Selon le philosophe Guillaume Paoli, la motivation est devenue le Graal des entreprises : aux salariés de ne pas se faire piéger.
Le monde occidental est-il à la veille d'une nouvelle révolution ? En refermant « Eloge de la démotivation », cette question prend une nouvelle tournure. Depuis des années, Guillaume Paoli, philosophe exilé en Allemagne, s'interroge sur le monde du travail. Celui où l'on perd son âme, à force de désillusions. Propos noirs, mais pas sans pertinence où l'auteur démontre qu'il faut « mettre les freins ».
Il faut attendre la 80e page avant d'être convaincu que, décidément, cette plongée dans l'univers de la « démotivation » est un exercice périlleux mais nécessaire. Périlleux, parce que sa description est très analytique et fractionnée… pas toujours facile à suivre.
En résumé, le monde du travail d'aujourd'hui est confronté à l'impérieux besoin de canaliser la « motivation » des salariés. Faute de quoi, l'entreprise est condamnée à terminer sa course au cimetière des « marchés ».
Dans une économie où cette logique des « marchés » est omniprésente, la motivation conduit en fait les travailleurs à simuler. Lettre de motivation simulée, comportement de travail simulé, implication simulée… la « motivation » est « pervertie » explique le jeune philosophe français. (Voir la vidéo.)
La deuxième partie du livre montre que cette vision de l'univers économique est nécessaire. A quoi ? D'abord à mettre des mots sur un « malaise », un « mal-être » au travail, apparu depuis quelques années. Paoli développe une analogie éclairante avec les mécanismes de la toxicomanie : l'addiction dont souffre les cadres motivés se manifeste de plusieurs manières. Pour le meilleur et le pire : les cas de suicide au travail relèvent aussi de cette catégorie, estime l'écrivain.
Que faire ? « Je n'ai pas de solution », prévient Guillaume Paoli, sinon de préconiser une « prise de recul ». L'autre enjeu, à l'échelle collective, est ce « développement non maîtrisé » qui « nous mène tout droit vers le mur ». Comment articuler les deux dimensions ? Là encore, pas de réponse toute faite pour le « poseur de questions ». (Voir la vidéo.)
Dans les dernières pages de l'essai, l'ancien participant du mouvement berlinois des Chômeurs heureux prend nettement ses distances avec les néo-marxistes habitués de sa maison d'édition. Il ne sent pas plus d'affinités que ça avec la prose d'un Alain Badiou ou les nostalgies marxistes des penseurs de la Ligue. Il n'aime pas les « Français donneurs de leçon », bien éloignés des humaines préoccupations d'inactifs.
A l'appui de sa démonstration, il cite Etienne de la Boétie, Alexis de Tocqueville et Walter Benjamin qui, en voyant les Insurgés de 1830 tirer sur les horloges, écrit :
« Marx dit que les révolutions sont les locomotives de l'Histoire. Mais peut-être en est-il autrement. Peut-être les révolutions sont-elles le moment où le genre humain voyageant dans ce train tire le frein d'arrêt d'urgence. » (Voir la vidéo.)
Et si la France s'ennuyait tellement en 2008, que certains songeraient à tirer le « frein d'arrêt d'urgence » ? ► Eloge de la démotivation de Guillaume Paoli - Nouvelles éditions lignes - 189 p., 14€.




















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à wam
De déluge
menuisier | 21H13 | 27/04/2008 |
Eh ben voilà, si vous aviez commencé comme ça, je suis certain que ça aurait facilité la compréhension de votre discours.
C'est curieux que vous projetiez à priori sur votre interlocuteur vos propre travers. A savoir que vous ne concevez de motivations qu'égoïstes, d'intérêt queforcément bien compris (à votre bénéfice s'entends).
Je ne chercherai pas à vous convaincre qu'il peut exister un idéal commun, fait d'entraide, de solidarité, de soucis de l'autre, vous savez tous ces archaïsmes qui bloquent la croissance et entrave les initiatives.
Restez à votre calculette.
à wam
De FF23
13H09 | 28/04/2008 |
D'accord avec vous avec l'exception de votre remarque sur l'importance de l'argent : Quand on en a pas assez pour vivre, c'est normal de remarquer ces choses !
