Revue de web

Baston chez les médiévistes autour de l'apport de l'islam

Pierre Lombard écrivant, fin XIIème siècle (DR).

Contrairement au stéréotype, le médiéviste n'est pas toujours un calme historien retranché dans le silence monacal de sa bibliothèque. Il est loin d'être immunisé contre les passions politiques, et il lui arrive de saisir sa batte de base-ball (c'est une métaphore) pour arranger la tête d'un de ses collègues. Il peut même s'y mettre en bande. En témoigne la polémique déclenchée par le livre de Sylvain Gouguenheim, « Aristote au Mont Saint Michel ».

De quoi s'agit-il ? Gouguenheim a décidé de prendre à rebrousse-poil les recherches les plus récentes tendant à montrer que les musulmans ont facilité l'intégration de la culture grecque (médecine, philosophie, astronomie…) dans l'occident chrétien. Une alchimie qui a préparé le terrain des lumières et de notre démocratie, au sens moderne du terme.

Selon Gouguenheim, le rôle des savants arabes dans la transmission de cette culture a été très exagéré. Il affirme que le savoir grec a été, pour l'essentiel, directement traduit du grec au latin, sans passer par la case « arabe ». Mais pour beaucoup d'historiens, cette thèse est guidée par des arrières pensées idéologiques.

Roger Pol Droit encense le livre

Sous la plume du philosophe et critique Roger-Pol Droit, Le Monde des livres a présenté l'ouvrage, au début du mois d'avril, dans des termes très favorables, mais sans illusions sur sa charge polémique :

« Etonnante rectification des préjugés de l'heure, ce travail de Sylvain Gouguenheim va susciter débats et polémiques. Son thème : la filiation culturelle monde occidental-monde musulman. Sur ce sujet, les enjeux idéologiques et politiques pèsent lourd. Or cet universitaire des plus sérieux, professeur d'histoire médiévale à l'Ecole normale supérieure de Lyon, met à mal une série de convictions devenues dominantes. »

L'article se termine par un franc coup de chapeau :

« Somme toute, contrairement à ce qu'on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l'islam. En tout cas rien d'essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l'histoire à l'heure est aussi fort courageux. »

Pendant ce temps, le Figaro Littéraire publie le 17 avril une autre critique dithyrambique qui se termine par ces mots :

« Félicitons M. Gouguenheim de n'avoir pas craint de rappeler qu'il y eut bien un creuset chrétien médiéval, fruit des héritages d'Athènes et de Jérusalem. Alors que l'islam ne devait guère proposer son savoir aux Occidentaux, c'est bien cette rencontre, à laquelle on doit ajouter le legs romain, qui “a créé, nous dit Benoît XVI, l'Europe et reste le fondement de ce que, à juste titre, on appelle l'Europe'.”

Des médiévistes accusent Gouguenheim de sympathies suspectes

On commence à percevoir un grondement parmi les médiévistes. Laissera-t-on passer ce qui s'apparente selon eux à du “révisionnisme” ? La contre-offensive se prépare. Première salve, le 24 avril, dans le Monde : deux historiens, Gabriel Martinez-Gros (Paris-VIII) et Julien Loiseau (Montpellier-III) tirent à boulet rouge :

“Dans sa révision de l'histoire intellectuelle de l'Europe chrétienne, Sylvain Gouguenheim passe pratiquement sous silence le rôle joué par la péninsule Ibérique, où on a traduit de l'arabe au latin les principaux textes mathématiques, astronomiques et astrologiques dont la réception allait préparer en Europe la révolution scientifique moderne.

Ils vont plus loin, puisqu'ils accusent l'auteur de sympathies suspectes :

‘Dans ces troubles parages, l'auteur n'est pas seul. D'autres l'ont précédé, sur lesquels il s'appuie volontiers. Ainsi René Marchand est-il régulièrement cité, après avoir été remercié au seuil de l'ouvrage pour ses relectures attentives’ et ses ‘suggestions'.

Son livre, Mahomet. Contre-enquête’, figure dans la bibliographie. Un ouvrage dont le sous-titre est : ‘Un despote contemporain, une biographie officielle truquée, quatorze siècles de désinformation’. Or René Marchand a été plébiscité par le site Internet de l'association Occidentalis, auquel il a accordé un entretien et qui vante les mérites de son ouvrage.

