Tribune

Quand se décidera-t-on à enseigner l'informatique à nos enfants ?

Voici plusieurs années que l'on entend déplorer partout le manque de vocations scientifiques chez lez jeunes français, nos enfants. De savantes études ont été lancées pour expliquer la baisse sensible des inscriptions en facultés scientifiques, même parmi les jeunes qui ont passé un baccalauréat scientifique, et des régions consacrent des crédits importants pour tenter de redonner à nos jeunes le goût des sciences.

Mais l'on n'enseigne toujours pas l'informatique dans les collèges et lycées, très peu dans les collèges où l'informatique est considérée comme une technologie parmi d'autres et pas du tout au lycée. Une option informatique au lycée qui a fonctionné quelques années a été supprimée en 1998 sans que l'on sache vraiment pourquoi. Or à l'évidence, d'une part l'informatique joue un rôle de plus en plus important dans la quasi-totalité des activités humaines et d'autre part elle attire de nombreux jeunes, comme il est normal, les jeunes perçoivent fort bien ce que sont les grands enjeux de l'époque dans laquelle ils vivent.

L'informatique doit être une discipline à part entière

De graves comités assemblés au ministère de l'Education ont décidé que l'informatique ne devait pas être considérée comme une discipline « autonome », sous le prétexte qu'elle sert comme un outil dans tous les domaines, et cela a comme conséquence que l'on ne forme pas de professeurs d'informatique, c'est-à-dire des professeurs dont l'informatique est la matière principale, comme les mathématiques, le français, ou l'histoire et la géographie le sont pour d'autres. Tout au plus donne-t-on une formation généralement beaucoup trop brève à des professeurs d'autres disciplines avec l'espoir qu'ils s'en serviront dans leur cours.

Le résultat est que, alors qu'une proportion croissante de garçons et filles de douze ans savent se servir d'un ordinateur, pour jouer, surfer sur le Net, dialoguer avec leurs copains via Messenger ou charger des photos, personne ne leur montre que ces mêmes ordinateurs, désormais répandus dans les classes et dans les foyers, peuvent servir à mille autres choses dont beaucoup sont passionnantes, pour peu qu'on sache les programmer.

Personne ne leur dit qu'on peut passer sa vie à faire de l'informatique, et y trouver un champ d'activité particulièrement riche. Au contraire, dans une classe de quatrième d'un bon collège de Saint-Quentin-en-Yvelines, des élèves avaient, il y a quelques jours une leçon d'informatique consistant à leur apprendre à faire ce que beaucoup savent très bien faire depuis de nombreuses années : rien n'est plus anti-pédagogique et propre a dégoûter les élèves qu'un cours où l'on ne leur apprend rien qu'ils ne sachent.

Une attirance des jeunes pour l'informatique laissée en friche

Nous sommes ainsi dans une situation assez folle : beaucoup de ces jeunes qui aimeraient en savoir plus, qui, pour de nombreuses bonnes raisons, pourraient songer à faire de l'informatique plus tard, ne voient pas leur curiosité satisfaite.

On laisse en friche une attirance qui pourrait se transformer en vocation, une de ces vocations dont on déplore le manque. On peut s'interroger sur cet état de fait à nos yeux déplorable et contre productif.

Nous pensons que malheureusement bien peu de gens savent à quel point l'innovation et le progrès passent en ce moment par l'informatique : nous entendons souvent dire que les jeunes n'ont pas besoin par exemple de savoir programmer un ordinateur, parce qu'il y a des logiciels pour faire tout ce que l'on peut avoir envie de faire, logiciels dont l'écriture est l'affaire de spécialistes et dont il suffit de connaître le mode d'emploi, comme on connaît celui d'une machine à laver.

C'est une profonde erreur : les logiciels sont en perpétuelle évolution, la plupart de ceux qui servent professionnellement sont conçus ou améliorés dans un dialogue permanent entre informaticiens et spécialistes de la matière qui les motive.

