Sur le terrain

La CGT prend-elle les sans-papiers pour des pantins ?

Les sans-papiers qui occupent la Bourse du travail, à Paris, accusent la CGT d'avoir récupéré leur mouvement, avant de les oublier.

Manifestation des sans-papiers le 5 avril 2008 (Philippe Leroyer).

Les sans-papiers qui ont investi la Bourse du travail, dans le IIIe arrondissement parisien, se sont réveillés ce mardi, pour le quatrième matin consécutif, dans les locaux de la CGT. Le 2 mai, plusieurs centaines de sans-papiers s'y étaient installées pour protester contre la gestion par le syndicat du dossier des régularisations.

Entre 300 et 600 personnes, le soir, occupent toujours les lieux, campant dans les étages du bâtiment ou installés dans la cour. Hommes d'un côté, femmes de l'autre. Parmi eux, un grand nombre ont pourtant leur carte à la CGT. Dans l'enceinte de la Bourse du travail, certains l'ont d'ailleurs punaisée à la poitrine d'une veste ou d'un T-shirt. Pourtant, ils se disent « écoeurés » et « trahis » depuis que la CGT a refusé de présenter plus de « mille dossiers » aux pouvoirs publics. (Voir la vidéo)


L'affaire remonte au début du mouvement de grève lancé par la CGT et l'association Droits devant, de Jean-Claude Amara, le 15 avril. Ce matin-là, sur le coup de huit heures, des piquets de grève s'installent sur une douzaine de sites. Les sans-papiers débrayent massivement. Dans les heures qui suivent, d'autres sites émergent, le mouvement prend très vite de l'ampleur. La grève se poursuit toujours, pour certains des sans-papiers installés à la Bourse du travail.

Essaimer en un vaste mouvement de grève

Préparée en amont en toute discrétion, la grève s'inspirait de la mobilisation des salariés sans-papiers de deux restaurants chics, quelques mois plus tôt. Ces deux premières tentatives avaient débouché sur plusieurs titres de séjour. Le pari de la CGT et de Droits devant est donc d'essaimer.

Bénévole dans un atelier d'alphabétisation numérique, un internaute de Rue89 nous a fait parvenir cette vidéo préparée pour notre site par des sans-papiers. On y rencontre Ladj, un Malien délégué syndical qui raconte comment il a entendu parler de la grève : (voir la vidéo)

Comme le montre le témoignage de Ladj, la grande vague de grève s'est préparée jusqu'à trois mois en amont : amasser les dossiers de régularisation, syndiquer davantage de sans-papiers, mobiliser les équipes localement… jusqu'au défilé du 1er mai, qui a vu, pour la première fois, plusieurs centaines de sans-papiers défiler sous les bannières de la CGT.

Les leaders sans-papiers entre deux feux

Djibril Diaby, lui aussi, a battu le pavé ce jour-là. Mais, depuis vendredi, le Sénégalais occupe également la Bourse du travail. Cégétiste depuis 2004, cet ancien comptable, devenu vigile en France, est aussi l'un des leaders de la Coordination 75, qui fédère quatre collectifs de soutien aux sans-papiers dans la capitale.

Il avait personnellement incité les sans-papiers à prendre leur carte à la CGT, moyennant le tarif chômeur pour les sans-papiers, soit un timbre à cinq euros -« un bon prix ». Il s'estime aujourd'hui « pris au piège » :

« C'est un énorme malentendu entre les sans-papiers et la CGT, qui a décidé de faire cavalier seul alors qu'elle nous avait promis qu'on travaillerait main dans la main. Aujourd'hui, nous sommes pris entre deux feux. Moi, je ne vous dirai pas que la CGT est notre ennemie, et beaucoup de gars à l'intérieur sont à la CGT. Mais c'est vrai que certains sont très amers. »

Devant le porche de la Bourse de travail, où l'on fait passer marmites et jerricans, il tente de faire le grand écart alors que certains accusent la CGT de les avoir pris pour « des pantins » : (Voir la vidéo.)


