Un temps présentés comme les sauveurs de la planète, les biocarburants sont désormais désignés comme les affameurs des pays pauvres. Peu connus et peu répandus en France, doivent-ils être définitivement abandonnés ou, au contraire, améliorés ?

De quoi s'agit-il ? Le biocarburant n'a aucun rapport avec l'agriculture bio. Autant associer dragon et drag-queen. S'il a été baptisé ainsi, c'est parce qu'il est élaboré à partir de la biomasse. Un raccourci commode pour nommer un carburant d'origine végétale, ou agricole, un temps surnommé « agrocarburant ».
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Formidable parade au pétrole, le biocarburant avait tout pour plaire : meilleur contre l'effet de serre, moins polluant et surtout infini, car renouvelable au fil des saisons et des cultures. La France voit grand, et propose d'incorporer 7% de biocarburant dans les moteurs pour 2010. Outre-Atlantique, Georges W. Bush décrit même les biocarburants comme un « elixir magique ». Brésil et Etats-Unis se lancent ainsi dans une production effrénée dès la fin des années 1980.
Or les études démontent au fil des ans cette panacée. Contrairement à ce qu'annonçait l'Ademe en 2002, une étude américaine démontre que le diester rejette autant de gaz à effet de serre que le gazole. Marc Jacobson, de l'université de Stanford, conclut de son côté que le bioéthanol participe à l'augmentation du l'ozone et que l'effet cancérigène de l'E85 est similaire à celui de l'essence.
Autre problème, de taille,la quantité d'hectares dédiés à cette seule agriculture. Jean-Marc Jancovici, ingénieur, détaille ses résultats sur son blog : pour éliminer le pétrole des transports français, il faudrait cultiver 120% du territoire hexagonal pour produire suffisamment de betterave en vue de fabriquer du bioéthanol. Les biocarburants sont condamnés à n'être qu'un complément. Mais au Brésil, sa culture fait des ravages sur la déforestation.
Dernier coup de tonnerre : la flambée des prix alimentaires et les émeutes de la faim qui éclatent un peu partout. Encourager les pays en développement à abandonner leurs cultures alimentaires pour produire du carburant apparaît dès lors comme une erreur flagrante. Le 18 avril, le président du FMI Dominique Strauss-Khan, déclare sur Europe 1 que les biocarburants issus de produits alimentaires lui posent « un problème moral ». L'Allemagne réagit rapidement et diminue la part de biocarburant dans les véhicules.
Réponse ambiguë
La France tarde à se prononcer. Comment faire machine arrière, deux ans après avoir encensé ce qui pouvait redorer l'image de la culture intensive et pérenniser les revenus des agriculteurs ? Mardi, Jean-Louis Borloo prend enfin la parole et annonce « une pause » dans les biocarburants de première génération. Mais le lendemain, Dominique Bussereau modère la déclaration :
« Il ne faut pas interrompre le mouvement qui est en cours sur les biocarburants. »
Anne Souyris, porte-parole des Verts, dénonce une mascarade :
« Dans les faits, le gouvernement n'abandonne pas ses objectifs ! Monsieur Borloo annonce une pause tout en précisant que les investissements déjà lancés seraient honorés. Et le secrétaire d'Etat aux transports en rajoute une couche. Où est la pause ? “
Comme la DeLorean de Doc
Dans sa déclaration du 22 avril, Jean-Louis Borloo évoque l'avenir :
‘Cap sur la deuxième génération de biocarburants !
La deuxième génération s'appuie sur des produits non-alimentaires et les déchets des cultures, comme la paille et la lignocellulose en général, tiges, copeaux, feuilles.
Toujours à la pointe, l'Allemagne a inauguré jeudi dernier une première mondiale : une raffinerie de biocarburant à partir de résidus de bois. Mais là encore, le triomphalisme serait de trop. Le processus de transformation est périlleux et cher. Pour produire un litre d'éthanol, il faut 43 kilos de bois.