De marabbeh
16H05 | 27/04/2008 |
Selon mon expérience (bientôt retraité), il y a du vrai dans ce que dit Paoli, mais avec de sérieux bémols quand même. C'est vrai que c'est ubuesque d'imposer aux candidats à un poste de prétendre que « j'ai toujours rêvé de travailler dans votre société », surtout si celle-ci n'est connue ni d'Eve ni d'Adam… Ce n'est que plusieurs années après qu'on peut ressentir une communauté d'intérêt avec sa boîte : si la boîte marche bien, j'ai un boulot, sinon c'est le chômage.
Evidemment plus la boîte est importante, plus cette communauté d'intérêt s'estompe. D'autre part, la structure des administrations est telle que la plupart des gens qui y travaillent sont peu motivés. Avec des exceptions notables.
J'ai remarqué aussi que les équipes de direction sont beaucoup moins motivées que la base. C'est probablement pour cette raison que ces cadres bénéficient grassement d'intéressements.
De heterogene
16H29 | 27/04/2008 |
Bonjour,
avec toute la réserve que l'on peut avoir pour un travail non lu, il me semble tout de même que l'emploi du terme de motivation (dont je n'ai pas la definition exact du concept) me paraît en deçà de ce que l'on exige aujourd'hui dans les entreprises et, dans les instances de l'ANPE et de ses satellites qui le relaient avec force.C'est le terme de CROYANCE qui me semble le plus appropié, soutenu en cela par tout un front philosophique dont Bernard Stiegler est un des chefs de file du moment , ainsi que michel Onfray avec la laïcité dont il fait un presque fond de commerce exclusif , on « réenchante » le monde mais cette fois c'est promis plus d'erreurs.
Evidemment les chefs d'entreprises friants d'idées simples se sont jetés dessus , mais ils ne sont pas les seuls , les politiques aussi .
Gare a la contagion mes amis , restons ferme et matérialiste .
à heterogene
De Unstern
00H34 | 28/04/2008 |
@ heterogene
Ce que vous avancez me semble très intéressant, mais un peu général.
Pourriez-vous préciser vos objections/critiques à l'égard de Stiegler, d'une part, et d'Onfray, d'autre part ?
Merci d'avance…
De Phil2922
Retraite invalidité | 16H40 | 27/04/2008 |
Voilà ce que veux faire Sarkozy et sa bande de libéraux : Isoler le chômeur, le montrer comme un parasite : Vous voyez, nous lui faisons deux propositions de travail, et il les refuse l'ingrat, ce n'est vraiment qu'un parasite qu'il faut éradiquer…
On pouvait, auparavant, trouver une certaine motivation à aller au « chagrin » car il y avait plus de collectif entre nous et les postes de travail étaient moins autonomes qu'aujourd'hui, avec des objectifs de rendement qui sont dirigés à la hausse quand ils sont réalisés. Comment voulez-vous être motivés, alors que tout est fait pour que vous rentriez dans une course à la carotte qui ne demande qu'une chose : être meilleur que le collègue dans la politique de la boîte…
D'ailleurs les cas de stress, de suicides touchent aujourd'hui de nombreux cadres qui, ne pouvant plus prendre du recul nécessaire (beaucoup amènent du boulot à faire à la maison), n'en peuvent plus et tombent dans la dépression…
Nous ne sommes pas sur terre pour travailler… il est nécessaire pour apporter « du beurre dans les épinards », mais ce qui est important c'est de pouvoir relativiser ce qu'on nous demande au boulot. L'humour et la dérision sont une bonne thérapie et l'avantage est qu'il n'y a rien de chimique là dedans, à condition de respecter l'adage de Pierre Desproges : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde… ».
http://phil195829.overblog.com
De NuklearCocroach
17H07 | 27/04/2008 |
Un philosophe,c'est un type qu'est payé pour penser ? et il appelle ça un travail d'étaler sa « science » ? c'est un beau travail de feignant ça ! Alors je suis contre le travail ! ! !
