Ecolo, facile à installer, peu coûteux : le transport urbain par câble s'impose comme un concurrent crédible du tram.

Téléphériques, télécabines et trams aériens descendent de leur montagne. En France, c'est souvent les skis à la main qu'on monte à leur bord, mais ailleurs, on l'utilise aussi en ville, en costume-cravate-attaché-case. Exemple à Taipei (Taïwan), ou, dernière réalisation urbaine, à Medellin (Colombie), qui dispose désormais d'un métrocable, emprunté par près de 45 000 voyageurs chaque jour.
On trouve également ces drôles d'engins à New-York, Barcelone, ou à Grenoble, qui dispose d'un téléphérique depuis 1934.
Pierre Jaussaud, expert auprès des tribunaux pour les transport par câble, dresse un constat simple. Selon les connaissances actuelles, la télécabine est sans nul doute le véhicule de l'avenir :
Les deux plus gros atouts du transport urbain par câble, c'est une construction facile et une faible consommation en énergie. Mais il y en a d'autres : un système d'exploitation réduit au minimum et peu de frottements, qui consomment tant d'énergie dans les autres transports :
Pourtant, le transport collectif à la mode, c'est plutôt le tram. Electrique, donc non polluant, destiné aux grandes avenues, il concurrence le téléphérique sur son terrain. Mais Pierre Jaussaud avance un argument choc : au kilomètre, la construction d'un tram coûte 5 millions d'euros de plus qu'un véhicule sur câble. Soit, sur un parcours de 4 km, une différence de 20 millions d'euros. Explications :
Les critiques, il les balaie toutes. Le tram aérien est certes peu moins rapide, mais en pleine course, il frôle les 30 km/h. Et son débit, pour les projets actuels, oscille entre 3 000 et 5 000 passagers par heure.
Des gares intermédiaires pour les correspondances avec le train
Contrairement aux idées reçues, pas besoin d'une ville en dénivelé pour faire son bonheur. Sa vraie grande faiblesse, c'est qu'il ne peut pas prendre les virages. Qu'à cela ne tienne, les gares intermédiaires sont faites pour ça. Comme un tram, un bus ou un métro, les télécabines urbaines ont des stations. Qui lui permettent ainsi de se coupler avec un train (comme on le voir sur la photo ci-dessous, à Medellin) ou un métro.

Pour Pierre Jaussaud, le téléphérique n'empêche même pas les habitants survolés par les voyageurs de se baigner en tenue d'Eve :
Alors qu'attend-on ? En toute discrétion, les projets se multiplient, à des stades plus ou moins avancés. Le téléphérique de Constantine doit être inauguré ces prochains jours ; la ville de Bagnolet y songe pour relier le quartier de la Noue au métro Gallieni.
Il y en a bien d'autres : des liaisons entre Magland (Haute-Savoie) et la station de ski de Flaine, entre Grenoble et Chamrousse (« un temps contrariée par des gens qui s'imaginaient plein de choses complètement fausses à propos du transport par câble », s'insurge Pierre Jaussaud), entre Grenoble et le plateau du Vercors, depuis la gare RER Saint-Remy-Les-Chevreuse (Yvelines), entre Givors (Rhône) et plateau de Montrond.
Deux modèles sont particulièrement en vogue : des cabines de huit places, qui se succèdent toutes les huit secondes, ou des cabines de quarante places toutes les trente secondes.
A Issy-les-Moulineaux, Santini retire son projet devant les protestations
Mais le téléphérique connaît aussi ses revers. L'un des projets les plus médiatiques était le téléphérique d'Issy-les-Moulineaux. Tout était prévu, lancement en 2010, et simulation de trajet en vidéo.
Pourtant, le 15 février, en pleine campagne des municipales, machine arrière toute. Face à un accueil des plus mauvais, André Santini craint pour sa réélection et abandonne son bébé. Une association, « Touche pas à mon ciel », y est pour beaucoup. Claire Szabo en était la chargé de communication… une fonction qu'elle occupe désormais pour la mairie :
« André Santini aime les innovations. Mais il sait aussi écouter. Il y avait des contraintes techniques, car la gare de départ était trop encombrante, et des nuisances environnementales : ce n'était vraiment pas beau. A la place, pour relier le haut des Epinettes, nous avons un projet d'escalators. »
La pollution visuelle, c'est l'argument souvent utilisé par les détracteurs du téléphérique. Le même que mettent en avant les contempteurs de l'éolien. Il est vrai qu'une station essence, c'est beaucoup plus discret dans le paysage.





















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De Bertrand28
22H37 | 02/05/2008 |
« Electrique, donc non polluant », heu ? on arrête de dire des conneries ! Donc pour Rue98.com l'énergie nucléaire ne produit pas de déchets, l'énergie hydraulique ne modifie pas l'eco-système et les centrales thermiques à charbon, gaz ou pétrole ne crachent que de l'air pure.
