
Un vagin denté et un portrait (vraiment) sans concession de l’Amérique puritaine. Des morts-vivants semant la panique aux USA et une mise en cause de la société de la surinformation. Dans "Teeth", du néophyte Mitchell Lichtenstein comme dans "Chroniques des morts-vivants", du vétéran George A. Romero, le cinéma d’horreur prouve qu’il aime parfois penser les névroses et les dérèglements de son époque.
"Teeth" de Mitchell Lichtenstein, une fiction inspirée et futée
Elle s’appelle Dawn. Vit dans une tranquille bourgade de l’Amérique profonde. Arbore un sourire évanescent qui inspire illico confiance. Lycéenne consciencieuse, elle milite activement dans une association prônant la chasteté et repousse avec conviction les assauts libidineux de ses contemporains mâles. Elle découvre bientôt, à son corps défendant (c’est le cas de le dire), qu’elle n’a aucune raison de s’inquiéter. Ames sensibles masculines s’abstenir.
En effet, l’héroïne est pourvue d’une arme d’autodéfense particulièrement redoutable: son vagin tapissé de dents acérées peut (et ne s’en prive pas) réduire en bouillie les doigts et les sexes masculins qui ont la mauvaise idée de se risquer dans ces parages moralement probes, ces contrées où le puritanisme volontariste impose ses lois. Vous avez dit argument débile? Scénario horrifique légitimant toutes les surenchères hémoglobineuses? Pas sûr.
Pour son premier film, le cinéaste américain Mitchell Lichtenstein (jusqu’ici connu pour ses prestations d’acteur chez Robert Altman et Ang Lee) signe une fiction inspirée et futée, ironique et militante (versant féministe) qui prend un malin plaisir à puiser dans des angoisses ancestrales à haute teneur psychanalytiques pour mieux égratigner -euphémisme- l’obsession de la pureté, l’institution de la famille américaine et la faillite du système éducatif local, tellement timide en matière d’éducation sexuelle, que les ouailles boutonneuses sont en effet susceptibles de croire en n’importe quoi.
Un film impossible à financer il y a dix ans
Drôle de film. Où le machisme ambiant -fait rare dans la production US- est irrémédiablement châtié, mais où l’héroïne ambiguë s’aperçoit qu’elle lutte aussi et surtout contre elle-même. Vaguement lynchien, vraiment intéressant, "Teeth" met en scène une émancipation contrariée, une Amérique primitive, malgré les apparats de la modernité, et une communauté masculine pathétique (palme d’or au frère de Dawn, sorte de beauf punk exorcisant sa trouille du sexe dans le culte de la sodomie et l’amour des pitbulls).
Un tel film, raconte le cinéaste, aurait été impossible à financer, il y a dix ans. Il ajoute:
"De toute façon, dans une industrie dominée essentiellement par les hommes, je doute que beaucoup de réalisateurs aient été enthousiastes à l’idée de s’attaquer à un tel sujet, souvent mal interprété, et trop couramment synonyme de misogynie et de sexisme."
Rien de tout cela dans "Teeth", qui est un amusant et dérangeant plan de coupe sur une certaine Amérique aux prises avec de vieilles terreurs mal domestiquées, et un appareillage moral défaillant. Aujourd’hui, fort de la réussite de son premier essai, Lichtenstein pense tourner une comédie familiale. On attend ça avec impatience.
"Chroniques des morts vivants": Romero donne à penser
Le cinéma de genre (et, en premier lieu, ses catégories considérées les "moins nobles": SF et horreur) a souvent été considéré à juste titre comme un excellent baromètre des angoisses collectives. On ne s’étonnera donc pas que George A. Romero, maître incontesté du cinéma horrifique, signe son retour sur nos écrans tremblotants de frousse avec un film éminemment contemporain.
"Chroniques des morts vivants", sa nouvelle fiction efficace, interroge frontalement notre époque: son avalanche d’images interchangeables et d’informations incontrôlées diffusées à toute heure et sur tous les supports. La chose, interprétée (entre autres) par une jeune comédienne américaine dénommée, ça ne s’invente pas, Michelle Morgan, met en scène une poignée d’étudiants tournant un film d’horreur dans une sombre forêt…
Bientôt, un bulletin radiophonique annonce que, un peu partout en Amérique, les morts ne meurent plus mais se métamorphosent en terrifiants zombies. Il convient donc pour nos héros de se méfier des vivants, (qui, en ces temps troublés, ne sont pas tous très sympas) et encore plus des morts (qui ont le pouvoir de vous zigouiller et de vous transformer à votre tour en zombie). Bien.
