Il fut un temps, pas si lointain, où le premier mai, avant d'être le début d'un weekend prolongé, marquait un rendez-vous important pour ce qu'on appelait alors la classe ouvrière. Les centrales syndicales faisaient le plein dans leurs cortèges parisiens, entre République et Bastille, en résonnance avec d'autres cortèges similaires dans les principales villes de province et du reste du monde.
Ce temps-là n'est évidemment pas totalement révolu, et, ce jeudi après-midi, le rituel sera observé place de la République, à Paris, où débutera le cortège syndical, plus unitaire que les années précédentes avec le retour remarqué de la CFDT. Mais il est clair que pour bon nombre de Français, un premier mai qui tombe un jeudi est plus l'occasion de célébrer le premier pont d'un mois de mai qui n'en manque pas, plutôt que de commémorer une grève sanglante à Chicago en 1886 ! On peut le déplorer -ou simplement le constater : l'évolution de nos sociétés a affaibli ce signe extérieur de solidarité et de mobilisation que représente le premier mai. Il n'y a d'ailleurs pas qu'en France. En Chine, la dernière grande puissance à se revendiquer du communisme tout en pratiquant un hypercapitalisme, la fête du travail marque désormais le début d'une semaine de vacances, sans le moindre défilé ou contenu idéologique.
Il est d'ailleurs symbolique que la CGT ait décidé de placer en tête de son cortège des salariés immigrés sans-papiers, qui ont remplacé les bataillons de la classe ouvrière française à l'avant-garde de l'exploitation de l'homme par l'homme.
Ce premier mai n'est toutefois pas sans enjeu, et même si la taille des défilés syndicaux n'a plus l'importance d'antan, la première fête du travail de l'ère Sarkozy se déroule dans un contexte socialement tendu. Elle marque même le début d'un mois qui, outre le quarantième anniversaire d'un autre mai agité -dont on entendra beaucoup parler-, sera ponctué de rendez-vous sociaux importants.
A deux reprises au moins, les 15 et 22 mai, les syndicats ont lancé des mots d'ordre de mobilisation contre la politique gouvernementale. Le 15, les fonctionnaires et les lycéens seront dans la rue, et une semaine plus tard, un front syndical particulièrement large appelle à manifester sur les retraites. Le tout dans un contexte de grèves à répétition dans le secteur privé pour le pouvoir d'achat, et plus généralement, de grogne sociale croissante.
Ce sera un test délicat pour le gouvernement, affaibli par la chute de popularité du couple exécutif, et par une conjoncture économique plus que morose. C'est aussi un test pour les centrales syndicales, partagées entre pragmatisme et combattivité.
Quoi qu'il en soit, on est loin des revendications des débuts des défilés du premier mai, qui avaient pour mot d'ordre la journée de travail de huit heures maximum ; plus loin encore des grandes grèves avec occupation d'usine de mai 68. En 2008, on défile surtout pour sauver ce qui peut l'être de plus d'un siècle de conquêtes sociales mises à mal par la mondialisation.
Pierre Haski
► Edito diffusé jeudi 1er mai sur Europe1. Retrouvez l'édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.




















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De le mur
07H55 | 01/05/2008 |
Bonjour Monsieur Haski,
Vous oubliez le samedi 18 mai, manifestation nationale à Paris pour l'Education nationale et nouvelle manif le dimanche 24 dans toute la France. Profs, élèves et parents ont aussi décidé d'occuper les week-end. Pas de repos pour Monsieur Darcos !
à le mur
De kawouede
10H00 | 01/05/2008 |
Exact, le mur : merci ! il ne s'agit pas là d'une mobilisation catégorielle, mais bien de la contestation d'un choix de société qui se fait dans le dos des citoyens (et en se moquant d'eux, voir les réponses du président aux journalistes jeudi dernier).
A tout à l'heure dans le cortège ?