à NuklearCocroach
De Compte supprimé le 24 aout 2
| 09H06 | 28/04/2008 |
Mais c'est qu'il baisse à vue d'oeil, mon gars cocroach…
Pas grave, vu qu'à c't'heure il devrait pas être loin de toucher le fond de la piscine.
Ensuite, ça remontera… inévitablement… enfin, si tout va bien.
De pomme53
Médiation | 17H59 | 27/04/2008 |
Il y à 30 où 40 ans, quand on « entrait » dans une entreprise, on faisait « corps » avec elle, avec son environnement professionnel.
Le patron « jaugeait » le postulant sur son devenir ; la motivation se mesurait à l'aune de la capacité du candidat à s'adapter et se développer dans l'entreprise dont la plupart, à cette époque étaient familiales,de petites dimensions et gérées en « bon père de famille »..
Aujourd'hui tout à changé ; dès l'entretien d'embauche, à la pression de la poignée de main, le DRH estime combien le postulant va rapporter à l'entreprise, car en plus de ses diplômes, il doit être immédiatement productif… Quant à la motivation, elle plait à l'employeur si elle traduit la disponibilité du salarié (celui qui ne compte pas ses heures), une prétention mesurée du salaire et autant que faire se peut, une compréhension des nécessaires impératifs de restructurations ; accessoirement, une relative souplesse de mobilité si cela s'avérait profitable à l'entreprise !
A partir de là peut commencer l'ère de la précarité,et du travail à temps très partiel.
Il est des dictatures qui cachent leur nom !
à pomme53
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 01H51 | 29/04/2008 |
Là-bas, dans les commentaires, ils sont motivés en tout cas :
http://www.rue89.com/2008/04/25/legion-etrangere-quand-les-kepis-blancs-…
De enrico
18H04 | 27/04/2008 |
Salut , quand la mer monte …j'ai honte , j'ai honte .
C'est ce qui se passe en côte d'Ivoire et chez toutes les victimes de nos débordements ( sans mauvais jeu de mots).Bien sûr qu'il faut se démotiver pour le travail de con qu'on impose à presque tout le monde .S'il faut se motiver ,il
faut le faire pour des activités utiles décidées par nous
et non les affreux jojos qui sont eux mêmes entraînés dans un maelstrom dont ils n'ont pas conscience . Se démotiver ou pas n'y changera rien .Arrêtons la croissance économique ( en réalité ,c'est déjà fait ) etplantons des arbres pour ceux qui survivront au 21e siècle . Voilà ce qui devrait nous motiver dorènavant !
De hê thiên
histrion à Sisteron | 18H17 | 27/04/2008 |
Je pense qu'il faudrait demander à Sigourney Weaver si elle pense que le travail aliène. Elle en connait un bout sur le stress au boulot, et s'est sacrifiée pour son job.
Une femme admirable pas pas comme ma belle soeur avec son entreprise de plomberie et ses trente zingueurs.
De fredmanquilitleweb
18H34 | 27/04/2008 |
l'objectif des industries, des entreprises de service :
C'est produire plus en qualité et en quantité….. et donner le moins possible au salarié… c'est l'unique recherche de la rentabilité, l'épanouissement et secondaire mais il peut être agité pour arriver au seuls fins précités…
à fredmanquilitleweb
De guerzit
Incomprenant majeur | 08H09 | 29/04/2008 |
En qualité ? ? ? ! ! ! ! ? ? … ? ? ?
De vol19
awash | 18H40 | 27/04/2008 |
Ah ! la motivation des cadres et des managers… Je pourrais témoigner sur le sujet. Jeune formateur dans les années 80 qui voulait répandre la bonne parole. Qu'est ce qu'on peut être bête quand on est jeune… !
Le problème de la motivation n'est en rien nouveau. A chaque époque, il faut retrouver un biais pour faire passer la pillule, et ce n'est pas facile avec tous les « imaginaires leurrants » qui ont été utilisés, toujours plus manipulateurs depuis une vingtaine d'années.
D'abord, il faudrait différencier « motivation » qui est interne liée au « désir » personnel et intime, au sens trouvé dans le travail (pas facile de nos jours) par rapport terme « implication » qui se joue davantage sur le lieu de travail avec les récompenses, l'ambiance, la reconnaissance du manager… On utilise le terme « motivation », là ou l'on devrait utiliser « implication »… Mais en fait le problème est bien le non sens aujourd'hui du travail (rapport capital/travail)…et les manipulations intimes… du moins pour ceux qui ne sont pas dans la survie.
