Reprise des conflits salariaux dans les grandes entreprises. Chez Coca-Cola, les ouvriers bloquent l'usine de Grigny depuis une semaine.

Sur le flanc de l'autoroute A6 flottent les couleurs de Coca-Cola. Au ralenti : le site de Grigny, dans l'Essonne, est en grève depuis le 17 avril. Alors que l'usine tourne à plein d'ordinaire, pas un camion n'en est sorti en sept jours. En temps normal, le va-et-vient atteint 150 camions par 24 heures.
Les salariés de Coca réclament une hausse de salaire depuis trois semaines. Le mouvement a fait tâche d'huile, de Marseille à Dunkerque, tandis que s'ouvraient les négociations annuelles. A Grigny, tout à commencé à coups de débrayages de deux heures par équipe. En fin de semaine dernière, des piquets de grève se sont installés aux entrées de l'usine, sous le patronnage d'une intersyndicale FO-CFDT-CFTC-CGT.
Brasero rituel et mauvaises blagues sur Sarkozy
De temps en temps, un gréviste fait pivoter la poubelle qui barre l'accès au site : côté pile, un drapeau blanc de la CFDT. Côté face, le rouge CGT. L'ambiance reste bon enfant, brasero rituel et mauvaises blagues sur Nicolas Sarkozy… Pour laisser passer les voitures, on fait glisser la poubelle sur le côté. D'ailleurs, les grévistes se sont garés à l'intérieur.
La mobilisation ne faiblit pas dans l'usine de 230 salariés : après une semaine, Hamid Benahmed, le délégué syndicat CGT, se félicitait qu'« au moins 60% des ouvriers en CDI » étaient en grève » (40% selon la direction qui inclue l'ensemble des salariés dans son décompte) :
« Le personnel administratif ne fait pas grève, les intérimaires non plus. Mais chez les OS, la mobilisation est forte : les cinq équipes. On a réussi à bloquer les trois lignes de production, alors qu'on a découvert que la direction avait fait appel à des intérimaires pour nous remplacer sur la chaîne. Mais aucune bouteille n'est sortie. »
Les ouvriers qui travaillent en 3/8 d'habitude se relayent devant l'usine, de jour comme de nuit. Mardi après-midi, ils étaient une quarantaine à casser la croûte, au son du moteur des poids-lourds qui traversent la zone industrielle en klaxonnant.
« Coca, c'est pas le petit boulanger du coin »
Le pouvoir d'achat est sur toutes les lèvres. Assis contre une voiture, à quelques mètres de l'entrée du site, le leader cégétiste réclame une revalorisation supérieure à l'inflation :
« L'Insee est aux fraises, avec ses chiffres : pour nous, le passage à l'euro a marqué le début de la flambée des prix. Or on nous propose 3% de hausse cette année, c'est clairement insuffisant. Ce n'est pas comme si Coca, c'était le petit boulanger du coin ! “
Pour étayer ses revendications, l'intersyndicale argue que le métier a changé. Si Hamid Benahmed ne nie pas que ‘le boulot est plus intéressant’, il estime que ‘les gars ont besoin d'une reconnaissance financière en contre-partie’ :
‘Si on travaille comme il y a dix ans, il n'y a plus une bouteille qui sort. Aujourd'hui, un ouvrier sur les lignes de production fait aussi du contrôle qualité, de la maintenance, le réglage des machines… Toutes ces tâches, c'est du personnel qualifié qui s'en chargeait. On a besoin de reconnaissance, car le métier d'ouvrier n'est plus même et le niveau d'exigence a énormément augmenté. D'ailleurs, sur les lignes, on recrute au niveau BEP ou bac Pro et on demande une expérience industrielle. Le salaire doit aller avec.’
Prime TGV et majoration Ile-de-France
A Marseille, leurs collègues du site de Pennes-Mirabeau ont arraché, début avril, une hausse de 80 euros par personne et par mois. La direction a appelé ça ‘la prime TGV’, concédant que le coût de la vie avait décollé avec l'arrivée du TGV. En région parisienne, les salaires des ouvriers de l'enseigne sont déjà rehaussés d'un cinquième.
