Travailleurs, travailleuses, il va falloir se démotiver

Selon le philosophe Guillaume Paoli, la motivation est devenue le Graal des entreprises : aux salariés de ne pas se faire piéger.

Le monde occidental est-il à la veille d'une nouvelle révolution ? En refermant « Eloge de la démotivation », cette question prend une nouvelle tournure. Depuis des années, Guillaume Paoli, philosophe exilé en Allemagne, s'interroge sur le monde du travail. Celui où l'on perd son âme, à force de désillusions. Propos noirs, mais pas sans pertinence où l'auteur démontre qu'il faut « mettre les freins ».

Il faut attendre la 80e page avant d'être convaincu que, décidément, cette plongée dans l'univers de la « démotivation » est un exercice périlleux mais nécessaire. Périlleux, parce que sa description est très analytique et fractionnée… pas toujours facile à suivre.

En résumé, le monde du travail d'aujourd'hui est confronté à l'impérieux besoin de canaliser la « motivation » des salariés. Faute de quoi, l'entreprise est condamnée à terminer sa course au cimetière des « marchés ».

Dans une économie où cette logique des « marchés » est omniprésente, la motivation conduit en fait les travailleurs à simuler. Lettre de motivation simulée, comportement de travail simulé, implication simulée… la « motivation » est « pervertie » explique le jeune philosophe français. (Voir la vidéo.)

La deuxième partie du livre montre que cette vision de l'univers économique est nécessaire. A quoi ? D'abord à mettre des mots sur un « malaise », un « mal-être » au travail, apparu depuis quelques années. Paoli développe une analogie éclairante avec les mécanismes de la toxicomanie : l'addiction dont souffre les cadres motivés se manifeste de plusieurs manières. Pour le meilleur et le pire : les cas de suicide au travail relèvent aussi de cette catégorie, estime l'écrivain.

Que faire ? « Je n'ai pas de solution », prévient Guillaume Paoli, sinon de préconiser une « prise de recul ». L'autre enjeu, à l'échelle collective, est ce « développement non maîtrisé » qui « nous mène tout droit vers le mur ». Comment articuler les deux dimensions ? Là encore, pas de réponse toute faite pour le « poseur de questions ». (Voir la vidéo.)

Dans les dernières pages de l'essai, l'ancien participant du mouvement berlinois des Chômeurs heureux prend nettement ses distances avec les néo-marxistes habitués de sa maison d'édition. Il ne sent pas plus d'affinités que ça avec la prose d'un Alain Badiou ou les nostalgies marxistes des penseurs de la Ligue. Il n'aime pas les « Français donneurs de leçon », bien éloignés des humaines préoccupations d'inactifs.

A l'appui de sa démonstration, il cite Etienne de la Boétie, Alexis de Tocqueville et Walter Benjamin qui, en voyant les Insurgés de 1830 tirer sur les horloges, écrit :

« Marx dit que les révolutions sont les locomotives de l'Histoire. Mais peut-être en est-il autrement. Peut-être les révolutions sont-elles le moment où le genre humain voyageant dans ce train tire le frein d'arrêt d'urgence. » (Voir la vidéo.)

Et si la France s'ennuyait tellement en 2008, que certains songeraient à tirer le « frein d'arrêt d'urgence » ? ► Eloge de la démotivation de Guillaume Paoli - Nouvelles éditions lignes - 189 p., 14€.

133 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

11H47 | 27/04/2008 | Permalien

Il n'y a pas de solution, du moins pour le moment.
Je me rappelle qu'il y a une quinzaine d'années, je cherchais un emploi et on me demandait sans arrêt mes motivations. Je répondais que je cherchais à gagner ma vie et qu'une entreprise en valait une autre du moment que je pouvais exercer mes compétences. Cette réponse m'a valu plusieurs mois de chômage. J'ai réitéré plusieurs fois depuis, mais j'ai reçu la même pénitence. Je travaille désormais en freelance, car je pense toujours que le labeur n'est pas une fin en soi, c'est un moyen pour ne pas mourir de faim ou de froid sous un pont, mais je n'y ai jamais rien trouvé de jubilatoire.

quelle tristesse, effectivement..