Nos jeunes amis, suite à de multiples péripéties, découvrent que la radio ne ment pas et entreprennent de filmer ce qu’ils voient avec leur caméra (soit l’un des procédés favoris du cinéma de genre ces temps-ci, comme "Cloverfield" et "Rec"). Une bonne idée, car, peu à peu, les grands médias sont paralysés par le nouveau péril et les seules informations circulant dans le pays apparaissent sur le Net. Blogs, images subjectives, infos parcellaires, rumeurs incontrôlables…
Le flux contradictoire des images et des informations mis en scène
Romero montre des communautés en repli extrême, filme la peur, l’effroi, la paranoïa au sein du groupe. Surtout, il met en scène le flux et reflux contradictoires des images et des informations, le grand-huit invérifiable. "Il est de plus en plus difficile de définir ce qu’est un fait", médite le maître du film-zombie que l’on n’attendait pas forcément sur le terrain de la réflexion médiatique.
Pourtant, comme De Palma il y a quelques semaines avec son "Redacted" (sur la guerre en Irak et le trafic ambivalent des images), Romero s’attaque aujourd’hui, de façon très convaincante, à un sujet aussi brûlant qu’inquiétant. Son film, à l’instar de "Teeth" ne se contente pas de faire peur. Il donne à penser. Et on l’en remercie.
► Teeth de Mitchell Lichtenstein - avec Jess Weixler, Hale Appleman, Josh Pais et John Hensley - en salles le 7 mai.
► Chroniques des morts-vivants de George A. Romero - avec Michelle Morgan, Josh Close, Shawn Roberts et Nick Alachiotis - en salles le 25 juin.

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Tiens, le Monde Diplo a fait quasiment le même papier il y a quelques mois.
Il est à noter que le motif du vagin denté n'est pas nouveau: K.W. Jeter l'avait utilisé dans son roman dystopien "Dr. Adder" publié en 1979. Selon la légende, il a d'ailleurs fallu presque dix ans avant qu'un éditeur accepte de le publier, tant le contenu (perversions diverses, sexuelles et autre) était considéré comme dérangeant à l'époque.
En effet ce n'est pas nouveau. Je suis en master de Chinois, et justement, en cours d'ethnologie nous avons abordé la chose la semaine dernière. Un mythe Paiwan (une peuplade austronésienne de Taïwan) raconte l'histoire de cette fille qui a une dent dans le vagin, et blesse ses partenaire jusqu'à ce qu'un mari ingénieux ne la lui retire. Impossible à dater avec certitude, ce conte n'en est pas moins centenaire (voire millénaire)...
Cela mériterait qu'on s'y intéresse.
Moi, si je veux me payer un bon film d'horreur, je mets les infos de TFI...mais à dose homéopathique, car mon pauvre vieux coeur ne supporterait pas une pratique régulière.
Ah, non, Mon-Al, vous n'adherez pas à des pratiques masos aussi cruelles!
Il y a des fois elle parle même à n'importe qui. :-)
Pas à toi j'espère?
Je crois bien que si! Thème: archange et virginité de Marie! Lieu du débat: Turquie!
J'ai peine à croire que vous n'avez pas compris que c'était du deuxième, voire troisième degré !!!
Rassurez-vous, si, si, j'avais compris! Et ça faisait du bien de rigoler sur ce lieu hostile et multi-pastillé!
Vous inquiétez pas Mon Al... :-))
perso, tout ce qui touche aux zombies me botte, même les nanars italiens de l'âge d'or du cinéma bis...
Surtout, s'il te plait et peux me permettre La Morille.
pourquoi pas ? toujours plus expressive que ta tronche de neski aviné...
boris karloff, bela lugosi, hg lewis, lon chaney, eux sont singulier...alors arrêtes de t'la péter comme dirait didier super...
Chanet JR, dans "the Wolf Man" version glâbre, ressemblerait bien à Raoul, tel que je me l'imagine. La paupière trop lourde et la lippe molle.
Mais avec quelques restes néanmoins de ce qui pourrait passer pour une vieille gloire fanée.
PS: J'aime bien le film, même si c'est pas mon monstre favori, à savoir: Celui de "Herr Doktorrrh!"
perso je préfère chaney sénior parce que ses films étaient pour la plupart muets...mais bon junior est aussi classe dans l'évadé de la chaise électrique de waggner (le même réal que the wolf man si je ne me trompes pas)
gute nacht deluge
Tu te trompes pas (je viens de regarder sur la jaquette).
Par contre je ne sais rien sur "l'évadé de la chaise électrique" (rien que le titre...)
Je vais voir si ça existe en dvd..
(George, le prénom de Waggner).
Et pour faire de jolis rêves:
"He's alive!, HE'S ALIVE!!!"
BradabOOOUMMMMMHHH!!!!!
un bon nanar d'une petite heure, je t'assure
Tu me fais envie.
