portrait

Rachid Kaci, un « M. Banlieues » très à droite pour Sarkozy

Proche de Madelin et de Pasqua, le conseiller du Président prône le volontarisme plutôt que la lutte contre les discriminations.

Depuis l'annonce du « Plan Espoirs Banlieue », Fadela Amara, la très exposée secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville a disparu des médias. L'occasion de s'intéresser aux autres « cerveaux » de cette opération sauvetage des quartiers. Rue89 a rencontré Rachid Kaci, conseiller technique de Nicolas Sarkozy en charge de la politique de la ville. (Voir la vidéo.)



Rendez-vous dans un café chic de la rue de la Boétie, à Paris. A deux pas du siège de l'UMP, Rachid Kaci boit un café, un crayon à la main, un dossier jaune sous les yeux. Ses deux téléphones portables sonnent régulièrement.

Il juge bonne l'intervention télé de Nicolas Sarkozy : « Ça vous aurait étonné que je dise le contraire. » Presque autant que de lire une interview « exclusive » de ce quadragénaire dans le numéro d'avril du Choc du mois, canard d'extrême-droite. « Renaud et Edith Cresson ont donné une interview à ce journal. Ça n'est d'ailleurs pas un organe du FN et je n'ai pas tenu de propos nazis. Je me suis déjà exprimé dans l'Humanité. Je suis allé à la Fête de l'Huma », se défend-il, avant de préciser qu'il n'aurait jamais mis les pieds à une fête des bleu-blanc-rouge.

Dans ce grand entretien, Rachid Kaci aborde les thèmes dont il est spécialiste avec le ton qui lui est propre ; entre provocation et démagogie, avec un sel de « pas de tabous ».

Contre « la philosophie d'assistanat de la gauche »

Ancien proche d'Alain Madelin, cet ultralibéral pourfend « la philosophie d'assistanat de la gauche », les sans-papiers et le misérabilisme pour mieux glorifier le travail. Il est d'ailleurs ravi que du plan Espoir banlieue transpire son leitmotiv :

« J'ai bossé pour qu'on instaure une philosophie de l'effort et de la responsabilité. Ça ne sert à rien de passer des couches de peinture et de réparer les ascenseurs. On le fait depuis trente ans.

“On peut changer les choses via l'école de la seconde chance, via le désenclavement des quartiers et en permettant aux gamins de pas forcément aller dans leur école de quartier. Beaucoup d'entreprises vont parrainer des gamins. On l'a fait avec Madelin à petite échelle.

‘Des entreprises ont aidés des types à monter leurs pizzerias, leurs sandwicheries, des trucs de transports. Ces sociétés, elles existent encore, dix ans après. Il n'y a que ça de vrai.’

Il regrette de ne pas travailler ‘suffisamment’ avec Fadela Amara, qu'il connaît bien et avec qui il s'entend bien. Même s'ils ne sont pas d'accord sur tout.

‘Mon père me disait toujours : Tu es un bougnoule, tu resteras bougnoule.'’

Comme Nicolas Sarkozy, Rachid Kaci répète qu'il faut se retrousser les manches, suer, se battre pour y arriver. Et comme son père qui lui disait : ‘Il faut être le meilleur pour ne pas avoir, comme moi, à ramasser la merde des autres.’

Rachid Kaci n'a écouté que ce conseil. Son père, balayeur algérien, est arrivé en France en 1955. D'abord, à Nanterre, dans les bidonvilles. Puis dans une cité-jardin de Suresnes. Il balaie pour la municipalité : ‘Mon père me disait toujours : Tu es un bougnoule, tu resteras bougnoule.'’

Le patriarche plie l'échine et demande à ses enfants de faire pareil, de ne surtout pas prendre position, de ne pas se montrer. Etant la seule famille maghrébine de l'immeuble, ils nettoient les saletés laissés par d'autres dans les parties communes par peur d'être accusés.

Rachid Kaci dans un café rue de la Boétie (Audrey Cerdan/Rue89).

‘Je n'en tire aucune gloire, c'est le parcours classique d'un immigré. On cesse d'être un bougnoule quand on se retrousse les manches et qu'on se fait une place dans la société, il n'y a pas d'autre solutions. J'ai combattu SOS Racisme à cause de leur misérabilisme’, lâche l'ex-candidat à la mairie de Nanterre.

