TRIBUNE 04/05/2008 à 12h53

Les Iles vierges britanniques s'attaquent aux sociétés off-shore


(De Road Town, Iles vierges britanniques)

Situées au nord des Caraïbes, les Iles vierges britanniques (ou en anglais BVI pour British Virgin Islands) subissent depuis quelques temps les premiers remous de l’économie mondiale. Epargnées jusqu’ici de par son statu de territoire autonome britannique, cette bretelle offshore réajuste à son profit le système offshore.


Aux Iles vierges britanniques (Oivier E. Giron-Cadoux)

Alors que le gouvernement local vient de voter son budget annuel de 284 millions de dollars (pour un territoire qui compte environ 22000 habitants dont 50% d’expatriés), les élus découvrent les joies des contentieux des sociétés qui avaient élu domicile aux BVI.

La Haute court de justice ne désemplit pas, les cabinets d’avocats croulent sous le volume de travail et peinent à recruter alors que la demande n’a jamais été aussi forte. Quand aux juges, ils sont très peu nombreux et épuisés par l’infernal rythme judiciaire.

En effet, il faut ajouter au programme des fusions-acquisitions (générant indirectement de profonds contentieux) la nouveauté des fraudes et des évasions fiscales de type internationale qui se soldent parfois par la visite surprise de l’attorney général de Washington. La vraie surprise vient à présent des fraudes locales (les iles vierges ont leur propre système juridique) et ce sont trois sociétés offshores qui se sont récemment retrouvées au banc des accusés.

Le gouvernement local se frotte d’ores et déjà les mains de cette nouvelle manne (58% de l’économie des BVI est issue de l’activité financière) puisque ce premier cas risque de faire école. En effet, le jugement est tombé hier : plus de 45 millions de dollars d’amendes pour ces trois sociétés qui ont donc voulu se jouer de la loi des BVI. Un record en la matière, qui a marqué les esprits et qui donne un nouveau ton.

Malgré un certain marasme juridique, il apparait clair que cette action ne veut pas prémices d’une nouvelle politique ’anti-blanchiment’ (très en vogue notamment aux îles Caymans) mais une violente opération savamment orchestrée visant à court terme la rentrée express de fonds.

Pour l’heure, le débat continue de faire rage mais l’on sait que cela permettra sûrement de combler le manque à gagner car les touristes américains commencent à délaisser ces petites îles où le service est inexistant et pourtant très onéreux (de 800 à 14000$ la nuit d’hôtel). Les BVI attirent certes toujours autant les grands groupes ainsi que les particuliers fortunés et leur nombre grandissant a largement contribué au PIB des BVI estimé à 1 milliard de dollar pour 2007. Mais la concurrence dans le business du offshore est rude dans les Caraïbes.

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  • el_communiste
    • Posté à 13h06 le 04/05/2008
    • Internaute 15455

    Ces pseudo paradis fiscaux devrait être inerdit. C’est sans doute là que se trouve les plus grands mafieux du monde mais personne n’agit contre cela.
    De plus, un pays ne doit pas vivre du financier (58% de l’économie des BVI est issue de l’activité financière) mais du secteur économique qui, lui, fait gagner l’argent grâce au travail et non à la spéculation.

    Site interressant : Lien

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à el_communiste
      43
      • Posté à 16h05 le 04/05/2008
      • Internaute 4591
        43

      Pourquoi pseudo ?
      Ce mot a des relents de communisme mal assimilé, type « Le communisme pour les nuls ».

      • el_communiste
        • Posté à 16h45 le 04/05/2008
        • Internaute 15455

        « pseudo » car moins connu que Monaco, Lichenstein (l’orthographe ne doit pas être bonne), ect...

    • patht
      patht répond à el_communiste
      Port-au-Prince
      • Posté à 15h55 le 04/05/2008
      • Internaute 40671
        Port-au-Prince

      Comment « on » va interdir les paradis fiscaux ? Qui serait ce « on » mystérieux et si puissant ?