Pour Jacques Pasquier, de Confédération paysanne, la deuxième génération ne résoudra pas tout :
Aujourd'hui, le monde comprend enfin que les biocarburants de première génération sont une arnaque technique, environnementale et humanitaire. Désormais, c'est la deuxième génération qui est censée être formidable. Mais elle n'existe qu'à l'état de micro-projets. Ces biocarburants ne seront jamais à l'état de production industrielle.
La troisième génération semble être la plus raisonnable.’
Rouler au phytoplancton ?
Car une autre génération a vu le jour, encore à l'état expérimental. Dans ce futur proche, ce sont les algues qui pourraient nourrir votre moteur. Très riches en graisses, et beaucoup plus abondantes, elles évoluent dans un milieu marin qui se reproduit plus vite que la terre ferme. Des équipes françaises planchent déjà. Autre source de carburant, plus judicieux encore aux yeux de Jacques Pasquier, le phytoplancton, dont le processus de transformation est plus aisé.
La plupart des mouvements écologistes -Confédération paysanne et Les Verts compris- ont une solution encore plus simple : réduire au strict minimum l'utilisation de la voiture. Autre solution enfin, comme dans le film ‘Retour vers le futur’, faire rouler les voitures aux déchets ménagers. Une idée moins fantaisiste qu'elle n'en a l'air, puisqu'elle est déjà mise en pratique à Lille.




















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De DidierB63
Devant un écran | 12H03 | 24/04/2008 |
La France, ou plutôt le gouvernement Sarkozy/Fillon tarde à se prononcer parce que les usines qui servent et vont servir à produire des agrocarburants sont construites par des groupes industriels proches de qui vous savez…
Et on ne veut pas fâcher les gens qui vous financent vos vacances, n'est ce pas ?
http://polemiquons.over-blog.com/
à DidierB63
De jojo1er
15H06 | 24/04/2008 |
Enfin on rentre dans le sujet…
Jojo1er, merci Didier.
De gribouillemoqueur
12H08 | 24/04/2008 |
Nous sommes tous d'accord pour dire que le bicarburants ne seront pas la panacée à un monde sans pétrole et surtout qu'il ne pourra pas le remplacer à 100%.
Cependant, les biocarburants sont un arme économique car il peuvent permettre d'arriver à un équilibre entre l'offre et la demande de pétrole sur des niveaux de prix inférieurs à ce qu'ils devraient être en laissant jouer les mécanismes de marché.
J'éviterai de faire un cours sur l'elasticité prix de la demande de pétrole mais il faut garder en tête deux éléments importants 1) que le dernier baril de pétrole qui manque fixe le prix pour tous les autres barils
2) si je suis capable de fournir l'équivalent ne serait-ce que 5% de la demande de pétrole en carburant d'origine végétal, je peux faire pression sur les prix et je diminuerai le prix du baril d'un montant trés supérieur à ce 5%.
Personnellement, alors que l'on voit la polémique sur les OGM et le lobby de certaines entreprises, je m'interroge sur l'origine de la campagne qui vise à remettre en cause les biocarburants quand on connait l'activisme des pétroliers pour défendre leurs intérêts.
à gribouillemoqueur
De jojo1er
15H18 | 24/04/2008 |
Vous oubliez juste une chose, si c'est le même épicier qui vend le baril de pétrole et le baril d'agrocarburant, la concurrence ne fera pas baisser de prix.
Jojo1er, …
De FdT
En pleine décroissance | 12H17 | 24/04/2008 |
Il est à craindre que nous ayons à choisir entre nourrir les gens ou la voiture.
