coup de cœur

Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents mao

Dans la déferlante du quarantième anniversaire de mai 68, un livre sort du lot. Aux antipodes des mémoires d'anciens combattants, du » Mai 68 expliqué à… » , ou encore des essais savants : c'est le témoignage des » fils et filles de » , les rejetons des dirigeants gauchistes du mois de mai et des quelques années chaudes qui ont suivi. Ils ont grandi dans des familles totalement immergées dans l'action révolutionnaire, et ont survécu à la tempête et à la fin du rêve : qui sont-ils aujourd'hui ?

A lire Virgine Linhart, il n'est pas certain qu'on puisse dire, pour paraphraser le célèbre film avec Balasko, » tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir eu des parents soixanthuitards » … Car le point de départ de ce livre touchant et terriblement humain, est une douleur. Celle qui a donné son titre au livre : » le jour où mon père s'est tu » .

Le père de Virginie, Robert Linhart, est l'un des fondateurs du mouvement maoïste en France, d'abord à l'UJC(ML) (Union des jeunes communistes - marxiste-léninistes), puis à la Gauche prolétarienne, le principal groupe Mao issu de mai 68. Robert Linhart était » Mao » avant 68 : l'UJ » comme on disait alors, a été fondée en 1966, en rupture avec le PCF. En 1967, Robert Linhart se trouve en Chine, en pleine révolution culturelle, et écrit à sa femme restée en France :

 » Mon chaton, hier nous avons visité une commune populaire ; j'attendais cela depuis 1964 ; c'est aussi bien que nous l'imaginions. C'est la voie lumineuse que prendront tous les affamés du monde. »

Et, de ce fait, Robert Linhart n'a rien compris à ce qui s'est produit au printemps 68, qui ne correspondait pas aux manuels révolutionnaires ML (marxistes-léninistes)… Sa fille écrit :

 » Tout à son organisation, mon père ne voit pas mai 68 arriver. A la théorie, se mêle le sentiment de supériorité : l'UJC(ML) est au coeur de l'histoire, les établis en sont les soldats, les manifestations de mai sont forcément un « mouvement petit bourgeois étudiant“ puisqu'elles n'ont été ni prévues, ni souhaitées, ni déclenchées par la direction de l'organisation.”

Le drame s'est produit bien plus tard, en 1981 : Robert Linhart fait une tentative de suicide, manquée, et s'enferme ensuite dans un long, très long silence. Virginie avait quinze ans, et s'est retrouvée, adolescente, face à un père présent mais emmuré dans son propre monde.

Devenue réalisatrice de documentaires, auteur d'un premier livre réussi sur l'épopée paternelle ( » Volontaires pour l'usine. Vies d'établis 1967-1977 » , Seuil, 1994), il lui a fallu vingt cinq ans pour s'attaquer à la question plus intime de la cassure du père. Et elle l'a fait en empruntant un chemin oblique, en allant rendre visite à sa génération à elle, celle des enfants de dirigeants, pour chercher dans leur éducation commune les secrets que son père ne pourrait plus lui confier. Un aller-retour permanent entre les itinéraires de ses « frères et sœurs » en descendance révolutionnaire, et le mystère de la folie paternelle.

Le voyage est passionnant, intriguant, déconcertant aussi, tant les itinéraires sont variés parmi ces enfants, qui vivaient la révolution sans rien y comprendre, au milieu d'assemblées générales permanentes enfumées et bruyantes, de parents jamais disponibles pour leurs bambins car la révolution n'attendait pas, au milieu aussi d'une époque de basculement des mœurs, de libération sexuelle -enfin pas chez tous, certains groupuscules étant plus rigides que d'autres… Un portrait de génération unie par une expérience commune exceptionnelle.