Accoudé à la poubelle à roulettes, on compare les salaires, tandis que le délégué syndical précise que l'entreprise privilégie désormais les augmentations individuelles plutôt qu'une revalorisation globale du pouvoir d'achat. 1800 euros nets pour l'un, 2000 euros, primes comprises pour un autre. Car, si les salaires ne sont pas dérisoires chez Coca-Cola, ils tiennent compte des primes d'équipes, primes de 3/8, et d'une majoration de 40% pour les heures de nuit.
Or, ‘la prime ne supprime pas l'inconvénient’, argue Dominique, qui a derrière lui cinq ans de maison chez Coca-Cola, et qui raconte que son pouvoir d'achat a pris du plomb dans l'aîle ces derniers mois :
Dominique et Nadjib le reconnaissent assez volontiers :
‘A côté d'autres boîtes, nous ne sommes sans doute pas les plus malheureux. Mais c'est aussi une question de principe : tout va aux actionnaires à Atlanta, alors que nous faisons des bénéfices énormes. Il parait même que les cadres ont été augmentés de 29% alors qu'on nous refuse d'être au niveau de l'inflation !
Faux, répond la direction, qui affirme avoir proposé, vendredi dernier, entre 5 et 6,5% d'augmentation pour tenir compte du pouvoir d'achat’ et augmenter au même rythme ouvriers et cadres, hors primes.
Pas les moyens de se payer du Coca, ‘un produit de luxe’
En ces temps de médiatisation du pouvoir d'achat, les revendications salariales trahissent surtout la rancœur que ressentent ces ouvriers qui touchent un salaire comparable à celui que nous confiait une enseignante agrégée, rencontrée lors d'un reportage à Chelles, fin mars.
A Grigny, le ressentiment va crescendo chez ceux qui sortent plusieurs dizaines de milliers de bouteilles par heure mais n'ont droit d'en prendre que ‘douze par mois’. Nadjib, qui fait désormais ses courses chez les hard-discounters, affirme qu'il n'aurait pas les moyens de se payer du Coca, ‘un produit de luxe’, désormais.
Travailler plus pour gagner plus ? Difficile de faire des heures supplémentaires, quand on est en 3/8 : une équipe en remplace une autre et les rotations se succèdent au fil des jours. ‘On n'a pas d'augmentation et même plus de petits cadeaux, comme des T-shirts, par exemple’, s'insurge Nadjib, délégué du personnel FO, ouvrier chez Coca-Cola depuis dix ans :
Coca-Cola n'est pas seul confronté à des grèves salariales. D'autres enseignes voient éclore ces conflits, comme Carrefour ou Mondial Assistance, où les salariés ont fait huit jours de grève le mois dernier, pour revendiquer un salaire de 1500 euros, une prime de vacances et un quatorzième mois.
La présidentielle a cristallisé la question… dans les grandes boîtes
Pour le sociologue Thierry Pech, spécialiste des questions sociales, ces conflits couvaient et c'est la décrue du chômage qui les remet depuis peu au cœur du débat social :
‘Le retour des conflits salariaux naît de la convergence de plusieurs facteurs. Structurellement, la menace du chômage décroît en France du fait du cycle démographique. En termes conjoncturels, il y a la hausse des prix, mais aussi la campagne présidentielle, qui s'est faite essentiellement autour du pouvoir d'achat. Ce faisant, on a justifié les revendications autour du gagner plus'. Or demander plus, c'est un chemin plus court encore vers une hausse de salaire que travailler plus.’
Nnotant que cette accélération des revendications sur les salaires va compliquer la réforme du SMIC, Thierry Pech souligne qu'il n'y a rien d'étonnant à ce que les piquets de grève essaiment chez Carrefour ou Coca-Cola. Pas parce que les salaires y sont les plus faibles, loin s'en faut :
‘A 1800, 2000 euros net par mois, ils sont juste au-dessus du salaire médian. Mais, dans les entreprises moyennes et grandes, il existe des collectifs structurés et une relation d'emploi relativement stable. Dans les petites structures, dans le secteur des services à la personne, par exemple, il n'y a pas de revendication salariale et les salaires sont souvent inférieurs.’
Un effet d'entrainement peut-il avoir lieu sur l'ensemble du marché du travail ? Thierry Pech en doute : c'est la revalorisation des minima sociaux qui peut avant tout agir comme un ‘effet de dominos’ sur le niveau global des salaires.”
