
Malgré votre ébouriffant CV, cet aimable recruteur vous refuse le poste. Motif : un commentaire vachard sur une société concurrente posté il y a deux ans sur un forum. Bienvenue dans le monde merveilleux du web 2.0, où chacun s'exprime et peut retrouver ce que d'autres ont écrit. Des start-ups y voient un business prometteur.
On appelle ce marché naissant celui de la réputation sur Internet, ou de la « gestion de l'identité numérique ». Des sociétés se spécialisent déjà dans diverses formes de « surveillance » ou de « contrôle » de cette réputation, comme le résumait en novembre un article de TechCrunch, blog spécialisé dans le Web 2.0.
A notre connaissance, une seule propose d'aller plus loin, en « nettoyant » Internet des traces que ses clients jugent compromettantes. Il s'agit de Reputation Defender, qui semble viser le marché francophone : une version complète de son site existe en français. La société californienne n'a pas répondu à notre demande d'entretien.
Reputation Defender et consorts prospèrent sur deux constats : de plus en plus de recruteurs font des recherches en ligne sur les candidats ; et les sociétés prennent conscience de l'importance de leur réputation sur le Web. Selon TechCrunch,
« 77% des recruteurs effectuent des recherches en ligne et 35% ont déjà éliminé un candidat en se basant sur les résultats de leur recherche ».
Impossible de retrouver l'origine de cette étude. Dont on pourrait penser qu'elle tombe très opportunément pour le nouvel écosystème de la réputation… Pour Fred Bordage, auteur de l'article de Techcrunch, « les études sont fiables car elles sont, pour la plupart, sorties avant que la gestion de l'identité numérique ne devienne à la mode ».
Un travail « ardu » pour que vous puissiez mieux dormir la nuit
Il serait donc utile de faire effacer ses erreurs sur le web… Reputation Defender propose le service pour la bagatelle de 29,95 dollar (19,24 euros) la trace :
« Nos experts formés sur la réputation Web utilisent une panoplie de méthodes uniques développées par nos soins pour corriger et/ou retirer complètement du Web tout ce que vous avez sélectionné. C'est un travail ardu, mais nous prenons la tâche très au sérieux pour que vous puissiez mieux dormir la nuit. »
Ouf. A y regarder de plus près, il n'existe probablement pas de « méthodes » si « uniques » pour nettoyer le Web, explique Fred Bordage, ancien informaticien :
« En réalité, ils “effacent” les traces en demandant aux différents sites (forum, blog…) sur lesquels elles sont présentes de les supprimer. Mécaniquement, à force d'effacer des traces, leur référencement est moins bon et elles apparaissent progressivement plus loin dans les résultats de recherches. »
Le courrier poli adressé au webmaster fonctionne dans les pays où le droit d'Internet existe, mais dans les autres ? Réponse du pirate -tendance « white hat »- Crashfr, du collectif Hackerzvoice,
« Les fabricants de logiciels comme Windows ne parviennent pas à faire fermer des sites de piratage, alors je ne vois pas comment ces sociétés qui prétendent “nettoyer” le Web peuvent réussir à effacer toutes les traces.
Ensuite, en plus du nettoyage des premières références négatives, il y a toujours la possibilité de créer des sites miroirs pointant vers un site positif pour repousser encore plus loin les autres références. Mais c'est interdit. »
Aucune chance contre les nouveaux archivistes du Web
Le recruteur affranchi n'a donc qu'à pousser plus loin que les premières pages. Ou à fouiller dans le cache des moteurs de recherche, où les références restent jusqu'à ce que leurs robots rescannent les sites concernés. En outre, on focalise sur les résultats de Google, mais d'autres moteurs existent qui utilisent des algorithmes différents. Quant aux outils un peu plus sophistiqués comme la Wayback Machine, gérée par des bénévoles qui ont déjà archivé 85 milliards de pages web, il n'y a absolument aucun recours.
Bref, l'aspect « nettoyage » du business de la gestion de l'identité numérique paraît surtout reposer sur… du vent. Restent des rumeurs, comme celle d'un reporter photographe qui aurait obtenu de Google le retrait de toutes les mentions de son nom afin de se rendre clandestinement en Corée du Nord. « Il y a tellement de mythes sur Google », s'amuse Anne Gabrielle Dauba-Pantanacce, responsable de la communication de Google France :
« Plusieurs fois par semaine, nous avons des coups de fils de particuliers ou de journalistes qui nous demandent de retirer leur nom de nos pages. Les gens ne comprennent pas comment ça marche. Nous ne sommes qu'une sorte d'aiguilleur du ciel, il faut écrire aux éditeurs du site. Nous n'avons pas vocation à retirer unilatéralement les contenus. »
Si Google accepte de déréférencer des résultats de recherche, c'est uniquement dans le cadre d'une procédure judiciaire.





















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à dulconte
De bilqis
pr vivre heureux vivons caché | 13H42 | 30/04/2008 |
pour être plus claire : je googelise l'employeur en tant que personne.