Mai 2008 pourrait bien liquider l'héritage sarkoziste…
De skalpa
actif et militant ? | 08H04 | 01/05/2008 |
Premier mai 2008 : application du nouveau code du travail remanié et ce pas forcément pour la défense des salariés !

Que de symboles !
http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De Alexad
11H20 | 01/05/2008 |
Merci skalpa de rappeler que le 1er mai est la fête des travailleurs(euses) et non la fête du travail comme si souvent pfffffff dit ! ! !
De Ponson Jean-Claude
ex chauffagiste | 08H21 | 01/05/2008 |
Le 1er, le 18, le 24…..Malheureusement je crois que tout a été dit concernant cette pauvre éducation nationale.
Même transformés en précepteurs, certains d'entre eux auraient encore du mal à être motivés.
Ceux là se battent uniquement pour conserver leur tranquilité et l'augmentation d'un salaire déjà conséquent.
Les élèves ….Quels élèves ? Ah oui cette minorité de jeunes savamment placés devant la manifestation ?
J'ai déjà vu ça dans certains pays que je ne vais pas nommer bien sûr ! : les femmes et les enfants sont placés devant pour protèger les organisateurs, en sécurité, à l'arrière.
Au fait, quequ'un pourait-il me dire se que sont devenus les 7000 profs payés sans poste depuis des années, découverts par la Cour des Comptes ?
Seront-ils dans les manifs eux aussi ? ? ? ? ? ?
De psyche
Agitateur d'inconscience | 08H27 | 01/05/2008 |
Bonjour à tous,
Bon premier Mai à tous…
De sevinilud
en liberté surveillée | 08H32 | 01/05/2008 |
Tous dans la rue en Mai !
De le mur
08H56 | 01/05/2008 |
Réponse à Ponson
Deux réponses
Concernant les professeurs soit-disant payés à ne rien faire, 7000 dites-vous ? ? ? Cela s'appelle des professeurs détachés. Ils ne sont pas payés à ne rien faire mais exercent dans d'autres institutions. C'est par exemple le cas des professeurs d'histoire qui enseignent dans les grandes écoles dépendant de la Défense ou aux archives, dans les musées. Certes, ils ne sont pas devant des élèves mais ils accomplissent un travail pédagogique précieux. En tout cas, je ne connais aucun professeur sans poste et plutôt des élèves qui aimeraient que leur professeur soit remplacé (cas de mes élèves de terminale qui n'ont pas eu d'Italien pendant un trimestre car leur professeur malade n'a pas pu être remplacé ! ).
Quant à la soit disant manipulation des élèves, ils sont assez grands pour se décider tout seuls ! !
Quant à traiter les professeurs de précepteurs, je trouve que cela traduit un mépris de mauvais aloi. Mais bon, sur ce point, j'ai ma conscience professionnelle pour moi et les réactions du terrain, c'est-à-dire celles des parents et des élèves qui semblent satisfaits de mon travail.
Vos allusions aux régimes totalitaires sont pour le moins spécieuses d'autant plus que, beaucoup de professeurs sont trop jeunes pour les avoir connus ! Le professeur soixante-huitard ou stalinien n'existe que dans vos fantasmes.
En revanche, une éducation de qualité permet d'aiguiser l'esprit critique et de construire des argumentations au lieu d'énumérer des préjugés comme vous le faites.
à le mur
De Ponson Jean-Claude
ex chauffagiste | 11H48 | 01/05/2008 |
Comment pouvez vous répondre à un post qui a mystérieusement disparu.
Pour la censure :
Hurler contre une soi-disant dictature en place, pour en créer une autre me semble tout à fait inacceptable dans la « démocratie » que vous prônez.
Ce commentaire s'adresse évidemment à celui ou ceux qui ont caché mon post afin de rester entre gens du même avis……. Fierté blessée ? Pas grave.
