
A Metz, on voit déjà en lui le nouveau Robert Pirès. L'équipe descend en Ligue 2 la saison prochaine, mais Miralem, que l'on surnomme » Miré » au club, est dans toutes les conversations. A tout juste 18 ans, alors qu'il n'a signé son premier contrat professionnel qu'en novembre et qu'il n'a joué qu'une seule saison en Ligue 1, les plus grands clubs lui font les yeux doux : la Juventus de Turin, le FC Barcelone, le Real Madrid ou encore l'Olympique lyonnais. » C'est vraiment un joueur de ce niveau-là, fait pour ces clubs » , avoue Carlo Molinari, président du FC Metz et figure incontournable du football français.
Cette saison, il a joué 29 matches et marqué trois buts. Un bon bilan pour un milieu de terrain aussi jeune qui n'a connu le haut niveau que l'été dernier, quelques semaines seulement après avoir remporté le titre de champion de France avec les 16 ans. Le 18 août 2007, le FC Metz reçoit le Paris Saint-Germain. Francis De Taddeo, alors entraîneur du club (remplacé depuis décembre par Yvon Pouliquen), le convoque pour la première fois dans le groupe pro. Il rentre sur le terrain en seconde mi-temps, et fait déjà admirer son aisance technique et ses qualités athlétiques (1m80 pour 68kg). Francis De Taddeo se souvient de ce jour où il a lancé Pjanic dans le grand bain. (Ecouter le son)
» On sait que ça deviendra un très grand »
Carlo Molinari n'a pas été surpris par la décision de son entraîneur. Le club a l'habitude de lancer de très jeunes joueurs, et les débuts précoces ne lui font pas peur :
» Je n'ai pas été surpris car on connaissait son talent. Il avait 17 ans et demi à l'époque. Ce n'était pas une nouveauté pour le club, dans la mesure où l'on avait déjà lancé des jeunes joueurs, comme Patrick Battiston. On l'a vu grandir, on sait que ça deviendra un très grand. C'est un joueur d'exception. »
Miré est né à Zvornik, en Bosnie-Herzégovine, en 1990. Il n'a qu'un an quand ses parents quittent la Bosnie pour fuir la guerre, et arrivent au Luxembourg. C'est son père Fahrudin qui l'initie au football. Lui-même est un ancien joueur. Attaquant au FK Jedinstvo, il évolue en deuxième division. Là-bas, au pays, avant que la guerre ne le pousse à partir.
» Quand vous voyez ça, vous êtes subjugués »
Miralem grandit en apprenant le football dans un club de jeunes au Luxembourg, le FC Schifflange. C'est là qu'il est repéré par Guy Hellers, le sélectionneur du Luxembourg, et ami du président Molinari, qui ne tarde pas à le convoquer. Francis De Taddeo va alors le superviser :
» C'était une perle. On l'a vu jouer plusieurs fois avec l'équipe du Luxembourg. Le plus gros souvenir que j'ai de lui, c'est un match de l'équipe nationale des 16 ans du Luxembourg contre la Belgique. Le Luxembourg est une très petite fédération à côté de la Belgique. Le match s'est terminé sur un score incroyable, 5-5, avec quatre buts et une passe décisive de Pjanic. Quand vous voyez ça, vous êtes subjugués. »
» Les émissaires des grands clubs, comme le Bayern étaient là, et ils étaient fascinés. Je me rappelle très bien être rentré à Metz, avoir appelé Miré, qui rentrait chez lui avec son père, pour le féliciter mais surtout le remercier de m'avoir fait passer une telle soirée, parce que ça faisait longtemps que je n'avais pas vu quelque chose comme ça. A lui seul, il était capable de mettre le Luxembourg au niveau de la Belgique, ce n'est pas commun. »
Carlo Molinari partage lui aussi l'enthousiasme de son ancien entraîneur. Il se souvient de la fois où Miré est venu signer sa première licence. (Ecouter le son)
Miralem Pjanic, courtisé par les grands clubs dès l'âge de 13 ans
Quand le petit prodige débarque au centre de formation de Metz, il n'a que 13 ans. Il est déjà courtisé par des grands clubs, comme l'Ajax Amsterdam, le VFB Stuttgart ou encore le Standard de Liège.
