
Contrairement au stéréotype, le médiéviste n'est pas toujours un calme historien retranché dans le silence monacal de sa bibliothèque. Il est loin d'être immunisé contre les passions politiques, et il lui arrive de saisir sa batte de base-ball (c'est une métaphore) pour arranger la tête d'un de ses collègues. Il peut même s'y mettre en bande. En témoigne la polémique déclenchée par le livre de Sylvain Gouguenheim, « Aristote au Mont Saint Michel ».
De quoi s'agit-il ? Gouguenheim a décidé de prendre à rebrousse-poil les recherches les plus récentes tendant à montrer que les musulmans ont facilité l'intégration de la culture grecque (médecine, philosophie, astronomie…) dans l'occident chrétien. Une alchimie qui a préparé le terrain des lumières et de notre démocratie, au sens moderne du terme.
Selon Gouguenheim, le rôle des savants arabes dans la transmission de cette culture a été très exagéré. Il affirme que le savoir grec a été, pour l'essentiel, directement traduit du grec au latin, sans passer par la case « arabe ». Mais pour beaucoup d'historiens, cette thèse est guidée par des arrières pensées idéologiques.
Roger Pol Droit encense le livre
Sous la plume du philosophe et critique Roger-Pol Droit, Le Monde des livres a présenté l'ouvrage, au début du mois d'avril, dans des termes très favorables, mais sans illusions sur sa charge polémique :
« Etonnante rectification des préjugés de l'heure, ce travail de Sylvain Gouguenheim va susciter débats et polémiques. Son thème : la filiation culturelle monde occidental-monde musulman. Sur ce sujet, les enjeux idéologiques et politiques pèsent lourd. Or cet universitaire des plus sérieux, professeur d'histoire médiévale à l'Ecole normale supérieure de Lyon, met à mal une série de convictions devenues dominantes. »
L'article se termine par un franc coup de chapeau :
« Somme toute, contrairement à ce qu'on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l'islam. En tout cas rien d'essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l'histoire à l'heure est aussi fort courageux. »
Pendant ce temps, le Figaro Littéraire publie le 17 avril une autre critique dithyrambique qui se termine par ces mots :
« Félicitons M. Gouguenheim de n'avoir pas craint de rappeler qu'il y eut bien un creuset chrétien médiéval, fruit des héritages d'Athènes et de Jérusalem. Alors que l'islam ne devait guère proposer son savoir aux Occidentaux, c'est bien cette rencontre, à laquelle on doit ajouter le legs romain, qui “a créé, nous dit Benoît XVI, l'Europe et reste le fondement de ce que, à juste titre, on appelle l'Europe'.”
Des médiévistes accusent Gouguenheim de sympathies suspectes
On commence à percevoir un grondement parmi les médiévistes. Laissera-t-on passer ce qui s'apparente selon eux à du “révisionnisme” ? La contre-offensive se prépare. Première salve, le 24 avril, dans le Monde : deux historiens, Gabriel Martinez-Gros (Paris-VIII) et Julien Loiseau (Montpellier-III) tirent à boulet rouge :
“Dans sa révision de l'histoire intellectuelle de l'Europe chrétienne, Sylvain Gouguenheim passe pratiquement sous silence le rôle joué par la péninsule Ibérique, où on a traduit de l'arabe au latin les principaux textes mathématiques, astronomiques et astrologiques dont la réception allait préparer en Europe la révolution scientifique moderne.
Ils vont plus loin, puisqu'ils accusent l'auteur de sympathies suspectes :
‘Dans ces troubles parages, l'auteur n'est pas seul. D'autres l'ont précédé, sur lesquels il s'appuie volontiers. Ainsi René Marchand est-il régulièrement cité, après avoir été remercié au seuil de l'ouvrage pour ses relectures attentives’ et ses ‘suggestions'.
Son livre, Mahomet. Contre-enquête’, figure dans la bibliographie. Un ouvrage dont le sous-titre est : ‘Un despote contemporain, une biographie officielle truquée, quatorze siècles de désinformation’. Or René Marchand a été plébiscité par le site Internet de l'association Occidentalis, auquel il a accordé un entretien et qui vante les mérites de son ouvrage.
‘Un site dont l'islamovigilance’ veille à ce que ‘la France ne devienne jamais une terre d'islam'. […] Les fréquentations intellectuelles de Sylvain Gouguenheim sont pour le moins douteuses. Elles n'ont pas leur place dans un ouvrage prétendument sérieux, dans les collections d'une grande maison d'édition.’

‘On me prête des intentions que je n'ai pas’
Une pétition commence à circuler contre la thèse de Gouguenheim et l'dée de ‘choc des civilisation’ qu'elle est accusée de véhiculer. Gouguenheim doit se défendre : il se déclare ‘bouleversé’ par ces attaques : ‘on me prête des intentions que je n'ai pas’ clame-t-il, toujours dans le Monde :
‘Mon enquête porte sur un point précis : les différents canaux par lesquels le savoir grec a été conservé et retrouvé par les gens du Moyen Age. Je ne nie pas du tout l'existence de la transmission arabe, mais je souligne à côté d'elle l'existence d'une filière directe de traductions du grec au latin, dont le Mont-Saint-Michel a été le centre au début du XIIème siècle, grâce à Jacques de Venise.’
Plusieurs mois avant la parution du livre, des extraits avaient été publiés sur le site d'extrême droite Occidentalis. Interrogé sur le sujet, Gouguenheim écarte l'argument :
‘J'ai donné depuis cinq ans -époque où j'ai découvert’ Jacques de Venise- des extraits de mon livre à de multiples personnes. Je suis totalement ignorant de ce que les unes et les autres ont pu ensuite en faire.
‘Je suis choqué qu'on fasse de moi un homme d'extrême droite alors que j'appartiens à une famille de résistants : depuis l'enfance, je n'ai pas cessé d'être fidèle à leurs valeurs’.