En plus bien sûr de recherches sur l'entreprise elle même …
Et tout à fait d'accord pour le CV anonyme qui devrait être plus répandu.
De Superblaireau
comme son pseudo l'indique | 13H03 | 30/04/2008 |
http://tonneville.miniville.fr/
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 13H13 | 30/04/2008 |
Et comment font les employeurs si on porte un nom assez courant. Lorsque je me « googelise », je vois que je ne suis pas la seule avec ce nom : en page 1, nous sommes deja 7.
à Venezuela
De Tophee
en haut a gauche | 14H27 | 30/04/2008 |
C'est un autre probleme de la googlelisation des candidat : comment le recruteur peut-il etre sur que ce qu'il trouve correspond a la personne qu'il l'interesse.
Il y as biensur une inegalite : Si on porte un nom plutot rare, comme moi, on est asse expose. A l'inversse, si on as un nom courant, on est bien cache : j'ai travaille a une epoque avec un « Paul Edwards », rien que dans le bureau ou nous etion (env 4000 employes) il y avait 4 Paul Edwards ! Avec un nom comme cela, on est peinard.
De m a i a
aquoiboniste | 13H21 | 30/04/2008 |
Ça veut dire que je ne siègerai jamais aux côtés du parrain, au conseil municipal de Da$$ault City ? ? ?
Damned !
maia
De Anne Honym
13H30 | 30/04/2008 |
Deux mots : pseudonyme. Et euh… pseudonyme.
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H36 | 30/04/2008 |
Apparemment ceux qui ont recruté Mario Alfredo Sandoval pour être prof en France et travailler dans l'intelligence économique ont oublié de vérifier sur Internet les fichiers de la CONADEP, la Commission argentine des personnes disparues.
Comme quoi, dans l'intelligence économique, c'est comme en Tunisie : on ne fait pas dans la politique - et l » « Etat de droit », c'est fait pour les « banlieues », pas pour les salons.
http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-100806-2008-03-16.html
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/05/MAZURE/14697
http://www.calpa-paris.org/spip.php ? article360
http://www.marianne2.fr/Les-Chambres-de-commerce-ont-aide-l-ex-tortionna…
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H41 | 30/04/2008 |
Big brother is watching you…
http://phil195829.overblog.com
De cosmicludovic
guitariste ultra rock pop trash | 15H25 | 30/04/2008 |
moi, mon entreprise efface vos traces de pas dans la neige
pour 200 € : -)
De Aloïs
Etudiant | 15H34 | 30/04/2008 |
Les magies du net, on peut modifier son ip par l'installation d'un logiciel, qui, toutes les 5 secondes change votre ip =) .
Sinon, saviez vous cela :
http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi ? offre=ARCHIVES&type_ite…
De alexandre-villeneuve
twitter.com/referencement | 17H26 | 30/04/2008 |
Bonjour,
Je ne vois effectivement pas comment Reputation Defender peut promettre une suppression totale des mauvaises informations, surtout à un prix forfaitaire (d'ailleurs 30$ ce n'est d'ailleurs pas forcément cher).
Cependant, il y a évidemment moyen d'améliorer la visibilité des contenus favorables, au détriment des défavorables, un mixe entre le référencement et le e-marketing.
à alexandre-villeneuve
De Chele
03H16 | 01/05/2008 |
Exactement : 30 $ par occurrence.
De peplum85
18H01 | 30/04/2008 |
mais on s'en fout ! les critères de sélection pour un emploi sont déjà tellement délirants . un peu plus un peu moins , ou est le problème ? en tout cas certainement pas là
De drzz
19H18 | 30/04/2008 |
Article très intéressant.
http://leblogdrzz.over-blog.com
De fabe13
08H02 | 01/05/2008 |
et la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu !
De Olivier_Zara
14H34 | 01/05/2008 |
L'étude citée au début de l'article est une étude américaine et donc valable uniquement pour les Etats-Unis. En France, c'est plus qu'émergent. Elle a été réalisée par http://www.execunet.com. Elle a été reprise sur ce blog par exemple : http://www.gainesville.com/article/20070623/SUNFRONT/706230354/-1/news
Voici un extrait :
ExecuNet, which provides information for corporate recruiters, found that 77 percent of hiring managers use search engines to learn more about job candidates. The study also found that 35 percent of those executives have eliminated a candidate from consideration based on information they uncovered online.
Par ailleurs, il existe beaucoup d'autres sociétés qui font du « nettoyage » sur Internet pour les particuliers mais aussi et surtout pour les entreprises.
Pour en savoir plus : http://reputation.axiopole.info/
De fabyopium
Bougnat pragmatique mais pas trop | 16H03 | 02/05/2008 |
Mais oh mon Dieu quelle horreur… Mes futurs recruteurs, s'isl errent sur RUE89 risquent de deviner mes origines Auvergnates avec mon pseudo débile… Zut alors…