Seule la cupidité des industriels les rend indifférents à la réalité que même en sacrifiant l'ensemble de nos terres arables nous ne parviendrions probablement toujours pas à satisfaire notre consommation en hydrocarbures…
Justement hier le nouveau gouvernement taiwanais élu récemment a déclaré avoir décidé l'annulation du projet de production de biocarburant fantaisie élaborer par le gouvernement sortant. Ils ont compris qu'il était préférable de réserver ses terres arables à nourrir les gens…
De freestyler
12H28 | 24/04/2008 |
Agrocarburants, il faut choisir : conduire ou se nourrir
De Rez
En Alsace, au fond à gauche. | 12H54 | 24/04/2008 |
Je n'arrive pas à me dire que ce ne sont pas les pétroliers et leurs méthodes de mafiosi qui colportent ces ragots sur une agriculture marginale qui leur fera concurrence. Comme pour mieux tuer cette industrie naissante dans l'oeuf.
à Rez
De FdT
En pleine décroissance | 14H02 | 24/04/2008 |
Saisissez-vous d'une feuille de papier et d'un crayon. Allez sur Google et recherchez la consommation mondiale annuelle en hydrocarbure. Ensuite allez chercher les rendements à l'hectare en maïs, soja…pour produite des biocarburants…enfin recherchez la superficie occupée par les terres arables…faites le calcul du nombre d'hectares nécessaire pour couvrir nos besoins en carburant, comparez avec la superficie de terre arables disponible et vous aurez un élément de réponse.
De Martin D
13H26 | 24/04/2008 |
ce qu'il faudrait faire c'est INTERDIRE dans tous les pays la commercialisation de carburant tiré de l'agriculture.
l'agriculture doit servir à nourrir les Hommes et non les machines…la vie de plusieurs centaines de millions de gens en dépends !
à Martin D
De jojo1er
15H09 | 24/04/2008 |
On interdit aussi la commercialisation de textile ou de papier tiré de la culture ?
Jojo1er, …
De skalpa
actif et militant ? | 14H43 | 24/04/2008 |
Réponse :

oui mais seulement s'ils sont génétiquement modifiés !
http://kprodukt.blogspot.com
De destribat
anti-corruption | 16H03 | 24/04/2008 |
Jatropha curcas vous connaissez ? c'est le meilleur des biocarburants.
Jatrpha Curcas est un arbre qui pousse en milieu semi-aride, donc sur des terres qui ne rentrent pas en concurrence avec l'agriculture traditionnelle. Jatropha ne provoque pas de déforestation et ne concurrence pas les produits vivriers puisque cette plante n'est pas comestible, elle est même toxique.
Nécessitant peu d'énergie pour son exploitation, le rendement en huile de Jatropha Curcas est largement supérieur au Colza ou du soja.
De nombreux pays sont aujourd'hui entrain de faire des projets pilotes avec cette plante avec l'appui de compagnies occidentales. Mercedes benz a investi 400 millions de dollars US en Inde, BP 1 milliards et D1 Oils près de 30 millions d'euros notamment à Madagascar.
Les atouts de Jatropha :
En résumé Jatropha est une plante qui demande à être connue pour donner aux biocarburants tout l'espoir qu'ils suscitent.
PS : Lire le Rapport sur l'état actuelle de Jatropha en Madagascar
par A. Uellenberg (2007)
Référence :
Plantation de Jatropha

Fabrication d'huile avec une presse artisanale à Madagascar
à destribat
De bilou.
Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ | 18H52 | 24/04/2008 |
Alors ça, ça m'en bouche un coin ! Il faut absolument une réglementation globale sur les cultures non alimentaires qui prenne en compte ce type de plante en lui promettant un bel avenir. Un droit de production quasi-illimité sur toutes les terres arides et désertiques pour le jatropha et une limitation drastique du nombres d'hectares autorisés sur des terres riches par pays et faire en sorte que la règle soit la même dans tous les pays afin qu'elle soit respectée et corresponde à un certain bon sens. Interdire la déforestation pour cultiver de l'agrocarburant, évaluer, comparer, classifier toute plante pouvant produire de l'agrocarburant en fonction de sa résistance aux conditions infernales régnants dans les déserts les plus reculés. Quand je voit ses images, ça saute aux yeux, la solution existe, le nombre d'hectares arides pouvant accueillir ce type de culture est quasi illimité, la production d'agrocarburant dans le désert impliquerait de limiter son expansion tout en permettant à des populations de s'équiper pour lutter contre les éléments les plus hostiles. Bref, tout un programme !
