-passe. Il ne publie qu'un volume horaire annualisé pour l'histoire-géographie, l'éducation physique, les sciences et l'éducation artistique, et cherche ainsi à masquer la forte réduction du volume horaire dévolu à ces domaines disciplinaires. »
En pratique, Sébastien Goyer estime que le volet « découverte du monde », soit les sciences et l'histoire-géographie, devrait notamment pâtir des changements à la rentrée.
« Une approche électoraliste »
Mais, en dépit de quelques aménagements à même de rassurer les enseignants, le directeur d'école charentais déplore « le populisme » dont use Xavier Darcos dans cette réforme. Dès le début de la consultation, il a craint de se faire « enfumer », explique-t-il à Rue89 :
« Xavier Darcos a une approche électoraliste. A longueur d'interviews, il vante ses résultats auprès des parents, mais c'est manipulateur et populiste : les parents ne sont pas informés sur le contenu réel, ce ne sont pas des pédagogues. Or on va vers un classement des établissements et un contrôle accru par les parents, qui pourront vérifier ce que leurs enfants ont vraiment appris. »
Or, selon notre internaute, il peut être dangereux que Xavier Darcos invoque autant le soutien des parents :
Pour Sébastien Goyer, même si les programmes ont en partie changé, l'empreinte reste la même. L'enseignant charentais s'offusque notamment du « mépris » de Xavier Darcos pour ceux qu'il appelle « les pédagogistes » :
Le directeur d'école estime en fait que l'entourage du ministre a choisi le dos à « trois décénies de pédagogie » :
« Pour Xavier Darcos, les experts en science de l'éducation sont des idéologues. Lui fait des programmes politiques. Ils sont inspirés par un courant très minoritaire qui a une approche mécaniste et réactionnaire de l'enseignement. C'était valable dès le début et cela n'a pas évolué du tout après la consultation. »
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De skalpa
actif et militant ? | 00H04 | 06/05/2008 |
http://kprodukt.blogspot.com
Et que vive l'éducation nouvelle ! ! !
à skalpa
De thoughtthrow
10H47 | 06/05/2008 |
Ça me rappelle la scène de l'école dans « the wall » de Pink Floyd : Où les enfants rentrent dans une machine pour en ressortir en chair à saucisse ou en clone avec un masque de visage vide…
allez tous en coeur
« we don't need no education
we don't need no thoughts control
no dark sacarsms in the class room
teachers leave us the kids alone
hey teachers leave us kids alone
all in all it's just another brick in the wall »…
à thoughtthrow
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 21H45 | 07/05/2008 |
http://www.youtube.com/watch ? v=lwTpZpwjtIE
à skalpa
De pablico
19H45 | 06/05/2008 |
En éducation on mélange toujours le contenant et le contenu.
on doit apprendre à l'enfant à réfléchir, se servir de son cerveau, de se poser des questions, et surtout lui apprendre à faire des essais de réponses. A être curieux en un mot.
Apprendre à classer ses idées, à peser ses problèmes, à trier ses solutions, à être logique.
Une tête qui marche bien, peut s'adapter à tout. Après on la remplit.
remplir une tête, sans apprendre à s'en servir, c'est un crime (contre le gosse et contre la société dans laquelle il va vivre).
c'est comme donner une voiture à quelqu'un sans avoir appris à conduire.
à pablico
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H47 | 06/05/2008 |
»« Condorcet qui entendait que “l'école forme des hommes libres, des citoyens qui ne s'en laissent pas conter mais qui entendent qu'on leur rende des comptes” ! » (anny Paule) »
Des citoyens qui ne s'en laissent pas conter ? ? ?
Voter pour le liberalisme à la mode Sarkozy va-t-il dans le sens de Condorcet ?
L'école n'avait-elle pas encore beaucoup de progrès à faire pour former des citoyens capables d'apprendre à classer ses idées, à peser ses problèmes, à trier ses solutions ?
Les nouveaux programmes vont-ils former des têtes qui marche bien capable de s'adapter ou programmer des cerveaux à travailler sans réfléchir ?
Les nouveaux programmes ne s'inspirent-ils pas des programmes américains ?