Portrait de XavXav

à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 De XavXav

12H01 | 27/04/2008 | Permalien

J'ai eu (et ai toujours) le même souci : comment « se motiver » pour les beaux yeux d'une boite, alors que dans le même temps, il faut écrire en masse (50-100 lettres= 1 ou 2 entretiens), pour des jobs plus ou moins intéressants, sachant qu'en plus, l'intérêt pour soi n'est pas celui que voit l'entreprise : j'aime apprendre, découvrir des métiers nouveaux des activités différentes, ma boite cherche avant tout un gars qui fasse du copier coller avec un peu de jus de cerveau, et surtout que je reste face à mon poste les x prochaines années, avant de me jeter quand elle n'aura plus besoin de moi (parce qu'ainsi, elle maximise le gain lié à mon travail).

Bref, les deux acteurs n'ont pas les mêmes intérêts, donc on se ment forcément, à défaut de laisser sa chance au hasard de la rencontre.

Portrait de virginie78

à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09 De virginie78

Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 15H57 | 27/04/2008 | Permalien

Pareil, il faut faire semblant d'aimer avec passion son entreprise, son travail, il convient de montrer que l'avancement du projet est vital pour soit, il faut montrer des signes de stress maîtrisés extérieurs, signes de stress pour montrer que on est impliqué émotionellment, maîtrisés pour montrer qu'on asure et que demain on assurera toujours : )
tel John Waynes, yessss…..

Mais moi je chante une autre chanson : il y a une vie après le travail, et ce n'est pas en revenant à la maison tard, fatiguée, crevée, énervée, stressée, angoissée, qu'on peut la vivre cette vie à laquelle on a le droit !
Même les esclaves dans les champs de cotons avaient une vie après le travail !

Portrait de pablico

De pablico

13H36 | 27/04/2008 | Permalien

« Dans une économie où cette logique des “marchés” est omniprésente, la motivation conduit en fait les travailleurs à simuler. Lettre de motivation simulée, comportement de travail simulé, implication simulée… la “motivation” est “pervertie” “
il ne parle pas des CV truqués, et sur dimensionnés par apport à la vérité.
Enfin quelqu'un qui l'a vu et qui le dit !
le phénomène est très visible quand on est noté aux objectifs, et au mérite. on fini par travailler pour la note et pas autre chose (tout est dans la simulation).
exit donc la prise de risque, les initiatives, la créativité (les vraies motivations) etc..

émulation ou simulation il faut choisir.

Portrait de mazingerB

De mazingerB

11H54 | 27/04/2008 | Permalien

Je pense que ce monsieur, comme bien d'autres apotres de la Catastrophe, n'envisagent pas que certaines personnes aimaient tout simplement leur travail.. Donc forcement il derive, il derive..

Portrait de le _grand_clown_malade

à mazingerB Portrait de mazingerB De le _grand_clown_malade

if 6 was 9 | 12H51 | 27/04/2008 | Permalien

C'est beau ce que vous dites mazingerB !

Si chaque personne avait les moyens d'aimer son travail (au-delà de sa motivation personnelle) ce serait tellement merveilleux…