“Chez Coca, les gars sont quand même sacrément payés…”
Cet après-midi-là à Grigny, un chauffeur de camion, salarié d'un sous-traitant qui travaille sur le site, est passé à l'usine. Grève ou pas, il sera payé et il sourit, “solidaire”. Tout en précisant, 1800 euros nets par mois, heures supplémentaires, prime accident, ancienneté et week-ends compris :
“Chez Coca, les gars sont quand même sacrément payés… Espérons que ça pourra nous être profitable ! ‘
Or Thierry Pech avance justement que la revalorisation de salaires dans une grande entreprise comme Coca-Cola ou encore Peugeot peut avoir un effet contraire chez ses petits sous-traitants :
En cédant sur les salaires en interne pour garantir un relatif confort social à ses employés, une grande boîte va chercher à imposer des prix encore plus comprimés à ses sous-traitants, dont les salariés, eux, vont se trouver encore plus précaires. En amont de la chaîne, c'est plus à des dégâts sociaux qu'à un effet de levier qu'on risque d'assister. A terme, c'est justement le sous-traitant qui risque d'être délocalisé.’





















147
(Pour réagir, connectez-vous)
à Jess Feuillie
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 08H41 | 25/04/2008 |
Je suis allé lire vos précédents commentaires et, effectivement, c'est moi qui n'ai pas compris. Que vous étiez du côté des patrons. Trop bête de ma part de vouloir discuter avec un gars qui a une calculette et les cours de la Bourse à la place du cerveau.
N'empêche, ça me flingue qu'il puisse y avoir des gens pour qualifier de « surprotégés » des travailleurs qui ont un CDI ou qui pourraient bénéficier d'augmentations « non justifiées ». Un salaire « justifié » selon vous, c'est quoi : de quoi payer le loyer d'un HLM, la cantine des mômes, et de s'endetter à vie pour le reste ? Et les bénéfices monstrueux du CAC 40, c'est « justifié » ? Vous imaginez que les patrons ne cessent de travailler plus pour s'en foutre plus dans les fouilles ?
Dans un de vos commentaires, vous demandiez si le capitalisme, c'est l'esclavagisme. Ben oui, qui en doute, sinon vous et vos semblables ? Après les excès de la révolution industrielle et devant les victoires du mouvement ouvrier, les capitalistes ont été forcés de céder du terrain : ils ont bien dû ronger leur frein et accepter que les travailleurs gagnent leur vie de manière à peu près décente. Mais ils sont têtus : après avoir œuvré patiemment à désorganiser la vie économique à coups de crises par-ci, de pénuries par-là, sans oublier un ou deux krachs boursiers, ils ont réussi à mettre sur les rails une mondialisation plus féroce que tout ce qu'on aurait pu craindre. Voilà maintenant qu'emportés par une véritable frénésie du gain (je ne vois pas d'autre mot) ils remettent au goût du jour le lumpen prolétariat (les travailleurs pauvres, quoi), les malades qui peinent à payer les soins, le démantèlement du Code du travail… Même l'âge de l'entrée en apprentissage a été abaissé (à quand le retour à l'usine pour les mômes de dix ans et moins ? ) et bientôt, dans les collèges, les lycées et les universités, de rares privilégiés étudieront exclusivement les matières qui intéresseront le patronat…
Mais la liste est longue et je ne voudrais pas vous embêter. Retournez donc à vos cours de la Bourse.
à Quinine
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 00H48 | 26/04/2008 |
-« du coté des patrons ». Comment discuter quand on voit le monde de manière si manichéenne ? Il vs appartient de créer une entreprsise si vs n'êtes pas satisfaite.
- Les employés des grands groupes sont choyés au détriment d'une large frange de précaires que st les femmes, les jeunes, les séniors, les intérimaires….C'est incontestable.
- éle capitalisme c'est l'esclavagisme ». Lisez dc Max Weber. Vs vs rendrez compte que, paradoxalement, c'est du capitalisme que nait la pacification étatique, les libertés individuelles, les systèmes démocratiques et les droits politiques. Si on se place dans l'Histoire, et non au dessus (ce qui est votre cas), le capitalisme est le moins mauavis des systemes économiques de part la répatrition du PIB. Qui a dit quil était parfait ?