Ces spécialistes doivent avoir une bonne connaissance de l'informatique pour contribuer utilement, de façon intelligente et créative à ce dialogue : il en va de l'informatique comme des mathématiques, si l'on donne une bonne formation mathématique à nos futurs ingénieurs et techniciens ce n'est pas pour en faire des mathématiciens, c'est pour qu'ils sachent dialoguer utilement avec des mathématiciens, et poser des problèmes en termes mathématiques.

Tout le monde convient que cette bonne formation mathématique a beaucoup contribué à une grande qualité de l'ingénierie à la française, qui depuis la dernière guerre dans de nombreux secteurs du transport de l'automobile de l'avionique du nucléaire du BTP et d'autres a remporté de beaux succès.

L'informatique est aujourd'hui au cœur de l'activité humaine

Aujourd'hui c'est en termes informatiques que se posent de très nombreux problèmes, ce sont des systèmes de contrôle informatisés qui font marcher les processus industriels, ce sont les puces dont nos automobiles sont de plus en plus remplies qui en assurent l'amélioration sur tous les plans de l'économie de carburant, la diminution des rejets de CO2, la sécurité, le freinage, c'est l'informatique qui a fait récemment faire de très spectaculaires progrès à l'imagerie médicale et qui permet ceux de la génétique.

La recherche de l'excellence dans de très nombreux secteurs d'activité, celle qui par l'innovation peut assurer la croissance de notre économie doit passer par une bonne formation en informatique de tous nos futurs ingénieurs et techniciens qui seront immanquablement confrontés à un envahissement progressif de leur futur domaine d'activité par des procédés informatiques, et cette formation doit commencer le plus tôt possible.

La méconnaissance du rôle essentiel de l'informatique se manifeste parfaitement dans le rapport de Jacques Attali dans le quel il est écrit que les élèves auront acquis au sortir de l'enseignement primaire la « maîtrise » de l'informatique : comment peut-on parler de la maîtrise d'une science qui foisonnent de partout et dont les meilleurs spécialistes sont bien en peine d'imaginer ce qu'elle sera dans cinq, dix ou vingt ans ? Ne plus nier l'informatique comme une discipline d'avenir

Nous craignons fort qu'à persister dans cette négation de l'informatique comme science, comme l'un des domaines de la connaissance qui, en ce moment croît le plus vite et a le plus de retombées en termes d'innovation et d'applications, alors que aussi bien aux Etats-Unis que dans les grands pays émergents que sont la Chine et l'Inde, elle est considérée comme ce qu'elle est et, non seulement enseignée sans réticence, mais promue par tous les moyens comme une discipline d'avenir propre à susciter l'enthousiasme, la France ne se trouve reléguée à une place bien modeste dans le progrès technique et scientifique du XXIème siècle.

Nous en appelons au président de la République, si soucieux de croissance, au Premier ministre, au ministre de l'Education et aussi à tous nos collègues enseignants : il n'est plus possible de faire comme si l'informatique n'existait pas et ne bouleversait pas notre monde, il n'est plus possible d la traiter comme une discipline subalterne ou ancillaire et nous ne pourrons pas économiser le vaste effort de formation de notre jeunesse à ses concepts, à ses méthodes, à la réflexion qu'elle induit sur la plupart de nos activités.

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De Di

mère déchlorurée (papotable) | 09H58 | 03/05/2008 | Permalien

Avant de pouvoir enseigner l'informatique aux enfants, faudrait d'abord l'enseigner aux profs ou embaucher des spécialistes en la matière, car pour l'instant, les enfants se débrouillent en général beaucoup mieux que leurs profs lors des rares cours d'informatique qui leur sont dispensés.

Portrait de karlM

à Di Portrait de Di De karlM

12H46 | 03/05/2008 | Permalien

Du bla bla productiviste, toujours dans l'utopie techno-scientifique.
Lire, rédiger, créer avec ses mains, jouer avec son corps, enter en communication…pas besoin d'informatique avant…18 ans ?