‘l'Europe du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale et des caves du Vatican’
Mais cette interview n'éteint pas les passions, loin de là. Dans Télérama, dans un article plein d'envolées lyriques, le Philosophe Alain de Libera (mis en cause par Gouguenheim dans son livre) enfonce le clou :
‘Vue dans la perspective de la translatio studiorum’, l'hypothèse du Mont-saint-Michel, ‘chaînon manquant dans l'histoire du passage de la philosophie aristotélicienne du monde grec au monde latin’ hâtivement célébrée par l'islamophobie ordinaire, a autant d'importance que la réévaluation du rôle de l'authentique Mère Poulard dans l'histoire de l'omelette.”
Ce spécialiste du moyen âge conclut plus vertement encore :
“Cette Europe-là n'est pas la mienne. Je la laisse au ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale et aux caves du Vatican.”
Max Gallo, dimanche dernier sur France culture, dans l'émission “Esprit public”, prend la défense du livre. Le même jour, un pilier du Monde des Livres, Pierre Assouline, relaie l'émotion des historiens sur son blog. Il relève (non sans arrière pensée ? ) que Gouguenheim est un “spécialiste des chevaliers teutoniques, de la mystique rhénane ainsi que des croisades”. Il accuse :
“Non seulement le site Occidentalis a publié les ‘bonnes feuilles’ de ce livre neuf mois avant sa parution, alors qu'il était encore à l'état de manuscrit, mais Sylvain Gouguenheim a semble-t-il posté des commentaires, nettement plus vifs et directs que dans son livre, pour défendre la même thèse (le rôle de l'islam dans la transmission du savoir gréco-latin à l'Occident est un mythe) sur le blog d'Occidentalis, site d''islamovigilance”, et sur Amazon.fr, commentaires signés “Sylvain G.'… Encore reste-t-il à établir s'il s'agit bien de lui et non provocateur ayant parfaitement épousé sa rhétorique.
Libération, sous la plume de jean-Yves Grenier publie le 29 avril une critique nuancée de ce livre. Mais le lendemain, un collectif d'universitaires, dans les pages rebonds du quotidien, attaquent violemment le livre, sous le titre ‘Oui, l'Occident chrétien est redevable au monde islamique’ :
‘Historiens et philosophes, nous avons lu avec stupéfaction l'ouvrage de Sylvain Gouguenheim […] qui prétend démontrer que l'Europe chrétienne médiévale se serait approprié directement l'héritage grec au point de dire qu'elle aurait suivi un cheminement identique même en l'absence de tout lien avec le monde islamique'. L'ouvrage va ainsi à contre-courant de la recherche contemporaine…’
Selon eux, la démarche de Gouguenheim ‘relève d'un projet idéologique aux connotations politiques inacceptables’. Suit une longue liste de signataires. Une autre pétition, signée par des élèves et anciens élèves de l'école normale supérieure de Lyon, est publiée sur Télérama.fr. Elle demande pas moins qu'une ‘une enquête approfondie’ sur les commentaires signés ‘Sylvain G’ , et souhaite que ‘toutes les mesures nécessaires soient prises afin de préserver la sérénité pédagogique et la réputation scientifique de l'ENS LSH.’
Le soutien de la réacosphère
Gouguenheim est soutenu par la ‘réacosphère’, un terme de plus en plus utilisé pour désigner la partie la plus incisive de la blogosphère de droite. Un blog catholique, ‘le salon beige’ conclut euphorique : ‘Somme toute, contrairement aux idées politiquement correctes, la culture européenne ne doit rien à l'islam’. Un autre, ‘Baroque et fatigué’, sous le titre ‘mort aux cons’ s'en prend avec mordant aux historiens-pétitionnaires :
‘Ce qui est atterrant, c'est le déchaînement qu'a suscité l'ouvrage. Communiqués sur le thème ah, mais attention, ce type-là est tout seul, hein, nous on ne pense pas du tout comme lui'. […] Que disent-ils alors ? Hé bien, sachez que l'ouvrage de Sylvain Gouguenheim […] sert actuellement d'argumentaire à des groupes xénophobes et islamophobes qui s'expriment ouvertement sur Internet'.
Mon Dieu mon Dieu mon Dieu. Des groupes xénophobes s'expriment sur Internet. Que fait la police. Et alors, bordel de cul. Mais qu'est ce que ça peut faire, bon sang ? Depuis que le monde est monde, les écrivains voient leur livres recyclés par des types auxquels ils n'auraient pas été serrer la main, c'est regrettable, mais c'est ainsi.
Je préfère voir les groupes xénophobes et islamophobes plongés dans les bouquins de M. Gouguenheim qu'en train de taguer des croix gammées sur les cimetières, personnellement.’
Le bloggeur SIL, lui, parle de procès de Moscou :
‘Cette fois-ci c'est au tour du médiéviste Sylvain Gouguenheim de comparaître devant le tribunal du Politburo islamogauchiste. Il n'est pas le premier. Il ne sera pas le dernier. […] Moralité de l'histoire, au lieu de nous proposer un intéressant débat, ces historiens préfèrent nous proposer un petit procès moscovite, visant à classer cette thèse dans l'islamophobie ambiante’, le tout à quarante contre un. Bravo, quel courage.”
Et je vous passe les blogs d'extrême-droite. Toute cette controverse, qui aurait pu partir d'un bon pied -celui d'un échange musclé mais riche sur les racines de l'Europe, entre intellectuels adultes- semble donc tourner à l'échange stérile de noms d'oiseaux (l'insulte “fascistes” marche d'ailleurs dans les deux sens) : de part et d'autre, on est invité à choisir son camp, sans forcément avoir lu le livre en question, et le débat ne passe plus que par des termes formatés, tranchés et définitifs. Dommage.
► Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de l'Europe chrétienne de Sylvain Gouguenheim - 282 p. - éd. du Seuil - 21€.




















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De Shamash
Ingénieur agro | 21H08 | 02/05/2008 |
Du point de vue universitaire et concernant l'histoire de la pensée médiévale, il est certain que ce n'est pas une nouvelle : le monde médiéval était intellectuellement vivace aussi bien en Orient qu'en Occident. C'est dit et répété mais ça rentre difficilement. Ce n'est pas une nouvelle encore, mais Byzance est un chainon essentiel entre l'Antiquité savante et le Moyen Age savant. L'Empire romain ne cesse pas à 576 mais en 1453, de ce point de vue. Il n'y a pas l'Empire, puis une Barbarie où tout sombre, éclairé de loin par les magnificences du Califat.
L'Empire, en Orient et en Occident a été subverti militairement par des Barbares, qu'ils soient arabes ou germaniques. Dans les deux cas, les lumières ont vacillées mais pas de façon définitive. La différence notable entre les deux, c'est que les conquérants arabes ont subvertis puis converti une zone de haute civilisation, degré mesuré au nombre d'empires qui l'ont gouvernée : mésopotamienne, perse, hellénistique et enfin romaine. Les conquérant germaniques ont subvertis sans la convertir (parce que déjà convertie par une pensée romanisée) une zone fraichement romanisée après avoir été hellénisées par contact (sans main mise impériale).
Aujourd'hui, ça devient un enjeu civilisationnel : qui a transmis la civilisation à qui ? En vérité, la civilisation était DEJA transmise, mais à des degrés divers, au sein des zones d'influence. Le fait que le savoir vienne des Anciens a fait l'objet d'un combat dans les deux cas, mais dans les deux cas, la révérence au savoir antique a dominé le débat. Dans les deux cas, les barbares se sont civilisés au contact de leur conquête, comme les Romains au contact des Grecs. Et à distance médiane des deux foyers, arabe d'un coté, germanique de l'autre, Byzance tenait le rôle d'héritier référent. Byzance, la grande oubliée… Dans les deux cas, on a une religion dominante et d'inspiration barbare (christianisme ou islam) qui tend à se mettre au niveau des acquis intellectuels nés au sein de l'Empire. Dans le cas des barbares germaniques, cette religion a été reprise une fois romanisée. Dans le cas des barbares arabes, cette religion encore sous sa forme barbare (juive et paléo-chrétienne) a franchis les bordures de l'Empire pour enflammer les arabes de la péninsule. Mais dans les deux cas, les plus haut degré de civilisation a été atteint grâce à ce travail de distillation de la pensée religieuse par les clercs et les universitaires, dans un soucis égal de révérence aux bases, heureusement malléables, de la religion et du savoir antique.
Quoi qu'on puisse en penser il n'y a aucun parti pris contre la pensée barbare dans ce constat. Après tout, les Grecs sont d'anciens barbares de leur propre point de vue. Mais quand une civilisation a franchi d'un coup tant de barreaux sur l'échelle de la pensée, quand elle a fondée d'un coup la pensée rationnelle et son emploi dans la logique, la grammaire, la musique, les mathématiques, l'astronomie, la physique, la géographie, la médecine, l'histoire, la politique, la morale, et la philosophie comme pensée totale pour couronner le tout, aucun individu au sein de son époque ne peut refonder tout cela dans son coin. Pour produire du neuf, il fait son cursus dans ces humanités là.
Et c'est encore vrai aujourd'hui.
a+
à Shamash
De Pimpampoum
22H10 | 02/05/2008 |
Très intéressant, merci.
à Shamash
De sayfam
15H13 | 04/05/2008 |
Vous devriez réviser votre frise chronologique, les barbares n'existaient plus ( ou n'était pas qualifié comme tel ) à cette époques dans les troupes des empires mais étaient considéré comme des résistants des sociétés en devenir. Ici l'enjeu est de savoir ( ce qui est absurde) si les Arabes de confessions musulmane ont contribué ( ce qui est sûr) a la continuité de l'évolution du savoir dans le monde chrétien !
D'ailleurs vous vous emmêler les pinceaux lorsque vous prétendez que les religions avaient un potentiels à assimiler une quelconque connaissance scientifique, et qu'elle s'avançaient en ce sens. De ce fait tout votre argumentation sur le rapport religion-savoir tombe misérablement à l'eau.
J'apprécie quand même l'effort pour dire des choses horribles et absurde dans un langage d'intellectuel, je crains toutefois que votre « shakespearisme » amènent les lecteurs dans une mauvaise compréhension des évènements passés.
à sayfam
De Shamash
Ingénieur agro | 16H07 | 08/05/2008 |
Désolé de répondre un peu tard.
Je ne saisis pas le concept de « résistants des sociétés en devenir » ? De quelle époque parlez vous au fait ? S'il s'agit de la fin de l'Empire d'Occident, le fait que par exemple les Francs soient employés comme troupes auxiliaires protégeant les marches rhénanes de la Gaule n'implique pas qu'ils aient perdu leur statut de « barbares » aux yeux des Romains, et ce qui importe plus encore, à leur propres yeux ! Quand ils resteront seule force en place et fonderont la royauté mérovingienne, ce sera sur la base de LEURS lois et LEURS coutumes. Mais ce qui est remarquable de noter c'est qu'ils coulent cette identité dans une forme de respect et de fidélité symbolique à l'Empire. Les rois accèptent ou se donne le statut de « patriciens » et se placent officiellement sous le patronage de l'Empereur byzantin (même si politiquement, ils font comme bon leur semble). Et finalement, avec Pépin, ils recréent l'Empire, en prenant soin d'aller quérir la légitimité là où elle subsiste, chez le Pape (qui n'a alors de puissance que dans l'ordre symbolique, seul capable d'introniser un héritier impérial).