‘Un site dont l'islamovigilance’ veille à ce que ‘la France ne devienne jamais une terre d'islam'. […] Les fréquentations intellectuelles de Sylvain Gouguenheim sont pour le moins douteuses. Elles n'ont pas leur place dans un ouvrage prétendument sérieux, dans les collections d'une grande maison d'édition.’

Couverture du livre de Gouguenheim

‘On me prête des intentions que je n'ai pas’

Une pétition commence à circuler contre la thèse de Gouguenheim et l'dée de ‘choc des civilisation’ qu'elle est accusée de véhiculer. Gouguenheim doit se défendre : il se déclare ‘bouleversé’ par ces attaques : ‘on me prête des intentions que je n'ai pas’ clame-t-il, toujours dans le Monde :

‘Mon enquête porte sur un point précis : les différents canaux par lesquels le savoir grec a été conservé et retrouvé par les gens du Moyen Age. Je ne nie pas du tout l'existence de la transmission arabe, mais je souligne à côté d'elle l'existence d'une filière directe de traductions du grec au latin, dont le Mont-Saint-Michel a été le centre au début du XIIème siècle, grâce à Jacques de Venise.’

Plusieurs mois avant la parution du livre, des extraits avaient été publiés sur le site d'extrême droite Occidentalis. Interrogé sur le sujet, Gouguenheim écarte l'argument :

‘J'ai donné depuis cinq ans -époque où j'ai découvert’ Jacques de Venise- des extraits de mon livre à de multiples personnes. Je suis totalement ignorant de ce que les unes et les autres ont pu ensuite en faire.

‘Je suis choqué qu'on fasse de moi un homme d'extrême droite alors que j'appartiens à une famille de résistants : depuis l'enfance, je n'ai pas cessé d'être fidèle à leurs valeurs’.

‘l'Europe du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale et des caves du Vatican’

Mais cette interview n'éteint pas les passions, loin de là. Dans Télérama, dans un article plein d'envolées lyriques, le Philosophe Alain de Libera (mis en cause par Gouguenheim dans son livre) enfonce le clou :

‘Vue dans la perspective de la translatio studiorum’, l'hypothèse du Mont-saint-Michel, ‘chaînon manquant dans l'histoire du passage de la philosophie aristotélicienne du monde grec au monde latin’ hâtivement célébrée par l'islamophobie ordinaire, a autant d'importance que la réévaluation du rôle de l'authentique Mère Poulard dans l'histoire de l'omelette.”

Ce spécialiste du moyen âge conclut plus vertement encore :

“Cette Europe-là n'est pas la mienne. Je la laisse au ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale et aux caves du Vatican.”

Max Gallo, dimanche dernier sur France culture, dans l'émission “Esprit public”, prend la défense du livre. Le même jour, un pilier du Monde des Livres, Pierre Assouline, relaie l'émotion des historiens sur son blog. Il relève (non sans arrière pensée ? ) que Gouguenheim est un “spécialiste des chevaliers teutoniques, de la mystique rhénane ainsi que des croisades”. Il accuse :

“Non seulement le site Occidentalis a publié les ‘bonnes feuilles’ de ce livre neuf mois avant sa parution, alors qu'il était encore à l'état de manuscrit, mais Sylvain Gouguenheim a semble-t-il posté des commentaires, nettement plus vifs et directs que dans son livre, pour défendre la même thèse (le rôle de l'islam dans la transmission du savoir gréco-latin à l'Occident est un mythe) sur le blog d'Occidentalis, site d''islamovigilance”, et sur Amazon.fr, commentaires signés “Sylvain G.'… Encore reste-t-il à établir s'il s'agit bien de lui et non provocateur ayant parfaitement épousé sa rhétorique.