-Votre explication de l'Histoire en singeant Marx (du sous Marx) ne tient pas debout : elle ignore la sociologie, le contexte histoirque, les rapports sociaux, la géorstratégie. Il est très facile d'interpréter le passé selon le sens que l'on veut bien lui donner. Je ne pense pas quil soit vrai de dire que les patrons ont oeuvré consciememnt a la désorganisation de la vie économique et a la création de crises…Vous devriez lire, apprendre l'économie avant de poser des jugements si définitifs. Marx la connaissait lui. Vous etes l'incarnation de ce qu'il rejettait lorsqu'il écrivait « la sainte famille ».
à Jess Feuillie
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 08H36 | 26/04/2008 |
Il n'y a pas bonheur plus parfait que d'être pris pour un imbécile par un vrai imbécile.
à raoul le magnifique
De Martin D
13H43 | 24/04/2008 |
raoul,
ce n'est pas la délocalisation qui permettra de sauver la France ou de baisser drastiquement les salaires…
ce qui sauvera la France c'est une politique de maintien du pouvoir d'achat pour les ménages gagnant peu (retraités, smicards, rmistes, petits salaires)
votre vision des salariés de grosses boites et caricaturale : je travaille dans une multinationale prestataire de service informatique. le patron est parti avec 8 millions d'euros de primes, le CA de la boite est de 8 milliards d'euros pour 2007, et moi j'ai été augmenté de 1.90% brut, soit un salaire net de 1400euros…
de plus, je n'ai ni avantage en nature, ni heures sup, ni quoi que ce soit pour augmenter mon pouvoir d'achat…
est-ce bien normal de la part d'une multinationale dégageant un bénéfice de 500 millions d'euros ? ? ?
mais s'il n'y avait que moi ou ma boite, je me tairai….mais c'est l'ensemble des salariés français et européens qui sont abusés par le système qui prends aux pauvres pour le donner aux riches
ce système est injuste envers la dignité humaine !
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 11H23 | 24/04/2008 |
« La soi-disante défense du service public. »
Je vais essayer de vous rendre un service public et gratuit.
« Soi-disant » est invariable.
De plus, ce mot n'est pas synonyme de « prétendu » : il s'emploie quand le menteur ment à propos de lui-même, il signifie « se disant lui-même ». Quand le menteur ment sur autre chose que sur lui-même « prétendu » convient mieux.
Un exemple sera peut-être plus parlant : « Raoul, soi-disant magnifique, fait bien de la peine aux prétendues couineuses professionnelles ».
De Biniou
étudiant | 11H34 | 24/04/2008 |
Si dans l'absolu, je suis d'accord avec les revendications de ces ouvriers, je me pose tout de même une question sur le long terme : à force de voir les employés faire grève sans cesse, « tradition » française » oblige, cela ne va-t-il pas encore encourager les patrons à délocaliser dans un pays au climat social moins tendu ?
à Biniou
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 11H58 | 24/04/2008 |
Même à l'époque toute réçente où les salariés du privé ne faisaient guère grève sauf dans le cas que je vais évoquer ci-dessous, les délocalisations avaient lieu : c'est à ce moment-là que des grèves se produisaient, mais trop tard.
Je tiens à préciser que ce que je dis n'est en rien une critique de ces salariés, quand on est face à un chantage de cette ampleur il n'est pas facile de savoir comment réagir.
à Biniou
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 12H03 | 24/04/2008 |
Double post, désolée.
à Biniou
De sigmundfrit
12H10 | 24/04/2008 |
Savez-vous quel le pays qui a le plus d'heures de grève par salarié :
C'est l'Australie ! Pour un rien les salariés australiens sont dans la rue.
Le France est un pays qui ne fait pas plus grève qu'ailleurs (elle est dans la moyenne), ce qui n'empêche pas les délocalisations ! ! !
Il ne faut pas se laisser influencer par les médias sarkoziste, il n'y a pas de traditions franaçaises ultra-grévites. Le salarié français et un des plus productifs de la planète. Il est grognon peut-être.