Rachid Kaci a, là, essuyé un gros échec en n'obtenant que 14,3% des voix. Une candidature un rien casse-gueule dans un bastion de la gauche. Les élections ratées, il connaît : les européennes en 1999, l'investiture de l'UMP en 2002 puis en 2004. Mais même dans ses échecs, Rachid Kaci invoque l'effort et le mérite :

‘En politique, seul le rapport de force et l'initiative comptent. Pour être entendu, il faut aller au charbon et défendre ce qu'on a envie de défendre. Après on trouve des arrangements.’

Un petit tour chez les rocardiens, avant de rejoindre Sarkozy et Pasqua

Ce monomaniaque du travail acharné est satisfait de son poste actuel. Il dit s'y sentir utile et écouté par un Président avec qui il précise être en ‘contact direct.’

Rachi Kaci raconte être arrivé à la politique après une claque : la marche des beurs en 1983. Adolescent, il est alors bouleversé de voir des Maghrébins prendre la parole. S'ensuivent des années d'activités associatives. D'abord rocardien à la fin des années 80 avec France Plus, une association de défense des droits civiques : ‘On militait pour la diversité sur les listes des municipales.’

Puis, à droite. Il rencontre Nicolas Sarkozy, Charles Pasqua –‘le plus grand républicain de la classe politique française-, Alain Madelin : J'en avais marre du militantisme pur beur. Je voulais l'élargir à tous les gens socialement défavorisés.’ Aux trois hommes, Rachid Kaci voue toujours une grande admiration. A gauche, sans surprise, il dit apprécier le volontarisme de Manuel Valls. Et l'honnêteté de Lionel Jospin.

Il est volubile, adopte un ton un peu professoral pour dire les choses, et une voix moins agressive que son discours. Il hausse toutefois d'un ton lorsque le débat sur l'islam et l'entreprise est évoqué :

‘Va-t-on éternellement se poser en victime ? Les entreprises n'ont pas à s'adapter, elles ont des logiques commerciales.

Si une fille voilée peut leur rapporter des contrats dans les pays arabes, ils l'engageront. Si ça leur pose problème, ils la refuseront et je ne vois pas le problème.’

‘Tout ce qui nous arrive, c'est de notre faute. Il faut arrêter de se plaindre.’

Pour lui, les problèmes de discrimination dans l'entreprise sont minoritaires et ne méritent pas que l'on s'y attarde, à moins de vouloir à nouveau focaliser les extrémismes sur la question de l'islam, d'‘autant que prouver une discrimination, c'est difficile’.

La discrimination positive, Rachid Kaci y est opposé : ‘Tout ce qui nous arrive, c'est de notre faute. Il faut se regarder dans la glace et arrêter de se plaindre.’ Sur l'ouverture estampillée diversité, il est en revanche satisfait. Au préalable, le conseiller de Nicolas Sarkozy avance les ‘qualités’ et ‘potentiels’ de Rama Yade et Rachida Dati, puis explique que ‘Rachida a été un mal nécessaire’, dans une société verrouillée.

Ces derniers jours, Rachid Kaci s'est replongé dans une lecture d'adolescence, ‘Pleure, ô pays bien aimé’ d'Alan Paton. Un livre sur la ségrégation raciale en Afrique du Sud. Et curieusement, il précise : ‘Mais on n'est pas dans un système d'apartheid, ici.’

Vidéo/photo : Audrey Cerdan

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Portrait de François Doutriaux

De François Doutriaux

Juriste et enseignant chercheur | 22H12 | 27/04/2008 | Permalien

Cet homme, qui qualifie Charles Pasqua de « plus grand républicain de la classe politique française » et admire Alain Madelin, a raté sa vocation.

Notre pays ne manque pas d'humoristes, mais rares sont ceux qui disposent d'un tel talent.

Portrait de kawouede

De kawouede

22H52 | 27/04/2008 | Permalien

Plutôt que de dénigrer je crois qu'il faudrait plutôt nous interroger sur la capacité de notre système « d'intégration » à fabriquer des gens comme Rachid Kaci. Il est fascinant (et glaçant) de voir comment pour être du côté des chefs / des leaders bref des anciens maîtres on peut se persuader que la République « s'incarne » dans des « hommes forts » - et ainsi renier toute une vision de la République très éloignée en fait de ce qu'elle a été réellement dans son histoire (le colonialisme, la discrimination, la stigmatisation, etc.).
En même temps, le point de vue de Kaci n'est pas fait que d'idéologie, il y a aussi un certain pragmatisme économico-libéral quand il résume la situation pour la discrimination à l'embauche (à part la première phrase ; attention je ne dis pas qu'il a raison) :
« Va-t-on éternellement se poser en victime ? Les entreprises n'ont pas à s'adapter, elles ont des logiques commerciales.