Portrait de Bon Scott

à le _grand_clown_malade Portrait de le _grand_clown_malade De Bon Scott

15H27 | 27/04/2008 | Permalien

Hier samedi, j'ai assisté à notre réunion générale annuelle (93 personnes présentes). Nous sommes adhérents d'un syndicat qui nous a aidé à nous défendre devant les prud'hommes (90% de procès gagnés), je peux vous dire qu'il y a beaucoup de salariés qui vivent des situations plus que pénibles au sein de leur Entreprise (suicide, brimades, pressions, harcèlements, licenciements abusifs, ou suite à une liquidation …)Et avec le nouveau code du travail qui arrive début mai, je ne sais pas comment les employeurs en général vont pouvoir motiver leurs salariés, avec notamment les résiliations de contrat par conciliation ( ex : un employeur qui trouve que son salarié est trop vieux pourra le licencier beaucoup plus facilement) « je ne te garde pas dans mon Entreprise, combien tu veux pour partir ? » Ce sera au salarié de se vendre !
Au niveau du travail, je connais beaucoup de personnes ayant un emploi, qui ont des certitudes « les chômeurs sont comparés à des fainéants, du travail il y en a “ mais quand ceux ci se retrouvent sans emploi, ils comprennent que pour retrouver un travail correctement rémunéré ce n'est vraiment pas facile, à moins d'accepter des CDD, des 20 heures par semaine, des emplois rémunérés en dessus du SMIC,… effectivement dans cette catégorie de poste à pourvoir, il y en a énormément ! ceux sont les mêmes personnes qui critiquent le système, ‘trop de social, etc … qui profitent du dit système.
Des exemples je peux vous en citer sans problème. Le petit corps malade ne fait qu'appliquer les réformes que les cyniques patrons du MEDEF lui ont demandé. Personnellement j'ai fait pratiquement les 3/4 de ma vie active, et je ne suis pas à l'abri de rien, je plains les jeunes qui vont démarrer dans le monde du travail. Je laisse les personnes avec leurs certitudes, je leur souhaite de ne pas trouver d'embuche dans leur parcours professionnel, ou au niveau de leur Entreprise, et qu'ils puissent s'éclater dans leur fonctions.

Portrait de Les Chats

à Bon Scott Portrait de Bon Scott De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 22H10 | 27/04/2008 | Permalien

On vient d'apprendre qu'un employé s'est immolé par le feu dans sa voiture sur le parking de son entreprise.
C'est l'entrepôt entier qui a pris feu.
Dur dur …..
Et pendant ce temps là les riches ne connaissent pas la crise et pas qu'en Angleterre :
http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/04/27/en-grande-bretagne-les-r…

Il faut vraiment bouger, une grande manifestation internationale, voilà ce qu'il faut.

Portrait de cacahouete

à Bon Scott Portrait de Bon Scott De cacahouete

montpellier | 08H57 | 28/04/2008 | Permalien

très appréciable votre point de vue d'un « actif salarié ». MERCI

Portrait de marc44

à mazingerB Portrait de mazingerB De marc44

14H18 | 27/04/2008 | Permalien

Dans l'enseignement supérieur et la recherche, où la pression de l'évaluation va croissant, ces considérations commencent à être valables. L'objet de l'enseignement et de la recherche ne priment plus, mais l'énergie devient largement consacrée à réfléchir à ce que pense telle tutelle, quels sont ses critères, comment tourner les choses ; bref, le « qu'en dira t-on ». Toute cette énergie n'est plus mise au service des missions de service public, de amnière sereine et efficace. On enseigne dans les écoles de commerce -devenues par prétention « de management“- que sérénité et efficacité de vont pas de pair. Voilà un grand mal de notre société.

Portrait de quetzal2012

De quetzal2012

enseignant précaire | 12H07 | 27/04/2008 | Permalien

Cette métaphore de la révolution comme « le frein d'arrêt d'urgence » était aussi filée par Ferré, pour ma part je pense que l'on devrait davantage parler de révolte au sens où l'entendait Camus, qu'elle soit métaphysique ou sociale, elle est en effet un refus fondamentale de se laisser mener droit dans le mur…
Même lorsque Marx, en inversant la vision hegelienne, parle de révolutions comme de « locomotives de l'Histoire », n'entendait-il pas par là que par le travail (pas au sens sarkozien et aliénant du terme) l'Homme se rend perfectible et capable de penser avant que de se laisser motiver par le train fantôme du « travailler plus… » ?

http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com

Portrait de Gudlok

De Gudlok

12H03 | 27/04/2008 | Permalien

Aaaah merci à Rue89 et à Guillaume Paoli.

Ce genre de penseur font vraiment du bien, car ils posent les vrais problèmes de notre société, contrairement à tous les autres qui préfèrent éviter de toucher aux tabous.