Quant aux fonctionnaires qui perdent environ 1% de pouvoir d'achat par an depuis 10 ans (soit au toatl plus de 10% ! ), il ne font pas beaucoup grève… sinon…
à Biniou
De loller
12H23 | 24/04/2008 |
Encore une idée reçue sur la grêve en France…
Passez un peu de temps à lire cet article :
http://www.acrimed.org/article2415.html
à loller
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 12H39 | 24/04/2008 |
Comme Acrimed l'explique très honnêtement dans « grève : nous nous sommes trompés » (si vous suivez le lien ci-dessus vous trouverez cet article en haut dans la colonne de gauche) cette étude n'est pas fiable.
Respect, Acrimed. Lire « Nous nous sommes trompés » dans la presse, en ligne ou pas, cela ne m'était pas encore arrivé - sauf les « pans sur le bec » du Canard, bien sûr.
Comme l'explique également Acrimed dans l'article dont je viens de parler, le fait que l'étude ne soit pas fiable ne signifie pas non plus qu'on fasse plus grève en France qu'ailleurs.
à compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
De loller
15H55 | 24/04/2008 |
Ce que l'article dit (et le correctif se situe déjà en bas du lien que j'ai passé), c'est que la France est entre la 3ème et la 10ème position au niveau des grèves en Europe.
à Biniou
De jojo1er
12H37 | 24/04/2008 |
Biniou, 22 ans et vous le savez toujours pas…s'il est difficile de savoir avec certitude qui est apparu le premier de la poule ou de l'œuf, ce qui est revanche tout à fait vérifiable, c'est que l'œuf ne pond pas plus que la poule n'éclot…
Les délocalisations ont pour principal but de maintenir le taux de chômage malgré la transformation en cours de la pyramide des ages, il est en effet plus simple de faire cohabiter misère et industrie capitalistique dans les régions du monde ou la démographie est en croissance (surtout chez les actifs) que dans les pays où, population vieillissante aidant, un ratio d'offre d'emploi trop proche de la demande risque d'engendrer une hausse des salaires et donc du cout de la main d'œuvre.
L'autre solution, pour minorer le cout de la main d'œuvre, constituée par l'importation de travailleurs que la France a déjà testée par le passé c'est révélée trop rapidement inefficace puisque les populations immigrées aspirent trop rapidement (1 ou 2 générations) au même niveau de vie que les autochtones, la mondialisation n'est que le verso de cette politique qui vise à affaiblir la part du revenu du travail face à celle du revenu du capital.
L'importation de travailleur ayant certes un effet en ce sens, mais il ne dure pas assez longtemps, alors on exporte le travail, s'imaginant que la distance géographique freinera l'évolution naturelle de l'égalisation des niveaux de vie. Une fois de plus nos brillants gestionnaires et politiques visionnaires se sont bien fourvoyés, avec les progrès dans les moyens de communication et de transport aidant, à moyenne échéance les salariés de tous les pays en expansion démographique voudront eux aussi bénéficier du même niveau de vie que les pays occidentaux les plus développés.
Nous devrons alors constater l'imbécile stérilité de notre système qui aura réussir à se détruire de lui-même contenant en son sein les raisons de sa perte.
A trop vouloir capitaliser les capitalistes auront réussi a tuer leur poule aux œufs d'or.