Mais c'est Metz qui rafle la mise. La proximité avec le Luxembourg (il n'y a que 50 km) et l'excellente réputation du centre de formation messin décident les parents à faire confiance à Francis De Taddeo et à Carlo Molinari. Un peu paternaliste, ce dernier explique :
» On a pas eu trop à les forcer. Ils ont vu que le FC Metz était le meilleur tremplin pour leur fils. Ils connaissaient la maison, le centre de formation, savaient que les mômes étaient encadrés sur le plan scolaire. Et il restait près de sa famille. »
Francis De Taddeo, qui a été dix ans à la tête du centre de formation et qui a réussi à persuader ses parents, explique :
» Le centre de formation de Metz, c'est un gros révélateur de talents. On a eu Robert Pirès, Rigobert Song, Emmanuel Adebayor, Louis Saha et bien d'autres. Entre cinquante et soixante joueurs professionnels qui évoluent en Europe actuellement ont été formés par nous. »
Il habite toujours au centre de formation
Miré s'est très vite intégré, et il a trouvé dans le FC Metz une seconde famille. Tous soulignent la gentillesse et l'humilité du garçon, mais aussi son côté attachant. Carlo Molinari en plaisante :
» On est comme ses parents d'adoption. Malgré le fait qu'il soit majeur, il habite toujours au centre de formation. Il s'y plait bien, il est immergé avec ses copains du même âge, même s'il n'a pas été abandonné par sa famille. »
Francis De Taddeo souligne lui son plaisir d'entraîner un tel joueur :
» Il est déjà très rigoureux, très ambitieux, et il a envie de réussir une belle carrière. Il est constamment à l'écoute de son entraîneur, des responsables du centre de formation. C'est un garçon merveilleux à entraîner. »
Il faut dire aussi que l'intégration du bonhomme dans le groupe pro a été facilitée par son incroyable aisance technique et sa formidable vision du jeu. Un talent qui profite a tous ses coéquipiers, comme le souligne son ancien entraîneur :
» Quelqu'un qui fait du jeu est forcément apprécié. Surtout par les attaquants, parce qu'il leur donne d'excellents ballons. Il est très collectif, et il a beaucoup d'abnégation. Il donne des ballons tellement faciles, il simplifie le jeu pour tout le monde.
» Il a l'art de rendre les autres meilleurs. Il a une telle insolence le ballon au pied, il me fait penser à Luis Figo… Et puis c'est un gagnant, qui ne lâche pas, qui n'aime pas perdre. Ce qu'ont le joueurs de haut niveau, il l'a. »
Le président messin s'en émerveille :
» Il anticipe tout, il voit des choses que l'on n'imagine pas. Il peut trouver un coéquipier dans toutes les positions. C'est vraiment un très grand. »
Un avenir international sous le maillot bosniaque
Malheureusement pour l'équipe de France, il envisage son avenir international sous le maillot de la Bosnie. Il a été convoqué par son pays d'origine pour jouer contre la Pologne, le 27 mai prochain. Et, selon Carlo Molinari, il compte bien honorer cette première sélection. (Ecouter le son)
Le championnat n'est pas terminé, mais tout le monde s'active déjà pour attirer le petit prodige. Le FC Metz aimerait bien le garder quelques années de plus, mais son transfert serait une aide financière importante pour le club. Carlo Molinari est fataliste. (Ecouter le son)
Le Paris Saint-Germain plaît beaucoup à Miré. Lyon aussi. Pour Francis De Taddeo, qui espère qu'il restera en Ligue 1 pour gagner en maturité et ne pas compromettre sa carrière, Lyon semble être la meilleure option :
» Tout le monde veut l'avoir, mais il ne faut pas qu'il se méprenne entre ceux qui vont le recruter pour le bloquer et ceux qui vont le recruter pour le faire avancer. Lyon, aujourd'hui, peut être plus intéressant.
» C'est un garçon qui, l'année prochaine, dans un gros club, peut faire 20 ou 25 matches. En faire plus, ça pourrait être préjudiciable. Il ne faut pas qu'il aille trop vite. Rester en France deux ou trois saisons serait le meilleur choix. »





















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De Phil2922
Retraite invalidité | 14H06 | 03/05/2008 |
Le PSG va le recruter… ? ! Ah non, c'est vrai le club parisien risque de descendre en ligue 2 et devra, alors, réduire son budget… !