Sinon ce n'est pas « les religions » qui assimilent une connaissance, mais bien les savants. Et à la pensée savante, rien d'impossible quand il s'agit de faire des synthèses : ) Et il ne s'agit pas tant, concernant l'expression de la religion de « savoir » que de « catégories de pensée », façon de classer le réel.
Je vous quote un extrait de cette remarquable introduction à la philosophie en Islam
http://www.ulb.ac.be : 8070/cedop/tools/stat.php ? file=Philoweb.pdf&titre=I…
En 217/832, al-Ma'mun fonda à Bagdad Bayt al-Hikma (la Maison de la Sagesse), une académie des sciences où il patronna et subsidia la traduction de manuscrits grecs en arabe. Il n'épargna aucun effort pour se procurer des manuscrits grecs, allant même, dans ce but,
jusqu'à envoyer une mission officielle auprès de l'empereur Léon l'Arménien (813-820). Faisaient partie de cette mission des savants qui étaient en même temps des traducteurs comme al-Hajaj Ibn Matar (actif entre 786 et 833), Ibn al-Batriq (180-191/796-806), Salman
le directeur de Bayt al-Hikma et Yuhanna Ibn Masawayh († 243/857). Ibn al-Nadim ne cite pas moins de 66 traducteurs.
Un aspect important de ce mouvement de traduction du IXe siècle est qu'il a fixé, sous une forme presque définitive, le vocabulaire technique et la terminologie philosophique en arabe. Cette terminologie, remarquons-le, est celle des commentateurs grecs tardifs et des philosophes néo-platoniciens. Elle est de ce fait beaucoup plus riche et plus sophistiquée que
celle de Platon ou d'Aristote.
------------
Concernant le fait d'un « apport arabe musulman à la continuité du savoir dans le monde chrétien » ce n'est pas douteux, comme il n'est pas douteux à ce titre qu'il a eu un apport chrétien et juif, au sein même du Califat. L'Islam est une civilisation qui ne se résume pas à une religion.
Mais ce qui me semble important de noter c'est que *tous*, quelle que soit leur religion ou leur civilisation d'appartenance, se tournent intellectuellement vers les mêmes sources antiques. Pendant près d'un millénaire, que ce soit en Islam ou en Chrétienté, le savoir vient des Anciens.
Ce qui ne veut pas dire qu'ils n'innoverons pas mais le socle fondateur de tout savoir ne bougera pas. Et les périodes les plus effervescentes et novatrices seront d'ailleurs les périodes où l'on traduit le plus.
a+
à Shamash
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H01 | 07/05/2008 |
Je rejoins Sayfam dans sa critique d'idées ignobles enrobées d'un discours policé - mais loin d'être civilisé et, à rejoindre la définition de Lévi-Strauss, plutôt « barbare ».
Vous présentez en effet la « civilisation » comme qualitativement supérieure à la « pensée barbare », tout en prétendant ne pas stigmatiser cette dernière. C'est incohérent !
Vous prétendez que la « pensée rationnelle » appartient aux seuls « civilisés » ; les « sauvages » n'ayant, bien sûr, aucune forme de rationalité propre. L'art celte serait donc, en tant que « barbare », inférieur à l'art classique greco-romain ?
Vous ne produisez malheureusement que du rabaché, du vieux… On sent l'odeur d'humanités qui ont jadis justifié la « mission civilisatrice de l'homme blanc », écartant soigneusement hors de cette aire de civilisation ce qui était considéré, par ces élites produites d'un empire parmi tant d'autres dans l'histoire, comme « païen », archaïque ou « barbare ».
Enfin, si parmi les Grecs il y a certes Thucydide, Socrate et Hippocrate, la musique (les pythagoriciens et l'influence indienne), les maths (et le zéro), l'astronomie (et les Aztèques), la médecine même (Mésopotamie) n'ont pas été inventées par les Grecs - ne parlons même pas de la politique et de la morale.
Votre discours, quoique vous vous en défendiez, a un nom : ethnocentrisme. On pourrait en attendre plus d'un ingénieur agronome témoin de l'annihilation par Monsanto des espèces multi-millénaires de maïs cultivées au Mexique.
à Network 23
De Shamash
Ingénieur agro | 15H58 | 08/05/2008 |
Oui mais ça Network, ce sont des délicatesses de ton temps, pas des époques dont on parle.
Durant toute la période médiévale, en Orient ou en Occident, on ne tergiverse pas pour savoir si, par hasard, les Barbares n'auraient pas une pensée intéressante. Les clercs se détachent vigoureusement du barbare et c'est ainsi que l'histoire c'est faite.
Il est certain qu'ils ne vont pas, par contre et contrairement à moi, qualifier la religion de « pensée barbare ». Elle est « divine », ce qui suffit à la porter au pinacle. Pour moi, elles sont originaire en droite ligne d'une pensée non seulement autre, mais opposée à l'hellenisme par la force des choses (soumission par Alexandre, par les Séleucides et plus tard par les Romains). Dans le cas chrétien ces catégories initiales vont circuler ensuite et donner naissance, en se mêlant à la pensée du temps, à une floraison de courants gnostiques au sein de l'Empire, mêlant thora, psaume, texte évangélique, et… néo-platonisme. Un « truc » assez curieux, mariage de la carpe et du lapin qu'on appelle le christianisme. L'hellénisation de la religion c'est faite avant la prise de pouvoir, par une processus « bottom-up ».
Dans le cas de l'islam, c'est l'inverse, le processus est « top-down ». C'est après la prise de pouvoir que la religion va s'helléniser.
Concernant les emprunt grecs, ils sont évidents pour les Grecs eux même et parfois revendiqués.