Jojo1er, …à moins qu'une guerre mondiale ne vienne maintenir le capitalisme en place en guise de soins palliatifs…
De Patrick Guiffra
Employé de Coca-Cola | 13H42 | 24/04/2008 |
Bonjour, j'aimerais réagir à article sur Coca-Cola. Étant pour ma part représentant CFDT en région commerciale, membre du comité européen et participant aux négociations de branche, j'aurais voulu apporter quelques précisions sur les revendications actuelles de certains syndicats dont je fais partie par rapport aux revendications actuelles. En tout premier lieu, il faut faire un distinguo entre augmentations générales et augmentations globales. Dans le wagon de l'augmentation globale annuelle il y a une enveloppe d'augmentation générale et une enveloppe d'augmentation au mérite. La plupart du temps c'est bien sur cette distinction que les choses se gâtent. En effet les augmentations générales qui nous sont proposées sont, la plupart du temps, inférieures à l'inflation et en cette année 2008 l'enveloppe au mérite dépasse de loin celle des augmentations générales, ce que nous contestons fortement sans compter du fait qu'en 2006 la direction nationale a décidé de sortir les cadres de l'augmentation générale pour rester au seul mérite. Nous avons tenté nous y opposer sans succès. Pour nous, l'enveloppe d'augmentation au mérite est à un bâton purement discrétionnaire dont nous ne pouvons accepter qu'il devienne la part principale des augmentations annuelles de nos salaires. Il faut saisir le contexte global actuel de l'entreprise pour comprendre le niveau de mécontentement généralisé. Au niveau européen, nous subissons depuis 2003, une restructuration musclée dont la France a fait les frais dés 2006. Nous en sommes à notre deuxième plan social au cours des trois dernières années. Vous ajoutez à cela des records de chiffre d'affaires dont nos cadres dirigeants se gargarisent à grand renfort de publicité interne et vous comprendrez en partie les réactions actuelles. 3% au premier avril non rétroactif cela fait environ 2,25 % mensuel sur l'année soient une enveloppe d'augmentation générale inférieure une nouvelle fois à l'inflation sur les trois derniers mois. Ici je parle bien de l'enveloppe d'augmentation générale. Bien évidemment ce qui s'est passé sur Marseille a été la goutte qui a fait déborder le vase mais ces mouvements de grève étaient prévus bien avant. Depuis que je suis présent au niveau des négociations de branche nous bataillons à chaque fois pour coller les minimas sociaux à l'indice INSEE hors tabac et curieusement nous retrouvons à chaque fois à peu près ces barèmes lors de négociation annuelle obligatoire dans notre entreprise. Vos portraits vidéo en disent long sur le décalage de ce que les salariés comprennent de leur situation et les revendications que nous portons au niveau national., cependant si vous aviez interviewé en vidéo les délégués syndicaux centraux à la tête de ce mouvement, vous auriez certainement eu des explications plus claires sur les mouvements actuels au niveau national que ce qu'il transparait dans vos vidéos. Voyez ce qui s'est passé au niveau européen. Plusieurs grèves ont touchés les usines du groupe suite aux politiques salariales agressives de l'entreprise et à chaque fois les salariés ont obtenu des avancés en termes de salaires. Votre étude sociologique du phénomène des grèves actuelles en France me paraît très restrictive. Le feu couve depuis longtemps car en réalité c'est bien l'indice INSEE tel qu'il est pratiqué encore aujourd'hui qui a permis aux entreprises et même au gouvernement de masquer l'envolée des prix qui ont effectivement eu lieu lors de la mise en place de l'euro et même avant. Cela leur a permis de négocier au rabais, tous les ans, les augmentations de salaires alors que les bénéfices s'envolaient et les prix avec. Voyez les résultats des entreprises du CAC 40 avant la crise de ces derniers mois. Les finances d'une majorité de Français était déjà à la rue depuis quelques années, vous ajouté à cela leur endettement catastrophique, l'explosion des prix de l'alimentation, des carburants dont ils ont besoin pour aller travailler, une précarisation rampante du travail qui, grâce à notre cher président va devenir normatif au niveau du contrat de travail et vous avez tous les ingrédients nécessaires à une flambée des mouvements sociaux tout azimuts confondus. La situation est beaucoup plus grave qu'elle ne transparait dans les médias. Pour votre analyse sociologie et économique, il s'agit là d'un vaste débat et il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet.
De Phil2922
Retraite invalidité | 13H52 | 24/04/2008 |
Oui, il faut rassembler les forces sociales. Pour avoir du poids face aux « décideurs », un bon rapport de forces est nécessaire. Avec le nombre de conflits en augmentation sur la question du pouvoir d'achat, les syndicats français sont en dessous de tout, même pas capable d'appeler à une grève générale et pourtant il n'y a que ça qui ferait reculer le pouvoir. Il est tellement coupé des réalités, qu'il ne peut pas se rendre compte de la désespérance des gens. Après l'échec des municipales, ses conseillers ont demandé à Sarko de se calmer, mais il restera un président « bling bling », sourd aux revendications sociales qui montent dans le pays. Il ne faut pas oublier qu'il fallait aller dans la tranche d'âge des plus de 65 ans pour le trouver majoritaire en mai 2007. Il faut qu'il fasse gaffe, car en général ce sont les plus jeunes qui descendent dans la rue. Il a prévu quoi au mois de mai, une croisière avec son ami Berlusconi… ? Qu'ils la fassent et qu'il y ait des pirates pour les enlever… ! !