“Si une fille voilée peut leur rapporter des contrats dans les pays arabes, ils l'engageront. Si ça leur pose problème, ils la refuseront et je ne vois pas le problème.”

La croyance en l'entreprise toute puissante (le choix de l'UMP comme parti-entreprise avec un chef, un conseil d'administration, etc. y est liée sans doute) est certes facile à démonter / rejeter comme vaine et ridicule, mais il me semble que sans s'interroger sur ce qui a rendu POSSIBLE le parcours d'un Kaci (du rocardisme au sarkozisme en quelque sorte ! ) on ne pourra pas avancer dans la résolution des problèmes liés à l'intégration des étrangers ET/OU immigrés dans notre beau pays.

Portrait de François Doutriaux

De François Doutriaux

Juriste et enseignant chercheur | 23H26 | 27/04/2008 | Permalien

Monsieur Rachid Kaci est le « produit » d'un systéme qui n'a rien de trés original : une approche purement idéologique à mes yeux, qui constite à défendre le point de vue du fort, et à considérer que la protection du faible est une approche « misérabiliste » ou victimaire.

La phrase que vous citez, pour qui pratique un peu le droit de la discrimination (notamment mais pas uniquement dans le domaine du travail), l'a un peu étudié et/ou connaît sa réalité factuelle, elle n'est pas seulement aberrante.

Elle est surtout ridicule.

A l'aune de cette idéologie, la norme n'a qu'une utilité : permettre aux « élites » de prospérer. C'est là le fondement même de l'ultralibéralisme. Les statistiques sont considérées avec mépris, exploitées et instrumentalisées sans être comprises, l'expertise doit laisser la place au « bon sens », la connaissance des acteurs de terrain écartée. Seul compte « l'idée ». La plus simple, la plus démagogique, la plus basique possible.

« si un handicapé peut leur rapporter des contrats auprés des institutions spécialisées, ils l'engageront. Si ça leur pose probléme, ils la refuseront et je ne vois pas le probléme ».

Remplacez « fille (sic) voilée » par femme, maghrébin, homosexuel, syndicaliste, senior, etc…

Il ne s'agit pas de politique. Ni de droit. Ni de sociologie ou même d'une vague connaissance de la situation, de ses difficultés et des moyens d'y remédier.

Là comme ailleurs, le gouvernement actuel ne méne pas de politique, il applique de manière mécanique une pensée dogmatique. Et encore, pour l'essentiel, les « réformes » ne sont que de coûteuses gesticulations qui ne modifient en rien les domaines abordés : grêve dans les transports, modernisation du travail, paquet fiscal, franchise médicale, modernisation des politiques publiques, réforme de la représentativité syndicale, rétention de sûreté, réforme des institutions, etc…

Dans toutes ces hypothéses, les changements sont essentiellement cosmétiques. Il s'agit de communication politique, pas de gestion de la chose publique. Démontrer que les changements effectués sont quasi inexistants n'est guère difficile dans chacun de ces cas.

La seule réelle constante de notre actuel gouvernement reléve du transfert de richesses (paupérisation des classes modestes et moyennes au profit des foyers les plus riches, appauvrissement de la sphére publique au profit de la sphére privée, accroissement des déficits publics au profit de certaines entreprises).

Rien de bien original là non plus. L'évolution des revenus français entre 1998 et 2007 relevait déjà de la même logique (quant bien même, sur la période 1998/2002, les revenus modestes augmentaient également, bien que dans une moindre mesure).

Quant au parcours personnel de ce monsieur, de ses allégeances changeantes à ses « références » (Pasque, Madelin, Sarkozy…), il n'illustre que sa propre ambition.

Rien n'a rendu possible ce parcours.

L'ambition et la corruption du pouvoir sont inhérents à tout systéme politique ou sociale.

Portrait de Asse42

à François Doutriaux Portrait de François Doutriaux De Asse42

Posteur Royaliste | 23H49 | 27/04/2008 | Permalien

Bravo pour avoir répondu avec discernement et profondeur à Kawouede dont j'avoue je me sentais proche dans son questionnement. Votre analyse est lumineuse et directe.

Portrait de Alexad

à François Doutriaux Portrait de François Doutriaux De Alexad

10H49 | 28/04/2008 | Permalien

Excellente Analyse ! !