A l'arrivée, ils sont bien sûr très différents ces fils et filles de, même si, venant généralement de milieux bourgeois et intellectuels, ils ont tous plutôt bien réussi : mais quel rapport entre Mao (authentique, c'est bien son prénom) Péninou, fils de Jean-Louis, qui a appris la politique au biberon et qui en a fait sa vie (au PS, tendance DSK), et René Lévy, fils de Benny Lévy, le fondateur de la Gauche prolétarienne, qui a suivi les traces de son père jusqu'au judaisme orthodoxe et à l'étude de Levinas ? Leurs récits sont parsemés de ruptures, de contre coups des soubresauts de la vie des parents, à l'image de Thomas Piketty, aujourd'hui économiste socialiste à la mode, dont le père était à Lutte ouvrière où » c'était très mal vu d'avoir des enfants » .

 » Mon père a arrêté de militer en 1978 et a commencé un travail sur lui-même. (…) L'arrêt de son militantisme a coïncidé avec une période très difficile pour moi. C'était comme si la vie s'arrêtait. J'avais quatorze ans. Pendant deux ou trois ans, j'ai littéralement sombré, psychologiquement, socialement, scolairement. Du jour au lendemain, mon père cessait d'être un militant révolutionnaire, de courir de réunions en débat, de collage d'affiches en distributions de tract, et moi je me cassais la gueule. Au sens propre comme au sens figuré. J'ai commencé par me casser la jambe, puis j'ai sombré dans une profonde dépression » .

Nathalie Krivine, fille aînée d'Alain le trotskyste, née en 1967, ou Florence, sa deuxième fille, née en 1973, n'auront pas les mêmes vies à cause de six années d'intervalle, » mais quelles années » écrit Virginie Linhart. La première veut rompre avec la politique et l'intellectualisme et choisit de travailler dans une agence de voyage, alors que la plus jeune est restée dans le giron familial, a longtemps milité et s'occupe de restructuration sociale d'entreprises.

Les noms défilent, Lamiel Barret-Kriegel, fille de Blandine, philosophe alors d'extrême gauche, qui est devenue avocate ; Samuel Castro, fils de Roland, l'architecte, dirigeant de Vive la Révolution, le mouvement » mao-spontex » (spontanéiste), devenu médecin neurologue ; Mathias Weber, fils d'Henri, l'ex-trotskyste devenu sénateur socialiste (fabusien), qui est devenu gérant d'une société d'effets spéciaux audiovisuels…

Virginie Linhart ne conclue pas, ne tire pas de leçons ; elle refuse toutefois l'amnésie, les captations ou caricatures d'héritage d'un temps qu'elle a vécu par la lorgnette de l'affect, pas celle de la réflexion. Car elle souligne que :

 » mai 68 n'est pas seulement l'histoire de mes parents, c'est aussi la mienne. Complètement. Les événements de mai 68 ont bouleversé ma vie aussi sûrement qu'ils ont transformé la leur. »

Elle ne juge pas, mais elle se contente par exemple d'exprimer son » désarroi » face au parcours d'un André Glucksmann,

 » dont j'aimais petite fille l'attention tendre, [et qui] est désormais ce philosophe égaré assis au premier rang d'un meeting de soutien au candidat qui conspue mai 68. J'apprends que bien des héros de la vie réelle de mon enfance ont rompu avec la gauche, certains écrivent même dans une revue qui se proclame fièrement atlantiste et qu'on dit acquise au champion de l'UMP. Bientôt, on saura que Bernard Kouchner ne refusera pas de devenir le ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy. Ce ne sera pas si grave que cela, juste étonnant. »

A lire pour un autre regard sur mai 68, celui de ses vrais » enfants » .

Le jour où mon père s'est tu, par Virginie Linhart - Seuil - 175 p. - 16€.

Pour aller plus loin : l'interview de Virginie Linhart sur Europe1.

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Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 07H52 | 28/04/2008 | Permalien

« DIRIGEANTS GAUCHISTES »

Vous auriez parlé de « dirigeants », gauchistes ou non, en 68, vous auriez fait rigoler ! J'ai beau fouiller dans ma mémoire, je ne vois pas qui a « dirigé » quoi que ce soit en 68. Certainement pas les gauchistes. Ce ne sont même pas eux qui ont lancé le mouvement. Ont seulement pris le train en marche. « Tout à son organisation, mon père ne voit pas mai 68 arriver, » écrit une des « rejetonnes » citées par vous.