à Ponson Jean-Claude
De Pierre Haski
Rue89 | 11H53 | 01/05/2008 |
votre commentaire n'a pas disparu, il a simplement été refermé parce que mal voté par les internautes (je rappelle qu'il faut 10 votes de deux pastilles rouges ou moins pour qu'un commentaire se referme). Il suffit de cliquer sur le carré à gauche de votre nom pour qu'il s'ouvre. Donc pas de censure…
à Pierre Haski
De déluge
menuisier | 12H31 | 01/05/2008 |
Pas de censure, mais ça fait du bien de ne pas avoir à lire ce genre d'ineptie.
Il y a Radio Courtoisie pour ça.
à déluge
De Ponson Jean-Claude
ex chauffagiste | 13H09 | 01/05/2008 |
J'en supporte pourtant quelques unes des inepties.
Mais, généralement on appelle ça : tolérance.
Quand on lit les posts de certains responsables de mouvements étudiants. Je me demande ce qu'ils ont fait comme études, pour s'exprimer aussi mal et avec des fautes aussi grossières. Je ne critique pas, je constate. Une faute ou deux …Pas bien méchant, mais là….Enfin ! Une question d'amour propre !
Mais pour répondre à la censure : quelle rapidité pour fermer ce post. Trop rapide, ce qui enlève la crédibilité de votre dicours, Môssieur !
Ne tentez pas d'expliquer l'inexplicable ! ! ! ! ! !
Il me faut bien subir, puisque vous êtes chez vous, point barre ! Sauf que pour les leçons de démocratie, vous êtes vraiment très mal placé = attention …sondage en chute libre !
à déluge
De Unstern
14H23 | 01/05/2008 |
@ déluge
Je me demande si ça peut exister, sur Rue89, un umepénaute qui ne soit pas hystérique tendance parano ?
En tout cas, les (pseudo-)forums du Point ou du Figaro sont infiniment plus sélectifs. Et leurs modérateurs n'ont pas d'états d'âme : même rédigé d'un ton modéré et « courtois », un post non « conforme » idéologiquement a toutes les chances de passer à la trappe ou, plus subtilement, d'être expurgé de tout lien renvoyant à un site non « conforme ». J'en ai plusieurs fois fait l'expérience.
Et, bien sûr, on n'y croise aucun troll haineux…
à Unstern
De Ponson Jean-Claude
ex chauffagiste | 17H04 | 01/05/2008 |
Ici ils auraient du boulot vos modérateurs de pseudo forums !
Mais celà ne me gène pas vraiment. Comme je l'ai déjà dit, tout est question de tolérance.
Ce qui me gène vraiment se sont les donneurs de leçons de démocratie, qui interdisent un avis respectable, mais différent du leur.
Je laisse l'hystérie aux manipulateurs, voir aux manipulés à cour de raisonnement ou d'arguments.
Ceux là il faut à tous prix qu'ils parlent haut ou écrivent des mots forts pour attirer l'attention.
Je crois que l'on peut parler, dans ce cas, d'un complexe d'infériorité.
à Ponson Jean-Claude
De Unstern
20H03 | 01/05/2008 |
@ Ponson Jean-Claude
Tiens… vous vous êtes senti visé ?
Si sur Rue89 on appliquait les mêmes règles qu'au Point et au Figaro (et je ne parle même pas de Valeurs actuelles…), vous seriez éjecté sans bavure, et vite fait encore. : -)
Cela pour une raison bien simple : la « démocratie » affichée par ces sites est purement cosmétique. Une simple posture. Exactement comme votre laborieuse « impartialité ». : -))
Il n'est pas difficile de deviner quel est le bois dont vous vous chauffez. C'est tellement reconnaissable…
Donc, inutile de vous allumer comme vous le mériteriez. Je perdrais mon temps — et aussi celui des autres riverains. Et puis, en brave petit troll que vous êtes, c'est précisément le but que vous recherchez.
Mais bon, vraiment, vous n'en valez pas la peine…
à Unstern
De Ponson Jean-Claude
ex chauffagiste | 23H43 | 01/05/2008 |
Le problème est que vous rabachez les mêmes refrains.