Pourquoi apprendre à l'enfant à réfléchir alors que le MEDEF cherche une maind'oeuvre docile et serviable ?
La curiosité et la reflexion nes servent-ils pas à fabriquer des esprits contestataires ?
Travailler plus pour gagner plus, n'est-ce pas suffisant pour combler une vie ?
Gagner plus pour consommer plus n'est-il pas le programme de l'UMP ?
à kestiontoi
De pablico
21H02 | 06/05/2008 |
c'est là qu'on voit la limite du patronat.
Il semble avoir peur de collaborateurs trop intelligents dans le sens classer ses idées, à peser ses problèmes, à trier ses solutions, être créatif, logique. Alors que l'intelligence génère l'intelligence, que la création génère de la création, que les belles idées génèrent d'autres belles idées (on appelle cela le cercle vertueux).
Travailler plus pour gagner plus pour consommer plus, je pense que le concept est gagnant mais tellement « besogneux », il n'y a pas la « grâce » la sensation d'avoir été créatif, intelligent, généreux. La sensation d'avoir été une personne libre dans son intellect. en une image de prendre son pied.
à pablico
De geubeul1
edité sur fils2prof.over-blog.com | 09H11 | 07/05/2008 |
il y a encore « plus pire » … la mixité des classes est remise en question par notre gouvernement par ses amis :
http://fils2prof.over-blog.com/article-19355938.html
et oui la France de papa est de retour il ne faut pas confondre « réactionnaire » et « réformateur » pour le patronat ces mots ont le sens ….
à skalpa
De séccotine95
21H43 | 06/05/2008 |
Je viens de passer sur ton blog en coup de vent. Tu nous invites gentiment à piocher mais c'est cette affichette là que j'aimerais te prendre parce qu'en fin de compte LE PROGRAMME OU PLUTÖT LE NON PROGRAMME (dans le sens de tout prévoir)adapté à toute école qui veut respecter les droits de l'enfant et du citoyen futur est dans L EDUCATION NOUVELLE. Nouvelle, elle le reste puisque pratiquée par un pourcentage restreint d'enseignants du public ou du privé. les effets positifs en sont connus mais ont toujours été tus (et tués) par nos politiques. la notion de liberté est toujours aussi subversive surtout quand il s'agit d'éduquer les citoyens de demain.
De Warp
01H52 | 06/05/2008 |
miser tout sur le par-cœur est débile, chaque individu a une manière d'apprendre différente, le par-cœur mettrait en place la même méthode que les lamasseries tibétaines et les madrasas islamiques (qui sont loin d'être des modèles de modernité)
une de mes professeur d'histoire que j'ai recroisé dernièrement m'a décrit que sa vocation était d'être une « prostituée du savoir » : il faut susciter l'envie de découvrir, connaître et apprendre…
or, en réduisant les matières les plus à même d'engendrer cela (histoire, géographie, sciences) on ne pénalise pas seulement l'apprentissage de ces matières mais aussi celui des autres matières comme le français ou les maths puisque qu'il ne reste alors que des matières plus ou moins rébarbatives qui ne risquent pas de susciter l'envie d'apprendre
nous avons l'école de l'ère du consumérisme qui se met en place : l'école n'est plus orientée vers les enfants et ne respecte plus aucun de leurs rythmes d'apprentissage ou de repos
désormais l'école est orientée vers les parents : semaine de 4 jours, volontée de faire apprendre toujours plus aux enfants sur les matières plébiscitées par eux (français, maths, morale et langues) en laissant de côté les enseignement qu'ils jugent inutiles (enseignement artistique, EPS) et en rabotant tout le reste (histoire, géographie, sciences)
nos hommes politiques ont bien saisi que les parents votent et qu'il faut les séduire quitte à mettre le système éducatif, déjà passablement malmené, en péril
à Warp
De JP Arrachis
Conseil en marketing et influence | 11H32 | 06/05/2008 |
Cher Warp,
X. Darcos a bien compris que le consommateur a pris le pas sur le citoyen chez la majorité des contribuables/électeurs. Les premiers indices de ce renversement remontent à quelques années déjà, il ne fait qu'exploiter le filon : la peur !