Dans les années 80, pour amuser la galerie, je voudrais rappeller des trucs d'alors utilisés dans les séminaires de management que j'ai vu dans un grand organisme. Une lettre d'Akio Morita ex PDG Sony qui annonçait que l'occident allait perdre par rapport au Japon pour différentes raisons… (en fait c'était une intox, Morita n'aurait jamais écrit ce courrier)… ce « story telling » avait pour but d'amener à faire passer l'idée qu'il fallait courrir plus vite que son concurrent. Il y avait d'autres variantes de l'histoire mais le but était de dire qu'il fallait courrir plus vite que le concurrent « mettre des baskettes pour courrir plus vite que le camarade pour qui soit lui qui soit mangé par l'ours ou le lion ». Le cynisme déjà. La concurrence pour survivre… Hors, la suite de l'histoire… le Japon à coulé à cause de lui-même, de la bulle spéculative immobilière.
C'est toujours la même histoire… justifier des sacrifices de compétitivité pour une cause extérieure, en utilisant le story telling.Un moment les USA, puis l'Allemagne, puis le Japon, maintenant la Chine…après…
A l'époque, dans les séminaires étaient utilisés certaines formules débiles :
Efficacité = motivation X compétence
voire Madelin, ministre de l'économie dans une conférence en 1987 utiliser la formule :
Efficacité = motivation X compétence x Système
Voilà ce qui a été dit il y a une vingtaine d'années, hors très clairement, les relations sociales des dernières années nous montrent que ni la motivation (interne), ni la compétence sont récompensées ou suffisantes… Ca ne marche pas. Par contre sur la variable « système », c'est bien le point central aujourd'hui, et comme aucune autorité ne veut, ne peut rien changer… le freinage, le non agir collectif est la seule solution.
Les vociférations Sarkoziennes sont là pour cacher le mal et essayer de retourner le problème. Si à un certain degré les gens ont peur de l'exclusion, de se retrouver SDF, à un autre degré, ils n'ont plus peur, car ils savent ne rien avoir à perdre… et c'est ce qui produit les mouvements collectifs.
Le discours sur le mangement et autres story telling sont désormais morts.
De Honorgate
Service public - blogueur | 18H47 | 27/04/2008 |
Je ne sais pas s'il est aisé de tenter de trouver une philosophie dans l'esclavagisme, au pire des cas, ou plus couramment dans le fatalisme.
Enfin j'ai l'impression que toute philosophie fondée sur le principe du troc monnayé est par essence même réductrice.
De amilcar
peureux célèbre | 18H56 | 27/04/2008 |
motivation est une litote pour cacher que le travail est une religion, ils veulent votre âme, ils vous veulent corps et âme, et vous devez adhérer sans contester le dogme, avoir la foi. c'est une religion polythéiste qui fourmille d'idoles, et qui pratique le sacrifice humain. vus devez comprendre qu'il vous faut vous sacrifier pour la religion capitaliste, vous immoler sur l'établi, la lettre de motivation est votre credo, vous dites par cette lettre que vous acceptez sans réserve le dogme et que vous vous soumettez au clergé du capital, vous certifiez être un adepte. la valeur travail est une des sornettes de cette crypto religion, le travail de l'oiseau qui construit son nid est évident, on fait des choses pour s'en servir, comme marcher pour arriver à un but, on a ça naturellement, c'est le gout du sacrifice anonyme qui nous manque, vendre notre vie pour une cause à laquelle au fond nous ne comprenons rien, qui nous demande d'être enfantins, irresponsables, soumis et pleins d'abnégation. si le but poursuivi par cette religion était seulement de maintenir les privilèges d'une poignée d'escrocs et d'enrichir un cartel de maquereaux, nous viendrait à l'esprit de travailler du couteau en travaillant du chapeau et d'opiner du chef avant de le larder à l'opinel, la solution est de sortir du travail obligatoire qui, de quelques côtés qu'on tourne le problème ne pourra jamais être distingué vraiment de l'esclavage, on doit retomber sur des valeurs simples dégagées de leurs auras mystificatrices, le discours des patrons restant le même que celui des proxénètes pour piquer le pognon des putes, l'argent de la sueur finissant toujours dans la poche des beaux parleurs, on ne doit pas gagner sa vie on doit vivre, on ne doit pas s'immoler dans des camps de travail plus ou moins décorés depuis l'arrivée de la télévision, on doit faire ce qu'on a envie de faire, creuser les sillons que l'on choisit, participer aux actions qui nous concernent, bref nous devons nous libérer, à l'heure où je dis ça déjà nous sommes libres, il nous reste seulement à intégrer cette liberté dans nos têtes.