De Le requin rouge
15H05 | 24/04/2008 |
Nous sommes trop nombreux et finirons par nous entretuer comme dans MadMax pour quelques carburants.
C'est déjà le cas en Iraq, demain au Brésil (on ira voler leur forêt primaire).
C'est quand le prochain départ pour la lune ?
De amon2010
15H15 | 24/04/2008 |
la seule et unique alternative au pétrole est (pour moi du moins) la pile à combustible !
De l'hydrogène « facile » à produire et inépuisable qui rejette de la vapeur d'eau.
Seul hic, la production de ladite hydrogène qui implique des usines polluantes, du coup on pollue en amont de la voiture et plus en aval.
Bref a part la marche à pieds ou à pattes (pour ceux qui savent monter à cheval) tout moyen de locomotion entraine pollution.
à amon2010
De jide
jide.romandie.com | 15H38 | 24/04/2008 |
La belle avancée ! l'industrie de l'hydrogène est encore plus polluante que l'industrie du pétrochimique…
Tout moyen de locomotion entraîne de la pollution. Plutôt que de tourner autour d'une « solution » technologique hypothétique, c'est une vrai modification de comportement , a tous les niveaux.
http://jide.romandie.com
à jide
De bilou.
Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ | 19H08 | 24/04/2008 |
Que veux-tu dire par « modification de comportement » ? On ne peut pas prévoir de vivre dans une société où se déplacer serait un luxe. Il n'est pas vrai de dire que l'H² est tout aussi polluant que le pétrole. On peut produire de l'électricité non polluante et donc fabriquer une industrie sans production de CO². Ensuite, la réaction 2H²+2O²>>2H²O + Energie a le double avantage de produire bien plus d'énergie qu'avec le kérosène par exemple et surtout ne pollue pas l'atmosphère de composants lourds comme le CO et le CO². On peut effectivement imaginer vivre dans une société où l'energie serait issue de l'H² produit par une centrale hydraulique, thermique, l'utilisation des forces de marées, des vents, des pressions armosphériques, etc … Ce qui est plus compliqué, c'est de se passer de la matière plastique qui est toute aussi présente en volume dans nos société que les carburants.
à bilou.
De El Niño
14H54 | 25/04/2008 |
Mon cher, l'hydrogène est encore plus un leurre que les agro-carburants, leurre bien sûr alimenté par les constructeurs auto.
Sache que la molécule de H2 est la plus petite molécule présente dans la nature, ce qui signifie que sa taille lui permet de traverser tous les réservoirs qu'on peut lui offrir. Conséquence : des pertes Zénormes…
De plus, il faut le rendre liquide pour annuler sa dangerosité gazeuse, ce qui a pour conséquence d'annuler tout le bilan à priori favorable : il faut presqu'autant d'énergie pour stocker et produire le machin que pour l'utiliser sous forme d'énergie. Enfin, la molécule H2 n'existe pas à l'état natif dans la nature, il faut donc la fabriquer avec … des énergies fossiles (c'est là que cette technologie me fait marrer…)
Bon, c'est pas tout ça, mais je crois qu'une lecture obligatoire du site de Jancovici (www.manicore.com) est à prévoir…
Ainsi, comme l'a dit quelqu'un plus haut, le pb n'est pas le carburant, mais la voiture en elle-même. Il serait trop risqué d'attendre LA technologie parfaite, alors qu'on peut changer de comportement, à savoir, désolé les gars, mais se déplacer moins… et c'est là que tout le monde râle…
Dernière chose : une énergie propre qui fait avancer une caisse, ça n'existe pas. Et je doute que ça puisse exister quand le pic de pétrole aura vraiment fait flamber les prix à la pompe…
De VanVeen
Journaliste d'investigation en Belg... | 15H32 | 24/04/2008 |
Les problématiques liées au carburant sont aussi un enjeu de mobilité. Les décideurs ne doivent pas oublier qu'il existe autre chose que des jeunes cadres dynamiques de centre-ville pour qui le bus et le métro sont des solutions viables. La voiture, c'est aussi la seule et unique solution pour bien des familles, spécialement en zone péri-urbaine et rurale.