Exemples :
- mise en place des « zones » pour les vacances d'hiver à la demande du lobby de la neige ;
- pressions sur les écoles et réformes des évaluations pour limiter les redoublements (traumatisant pour les parents) ;
- renversement des causes et des effets : « un enfant qui a de bonnes notes est intelligent, celui qui en a de mauvaises a un mauvais prof » ;
Sans état d'âme, il donne aux électeurs/contribuables ce qu'ils souhaitent.
Comme, leurs références scolaires datent un peu et qu'ils ont peur de l'avenir, ils veulent, très logiquement, revenir à la bonne vieille école : celle dont ils ont un vague souvenir idéalisé (ils ont certainement oublié quelques expériences douloureuses de l'école d'autrefois -aïe ! pas sur les doigts-).
J. Lang et L. Ferry ont donc très précisément qualifié cette politique avec le terme « populisme scolaire ».
Je serai très heureux de vérifier l'hypothèse de ce billet.
Si cette approche en terme de nostalgie des parents d'élèves est valable alors les professeurs devraient constater, sur le terrain, une plus grande adhésion des classes moyennes en voie de paupérisation à ce discours critique et nostalgique sur l'école.
Alors les professeurs des faubourgs résidentiels et des banlieues (ou villages) pavillonnaires, subissez vous plus de critiques, de contestation de votre valeur professionnelle avec ce type de population ?
Il faut voir…
à JP Arrachis
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H56 | 06/05/2008 |
« Sans état d'âme, il donne aux électeurs/contribuables ce qu'ils souhaitent. » (JP Arachis)
Pourquoi X Darcos a-t-il permis le pont du 9 mai ? ?
Certaines zones ne rentraient-elles pas juste de vacances ?
Les élèves avaient-ils besoin de récupérer de quelques jours de travail intense ?
Ou est-ce pour permettre aux enfants qui ont reçu 15 heures de soutien pendant les vacances de se détendre un peu ?
Que fait-on des rythmes de travail ? ? ?
à kestiontoi
De geubeul1
edité sur fils2prof.over-blog.com | 09H14 | 07/05/2008 |
il n y a aucun pont le 9 mai …. ?
à geubeul1
De did84
16H36 | 07/05/2008 |
dans le premier degré, il y a pont !
à did84
De geubeul1
edité sur fils2prof.over-blog.com | 19H01 | 07/05/2008 |
euh absolument pas je usis dans le premier degré dans le Nord …
à Warp
De daniel
12H01 | 06/05/2008 |
« nous avons l'école de l'ère du consumérisme qui se met en place : »
je ne suis pas d'accord, c'est l'école actuelle qui rend les enfants consuméristes : le manque de rigueur dans le travail, l'incapacité à mémoriser, tout cela fait que nous devenons très perméables aux matraquages et aux manipulations. Les enfants qui n'ont plus le gout de l'effort attendent des résultats en appuyant sur un bouton.
« il faut susciter l'envie de découvrir, connaître et apprendre… »
Bien sur, mais cela c'est dans l'école idéale de Montesquieu, je dirais qu'il s'agit là plus du rôle des parents, même s'il est souhaitable qu'un professeur puisse y arriver.
à daniel
De JP Arrachis
Conseil en marketing et influence | 13H15 | 06/05/2008 |
Tu voulais peut-être écrire : « l'école de l'ère du consumérisme est en place » ?
Voici quelques symptômes éclairants :
- J.P. RAFFARIN qui invente le « droit au bac » !
- La publication des résultats aux examens comme seul indicateur de performance (qui oserait écrire que le taux de dividende servi aux actionnaires suffit à mesurer la performance d'une entreprise ? )
- L'invention du supermarché de la formation avec le LMD, chaque étudiant peut composer son panier de crédits pour avoir droit à un diplôme (si l'UE de physique a la réputation d'être dure ici alors je vais l'acheter à l'école d'ingénieur privée du coin) ;
- La généralisation du passage à l'ancienneté (ce n'est pas le niveau qui détermine le passage dans la classe supérieure mais les parents/clients).
Certains dans les commentaires s'interrogent sur le goût de l'effort, la culture, etc…
Regardez autour de vous est-ce que le consommateur en a quelque chose à faire de ces valeurs là ?