« Leur défilé avait plus de gueule avec nous »

La CGT s'est-elle impliquée dans le mouvement parce qu'elle ne pouvait plus faire la sourde oreille ? Ou plutôt parce qu'elle tenait là une bonne occasion de médiatisation, alors que la mobilisation pour les sans-papiers fait son chemin dans l'opinion publique ? Dans la Bourse du travail, le rapport de force s'installe et plusieurs grimacent que « sans les sans-papiers, il aurait eu moins de gueule, leur défilé du 1er mai, à la télévision le soir ».

Devant le bâtiment de la rue Charlot, non loin de la place de la République d'où s'était ébranlé le cortège quelques jours plus tôt, une poignée de leaders cégétistes, venus « manifester (leur) solidarité avec les occupants trahis ».

Parmi eux, Françoise Riou. Ancienne conseillère confédérale en charge du dossier des sans-papiers à la CGT, elle a démissionné de ses fonctions fin janvier parce qu'elle estimait que son syndicat « régressait » sur ce dossier :

« Il n'y avait jamais d'élus de chez nous dans le carré de tête des manifestations pour les sans-papiers. Or ce ne sont pas mille sans-papiers travailleurs qu'il faut régulariser, mais l'ensemble des sans-papiers. La CGT a régressé par rapport à ses ambitions de départ. On va négocier avec Hortefeux pour mille d'entre eux, et on laisse tomber les autres ? C'est scandaleux ! “

Débat sur la stratégie de la CGT

La stratégie de la CGT fait donc débat. Le milieu associatif, lui, est circonspect. Tandis que les médias égrainent au fur et à mesure les régularisations accordées par les préfectures d'Ile-de-France au compte-gouttes, au Gisti, on reconnait par exemple qu'on n'est ‘pas unanime sur la stratégie à adopter’.

La CGT a-t-elle fait main basse sur le mouvement de régularisation des salariés sans-papiers, comme le disent ceux qui espèrent infléchir les priorités de la Confédération ? Pour Violaine Carrere, du Gisti, l'expression est sans doute un peu forte et le mouvement du 15 avril aura eu le mérite de ‘montrer qu'il ne s'agit pas de quelques centaines de personnes en France’.

Même s'il est vrai que l'initiative de la CGT peut être vue comme contraire aux efforts des syndicats pour réfléchir collectivement à la question des sans-papiers. (Voir la vidéo.)

Les associations de terrain, avec lesquelles la CGT était pourtant en contact rapproché, ont elles-mêmes appris au dernier moment le lancement d'un mouvement de grève, mi-avril. Au Gisti, on n'a été prévenu que la veille au soir, par exemple. Longtemps, l'ONG s'est sentie très seule, exhortant en vain les syndicats à s'emparer du dossier. Puis, au printemps 2007, les syndicats se sont mobilisés plus explicitement sur ce front.

Prise de conscience tardive des syndicats

Pourquoi maintenant ? Le Gisti, qui n'a pas d'estimations du taux de syndicalisation chez les sans-papiers, y voit plus volontiers ‘une question de personnes plus que de structures’, mais souligne aussi que ‘pression des sans-papiers était devenue incontournable’ :

Françoise Riou, elle non plus, n'a pas de chiffres quant au nombre de sans-papiers syndiqués. Même si elle se souvient d'avoir ‘syndiqué elle-même plus de 4 000 dossiers à Paris en 1997’ :

‘Tout dépend des périodes : après la forte mobilisation des années 1996 et 1997, au moment de l'occupation de Saint-Bernard et de la circulaire Chevènement, les adhésions ont diminué. Comme pour tous les militants, ils se syndiquent à un moment précis pour se faire entendre.’

Elle confirme que, ‘depuis le durcissement des lois mais surtout ces dernières semaines’, la CGT a incité les sans-papiers à se syndiquer massivement. Quitte à faire naître espoir… et rancoeur. Toujours adhérente, elle dénonce aujourd'hui que son syndicat ait ‘infantilisé les sans-papiers’ en les faisant jouer le rôle de ‘ simples figurants’. (Voir la vidéo.)