Bravo Madame Ophélie Neiman ! Future ministre de l'écologie nucléaire !
Bertrand.
De Lidenbrock
23H41 | 02/05/2008 |
A Bordeaux, après des années d'études pour construire un métro (inoubliable dada de Chaban-Delmas qui a coûté une fortune au contribuable bordelais et n'a jamais abouti pour cause de terrain inconciliable avec ce type de réalisation, mdr…), on en est enfin arrivés au tram. Le concepteur, dans sa grande ingénuité, croyait sans doute qu'au sud de la Loire, il ne pleuvait jamais ! Grossière erreur. Les premiers mois de la mise en service de cet excellent transport urbain ont vu des Bordelais marchant gaillardement pour cause de rames allergiques à l'humidité. Maintenant, ça va tout à fait bien.
Mais s'il faut à nouveau tenter le coup avec des téléphériques, je crains le pire quant à la traversée au-dessus de la Garonne…et puis, Juppé a déjà fait des pieds et des mains pour que la ville soit enfin inscrite au patrimoine mondial, ne lui donnez pas plus d'idées pour le moment, s'il vous plaît.
De Yakafersa
retraité consentant | 07H34 | 03/05/2008 |
Entre Matignon et l'Elysée, il existe une système pratique (pour le retour) basé sur l'énergie du coup de pied au cul…Pensez-vous que cela puisse faire école ?
On parle aussi d'une application possible depuis l'Elysée dans quatre ans pour une destination inconnue. Qu'en pensez-vous ?
De nico07
Bi (prof génie électrique et inform... | 08H06 | 03/05/2008 |
Deux détails (et non des moindres) à rajouter :
1. A grenoble, le téléphérique n'est pas en service pour un déplacement massif de population, mais pour rejoindre un lieu panoramique surplombant l'agglomération. C'est une sorte de « balade du dimanche ».
2. Ces télécabines, téléphériques, etc… consomment de l'électricité. Donc par nature même, ils sont polluant. En france, cette pollution est à plus de 80% d'origine nucléaire (due aux déchets). Ailleurs, cette énergie est produite en grande partie par des centrales thermiques…
De sevinilud
en liberté surveillée | 08H25 | 03/05/2008 |
Pourquoi pas des télécabines cent pour cent écolos actionnées au moyen de pédaliers démultipliés tenus par des chômeurs de plus de 55 ans…. Triple économie : pas de pollution, du travail et de a forme physique.
De Durandal77
Observateur | 08H35 | 03/05/2008 |
Ecolo, facile à installer, peu coûteux ?
Ecolo ?
Pas vraiment, une pollution visuelle, un fatras de cables, poutrelles, pylônes, puis quand même une consommation électrique non négligeable.
Tres bien pour le fun, le tourisme, mais obligation de fonctionner à des températures supportable, cela veut dire soit chauffer les cabines, soit des installations en régions relativement clémentes, soit une utilisation saisonnière, qui grève les couts d'exploitation.
Facile à installer ?
Pas vraiment, sceller des pylônes à flan de rocher, poser des cables par hélicoptère, installer des gares.
Peu coûteux ?
Ce n'est pas certain, les infrastructures sont couteuses, les entretiens et contraintes sécuritaires draconiennes.
Et puis le plus important reste le rapport coût de la personne transportés. Plus on en transporte, moins cela coûte.
Commençont par trouver des sites potentiellement rentable à ce type de translation.
De emachedé
09H01 | 03/05/2008 |
Franchement j'ai cru à un poisson d'avril, mais non…
Pas étonnant que cela ne marche pas, comme à Issy Les moulineaux, vu l'horreur esthétique que c'est de voir des cables et des structures suspendues.
Le faire en zone montagneuse avec des déclivités importantes aucun souci, mais en plein ville avec des petites côtes c'est ridicule.
Sous prétexte de lutter contre la pollution, on en reviendrait toutes les idées même les plus saugrenues reviennent à la surface.
Heureusement que la peur du bulletin de vote est là. Mais si l'élection était passée et que les lobbys toujours aussi puissant et Santini toujours aussi perméable, nul doute que des guirlandes et des boules de noël en guise de remontée mécanique auraient surgit à quelques encablures de Paris.
Emachedé,
Blog Cpolitic : Actualités Politiques traitées avec Humour via des affiches de cinéma détournées
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De Peureux anonyme
09H12 | 03/05/2008 |
Quelqu'un connait il le débit en passagers de ce type de transport et, pour comparaison, celui d'un Tram ?
J'ai l'impression que les téléphériques de montagne ne peuvent transporter qu'un nombre très limité de personnes à l'heure de pointe. Si c'est le cas, le cout par passager risque d'être prohibitif.
De madyo
11H57 | 03/05/2008 |
« Le tram. Electrique, donc non polluant, »
Et le nucleaire qui fournit donc une grande part de notre électricité est donc non polluant ?
De vol19
awash | 14H02 | 03/05/2008 |
@ mike/utopiste/post de 9h22/3.01
Les questions simples sont souvent intéressantes.