Libération, sous la plume de jean-Yves Grenier publie le 29 avril une critique nuancée de ce livre. Mais le lendemain, un collectif d'universitaires, dans les pages rebonds du quotidien, attaquent violemment le livre, sous le titre ‘Oui, l'Occident chrétien est redevable au monde islamique’ :

‘Historiens et philosophes, nous avons lu avec stupéfaction l'ouvrage de Sylvain Gouguenheim […] qui prétend démontrer que l'Europe chrétienne médiévale se serait approprié directement l'héritage grec au point de dire qu'elle aurait suivi un cheminement identique même en l'absence de tout lien avec le monde islamique'. L'ouvrage va ainsi à contre-courant de la recherche contemporaine…’

Selon eux, la démarche de Gouguenheim ‘relève d'un projet idéologique aux connotations politiques inacceptables’. Suit une longue liste de signataires. Une autre pétition, signée par des élèves et anciens élèves de l'école normale supérieure de Lyon, est publiée sur Télérama.fr. Elle demande pas moins qu'une ‘une enquête approfondie’ sur les commentaires signés ‘Sylvain G’ , et souhaite que ‘toutes les mesures nécessaires soient prises afin de préserver la sérénité pédagogique et la réputation scientifique de l'ENS LSH.’

Le soutien de la réacosphère

Gouguenheim est soutenu par la ‘réacosphère’, un terme de plus en plus utilisé pour désigner la partie la plus incisive de la blogosphère de droite. Un blog catholique, ‘le salon beige’ conclut euphorique : ‘Somme toute, contrairement aux idées politiquement correctes, la culture européenne ne doit rien à l'islam’. Un autre, ‘Baroque et fatigué’, sous le titre ‘mort aux cons’ s'en prend avec mordant aux historiens-pétitionnaires :

‘Ce qui est atterrant, c'est le déchaînement qu'a suscité l'ouvrage. Communiqués sur le thème ah, mais attention, ce type-là est tout seul, hein, nous on ne pense pas du tout comme lui'. […] Que disent-ils alors ? Hé bien, sachez que l'ouvrage de Sylvain Gouguenheim […] sert actuellement d'argumentaire à des groupes xénophobes et islamophobes qui s'expriment ouvertement sur Internet'.

Mon Dieu mon Dieu mon Dieu. Des groupes xénophobes s'expriment sur Internet. Que fait la police. Et alors, bordel de cul. Mais qu'est ce que ça peut faire, bon sang ? Depuis que le monde est monde, les écrivains voient leur livres recyclés par des types auxquels ils n'auraient pas été serrer la main, c'est regrettable, mais c'est ainsi.

Je préfère voir les groupes xénophobes et islamophobes plongés dans les bouquins de M. Gouguenheim qu'en train de taguer des croix gammées sur les cimetières, personnellement.’

Le bloggeur SIL, lui, parle de procès de Moscou :

‘Cette fois-ci c'est au tour du médiéviste Sylvain Gouguenheim de comparaître devant le tribunal du Politburo islamogauchiste. Il n'est pas le premier. Il ne sera pas le dernier. […] Moralité de l'histoire, au lieu de nous proposer un intéressant débat, ces historiens préfèrent nous proposer un petit procès moscovite, visant à classer cette thèse dans l'islamophobie ambiante’, le tout à quarante contre un. Bravo, quel courage.”

Et je vous passe les blogs d'extrême-droite. Toute cette controverse, qui aurait pu partir d'un bon pied -celui d'un échange musclé mais riche sur les racines de l'Europe, entre intellectuels adultes- semble donc tourner à l'échange stérile de noms d'oiseaux (l'insulte “fascistes” marche d'ailleurs dans les deux sens) : de part et d'autre, on est invité à choisir son camp, sans forcément avoir lu le livre en question, et le débat ne passe plus que par des termes formatés, tranchés et définitifs. Dommage.

Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de l'Europe chrétienne de Sylvain Gouguenheim - 282 p. - éd. du Seuil - 21€.

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Portrait de Desactivé

à paco Portrait de paco De Desactivé

Pourvu d 'antennes , c 'est pas cou... | 00H09 | 04/05/2008 | Permalien

 » Beaucoup d « excellents ouvrages … “ mais hélas beaucoup d ‘ autres aussi , qui font référence mais sont des impostures.