De passage dimanche soir dans les locaux, un ‘simple militant avec carte de séjour’, Lofti, apostrophe les journalistes :

‘Attention, ce mouvement est manipulé par des fouteurs de merde qui règlent des comptes personnels en tirant les ficelles en coulisses. Ce sont des agitateurs qui veulent saboter la vague de régularisation des sans-papiers en montant les sans-papiers contre la CGT.’

Sollicités par Rue89 à plusieurs reprises, personne, à la tête de la confédération syndicale, n'a souhaité réagir sur ce dossier. Pendant ce temps, à l'intérieur du bâtiment, les rumeurs vont toujours bon train quant à une évacuation manu militari par la CGT. Et Françoise Riou de haranguer les militants qu'elle connaît :

‘Surtout, portez bien votre carte de la CGT à ce moment-là, qu'on voie que le syndicat fait évacuer ses propres militants avec des gaz lacrymogènes…’

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Portrait de Jean-Baptiste

De Jean-Baptiste

Projets entre marketing, éditorial ... | 09H56 | 07/05/2008 | Permalien

Personnellement je trouve que ces discussions tournent un peu en rond.

Ecoutez ce que les personnes disent dans les vidéos.
- Ladji explique comment l'action a été collective. L'employeur avait déjà licencié plusieurs personnes sans papier.
- La syndicaliste pro-sans papier dévellope un point de vue intéressant sur les conditions de la syndicalisation des sans papier. Elle donne un point de vue sur la légitimité ou non de cette syndicalisation.

Bref il faut s'écouter et tirer un peu plus parti des vidéos.

Il me semble que le débat gagnerai en intérêt. On éviterai la bataille des repliages de commentaires et les vieux débats sur la « CGT vendue » ou « CGT des années » 20 : )

Portrait de Seccotine

De Seccotine

09H47 | 07/05/2008 | Permalien

Ce qui est ci-dessous n'est pas hors sujet. Déjà précurseur de ce qui se passe en ce moment. Aujourd'hui le collectif qui s'est vu essuyer 296 rejets (dont certains syndiqués à la CGT depuis longtemps et la plupart des travailleurs dont le profil ressemble en tous points à ceux qui ont été présentés récemment par la CGT)

Chroniques de sans-sapiers : éditées ! !

Les chroniques dont l'édition était vivement souhaitée sont parues !

Les éditions Syllepse , éditeur coopératif qui « œuvre vers des Tous Ensemble de la pensée et de l'action », ont accepté de publier les chroniques des Sans-Papiers entrés en Lutte à l'église Saint-Paul de Massy le 21 avril 2007.

Chroniques de sans-papiers
Par Aboubacry Sambou, Jeanne Davy, Hélène Gispert

Jeudi 1er mai 2008

Ce livre-témoignage présente le quotidien d'une lutte engagée à la veille des élections présidentielles de 2007 par 506 sans-papiers résidant en Essonne. Faute de voir leur situation examinée favorablement par la préfecture, ils ont décidé d'entrer visiblement en lutte et, aidés en cela par quelques militants convaincus et investis depuis de nombreuses années à leurs côtés, ils se sont résolus à occuper l'église Saint-Paul à Massy et son parvis le 21 avril 2007. Ils en ont été expulsés le 5 octobre par les CRS.

Cette occupation a duré plus de cinq mois, ce livre en est la chronique. Il est constitué d'une centaine de « chroniques », écrites sur le vif. Ce récit met ainsi en scène avant tout des hommes et des femmes dignes, en lutte, avec la fierté conquise de pouvoir vivre au grand jour et affirmer leur revendication d'obtenir des papiers, d'être reconnus citoyens à part entière dans leurs communes où ils vivent, travaillent, étudient, scolarisent leurs enfants. Il montre également la complexité d'une lutte où se côtoient dix-sept nationalités, des jeunes majeurs, des isolés, des familles et des enfants, des travailleurs en CDI ou en intérim, des bénévoles associatifs, des syndicalistes.