Pythagore par exemple est :
* initié aux Mystères à Tyr et à Byblos
* reçu dans le temple du Mont Carmel, la montagne du Seigneur Élie où il accomplit ses premiers miracles en franchissant un précipice
* reçu par Pharaon et initié pendant 22 ans aux Mystère de Diospolis (Thèbes) et à la doctrine de la résurrection d'Osiris ; sur la cuisse est appliqué le disque ailé d'Atoum-Râ, en feuille d'or (Pythagore chrysomère, i.e. « à la cuisse d'or »).
*conduit en Chaldée où il apprendra des Mages pendant 12 ans le mystère des Nombre et de la Musique
Il est bien évident que ça fait beaucoup pour un seul homme ^^. Aucun historien ne soutiendra qu'il a fait tout cela.
Cette initiation du Maitre et le multiple patronage sous lequel on le place indique seulement que sa doctrine (en fait la doctrine des pythagoriciens) se veut héritière du « meilleur » de son époque. Meilleure parce qu'ancestrale.
Mutatis mutandis on retrouve les mêmes ingrédients que plus tard, quand les médiévaux se forgeront des généalogie remontant à la guerre de Troie. C'est l'appétence à la diversité et la nécessaire synthèse que cela engendre qui fait l'effervescence intellectuelle.
a+
à Shamash
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H51 | 08/05/2008 |
Je ne comprends pas bien où vous voulez en venir. Vous acceptez les emprunts divers de la pensée grecque, et vous soulignez les métissages ultérieurs. On est d'accord.
Mais, au sujet du terme de « barbare », il ne s'agit pas d'une délicatesse contemporaine : la preuve en est dans la persistance de cette notion aujourd'hui dans des milieux divers (certains font même l'apologie des « barbares », ce qui revient au même, c'est-à-dire à nier leur rationalité propre, comme si la raison était le propre de l'homme blanc chrétien). Depuis au moins la Première guerre mondiale, nous savons qu'une civilisation peut faire preuve de barbarie, et des « barbares » être plus « civilisés » que les « civilisateurs ». Bref, ces notions n'ont plus de sens, et à chaque époque des hommes s'en sont aperçus, créant l'idée cosmopolitique.
Quand à affirmer que les religions (notamment du Livre) sont une pensée autre que la « pensée hellène » - si c'est bien ça que vous dites, je n'en suis pas sûr - cela implique d'abord de savoir « qui sont les Grecs ? » ; « qu'est-ce que la pensée hellène ? » et en quoi le monothéisme serait « l'Autre » de cette pensée. Or, personne que je sache n'a réussi aujourd'hui à répondre de manière satisfaisante à ces questions, si ce n'est en montrant que toute réponse reflète plus la manière dont nous nous pensons et assumons ce qui est indéniablement notre héritage.
Mais aujourd'hui notre héritage s'est agrandi à l'échelle de la planète et s'est étendu jusqu'au Paléolithique ; la difficulté de trouver un « Autre » par lequel nous pourrions nous définir sans trop s'interroger en devient insurmontable, et il semble qu'on soit obligé de stigmatiser ce qui nous semble, à tel ou tel moment, comme « barbare », afin de pouvoir construire sans états d'âme notre identité (ainsi l'islam, les talibans, les « sauvages » qu'on enferme quai Branly, les Martiens ou les « sauvageons »).
Mais nous avons peut-être mieux à faire que façonner de telles identités en fantasmant un Autre qui ne serait pas nous.
De Rudi
21H19 | 02/05/2008 |
A ceux qui comprennent l'anglais je conseille vivement de lire l'article de l'IHT et mon article sur les « sciences arabes » écrit il y a déjà plus d'un an pour un quotidien néerlandophone. Cela permettra d'éclairer un peu mieux la situation éffleurée par S. Gouguenheim.
http://islamineurope.blogspot.com/2008/04/europes-debt-to-islam-given-sk…
De eleazar
22H59 | 02/05/2008 |
Tout l'enjeu véritable de ce débat universitaire pourrait bien tenir dans la citation révélatrice de la critique du Figaro : la définition de l'Europe.
Et incidemment, ce qui rejoint un autre débat de Rue89, la question de l'entrée de la Turquie dans l'Union.
Puisqu'aucun critère géographique ou géologique ne permet de fonder une définition restrictive de l'Europe ;
Puisqu'en référer à « l'héritage chrétien » reviendrait à exclure de l'idée européenne les minorités religieuses intégrées à l'Union, musulmans et juifs au premier chef ;
Puisque définir l'Europe en fonction de valeurs - humanisme, droits de l'homme - est contradictoire avec l'universalisme même de ces valeurs ;
Alors c'est l'Histoire qui est réquisitionnée pour définir les frontières de l'Europe.
Encore faudrait-il, par un invraisemblable raccourci de l'histoire, prouver que notre héritage grec nous soit parvenu directement ; que le cheminement vers le rationalisme ait opéré en vase clos.
Or voilà que depuis des décennies, l'Université a montré la contribution décisive du monde musulman - Arabes, Persans… - à notre culture et à sa Renaissance. L'Europe médiévale a bien été réveillée par la pensée musulmane et l'oeuvre des copistes traducteurs.
Le contester, c'est légitimer une idée de l'Europe fermée, consistante, engagée d'emblée sur la ligne droite du progrès. C'est enraciner une frontière sur le terreau de l'Histoire. C'est réécrire l'histoire de l'Europe pour en définir la géographie.
De Peter Pan
03H02 | 03/05/2008 |
les musulmans n'ont rien apporté à l'Occident, seulement des choses mauvaises comme dirait Benoît XVI.