Qui est à l'origine du mouvement de ce joli mois de mai, alors ? Tiens, je vous livre un témoignage que je viens de recevoir d'une amie, étudiante de Nanterre à l'époque : « Ce qui m'avait lancé dans cette aventure, c'est que ça me gonflait trop de laisser la clé de ma chambre en Cité Universitaire dans le casier pour que le concierge sache si j'étais là ou pas. Pourtant, je découchais même pas. Mon premier acte de rébellion, c'était de PAS laisser la clé dans le casier. Mais c'est aussi parce qu'on avait décidé ça à PLUSIEURS. Quatre ou cinq. »

Alors, les « dirigeants » là-dedans ! « Diriger » n'est pas forcément parler plus fort, et encore moins dans les médias. Le moindre pet revendicatif en l'air et les médias en cherchent le ou les dirigeant(s). Une manie. C'est pratique un « dirigeant » pour organiser un plateau pas trop foutraque et bien lisse. D'ailleurs un de nos « dirigeants gauchistes » favoris (le postier) est bientôt l'invité spécial de Michel Drucker. C'est dire si la révolution est en marche !

Portrait de Pierre Haski

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Pierre Haski (auteur)

Rue89 | 07H56 | 28/04/2008 | Permalien

« 68 » ne s'arrête pas au mois de mai : dans les années suivantes il y a bien eu des organisations (GP, VLR, Ligue, LO, OCI…) et donc des dirigeants.

Portrait de Le Yéti

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De Le Yéti

yetiblog.org | 08H47 | 28/04/2008 | Permalien

Bonjour Pierre,

Tout à fait d'accord avec vous. Mon propos n'était d'ailleurs pas de critiquer l'article (très bien), mais d'essayer de donner une autre perspective aux festivités en cours. Convenez qu'on parle beaucoup des « dirigeants », apparus d'ailleurs, comme vous le dites très bien, « dans les années suivantes ». Au bout du compte, le spectateur assimile Mai 68 à ces « dirigeants » et à eux seuls.

On n'entend guère, je trouve, les « participants » anonymes (ou alors sous forme de pots-pourris un peu indigestes et difficilement lisibles). Si ça vous chante, je peux vous en indiquer quelques-uns, comme cette amie dont je cite les propos. Les écouter, savoir ce qu'ils ou elles sont devenu(e)s, comment ils ont essayé d'arranger leur vie, éviterait sans doute les commentaires clichés et totalement faux comme celui qui suit :

« De tout ces enfants de “gauchistes”, pas un seul n'est devenu ouvrier. Curieux. »

Portrait de Jana

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Jana

bretonne en Normandie | 09H49 | 28/04/2008 | Permalien

@ le Yéti
Bonjour. Vous dîtes :
« Au bout du compte, le spectateur assimile Mai 68 à ces “dirigeants” et à eux seuls. »

Mais non, pas systématiquement..il arrive qu'une partie au moins de spectateurs intermittants garde encore un peu de cerveau disponible à la critique..
Il suffit aussi d'échanger avec plein de « gens ordinaires » qui ont vécu, en 68, mai et les autres mois, en France et ailleurs.
D'accord avec vous pour faire contre poids aux « commentaires clichés »

Portrait de jissé

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De jissé

Ingé retraité | 09H29 | 28/04/2008 | Permalien

Bonjour, Pierre.

Mai 68, ce n'est pas que le quartier latin !

Le nombrilisme franco-français sévit tjrs.

Sur Cyberpresse canada, rubrique international, un article.
Et des photos d'archives.

Mai 68 en France mais aussi à Montréal, à Prague, à Varsovie.

Bonne journée, je vais essayer d'accrocher le lien.

Jissé

Bon, le lien web ne veut pas se mettre.

Allez sur Google.

Edit : Si un internaute est plus adroit que moi, merci de mettre le lien dans un commentaire.