Si l'on retrouve au travers de ces chroniques les moments forts de la lutte, on assiste aussi au travail minutieux et éreintant de constitution et d'actualisation des dossiers pour la préfecture, l'organisation quotidienne de l'occupation. Mais on y partage surtout la vie, les espoirs, les fêtes, les peines de chacun de ces hommes et femmes auxquels elles veulent rendre hommage.

Les auteurs et contributeurs se sont impliqués de toutes leurs forces pour que ce mouvement soit une réussite, qu'ils soient sans-papiers ou soutiens :
Aboubacry Sambou est sans-sapiers et est l'un des mandatés élu par ses pairs.
Lynda, Demba, Nacer, Jeanne, Sylvie, Claire, Christiane, Françoise, Claire-Lise ont apporté leur contribution en préparant cette action utilisant leurs compétences et leurs expériences de luttes auxquelles elles avaient déjà contribué.
Hèlène Gispert est à l'initiative de l'édition des chroniques et a entrepris la réussite de cette action.

Solidairement,
--
Les Sans-Papiers en lutte

http://sanspapiersenlutte.blogspot.com/

Portrait de Seccotine

à Seccotine Portrait de Seccotine De Seccotine

12H19 | 07/05/2008 | Permalien

La date de parution est prévue en juin

Portrait de Putt Bill

De Putt Bill

10H19 | 07/05/2008 | Permalien

Allez, je tente une hypothèse de sortie de grève…

En 1 : je vois très bien Sarko faire bibise aux patrons qui ont et emploient encore les sans-papiers, au moyen d'un bouclier pénal. Quelques aménagements de textes pour corriger le « manque » et il n'y paraitra plus…

2 pour la cégète, idem. Elle s'essaie à l'humanitaire social et devrait s'en sortir grandie à l'heure de la réforme syndicale.

Et 3… C'est pour les sans papiers qu'il faut véritablement s'inquiéter… Ils ont osé se rebiffer contre le système ! J'imagine sans peine le dobermann sarkozien à l'affût près à pousser ces terroristes du travail dans le 1er charter en partance…
Pas tous bien entendu, on s'efforcera d'en garder quelques uns pour la propreté de la vitrine sociale, pour faire savoir que la république sait se montrer magnanime, indulgente et humaine. Via une Com d'enfer grâce à bobolorré, PPDA et cons saurs.
Pour les autres, il est à craindre qu'on ne demande d'aller terroriser le monde du travail dans leurs pays respectifs…

Portrait de levraidebat

De levraidebat

10H58 | 07/05/2008 | Permalien

Ne soyons pas naïfs, c'est d'abord le grand patronat français et européen qui réclament davantage d'immigration, pour faire pression à la baisse sur les salaires et les droits sociaux.

Cf leurs rapports à Paris (Attali,etc.) et Bruxelles surtout.

Triste que la CGT soit complice de ça.

Changeons, enfin.
www.levraidebat.com

Portrait de el loco

De el loco

éducateur spécialisé | 11H24 | 07/05/2008 | Permalien

c'était assez prévisible ce qui arrive à la CGT
tout d'abord et avant d'aller plus loin je souhaite préciser que je suis résolument pour la régularisation des personnes sans papier en france (c'est de l'hypocrisie de nier leurs existence)

sans parler d'appel d'air le mouvement qu'elle as elle même initié (très certainement à des fins publicitaire qu'humaniste) lui explose au visage.c'était d'une part extrêmement dangereux pour les personnes qui ont pris le risque de se découvrir. et surtout pour moi il s'agit d'une manipulation de ces personnes et de l'opinion sous prétexte de dénoncer une situation injuste (si cela avait été vraiment la cas la CGT n'aurait pas du ce résoudre à accepter quelques miettes de régularisation mais d'exiger la régularisation de tous.