Pas d'arguments, du vent….
Pas de solution, du vent….
Vous parlez de mon bois, mais le votre, il est où ?
« Laborieuse impartialité »… Encore du vent !
Pour m'allumer, il faudrait que vous ayez un raisonnement personnel, ce qui n'est malheureusement pas le cas, puisque vous ètes à fond dans la doctrine, avec de bonnes grosses oeillères, pour ne surtout pas sortir de l'ornière…En fait vous suivez les autres moutons.
Mais vous avez raison, on ne va pas se fâcher …Pour si peu !
à Ponson Jean-Claude
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 23H45 | 01/05/2008 |
Monsieur Ponson, pour quelqu'un qui critique l'orthographe des profs, vous faites pas mal de fautes !
à Di
De Ponson Jean-Claude
ex chauffagiste | 07H25 | 02/05/2008 |
Désolé, mais je ne visais pas les profs à qui il arrive de faire une faute ou deux, comme moi, mais de leurs élèves, étudiants, qui s'expriment et écrivent au gré de la phonétique ! ! ! ! ! ! !
Si celà vous convient pour votre enfant, alors on peut comprendre pourquoi certaines réformes de l'enseignement ont tellement de mal à voir le jour.
Par ailleurs, vous ne vous risquez pas à exposer un point de vue, d'abord parce qu'il faudrait que vous en ayez un, mais celà nous permettrait de d'apprécier votre prose, qui, bien sûr, sera sans aucune faute.
Avec deux petites lignes, je vais avoir du mal ;
Par ailleurs, vous vous détournez du sujet, mais ce doit être pour les mêmes raisons ! ! ! ! !
à Pierre Haski
De I.P
Flat4 | 02H00 | 02/05/2008 |
Il n'empeche que sur certains sujets développés sur rue89 il ne fait pas bon être « non aligné » sur l'avis majoritaire de « la gauche ».
Je me souviens en particulier d'un député ( ? ) UMP qui avait publié ici et d'une foule de commentaires vraiment trollesques et dénués de tout interet qui formaient un ensemble comparable à ce qu'on pourrait voir sur un forum du figaro après un article écrit pas un membre de l'aile gauche du PS.
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
09H01 | 01/05/2008 |
Cette année encore il n'y aura pas de front syndical, seules la CGT et la CFDT font cortège commun, et encore ! de République à Nation, ça ne va pas impressionner grand monde. FO fait encore mieux, de Place d'Italie à Commune dans le XIIIè, quelqu'un doit habiter dans le coin ? La CFDT est plus en jambes, de République à Bld Rochechouart.
Le « symbole » des régularisés en tête de cortège c'est aussi le symbole de la déliquescence des syndicats. Ces gens ont pu travailler ou être exploités pendant des années, certains pendant près de 20 ans dans le plus grand silence …. Parallèlement à ça, la place du chômage et de l'emploi est évacuée à l'avant-dernier rang des revendications des 2 grandes centrales. Je vous laisse additionner les motifs de désintérêt de la classe ouvrière le plus souvent réduite à la précarisation de leur emploi ou tout simplement à la précarité depuis des années.
Bon week-end de l'Ascension à tous.
De Le Yéti
yetiblog.org | 12H03 | 01/05/2008 |
ÉTINCELLE
« En 2008, on défile surtout pour sauver ce qui peut l'être de plus d'un siècle de conquêtes sociales mises à mal par la mondialisation. »
C'est parfaitement exact. On pourrait même, hélas, rajouter ceci : « avec l'énergie du désespoir et la conscience douloureuse qu'il est trop tard pour revenir en arrière sans heurts. »
Lorsque ces idées commencent à imprégner les consciences, c'est que tous les processus de révoltes et d'insurrections à venir sont enclenchés. Ils sont longs, incertains, mais finissent toujours par éclater.
On en est vite convaincu si l'on prend la peine d'examiner à tête reposée, (difficile par ces temps troublés ! ), la multiplication des mouvements de protestations, des signes de découragements, des grèves où transpire parfois l'énergie du désespoir, celle qui fait prendre tous les risques (exemple, la grève récente des travailleurs sans-papier).