Il y a dans le discours de Monsieu Kaci, quelque chose du discours de Dakar…

Portrait de TARPON

à Alexad Portrait de Alexad De TARPON

11H06 | 28/04/2008 | Permalien

Et ça vous etonne ? les « bougnoules » ne font qu'utiliser les methodes qui ont servi à tout un chacun pour progresser en politique.Quelle Difference entre KACI et PASQUA ? PASQUA quand il vendait du RIcard etait un bougnoule ,terme qui ne s'adresse pas seulement aux enfants de la mediterranée mais aux petits ,aux moins que rien.On est toujours le bougnoule de quelqu'un.Copé fut Bougnoule ,Sarko fut Bougnoule,Poulidor aussi.On est toujours le bougnoule de quelqu'un

Portrait de talonette66

à Alexad Portrait de Alexad De talonette66

animatrice | 11H55 | 28/04/2008 | Permalien

oui il y a le bon sens près de chez vous avec monsieur kaci . Des ficelles de comm en somme, l'analyse de Mr juriste chercheur (pardon pour l'oubli de son nom) retire les artifices pour rappeler aussi à quoi et à qui servent les élites.

Portrait de le _grand_clown_malade

à Alexad Portrait de Alexad De le _grand_clown_malade

if 6 was 9 | 17H28 | 28/04/2008 | Permalien

Oui le lien avec le discours de Dakar est identifiable :

manque de culture ET refus de la réalité !

Un tas d'autres concepts inhérents à ces notions viennent se greffer sur ceci : racisme, autorité, mensonge, suffisance et j'en passe…

Nicolas Sarkozy, Rachid Kaci et les autres personnages douteux peuvent bien être ce qu'ils souhaitent. Mais pour le premier, il incarne dans une certaine mesure (au moins dans ses discours) l'image de la France. Ca me chiffonne un poil qu'il donne une image qui me semble erronée et loin de nos objectifs idéologiques.

Pour le second, il véhicule et montre en exemple une réussite personnelle qui met à mal les valeurs qui font qu'on est toujours dans une démocratie. L'un et l'autre ont beaucoup en commun, je n'en doute pas. Mais dans leur logique, ils ne sont pas pour autant dans le même camp.

C'est l'ennui avec ce genre d'idéologie, on s'en sort tout seul, par le mérite, le travail, les coups fourrés, en faisant l'homme vénale mais au bout du compte, rien n'est fédéré sinon l'idée qu'on est tous tout seul.

Dans son domaine, Sarkozy et sa clique peuvent mieux faire : faire 65 millions de camps différents. A ce stade, nous aurons que les yeux pour pleurer.

Tout ça pour dire, finalement ^^, que Rachid Kaci est pour moi un contre-exemple de réussite et un indice sur ce qui évolue dans notre société…

Monsieur ! Lorsque je vois votre réussite, j'ai envie d'échouer !

Portrait de Hatamoto

à François Doutriaux Portrait de François Doutriaux De Hatamoto

13H43 | 28/04/2008 | Permalien

Tout le monde peut y arriver, il suffit d'être assoifé de pouvoir, opportuniste, méprisant, sortir des banalités libérales et hop le tour est joué ! ! !
Comme quoi ceux qui disent que la france n'est pas un modèle d'intégration se trompent : même les pires modèles arrivent déjà à être assimilés par les « citoyens d'origine » comme dirai l'autre et ils font aussi bien que les « de souche » !
La france est tout simple formidable : )

Portrait de kkadim

à François Doutriaux Portrait de François Doutriaux De kkadim

service public rhone alpes | 14H07 | 28/04/2008 | Permalien

je suis admiratif, trés beau post.

Portrait de Network 23

à François Doutriaux Portrait de François Doutriaux De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 18H05 | 28/04/2008 | Permalien

Cette apologie de la réussite individuelle et mépris total des sciences humaines me rappelle une autre phrase, puisque ce monsieur lit des livres sur l'apartheid, qui n'existe pas en France :

« Vous vous demandez sans doute, face à cette philosophie marxiste, quelle est la philosophie pour laquelle nous nous battons.

Je vous l'expliquerai avec des mots simples : nous luttons pour la philosophie de maman, pour les bonnes choses que nos mères nous enseignaient à la maison quand nous étions enfants… »

Jorge Acosta, dit « El Tigre », directeur du service de renseignement du centre de détention et de torture de l'ESMA, l'Ecole mécanique de la marine, à Buenos Aires, Argentine.