Partout on nous propose de maigrir, suer, apprendre, s'enrichir **sans** effort ;
Partout on nous propose de profiter maintenant et de ne payer que plus tard ;
Partout on est au service du consommateur, on le courtise, on le flatte.
Dès lors, pourquoi adhérer à l'école telle que vous la présentez ?
à Warp
De Desiderio
13H24 | 06/05/2008 |
Hum… Pour l'EPS (nommmée sport par Sarkozy qui n'a jamais compris les deux autres composantes de la discipline), c'est cinq heures obligatoires par semaine, bien plus que ce qui était pratiqué auparavant. On ne peut pas dire que ce soit une discipline négligée par le régime en place. En revanche, il reste trois heures par semaine pour l'éducation artistique, musicale, l'histoire-géographie, les sciences de la vie et de la terre, l'éducation civique, l'initiation aux langues vivantes et à l'informatique ! Cherchez l'erreur…
De Pierrot287
07H15 | 06/05/2008 |
Je ne suis pas compétent pour parler du fond de ces réformes, mais ce que l'on observe avec la diminution des postes, c'est la recherche à tout prix d'économies, pour financer le paquet fiscal. Comme toute action de ce gouvernement, en justice, en éducation, santé, retraites…. les petits doivent payer, pour les gros, qui ne gagnent toujours pas assez. C'est la règle Sarkôzienne de cette droite brutale, autoritaire, qui ne sert qu'une petite partie de la population privilégiée.
Coucou Nicolas Princen qui doit bien souffrir avec ce petit boulot de m….
De parti
punishment park | 07H42 | 06/05/2008 |
autre exemple le bac pro 3 ans : le programme d'histoire géographie des deux dernières années reste le même (celui-ci correspond aux premières et terminales bac pro actuellement) et il n'est guère passionnant (même mon inspectrice en convient)…mais il suffit de se pencher sur ce fameux programme de première année pour être abasourdi du contenu : humanisme et renaissance, voyages et découvertes (16e-18e), les lumières, l'enjeu énergétique, les sociétés face aux risques….nos élèves sortent de 3e en difficulté (pour la plupart), et on nous sort un programme « qui se la pète » avec une année de moins pour lesdits élèves…de qui se moque-t-on ? il suffit d'écouter darcos pérorer avec ses phrases toutes faites (cf LQR d'éric hazan) pour avoir la réponse…dans mon bahut un demi poste lettres-histoire disparaît dès la rentrée 2008-2009…les effets sont rapides n'est-ce pas ?
à parti
De Desiderio
13H34 | 06/05/2008 |
Et encore, ce programme qui doit être appliqué en septembre n'a toujours pas fait l'objet d'une consultation complète : l'IPR de LP doit nous rencontrer dans quinze jours pour faire remonter les remarques. Conclusion de la rencontre précédente : le programme de 1re BEP sera le même que celui d'avant, mais on ne sait pas quelles seront les sections qui passeront en 3 ans et celles qui resteront en 2+2. Et on ne connaît pas encore les manuels issus de la réforme puisque les premiers à sortir seront ceux des deuxième et troisième années de bac pro. La réforme est en marche, mais c'est cul par dessus tête : on ne pourra pas vraiment dire aux élèves en septembre à quelles sauces ils seront mangés l'année suivante. Quant aux programmes de français, je les ai jugés très vagues, avec des intitulés pour faire mode, mais sans contenu derrière : des annonces de titres de chapitres qui font bien.
De Bardamu
difficile | 10H32 | 06/05/2008 |
Oui, la plupart des « experts » autoproclamés en « sciences de l'éducation » sont des idéologues à la Meirieu.
Il ne faut pas le dire ?
Le refus du « par coeur » est tout simplement stupide. Pour s'approprier n'importe quel savoir il faut en passer par là, je ne vois pas où est le problème.
Ce qui est le plus choquant au fond, c'est de se satisfaire de la situation actuelle : des élèves de sixième quasiment analphabètes, des élèves de terminale incapables de rédiger une page en français sans faute d'orthographe…
Comment peut-on admettre par exemple qu'un bachelier, après sept années d'apprentissage de l'anglais en moyenne (sans compter d'éventuels redoublements ! ) soit totalement infoutu de demander son chemin à Londres ?