Nous en sommes là aujourd'hui. Nous n'avons plus le choix qu'entre le processus de révolte pour la survie, ou celui de l'auto-destruction acceptée (celle de nos conditions de vie, mais aussi celle de notre planète). Le phénomène n'est pas seulement national mais mondial. Au point où nous en sommes, je crois l'affrontement entre les deux processus non seulement irréversible, mais nécessaire.
Tout espoir d'ultime conciliation raisonnable avec les cyniques au pouvoir, qui osent encore continuer à nous parler de « modernisation nécessaire » et de « période de rattrapage » (de quoi, de qui ? ? ? ), relève de l'illusion et de la naïveté.
Il ne suffit désormais que d'une étincelle. Il ne faut plus la craindre, mais se préoccuper de l'allumer avant qu'il ne soit trop tard.
à Le Yéti
De Calicot Jack
14H10 | 01/05/2008 |
« Il ne suffit désormais que d'une étincelle. Il ne faut plus la craindre, mais se préoccuper de l'allumer avant qu'il ne soit trop tard »
Derrière nos ordinateurs,on ne fait que constater et râler de manière stérile,un peu facile d'échafauder des théories bien confortablement installés devant un écran…
Reste à savoir qui va avoir le courage de l'allumer,l'étincelle,et combien de moutons effrayés par la liberté iront se cacher lâchement derrière le pouvoir en place dès que ça pètera.
Foutre le bordel,c'est bien joli mais on ne fait pas non plus d'omelette sans casser d'œuf et on sait qu'en face,ils ne mettront pas longtemps à mettre en place des stratégies répressives qu'ils étudient déjà depuis un moment dans le genre couvre-feu,restriction du droit de manifester ou état-d'urgence qui auront vite fait de décourager les plus virulents.Au besoin,ils se cacheront derrière un pseudo-combat contre le « terrorisme » pour justifier le fait de tirer dans le tas.
combien sont prêts à se sacrifier pour le bien commun et troquer leur Pc contre des pavés ? ? ?
à Calicot Jack
De Le Yéti
yetiblog.org | 18H42 | 01/05/2008 |
LE RÂLE STÉRILE DE L'IMPUISSANCE
1/ La tentative de discréditer d'avance ceux qui appellent à la révolte « installés devant un écran » ;
2/ l'évocation dissuadante des « moutons (forcément) effrayés par la liberté » pour signifier aux révoltés qu'ils ne seront pas suivis ;
3/ l'assimilation sournoise de toute révolte à un « bordel », et le rappel là encore dissuasif qu'« on ne fait pas non plus d'omelette sans casser d'œuf » ;
4/ la menace des réactions répressives d'en face.
Bref, la bonne petite batterie de prétextes balancés par les râleurs patentés pour justifier toutes les impuissances et toutes les inactions.
Je voudrais bien savoir comment ont été obtenus la fin des régimes totalitaires, l'abolition de l'esclavage, les décolonisations, les avancées sociales, les conquêtes féministes… sinon par des révoltes (malgré les moutons, les répressions et les œufs).
Je serais curieux de connaître les solutions de M. Calicot pour faire face au déclin qui nous emporte et aux ravages que l'Empire fait aujourd'hui subir au monde (les émeutes de la faim, M. Calicot, c'était le fait de gens « confortablement installés devant un écran » ? ).
à Calicot Jack
De Unstern
17H22 | 01/05/2008 |
@ Calicot Jack
Ce qui se passe sur Rue89 va, je crois, plus loin que le simple défoulement, le simple constat, la simple râlerie. On y apprend beaucoup, grâce bien sûr aux articles, mais aussi aux échanges d'informations (livres récemment parus, lien vers de nouveaux sites, etc.) et, parfois, aux analyses des riverains.
Mais il y a plus.