Allez Toulouse, car décidément imaginer Armand et Rothen aller pleurer une « prime de maintien » à leur président, alors qu'ils ont déjà des salaires faramineux, c'est écoeurant… !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De jmax
14H14 | 03/05/2008 |
Comme tu le dis, ce n'est que de l'imagination
De suffren
17H47 | 03/05/2008 |
Qui peut penser que le PSG peut descendre ? La ligue,Canal+,les sponsors ne laisseront pas faire.Deja il semble que deux joueurs toulousains ont ete contactes par le PSG pour le match de ce soir…Je fais le pari : Paris gagnera ce soir suite a un penalty a 2mn de la fin.Et il y aura eu 1 expulse chez les Toulousains.Et les 2 autres match restants seront du meme tonneau.Quant au journalistes ils nous feront des declarations la main sur le coeur en nous disant que tout est normal…Mais,comme les arbitres ils passeront de belles vacances a Maurice.
à suffren
De ericj
20H04 | 03/05/2008 |
But de Toulouse à la… 89ème minute !
Allez, couché…
De yamato
19H57 | 03/05/2008 |
Tiens tiens,
le centre de formation à 13 ans. C'est quoi, un centre de formation au foot, à 13 ans ?
Combien y entrent ? Combien en sortent ? Dans quel état ?
Question idiote : si le MEDEF proposait de rétablir l'apprentissage en centre à 13 ans, quelle serait la réaction.
Mais pour le sport, on peut commencer à vous entrainer dès six ans, s'il y a du spectacle au bout…
à yamato
De Perjovem
Antiquus facturum à Divodorum | 01H41 | 04/05/2008 |
A Metz ce n'est pas un problème, puisque frontalier du Luxembourg et de la Belgique : Y'a ainsi une porte de secours pour ces jeunes.
Et vaut mieux aller jouer en ayant un emploi fictif au Luxembourg et en Belgique : que de galérer en L1-L2, National, CFA…
Mais, il faut se poser des questions et trouver vite des réponses sur le devenir de tous ces jeunes, et surtout les jeunes étrangers éloignés de leur famille (africains surtout), qui remplissent ces fameux centres de formation. Sur une dizaine de jeunes sénégalais, maliens, ivoiriens… Quid de ceux qui ne réussissent pas ?
Ps : Sur ce, ce sujet est symptomatique de ce qu'est devenu Rue89. L'article comme le parcours de ce jeune et de sa famille est intéressant… Mais blanc venant des balkans, balkans qui n'ont pas bonne presse chez les gauchos qui se disent et pensent les vrais-de-vrais, et donc : sujet ignoré, snobé, flingué par les loupiottes…
Sûr que le même sujet sur un maghrébin ou un africain, qui plus est, jouant à l'OM ou au PSG : et c'était le succés assuré !
Perjo
à Perjovem
De Prolo du livre
08H30 | 06/05/2008 |
Edit : je retire certains propos de mon post, n'ayant pas lus tes commentaires intéressants suivants.
Tu n'a jamais remarqué que c'était TOUT les articles sur le foot, voir même le sport en général, qui n'intéressaient pas les riverains ? !
Alors tes petits commentaires sur ce qu'est devenu rue89 (qui n'a jamais vraiment aimé le foot), les gauchos qui ne tolèrent les footeux que quand ils sont noirs ou arabes ou du p.s.g. ou de l'O.M., tu te les gardes !
L'insinuation sur les balkans ressemble fort aux insinuations de ces braves K.O.Peux des Boulognes Boys de l'époque d'Ayoub qui partaient la fleur au fusil soutenir les serbes.
Alors, tu vois qu'y en a des gauchos footeux !
De Adibou
20H34 | 03/05/2008 |
Un centre de formation à 13 ans permet à des jeunes gens d'envisager un jour vivre de leur passion. Et quand les parents font le choix le plus intelligent pour leur enfant, la plupart du temps cela se passe bien.
Même si au final il y a peu d'élus pour beaucoup d'appelés, comparons ce qui est comparable s'il vous plaît..