Portrait de Seurel

à kawouede Portrait de kawouede De Seurel

11H38 | 28/04/2008 | Permalien

Le jour où il aura des millions de Rachid Kaci en France, ça voudra dire que l'intégration aura parfaitement fonctionné. Faut-il le souhaiter ? Je ne sais pas. Ce sera peut-être dommage, mais ce sera ainsi.

Portrait de TARPON

à Seurel Portrait de Seurel De TARPON

11H51 | 28/04/2008 | Permalien

s'ils deviennent laics ? on peut rever

Portrait de kawouede

à Seurel Portrait de Seurel De kawouede

15H35 | 28/04/2008 | Permalien

Ben justement c'est cette « intégration“-là que j'aimerais interroger : celle vers laquelle nous entraîne (même si Kaci semble ne pas y être favorable) la discrimination positive, les quotas de ‘minorités’, etc.
Celle qui consiste à prendre quelques ‘bons beurs’ (si je puis dire) et à faire de leurs parcours, de leurs réussites, des ‘exemples’ (comme l'école de la IIIe République avait ses ‘exemples’, exceptions à la règle, pour faire croire au mythe de ‘l'égalité des chances’).
Des ‘bons beurs’ qui par souci - honorable - de ne pas ‘verser dans le communautarisme’ vont à leur tour taper sur leurs congénères / concitoyens, expliquer, sur le ton de la fausse et déroutante indignation sarkozienne : ‘Va-t-on éternellement se poser en victimes ? ’ (fausse car s'il doit y avoir indignation, ce n'est pas cet énoncé qui devrait la susciter ; déroutante car ce ‘on’ en dit trop et pas assez pour ne pas appeler au ‘bon sens’ de chacun, comme dit un commentaire plus haut).

En être ou pas, c'est effectivement un syndrome récurent dans toute société, tout pays, mais pouvoir en appeler à ‘la République’ pour mieux écraser les autres, leur marcher dessus et s'assoir sur les principes les plus élémentaires, voilà à mon avis une particularité nationale, qui tire ses origines d'épisodes tristement hypocrites (et parfois tabous) de notre histoire : juin 48, la Commune, la colonisation, 38-44, la guerre d'Algérie, etc.
Un passé ‘qui ne passe pas’ et nous entraîne dans la négation de l'humanité de l'autre au nom de la ‘grandeur’ de la France (mot si cher aux gaullistes, mais pas seulement ! ) : tels sont à mon avis les maux identifiés par Césaire en son temps.
http://www.ldh-toulon.net/spip.php ? article554

Portrait de marie 75

à kawouede Portrait de kawouede De marie 75

12H08 | 28/04/2008 | Permalien

La voix de la france ? ? ? ?

NON de la francophonie………….

TV5Monde : la Belgique veut un directeur général avec « une véritable autonomie »
La Belgique souhaite que le directeur général de la chaîne francophone TV5Monde soit doté d'« une véritable autonomie, avec des pleins pouvoirs », à côté du président Alain de Pouzilhac, a déclaré Fadila Laanan, ministre de la Culture et de l'Audiovisuel de la communauté française de Belgique, dans un entretien aux Echos paru lundi.

- 28 avril 2008 | 12H40

« Nous souhaitons, principalement, pour TV5Monde, un directeur général qui ait une véritable autonomie, avec des pleins pouvoirs et une responsabilité par rapport au conseil d'administration de la chaîne et aux ministres de tutelle », a souligné Mme Laanan.

Ce directeur général « peut être français » mais « il ne doit pas être un pantin », à côté d'Alain de Pouzilhac, nommé président de la chaîne francophone, a-t-elle ajouté.

M. de Pouzilhac est à la tête de l'Audiovisuel extérieur de la France, holding devant chapeauter la chaîne internationale d'informations France 24 et RFI, et gérer la participation française au sein de TV5Monde.

Dans ce dossier, la France « a fait beaucoup d'avancées », notamment « en abandonnant l'idée d'une newsroom commune aux trois chaînes de l'audiovisuel français, en voulant faire de TV5 un partenaire plus qu'une filiale du holding, et en plafonnant la participation de ce holding dans TV5Monde à 49% », selon la ministre.

TV5Monde, dont les partenaires sont la France, la Belgique, la Suisse, le Québec et le Canada, tient son conseil d'administration mardi. La question de la gouvernance de la chaîne francophone, en est un des principaux points.