Portrait de Yakafersa

De Yakafersa

retraité consentant | 14H56 | 02/05/2008 | Permalien

« Les religions, ce sont ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus »
D'après Mac Cain, philosophe fritophage des XXe et XXIe siècle.
Selon Fritmann, sociologue du XXIe siècle, l'inverse serait également vrai, bien que Mac Dominique, spécialiste en droit des religions et expert auprès la cour internationale de La Birgit Institute of fuking, à La Haye, y voit simplement une mythomanie mythocondriaque de surface, encore que cette formule s'apparentrait, selon une étude scientifique récente,à une fornication anale de la drosophyle.
Pour mettre tout le monde d'accord, disons que la sourate 69, issue du mouvement kaeditse du XXe siecle,reconnaissant le droit à la domination d'une religion sur une autre, s'appuie sur son pendant cathomagnifiscientique du moyen âge qui ne reconnaissait pas le droit à l'âme des payens.(Je simplifie pour la compréhension des non initiés)
Espérant avoir apporter une contribution à cet épineux problème. Pour finir, je recopie cette phrase oh combien pornofactotélicienne, trouvée dans ce sujet :

« Vue dans la perspective de la “translatio studiorum”, l'hypothèse du Mont-saint-Michel, “chaînon manquant dans l'histoire du passage de la philosophie aristotélicienne du monde grec au monde latin” hâtivement célébrée par l'islamophobie ordinaire, a autant d'importance que la réévaluation du rôle de l'authentique Mère Poulard dans l'histoire de l'omelette. »

Je me permets d'ajouter, cependant, qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs

Portrait de marabbeh

De marabbeh

15H06 | 02/05/2008 | Permalien

Je n'ai pas lu le bouquin de Gouguenheim, mais dire que l'héritage grec est passé uniquement par les arabes, c'est faire l'impasse sur les longues relations entre l'empire byzantin et l'Europe de l'ouest, principalement Venise qui a été fortement influencée par Constantinople.

Portrait de Pascal Riché

à marabbeh Portrait de marabbeh De Pascal Riché (auteur) 7

Rue89 | 22H47 | 02/05/2008 | Permalien

Le problème, c'est que personne ne dit que l'héritage grec est passé uniquement par les arabes !

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De Akaz

Malfini | 15H12 | 02/05/2008 | Permalien

Pour avoir étudié le sujet,
Je crois qu'aucun historien sérieux n'a jamais dit que ce n'était QUE par le monde arabe que le savoir grec et romain était revenue en Occident.
D'ailleurs personne ne dit qu'il était parti.
Mais une chose est vraie, l'empire d'occident avait perdue une bonne partie, pardon, la majeure partie, des sources philosophiques et juridiques gréco-romaines.
Dans la pratique certes un héritage se maintenait mais ténu.

Portrait de iduf91

De iduf91

15H42 | 02/05/2008 | Permalien

L'Islam apparaît ici uniquement comme « véhicule » de l'héritage grec. C'est nier tout l'apport des sciences arabes à la connaissance. Que la controverse se fonde sur ce consensus partagé par Gouguenheim comme par ses critiques - l'apport de l'Islam ne serait mesurable qu'à l'aune de sa transmission de l'héritage grec - me paraît autrement inquiétant que la polémique proprement dite.

Portrait de Numerosix

à iduf91 Portrait de iduf91 De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 15H51 | 02/05/2008 | Permalien

Et meme qu » ils sont allé chercher le « zero » , base de toutes mathematiques moderne, aux Indes ,et que du coup , c'est meme pas eux qui l » ont inventé , les arabes !
On peut s » empailler la dessus, aussi , si vous voulez ..

( en tous cas , les latins et les grecs , ils ont été nuls , sur le zero ! )

Portrait de compte supprimé 24

à Numerosix Portrait de Numerosix De compte supprimé 24

| 16H33 | 02/05/2008 | Permalien

Tout est avant tout une histoire de routes commerciales : les influences croisées sont innombrables partout sur le vieux continent.

Si je prends mon sac à dos et mes deux pieds, en six mois je suis rendu en Inde en sifflotant. Une caravane de dromadaires se rendait en moins de quatre mois de Palestine jusqu'à l'Indus.

Et les Arabes (bien avant l'Islam, d'ailleurs) ont intensément parcouru ces grands chemins : commerce, conquêtes… et ils n'étaient pas mauvais navigateurs, non plus. Les Européens de l'Ouest, par contre, ne se sont mis à vraiment arpenter le continent que sur le tard… et là, ils n'y sont pas allés de main morte.