Nos pédagogues feraient bien de se poser ces questions au lieu d'entamer une énième croisade contre un ministre « de droite »…
à Bardamu
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 13H45 | 06/05/2008 |
Je vais décevoir tout le monde, je ne suis pas en total désaccord avec vous.
Le refus du « par coeur » est effectivement stupide…tout comme limiter l'enseignement à cela.
Le niveau de certains élèves est réellement consternant, mais un peu d'honnêteté suffit pour constater que le système scolaire n'est pas seul en cause. Nous vivons dans une société d'abrutissement et les enfants sont aux premières loges.
Quant au ministre « de droite », je me moque qu'on le change ou pas, car ce n'est pas lui qui vote le budget. Alors je ne fais pas croisade contre lui et je ne pense pas être seule dans mon cas. J'en mène une, de croisade, que je croyais plus facile mais qui apparemment ne réussit pas auprès de tout le monde : j'essaie de faire comprendre aux gens que ce n'est pas en réduisant le temps d'enseignement - ce qui permet de supprimer des postes (seul objectif réellement visé) - que l'on améliorera la qualité de l'enseignement.
La suppression du samedi matin en primaire - non compensée comme c'était le cas jusqu'alors - et le bac pro en trois ans au lieu de quatre sont des aberrations pédagogiques, le mot dût-il vous déplaire, et il n'est pas nécessaire d'avoir lu Meirieu ou un autre pour s'en rendre compte.
à Bardamu
De Manumanu
En bretagne Est... | 11H53 | 06/05/2008 |
« Le refus du “par coeur” est tout simplement stupide. Pour s'approprier n'importe quel savoir il faut en passer par là, je ne vois pas où est le problème. »
Oulà, surtout pas. Le « par coeur », c'est le non-comprendre ! Pour retenir un savoir, mais surtout pour être capable de l'utiliser directement ou indirectement, de le transférer dans d'autres domaines, bref pour qu'un savoir ait un sens, il faut avant tout qu'il soit compris. C'est à l'opposé du « par coeur », et c'est ce qui fait la différence entre l'instruction, aveugle, à la martiale, et l'éducation à la citoyenneté et à l'intelligence. Mais peut-être est-ce ce qui vous fait peur ?
La mémoire est certes un atout, mais c'est le seul qui est utilisé quand on apprend « par coeur ».
à Manumanu
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 12H06 | 06/05/2008 |
Désolée de me faire l'avocat du diable, mais quand on apprend des conjugaisons, on fait du « par coeur », pas de la compréhension. Pourtant la morphologie des verbes en français (et dans les autres langues aussi, je présume) s'explique, mais à moi, on ne m'a donné certaines explications qu'en faculté de lettres.
Si quelqu'un veut un cours explicatif…mais attention
c'est encyclopédique, et indigeste pour quelqu'un que le sujet ne passionne pas. (Ah, la diphtongaison par coalescence ! )
Cela dit, je sais que les conjugaisons sont démodées.
Cela doit être pour cela que certains élèves confondent le présent, le passé (pour faire simple) et le futur. Et quand je dis cela, ce n'est pas une boutade ou une métaphore : c'est vrai.
à compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 14H20 | 06/05/2008 |
Par coeur, pas par coeur ?
Débat qui frise le ridicule, comme c'est d'ailleurs généralement le cas, quand les généralisations en matière d'enseignement volent bas.
Nompas a raison, il y a bien des savoirs qu'on ne peut maitriser qu'en les apprenant « par coeur » d'une facon ou autre, encore faut-il faire les bons choix, ne pas généraliser sans égard pour les matières, les dispositions, l'age etc. des élèves, les conditions d'enseignement etc.
D'ailleurs, « apprendre par coeur » ne veut pas automatiquement dire « bucher sans comprendre », mais plutot : créer des automatismes. Selon les matières on y procède pas forcement de la meme facon, me semble-t-il, on n'apprend pas un poème de la meme facon que des conjugaisons ou une piece de musique.