c'est surprenant qu'elle n'ai pas pensé que cela pouvait arrivé.
l'expérience montre que lorsqu'une institution, organisme… trouve une brèche et le fait savoir cela crée de l'espoir et les personnes sans papiers se font connaitre pour bénéficier des mêmes droits qui ont été offert aux autres. pourtant nombre d'adhérents dans le secteur social notamment aurait pu la mettre en garde.il ne s'agit pas de supposé « fouteur de merde », elle est seule responsable d'avoir provoqué l'espoir et donc la colère quand elle n'as pu y répondre des personnes sans papiers.

j'aimerais bien savoir comment elle va se sortir de ce bourbier car demander l'expulsion des personnes reviendrait à les dénoncer (et donc à aller contre son discours affiché précédemment).

bon sur ce bon anniversaire Rue 89

Portrait de CN46400

à el loco Portrait de el loco De CN46400

20H34 | 07/05/2008 | Permalien

« elle est seule responsable d'avoir provoqué l'espoir et donc la colère quand elle n'as pu y répondre des personnes sans papiers. »

C'est la CGT qui délivre les papiers au compte gouttes ou les préfectures ? tu serais pas un peu sarkosien toi !

Portrait de Ouistiti

à CN46400 Portrait de CN46400 De Ouistiti

/seccotine | 08H48 | 08/05/2008 | Permalien

Annoncé ce matin. Discussions se poursuivent avec le Ministère « en concertation » avec la CGT

Portrait de CN46400

à Ouistiti Portrait de Ouistiti De CN46400

16H48 | 08/05/2008 | Permalien

Le Ministère discute avec ceux qui sont en grève, c'est anormal ?

Portrait de el loco

à CN46400 Portrait de CN46400 De el loco

éducateur spécialisé | 08H59 | 09/05/2008 | Permalien

« je suis résolument pour la régularisation des personnes sans papier en france (c'est de l'hypocrisie de nier leurs existence) »

cela répond à votre question peut être ?

Portrait de Seccotine

De Seccotine

12H57 | 07/05/2008 | Permalien

Trouvé sur Bellaciao :

Ce ne sont pas les sans papiers dont la CSP75 se sert de base de manoeuvre dans sa grossiére opération antiCGT qui sont a condamner mais bien les initiateurs de cette provoc et ceux qui tirent réelement les ficelles…..Et profitent de la situation LE PATRONAT ET LES MINISTERES DE L'INTERIEUR ET DE L IMMIGRATION

Je n'ai pas la naiveté de croire que ceux a qui profitent cette tentative de division et de briser le mouvement le MEDEF et la droite n »assure pas le soutien logistique de leurs hommes de main de la CSP 75 ……

La CGT assure (voir autre fil) les TRAVAILLEURS sans papiers de tout son soutien.

Dans le 94 le TGI de Créteil prenant appui sur cette manoeuvre a décidé lundi l »expulsion des travailleurs sans papiers qui avec la CGT occupent depuis 15 jours le siége patronal des entreprises de nettoyage de la RP.

ET l'UD CGT est condamnée A 150 euros d'astreinte par salarié et par jours d'occupation ….

Portrait de Nicole Muchnik

De Nicole Muchnik

Journaliste à Madrid | 16H04 | 07/05/2008 | Permalien

Une ou deux adresses à toutes fins utiles :

http://sanspapier.info

Pour des informations ponctuelles et souvent éclairantes

Portrait de Nicole Muchnik

De Nicole Muchnik

Journaliste à Madrid | 16H33 | 07/05/2008 | Permalien

Deux liens, à toutes fins utiles, pour plus d'information sur le réel des Sans Papiers :

http://quotidiensanspapiers.free.fr/w
http://sanspapiers.info

Portrait de CN46400

De CN46400

20H25 | 07/05/2008 | Permalien

Et les autres syndicats ils font quoi ? Tous avec Sarko ?

Portrait de amandla

De amandla

08H41 | 08/05/2008 | Permalien

Je pense qu'on ne peut plus parler de la CGT comme une unité homogène…

Il y a les militant-es de terrain, qui pour la plupart sont honnêtes et investis idéologiquement dans leur action.