Portrait de Jana

à jissé Portrait de jissé De Jana

bretonne en Normandie | 09H53 | 28/04/2008 | Permalien

@ jissé

http://www.cyberpresse.ca/

juste en clin d'oei :
il y a certes Google.. il y a aussi :

http://www.exalead.fr/search/homepage

Portrait de jissé

à françoise.V Portrait de françoise.V De jissé

Ingé retraité | 10H39 | 28/04/2008 | Permalien

Merci à la bretonne comme à la lyonnaise.

Les tentatives d'insérer : Ctrl+C et Ctrl+D me menant exclusivement vers mes marque pages.
Zarbi, avant ça marchait.

Comme quoi les « filles » sont plus douées.

Une découverte de Mai 68 ?

Peut-être bien.

Remerciements amicaux.

Jissé

Portrait de loller

à jissé Portrait de jissé De loller

12H06 | 28/04/2008 | Permalien

Ctrl+C copier ; Ctrl+V coller ; Ctrl+D marquer la page.

Portrait de jissé

à loller Portrait de loller De jissé

Ingé retraité | 12H46 | 28/04/2008 | Permalien

Merci

Je faisais « de tête'.

Comme quoi ma tête, des fois .

Si je croise Alzheimer (Aloïs) , lui fait une grosse tête !

Bonne fin de journée.

Jissé

Portrait de issibee

à jissé Portrait de jissé De issibee

ita tu me ames | 13H42 | 28/04/2008 | Permalien

Salut Jissé, bonne fin de journée à toi aussi.

Portrait de Jana

De Jana

bretonne en Normandie | 10H08 | 28/04/2008 | Permalien

Pierre
Bonjour et merci pour cet article.
Un livre à lire je pense..
Deux expressions me frappent particulièrement :

« Tout à son organisation, mon père ne voit pas mai 68 arriver.. »

« C'est la voie lumineuse que prendront tous les affamés du monde. »

Pour moi cela pose une question fondamentale, et est un sacré défi à terme :
comment militer sans devenir « dingue » de la mécanique de la « boutique » , de la « structure » qui petit à petit tourne pour elle même, et rend aveugle à l'extérieur.

Portrait de kawouede

à Jana Portrait de Jana De kawouede

12H01 | 28/04/2008 | Permalien

Bof, vu l'inventaire à la Prévert des « fils et filles de » je dirais que ce livre (ou le compte rendu qui en est fait au-dessus) c'est juste la version « gaucho » du people qu'on trouve dans les magazines - et maintenant la presse quotidienne !

Portrait de all

De all

07H52 | 28/04/2008 | Permalien

De tout ces enfants de « gauchistes », pas un seul n'est devenu ouvrier. Curieux.

Portrait de Francois Toulouse

à all Portrait de all De Francois Toulouse

11H37 | 28/04/2008 | Permalien

18 votes contre un commentaire qui souligne qu'aucun des enfants des dirigeants gauchistes de l'époque n'est aujourd'hui ouvrier ?
C'est pourtant une vraie question qui est posée : le milieu social des enfants est le même que celui des parents, et ces gens qui alors parlaient au nom du prolétariat n'en faisaient pas partie, malgré la tradition des établis, dont la plupart ont repris une bonne carrière par la suite.
Ce milieu social aisé est pourtant l'une des clefs pour comprendre pourquoi presque tous aujourd'hui, des anciens gauchistes aux rejetons, se situent entre DSK et la droite dure, bref là où le fond de pensée est l'atlantisme et le moins d'impôts.

Portrait de Ga

à Francois Toulouse Portrait de Francois Toulouse De Ga

Dessineux | 13H24 | 28/04/2008 | Permalien

Tenir les étudiants pour unique responsable des évenéments de mai 68, c'est un peu vite oublier les 10 millions de grévistes, les occupations d'usines et les manifs syndicales.
A peu prés aussi réducteur que de prétendre que Mai 68 est une lubie d'une poignée d'étudiants, fils de bourgeois en mal de sensation.
D'autant qu'on embrasse rarement une carriére d'« ouvrier » par choix, et avec l'avénement des années 80 et de son culte de l'individualisme et de la réussite personnelle, je vois mal comment , même par vocation, cela put être possible.