Portrait de castorpolitique

à kawouede Portrait de kawouede De castorpolitique

Rien | 14H15 | 28/04/2008 | Permalien

Je ne suis pas sur qu'il faille s'interroger sur ce qui fabrique un Rachid Kaci : C'est un opportuniste, voila tout.

http://castorpolitique.wordpress.com

Portrait de marie 75

à François Doutriaux Portrait de François Doutriaux De marie 75

12H04 | 28/04/2008 | Permalien

vendredi 25 avril 2008
Réactions à la grand-messe TV présidentielle

(coût 280.000€)
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Revue de presse européenne de France Culture
(à noter que cette revue de presse mêle paraphrases et citations littérales)

D'après Der Spiegel (Allemagne)
« Dans l'ensemble, il n'est plus du tout crédible »

D'après BBC (Grande Bretagne)
« C'était moins un discours à la Nation qu'une embarrassante explication d'un mauvais élève devant toute son école, et un mauvais élève qui n'a pas su convaincre, finalement. »

D'après The Times (Grande Bretagne)
« Un an après, Sarkozy est le pire président que la France ait jamais porté »

D'après The Times (Grande Bretagne)
« Le problème de M. Sarkozy c'est qu'il est toujours partout, il papillonne mais finalement ne fait rien. C'est comme son grand show hier à la télévision : il parle, il parle, il parle de tout, mais il ne dit rien, si ce n'est admettre l'évidence : sa baisse de popularité. »

D'après BBC (Grande Bretagne)
« Il n'a pas arrêté de répéter qu'il assumait ses erreurs, mais les français veulent des preuves qu'il est en train de remettre de l'ordre dans tout ça, dans ses affaires privées certes, mais aussi dans ses affaires publiques. Et il est trop facile d'incriminer le contexte international pour le manque de résultats. »

D'après Diario de noticias (Portugal)
« “C'est pas moi, c'est la conjoncture” »
« En général les grands discours de la présidence française à la télévision ont lieu dans des circonstances exceptionnelles. Mais ce temps issu de Charles de Gaulle est révolu. Le Sarkoshow lui a succédé. Voila donc le président français qui utilise qui utilise cette grande messe télévisuelle, non pour annoncer de grandes choses, de grands projets, des choses graves, mais pour faire tout simplement remonter sa côté de popularité, lors d'une cérémonie digne de la cérémonie des Césars. Reste à savoir si la ruse sera suffisante, alors que les couacs du Président (…) se sont multipliés dernièrement, et alors que l'on va célébrer les 40 ans de mai 68 et que les lycéens sont à nouveau dans la rue (…). »

Autres réactions à l'étranger :

« Le contexte n'est pas seul responsable de la désillusion. Si ceux-là même qui l'ont élu doutent désormais de lui, (…) c'est que Nicolas Sarkozy se révèle aujourd'hui si rempli de paradoxes que les français sont en droit de se demander où il les emmène. Et de s'inquiéter. Mitterrand avait ses travers. Mais il avait une vision de la société. Chirac n'a pas laissé un grand héritage. Mais il avait ses valeurs.
Nicolas Sarkozy se félicite d'avoir, en une seule année, réformé la France comme on ne l'avait plus fait depuis Charles de Gaulle. Oui, mais comment ? Quel est son modèle ? L'an dernier, il citait Blum et Jaurès. Aujourd'hui, c'est le modèle américain, celui d'une société de “ tous les possibles ”, qu'il met en avant. (…) Quel est le cap fixé pour remettre cette France debout ? Le fil conducteur de réformes dispersées aux inspirations parfois contradictoires ? Quelle est cette “ politique de civilisation ” qu'il annonçait à Noël ?
Il est frappant de voir que ce sont les plus grands chantiers qui semblent abandonnés : que devient le rapport Attali, censé doper la croissance ? Et le Grenelle de l'environnement, qui devait guider toutes les politiques publiques ? Nicolas Sarkozy paraît désormais naviguer à vue. »
(Le Soir, Belgique)

« En se contentant de défendre son bilan sans oser de propositions, ses aveux d'erreurs paraissent bien légers pour reconquérir la confiance des Français »
(Le Soir, Belgique)

« Comme lors de sa précédente intervention télévisée, le 29 novembre dernier, il a évoqué une multitude de projets de réformes, au risque de donner une impression de confusion. »
(Le Temps, Belgique)

En France :