http://phil195829.overblog.com
De NYRO
AGENT DE VOYAGES | 14H03 | 24/04/2008 |
Pour vous tous combien estimez vous à peu près qu il vous faudrait pour vivre correctement sans abusé ? Je ne aprle pas des nantis ce qui gagent + de 2000 Euros…of course ! !
Moi je suis à peu près à 1400 Euros net….250/ 300 euros de plus ça m arrangerais bien ! ! Sachant trsè bien que je les aurais pas…
Car je pense que c'est à peu près ce qu il nous manque dans le port monnaie à cause de l'euros depuis que les prix montent…
quelqu un peux me répondre à ce sujet…
à NYRO
De Fuel_Injected
14H55 | 24/04/2008 |
2 solutions dans ce cas, ou tu fais la révolution en marche du mois de mai pour changer tout ça !
Ou tu la fermes et tu te trouves un deuxième emploi payé au raz des paquerettes, style bagagiste à roissy ou au ritz si t'as un piston élyséen !
De Patrick Guiffra
Employé de Coca-Cola | 15H02 | 24/04/2008 |
Pour comprendre ce qui se passe faisons un peu d'économie politique de base. l'inflation c'est la hausse des prix constatée en moyenne sur un an. Hors, cette moyenne s'établie sur environs 300 produits et biens de consommations. Au cours des dernières années certains biens de consommations comme les produits hightech ont trés fortement chuté (jusqu'à 50 % par an) pour certains d'entre-eux. Résultat, c'est tout l'indice qui plonge alors qu'un écran plat vous n'en achetez pas un par semaine. Voilà trés sommairement comment on en arrive à une envolée des prix à la consommation et un indice globale qui ne varie que de 1 ou 2% à l'arrivé. La grande théorie libérale qui dirige l'économie et même le politique au niveau internationale c'est le contrôle de l'inflation par le contrôle de la masse monétaire donc de la masse de l'argent en circulation. Pour se faire, il importe aux dirigeants des banques centrales de circonscrire l'inflation en rendant l'argent plus cher ou plus rare donc en limitant la capacité de consommation des agents que nous sommes à consommer et nos politiques ne sont pas en reste puisqu'eux aussi, déjà sous Mittérand et la politique d'austérité qu'il a mené, ont décroché l'augmentation des salaires de l'inflation afin d'éviter une spirale inflationniste, augmentation des salaires donc augmentation de coûts à la production qui entrainent à nouveau une augmentation des prix et ainsi de suite. Cette politique économique a parfaitement fonctionné depuis 1987 environ. Seulement voilà la mondialisation est passé par là mais aussi nos habitude de consommation. Les français ont, depuis, découvert le crédit et la carte bleu. Alors que nous subissions une inflation déguisée depuis l'arrivé de l'euro nous avons continué à consommer en faisant appel de plus en plus souvent au crédit à la consommation. C'est ce qui a permi d'ailleurs à la France de résister à la dégringolade mais qui a plombé les finances de biens des français. Cette politique libérale trés curieusement les américains, pourtant créateur du libéralisme monétaire,ne l'on jamais réellement pratiqué. Regardez ce que fait actuellement la banque centrale américaine, elle pousse à la consommation en rendant l'argent moins cher à emprunter, tout le contraire de ce que fait la banque centrale européenne. Elle soutient son marché intérieur en laissant filler l'inflation, de plus en agissant de la sorte le dollars pert de sa valeur et rend les produits américains trés compétitif vis à vis des notres.Alors comment on en est arrivé là ? Ce que les français avaient refusé avec la constitution européenne leur est tombé dessus avec le traité de Nice. Résultat les économie des Etats d'Europe de l'EST intégrant l'Europe nous sont rentrées dedans de plein fouet. Le choc fut rude d'abord pour le monde agricole puis les insdustriels comprirent trés vite le parti qu'ils pouvaient tirer de la situation. Avec des salaires de l'ordre de 300 EUROS, il faut le dire haut et fort les salaires français sont devenu tout d'un coup prohibitif. Pourtant savez vous que nous sommes moins cher que les américains et les anglais. Et oui il y a des idées reçus qui ont la vie dure.Le problème de la France sur le marché mondiale vient du fait que, contrairement à l'Allemangne et l'angleterre notre économie n'a pas su se spécialisé. Vous ajoutez à cela la litanie des délocalisations, le chantage à l'emploi à peine masqué pratiqué par certaines entreprises, le chomage de masse, les attaques incessante sur le droit du travail, la hausse des produits alimentaires et votre compte en banque qui clignote rouge avant la fin du mois et vous avez tous les ingrédients d'une dépression économique pour ne pas dire dépression tout court. Bon, ne vous suicidez pas tout de suite. Sarkozie va vous remontez le moral se soir,heu, enfin peut-être : -)
à Patrick Guiffra
De FdT
En pleine décroissance | 01H16 | 25/04/2008 |
Très instructif et clairevoyant.