De Claude-le-breton
| 19H14 | 27/04/2008 |
Qu'est-ce qui a motivé Guillaume Paoli pour écrire ce livre ? Autrement dit, qu'est-ce qui le motive à travailler, ce philosophe « exilé » en Allemagne ? (Monsieur David Servenay, quel est le sens, ici, du mot « exilé » ? )
Qu'est-ce qui motive les journalistes de Rue89 (et les commentateurs) ?
Nous avons tous nos motivations, que d'autres peuvent trouver bonnes ou mauvaises. Restreindre ces motivations aux « lettres de motivations » jointes au curriculum vitae lors de la recherche d'un emploi (comme nombre de commentateurs le font) est pour le moins réducteur. Ce serait comme vouloir expliquer ce qu'est la démocratie en prenant comme exemples les « démocraties populaires » ou autres « républiques démocratiques ».
La première des motivations n'est-elle pas de continuer à vivre alors que nous en connaissons pertinemment l'issue ?
Et pourtant, sauf exceptions, nous ne nous suicidons pas (dommage pour la planète ! ).
Je trouve personnellement que Guillaume Paoli fait une très belle démonstration par l'absurde de l'importance de la motivation. Pas de la motivation bling-bling ou bo-bo, qu'elle vienne des politiques, des entreprises ou des associations diverses et variées. Non je veux parler de la vraie motivation, celle qui nous fait vivre chacun autant que nous sommes.
Que nous l'admettions ou non, nous en tous avons une, sinon, nous ne serions plus là !
Et puisque nous sommes motivés à vivre, nous avons besoin des autres, d'où la et les sociétés, d'où ….. et nous sommes ramenés au cas précédent.
à Claude-le-breton
De FF23
14H38 | 28/04/2008 |
Qu'est ce que la motivation au travail, selon Paoli ? Est-ce intrésèque ou juste un comportement observable ? Un psychologue social ne serait pas mieux placé pour en parler ?
« La première des motivations n'est-elle pas de continuer à vivre alors que nous en connaissons pertinemment l'issue ?
Et pourtant, sauf exceptions, nous ne nous suicidons pas (dommage pour la planète ! ). »
Il y a un groupe qui milite pour l'extinction volontaire de la race humaine, si, si !
http://www.vhemt.org/findex.htm
De Révolutiona
Hawwah | 19H31 | 27/04/2008 |
Dommage, panne de modem…
Donc boutique informatique…
Si c'était à refaire, je vous conseillerai à tous d'en faire le moins possible en entreprise, mais de forcer sur les courbettes, les compromissions, les exactions, les coups bas, les délations… Ce sont des valeurs plus sûres de nos jours, que le bon travailleur bien consciencieux qui se fait toujours avoir…
Je suis passée en conciliation aux Prud'hommes, très engorgés, j'y ai mis le feu (de façon abstraite, bien sûr ! ).
Et je me retrouve avec des attestations mensongères de bons apôtres appelés Judas, qu'on se le dise, le monde du travail est de plus en plus pourri !
Et Kerviel a retrouvé un job chez un consultant : plus vous êtes malhonnête, plus vous réussissez…
Les clés de la réussite sont maintenant celles des portes de prison.
De Salaves
Métallo | 20H23 | 27/04/2008 |
Il y a un milieu professionnel où le taux de personnes salariées qui sont heureuses de faire le travail qui est le leur et qu'ils ont même tendance à considérer comme une passion pour beaucoup, c'est celui de la recherche.