Que l'on choisisse un biocarburant ou toute autre solution, celle-ci doit revêtir un aspect social. Les conducteurs de voiture sont aussi parfois les plus démunis : pour vivre près des grands axes de transport en commun, il faut les moyens de payer un loyer élevé. C'est vrai à Bruxelles, c'est vrai en Wallonie, et si je me souviens bien c'est encore plus vrai en Région Parisienne.
Les solutions actuelles consistent trop souvent à faire payer la facture écologique « à tous » selon les écolos, ce qui se traduit le plus souvent par une gestion inéquitable et culpabilisatrice. Il est facile, pour des classes moyennes et des « bobos », de rogner sur ses privilèges pour l'avenir de la planète. Pour certains, il n'y a aucun privilège sur lequel rogner, et l'utilisation d'une voiture n'est pas un privilège : la voiture qui pollue le plus, ce n'est pas le 4x4, c'est le vieux véhicule d'un salarié pauvre qui n'a pas les moyens de se payer une Citroën « verte » à 13 000 euros.
J'entends autour de moi beaucoup de jeunes relayer ce discours inique. Facile pour un étudiant de diaboliser le moindre possesseur de voiture : eux n'en ont pas besoin, et ils n'en auraient de toute façon pas les moyens. Un peu de recul et d'ouverture sur la diversité des modes de vie fera prendre conscience qu'il existe des gens pour qui le véhicule personnel est la seule solution.
Et au-delà de tous ces clivages, je regrette la condamnation d'une invention qui permettait à chacun d'assurer sa propre mobilité, donc la diversité de ses expériences. Avoir sa voiture, cela veut dire quitter le petit cercle étroit où l'on évolue au quotidien. Cela veut dire visiter celui qui vit au-delà de ma ligne de bus. Cela veut dire aller à la rencontre des autres : des autres quartiers, des autres campagnes, des autres régions, des autres pays. Je ne sais pas s'il faudra du bioéthanol ou des vieux déchets, mais la voiture doit continuer de rouler si nous ne voulons pas fermer encore des esprits déjà à peine entrouverts.
www.oeuillet.be
à VanVeen
De El Co
internacionalista | 15H53 | 24/04/2008 |
C'est pas faux, comme dirait l'autre, et cela pose la question de l'organisation logement/production de nos villes. La voiture en est la conséquence. Attaquons-nous à la cause, l'étalement des villes, la centralisation autour de l'hypermarché, l'absence de commerce de proximité, l'atomisation et l'individualisation des transports au lieu de leur socialisation. Bref, la limitation de l'usage de la voiture pour tout et n'importe quoi.
Maintenant, la voiture comme vecteur de « rencontre » entre concitoyens, ça fait sourire. Aller à la rencontre des autres en voiture, cela se résume bien plus souvent à des tôles froissés ou à un doigt majestueusement dressé qu'à l'échange convivial, fut-il superficiel, que l'on peut avoir chez le boulanger, en attendant la livraison de son AMAP ou à l'arrêt de bus.