      • el_communiste
        el_communiste répond à patht
        • Posté à 16h47 le 04/05/2008
        • Internaute 15455

        On = politique commune dans le monde. C’est très uthopiste mais c’est beau de rêver...

      • kevangel
        kevangel répond à patht
        Chercheur
        • Posté à 23h04 le 04/05/2008
        • Expert 24356
          Chercheur

        Comme on interdit le commerce avec Cuba ou la Corée du Nord ! Les paradis fiscaux doivent aussi être considérés comme des « états voyous ».

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à el_communiste
      journaleux - blogueur
      • Posté à 18h00 le 04/05/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      @ el_communiste,

      il y a aussi Paradis fiscaux et judiciaires :
      Lien
      qui fait du bon boulot.

      pour les ceusses qui ont, hier, regardé le doc sur Béré, dont Pascal Riché avait fait un sujet, une bonne moitié des intervenants de l’affaire Pechiney-Triangle, sur laquelle j’avais bossé entre autres avec Guy-André Kieffer, avaient une adresse dans les îles, pour certains les britanniques, pour d’autres les américaines.

      quand on appelait au bureau, comme par hasard, on s’entendait dire que la personne n’était pas là « aujourd’hui »… Etonnant, non ?

      Fabien
      Lien

  • kawouede
    • Posté à 14h20 le 04/05/2008
    • Internaute 27995

    J’avoue ne pas comprendre grand chose à cet article

  • NouNouiLL
    • Posté à 16h51 le 04/05/2008
    • Internaute 25838

    C’est vrai que, c’est un peu court...
    Pourrais t on savoir de quoi ces sociétés ont été accusé ?
    Je n’ai pas compris si c’était de blanchiment d’argent ou d’autre chose..

    • pablico
      pablico répond à NouNouiLL
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 21h06 le 04/05/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      c ’est comme une grosse machine à laver. tu mets des sous sales au lieu de mettre du linge.
      et cette machine va acheter des trucs propres avec ton argent sale , et tu auras en fin de cycle des sous propres.
      personne ne sera au courant de ton lavage. Enfin tout le monde fera semblant de pas être au courant.

      le problème c’est savoir comment on gagne de l’argent sale à notre niveau. Moi je ne sais pas....j’ai déjà du mal a avoir de l’argent propre.

  • V comme vendetta
    V comme vendetta
    Ecrivain
    • Posté à 13h53 le 05/05/2008
    • Internaute 24299
      Ecrivain

    Lorsque les économies parallèle et off-shore deviennent plus importantes que les circuits normalisés et contrôlés par les États, on peut se poser des questions non sur sa réalité, mais sur sa véritable utilité.
    Exemple de Singapour. La cité Etat s’est développée en recyclant tout l’argent « sale » de l’Asie, des commissions générés par le trading des pétro-dollars de Bruneï et des pays du Golfe, aux circuits des dictatures de droites du passé, comme en Malaisie, en Indonésie ou en Thaïlande, de nos jours celle de Birmanie ; ou venant des régimes communistes, Chine et Vietnam, pour que tout de même ces pays fonctionnent un tant soit peu durant leur période de glaciation.
    Je ne parle même pas des trafics de drogue, d’armes, de femmes, de corruption etc.
    Et pourtant Singapour et ses fonds souverains viennent de prendre une participation importante dans Citibank, l’argent revient aux affaires « propres ».
    Le cas des BVI fut important avant la passation de Hong Kong à la Chine en 1997. Beaucoup de Hong Kongais y passèrent leurs fortunes par peur du dragon rouge, avant d’être rapatriées sur le Canada et Vancouver, ou revenir en Chine comme fonds étrangers et obtenir une fiscalité plus attrayante. Enormement de rétro-commissions sur les contrats de matière première y aboutissent encore. Ou sur l’Ile de Man.
    Le système off-shore est un peu comme les pratiques révélées par l’affaire UIMM en France, ça fluidifie, ça donne du coulant et une certaine raison la ou les choses deviennent problématiques.
    C’est le véritable poumon du monde, sorte de diable économique dont le réel ne peut se passer.