Portrait de pablico

à karlM Portrait de karlM De pablico

17H41 | 03/05/2008 | Permalien

il y a plusieurs niveaux d'informatique.
savoir se servir d'un ordinateur.
savoir se servir du net.
savoir se servir d'un ou plusieurs logiciels.
savoir écrire des logiciels.
savoir gérer les ordinateurs
savoir gérer une production
donc on pourra apprendre au lycée à se servir d'un ordinateur, quelques notions de réseaux. et après le champs est trop vaste et trop spécialisé.

de quels logiciels va-t-on leur apprendre à se servir ?
qui voudra se lancer dans la programmation ? (métier)
qui voudra se lancer dans le support technique ? métier)
qui voudra se lancer dans la production ? (métier)
qui voudra se lancer dans la sécurité informatique (métier)
qui voudra se lancer dans la gestion des données (data base) (métier)
qui voudra se lancer dans les sauvegardes et reprises de tout poils (métier)

je n'ai pas été exhaustif.

.

Portrait de jissé

à pablico Portrait de pablico De jissé

Ingé retraité | 09H18 | 04/05/2008 | Permalien

Pablico, bonjour.

Entièrement d'accord avec vous.

J'ai vécu, professionnellement, l'arrivée de l'informatique dite « de bureau'.

Le B+A = BA à enseigner : La dactylographie (ou le piano ? ).
Qui était alors réservée aux secrétaires “Sténo-dactylos”.

Ce qui a fait que toute une génération a du (et doit encore) utiliser le clavier “comme un gendarme” disait-on alors.
Avec un seul doigt de chaque main.

Comme ce commentaire !

Bon dimanche.

Jissé

Portrait de FabiendeMénilmontant

à Di Portrait de Di De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 16H10 | 03/05/2008 | Permalien

… et il faudrait aussi que l'ANPE ne propose pas des emplois à 320 €/mois comme ici :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/05/mobilit-gograph.html
que l'on peut difficilement refuser sous peine de se faire sucrer les indemnités. Bac +2, anglais courant… Vive la sociale !

Portrait de Yanick Toutain

à Di Portrait de Di De Yanick Toutain

Humain sur Terre | 12H59 | 04/05/2008 | Permalien

Ecole Varlin Le Havre
Mlle B.
Bac + 5 master en informatique.
Elle enseigne l'informatique à des élèves de CP à CM2.
Elle est payée 534 euros par mois.

Son statut : assistante pédagogique.

Mêmes horaires avec les élèves que les profs (18h)
Mais elle est censée avoir un « mi-temps » et donc arriver en classe les mains dans les poches sans avoir préparé.(ce sont les profs qui, officiellement,préparent ses interventions : une farce )

Ces nouveaux profs sont l'invention de la droite (idem en pire que les aide-éduc de la gauche)

Les syndicats et tous les profs ont laissé faire ce double scandale : les profs perroquets recrutés depuis 20 ans (ceux qui apprennent par coeur le temps d'un concours) sont contents … ils ont quelqu'un à commander…

Depuis 25 ans et l'arrivée de la gauche, la fin du recrutement des auxiliaires a abouti à embaucher de plus en plus de fonctionnaires et de moins en moins d'enseignants ayant la vocation… (celui qui a la vocation… il loupe son coucours ! … il déteste le « par-coeur » … et les examinateurs détestent ce profil ! ! )

Il est temps que les parents s'en mêlent : à commencer par demander LA TITULARISATION IMMEDIATE DES ASSISTANTS PEDAGOGIQUES !
(ET LA FIN DE LEUR STATUT DE « PROFS LARBINS » OBEISSANT AUX AUTRES (cf l'affaire Julie Amadis, les contes et les fessées)

Portrait de vert du Rhin

à Di Portrait de Di De vert du Rhin

22H31 | 05/05/2008 | Permalien

C'est une légende. Les enfants ne se débrouillent pas si bien que ça. Et les profs ne sont pas tous aussi nuls que vous le croyez.
La question est : que faut-il enseigner :
--taper sur un clavier ?
--se servir d'un traitement de texte ?
--apprendre à programmer ? (ça c'est difficile)
--savoir où cliquer pour avoir un film porno ? (ça c'est facile)

Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

10H00 | 03/05/2008 | Permalien

N'exagérons rien, nos universités forment au langage programmatique.