L'obstacle à toute évolution, ce sont les » lobbies du pétrole et de la bagnole » qui nous dominent… Sans doute, et qu'est ce que vous proposeriez ?
Est-ce que celà ? Pas évident au regard des posts qui sont adressés qui traduisent des opinions contrastées par rapport au statu quo actuel ? C'est intéressant d'ailleurs.
Pour avoir étudié l'innovation dans les systèmes techniques dans une ancienne vie. C'est un processus complexe qui fait qu'une technologie, va émerger et prendre dans une rupture sociale, culturelle, et il y a toujours eu des autorités très puissantes ou des intérêts pour freiner des quatre fers. Mais parfois, dans un certain contexte, des alliances peuvent se combiner et donner une chance souvent en s'appuyant sur le public…
De NouNouiLL
14H08 | 03/05/2008 |
Bon j'arrive après la bataille, tant pis…
Par contre les contre-arguments sont tellement froireux, que cela me revolte assez pour poster…
Comme si le seul deavantage était le coté esthétique….
(Qui d'ailleurs n'est largement pas un déavantage)
Bref quesqu'on peut lister très rapidement :
- Le peu de station possible,(du fait de l'accélération lente)
- Le fait que le transports est en flux tendu, et donc que le nombre de cabine ne peut pas être modulable en fonction de l'activité… (Je doute qu'on puisse le faire marcher de la même facon à minuit et à 18 heure de manière rentable)
- Le fait qu'il ne soit pas en contradiction avec la voiture comme le tram. Car l'avantage du tram est qu'il prend de l'espace, bloque la voiture et force donc les gens à la laché. Ce qui est mois évident avec ce truc.
- Les couts variables important… avec des cabines de 8 personnes, j'ai vraiment des doutes, c'est presque le nombre de place d'une voiture…(Surtout que dans nombre de cas, comme tout les transports en commune, il y a un nombre assez important de transports à vide ou de cabine a moitié remplit.
- La sécurité, dans le sens où l'on a pas peur que le cable se casse la figure… Mais en terme de délinquance, la cabine 8 places me parait pas d'adapter (je prendrais pas une cabine seul avec une personne louche s'tout… ca ressemble à du stop en bien plus dangereux(ou angoissant au choix) puisqu'on est isolé de tout et tout regard… ) C'est un problème typiquement urbain et que l'on retrouve pas en vacance,dans les téléphériques de plaisance (où l'usage et la clientèle est tout autre).
- L'appréhention d'être dans un concept nouveau, avec un image cyberpunk et automatisé associé.
De pierre_caracas
16H02 | 03/05/2008 |
Journalistes, il serait intéressant d'éviter le (trop) classique « Electrique, donc non polluant ».
D'où qu'elle vient donc, l'électricité ?
De AbdulAziz
PEINARDE | 15H50 | 04/05/2008 |
Toutes les options moins polluantes sont a explorer.Combien de grenoblois viennent travailler (vraiment travailler) en telepherique ? Pouvez vous nous transmettre les resultats d'enquetes sur les gens qui (hors jours de greves)utilisent la voiture plutot que le telepherique (souterrain,aerien et transports en commun) pour ne pas polluer l'air de Paris ?
Oui on peu mettre des capteurs solaires en haut des supports ! On peut meme utiliser.l'ensemble, pour l'eclairage urbain.
De Louis-Philippe Carrier
commentateur désabusé | 23H03 | 04/05/2008 |
Pour désengorger Tahiti, minée par les embouteillages, un téléphérique ce serait sans doute la seule solution. Entre la place libérée pour les vélos, le calme retrouvé, et la vue sur le lagon, cela pourrait être un franc succès. Reste le problème des cyclones. Mais on les voit venir.
De Kuriodistik
00H01 | 05/05/2008 |
Concernant la « pollution visuelle », c'est vrai que les pilones et les câbles sont très laids, que ce soit à Barcelone, à Grenoble, ou dans les stations de ski.
Une solution me vient à l'esprit : imaginer un « tram suspendu » seulement à quelques mètres du sol (juste assez pour permettre aux gens de marcher en dessous… 4 m au plus), le tout au centre d'une avenue, comme un tram normal.
Allié avec un beau mobilier urbain (notamment les pilones), cette solution pourrait avoir à la fois les avantages du tram traditionnel et ceux du transport par câbles.
Qu'en pensez vous ?
De kclo4
Taiwan | 03H33 | 05/05/2008 |
A noter que le telepherique de Taipei (Maokong Gondola) est principalement a but ludique car il ne dessert pas des zones urbaines mais une zone montagneuse qui permet principalement d'aller boire le the dans les plantations de the au sud de taipei, donc c'est pas pour demain que j'irais au boulot en telepherique…
De CFVI
Fondateur du cfvi.fr | 19H16 | 09/05/2008 |
Je trouve que c'est une tres bonne alternative, à quand la meme chose à paris ou lyon ?