Et puis il y a les dirigeants, qui négocient dans les salons dorés le changement de cap de la ligne CGTiste sans en donner la teneur « à la base »…

La même OPA vient de se produire concernant le collectif national contre les franchises médicales. Certaines fédérations CGT y participaient aux coté d'assoces et de la fédération SUD, dans le cadre d'un collectif …
La Confédération CGT vient de faire une OPA et Bingo, voila que ce n'est plus « le collectif » qui apparait sur les tracts, mais « La CGT et le collectif »…

Cette magouille (qui n'est pas une première, surtout dans le cadre des collectifs, les sans papiers en savent quelque chose) va sans doute faire exploser le collectif national… Mais est-ce bien là le souci des dirigeants de la CGT ? Ils récupérer le boulot sans y avoir participé… Et encore, si c'était pour se mobiliser à fond, pourquoi pas après tout… Mais si la CGT était encore sur des bases de combat de société, ça se saurait…

Leur stratégie est d'apparaitre (après avoir négocié avec le MEDEF les accords sur la représentativité et avant les prud'hommes), de participer au jeu médiatique pour favoriser l'image sensée masquer le virage réformiste de la première confédération de France…

En tant que militant SUD, je ne peux que regretter cette attitude, appeler mes collègues de la CGT, ceux avec qui je milite sur le terrain, de prendre conscience de la grande duperie qui est en train de se mettre en place en leur noms… et de s'impliquer dans leur instances pour inverser le chemin pris par les dirigeants confédéraux. Parce que c'est dans une unité syndicale honnête et de combat que l'on arrêtera le rouleau compresseur qui avance davantage chaque jour !

Portrait de compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09

à amandla Portrait de amandla De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09

bye bye.... | 09H07 | 08/05/2008 | Permalien

Oui, rêvons un peu : tous ensemble…Signé une militante de base du SNES ayant apprécié vos propos. Les syndiqués de SUD que je connais présentent le mérite d'avoir compris cette évidence qui est que l'union fait la force.

Portrait de Renan

De Renan

09H40 | 08/05/2008 | Permalien

ouais ! tres bien votre papier,mais en fin de compte il n'ya que la cgt qui s'occupe des sans papiers,et même s'il y a une sois disant récuperation,il y a quand même des reussites.

Portrait de Ouistiti

à Renan Portrait de Renan De Ouistiti

/seccotine | 16H32 | 08/05/2008 | Permalien

Il n'y a pas que la CGT qui « s'occupe » des Sans-Papiers. Pour rester dans le domaine syndical je citerai les Sud, la CNT. Nous avions organisé en 1998, au moment de l'occupation de la cathedrale d'Evry, un parrainage intersyndical (genre parainages républicains de l'époque) et ce fut une vraie réussite. Evidemment nos engagements auprès des Sans-Papiers ne se sont pas limités là.

Portrait de CN46400

à Ouistiti Portrait de Ouistiti De CN46400

16H42 | 08/05/2008 | Permalien

2008-1998 = 10 ans………..

Portrait de eelisa

De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 18H26 | 08/05/2008 | Permalien

REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS !

*TRAVAILLEURS(SES) sans-papiers en lutte, ils ont pris la parole ! *

*L*es travailleurs sans-papiers expriment une revendication fondamentale,vivre dignement et sereinement dans le pays où ils travaillent.

En Europe, en France, dans nos villes, nos quartiers, des hommes des femmeset des enfants vivent dans la peur constante d'être enfermés en Centre de Rétention Administrative (CRA) et le plus souvent expulsés, pour simplement un défaut de papier.

Pour la majorité ils travaillent et participent àl'économie de ce pays.

Ils ne prennent le travail de personne, au contraire ils accroissent la richesse produite.

Ils cotisent à notre sécurité sociale mais n'ont pas le droit de tomber malade car sans-papiers.

Ils cotisent à l'UNEDIC mais n'ont pas droit aux indemnités chômage car sans-papiers.