« On est plus inquiets après l'émission qu'avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un président de la République hier, mais un candidat perpétuel. Le Premier ministre avait dit qu'il attendait de cette émission une feuille de route. Je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute, qui cumule les aberrations. (…) Il est en train de payer la masse des mensonges qu'il a proférés pendant la campagne présidentielle. »
(Ségolène Royal)

« La modestie affichée risque fort d'apparaître pour de l'habileté. Et la ténacité pour de l'entêtement. Si c'est le cas, les mois à venir seront plus difficiles encore pour Nicolas Sarkozy. Et délétères pour le pays. »
(Le Monde)

« Notons qu'il nous a demandé si on préférait “laisser faire” ces “Talibans qui coupent la main des femmes lorsqu'elles mettent du vernis à ongle”. (…) Le Sarkozy d'hier, en plus d'être moins à l'aise que les fois précédentes, a tellement rabâché ses gros arguments, ses grosses formules, que même le populo est fondé à pousser un soupir de lassitude. »
(MC)

Dans un registre plus ouvertement divertissant :

« Nicolas Sarkozy s'est montré convaincant, pédagogue »
(Bernard Accoyer (UMP), président de l'Assemblée nationale)

« Ce fut un moment de vérité comme jamais dans une émission politique »
(Xavier Bertrand, ministre (UMP) du Travail)

« un grand moment pour tous les Français »
(Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement)

Portrait de eelisa

à marie 75 Portrait de marie 75 De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 12H50 | 28/04/2008 | Permalien

Merci Marie ! heureusement que tu es là ! ! !

Portrait de Beryl

à François Doutriaux Portrait de François Doutriaux De Beryl

13H29 | 28/04/2008 | Permalien

Bon, ça va, on a compris depuis longtemps quen la caricature vivante qui est au pouvoir, s'est entouré d'une bande de rigolos, dont le discours est soit gâteux, soit opportuniste. Lui, comme Dati et Yade, est un carriériste ambitieux, bon, c'est son affaire…

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 22H26 | 27/04/2008 | Permalien

Il ne fallait pas s'attendre à ce que son conseiller soit un « progressiste », non mais !

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de EK

à skalpa Portrait de skalpa De EK

quelqu'un quelque part | 00H38 | 28/04/2008 | Permalien

héhé, les nouvelles assistantes sociales !

Merci skalpa, excellent : )

Portrait de micke

à skalpa Portrait de skalpa De micke

utopiste | 06H31 | 28/04/2008 | Permalien

j'etais dans une embassade de france a l'etranger pour une perte de passport et les gars m'ont obligé a voir un « assistant social » avant toute chose…

 ? ? ?

perso j'avais besoin d'un laisser-passer pour prendre mon avion pas d'un assistant social… m'enfin bon j'ai « cooperer », j'ai frappé a la porte de son office…

le meme que sur l'affiche le type (sans le casque mais le meme)

terrifiant

il m'a cuisiné pendant une heure et j'ai rate mon avion.

###### de fachos

Portrait de marie 75

à skalpa Portrait de skalpa De marie 75

12H15 | 28/04/2008 | Permalien

Sarkozy n'a pas convaincuRédaction en ligne
(le soir)
vendredi 25 avril 2008, 18 : 21

Au lendemain de l'intervention télévisée du président, 51 % des Français n'ont pas trouvé Nicolas Sarkozy convaincant, notamment dans la défense de son action, selon un sondage Opinionway pour LCI et « Le Figaro », rendu public ce vendredi.
Lire aussi : l'humeur du Jurek Kuczkiewicz « L'inconscient du président Sarkozy nous parle ».

Par rapport à sa précédente interview télévisée le 31 décembre dernier, Nicolas Sarkozy perd six points, avec 49 % de personnes interrogées qui l'ont trouvé convaincant.

Cette perception varie selon le thème abordé par le chef de l'État jeudi soir. Les personnes interrogées l'ont jugé « pas convaincant » dans la cohérence des réformes mises en œuvre depuis un an (49 %), la défense de son action un an après son élection et la défiscalisation des heures supplémentaires (48 %), le paquet fiscal (35 %) et les mesures prises pour améliorer le pouvoir d'achat des Français (32 %).

Par contre, les sondés l'ont trouvé convaincant sur la nécessité des réformes (62 %), les difficultés liées à la situation économique internationale (59 %), l'obligation pour les chômeurs d'accepter un emploi après deux offres valables de l'ANPE (55 %), ses relations avec François Fillon et son engagement de mettre en œuvre le revenu de solidarité active (53 %).