De la recherche publique, celle que je connais le mieux.
Et plutôt la recherche fondamentale.
Mais les nouvelles réformes en cours, va prochainement mettre fin à cela.
La rentabilité, le devoir de résultats à tout prix, le rendement, les brevets qu'il faut absolument déposer, la recherche de crédits autres que public, va mettre fin à cette exception.
En échange de cette liberté, on promet des rémunérations meilleures et de la reconnaissance. Même ceux qui avaient préféré travailler pour des intérêts collectifs et sociétaux, en gagnant peu, seront contraints d'aller voir du côté du privé si on veut bien leur donner quelques subsistes, sous peine de végéter jusqu'à leur retraite.
Pour avoir le droit de vivre sur cette terre, il faut amener la preuve sonnante et trébuchante de son utilité vis à vis du reste de le société. Justifier son existence par le seul calcul que sa vie doit rapporter plus que ce qu'elle aurait couté en investissements.
Maintenir les gens en compétition permanente est entièrement artificiel. La compétition plutôt que la coopération, c'est un choix de société. La notre à choisi le premier, car c'est le plus facile, le plus proche des lois de la nature, celles qui préservent la pyramide hiérarchique, celles dont on est censé s'affranchir.
à Salaves
De jojo1er
09H59 | 29/04/2008 |
La solution du passé et de la régression, plutôt que celle du progrès et de l'avenir…voilà ce qui s'appelle aujourd'hui être moderne.
Jojo1er, …
De Jean-Jacques Louis
21H51 | 27/04/2008 |
Merci pour cet article intéressant. Paoli a tout à fait raison. C'est une des raisons qui m'ont orienté vers la carrière indépendante. C'est beaucoup plus dur et aussi plus dangereux. Mais, en revanche, je n'ai jamais été obligé de faire semblant ou de simuler une éventuelle motivation et je n'ai jamais du dire à un con combien j'aurais aimé travailler pour lui.
Je ne me suis jamais habillé correctement que le jour où je viens défendre mon offre. Parfois aussi le jour de la réception mais pas toujours.
Plusieurs grandes entreprises sont venues chercher dans mon modeste bureau d'études les solutions que leurs spécialistes motivés n'avaient pas trouvées. Quel aveu d'incompétence !
Je les ai vus à l'œuvre ces gens motivés qui passent la majeure partie de leur temps à ouvrir des parapluies pour se protéger de leur base et de leur direction et à dissimuler leur incompétence.
Il ne faut cependant pas généraliser. Il reste heureusement des entreprises, généralement de petites dimensions, où la compétence et le savoir-faire sont visibles à tous les niveaux et, dans celles-là, il règne une très bonne ambiance de travail et j'y ai appris beaucoup de choses.
J'ai aussi rencontré du personnel d'un niveau exceptionnel dans la fonction publique et là, malheureusement, on fait maintenant tout pour les démotiver.
Aux jeunes qui terminent leurs études et qui aiment leur métier, je conseillerai toujours de devenir indépendants. C'est la meilleure manière d'exercer un métier qu'on aime.
à Jean-Jacques Louis
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 23H50 | 27/04/2008 |
à Jean-Jacques Louis
Vous parlez de la Belgique ou de la France là ?
Car travailler en indépendant est de moins en moins possible en France, à moins d'avoir une compétence qui rapporte énormément (il en reste, la vôtre en est peut-être ? ). Ou la possibilité (physique et pratique) de travailler 15h/jour.
En effet, les charges sociales sont si lourdes… c'est épuisant - et elles continuent à courir même si vous n'encaissez rien (perso j'ai jeté l'éponge lors de la seconde Guerre du golfe, déprime totale de mes clients, du jour au lendemain plus de boulot)…
Tout ça, alors que dans les années 80, je gagnais correctement ma vie avec le même service.
Plus haut, j'ai lu qu'on avait tué les petits métiers, comme « fabriquer des tartes aux pommes ou cirer les chaussures »… c'est un peu ça, ici vous voulez faire le moindre truc, vous devez commencer par payer - et pas qu'un peu (du coup, on vous conseille de vous endetter - vu le risque qu'une activité foire, actuellement, ce serait de la folie).