En juin 2007, à s'en tenir aux médias généralistes, on aurait pu croire que les 47 % qui avaient voté contre l'actuel prézydent avaient disparu comme par magie dès le lendemain du 6 mai. Sur les ondes et dans la presse (sans parler de la télé), on a assisté à un déferlement jamais vu d'intox, d'autocélébration et de culte de la personnalité. On se serait cru dans la Russie de Staline ! Et le prézydent caracolait à des hauteurs ahurissantes, quasi obscènes, dans des sondages dont à cette lointaine époque, comme par hasard, la droite ne contestait nullement la fiabilité…
Sans les forums de Marianne (hebdo qui a clairement montré, avant même sa victoire, que l'actuel prézydent est inapte à exercer ses fonctions), de Rue89, de Libé et de quelques autres sites, j'aurais très bien pu m'imaginer que j'étais l'un des rares à ne pas me réjouir du résultat des élections, l'un des derniers à rester aveugle à la lumière de l'astre Bling Bling.
Pouvoir être entre soi, se compter, s'encourager, c'est très important. Et de ce point de vue, les sites alternatifs de la Toile fonctionnent comme une réunion permanente — et impossible à interdire. Ce qui est tout simplement capital. Ça peut sembler bête à dire, et plus encore à répéter, mais tant que l'esprit antisarkozyste conservera un minimum d'unité et de réactivité (et depuis quatre mois il a drôlement repris du poil de la bête), le pouvoir actuel n'aura pas gagné et devra se tenir sur la défensive.
Car désormais, le temps joue contre lui.
à Calicot Jack
De Unstern
23H16 | 01/05/2008 |
@ Calicot Jack
Le temps n'est plus du côté de l'hyperprézydent.
Contrairement à ce qu'on nous répète, il n'est plus du tout impatient de présider la CEE pour six mois. Il se pourrait que ce soit tout le contraire.
Sans même parler de la réputation de clown qu'il traîne à l'étranger, quelle légitimité pourra-t-il avoir pour présider la CEE, alors qu'il est de plus en plus contesté dans le pays qu'il prétend gouverner ? Les tapis rouges, les limousines, les sourires, les discours, les poignées de main devant les caméras, bref tout le théâtre habituel des dirigeants, tout ça sera nettement insuffisant pour persuader qu'il a la situation en main.
Or il doit donner toujours plus de gages à Barroso et aux autres néo-libéraux de Bruxelles, autrement dit avancer davantage encore dans la démolition du système social établi en France à la Libération.
S'il le fait, ça explose en France. Et s'il ne le fait pas, à Bruxelles on le flingue.
Quand est-ce que ça va exploser ? Soit maintenant. Soit, comme avec Juppé, à l'automne, après le répit des vacances… Mais l'étincelle s'est bien produite, la mèche a bien été allumée… par l'Agité en personne !
La répression ? S'il n'a pas été capable, quand il était ministre de l'Intérieur, de gérer les émeutes de Clichy-sous-Bois et de quelques autres cités, qu'est-ce qu'il pourra bien faire si ça chauffe dans tout le pays et pas seulement dans quelques banlieues ?
L'interdiction de manifester ? Ça ne ferait qu'aggraver la situation. Il y a quand même une certaine tradition, dans ce pays…
L'état d'urgence, le couvre-feu ? Ça causera tellement de dégâts au tourisme et à la sacro-sainte consommation que ses amis de l'industrie et de la finance lui demanderont vite d'arrêter.
Sans compter que, la France présidant la CEE jusqu'en décembre, nos voisins européens seront donc particulièrement attentifs, durant cette période, aux divers événements qui pourraient éclater dans notre beau pays…
En mars 1968, comme le remarquait alors « Le Monde », la France s'ennuyait… mais De Gaulle (à qui je ne ferai pas l'injure de le comparer au Beauf de l'Élysée) avait quand même la majorité du pays derrière lui.