Portrait de helios33

De helios33

16H18 | 02/05/2008 | Permalien

Cet article a le défaut de confondre oriental et musulman. Une grande partie de la culture du Proche-Orient ne doit rien à l'Islam mais aux chrétiens assyriens, et Byzance, qui a duré jusqu'à 1453 a aussi joué son rôle dans la conservation et la restitution de la culture antique. Alors, pourquoi toujours réduire l'Orient à l'Islam ?

Portrait de Pascal Riché

à helios33 Portrait de helios33 De Pascal Riché (auteur) 7

Rue89 | 22H44 | 02/05/2008 | Permalien

Non. Nous parlons bien dans cet article du monde musulman, dominé alors par les arabes.

Portrait de fermtag

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De fermtag

00H03 | 03/05/2008 | Permalien

Musulman = qui pratique l'Islam

Je ne suis pas du tout certain que sa majorité soit composées par la communauté arabe. C'est une religion extrêmement répandue dans bien des pays en dehors du monde arabe (je pense d'emblée à l'Iran et aux pays du Caucase. En gros, les vestiges de l'empire Perse, envahi par l'empire Ottoman, arabophone, en particulier)…

Après la prise de l'empire Perse par l'empire Ottoman, ces premiers sont passés à l'arabe, langue la plus répandue, pour des raisons pratiques (c'était de grands voyageurs et avaintt couramment besoin de partager leurs écrits) et non de culte (il avaient une langue, un alphabet, etc. qui ont peu à peu disparu au profit de l'arabe, plus riche et stable). L'empire Ottoman a été principalement le véhicule du savoir amassé et travaillé par les Perses, dont le savoir vient d'Inde et de Grèce (qui jouxtait leurs territoires).

Et les Perses ne SONT PAS arabes !

Portrait de micke

à fermtag Portrait de fermtag De micke

utopiste | 09H02 | 03/05/2008 | Permalien

voilà c'est dit !

mais pour la relation perse/inde c'est pas si simplement dans ce sens, par exemple la musique classique indienne trouve ses origines chez les perses (hindustani music)

j'irai plutôt chercher du côté des sumériens quant aux origines ultimes des savoirs perses

Portrait de compte supprimé 24

à micke Portrait de micke De compte supprimé 24

| 10H29 | 03/05/2008 | Permalien

…et c'est encore plus complexe – et passionnant – d'étudier les influences croisées de l'Inde sur la Grêce antique (lire « Shiva et Dyonisos », de Daniélou, entre autres), et celle du bouddhisme de l'époque d'Ashoka sur les groupuscules mystiques fourmillant sur les rives du Jourdain (pas des blagues : y a plein de traces dans les musées).

Et Alexandre, hein ? Il n'a pas juste effectué un simple aller-retour, en Transoxyane, non plus. Et la culture gréco-bouddhique du Gandhara ?

Etc.

Portrait de fermtag

De fermtag

16H49 | 03/05/2008 | Permalien

J'espère ne pas relancer une nouvelle polémique dans ce fil, mais déjà, amalgamer le monde Arabe et l'Islam ! Beaucoup de populations, qui sont islamisantes n'ont RIEN à voir avec le monde Arabe : essayez de convaincre un Iranien ou un Tchétchène (tant qu'il en reste encore…) qu'il est Arabe !
Ceux qui ont créé et « véhiculé » le savoir d'Inde et de Grèce en Europe étaient surtout Perses. Les « grands savants » qualifiés « d'Arabes » étaient en général Perses (Perse occupée par les Arabes et arabisant), qui vivaient dans un monde tout à fait éclairé et sans contrainte religieuse dans leurs recherches…

Portrait de Tita

De Tita

oiseau | 17H11 | 02/05/2008 | Permalien

Morbleu que voilà une fable pleine de jublements. J'espense bien les raisons de l'esmaiement que ce sieur Gouguenheim produit chez ses compères. Il serait absurde de acroire que les idées du chercheur ne puissent pas orienter peu ou prou le sens de son travail.

Cependant, s'ils doivent arguer contre le sieur Gouguenheim, ne le devraient-ils pas le faire sur le travail produit pour montrer en quoi le sieur Gouguenheim y sous-estime la part des « arabes » dans l'occident médiéval ?

Toutes autres critiques laissent un arrière gout de lutte d'idées, d'idéologies ou de personnes, mais non de savoir.