Le problème c'est que la France a fait un choix industriel politique. Les gros constructeurs ont préféré délocaliser vers le tiers-monde (Asie notamment).

Et c'est un drame oui c'est vrai. Par exemple, le mini ordinateur qui vient d'être lancé aurait pu être fabriqué en France, nous avons le savoir-faire, nous avons la main-d'oeuvre, nous avons les matières premières, ce produit est en demande depuis 10 ans. Mais encore une fois, nous nous sommes contentés des rognures laissées par les pays émergents asiatiques et par le Japon.

Portrait de ZYXXYO

à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 De ZYXXYO

20H54 | 03/05/2008 | Permalien

Gros constructeurs en France ?
Lesquels ?
Je croyais naivement que les gros constructeurs étaient américains (Microsoft, Sun , Oracle, IBM, Intel…) ou asiatiques (Asus…) mais français là je vois pas…

Si comme le dit l'auteur l'enseignement informatique est mal fait cela ne risque pas de changer.

Portrait de Toumeno

De Toumeno

Etudiant | 10H03 | 03/05/2008 | Permalien

Oui, il faut enseigner l'informatique à nos enfants.
Mais cela requiert des investissements, et il serait dommage de claquer de l'argent dans les produits de Microsoft, alors que les logiciels libres tels que Firefox, Thunderbird, OpenOffice s'adaptent très bien à une utilisation classique. Des logiciels libres tels que Kalzium (classification périodique) Gcompris (suite éducative pour les bambins), GeoGebra (géométrie), DrGeo (géométrie) et bien d'autres sont particulièrement bien faits.
Je suis tout à fait pour que l'on fasse de l'informatique une discipline à part entière.
Mais il faut faire découvrir un autre monde que celui de Microsoft (n'oublions pas que MS pratique la vente forcée de son système Windows).
Il y a des distributions Linux très faciles à installer telles que Ubuntu et Mandriva, et Edubuntu est spécialement adaptée à l'éducation.
Cela peut paraître assez « détail » ce genre de choses, mais le fait est que 90% de la population qui utilisent un ordinateur ne connaissent que Microsoft Windows et Office ainsi qu'Internet Explorer.
Ce monopole empêche la diversité, et donc finalement l'apprentissage.
Il faut sensibiliser les enfants à tous les systèmes, à toutes les technologies.
Rappellons que la majorité des logiciels libres sont gratuits, ce qui est très intéréssant par rapport aux autres logiciels qui eux sont payants. Beaucoup de distributions Linux sont gratuites aussi.
Enfin, le logiciel libre respecte les principes républicains :

Liberté d'utiliser le logiciel pour n'importe quel usage, de le copier, de l'étudier, de le modifier.

Egalité de tous les élèves : la plupart des logiciels étant gratuits ils y auront tous accès, et peuvent légalement se les copier entre-eux.

Fraternité car le LL repose sur l'entre-aide entre utilisateurs, et les développeurs de ces logiciels sont souvent bénévoles.

Quelques liens :
http://www.ubuntu-fr.org/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_libre
http://www.edubuntu-fr.org/
http://www.mandriva.com/fr/telecharger
http://www.framasoft.net/
http://www.tice.ac-versailles.fr/logicielslibres/ (cf colonne de droite)

Portrait de kawouede

à Toumeno Portrait de Toumeno De kawouede

10H22 | 03/05/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord et merci pour les liens !
Aujourd'hui les formes d'apprentissage de l'informatique risquent de devenir des initiations aux outils payants fournis par de grandes multinationales, dont le but est à la fois d'assurer à l'infini leurs débouchés, et de former à une utilisation faussement interactive de l'informatique (tchater, télécharger et acheter en ligne).

Portrait de asozial

à Toumeno Portrait de Toumeno De asozial

aus Berlin | 10H22 | 03/05/2008 | Permalien

merci pour ces infos - très intéressant…

Portrait de Les Chats

à Toumeno Portrait de Toumeno De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 10H42 | 03/05/2008 | Permalien

Merci Tourneno, c'est parfait et avec des liens en plus !