Pour tout dire : Les bons profs savent employer les bonnes methòdes au bon moment - si on leur en donne les moyens et c'est là que le bat blesse-, les mauvais profs gachent tout de toute facon.
à leconcombrevert
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 23H48 | 06/05/2008 |
Ce sont les règles de français et grammaire, les contines, les récitations,… qu'on apprend par coeur.
C'est tout je crois pour le reste c'est ridicule, le gosse est interrompu et flan il perd le fil et repart dès le début.
Le par coeur s'oublie, l'idée reste.
à Les Chats
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 11H16 | 09/05/2008 |
Et quid du vocabulaire des langues étrangères ?
Il est bien evident que cela ne s'apprend pas « en comprenant », il n'y a rien à comprendre, aucune logique veut que la chaise se dise « der Stuhl » en allemand, qu'au pluriel on dise « die Stühle » et non « die Stuhlen » etc.
Seulement, tout dépend comment procède le prof pour faire « apprendre par coeur ».
Les longues listes de mots à apprendre comme en cours de latin (quelle horreur), c'est mega out. Ça ne marche pas ou à peine.
Pour faire rentrer ces infos dans la matière grise il y a bien d'autres méthodes plus efficaces.
J'en sais quelque chose, puisque j'ai travaillé chez Berlitz, école de langues qui met l'apprentissage d'une langue comme l'allemand, l'espagnol, l'italien etc. en 4 semaines ( ! ) à la portée de tout le monde, quoique moyennant beaucoup d'argent.
Je ne veux pas faire de la pub pour eux, mais, pour l'avoir vecu à plusieurs reprises, je vous assure que c'est vrai, à condition de prendre des cours particuliers (1 prof - 1 élève).
Et ça marche parce que il y a interdiction formelle de toute explication de grammaire. Tout passe par un conditionnement de 8 heures par jour, 5 jours de la semaine plus des devoirs (cd à écouter à la maison) digne d'un lavage de cerveaux pratiqué par une antenne de la c.i.a..
Je raconte cela parce que c'est une façon d'apprendre par coeur, d'aquérir des reflexes, mais revue et corrigée d'une façon intelligente oú l'élève ne se rend même pas compte qu'on lui bourre la tête de vocabulaires et de formes grammaticales.
Une fois que l'élève a atteint un certain niveau de maîtrise de la langue rien n'empêche que l'on passe à un autre mode d'enseignement plus abstrait qui permet de conceptualiser et d'analyser.
En conclusion : Il appartient au professeurs de choisir une méthode adaptée aux besoins de la tâche et aux conditions dans lesquelles se fait le cours. Il est evident que la méthode « Berlitz » ne peut pas marcher avec une trentaine d'élèves, c'est peine perdue.
à Manumanu
De Bebs
12H49 | 06/05/2008 |
Le « par cœur » est parfois nécessaire si on veut avancer.
Les verbes irréguliers en anglais, il faut les apprendre par cœur.
Les dates (en histoire), les capitales (en géo), les poésies c'est pareil : on galère un peu au début (moi même je reconnais que le par cœur c'est pas mon truc), mais après on s'en souvient toute sa vie.
Les formules compliquées de trigonométrie, c'est pareil.
On peut certes les retrouver mais au final on perd un temps fou.
Il faut reconnaître que dans tous les domaines, il y a un moment ou un autre ou il faut apprendre des choses par cœur…
à Bebs
De jojo1er
casseroles.odebi.org | 13H54 | 06/05/2008 |
« On peut certes les retrouver mais au final on perd un temps fou. »
Vous en êtes convaincu ?
Jojo1er, …quel temps je perds….à chaque fois que je fais travailler ….mon intelligence ?
à jojo1er
De Bebs
14H49 | 06/05/2008 |
Lors de concours ou exams, où le temps est compté, nous n'avons toujours pas la possibilité de faire appel aux méthodes qui permettent de retrouver ladite formule.
Il faut être rapide et efficace… si on connait certaines choses par cœur, on gagne beaucoup de temps (20 minutes sur une épreuve de 3 heures, c'est une grosse économie en temps).
Bien entendu, il est faut aussi qu'en même temps, cette formule soit bien comprise.