Sarkozy est plus prosaïque en affirmant que les musulmans égorgent les moutons dans les appartements, qu'ils sont trop nombreux en Europe, qu'ils ont du mal à s'intégrer et qu'il redoute la confrontation entre l'islam et l'Occident.
des intellectuels et des grands journaux français (Val, Fourest, BHL, Libé, Rue89, Le Figaro) soutiennent activement (publient) des personnes comme Hirsi Ali ou Redeker et réfutent le terme islamophobie.
dans les médias télé se multiplient les reportages à charge, les amalgames (islam-islam radical-islamisme- terrorisme) et approximations en tout genre en donnant une vision partiale et erronée et une image très négative de l'islam
Geert Wilders, dans la lignée des Théo Van Gogh, Pym Fortuyn, Fallaci, Warraq ou encore Magdam Ali, déclare en toute impunité publiquement sa haine de l'islam et enchaine les provocations pour mieux déchainer les passions.
et après, on feint de s'étonner que certains passent à l'acte en profanant un carré musulman ou en tentant d'incendier une mosquée !
à quand une banderole anti-musulmane dans un stade de foot ?
à quand, une ratonnade anti-musulmane ?
De FdT
En pleine décroissance | 02H56 | 03/05/2008 |
Une culture est d'autant plus rayonnante qu'elle a su intégrer et faire soi des apports culturels et scientifiques extérieurs. Toutes les civilisations ayant refusé les apports extérieurs ont fini par se scléroser et pérécliter.
L'Occident doit probablement à sa situation géographique ce qu'il est devenu. Nous sommes un cul de sac ouvert à l'est et au sud où différentes influences culturelles ont pu pénétrer sans résistance géographique importante. Nous avons eu le privilège d'être les voisins directes de plusieurs grandes civilisations.
Quant à savoir quel fut le degré d'influence de telle ou telle civilisation sur notre écolution je laisserait cela aux experts. Par contre selon moi il ne fait aucun doute que notre civilisation est le fruit d'un brassage ethnique et culturel sans précédent dans l'histoire de l'humanité. C'est ce qui fait notre richesse.
Pour finir l'âge d'or de la civilisation arabe démontre bien que l'intégrisme musulman actuel n'est en aucun cas un retour vers le passé mais une interprétation contemporaine de l'Islam. L'Islam n'est pas une religion anti-progrès, archaïque ; l'Islam n'est que ce que les gens veulent bien en faire selon les époques. N'importe quelle religion peut servir de justificatif à l'oppression et la barbarie.
De Peter Pan
02H26 | 03/05/2008 |
je m'excuse par avance de dévier quelque peu, mais le commentaire qui suit n'est pas sans rapport avec le sujet initial.
la différence de traitement médiatique entre l'islam d'un côté (montré sous un jour extrêmement négatif) et l'hypermédiatisation de la shoah, du nazisme, du judaïsme et d'Israël est saisissante :
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La shoah, le nazisme et l'antisémitisme dans les médias en 2008 :
-semaine du 2 au 9 janvier 2008 :
au dernier survivant, parole sur la shoah de Fahri et Klarsfeld (livre)
le boulevard périphérique de Henry Bauchau (livre)
Allemagne, un passé qui ne passe pas (docu-Arte)
Livrez-nous Grynszpan (docu-France2)
-semaine du 12 au 18 janvier 2008
le village de l'allemand de Boualem Sansal (livre)
parc sauvage de Jacques Roubaud (livre)
journal d'Hélène Berr (livre)
les carnets secrets de Nuremberg (docu-France3)
-semaine du 19 au 25 janvier 2008
survivre avec les loups (film-cinéma)
mort et vie d'Edith Stein de Yann Moix (livre)
zone libre (film-Canal+)
sonderkommando Auschwitz-Birkenau (docu-Arte)
il faudra raconter (docu-Arte)
-semaine du 26 janvier au 1er février 2008
Félix Kersten, le médecin du diable (docu-Arte)
-semaine du 2 au 8 février 2008
Black book (film-Canal+)
Un amour à taire (téléfilm-France2)
-semaine du 9 au 15 février 2008
les bienveillantes de J.Littell (livre poche)
les faussaires (film-cinéma)
l'affaire Finaly (docu-France2)
voici venir l'orage (téléfilm-France2)
nazis, l'ultime traque (docu-France3)
-semaine du 16 au 22 février 2008
la Résistance (docu-France2)
-semaine du 23 au 29 février 2008
au revoir les enfants (film-France2)
les bienveillantes, un phénomène littéraire (docu-Arte)
-semaine du 1er au 7 mars 2008
vaincre Hitler : pour un judaïsme plus humaniste et universaliste d'A.Burg (livre)
l'Allemagne nazie et les juifs de Saul Friedländer (livre)
le Pianiste (film-France2)
-semaine du 8 au 14 mars 2008
les femmes de l'ombre (film-cinéma)
la traque (téléfilm-Canal+)
shoah par balles, l'histoire oubliée (docu-France3)
-semaine du 15 au 21 mars 2008
mon Führer (film-cinéma)
la vague de Todd Strasser (livre)
-semaine du 22 au 28 mars 2008
la guerre de 40 filmée par les allemands (docu-France5)
Auschwitz, la preuve oubliée (docu-France2)
-semaine du 29 mars au 4 avril 2008
le temps de la désobéissance (téléfilm-France2)
-semaine du 5 au 11 avril 2008
néant
-semaine du 12 au 18 avril 2008
néant
-semaine du 19 au 25 avril 2008
U864, le dernier secret d'Hitler (docu-France3)
Mitterand à Vichy, le choc d'une révélation (docu-France2)
-semaine du 26 avril au 2 mai 2008
chasseur de nazis (docu-France5)
Indiana Jones et les aventuriers de l'Arche perdue (film-M6)
1er mai : journée de la shoah
vivre encore un jour, portrait d'Irena Johannes (docu-France5)
-semaine du 3 au 9 mai 2008
Le sec et l'humide de Jonathan Littell (essai)
Shoah (docu-France5)
Mein Kampf, c'était écrit (docu-Arte)
La vérité est ailleurs ou la véritable histoire des Protocoles des sages de Sion (docu-Arte)
L'année dernière à Vichy (docu-Arte)
Eretz Israël, vers la terre promise(docu-Arte)
[va, vis et deviens (film-France3)]**
[Opération Moïse (docu-France3)]**
[Benny Lévy, la révolution impossible (docu-Arte)]**
[Thalassa, l'épopée de l'Exodus (docu-France3)]**
édifiant, non ?
pas une semaine (ou presque) sans qu'on nous bourre le crâne avec la shoah, le nazisme et Israël.