Portrait de Cirdec

à Toumeno Portrait de Toumeno De Cirdec

Cadre qui commence à comprendre com... | 16H31 | 03/05/2008 | Permalien

Commentaire intéressant, mais complètement hors sujet : le seul point commun, c'est que ca parle des ordinateurs et de ce qu'on met dedans. Désolé, mais l'informatique c'est un ptit peu autre chose. Aller, quelques mots clés : algorithmique, architecture n-tiers, maintenabilité, évolutivité, base de données. Toutes sortes de choses qui ne dépendent que très, très, très partiellement de savoir si il faut une licence payante ou pas, mais beaucoup avec le fait de savoir si on parle d'informatique, ou d'outil informatique.

Portrait de VinceDeg

à Cirdec Portrait de Cirdec De VinceDeg

étudiant | vincedeg.nolizard.org | 22H43 | 04/05/2008 | Permalien

Non, ce n'est par hors sujet, car si l'Europe veut reprendre une place importante dans l'informatique, ce sera via le logiciel libre et l'éducation !

Imaginez si les générations futures avait toutes des connaissances de programmation, savaient modifier des logiciels selon leurs besoins, écrire une boucle logique pour automatiser certaines tâches… Or ceci est surtout possible avec le logiciel libre, qui livre le code source, et les systèmes de type linux où l'on peut diriger l'OS à la ligne de commande. Cet avantage, entre autres, fait que le monde du logiciel libre évolue à vitesse grand V (regardez Ubuntu ou OpenOffice qui, malgré leur jeune age, sont aussi achevés que leurs équivalents payants), donc à mon avis c'est là dessus qu'il faut miser pour l'avenir, et donc pour l'éducation.

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 10H25 | 03/05/2008 | Permalien

Pour l'instant, ce sont plutôt les enfants qui apprennent à leurs parents, non ?

Même si les enfants ont souvent appris seuls !
Mais il est vrai que l'enseignement devrait se plonger dans le libre et rien que le libre…
C'est aussi ça la laïcité !

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de Warp

à skalpa Portrait de skalpa De Warp

13H57 | 03/05/2008 | Permalien

le libre n'est ni meilleur ni pire, il est juste moins utilisé en entreprise

Portrait de skalpa

à Warp Portrait de Warp De skalpa

actif et militant ? | 14H50 | 03/05/2008 | Permalien

Non, mais seulement lorsqu'on utilise le libre on n'engraisse pas bill gates et consort !

Portrait de deecurl

à Warp Portrait de Warp De deecurl

| 12H59 | 05/05/2008 | Permalien

la qualité des logiciels libres est aussi très variable.
Firefox et Open office writer sont très performants.
par contre, je travaille assez souvent sur tableur et il faut avouer que le tableur d'Open Office est très médiocre par rapport à Excel, dans l'usage que j'en fais.
donc ma boîte achète la suite Office. bingo pour Bill Gates.

Portrait de Deborah

De Deborah

10H16 | 03/05/2008 | Permalien

Il y a déjà longtemps, avant l('apparition de l'ordinateur pour tous, qu'un certain nombre d'entre nous avions demandé qu'on enseigne aux enfants à lire les images qu'ils regardaient à la télé. Ce fut un refus massif ! L'enseignement de l'informatique connaîtra-t-il un sort meilleur ?

Portrait de kawouede

De kawouede

10H16 | 03/05/2008 | Permalien

Il faudrait d'abord leur apprendre à lire les journaux et regarder la télé ; ensuite promouvoir le logiciel libre : y a que ça de vrai (mais c'est plus facile à dire qu'à faire), voir le commentaire de Toumeno juste au-dessus.

Portrait de yapadebug

De yapadebug

10H23 | 03/05/2008 | Permalien

Ayant il y a quelques années participé à une « journée des professions » dans un collège, j'ai constaté que les gosses qui voulaient faire de l'informatique étaient systématiquement orientés en secrétariat-comptabilité. Intrigué, j'ai cherché à savoir, et je me suis rendu compte que c'était la conseillère d'orientation qui les orientait ainsi. J'ai rencontré cette dame, et effectivement pour elle l'informatique c'était « Word » et « Excel », rien d'autre. Ca fout la trouille non ?