J'aime bien aussi les slashers et les séries B...
Mais avec Cauet, Dechavanne, Pascale Clark, nagui, Pernault, Delarue, les guignols, Chazal, Nikos , Star ac, etc...
On est déjà assez gâté de monstres et scénarios d'horreur à la télévision française...
des goûts communs ? pas possible...on voit que tu regardes la tv... qu'entends-tu par slashers et série B ?
Vous allez rire, enfin, non, pas vous, mais ça ne m'étonne pas qu' en plus de sevir ici vous regardez la télé.
il ne peut même pas aller plus loin...il avance un truc et puis pschittt
Actuellement, sur la page d'accueil de Rue89, on trouve ces deux articles à la suite :
"Le droit à l'alimentation est un droit de l'homme fondamental"
"Vagin denté et zombies incisifs: le cinéma d'horreur sort les crocs"
C'est ce qu'on appelle du comique de situation.
Alors là, il est 21H15, et vous faites encore plus fort :
"Le droit à l'alimentation est un droit de l'homme fondamental"
"Commerce équitable: il n'y a pas que Max Havelaar..."
"Vagin denté et zombies incisifs: le cinéma d'horreur sort les crocs"
En plus, veuillez noter les points de suspension après "Max Havelaar", et avant "vagin denté".
C'est qui le rédac en chef, ce soir ?...
Les stagiaires, une vraie plaie...
Ils se font les dents...
Si derrière on part sur la promotion canapé, je ne réponds plus de rien.
Il suffit de déplacer " PS: la démarche de Martine Aubry est la bonne" de la rubique "l'info à 3 voix", et de le balancer sous cet article.
"Vagin denté et zombies incisifs: le cinéma d'horreur sort les crocs."
"PS: la démarche de Martine Aubry est la bonne."
C'est pas beau, ça ?...
Tu cherches à te faire embaucher?
Nouvelle ligne éditoriale, bizeness plan, projection et gros cigares(ça c'était pour les stagiaires)?
En plus, si tu comprends "PS" comme "Post Scriptum", c'est encore plus poilant !
J'ai des amis qui aiment bien Martine Aubry.
Et moi, j'aime bien les films de zombis. Ça me rappelle le P.S. en moins effrayant. Bah oui... au moins, c'est de la fiction.
A bientot Avé,
(et Moritori te dit bien des choses pas forcément aimables.)
Je te pardonne, puisque tu vas mourir...
Intéressant. Ca traduit bien une part de notre réalité et de l'imaginaire qui circule.
Rien ne va plus, mais fallait s'y attendre !
ça avait commencé avec les monologues du vagin, et v'la t'y pas qu'à peine kil cause, il se met à mordre !
Vive les vieilles, et encore vérifiez que les armes sont bien dans le verre avec le stéradent !
A quand un crossover (ou un cross-ovaire) avec Le Dentiste ?
Quelque chose me dit que ça serait du dernier chic...
Salut Thierry,
Les Italiens ont fait ça dans les années 60, je crois… Sinon, il y a toujours la séance de Marathon man où Dustin Hoffman se fait torturer par le dentiste, avec la petite ritournelle "C'est sans danger… C'est sans danger…"
Bon, était assez versé dans le film dérangeant-dérangé, je crois que je vais aller voir c'te chose… Par contre, comme la dernière fois que j'ai vu un film de genre (Audition, de Takashi Miike, où une nymphette torture un quidam à l'acupuncture!!), j'ai fini aux urgences de l'Hôtel Dieu, avec un malaise vagal de derrière l'épiglotte, je vais y réfléchir à deux fois…
Yeah mon JJ ! Et des Dentiste, il y en a eu deux ou trois, je crois.
Je ne savais pas qu'on devait ça aux Italiens, mais je peux te dire que je m'étais retrouvé avec la barbaque à l'envers : faut dire qu'il suffit que je décroche le téléphone pour prendre un rendez-vous pour que j'aie peur du dentiste.
salut thierry, le dentiste c'est pas le même acteur (méchant) qui joue le rôle du méchant dans darkman... moi aussi j'ai toujours eu peur de la raoulette qui vrombit dans la bouche...
A toutes fins utiles, le dentiste de "Marathon Man" est joué par Lawrence Ollivier.
Pour les autres, je pratique pas le slasher. J'ai travaillé avec les effets spéciaux et pourtant quand je vois du charcutage au cinéma, je défaille...
Allez comprendre..
déluge on doit pas parler du même dentiste...quant à moi j'ai affaire à des effets spécieux...
Salut Lamorille.
"Des effets spécieux" : c'est comme ça que tu parles de tes élèves !?
Je sens le tricotage autour du bord droit du fil.
CYYYYP ??