(et je parle même pas du projet finalement avorté de confier la mémoire des 11000 enfants juifs français victimes de la shoah aux élèves de CM2)
qu'est-ce qui peut bien justifier cette hypermédiatisation de la shoah, du nazisme et d'Israël ?
comment expliquer le contraste avec l'image très négative véhiculée sur l'islam ?
cette judéomanie ne risque t-elle pas de favoriser la montée de l'antisémitisme, le communautarisme et la désastreuse concurrence des mémoires ?
n'est-ce pas favoriser le fameux choc des civilisations ?
à Peter Pan
De Pimpampoum
06H20 | 03/05/2008 |
A époque différente, bouc émissaire différent… Demain ce sera… ?
à Peter Pan
De sarkophage_xyz
09H26 | 03/05/2008 |
C est justement la propagande en vogue :
Fascisme=nazisme=antisémite (antijudaisme serait plus approprié puisque les arabes sont sémites mais tel est le discour officiel)ainsi un état totalitaire, dictatorial et autoritaire ne saurait etre fasciste tant qu il combat l antisémitisme.
La premiere victime du nazisme fut la libertée suivie de prés par la démocratie, puis l antisémitisme a été utilisé comme exutoire : acculé dans ses convictions et ses doutes le citoyen pu se defouler et ne plus être montré du doigt comme non-nazi, mais accueilli a nouveau dans une grande famille en tant que non-juif.
Bientot en france : grandes retrouvaille d un grand peuple, les non-musulmans…
à sarkophage_xyz
De A.V.
tamagotchi89 | 13H36 | 03/05/2008 |
« La premiere victime du nazisme fut la libertée […] puis l'antisémitisme a été utilisé comme exutoire… »
Ça, c'est du docu-fiction de derrière les fagots !
à Peter Pan
De matrasov
22H29 | 05/05/2008 |
votre liste - vous ètes sans doute un spécialiste des listes - est un immonde torche cul d'une malhonnêteté abjecte. Mais vous avez raison, c'est tendance. Sinistre
De FdT
En pleine décroissance | 02H39 | 03/05/2008 |
Comment peut-on lancer une pétition contre une thèse historique ? Quand est-ce que cette manie de vouloir museler toute forme de pensée contradictoire va-t-elle cesser ? Un jour à force de jouer à ce jeu dangereux consistant à banaliser l'entrave à la liberté d'opinion et d'expression cela pourrait bien être les thèses que nous défendons qui se retrouveront interdites !
Cette théorie actuelle du choc des civilisations est un non-sens selon moi. On essaie de trouver des prétextes et justificatifs d'essence supérieure à de simples conflits d'ordre purement politico-économique…ce supposé choc des civilisations n'est rien de plus qu'une querelle entre les élites dirigeantes de ce monde et c'est cette élite qui monte les peuples les uns contre les autres afin de servir leurs intérêts. Néanmoins il serait scandaleux d'interdire des gens de s'exprimer sur le sujet. Si nous considérons qu'il ne s'agit que d'une propagande alors dénonçons-la vigoureusement avec des arguments mais ne l'interdisons pas !
à FdT
De Pimpampoum
06H24 | 03/05/2008 |
Le problème, c'est que nous avons des convaincus au sommet de l'Etat…
Une admiration adolescente pour les Etats Unis (ça ce n'est pas gênant en soi, si ce n'est que l'occupant actuel ne montre pas le meilleur visage de l'Amérique), l'argent, le rôle du religieux…
J'aurais infiniment mieux été plus serein si c'était Chirac aux commandes, même s'il ne foutait rien !
à FdT
De 3-bastet
électron libre | 11H05 | 03/05/2008 |
Comment peut-on lancer une pétition contre une thèse historique ?
Tout simplement quand certains lecteurs l'utilisent pour démontrer la supériorité de la civilisation occidentale, gréco-romaine, et refuse de voir les apports et les « échanges » entre des civilisations différentes.
à 3-bastet
De matrasov
22H53 | 05/05/2008 |
à 3-basket
votre démonstration est impressionnante de logique et de rigueur. Ceci étant dit cette définition inédite de la « civilisation occidentale » (kézako ? ? ? ? ) dite « greco-romaine » ne manque pas de charme.
De JC_le vrai
06H04 | 03/05/2008 |
Comme disait l'autre :
« Beaucoup de bruit pour rien … »
De cliophile
06H36 | 03/05/2008 |
Je ne suis pas médiéviste, mais pour habiter près de là où le grand penseur que fut Abélard mourut (prieuré clunisien de Saint-Marcel (les Chalon), je ne peux que rappeler que ses travaux visant à introduire l'héritage d'Aristote dans la pensée chrétienne, furent condamnés par un concile. Difficile alors de défendre la thèse d'un passage exclusif et facile entre héritage grec et christianisme.
De Sylvain7
08H35 | 03/05/2008 |
Les philosophes passés et l'évolution de la connaissance scientifique, et, ici, leur histoire, c'est bien beau,mais si vraiment on pouvait en tirer et surtout si on en avait tiré tant de leçons positives, est-ce qe la planète serait dans cet état ?
Car si çà n'en est pas là le but, c'est de la masturbation intellectuelle par nature égocentrique, voire narcissique à but plus ou moins lucratif.