Concernant l'enseignement de l'informatique dans les collèges et lycées, l'Education Nationale a mis en place le B2I, Brevet Informatique et Internet, que chaque élève doit obtenir. Le problème, et je shématise, c'est que ça a été fait pour des vieux « pédagos » ignares en informatique, il fallait que ces profs et inspecteurs comprennent, et du coup ca ne correspond pas du tout avec la culture informatique des jeunes d'aujourd'hui, qui n'y trouvent aucun intérêt dans la mesure où, en général, ils en savent bien plus que leurs profs.

La solution à mon avis, et je suis d'accord avec l'auteur de l'article, consisterait à faire de l'informatique une matière à part entière, avec un prof par collège qui pourrait en plus former, ou tout au moins informer les autres profs, qui en ont souvent bien besoin.

Portrait de Calvin

De Calvin

Physicien à Paris | 10H24 | 03/05/2008 | Permalien

Tu peut m'expliquer ce que c'est l'informatique que tu veux enseigner ? Tu parles de quoi exactement, de programmation ? D'algorithmique (dans ce cas ce sont des mathematiques ; ) ) ? D'utilisation de systèmes d'exploitation linux/windows ? De conception de sites web ?

Attention, je ne suis pas contre ta proposition, mais je ne suis pas sur de bien comprendre : que signifie « enseigner l'informatique » ?

Portrait de Desiderio

à Calvin Portrait de Calvin De Desiderio

15H03 | 03/05/2008 | Permalien

Je suis d'accord avec cette objection, parce que je ne vois pas très bien ce que veut dire le mot « informatique » pour des élèves de collège : faire de la programmation (et non pas utiliser des logiciels même libres), c'est plus qu'ennuyeux et cela ne correspond pas aux attentes de jeunes de 11-12 ans ; j'ai fait un peu d'encodage HTML sur logiciels libres avec des élèves qui voulaient voir sous le capot ce qui se passe, mais là encore c'est fort fastidieux pour cette tranche d'âge, alors je ne parle pas des algorithmes qui ne sont même pas abordés à ce niveau en mathématiques ! Il n'y a pas les bases pour concevoir le moindre objet en langage informatique, même en Perl merdique ou en C++ ! Un objectif raisonnable au niveau du collège, c'est l'enseignement des balises ou des macros, mais on ne va pas loin avec ça et comme les balises changent selon les sytèmes… Cela irait déjà un peu plus loin que le B2I dont le niveau est inepte (savoir faire un copier-coller par exemple) et qui peut êre validé par n'importe quel guignol ayant découvert les ordinateurs la semaine précédente. C'est d'abord le programme du B2I (et de sa version suivante en lycée) qu'il faudrait mettre en cause.

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 10H27 | 03/05/2008 | Permalien

Je ne perçois pas de désaffection pour les sciences chez les jeunes, mais un manque de débouchés en France, oui ! Le nombre de titulaires du bac S (parenthèse : je suis hostile à la perpétuation du bac, mais c'est un autre sujet) démontre qu'il n'y a pas de désamour pour la science. En revanche, quand on voit ce que les post-doc sont payés dans les diverses disciplines scientifiques, il n'y a pas à hésiter : les sciences « dures » sont sacrifiées au profit des sciences dites sociales, et les candidats aux métiers scientifiques reflètent cet état de chose.

Autrement, je suis incompétent pour me prononcer au sujet de l'informatique.

Portrait de cécile59

De cécile59

10H29 | 03/05/2008 | Permalien

Mes enfants recoivent un cours d'informatique dans leur école primaire. eNfin un cours c'est beaucoup dire, de 20 minutes à 1 heure par semaine. ce cours est assuré par les parents volontaires. les instits en savent moins que les enfants ! ! De plus l'axe est donné à word, pas d'excel, et quasi aucune compréhension du langage informatique.
je ne vous parle même pas du matériel, on jongle à chaque cours avec les ordis en panne ! ! !