Portrait de V comme vendetta

De V comme vendetta

Ecrivain | 18H10 | 02/05/2008 | Permalien

Bon article, la controverse s'élargit, mais qui a lu le livre ? Gouguenheim choque aussi pour des points que vous ne mettez pas en relief dans votre papier.
Les arabes n'ont pas toujours été assujetti à l'Islam et n'étaient et ne sont toujours pas tous musulmans ; ceux qui ont les premiers traduit Aristote dans le monde dit « musulman » étaient chrétiens, et de langue araméenne, la langue du Christ.
N'oublions pas que les premiers Évangiles (2e-3e) ont été écrit directement en grec. La version grecque de la Torah s'était même diffusée dès le - 3e, la Bible dite des Septentes.
D'autres diront, théorie encore plus polémique, que le Coran ne fut pas transmis sous la dictée de l'Ange, car il en existe des versions différentes au cours des siècles, et les premiers manuscrits connus, mais c'est encore un grand mystère, n'ont pas grand chose à voir avec la version canonique d'aujourd'hui.
Tout est polémique dans ces marécages : l'Islam ne serait qu'une synthèse de nombreuses sectes chrétiennes et juives alors nombreuses du côté de l'Arabie païenne du 7e siècle.

Portrait de compte supprimé 24

à V comme vendetta Portrait de V comme vendetta De compte supprimé 24

| 18H26 | 02/05/2008 | Permalien

« Tout est polémique »… parce que tout est intiment mêlé, et tu fais bien le rappeler, V. Tu m'as l'air de connaître un peu plus qu'un petit peu…

Portrait de Desactivé

à V comme vendetta Portrait de V comme vendetta De Desactivé

Pourvu d 'antennes , c 'est pas cou... | 22H20 | 03/05/2008 | Permalien

De nombreux juifs marocains sont devenus musulmans et leurs descendants, aujourd'hui , seraient ébahis de connaître leurs origines.

Portrait de PedroUE

De PedroUE

18H12 | 02/05/2008 | Permalien

Quelques remarques sur la rhétorique de la critique :
1/Parmi les journalistes et le public qui prend part à la polémique, je serais curieux de savoir :
qui a lu Aristote dans le texte/en traduction, qui lit le grec ancien, qui est médiéviste, qui lit l'arabe classique et a lu les érudits arabes, qui lit le latin médiéval, qui est diplômé d'histoire, qui est au fait de l'évolution de la recherche historique, etc etc…
Sans doute, très très peu.
2/Parmi les spécialistes eux-mêmes, la spécialisation est telle, si pointue, qu'entre l'orientaliste, le médiéviste, le spécialiste de Byzance, etc., les uns ne connaissent pas forcément les travaux des autres, ni l'état de la recherche dans leurs domaines respectifs. On peut en déduire que le journaliste, quelle que soit sa culture générale, encore moins
3/L'argument du chaudron (je ne t'ai pas volé le chaudron que tu m'as prêté, d'ailleurs il était cassé) :
on reproche à un auteur d'affirmer des choses avérées depuis longtemps, archi connues, donc d'enfoncer des portes ouvertes…puis on ajoute que « d'ailleurs » c'est faux.
4/ S'abstenir, par honnêteté intellectuelle minimale, de la reductio ad Hitlerum.
Conclusion : prudence, si l'on ne maîtrise pas un minimum un sujet dans ses différentes facettes.

Portrait de paco

à PedroUE Portrait de PedroUE De paco

22H31 | 02/05/2008 | Permalien

c'est tout le plaisir, de parler de ce qu'on ne connait pas. Faut-il avoir lu Aristote en grec pour intervenir sur ce fil ? Si même les spécialistes les plus pointus ne s'accordent pas, personne ne doit parler du sujet ? ça va limiter pas mal de discussions…

Portrait de compte supprimé 24

à paco Portrait de paco De compte supprimé 24

| 10H22 | 03/05/2008 | Permalien

Oui, parce que j'ai beau avoir une amie médiéviste parlant couramment le perse, le persan et le latin (Claire Kappler), un pote polyglotte (25 langues), tibétologue, sinologue et traducteur des patois forts anciens (Patrick Carré) et recevoir des érudits pour le couscous régulièrement, je suis moi-même un pauvre ignare autodidacte (enfin, je lis plus vite que mon ombre, quand même : -)

On peut avoir une vague idée que cette controverse en se documentant un peu, tout simplement… et y participer, non mais !