La soit-disante démocratie dans laquelle nous vivons est en fait une véritable tyrannie du travail… Si tu n'as pas d'emploi, tu n'es pas un bon citoyen, tu es qualifié d'asocial, tu es exclu de la société.

Du coup, tout le monde se vend comme des produits pour obtenir des postes, de plus en plus minables.
Les CV ressemblent à des pubs avec un marketing bien réflechi, on y ment évidemment, et dès l'entretien d'embauche, on flatte l'employeur, on simule.

Portrait de pablico

à Gudlok Portrait de Gudlok De pablico

12H10 | 27/04/2008 | Permalien

cela s'appelle « bling bling », lèche cul, rond de jambes, flatteurs, courtisans et j'en passe

Portrait de skalpa

à Gudlok Portrait de Gudlok De skalpa

actif et militant ? | 18H48 | 27/04/2008 | Permalien

Qu'on se le dise !

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de Bon Scott

à skalpa Portrait de skalpa De Bon Scott

19H16 | 27/04/2008 | Permalien

Tu t'aperçois que tu vis en 2008 quand :

1. Par accident, tu tapes ton mot de passe sur le micro-onde ;
> 2. Ça fait des années que t'as pas joué au solitaire avec des vraies cartes ;
> 3. T'as une liste de 15 numéros de téléphone pour joindre une famille composée de 3 personnes ;
> 4. T'envoies un mail à ton collègue qui a le bureau juste à côté du tien ;
> 5. T'as perdu le contact avec tes amis ou ta famille parce qu'ils n'ont pas d'adresse e-mail ;
> 6. T'arrives chez toi après une longue journée de travail et tu réponds au téléphone comme si tu étais encore au bureau ;
> 7. Tu fais le zéro sur ton téléphone de la maison pour prendre la ligne ;
> 8. T'es au même poste de travail depuis 4 ans mais t'as déjà travaillé pour trois entreprises différentes ;
> 10. Toutes les pubs télé ont une adresse Web en bas de l'écran ;
> 11. Tu paniques si tu sors de chez toi sans portable et tu fais demi-tour pour le prendre ;
> 12. Tu te lèves le matin et la première chose que tu fais c'est allumer ton ordinateur avant même de prendre ton café ;
> 13. Tu inclines ta tête sur le côté pour sourire ;
> 14. T'es en train de lire ce texte et tu acquiesces et souris ;
> 15. Encore pire, tu sais déjà à qui tu vas renvoyer ce message ;
> 16. T'es trop occupé pour t'apercevoir qu'il n'y a pas de numéro 9 dans cette liste ;
> 17. A l'instant, tu viens de re-parcourir le message pour vérifier qu'il n'y avait pas de numéro 9 dans la liste…

ALORS, SUIS CE CONSEIL :

Lorsque ton travail t'ennuie, que tu es au bord de la dépression,
> que vraiment plus rien ne va comme tu le voudrais au travail,
> fais ceci :

en sortant du travail arrête-toi à la pharmacie, achète un thermomètre rectal Johnson &Johnson
> (seulement cette marque-là) ; ouvre la boîte du thermomètre rectal et lis les instructions

Tu trouveras cette phrase quelque part :
> « Chaque thermomètre rectal Johnson & Johnson a été testé personnellement à notre usine. »

> Alors, maintenant, ferme les yeux et répète 5 fois à voix haute :
> je suis heureux[se] de ne pas travailler
> au contrôle de la qualité chez Johnson & Johnson.

> ET VOILÀ, ÇA Y EST, TU RIGOLES ?
> Allez, renvoie ceci à tes amis, t'en meurs d'envie ! ! !
> Et rappelle-toi toujours qu'il y a des jobs plus merdiques que le tien.

Portrait de Les Chats

à Bon Scott Portrait de Bon Scott De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 22H29 | 27/04/2008 | Permalien

Bon Scott ! !
« 4. T'envoies un mail à ton collègue qui a le bureau juste à côté du tien “

Niet ! ! ! ça je refuse et d'en recevoir et encore moins d'en envoyer et je garanti que personne ne m'obligera à vivre ça.
Faut pas compter sur moi pour rajouter de l'indifférence à l'indifférence.