De Patrick Guiffra
Employé de Coca-Cola | 15H14 | 24/04/2008 |
Ben mince j'en fait des fautes ! ! !
à Patrick Guiffra
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 17H17 | 24/04/2008 |
Rassurez-vous, nous en faisons tous. Il est difficile de se relire sur le net et un éventuel correcteur orthographique ne fait pas tout, loin de là.
Par contre, si vous pouviez faire des paragraphes… Là je pense que peu de monde a dû vous lire en raison de l'aspect « pavé ».
Sinon, pour les erreurs ou les repentirs, vous savez vous sevir d » « éditer » ?
Rajout : j'aurais mieux fait de lire le message suivant, de Lohiel, avant de vous répondre ! Mes excuses pour les redites.
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 16H04 | 24/04/2008 |
HS >>>à « le rameur » (je mets pas en reponse directe sinon vous pourrez plus editer vos textes)
oui et puis c'est dur de lire du texte (en particulier sur un écran) sans paragraphe, on s'y perd vite.
Dommage parce que c'est intéressant, pour ce que j'ai réussi à suivre.
De Patrick Guiffra
Employé de Coca-Cola | 16H09 | 24/04/2008 |
Pas de problème, j'ai glissé un peu du sujet principale et je ne suis pas habitué à construire mon propos sous cette forme.
De afleurdepeau
17H31 | 24/04/2008 |
coca cola
c est une honte de travailler pour de la « merde »
à afleurdepeau
De jissé
Ingé retraité | 18H16 | 24/04/2008 |
bonsoir afleur.
Anecdote souriante.
Je travaillais, en France, dans un centre européen.
Non relié au « tout-à-l'égout'.
Un camion spécialisé venait de temps en temps vider les fosses septiques.
Remarque faite un jour par un collègue étranger :
_ : “Tu te rends compte, trois mois de boulot qui foutent le camp”.
Et c'était pas du Coca !
Sourires +++++.
Jissé
De Fuel_Injected
19H52 | 24/04/2008 |
Combien ça coûte encore ce show télévisé pendant que des milliers de salariés se battent pour un bout de pain !
De Patrick Guiffra
Employé de Coca-Cola | 21H54 | 24/04/2008 |
on peut avoir l'appréciation que l'on veut sur le produit. En attendant ils font vivre des milliers de salariés rien qu'en FRANCE directement ou indirectement et je passe sur les tonnes de sucres qu'il achètent sur le marché Français et donc par ricochet des centaines d'agriculteurs qu'ils font vivre.
On peut toujours faire de l'anti-américanisme primaire mais moi ça me fait toujours pensez à ces agriculteurs qui attaquaient Coca-cola en tand que symbole de l'amérique en oubliant de mettre en avant leurs tracteurs massey-ferguson ou Jhon Deere. Je ne tiens à faire de polémiques mais même si je lutte contre certains aspects de la politique salariale de l'entreprise je dois admettre qu'en matière commerciale c'est une mécanique de précision de haut vol que l'on nous envie à travers le monde entier.Bien évidemment cela ne se fait pas parfois sans casse sociale et c'est pour ça que nous luttons. Pas pour nuire à l'entreprise en elle-même.