De toute façon, la pente est claire : nous aurons de moins en moins les moyens de faire rouler les voitures, et elles auront de plus en plus d'impact sur les années qui suivent. Autant se faire à l'idée, et commencer à réorganiser nos sociétés, et surtout nos villes, en ce sens. Le catastrophisme, aujourd'hui, c'est de ne pas vouloir voir plus loin que son pot d'échappement.
Maintenant, y a-t-il un homme ou une femme politique prêt à se faire élire en faisant campagne sur le thème de « on va tout réorganiser, ça va être le bordel quelques années, nos styles de vie vont changer en nous faisant grincer des dents, mais on sera ensemble mieux préparés aux inévitables chocs à venir » ?
Et surtout, y a-t-il une majorité de citoyens prêts à voter pour ce changement ?
à VanVeen
De sobriquet
Courageux anonyme | 16H32 | 24/04/2008 |
Dans le pire des cas, on pourra toujours aller parler à son voisin. Oui, je sais, c'est désespéré…
à VanVeen
De Albert Fulor
16H36 | 24/04/2008 |
Quelle naïveté.
La voiture ne permet pas d'aller voir au delà du terminus de sa ligne de bus. La voiture sert à aller chaque jour à la rencontre des mêmes gens.
Si j'avais les moyens, j'irai vous voir à Bruxelles causer avec vous, mais les tarifs SNCF sont prohibitifs. Il me reste le vélo, 1000 km, que de découvertes, d'imprévus en perspective…
à VanVeen
De redany
Ingé. QSE | 18H24 | 24/04/2008 |
J'apprécie beaucoup vos propos modérés. J'espère que vous n'êtes pas fabriquant d'automobile, tout de même !
Pour autant, le jour où la mode sera à un véhicule 5 places très économique fabriqué dans la région, qui fonctionera à faible allure, pour aller à la rencontre de l'autre, je penserai alors que vous aurez raison !
Mais à quand situez vous cette échéance ? Celle où les pauvres pourront abandonnez leur véhicules ?
à VanVeen
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 00H41 | 25/04/2008 |
>>la voiture qui pollue le plus, ce n'est pas le 4x4, c'est le vieux véhicule d'un salarié pauvre qui n'a pas les moyens de se payer une Citroën « verte » à 13 000 euros.
rectification, avec le contrôle technique tous les deux ans, ici en France c'est pas possible… à moins de frauder (et de pas se faire contrôler)
mon lambda + pot catalytique décédés (sur une micro bagnole vielle de 8 ans) viennent de me coûter le prix d'un gros mois d'alimentation, mais je me suis dit que je préfèrais payer pour ça que pour autre chose (on se console comme on peut : )
De El Co
internacionalista | 15H33 | 24/04/2008 |
N'oublions pas le contenu social, notamment dans les pays dits émergents : la culture des agrocarburants (désolé, « bio », c'est la vie ; agrocarburant renvoie plus clairement au big business) nécessite de grandes superficies. Comment les obtient-on ? On peut faire cramer la forêt tropicale, genre Brésil et Indonésie. Autant dire que pour les diminutions d'émissions de CO2, c'est un mauvais départ. On peut aussi « convaincre » les paysans de céder leurs terres à ces cultures bien plus rentables (cf. « massacres and paramilitary land seizures - http://www.guardian.co.uk/world/2007/jun/05/colombia.energy). Au Brésil, les conditions de “travail” des paysans de la canne à sucre confinent à l'esclavage : payés à la tonne, aucune garantie d'emploi d'un jour sur l'autre, aucune couverture sociale, etc.
Dans tout cela, le plus paradoxal, c'est que l'Occident, au bout de 150 ans de révolution industrielle, a bousillé la planète et aussi les perspectives de niveau de vie pour les 5 milliards et quelques de personnes qui n'ont pas accès aux nôtres.
Et donc on cherche des solutions, tant aux émissions de gaz à effet de serre qu'au pic pétrolier (et que celui-ci soit là dans 5, 15 ou 40 ans, cela ne change rien à la big picture).