Portrait de Yakafersa

De Yakafersa

retraité consentant | 12H22 | 27/04/2008 | Permalien

Ah ! La simulation…Elle est l'outil essentiel des « travailleuse du sexe »…des actrice de porno…et des bonnes ménagères vertueuses conseillées par le Vatican…

Bon, je me mets le premier naze, histoire de me démotiver…

Portrait de Elosurlalune

à Yakafersa Portrait de Yakafersa De Elosurlalune

Apprentie so...ciologue | 13H41 | 27/04/2008 | Permalien

On peut me dire ce que ce message machiste a à voir avec le sujet, Papy ? C'est le printemps qui fait travailler les hormones ?

Guillaume Paoli nous dit finalement ici que nous sommes tous des prostitués, dans le monde du travail. On vend notre corps, ainsi que nos cerveaux ajoute-t-il à raison ! Il a rien inventé, Michel Foucault a pu le dire avant lui, reprenant déjà à son compte toute une tradition libertaire philosophique. Loïc Wacquant travaille depuis des années à dénoncer, entre autres, cette (op)pression sur le travailleur, « les blocages mentaux, l'impossibilité de penser l'activité de vie en dehors de la forme salariale, marchande » : http://www.dailymotion.com/video/xe7ui_wacquant

Un bon élément pour comprendre en partie cette colonisation de nos esprits par le capitalisme, un livre de Eve Chiapello et Luc Boltanski : http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/boltanski2.html

Pour revenir dans le sujet. Désolée Yakafersa, mais fais gaffe aux conneries que t'écris quand même… Merci.

Portrait de pablico

à Elosurlalune Portrait de Elosurlalune De pablico

18H21 | 27/04/2008 | Permalien

tu es dur avec papy. Heureusement qu'on a les hormones, surtout quand elles travaillent bien. ça aide à tenir le coup.

Portrait de Unstern

à Elosurlalune Portrait de Elosurlalune De Unstern

00H30 | 28/04/2008 | Permalien

@ Elosurlalune

Merci pour le lien avec l'intervention de Wacquant.

Vraiment très intéressant : -)

Portrait de jojo1er

à Yakafersa Portrait de Yakafersa De jojo1er

10H41 | 28/04/2008 | Permalien

C'est marrant, je le trouvais au contraire anti machiste ce message…

Un vrai macho pense que toutes les ménagères sont comblées par « le coq imbécile et prétentieux perché dessus » (GB)

Jojo1er, …Misogynie à part.

Portrait de jissé

De jissé

Ingé retraité | 12H23 | 27/04/2008 | Permalien

Bonjour.

« Il ne faut pas perdre sa vie à la gagner ».

Ne sais plus de qui c'est.

Faire des heures sup » - non reconnues ni payées - et sans le vouloir ?
Souvent arrivé de me coucher le soir après avoir galèré des heures sur un pb pro.

Et au réveil : « Heure et quart », j'avais trouvé la solution.

Mais comment aller mettre dans une lettre de motivation
« Un électronicien qui dort, c'est un technicien qui réfléchit ».

Bonne sieste, pas trop productive, c'est dimanche.

Jc

Portrait de Yakafersa

De Yakafersa

retraité consentant | 12H25 | 27/04/2008 | Permalien

Tellement démotivé que j'en ai oublié l'orthographe, mille excuses pour les puristes.

Portrait de caro

à Yakafersa Portrait de Yakafersa De caro

délinquante avérée | 13H35 | 27/04/2008 | Permalien

Yakafersa, vous pouvez « éditer » votre commentaire pour le corriger et le re-publier.

Manoeuvre très pratique : -)

Portrait de Shix

De Shix

Madteam since 2010 | 12H37 | 27/04/2008 | Permalien

C'est drôle comme notre aliénation est constante.