De Aramis
14H13 | 04/05/2008 |
Tout à fait. De plus, à 13 ans, il s'agit de centres de préformation, les centres de formation proprement dits n'arrivent qu'à 15 ans et sont, heureusement, extrêmement encadrés par la loi. Evidemment, comme dans tout les milieux où une part de talent et une part de chance entrent en ligne de compte (le sport, les arts de manière générale), pour cent qui entrent, trois ressortent. Mais l'intérêt de ces centres sont résident particulièrement dans l'encadrement qu'ils proposent ; contrairement à ce qui arrive fréquemment quand les jeunes ne sont pas encadrés, les centres mettent autant l'accent sur la formation scolaire que sur la formation sportive ; depuis une douzaine d'années, l'immense majorité des jeunes ayant fréquenté un centre ont au moins le bac. Certes pas la panacée, mais serait-ce le cas sans cet encadrement ? On a vu trop de jeunes doués pour le football à 13 ans s'imaginer un destin professionnel et tomber de haut à 18 ans sans porte de sortie. Au moins, au centre, le jeune fait l'apprentissage de la concurrence (il n'est pas le seul à être un peu doué), fait l'objet d'un suivi scolaire individuel.
Il existe des clubs qui interdisent à leurs formateurs de faire jouer un jeune le samedi, si dans la semaine il n'a pas obtenu au moins la moyenne au lycée. On a vu des clubs virer de leur centre des jeunes extrêmement talentueux pour des raisons extra-sportives (comportement social notamment).
Enfin, dès le premier jour au centre, le jeune sait qu'il n'a qu'une chance infime de terminer professionnel et l'essentiel de l'enseignement est dirigé en vue de l'éventusalité très probable d'une reconversion dans le milieu professionel classique.
On peut critiquer le système des centres de formation, notamment dans le cas des jeunes « déracinés », français, mais de plus en plus étrangers, mais un minimum de connaissances sur le dossier s'impose. Donc, en effet, la question de Yamato est « idiote ». D'autant que là, on est justement dans un des rares cas de réussite de la formation sportive.
Enfin, j'ajouterai que les footballeurs professionnels ayant quitté le circuit avant les années 2000 ont infiniement plus de problèmes de reconversion que les jeunes ayant échoué dans les centres depuis dix ans, faute justement d'un apprentissage professionnel autre que le sportif.
De Perjovem
Antiquus facturum à Divodorum | 02H48 | 05/05/2008 |
//le jeune sait qu'il n'a qu'une chance infime de terminer professionnel//
Le jeune ne sait rien, il fait du foot parce qu'il préfère le foot à la géo, au français, aux maths etc…
Par contre, ses parent pensent tenir un nouveau Platini, un nouveau Zidane, un nouveau Papin, un nouveau Henry etc…
Mais le problème est surtout tous ces jeunes que les clubs font venir de l'étranger espérant avoir le nouveau Weah, Milla, Ronaldo…
Au Fc Metz pour un Emmanuel Adebayor, combien de gâchis ?
Metz en 2001 vainqueur de la Gambardella et du championnat de France des moins de 18 :
Butelle, Suzanne, Lefort, Bouzid, Beria, Agouazzi, Walter, Humbert, Hadstadt, Obraniak, N'Diaye, Blachon, Ujcic, Bonnetaud, Liotte, Dorosario, Adebayor, Tondele.
Butelle, Beria, Agouazzi, Obraniak, Adebayor : vivent bien du foot (on peut même y ajouter Walter), mais quid des autres ? Qui s'en soucie ?
La même époque les 15 ans du FC Metz s'appelaient :
Perfetto, Tucakovic, Bendjenad, Molinero, Dinet, Djiba, Turnau, Gumus, Amolvin, Gorius, Rouen, Knauss, Zhdanov, Lamendola : Y'en a combien de ceux là en L1-L2 aujourd'hui ?
A Metz il y a eu, par exemple, Redon, Hinsberger, Gaillot qui ont cumulé études et sport de haut niveau.
Mais maintenant, ce n'est plus possible, un(e)jeune ne peut pas cumuler prépas et un haut niveau en sport.
Le sport est devenu l'élevage de champions, on prend, on fait croire et on jette…(c'est fou le nombre de nouveaux Bocande qui sont passés par Metz, et dont on n'a plus de nouvelles).
Pour finir un vieil article sur un joueur ex-messin :
http://www.humanite.fr/2000-05-08_Sports_-Cedric-Schille-a-toujours-su-g…
Perjo
De ipokop
Lecteur d'idées | 20H52 | 05/05/2008 |
C'est quand même bien de voir que les clubs français continuent de parier sur la formation.
Cette stratégie finira par payer le jour où la France sera en matière de sport / sportifs footeux sur le même plan financier que ses voisins européens…