Paradoxalement, l'image de Nicolas Sarkozy s'est améliorée auprès des Français avec 67 % qui le jugent courageux (soit 7 points de plus qu'avant son intervention), 50 % sincère (+8 points). Ils ne sont que 37 % à l'estimer rassurant (soit 14 points de plus qu'avant son intervention), 35 % le voient proche de leurs préoccupations et à l'écoute des Français (soit respectivement +8 et +6 points).

Ce sondage a été réalisé en ligne, sur système Cawi, les 24 et 25 avril, après l'intervention du président, auprès d'un échantillon de 994 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Portrait de marie 75

à skalpa Portrait de skalpa De marie 75

12H32 | 28/04/2008 | Permalien

Sarko et euro | Danièle Fonck

Au cours d'une conférence de presse télévisée, le président français a tenté jeudi soir de reconquérir une partie des déçus du sarkozysme. Un exercice de style soigneusement mis en scène avec l'aveu public de quelques erreurs pour faire croire que tout sera différent désormais.

En vérité, le programme ultralibéral reste le même et il n'est pas surprenant que dès hier, on pouvait écouter les doutes et la désapprobation de bon nombre des douze millions de spectateurs.

Travailler plus pour gagner plus : le slogan reste le même sans que cela ne change en rien la vie des plus modestes qui, décemment, ne peuvent pas prester 60 heures au lieu de 40 dans le seul but de survivre.
Le pouvoir d'achat ? Le chef de l'Etat qui, soit dit au passage, continue de démanteler les services publics et donc de son Etat, fera pression sur les supermarchés. Lesquels, entreprises privées, s'exécuteront sûrement à la seconde …

L'euro : voilà le coupable, car selon Nicolas Sarkozy, l'augmentation des prix est de la seule faute de la devise européenne et ceux qui le nieraient seraient des menteurs. Il y va fort. Ce n'est pas la monnaie en elle-même qui renchérit quoi que ce soit. Sont donc responsables les industriels et commerçants qui se sont servis du passage à la monnaie unique pour faire monter leurs prix. Quant à savoir ce que serait le prix du baril, donc de l'essence, et celui du gaz sans euro, eh bien, mieux vaut ne pas faire le calcul. Si les économies européennes s'en sortent à peu près correctement du renchérissement, c'est justement grâce à la devise européenne.

Sarkozy est incapable de changer. Lui qui doit faire des pieds et des mains pour calmer les Chinois après ses déclarations à la va-vite, a ouvert un nouveau front avec les Turcs. Pourquoi ? On se le demande. La réponse ne pourra pas venir d'un politologue, car c'est plutôt la psychologie du locataire de l'Elysée qu'il faudrait explorer.

tageblatt

Portrait de hagalma

De hagalma

22H43 | 27/04/2008 | Permalien

Ne compter que sur soi-même… Décidément, c'est le gouvernement des grands blessés… Au fait, « Rachida a été un mal nécessaire » ; ah bon ? et puis c'est fini ?

Portrait de boissonzyskind

à hagalma Portrait de hagalma De boissonzyskind

08H44 | 28/04/2008 | Permalien

Ben oui ne compter que sur soi même ! A se demander pourquoi depuis l'aube de l'humanité, ces crétins d'humains vivent en société. Se seraient certainement mieux débrouillés chacun en ne comptant que sur soi même. Et puis si les études menées sur le terrain, chiffres à l'appui, font état de discriminations, il n'y a qu'à les ignorer.

Portrait de castorpolitique

De castorpolitique

Rien | 22H52 | 27/04/2008 | Permalien

Son pansement sur la bouche, il se l'est fait en expliquant ses idées dans les banlieux ?

http://castorpolitique.wordpress.com

Portrait de Zineb Dryef

De Zineb Dryef (auteur)

Rue89 | 23H30 | 27/04/2008 | Permalien

Bonsoir,

Je me demandais s'il fallait l'inclure ou non dans l'article.
Sous le pansement, une légère blessure liée à la réparation d'une trottinette.

Portrait de Prolo du livre

à Zineb Dryef Portrait de Zineb Dryef De Prolo du livre

10H42 | 28/04/2008 | Permalien

Il y a quelques années, il y avait pas eu une affaire avec un certain « Trottinette » ?

Portrait de Alexad

à Zineb Dryef Portrait de Zineb Dryef De Alexad

10H48 | 28/04/2008 | Permalien

Zut alors le pauvre ! Piètre intellectuel et manuel calamiteux ? C'est terrible de cumuler autant d'insuffisance…

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