Portrait de PedroUE

à compte supprimé 24 Portrait de compte supprimé 24 De PedroUE

09H58 | 07/05/2008 | Permalien

J'ai moi-même une vague idée, comme toute personne qui s'intéresse à l'histoire. Je connais mes énormes lacunes dans le cas précis qui fait débat.
Cependant, il est tellement évident qu'on ne parle pas du tout du sujet du livre (désormais accessoire) dans cette polémique : l'affaire est devenue uniquement un terrain miné, où la traduction d'Aristote et les questions sur les transmissions diverses sont abordées en deux lignes, pour se plonger ensuite dans un débat au vitriol sur l'islam en Europe en 2008.
Il me semble inouï en tout cas que dans sa courte interview dans Le Monde, l'historien auteur du livre en soit réduit à invoquer sa propre généalogie, précisant qu'il a des parents résistants. Si le débat historique sur le haut Moyen Âge fait obligatoirement un détour par le maquis, c'est qu'il y a un gros problème dans les polémiques universitaires en France.
On en apprend peut-être plus sur ce milieu et sur les clivages politiques et culturels en 2008 que sur les questions historiques que pose le livre.

Portrait de Yakafersa

De Yakafersa

retraité consentant | 18H37 | 02/05/2008 | Permalien

Bon, ben va falloir faire appel à un bon menuisier pour réparer les portes.

Portrait de Saheyus

De Saheyus

Rêveur invétéré | 19H06 | 02/05/2008 | Permalien

« le legs romain, qui a créé, nous dit Benoît XVI, l'Europe et reste le fondement de ce que, à juste titre, on appelle l'Europe. »

Mais non, aucune idéologie dans ces propos, voyons. Messieurs les sinistres polémistes, cessez donc ces enfantillages, quand un journal prestigieux comme le Figaro s'appuie sur le grand historien Benoît XVI pour démontrer, non seulement que nous ne devons rien à ces mécréants de Musulmans, mais qu'en plus notre petit lopin d'Asie mérite largement d'être considéré comme un continent (le plus grand de tous, naturellement), c'est du lourd !
On en reste tellement bouche bée que la contradiction en devient presque impossible.

Je ne soupçonne pas nécessairement l'auteur d'être suspect, mais visiblement, son analyse de son propre livre diffère grandement de celle qu'en font d'autres personnes. Et ces personnes-là sont grandement suspectes…
Soit c'est un crime organisé avec multiples complices, dont le meurtrier joue la victime, soit c'est de la déviation de propriété intellectuelle. Auquel cas Gouguenheim devrait mettre encore plus d'ardeur à ridiculiser ceux qui, à l'en croire, détournent ses propos, qu'à se défendre lui-même.

Portrait de sayfam

De sayfam

20H14 | 02/05/2008 | Permalien

Si vous vous dites quel interêt de cette étude , je vous retourne la question : quel intérêt de cette tentative de démonstration que les arabes ( et non l'Islam ) n'aurait pas joué un role dans la conservation du savoir ?
Mon interprétation serait double :
- un désir de précision sur l'histoire dont le résultat est faussé par les convictions trop certaines de l'auteur
- le résultat d'une tentative de réécriture de l'histoire d'un auteur Islam-ophobe de gauche ( et non raciste )

Pascal Riché, pouvez vous éviter de mélanger arabe, musulman, islam ?
Si le livre ( que je ne lirais jamais) est mal écrit, ne faite pas la meme erreur : Dite moi, c'est de quoi que l'on parle ? Transmission ou non du savoir grace au arabe ? Grace a l'islam ?
Qrace aux musulmans ?

D'ailleurs ce qui est un comble c'est le mélange entre la religion et le savoir !
Prenons un exemple, les mathématiques ( sauvé et développé par les arabes ) était-t-il développé dans des Mosquées ?
Le problème c'est que l'on mélange la spiritualité et la connaissances qui sont deux essences incompatible, d'une part la connaissance participe au savoir de l'être, d'autre part la religion régit le mode de vie de l'être.
Ce qui est clair c'est que transmission du savoir n'est pas passé par « la case » Islam, mais elle a été sauvegardé par les arabes de confession musulmane.