En avril 2008, la France ne s'ennuie plus. Elle se serre la ceinture, ou elle crève carrément la dalle. On ne peut plus faire peur au bon peuple en agitant l'épouvantail des vilains communistes. Et on ne peut pas dire : « C'est moi ou bien le chaos », quand on EST soi-même le chaos.
Le tsar Nicolas II a actuellement pour lui… 32 % des Français. Combien dans quelques mois, dans quelques semaines ? 26 % ? 22 % ? 17 % ? Les paris sont ouverts…
Les deux derniers sondages qui lui accordent 32 % ont été effectués juste avant le cirque télévisé de jeudi dernier. À l'UMP, à Matignon, à l'Élysée, on doit réciter des chapelets en boucle pour que cette coûteuse opération de com » puisse ralentir un peu, un tout petit peu, le dévyssage prézydentiel…
Mais dans le cas contraire ?
à Unstern
De Le Yéti
yetiblog.org | 04H26 | 02/05/2008 |
Bé dites donc, vous êtes intarissable, Unstern ! Mais rien que du bonus. Merci pour la précision de l'analyse.
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 14H16 | 01/05/2008 |
Ben ce matin, avec les jeunes qui appelaient à la convergence des luttes dans le défilé, il y avait comme un air de « temps des cerises ». La dernière fois que nous défilions ainsi coude à coude c'était pour le CPE.
Certains faisaient même très fort en matière de prévention de la violence et des provocations ; ils offraient des brins de muguet aux flics débonnaires. Ce fait à l'air anodin mais il donne encore plus de force et de gravité à la vague que l'on sent monter en puissance avec l'internationale sur les talons.
Il y a beau jeu que nous n'avions plus eu ce bonheur de renifler des tracts fleurant bon l'encre et le printemps, longtemps que nous ne nous étions comptés aussi nombreux pour un 1er mai,
L'air était vif, plein de retrouvailles. Un vrai matin de printemps.
à Jonas2
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 15H14 | 01/05/2008 |
Merci Jonas pour cette jolie image, moi aussi je cherche desespérément depuis des mois comment on pourrait sortir du contexte d'affrontement, qui ne fait généralement que radicaliser les deux parties en place, pour entrer dans l'ère d'une révolution féconde, car non-violente… on sait que le basculement se produit TOUJOURS quand les « forces de l'ordre » (ou l'armée) rallient les insurgés…
Gandhi est le seul à avoir réussi ce tour de force… mais il y a eu quand même beaucoup de morts… avant que les militaires anglais ne s'arrêtent de frapper « parce qu'on ne peut pas tirer sur des gens qui ne se défendent pas », beaucoup étaient tombés.
En tant que femme, je serai tout à fait prête à me placer « devant » (comme il est fait au Mexique, dans le cadre d'une « résistance civile pacifique » mais massive) si seulement cela pouvait éviter des affrontements en provoquant un « refus de frapper » chez ceux dont c'est devenu le métier, à force de bourrage de crâne… mais mes fils, non, eux je les laisserai derrière : ils sont devenus des ados, donc « danger potentiel » dans la fantasmatoire idéologique actuelle, ils n'hésiteraient plus à les brutaliser…
(aussi la raison pour laquelle mon fils aîné a quitté la France, il s'y fait contrôler toutes les 5 minutes, alors qu'en Belgique on lui fiche la paix)
De léo solo
15H09 | 01/05/2008 |
Dis-donc,
camarade Soleil,
tu ne crois pas
que c'est vraiment con
de donner
une telle journée à un patron ?
jp
De Phil2922
Retraite invalidité | 15H10 | 01/05/2008 |
En 68, les accords de Grenelle avaient été désavoués par la base ouvrière qui voulait poursuivre la grève…
En 2008, désavouons les Confédérations syndicales (telle la CFDT) qui essaient de se refaire une virginité avant les élections prud'hommales. Organinons des AG dans nos services, sur les chantiers et lançons un appel qui tienne la route…par exemple GREVE GENERALE INTERPROFESSIONNELLE… ! !
http://phil195829.overblog.com