Et ces solutions, encore une fois, se font au détriment du bien-être des pays qui en ont déjà pris plein la tête au premier round.
Comme quoi, tout change, rien ne change.
De Albert Fulor
15H53 | 24/04/2008 |
La seule alternative est d'abandonner la bagnole et le camion.
Autrefois on se déplaçait pour aller en vacances, maintenant pour aller bosser.
Prenez conscience des heures perdues dans les transports (qui ne sont pas non plus utilisées pour travailler). Pensez à ces litres d'essence et de GO brulées pour rien dans les bouchons… tout ça pour rouler à 10 à l'heure… Une tonne pour transporter 80 kg… est-ce rationnel ?
La rentabilité de l'auto est nulle. Elle coûte cher aux consommateurs et à la société, elle est meutrière.
L'argent que je gaspille pour aller bosser ne me servira pas pour aller en vacances encore moins pour nourrir mes gosses.
Le tout transport est une aliénation pas une liberté.
Ce n'est pas à une deuxième génération de nécro-carburant qu'il faut réfléchir, mais à une autre économie, relocalisée, qui ne dépende pas des transports.
à Albert Fulor
De destribat
anti-corruption | 15H58 | 24/04/2008 |
Il faut repenser nos villes, notre architecture, notre urbanisme. J'ai toujours pensé et je continue de croire que le danger de l'humanité, c'est le mode d'urbanisme que nous avons aujourd'hui.
Sommes-nous obligé d'avoir tous les sièges bureaux dans le centre de nos villes ? Le télé-travail n'est-il pas envisageable pour des milliers de personnes dont la présence n'est pas nécessaire tous les jours au siège ?
à destribat
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 01H03 | 25/04/2008 |
Effectivement, une société fondée sur le déplacement, où la population a de plus en plus de problèmes de fric, et où le carburant est en voie de devenir un produit de luxe… ça va plus tenir longtemps : )
J'habite à la campagne et je vois bien dans les villages comme l'idée de rouvrir des petits commerces polyvalents (épicerie / bazar / dépôt de pain/ journaux, etc.) fait doucement son chemin… cela permettrait de limiter les longs déplacements vers le supermarché de la ville voisine.
Et là, je dis chic, parce que ça pourrait faire renaître ces communautés rurales informelles dont beaucoup ont été tuées par la télé. Dans beaucoup d'endroits, y'a plus jamais personne dans les rues.
Et pareil, le développement *réel* du télé-travail, j'applaudirais vraiment ! Il y a quelques tentatives, mais pour l'instant beaucoup de méfiance encore, bien que l'outil se perfectionne sans cesse.
Bref, wait'n see… la bonne nouvelle, c'est que necessité fait (toujours et encore) loi.
De GL07
15H58 | 24/04/2008 |
Avec des céréales, il faut 40 à 50 L d'équivalent pétrole et 1000 baguettes de pain (220 Kg de blé)pour faire le plein d'une voiture.
A l'heure ou des millions de personnes meurent de faim, prendre les terres les plus fertiles de la planète pour faire de l'éthanol de céréales est indescent.
à GL07
De destribat
anti-corruption | 16H57 | 24/04/2008 |
D'où jatropha curcas, qui, comme je l'ai dit plus haut, ne concurrence pas l'agriculture vivrière. Des projets pilotes en Côte d'Ivoire utilisent l'huile de jatropha dans des tracteurs agricoles pour la production d'aliments.
Il faudra inciter les investisseurs à ne pas rechercher des rendements excessifs et laisser jatropha pousser dans des zones arides. On parle de 1500 à 1900l/ha/an. Ce rendement peut être améliorer en arrosant ou en utilisant des terres plus fertiles et c'est là que réside le grand risque, augmenter les gains des investisseurs.
Ce rendement( en milieu aride) est déjà largement supérieur à celui du soja (450l/ha/an), du colza 1200l/ha/an) et celui du tournesol (950l/ha/an).