Pour répondre à la personne qui disait que notre ami philosophe ne pensait tout simplement pas qu'on puisse s'épanouir dans son travail :

J'ai la chance de ne pas avoir eu à simuler ma motivation pour mon emploi car je le fais par convictions. En tant qu'animateur socio-culturel, je m'épanouis dans mon travail. Et pourtant de cette motivation sincère j'en arrive à faire des semaines de 50 heures (qui ne seront évidemment pas payées … récupérées je ne sais quand). Et le pire c'est que mon chef de service lui même me demande de poser mes congés et de noter mes heures.

Pour moi, oeuvrer pour le service public, participer à l'épanouissement de groupes, aider à construire un esprit critique sur notre environnement etc … Tout ça vaut n'importe quelle motivation symbolique (un bureau, véhicule de fonction, grade) ou matérielle (salaire mirobolant et cie). Du moins aujourd'hui …

Mais j'en viens à me demander du coup jusqu'où ma motivation est sincère. N'est-ce pas une faculté à attiser nos propres convictions, envies, désirs qui nous poussent à nous auto-exploiter ?

Travailler plus pour gagner plus est un slogan qui ne me parle pas car je travaille plus sans contribution lorsque je vois concrètement l'utilité que je peux apporter à mon environnement dans la vision idéale que j'en ai. Et ça, comme capacité à motiver, c'est encore ce que je connais de mieux (pire ? )

Le problème est que si j'arrive à me démotiver, je n'aurai plus aucun goût pour ce travail et pour en avoir fait pléthores d'autres, je ne m'épanouirai pas avec une activité salariée. Dès lors avec la stigmatisation qu'on apporte à l'inactif dans notre société de la réussite et du dynamisme (même si la productivité de certains travailleurs est bien moindre que celles d'inactifs bénévoles), je me représente le fait que je en m'épanouirai pas tout court. Et pourtant ? Il y a encore quelques années, notre naïveté de lycéens/étudiants nous faisait croire (à raison ? ) que notre seule épanouissement passerait par le refus de tout emploi …

Quelques années ont suffit pour nous convaincre, nous aliéner …

Portrait de Elosurlalune

à Shix Portrait de Shix De Elosurlalune

Apprentie so...ciologue | 13H58 | 27/04/2008 | Permalien

Le fait de pouvoir donner un sens à son activité, d'en faire une noble cause, c'est très important dans votre cas, manifestement. Dès lors, la rétribution symbolique est beaucoup plus importante que la rétribution monétaire : en terme d'épanouissement personnel, de résultats de sa propre action sur l'environnement (les gens, les choses)… Vous dites avoir été salarié auparavant, vous devez pouvoir faire, et vous faites effectivement d'ailleurs, la différence. Je ne pense pas qu'il y ait à craindre un retour du bâton dans votre cas ! Car en fait, la question n'est pas celle de l'effort produit en soi, elle est celle d'un effort produit dans un but : si le vôtre vous convient, il n'y a pas nécessairement à qualifier votre tâche d'aliénation ! Ce que dit ce philosophe (ou alors c'est moi qui interprète), ce n'est pas que les efforts sont à bannir ! Il fait d'ailleurs allusion à un moment donné aux « emplois vides » (combien d'amis ai-je qui s'ennuient au travail et s'envoient des chaînes d'emails toute la journée ! ). C'est justement le côté purement formel du travail : le temps pris, la disponibilité du corps et de l'esprit (de l'individu, quoi) requise, pour des tâches ingrates, mal payées, pas intéressantes et qui demandent donc de simuler l'intérêt. Le problème est celui de la sincérité et de l'authenticité ! Du moment que vous êtes authentique, que ça vous permet de vous accomplir et que ça vous apporte vraiment plein de choses qui font que vous vous sentez à la fois utile, vous-même, enrichi régulièrement etc, on n'a pas à vous enlever ça ! Le jour où vous avez un rapport tout différent à votre activité, là il faut songer à en changer. Voilà. Si je puis me permettre…

Portrait de Lohiel

à Shix Portrait de Shix De Lohiel

non-officiel89.forumactif.net | 14H08 | 27/04/2008 | Permalien

Un travail épanouissant, c'est ce qu'on voudrait tous, non ?