Ils cotisent aux caisses de retraite mais ne pourront en bénéficier.

Ils payent des impôts mais ne peuvent accéder à la citoyenneté car sans- papiers.

Le gouvernement n'ignore pas que les sans-papiers doivent travailler poursurvivre.

Ils sont des milliers dans la restauration, l'hôtellerie,l'agriculture, le bâtiment, l'aide à la personne, le gardiennage*,* etc.

Ils sont les premières victimes du travail illégal et des pires patrons qui peuvent les exploiter sans contraintes, parfois sans les payer.

Leurs conditions d'exploitation tirent l'ensemble des salaires et des droits sociaux de ces secteurs vers le bas.

Les autorisations de travail sontsoumises au bon vouloir du préfet sur la base d'une liste de métiers très réduite et qui dépend de l'origine du demandeur.

D'autres ont un titre de séjour mais sans l'autorisation de travailler ; alors ils ne peuvent ni manger ni se loger ; des familles entières sont à la rue.

Elles, ils ont fui la violence, la misère pour construire une vie avec un avenir.

Plutôt que de leur permettre de mener une existence légale et digne, de sortir de l'exploitation dont ils sont souvent victimes, l'Etat les arrête pour les expulser.

De plus le gouvernement*,* pour imposer sa politique xénophobe*,* tente d'enrôler les agents des services publics, Inspection du travail, Assedic, ANPE, Sécurité sociale, Travailleurs sociaux, Education nationale, La Poste dans le contrôle policier des étrangers.

Non, ces femmes et ces hommes ne sont pas du bétail que l'on utilise au gré des aléas de l'économie, ce sont des êtres humains*.*

C'est pourquoi, en tant qu'associations et syndicats, nous soutenons la lutte des travailleurs sans-papiers et revendiquons :
- la régularisation administrative de tous les sans papiers.
- l'abolition de la double peine
- la libération de toutes les personnes emprisonnées pour défaut de papier et la fermeture des centres de rétention.
- la suppression du délit de solidarité à l'encontre des personnes ou organisations solidaires des sans papiers.
- l'abrogation de toutes les lois et différentes circulaires restreignantles conditions d'accès au travail, les conditions de séjour pour lesétudiants.
- l'abrogation de toutes les lois racistes et xénophobes.

Il faut en finir avec l'arbitraire et l'insécurité sociale qui entretiennent des conditions d'exploitation inacceptables.
C'est non seulement une question de morale politique mais aussi, en dépit des mensonges xénophobes,l'intérêt de tous les travailleurs de ce pays. *

Laisser perdurer les inégalités entre travailleurs c'est affaiblir l'ensemble du monde du travail.* *

Français Immigrés égalité des droits**

**Français Immigrés solidarité*

*Nous nous retrouverons à leurs côtés mercredi 14 mai à 17h30 * *sur les marches de la Préfecture à Clermont*-*Ferrand *
*CGT, CFDT, SOLIDAIRES, FSU, * *RESF, RUSF, CIMADE, Ligue des Droits de l'Homme, *
*Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature*
*Les Associations et syndicats ont envoyé un courrier unitaire à lapréfecture pour demander un rendez vous*_______________________________________________

Portrait de riou francoise

De riou francoise

syndicaliste | 17H45 | 12/05/2008 | Permalien

L'émission d'Europe 1, hier soir, avec pour invité Bernard Thibault, a permis à ce dernier d'affirmer très clairement que la CGT est pour le cas par cas, qu'elle (la CGT) ne demande pas la régularisation de tous les sans papiers, pas même de tous les travailleurs sans papiers.. L'important, pour B.T. c'est d'aller vite pour les dossiers déjà déposés par la CGT..

et alors, tous les autres ?
et alors, on n'attend même plus un congrès pour faire officiellement marche arrière, et supprimer des résolutions votées par le dernier congrès ? ?

http://viphttp.yacast.net/lgdf/europe1/media/son/video/0000133/133450_BD…

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