Portrait de dwain

à Ga Portrait de Ga De dwain

14H18 | 28/04/2008 | Permalien

« c'est un peu vite oublier les 10 millions de grévistes »

eh bien ! il faut attendre le 30e commentaire pour l'entendre ! ! !

Mai-juin 68, c'est avant tout LA PLUS GRANDE GRÈVE DE L'HITOIRE DE FRANCE !

pour une analyse du processus de confiscation (notamment par tous ces « repentis ») du mouvement de Mai, voir Kristin Ross, Mai 68 et ses vies ultérieures, 2005

Portrait de compte supprimé 24

à Francois Toulouse Portrait de Francois Toulouse De compte supprimé 24

| 14H02 | 28/04/2008 | Permalien

Tout à fait juste, François : replier pour ne pas voir ou sentir la mauvaise odeur, c'est l'attitude des lâches.

Après la dictaturette des maos-spontex, c'est la Pensée Air Wick qui prédomine.

Portrait de compte supprimé

à all Portrait de all De compte supprimé

retraité | 13H31 | 28/04/2008 | Permalien

ca t'etonne ? en 68 ces petits bourgeois venaient nous voir à la grille de chez Michelin comme on va au zoo.Certains , plus courageux que les autres,serraient nos mains calleuses et je pense qu'ils se vantaient de ca, le soir, dans leursassemblées. De là à travailler eux mêmes, il ne faut pas exagérer : c'etait mieux d'aller militer dans l'enseignement ou le journalisme.Moins fatigant en tout cas ?

Portrait de Ga

à compte supprimé Portrait de compte supprimé De Ga

Dessineux | 13H45 | 28/04/2008 | Permalien

Pas sur qu'enseignant soit une profession de feignant, et journaliste non plus.
Et quand tu vis dans une famille dont les parents ont choisi de faire une profession libérale pour être en accord avec ses convictions, avec la précarité que cela implique, et bien tu en bouffe de la merde, et elle à le même gout pour tout le monde, camarade.

Portrait de compte supprimé

à Ga Portrait de Ga De compte supprimé

retraité | 17H14 | 28/04/2008 | Permalien

ga
j'adore l'expression : « une famille dont les parents ont choisi …une profession libérale pour être en accord avec ses convictions » ! ! ! ! ! ! !
Sûr qu'ils ne risquaient pas de choisir l'usine tes bobos de parents bourgeois ! ! ! !
Et comme ca tu as bouffé de la merde, pauvre petit bourgeois ? Ca a du être bien dur pour toi ! ! ! ! ! tu as été privé de vacances à la neige peut être ?
Et moi qui me plaint : ouvrier de base avec 4 enfants je n'ai pas connu lesprivations d'une famille debobos : j'ai honte ! ! ! !

Portrait de Ga

à compte supprimé Portrait de compte supprimé De Ga

Dessineux | 18H22 | 28/04/2008 | Permalien

Cher Alphonse,
D'une part, l'usine ils l'ont connu, et assembler des soutifs à la chaine ne leur a pas paru comme etant une vocation, ni pour eux pour leurs enfants.
Et ils se sont donnés du mal pour offrir autre chose à leurs enfants, comme tout le monde.
D'autre part j'ai arreté mes etudes à 17 ans pour pouvoir bosser, donc pour les études payés, tu repasseras.
Ensuite, la galére, avec deux gamins, comme pour quatre j'imagine, me donne suffisament d'energie pour eviter que mes mômes deviennent « ouvrier de base » comme tu dis, prend en d'la graine vieux con.

Alors tes vieilles rancoeurs de vieux prol aigri, ça me fait bien marrer moi.

Portrait de compte supprimé

à Ga Portrait de Ga De compte supprimé

retraité | 20H22 | 28/04/2008 | Permalien

ga
eh bien tu viens conforter ce que j'ai toujours pensé :
tes parents étaient des salauds et tu es peut être pire qu'eux !
ps : « jai arrêté mes études à 17 ans » ! ! ! ! ou plutôt ce sont les études qui n'ont plus voulu de toi, cesera plus honnête, petit bourgeois quicrache dans la soupe .