D'ailleurs je me demande si les arabes on exigé des traducteurs de se convertir à l'Islam ? ( pardonnez , c'est une de mes blagues pourries )

Portrait de Pascal Riché

à sayfam Portrait de sayfam De Pascal Riché (auteur) 7

Rue89 | 22H55 | 02/05/2008 | Permalien

Il s'agit dans cetet controverse de comprendre qui a joué un rôle dans la transmission du savoir grec au monde occidental chrétien. L'apport du monde musulman, dominé alors pas les Arabes, a-t-il été décisif ? Il est vrai qu'il existait des arabes chrétiens, mais la polémique ne porte pas sur eux, mais sur le rôle joué par les savants musulmans.

Portrait de sayfam

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De sayfam

13H08 | 03/05/2008 | Permalien

Très juste mais quel est l'interet de cette démonstration ?
L'effet papillon est reconnu par tous les scientifiques, elle s'applique dans l'espace mais aussi dans le temps. Si les arabes de confession musulmanes ont participé à un moment donnée dans la transmission du savoir il ne peut pas etre ignoré par nous meme, le simple fait de modifier un élement de notre futur ( si c'était possible) pourrait engendrer une guerre à l'autre bout du monde, alors si on se demande si les arabes musulmans ont contribuer de facon décisive, il faudrait reprendre l'histoire depuis le Big Bang ; tant bien que mal ont pourrait prouver que chaque peuple a contribué d'une facon ou d'une autre au monde d'aujourd'hui, l'histoire de la connaissance n'est pas limiter par les religions, les peuples, les culture, elle n'en a rien à faire, elle a été influencé mais a évoluer dans une totale indépendance.

A quoi bon réduire cette démonstration à une période extrêmement petite. N'oublions pas que la Terre à une histoire de 4 milliards d'années environs, alors si l'on réfléchis dans ce sens on s'aperçoit assez vite que ce livre n'est qu'un vulgaire essai qui tente de tirez partie de l'actualité Islam-ophobe.

Portrait de Network 23

à sayfam Portrait de sayfam De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 13H22 | 05/05/2008 | Permalien

Voir la tribune de Seddik :

« Sylvain Gouguenheim oublie en effet, ou feint d'oublier, que l'espace du savoir arabe dont il parlait n'était pas régi par les normes et les frontières des nationalités et des appartenances territoriales, ethniques ou religieuses.

La grande majorité des théoriciens de la grammaire arabe étaient persans.

Les jurisconsultes qui ont fait passer les prescriptions coraniques dans les sommes juridiques venaient de tous les horizons du vaste empire.

Médecins, chimistes et alchimistes, géographes, philosophes et théologiens de Fès, Kairouan, Alexandrie, Moussoul ou Bagdad ne se reconnaissaient que d'une appartenance commune, celle qui leur faisait consigner en arabe leur pensée et leurs découvertes.

Peu importe qu'ils aient été musulmans ou chrétiens, sabéens ou juifs.

Dès le début de l'islam, un des pères fondateurs de l'Eglise, Saint Jean Damascène (676-749), de son vrai nom Mansour Ibn Sarjûn, était tout à la fois vizir auprès du calife Marwân et grand pourfendeur de ce qu'il appelait l'hérésie islamique, sans que cela l'ait conduit au bûcher, comme il était d'usage en Europe jusqu'aux époques chantées par Sylvain Gouguenheim, et pour beaucoup moins que cela ». »

http://www.telerama.fr/idees/grecs-et-arabes-deja-d-antiques-complicites…

Portrait de pampero

De pampero

20H44 | 02/05/2008 | Permalien

Curieux d'en savoir un peu plus, j'a été farfouiner sur la toile et je suis tombé sur un article de 1970 d'un certain Coloman Viola, chercheur au CNRS intitulé, oh surprise ! « Aristote au Mont Saint Michel ». Cet article a-t-il créé autant de remous que celui en discussion ici ? Difficile à savoir puisqu'il n'y avait pas encore « d'internctuels » à l'époque

Portrait de Network 23

à pampero Portrait de pampero De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 13H17 | 05/05/2008 | Permalien

l'article est de 1967, voir :

http://www.liberation.fr/rebonds/323893.FR.php

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