Portrait de JS84

De JS84

10H36 | 03/05/2008 | Permalien

Enseignant stagiaire en mathématique, je mettrai un petit bémol à votre écrit.

Tout d'abord concernant la formation des enseignants, une de nos compétences évalué est « Maitriser les technologies de l'information et de la communication », pour résumer nous devons (et nos formateurs le vérifient) faire des séances informatiques sur Tableur et d'autres logiciels de mathématiques.
Cette année, j'ai emmené régulièrement ma classe de 2nde en salle informatique faire du tableur,pour effectuer des simulations dans le cadre des statistiques.

Ainsi, la plupart de mes collègues et je pense l'éducation national sont conscients que dans un monde de plus en plus informatisé, la maitrise de ces outils est indispensable pour nos élèves futur citoyen.

D'un autre coté,il est vrai que dans les séries scientifiques, il pourrait y avoir une vrai matière informatique où l'algorithmique serait enseigné. En tant qu'enseignant en mathématique, cela ne serait que bénéfique dans ma matière mais je pense et cela est dommage que ce n'est pas encore d'actualité.

Pour terminer, en terminale S, une épreuve expérimentale en informatique est sensé être introduite l'an prochain an mathématique au baccalauréat. Elle serait noté sur 4 et compterait dans la note des mathématiques. (Eh oui, mes collègues sont sensé les former à ces outils et terminer le programme qui n'as pas changé sans une heure en plus ! ! ! )

Portrait de Calvin

à JS84 Portrait de JS84 De Calvin

Physicien à Paris | 11H10 | 03/05/2008 | Permalien

Je suis bien d'accord avec vous sur l'importance de l'algorithmique ! C'est une chose fondamentale pour les scientifiques.

Mais quand je lis les coms ici, j'ai l'impression que « informatique==excel & Word »…

Portrait de Autre raleur

à Calvin Portrait de Calvin De Autre raleur

13H21 | 03/05/2008 | Permalien

Et avoir un peu réfléchi à ce qu'est un algorithme peu être utile pour pas mal de gens… Voici un exemple (un peu long et anecdotique sans doute).

Le concours de recrutement d'enseignants-chercheurs dans les universités s'effectue de la manière suivante :
1) les candidats candidatent sur les postes qui les intéressent ;
2) les universités classent les candidats sur chaque poste ;
3) les candidats classent ensuite les postes sur lesquels ils ont été classés (vous suivez ! ? ). Je donne un exemple plus bas ;
4) les candidats sont affectés en fonction de 2) et 3).

Ce qui m'intéresse ici est la partie 4). Si au ministère quelqu'un avait eu un minimum de familiarité avec la notion d'algorithme, il aurait décrit l'affection des candidats via un algorithme. Au lieu de cela, on trouve ceci :

http://www.education.gouv.fr/personnel/enseignant_superieur/enseignant_c…

C'est un long baratin de 3 ou 4 pages. Ce baratin ne dit par exemple pas ce qu'il se passe dans la situation suivante (voeux croisés) :
- Classement sur le poste X. 1er : candidat A ; 2ème : candidat B.
- Classement sur le poste Y. 1er : candidat B ; 2ème : candidat A.
- Choix du candidat A. 1er : poste Y ; 2ème : poste X.
- Choix du candidat B. 1er : poste X ; 2ème : poste Y.

Le ministère privilégie-t-il les choix des candidats ou ceux des universités ? Je ne le sais pas. Le ministère a été contacté plusieurs fois sur le sujet sans apparemment comprendre pleinement le problème. L'une de ses réponses étaient qu'un programme informatique affectait les candidats en respectant les contraintes du « baratin » donné plus haut en lien. Comme plusieurs algorithme (procédures) sont compatibles avec ce « baratin », il semblerait donc que ce soit l'informaticien en charge du programme qui ait choisi le mode d'affectation des candidats… Tout ceci alors que, bien sûr, la procédure de recrutement est très sérieuse avec publication des postes au journal officiel etc.

Portrait de Les Chats

De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 10H44 | 03/05/2008 | Permalien

J'en profite pour donner un lien ; -))
http://www.viedemerde.fr/

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