Portrait de compte supprimé

à all Portrait de all De compte supprimé

retraité | 13H31 | 28/04/2008 | Permalien

ca t'etonne ? en 68 ces petits bourgeois venaient nous voir à la grille de chez Michelin comme on va au zoo.Certains , plus courageux que les autres,serraient nos mains calleuses et je pense qu'ils se vantaient de ca, le soir, dans leursassemblées. De là à travailler eux mêmes, il ne faut pas exagérer : c'etait mieux d'aller militer dans l'enseignement ou le journalisme.Moins fatigant en tout cas ?

Portrait de AT

à all Portrait de all De AT

lecteur à perpète | 15H48 | 28/04/2008 | Permalien

Moi non plus je ne comprends pas la « fermeture » de ce post (mais peut-être All est-il un posteur qui subit souvent ce sort ? )

- Les enfants de ces parents-ouvriers ont-ils fait autre chose par esprit de contradiction juvénile, ou par volonté de ne pas faire comme papa-maman ? Ce qui est bien : aucun de mes enfants n'exerce mon métier).

- Ou parce que ça les a mis à même de voir qu'être ouvrier, de nos jours, c'est moins bien qu'être pute* ? Tiens, des noms : Maryflo, Métaleurop, Grandrange.

Les putes, autrefois, on les envoyait à Tanger, en colonie de vacances (Merci Perret). Les ouvriers, maintenant, on les envoie en Roumanie ou au Brésil. Avec une différence quand même, on les oblige pas. On se borne à leur dire : c'est ça ou le chomdu.

Portrait de zénon denon 84

De zénon denon 84

Bonne | 08H12 | 28/04/2008 | Permalien

Bon , ça commence à bien faire
de regarder dans le rétro !
Mais d'un autre coté jme dis que le
Français est quand meme un drole de loustik !
que veut-il , que souhaite t -il ,
que désire t-il pour lui , au fond de lui-meme ?

Un chiffre,UN ,
UNe contatation ,faite il y a 10 minutes…

« Aimé Cesaire,disparition d'un poete politique »
1526 visites,20 réactions …

« Derrière la ch'timania »
30021 visites ,259 réactions…

Amis voisins de rue ça vous inspire
ou ça vous fait quoi ?

Portrait de patrick114

De patrick114

psychiatre à st anne | 08H42 | 28/04/2008 | Permalien

mon eul regret de cette période c'est de ne pas avoir 3 ou 4 ans de plus vu qui donnait les diplomes a vincennes , pour le reste j'ais tout bien fait c'est a dire que dalle

Portrait de lnremoi

De lnremoi

hémisphère sud | 08H46 | 28/04/2008 | Permalien

mes parents étaient adolescents en mai 68, je suis née 11 ans après, entourée de cheveux longs de grosses barbes, ils n'ont pas organisé la révolution, n'y ont même pas participé, ils ont juste zappé le bac et sont parti vivre à la cambrousse retaper une vieille ferme, vivre avec leurs potes et leurs enfants au milieu des poules et des chèvres… ils avaient l'âge que j'ai aujourd'hui.
je crois que je leur envie la capacité qu'ils avaient de rêver, leur conviction profonde que tout était possible… leurs utopies.
Mes illusions se sont envolées bien plus vite que les leurs.

Portrait de A.V.

De A.V.

tamagotchi89 | 08H54 | 28/04/2008 | Permalien

Les enfants ne sont pas des idéologies ; ils héritent de l'« être » et du non-dit. Ce qu'ils sont en dit toujours bien plus long sur leurs parents que toutes les tentatives d'analyse.
Je n'ai pas lu le livre, mais c'est une démarche intéressante qui, pour l'auteur et le lecteur, peut permettre de « démystifier » Mai 68 pour mieux le comprendre. Vais l'acheter.

Portrait de all

à A.V. Portrait de A.V. De all

09H01 | 28/04/2008 | Permalien

« démystifier » non, démythifier oui

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