Tout au contraire, hélas, l'égoïsme et la bêtise de l'Occident, de l'Orient et autres continuent d'attenter à la viabilité de notre environnement matériel , sociétal et éthique.
Quoiqu'à la limite peu importe ; tout n'est qu'occasion de progresser, vie après vie, en sagesse équanime et altruiste, condition sine qua non du retour/immersion éternellement comblante dans la Source de tout.
De cooper59
pour la decroissance ! | 09H12 | 03/05/2008 |
je vois pas bien ce qu'une religion peut apporter , a part des bonnes bastons et l'emprise mentale du plus grand nombre ; c'est pire aujourdhui car en plus il faut rajouter l'obsession de la consommation et du Dieu Fric , ça me fait toujours rire de voir ces mecs qui frequentent les lieux de cultes assidument et qui adorent le pognon , leurs chequiers et leurs cartes bleues , ils se font une religion sur mesure , tres fort ces mecs là ! Quand a la question de l'article , c'est aux indiens , amerindiens , africains , arborigenes , papous qu'il faut la poser , suis sur qu'ils se feront un plaisir de nous eclairer .leurs reponses risquent d'etre un peu hors sujet , mais instructive .
De GG Lapraline
10H58 | 03/05/2008 |
Le commun du mortel semble découvrir que les historiens se livrent de rudes batailles ! Cela pourtant ne date pas d'aujourd'hui. Rappelez vous le continuel combat entre l'Ecole des Annales encore récement attaquée par les anti 68 Finkelkraut en tête et l'Ecole de la revue Historique. Il n'y pas très longtemps non plus c'était le pouvoir politique qui envisageait de dicter aux enseignants comment se version de la colonnisation. Que dire encore de la localisation d'Alésia, de la vraie fausse Jeanne d'Arc qui aurait cramé à Rouen ….. Certes ici, quelques rélents nauséabonds pointent le bout de leur nez. Etbien laissons les historiens laver leur linge entre eux. Pour ma part, historien de formation (DEA s'il vous plait à la glorieuse Paris 7 Jussieu ! ) j'ai du mal à croire qu'Aristote, tel le Phoenix, soit ressorti du chapeau du haut du Mont Saint Michel.
De Grégory
12H02 | 03/05/2008 |
Il me semble que Gougenheim paye au minimum l'irritation grandissante que laisse les pamphlets insupportables des Finkelkraut, Bruckner, Marseille voire BHL, tous ayant leur rond de serviette dans les médias on ne sait trop pourquoi (enfin sauf que BHL…) et nous assomant de réthorique islamophobe creuse et opportuniste, bref détestable. Avoir le soutien de Max Gallo en rajoute, et là dessus la prépub dans occidentalis… Assortie de commentaires…
Il cherche un peu quand même.
De Grégory
12H03 | 03/05/2008 |
Hum, le occidentalis dont j'entends parler est un site privé, à présent ?
De A.V.
tamagotchi89 | 12H56 | 03/05/2008 |
Moi, j'ai appris que les Grecs avaient été traduits par les arabes, dans un bouquin d'Alexandre Koyré intitulé « Du monde clos à l'univers infini ». Comme l'historien des sciences y aborde Aristote, et que c'est une caissière arabe qui a code barré le livre, j'en déduis qu'Aristote m'a été transmis par une arabe. Le reste n'a aucune importance, point barre.
De pampero
14H48 | 03/05/2008 |
Je ne suis pas un « internectuel » mais je me pose une quesgtion. Qu'est-ce qui a poussé ces lettrés/traucteurs d'El Andaluz (ou leur patron, le Caliphe de Cordoue) à (faire) traduire Aristote et pas le Corran en latin ? Les Eglises chrétiennes ont traduit la Bible dans toutes les langues possibles, mais pas l'Encyclopédie.
De plus, c'est en général le « recevoeur du savoir » et pas son « producteur » qui réalise la traduction. Combien de lettrés occidentaux du moyen-âge ont appris l'arabe ?
Il y a là quelque chose qui ne colle pas, d'autant plus que l'Arabie séoudite interdit la traduction du Coran
à pampero
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H08 | 05/05/2008 |
Le Coran est intimement lié à l'arabe et, selon l'orthodoxie,doit se lire en arabe. C'est pour ça qu'on enseigne l'arabe dans les madrassas.
« Traduction-trahison » : à lire la Bible traduite et re-traduite, on comprend ce respect de la parole dite originaire.
Un résumé de la version commune de la transmission d'Aristote :
« Les Califes abbassides créèrent à Bagdad un atelier de traduction. Evoquons ici le rôle de la Syrie car, depuis que Justinien avait fermé les écoles d'Athènes, la chrétienté syrienne était
devenue le centre de la pensée hellénique. Les ouvrages grecs étaient traduits dans une langue
sémitique proche de l'hébreu : le syriaque, forme tardive de l'araméen. Après la conquête
musulmane, l'activité traductrice des chrétiens de Syrie s'amplifia. Quelques œuvres furent
traduites du grec en arabe mais le plus souvent, on traduisait des textes grecs traduits en
syriaque. On attribue à Honayn Ibn Isaak et Isaak Ibn Honayn la traduction des livres d'Aristote
qui nous intéressent. Ils savaient le grec et le syriaque, avaient appris l'arabe. Les traductions
arabes de l'Organon et de bien d'autres ouvrages gagnèrent l'Espagne. De 1130 à 1150,
l'Archevêque de Tolède les fit traduire en latin, employant des traducteurs juifs. Ceux-ci savaient
l'hébreu, l'arabe, le castillan, le latin. C'est ainsi qu'Aristote et les commentaires arabes
pénétrèrent en occident et fécondèrent la chrétienté des Albert le Grand et des Saint Thomas. »
www.appep.net/tradarab.pdf