Et je pose la question sur la Belgique parce que mon fils de 21 ans, qui est à Bruxelles depuis plus de 2 ans, m'a confirmé tout à l'heure qu'il était « de plus en plus décidé à demander la nationalité Belge ». Malgré les problèmes politiques, d'après lui, l'ambiance générale y est cent fois meilleure qu'en France. Et bien des choses y seraient plus faciles. Est-ce votre sentiment ?
à Lohiel
De Un compte supprime
nc | 06H27 | 28/04/2008 |
Oui c'est un vrai probleme, qui ne sera regle que lorsque les independants refuseront de payer ce qu'on leur demande et produiront honnetement une declaration d'impot prenant en compte leur benefice net annuel avant charges et impots sur lequel il calculeront eux-memes un impot sur le revenu equivalent a celui du bareme de la fonction publique.
Ou comment changer les choses par la desobeissance civile.
à Un compte supprime
De Jean-Jacques Louis
07H59 | 28/04/2008 |
Il y a quelques années, les entrepreneurs espagnols déclaraient leurs revenus et leurs charges sur l'honneur. Il n'y avait pas trop d'abus ni dans un sens ni dans l'autre et tout le monde gagnait du temps.
Mais je ne sais pas si c'est encore comme cela maintenant.
à Un compte supprime
De jojo1er
10H03 | 29/04/2008 |
« bareme de la fonction publique »….
Ah les fantasmes….
Jojo1er, comment claquer fonction publique là où ça n'a rien à voir….ça ressemble de plus en plus à un exercice imposé.
à Lohiel
De Jean-Jacques Louis
07H53 | 28/04/2008 |
À Lohiel.
Vous avez raison. C'est très dur physiquement. Il faut souvent travailler plus de douze heures par jour et parfois même le WE. En plus, il faut faire un peu tous les métiers. Quelques heures de travail d'ingénieur pour plusieurs heures de comptabilité, de fiscalité et autres non sens. Il faut même parfois être chauffeur livreur et il m'arrive souvent de fabriquer moi-même certaines pièces mécaniques ce qui m'oblige donc à être tourneur, fraiseur, outilleur et j'en oublie. Avec les investissements que cela rend nécessaire !
En plus, il faut encore lire Rue89 et y poster des commentaires.
Mais je ne changerais pour rien au monde. J'aime mon métier et les relations que j'entretiens avec mes clients et mes fournisseurs n'ont pas de prix. Les chantiers de longue durée finissent par créer des complicités et même une réelle amitié avec le client et son personnel et aussi avec certains fournisseurs.
Ayant eu des clients français, je peux vous dire que la situation est à peu près la même en France et en Belgique. Il y a beaucoup de taxes à payer en Belgique, beaucoup de cotisations et la corruption y existe de plus en plus. Je vais maintenant prendre ma retraite et je sais que je ne recevrai pas grand chose de l'État. Mais, dans les deux pays, il y a quand même plus d'avantages que d'inconvénients. Entre autres la double nationalité : votre fils peut devenir belge tout en restant français.
De nono le simplet
dilétante adèle | 05H15 | 28/04/2008 |
Walter Benjamin qui, en voyant les Insurgés de 1830 tirer sur les horloges, écrit :
« Marx dit que les révolutions sont les locomotives de l'Histoire. Mais peut-être en est-il autrement. Peut-être les révolutions sont-elles le moment où le genre humain voyageant dans ce train tire le frein d'arrêt d'urgence. »
il a vu les insurgés de 1830 à la télé au JT de PPDA ?
ah la la ce PPDA …
De Un compte supprime
nc | 06H06 | 28/04/2008 |
Je n'ai jamais eu a ecrire de lettre de motivation de ma vie et je n'en ecrirais jamais, par simple refus de collaborer avec les dictatures economiques.
Si je cherche un travail, c'est pour gagner un peu de thune et vivre un peu tranquille. Le reste c'est la cerise sur le gateau et ca depend des collegues, du boulot, du patron etc…
Si je devais un jour pratiquer un tel excercice litteraire, j'aurais l'impression de renier tout ce que je suis et tout ce en quoi je crois. Et que les DRH aillent se faire voir ailleurs.