Se sentir utile au quotidien, au point que *plus d'argent en contrepartie de ce que vous effectuez comme tâche* ne vous semble pas prépondérant. Même si ladite tâche est rude, on voit peu de travailleurs sociaux et culturels vraiment démotivés *quand ils sont sur le terrain* (frustrés par le manque de moyens qu'on leur laisse, oui, ça on en rencontre…)

Vous avez juste la chance d'être un des derniers à qui cela est permis, car les places sont rares. Ce serait dommage à mon sens que vous aussi, vous vous démotiviez.

Je ne crois pas que ce soit cela dont parle Paoli, mais plutôt de celui à qui on demande de faire croire qu'il est heureux et enthousiaste de fabriquer à longueur de journée un énieme produit inutile, de le vendre, de le concevoir, etc.

Portrait de ribelle

à Shix Portrait de Shix De ribelle

19H53 | 27/04/2008 | Permalien

Je travaille dans le social ; je suis éducatrice spécialisée et pendant des années, j'ai beaucoup travaillé, sans forcément rattraper les heures sup..Et, en 2003, une suspicion de grave maladie, qui a vite fait de changer le regard qu'on a sur la vie et qui réoriente les priorités… passage aux 35 heures « réelles », décompte et récupération des heures complémentaires et… du temps pour soi et sa famille.. Se demander pourquoi on bosse comme ça. OK, je veux bien : on est motivé, on s'implique, mais bon…
5 ans plus tard, je ne regrette pas ce virage. Le service est financé en fonction du nombre de suivis sociaux. je suis soumise à des délais pour rendre des rapports. C'est la course permanente, le stress. Personne ne me remplace quand je suis absente. En plus, mon patron dit que je coute trop cher, que les mesures effectuées ne suffisent pas à financer mon salaire, ni les frais du service.. je suis menacée de licenciement. Peut-être dit-il mettra -il à mon poste un jeune travailleur social débutant au salaire moindre..Parce que les compétences, cela a un coût. Et on n'en a plus franchement besoin : là aussi, simulons : il faut montrer qu'« on fait quelque chose pour les pauvres ».
D'ailleurs, la gestion de l'argent pour les associations chargées d'une mission de service public mériterait d'être ré-interrogée, mais ceci est une autre histoire..
Aujourd'hui, j'essaie encore de « lâcher », de prendre du recul, de moins m'impliquer, sachant que demain je risque d'être virée sans état d'âme pour des raisons budgétaires alors que mon travail est reconnu. Mais, j'ai des difficultés à ne plus m'investir auprès de personnes qui sont en attente de mes compétences. Si je me désinvestis trop, je me démotive. Si je continue à m'impliquer, c'est la déception qui m'attend, ce sentiment d'avoir beaucoup donner sans retour…
Ces dernières années, des bataillons de petits chefs sont arrivés dans le social, des gens qui veulent faire carrière. Ils ont une formation spécifique de cadre intermédiaire. Ils sont formés aux méthodes de management. Ils adorent tous taper le stylo sur la table pour faire les salariés pendant les réunions. Je les trouve peu intelligents, peu créatifs, peu innovateurs, et vraiment pas à l'écoute du personnel. Ils ne savent pas apporter d'aide à l'éducateur dans le travail réalisé auprès des personnes. Ils font partie de la direction : ils appliquent les directives.Ils adorent compter et convoquer le salarié quand il ne remplit les objectifs en volume et en chiffre..Ils adorent copier le secteur marchand : ça fait plus sérieux et plus professionnel…
Dans certaines associations, la pression est telle sur les salariés que ces derniers la font aussi peser lourdement sur les usagers…
J'ai des collègues qui « simulent » et ça se passe bien pour eux. Le grand orateur, l'habile rétheur, l'agitée de service qui traverse les couloirs en courant, l'incompétent reconnu et accepté… heureusement que d'autres ici et ailleurs continuent à oeuvrer et à travailler dans le respect de leurs valeurs.

Portrait de TARPON

De TARPON

12H40 | 27/04/2008 | Permalien

Ce type est une larve.

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