
"C'est la première réunion des élus depuis les élections municipales, on va faire le bilan et parler de l'avenir." Marielle de Sarnez, numéro deux du MoDem, annonce le programme dès son arrivée samedi matin à la Convention des élus démocrates à Paris.
Sourire toujours, mais changement de ton, quelques minutes plus tard, lorsque François Bayrou descend de voiture. Le président du MoDem se veut toujours le premier opposant au pouvoir en place. Il n'a pas digéré non plus la révélation d'une note de l'Elysée détaillant les contours du centre politique pour mieux contrer son parti.
Alors, quand il vient à la rencontre de la dizaine de journalistes -nombre exceptionnellement bas pour le troisième homme à la dernière présidentielle-, François Bayrou transforme ses premières paroles en un tacle à l'adresse de Nicolas Sarkozy et de son interview télévisée de jeudi soir. (Voir la vidéo)
Retour au sujet du jour à l'intérieur de la salle. Une salle comble: 500 personnes environ, dont un quart au moins debout. Pour la remplir, les élus n'ont pas suffit, on a également fait appel aux candidats -sous-entendu, les battus- de la France entière. François Bayrou s'en explique d'ailleurs avec une pointe d'humour forcée:
"Entre nous, si on réservait la parole aux gagnants, le président du MoDem lui même serait mal placé!"
Chiffres officiels contre chiffres du MoDem
Référence à sa défaite dans la ville de Pau au mois de mars. Une campagne malheureuse et dévoreuse de temps, à l'origine d'un mea culpa sur le pataquès qui a régné dans l'entre-deux-tours entre les têtes listes MoDem qui restaient autonomes, celles qui s'alliaient avec l'UMP et celles qui tendaient la main au PS:
"Nous avons défendu le principe que l'on peut travailler avec des élus même s'ils ne sont pas sous notre étiquette lorsque leur projet est compatible avec le nôtre. Nous avons eu du mal entre les deux tours à le comprendre, et probablement ai-je une part de responsabilité."
Des "difficultés de communication" que François Bayrou avait déjà reconnu à ce sujet, mais aussi à propos de l'analyse des résultats des municipales. Le MoDem n'a pas commenté le chiffre officiel communiqué par le ministère de l'Intérieur pour le parti dans les villes de plus de 3 000 habitants (3,69%). Très éloigné du score du président du parti centriste au premier tour de la présidentielle (18,57%). François Bayrou a donc voulu faire samedi une claire mise au point:
"Le véritable exploit est que nous avons présenté 350 listes autonomes sous nos propres couleurs dans les villes de plus de 10 000 habitants en France, et la moyenne des scores que nous avons obtenus atteint 15,9% des voix."
La "question centrale" ne varie pas d'un poil
L'heure est à l'autosatisfaction. Aucune référence ne sera faite à la frange des ex-UDF qui tancent depuis plusieurs semaines le président du MoDem afin de reprendre leur indépendance, avec au passage les locaux et les finances du parti centriste dans lequel ils ont été fondus.
François Bayrou n'entend pas changer de cap. Il se voit encore et toujours en héraut du "pluralisme". La "question centrale" ne varie pas d'un poil: "Les citoyens ont-ils droit d'avoir un choix plus large et à ce qu'on leur propose au moins un troisième projet?" (Voir la vidéo)
Une volonté admirable disent les supporteurs, kamikaze affirment les contempteurs. Un sondage CSA publié jeudi dans Le Parisien montre en tous cas que les Français continuent de lui accorder un important crédit: François Bayrou figure comme le favori pour occuper les fonctions de Premier ministre du gouvernement de Nicolas Sarkozy.
A moins que ce sondage n'indique que les personnes interrogées estiment qu'il est "sarko-compatible". Et là, apparaîtrait l'immensité du travail de différenciation qui lui reste à accomplir.

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Il y a largement plus de villes de moins de 3500 habitants que de ville de plus de 10000 en France, alors Bayrou peut toujours tenter de faire la roue en arguant d'un pourcentage de 15,7% il n'en reste pas moins que nationalement, sur la base de toutes les listes que l' UDF-Modem a présenté, il ne représente que 3,5%. Il est certes le plus important des groupuscules politiques, devant le PC, mais de là à en faire un incontournable, pardon mais il y a loin de la coupe aux lèvres !
Enfin, une chose que je note, tous les leaders politiques déchus critiquent Sarkozy pour être toujours en campagne, ce qui est vrai, mais eux que font-ils d'autre depuis 1 an ? Ils font campagne. C'est une méthode. A défaut de porter un projet de fond crédible. Notez bien que ça a réussi à l'UMP ... sauf pour la crédibilité.
Je suis centriste mais avant tout Démocrate,simplement parce que j'ai la conviction que la politique est avant tout un outil au service des citoyens et non une question d’étiquettes, j ’ai adhéré au MoDem pour cette raison , car je ne me reconnaissais pas d'un côté dans une UMP qui m'apparait être une machine très éloigné des valeurs du Gaullisme qui sont censé la pétrir, et de l'autre côté tout aussi éloigné du PS car ce dernier me parait ancré dans une vision sociale archaïque et utopique; Ces deux grosses machines n’ont qu’un but grossir , vampiriser le débat politique en tentant de rassembler sur leur droite ou à leur gauche sur des valeurs consensuelles, values qu’ils s'empressent de jeter aux orties dès qu’ils sont au pouvoir, oubliant par la même les citoyens qui les ont portés aux responsabilités.
Pourquoi pensez-vous que les candidats ont tenté de faire disparaitre leurs étiquettes ? Pourquoi ne pas les assumer ? C’est bien parce que ceux ci finissent par comprendre ( faute d'entendre) les électeurs qui ne croient plus aux étiquettes et qui souhaitent sortir de cette politique politicienne pour aller dans le concret et l'efficacité , il faut donc que nous apprenions à faire de la politique autrement,c'est à dire sans dogmes.
Une maturation citoyenne est en cours chez les électeurs, ne nous trompons pas après être passé du vote contestataire à l’abstention, demain les citoyens voteront par conviction et par adhésion, et il faut dès maintenant relever nos manches et travailler ensemble pour apporter une réponse autour d'un projet d’avenir intégrant les valeurs républicaines et nos spécificités nationales et européennes.
Je vous offre cette réflexion de F.Bayrou qui est pleine de bon sens et exprime parfaitement l’esprit du MoDem et ce vers quoi il veut tendre.
« Le consentement des citoyens ne peut être acquis que par une maturation conduisant à une adhésion ou au moins à une abstention bienveillante de ces derniers. En démocratie représentative, ce consentement ne peut se construire que sur la confiance des citoyens à l’égard des gouvernants. La crise démocratique et politique que nous vivons depuis quelques années, découle directement de la crise de confiance mutuelle entre les citoyens et les gouvernants.»
Vous devez vous posez une question essentielle:
En tant que citoyen, vous sentez vous représenté efficacement à l’Assemblée Nationale et plus généralement dans les institutions nationales et européenne ?
Si depuis des années vous votez à gauche ou à droite, ou les deux, et que votre réponse est négative, alors vous devriez vous débarrassez du carcan médiatique qui tente de filtrer votre jugement, et vous intéressez à ce mouvement citoyen que souhaite mettre en place F. Bayrou ; contre vents et marées, qu'est le MoDem…